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	<title>Jacob LAWRENCE - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Jacob LAWRENCE - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>Misa de defuntos para Luis I de José de Torres</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/misa-de-defuntos-para-luis-i-de-jose-de-torres/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Olivier Rouvière]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 24 Dec 2025 09:06:20 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Nous avions été emballé par les premiers enregistrements de Los Elementos (les zarzuelas Vendado es Amor et Venus y Adonis de José de Nebra), par la maturité et la musicalité de son jeune chef, également contre-ténor, Alberto Miguélez Rouco &#8211; et il n’y avait donc pas lieu de s’étonner que Laurent Brunner, l’avisé directeur de &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Nous avions été emballé par les premiers enregistrements de Los Elementos (les zarzuelas <em>Vendado es Amor</em> et <em>Venus y Adonis</em> de José de Nebra), par la maturité et la musicalité de son jeune chef, également contre-ténor, <strong>Alberto Miguélez Rouco</strong> &#8211; et il n’y avait donc pas lieu de s’étonner que Laurent Brunner, l’avisé directeur de Château de Versailles Spectacles, sollicite ces artistes afin qu’ils enregistrent un programme espagnol dans le domaine louis-quatorzien. Le choix dudit programme, lui, pouvait laisser perplexe : un requiem (page pas franchement rigolote), dédié à un souverain espagnol qui régna moins d’un an et signé d’un compositeur à peu près inconnu ? Pas sûr que les foules se précipitent… Il nous incombe donc de les y inciter.</p>
<p>Mais d’abord, quelques mots du contexte historique. Philippe V, premier roi Bourbon d’Espagne, titré duc d’Anjou à sa naissance, est le fils du Grand Dauphin de France, le petit fils de Louis XIV. Ce dernier, à la mort sans héritier du monarque Charles II, destine la couronne espagnole à Philippe, ce qui n’est pas du goût des Habsbourg : débute alors la Guerre de Succession d’Espagne, qui va durer près de quinze ans. Néanmoins, en 1715, à trente ans, Philippe V est intronisé : son règne, le plus long de l’histoire espagnole, durera près de 45 ans. Avec un intermède de quelques mois : pour des raisons de santé mentale, Philippe abdique en janvier 1724 au profit de son fils, Louis &#8211; qui, hélas, meurt de la variole sept mois plus tard. Philippe remonte donc sur le trône, jusqu’en 1746.</p>
<p>C’est pour les funérailles du pauvre Louis I° qu’a été composée la pièce de résistance du disque, cette <em>Misa de defuntos</em> du maître de chapelle José de Torres (1670-1738), créée à Madrid en février 1725. Comme l’explique Rouco, l’ouvrage mêle traits versaillais et ibériques : la densité de l’écriture pour cordes et certains passages à l’énergie toute militaire (« Tuba mirum ») évoquent la France. La couleur orchestrale, au clair-obscur très contrasté, reste espagnole : de sinistres notes répétées par la trompette avec sourdine ponctuent l’office, tandis que deux lumineuses flûtes traversières allègent la sombre atmosphère entretenue par l’orgue et les bassons. Enfin, on repère d’évidentes percées du style galant (« Te decet hymnus », « Agnus Dei ») et du lyrisme italien. Assez économe dans ses développements contrapuntiques (réservés au second « Kyrie » et au « Lux aeterna »), l’ouvrage fait constamment dialoguer et s’interpénétrer un groupe de solistes (deux sopranos, alto et ténor) avec un chœur à quatre voix, dans un kaléidoscope d’atmosphères ébouriffant, qui culmine bien sûr dans le « Dies irae », où les frissons de terreur (« Rex tremendae ») côtoient les extases célestes (le « Recordare », délicieusement servi ici par les Pages de Versailles).</p>
<p>On ne sait qu’admirer le plus : la direction puissante et élastique, en phase avec le style volontiers syncopé de la musique, l’engagement des chœurs, spectaculairement mis en scène par la prise de son dans la chapelle de Versailles, les interventions charnelles des solistes, parmi lesquels se distingue le mezzo racé de <strong>Judit Subirana</strong>.</p>
