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	<title>Jacek LASZCZKOWSKI - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Jacek LASZCZKOWSKI - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<item>
		<title>Jacek Laszczkowski, le contre-ténor devenu ténor</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/jacek-laszczkowski-le-contre-tenor-devenu-tenor/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 21 Jun 2017 15:11:56 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Vous vous souvenez peut-être de Jacek Laszczkowski, contre-ténor ou sopraniste polonais, dont l&#8217;une des dernières prestations en France fut son Néron dans Le Couronnement de Poppée donné à l&#8217;Opéra de Paris en 2005, avec notamment Anna-Caterina Antonacci en Poppée. Souvent, les contre-ténors possèdent une voix naturelle de baryton, qu&#8217;ils dévoilent à l&#8217;occasion de soudaines plongées dans le &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Vous vous souvenez peut-être de <strong>Jacek Laszczkowski</strong>, contre-ténor ou sopraniste polonais, dont l&rsquo;une des dernières prestations en France fut son Néron dans <em>Le Couronnement de Poppée</em> donné à l&rsquo;Opéra de Paris en 2005, avec notamment Anna-Caterina Antonacci en Poppée. Souvent, les contre-ténors possèdent une voix naturelle de baryton, qu&rsquo;ils dévoilent à l&rsquo;occasion de soudaines plongées dans le grave. Jacek Laszczkowski, lui, est désormais exclusivement ténor, et pas n&rsquo;importe quel type de ténor, puisqu&rsquo;il est passé directement de la musique baroque au répertoire romantique et post-romantique. En 2010, il chantait encore en contre-ténor, mais après Alfredo ou Pinkerton dès 2012, Il interprète en ce moment le rôle très lourd de Paul, dans <em>La Ville morte</em> de Korngold au Teatr Wielki de Varsovie. Cela dit, Jacek Laszczkowski semble avoir toujours maîtrisé les deux tessitures, et il est donc sans doute le seul chanteur à pouvoir se donner la réplique à lui-même dans le « Libiamo » de <em>La traviata</em>&#8230;</p>
<p><iframe allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/S3s4yWPt5ec" width="560"></iframe></p>
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		<item>
		<title>Niobe, regina di Tebe</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/niobe-regina-di-tebe-la-reine-est-vivante/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 31 Jul 2015 05:30:53 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Singulier destin que celui d’Agustino Steffani : il aura suffi que Cecilia Bartoli s’en empare pour que ce compositeur revienne sur le devant des scènes, et surtout dans les bacs des disquaires. Même si les interprètes n’ont pas attendu cela pour s’intéresser à lui, Steffani a désormais le vent en poupe ; reste seulement à voir si &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Singulier destin que celui d’Agustino Steffani : il aura suffi que Cecilia Bartoli s’en empare pour que ce compositeur revienne sur le devant des scènes, et surtout dans les bacs des disquaires. Même si les interprètes n’ont pas attendu cela pour s’intéresser à lui, Steffani a désormais le vent en poupe ; reste seulement à voir si sa musique aura la force nécessaire pour que le phénomène ne s’essouffle pas trop vite. En attendant, chose incroyable il y a quelques années, voilà que paraît en moins de six mois la deuxième intégrale de son opéra <em>Niobe</em>. Enfin, la deuxième en terme de parution, mais la première chronologiquement, puisqu’il s’agit d’un écho des représentations données en 2010 à Londres. Et comme nous le pressentions à l’écoute de la version <a href="http://www.forumopera.com/cd/niobe-regina-di-tebe-fifi-et-karina-sur-leur-ile">parue en janvier chez Erato</a>, l’œuvre méritait bien mieux que ce qu’en tiraient les interprètes réunis par le Boston Early Music Festival.</p>
<p>Sans doute l’expérience du théâtre aura-t-elle été profitable, toujours est-il que cette <em>Niobe</em> vit enfin ! Là où, dans l’enregistrement publié le premier, le robinet d’eau tiède se remettait à couler à flot dès que les deux héros disparaissaient, Opus Arte nous donne au contraire à entendre une œuvre animée d’un véritable souffle dramatique, riche en tensions et en contrastes, et où l’intérêt ne faiblit pas pour autant lorsqu’Amphion et Niobé sont ailleurs. <strong>Thomas Hengelbrock</strong> se révèle ici véritable chef d’opéra, capable de tenir un discours construit et d’insuffler à la partition une vie qu’on aurait eu peine à imaginer à l’écoute de l’orchestre dirigé par Paul O’Dette et Stephen Stubbs. Le <strong>Balthasar-Neumann-Ensemble</strong> déploie toute une palette de couleurs d’une richesse éblouissante et multiplie les atmosphères les plus variées. Les sonorités des instruments offrent donc un premier régal pour l’oreille, et l’on en regretterait presque que cette version-ci soit nettement moins longue que l’hyper-intégrale Erato, qui incluait entre autres des musiques de ballet additionnelles.</p>
<p>Tout change également avec l’équipe de chanteurs rassemblée à Londres. Bien sûr, <strong>Jacek Lazczkowski</strong> est on ne peut plus différent du très angélique Philippe Jaroussky ; bien sûr, le sopraniste polonais accumule les aigus miaulés et les notes graves terriblement sourdes. Mais le personnage existe, plus tourmenté sans doute, et il parvient à nous toucher, d’autant que certains airs conviennent à merveille au chanteur qui y atteint une émotion intense et s&rsquo;avère à plusieurs reprises extrêmement impressionnant. Dans le rôle-titre, <strong>Véronique Gens </strong>fait valoir, on s’en doute, de tout autres arguments que Karina Gauvin, pour une prestation également convaincante, par la noblesse et la fermeté de son ton et par le dramatisme affirmé de son incarnation. Combien de temps faudra-t-il encore attendre pour que la France accueille dignement une chanteuse régulièrement acclamée à Munich ou à Vienne ?</p>
<p>Autour d’eux, <strong>Amanda Forsythe</strong> était déjà présente, comme elle le serait encore en 2013 pour Erato, mais sa Manto est ici infiniment plus espiègle. Et, en lieu et place des seconds couteaux du Boston Early Music Festival, on savoure aussi la présence d’authentiques personnalités. Plutôt moins cocasse que la nourrice de l’autre version, qui ne l’était déjà guère, <strong>Delphine Galou</strong> y impose du moins la belle consistance de son timbre androgyne. On peut reprocher beaucoup de choses à <strong>Alastair Miles</strong>, mais son Poliferno a toute la noirceur nécessaire et l’acteur compose un redoutable méchant. Toujours du côté des voix graves, <strong>Bruno Taddia</strong> est un Tirésias à l’italianité bienvenue, tandis que le Tiberino de <strong>Lothar Odinius</strong> n’a rien d’un amant compassé. Plus-value incontestable, enfin, avec les deux contre-ténors britanniques <strong>Iestyn Davies</strong> et <strong>Tim Mead </strong>: Creonte et Clearte sont ici des protagonistes à part entière, sans pâleur ni mollesse, avec des timbres solides.</p>
<p>Et maintenant, soyons fous : quand Opus Arte livrera-t-il un DVD de la <a href="http://www.forumopera.com/spectacle/steffani-de-monaco">production montée par Lukas Hemleb </a>? Les bruits de scène et les rires du public donnent furieusement envie de <em>voir </em>un spectacle qui avait ravi notre collègue à Londres.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>L’Incoronazione di Poppea</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/ames-sensibles-sabstenir/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 18 May 2012 07:43:59 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>  Cet Incoronazione di Poppea produit par l’Opéra National de Norvège en 2010 reçut un accueil extrêmement controversé. On comprend aisément pourquoi, tant certaines scènes sont à la limite du tolérable ! Le DVD qui paraît ce mois-ci n&#8217;en est pas la simple captation vidéo mais intègre un retravail sur les images. Ici, sang et sexe &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>           </p>
<p>			Cet <strong><em>Incoronazione di Poppea</em></strong> produit par l’Opéra National de Norvège en 2010 reçut un accueil extrêmement controversé. On comprend aisément pourquoi, tant certaines scènes sont à la limite du tolérable !</p>