<p>Après un motet baigné de mystère et de larmes (« Versa est in luctum », où se signale le jeu arachnéen des violonistes) et de fulgurants versets pour orgue de José de Nebra (fracassante prestation de <strong>Joan Boronat-Sanz</strong>), la seconde partie de programme nous projette vingt ans plus tard : à la mort de Philippe V, c’est peut-être encore le <em>Requiem</em> de Torres qui résonne, mais son successeur, l’Italien Francisco Corselli (1705-1778), en réécrit le « Die irae ». La nouvelle partition, sur laquelle plane l’ombre de Vivaldi, adopte un découpage aux sections mieux différenciées, qui réserve un air à chaque soliste – flamboyant « Tuba mirum » pour mezzo, impérieux « Liber scriptus » pour basse, plaintif « Quid sum miser » pour soprano et flûtes, langoureux « Recordare » pour alto, « Lacrimosa » pour ténor et chœur.</p>
<p>Si les messieurs semblent parfois mis en difficultés par des tessitures assez graves (la partie de basse était destinée à Montagnana, le virtuose de Haendel !), les vois hautes restent impériales. Quant aux ensembles, ils nous bouleversent autant par leur capacité à s’alléger, à flotter dans l’empyrée (« Mors stupebit » en pizzicatos ;« Huic ergo » impalpable) que par leurs crescendos d’une ferveur toute latine (« Rex tremendae »)</p>
<p>Au terme de ce parcours si riche en émotions, on n’a qu’une envie : le recommencer, pour en sonder tous les sortilèges.</p>
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		<title>HAENDEL, Partenope — Beaune</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/partenope-beaune-tumulte-de-passions/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Fabrice Malkani]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 19 Jul 2022 14:15:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le deuxième week-end du Festival de Beaune, cru 2022, s’ouvre avec Partenope, opéra moins connu de Haendel qui réunit pourtant toutes les qualités du compositeur, son inventivité musicale que traduit si bien l’ensemble de William Christie, Les Arts Florissants. C’est la pulsation de la vie et de l’amour, avec la force intacte des sentiments que &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le deuxième week-end du Festival de Beaune, cru 2022, s’ouvre avec <em>Partenope</em>, opéra moins connu de Haendel qui réunit pourtant toutes les qualités du compositeur, son inventivité musicale que traduit si bien l’ensemble de <strong>William Christie</strong>, <strong>Les Arts Florissants</strong>. C’est la pulsation de la vie et de l’amour, avec la force intacte des sentiments que tempère un humour présent dans le livret comme dans l’écriture vocale et musicale.</p>
<p>Si le personnage de la reine de Naples donne son nom à l’opéra, c’est qu’elle est au centre des attentions, courtisée par trois princes et, en apparence, par un quatrième qui n’est pas celui qu’il prétend être, peut-être même aussi par son capitaine des gardes, comme le laisse entendre la mise en espace de <strong>Sophie Daneman</strong>. Mais la majesté de Partenope, son allure souveraine qu’incarne à la perfection la soprano <strong>Ana Vieira Leite</strong>, en traçant les contours d’un modèle de constance amoureuse et d’exigeante sincérité, garantissant un cadre et fixant des limites – en tant que femme et en tant que reine –, permet de mieux lui opposer les débordements de la passion, amoureuse ou guerrière – la métaphore ici est constante. Ce tumulte des passions (« tumulto d’affetti » selon Rosmira, II, 5) qui submerge Arsace, le remarquable contre-ténor <strong>Hugh Cutting</strong>, et Rosmira, la splendide mezzo-soprano <strong>Helen Charlston</strong> – aussi sensible que déterminée – , semble être au cœur de la composition, dans les frémissements des cordes, dans les sons élégiaques des vents, dans les récitatifs et les airs tour à tour agités et mélancoliques des personnages.</p>
<p>Notre confrère Bernard Schreuders a donné <a href="https://www.forumopera.com/partenope-paris-cite-de-la-musique-de-nouvelles-etoiles-britanniques-au-jardin-des-voix">dans ces colonnes un compte rendu complet</a>, informé et précis de ce même spectacle, dans la même distribution, donné à la Philharmonie de Paris en octobre dernier. Nous souscrivons en tous points à son analyse et à ses commentaires, en tenant à souligner combien l’œuvre est mise en valeur par les talents conjugués de chanteurs et d’acteurs de tous ces jeunes artistes issus de l’Académie du Jardin des Voix. D’ailleurs, en entendant se succéder des airs dont la virtuosité n’efface jamais la profondeur, on peut penser qu’à côté de l’éclat indéniable du chant de Hugh Cutting et du caractère affirmé autant que séducteur de la voix de Helen Charlston, la sensibilité tout en intériorité du contre-ténor <strong>Alberto Miguélez Rouco</strong> participe d’un choix interprétatif, tant musical que scénique, qui donne à entendre et à voir le tourment d’Armindo et le manque d’assurance du personnage lui-même (puisqu’aussi bien c’est Eurimène/Rosmira qui doit le convaincre de tenter sa chance auprès de Partenope).</p>