<p>			Le DVD qui paraît ce mois-ci n&rsquo;en est pas la simple captation vidéo mais intègre un retravail sur les images.</p>
<p>			Ici, sang et sexe sont omniprésents dans leurs occurrences les plus crues, les plus scabreuses ; certains passages sont à la limite du regardable et pourraient dignement figurer dans un film gore ou classé X. Surenchère, vulgarité gratuite menacent à plusieurs reprises mais la cohérence de l&rsquo;ensemble s&rsquo;impose finalement car ce parti-pris respecte la violence réelle du propos&#8230; même si celle-ci est habituellement moins explicite.</p>
<p>			 </p>
<p>			Dès le prologue, Fortune et Vertu se disputent la primauté sur les humains, elles s&rsquo;inclineront finalement toutes deux devant la suprématie de l&rsquo;Amour. Ce dernier soutient Poppée qui veut devenir impératrice ; plus que l&rsquo;amour, c&rsquo;est l&rsquo;ambition qui est glorifiée ici. Dans le monde noir d&rsquo;un Monteverdi de 75 ans, l&rsquo;amour ne s&#8217;embarrasse donc pas de morale. Si le philosophe Sénèque est présent sur scène, c&rsquo;est surtout la pensée de Machiavel, contemporain de l’œuvre, qui s&rsquo;illustre ici. La fin justifie les moyens et tous les protagonistes de l&rsquo;histoire aspirent au pouvoir. Peu sont vraiment sympathiques, les criminels sont sincères dans leur tendresse et les victimes plutôt antipathiques.</p>
<p>			 </p>
<p>			Le chant bien entendu, accentue cette caractérisation des protagonistes. <strong>Amelie Aldenheim </strong>(Amour) et <strong>Marita Sølberg</strong> (Drusilla) possèdent un soprano lumineux et chaud adapté à leurs rôles. <strong>Birgitte Christensen </strong>offre un beau contraste entre une voix sensuelle, équilibrée, et la noirceur de l&rsquo;arriviste Poppée. <strong>Patricia Bardon</strong> est un peu moins convaincante en Octavie, impératrice bientôt déchue. Le Sénèque de<strong> Giovanni Battista Parodi </strong>pèche par son vibrato un peu large, une voix peut-être trop grande pour le rôle et une interprétation monolithique qu&rsquo;on lui pardonne car le personnage possède cette raideur dogmatique.</p>
<p>			Les deux contre-ténors <strong>Tim Mead (</strong>Othon) et <strong>Jacek Laszczkowski (</strong>Neron) ont le même défaut : une voix quelque peu instable et tendue dans les aigus. Tim Mead prend de la puissance et de l&rsquo;assurance dans plusieurs interventions alors qu&rsquo;ailleurs certaines parties sont clairement trop perchées pour lui. Jacek Laszczkowski termine la représentation avec de l&rsquo;air dans la voix et un larynx monté par la fatigue. Toutefois on ne peut que saluer sa performance scénique : le délire sensuel et sanguinaire s&#8217;empare peu à peu de lui et son jeu se dérègle subtilement au fil de l&rsquo;action.</p>
<p>			<strong> </strong></p>
<p>			Les personnages principaux exposent leurs excès de façon tellement violente que les figures traditionnellement les plus outrés, comme Arnalta la nourrice de Poppée, en deviennent touchantes et bien plus « normales » que leurs maîtres. Un homme travesti interprète toujours ce personnage, soulignant ainsi combien Poppée est une femme contre-nature, puisque nourrie au sein d&rsquo;un homme. <strong>Emiliano Gonzalez-Toro </strong>est doté d&rsquo;un timbre particulièrement suave, et chacune de de ses interventions ravit, notamment la berceuse de l&rsquo;acte II, tendre et délicate. <strong>Tone Kruse</strong>, enfin,est une Nourrice à l&rsquo;alto rare.</p>
<p>			 </p>
<p>			L&rsquo;orchestre d&rsquo;<strong>Alessandro Di Marchi</strong>fait montre d&rsquo;une belle énergie, en particulier dans les passages de danse mais manque parfois de nuances. La mort de Sénèque, par exemple, aurait pu être bien plus poignante. Certains passages rompent franchement avec l&rsquo;orchestration originale pour des incursions dans le jazz ou la musique folklorique. Était-ce bien nécessaire ?</p>
<p>			 </p>
<p>			L’opéra s&rsquo;achève habituellement sur l&rsquo;extase des amants assassins, même si le spectateur sait que la véritable Poppée succomba finalement sous les coups de son Néron. Ici on dépasse la fin de convention ; le couple monstrueux interprète le sublime « Pur ti Miro » en assassinant, le sourire au lèvre, l&rsquo;ensemble des protagonistes encore en vie. Si la lettre du livret n&rsquo;est pas parfaitement respectée, force est de constater que l&rsquo;esprit de l’œuvre est là. D&rsquo;ailleurs on ne s&rsquo;ennuie pas au cours de ces trois heures de spectacle, ce qui n&rsquo;est pas le cas de toutes les versions scéniques du <em>L’Incoronazione di Poppea</em>. Les outrances de la mise en scène sont discutables, certes, mais le cinéma nous offrent régulièrement bien d&rsquo;autres excès de ce type, sans servir une musique aussi sublime.Ce mois-ci, l&rsquo;équipe d&rsquo;<strong>Ole Anders Tandberg</strong> propose au public d&rsquo;Oslo une nouvelle incursion chez Monteverdi avec <em>Il Ritorno d&rsquo;Ulisse in patria. </em>Voilà qui pique la curiosité.</p>
<p>			 </p>
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			</item>
		<item>
		<title>STEFFANI, Niobe, regina di Tebe — Londres (ROH)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/steffani-de-monaco/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 01 Oct 2010 21:59:46 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Ressuscité au Festival de Schwetzingen en 2008, Niobe voit sa production reprise pour la première fois à Covent Garden, un théâtre où l’opéra baroque n’est que très rarement mis à l’affiche. Peu couru à l’ouverture de la billetterie, le spectacle a fini par jouer pratiquement à guichets fermés, malgré des critiques partagées, essentiellement grâce à &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>          Ressuscité au Festival de Schwetzingen en 2008, <em>Niobe</em> voit sa production reprise pour la première fois à Covent Garden, un théâtre où l’opéra baroque n’est que très rarement mis à l’affiche. Peu couru à l’ouverture de la billetterie, le spectacle a fini par jouer pratiquement à guichets fermés, malgré des critiques partagées, essentiellement grâce à un bouche-à-oreille favorable. Composée en 1688 pour Munich (Monaco di Baviera en italien), cette partition de 3 heures ne distille pas une minute d’ennui, grâce à une intrigue assez délirante d’une part, mais surtout grâce à une musique qui ne l’est pas moins : les audaces ou trouvailles musicales abondent, le récitatif est vif, les airs sont plutôt courts, d’une coupe d’une très grande liberté, les mélodies inventives, et l’orchestration incroyablement originale. L’ouvrage alterne un certain comique et le drame le plus noir, des passages enlevés et de longues et tristes plaintes. Les airs, récitatifs et ensemble, s’enchaînent sans coupure, dans un flot musical ininterrompu. Une partition étonnante, entre Cavalli et Haendel mais beaucoup plus proche du premier. Ce n’est pas tous les jours que les musicologues trouvent une perle : en voici une, et de la plus belle eau, une exception si l’on en croit notre ami Sylvain Fort (cf. <a href="http://www.forumopera.com/index.php?page=Edito"><font color="#0000ff">l’édito du mois</font></a>).<br />
<font size="2"> </font><br />
Au premier acte (qui dure un peu plus d’une heure et demie), Anfione, lassé de régner, confie la couronne royale à sa femme Niobe. Il ordonne néanmoins à celle-ci de prendre pour conseiller Clearte, dont il ne sait pas qu’il est secrètement amoureux de la reine. Parallèlement, Tiberino, prince d’Albe, a pour ambition de conquérir Thèbes (tout seul, semble-t-il). Sur son chemin, il rencontre une jeune thébaine, Manto, et les deux jeunes gens tombent amoureux l’un de l’autre (cette intrigue se développe indépendamment de la précédente tout au long de l’opéra). Parallèlement toujours, Poliferno, ennemi d’Anfione, a réussi par la magie à ensorceler un jeune thessalien, Creonte : séduit par la vision de Niobe, le jeune homme tuera le roi. Celui-ci est, d’ailleurs, un usurpateur, le trône revenant légitimement à Creonte qui en a été écarté autrefois. Alors qu’Anfione et Niobe chantent leur amour, la ville est attaquée : par le seul pouvoir du chant du roi, des remparts s’élèvent autour de la cité : Niobe déclare qu’Anfione n’est plus un humain, mais un dieu, ce qui a le don de mettre en rage le grand prêtre Tiresias qui appelle la vengeance des « vrais » dieux.<br />
A l’acte suivant, la séductrice Niobe invite Clearte à s’asseoir sur le trône à ses côtés. Surpris par Anfione, Niobe lui explique qu’il ne peut plus être roi, puisqu’il est un dieu, et que son trône est dans les cieux. Poliferno, qui a gagné Thèbes avec Creonte, toujours envouté, fait enlever Anfione par des esprits et donne à sa créature l’apparence du dieu Mars. Flattée dans son orgueil, Niobe tombe amoureuse du dieu. Pendant ce temps, Tiberino est toujours tourmenté entre son désir de conquête et l’amour de Manto. Le dernier acte commence par le duo d’amour de Niobe et du pseudo dieu. La reine se croit aux cieux, mais Poliferno vient détruire brutalement son rêve et la jeune femme s’évanouit. Anfione réconforte Niobe qui comprend qu’elle a été jouée. Furieuse, elle s’en prend à Manto qui invoquait la déesse Latone : elle seule est digne d’offrandes. Les dieux ne tardent pas à punir un tel blasphème : le palais explose, les quatre enfants de Niobe sont tués, le roi se suicide à la vue d&rsquo;un tel spectacle et la reine se change en statue ! Creonte retrouve la couronne mais n’est guère reconnaissant puisqu’il chasse Poliferno en raison de ses intrigues. L’opéra finit par la bénédiction du mariage de Tiberino et Manto.<br />
<font size="2"> </font><br />
Articulée autour d’un décor quasi-unique de <strong>Raimund Bauer</strong> (la scène de base est complétée suivant les ambiances par quelques changements à vue), la production de <strong>Lukas Hemleb</strong> sait animer les différents lieux et les personnages. On évoquera, pour l’exemple, la cité des dieux et ses ballons de baudruches géants qui lui donnent son côté aérien : c’est en les faisant exploser par ses mauvais génies que Poliferno fait revenir Niobe sur terre ; ou la destruction finale du palais par les flammes, avec des cendres noires qui tombent des cintres ; ou encore le « monstre » qui accompagne Poliferno, sorte de limace noire géante qui absorbe littéralement les êtres humains. L’ensemble est esthétiquement remarquable et théâtralement très efficace. La direction d’acteur est au diapason, avec un réel travail dramaturgique, qui sait intelligemment s’effacer pour laisser le chant s’épanouir dans les scènes purement musicales.<br />
 <br />
<strong>Véronique Gens</strong> compose une Niobe séductrice et orgueilleuse, parfaite vocalement et scéniquement (une sorte de marquise de Pompadour par la grâce des robes d’Andrea Schmidt-Futterer). La voix est ample, le timbre riche (même s’il n’est pas très remarquable), la déclamation parfaite. Passons sur l’entrée désastreuse du contre-ténor <strong>Jacek Laszczkowski </strong>alternant fausset et sons poitrinés dans une espèce de parodie des adieux de Leyla Gencer. On a du mal à imaginer que tel était l’art des castrats au XVIIe siècle. Ou alors, c’est que l’otite avait succédé à la peste dans les fléaux épidémiques frappant les populations ! Fort heureusement, à défaut d’une grande projection, la voix reprend de l’homogénéité au fil des interventions et l’écriture ultérieure du rôle met davantage en valeur un haut medium riche et une grande musicalité. Second contre-ténor de la distribution, <strong>Iestyn Davies </strong>a un peu moins d’occasion de briller et de mettre en valeur une belle voix, parfaitement homogène cette fois et bien projetée. La Manto d’<strong>Amanda Forsythe </strong>offre un timbre un peu acide, mais qui correspond bien à la personnalité un peu « pimbêche » de l’héroïne. Son amoureux, <strong>Lothar Odinius</strong>, le soupirant de Niobe, <strong>Tim Mead </strong>ou l’infernal <strong>Alastair Miles </strong>offrent des voix solides mais pas toujours très raffinées, davantage à l’aise dans l’urgence déclamatoire du récitatif que dans les moments purement musicaux.<br />
 <br />
Mais le succès ne serait pas au rendez-vous sans les talents de <strong>Thomas Hengelbrock </strong>et de son ensemble : rarement on aura entendu une formation baroque aussi précise techniquement et capable à ce point de donner l’impression d’une totale liberté. Du très grand art.<br />
 <br />
 </p>
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