<p>Et c’est sans doute une lecture possible du livret qui explique ici l’interprétation bouffonne du rôle d’Emilio par le ténor <strong>Jacob Lawrence </strong>: il ne lui importe pas de convaincre en ennemi ou en dangereux rival – l’air du premier acte, « Anch’io pugnar saprò », semble bien peu belliqueux et presque désinvolte, annonçant le jeu comique qui suivra –, mais plutôt dans la déploration de ne pas être le héros que le personnage souhaitait devenir, d’où une intensité plus grande du chant dans son air du deuxième acte, « Barbaro fato sì » dans lequel il s’apitoie sur lui-même (« Povero amore ! »).</p>
<p>Bien que la part de texte et de chant dévolue à Ormonte soit très réduite, le baryton <strong>Matthieu Walendzik</strong> s’affirme, dans son rôle de capitaine des gardes, et dans une grande proximité avec Partenope, avec une autorité et une forme de prestance vocale autant que physique qui lui donnent une véritable présence parmi ces personnages rivalisant d’airs plus magnifiques et émouvants les uns que les autres. Son unique air, « T’appresta fose amore », évoquant d’ailleurs l’amour qui attend Partenope, donne la mesure de son talent en dépit de la brièveté de sa contribution.</p>
<p>La direction de William Christie enchante : une fois de plus, on ne peut que saluer la délicatesse des cordes des Arts Florissants, mais aussi leur vivacité et leur éclat, tout autant que le lyrisme des vents et le dialogue constant des instruments et des voix. Les ensembles sont particulièrement réussis (par exemple le quatuor du III réunissant Armindo, Emilio, Arsace et Partenope, ou celui que forment un peu plus tard Partenope, Arsace et Rosmira), à côté de ces joyaux que sont la plupart des airs, depuis « L’Amor e il destin » dont Ana Vieira Leite déploie les ornements avec autorité et assurance, jusqu’à « Qual farfalletta » qui révèle une autre facette de son talent, toute de suave légèreté, en passant, entre autres, par la douleur d’Arsace, palpable dans l’interprétation par Hugh Cutting de « Fatto è Amor un Dio d’Inferno » et du célèbre « Furibondo spira il vento ».</p>
<p>Il appartient à Helen Charlston, dans le rôle de l’amoureuse éconduite se travestissant en prince Eurimène pour reconquérir son amant Arsace en feignant de briguer l’amour de Partenope, d’incarner au plus près, au plus juste aussi, dans cette confusion des sentiments, le tumulte des passions avec son air « Furie son dell’alma mia », marqué par une justesse et un lyrisme qui s’épanouissent déjà lors de la première rencontre (« Un’altra voltra ancor ») et par la puissance vocale déjà mise au service de l’air enlevé « Io seguo sol fiero ».</p>
<p>Le Festival de Beaune célèbre cette année ses quarante ans, comme l’a rappelé sa fondatrice et directrice artistique Anne Blanchard avant la représentation, et c’est également le vingtième anniversaire de l’Académie du Jardin des voix. À la fin du spectacle, William Christie fait cesser les applaudissements pour prononcer quelques mots, annoncant que cette soirée joyeuse marque aussi la fin d’un cycle : cette quinzième représentation de <em>Partenope</em>, dans cette distribution, sera la dernière. Et en quelques paroles émouvantes, le chef salue des solistes exceptionnels et un orchestre remarquable, sous l’approbation, déjà teintée de mélancolie, du public enthousiaste.</p>
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		<title>HAENDEL, Partenope — Paris (Cité de la Musique)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/partenope-paris-cite-de-la-musique-de-nouvelles-etoiles-britanniques-au-jardin-des-voix/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Bernard Schreuders]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 04 Oct 2021 15:36:22 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Trois ans après un Ariodante mi-figue mi-raisin, Les Arts Florissants étaient de retour le 30 septembre dernier à la Philharmonie de Paris pour la délicieuse mais peu courue Partenope de Haendel. La Salle des Concerts de la Cité de la Musique s’avère plus propice que l’immense vaisseau dédicacé à Pierre Boulez, singulièrement pour accueillir la comédie douce-amère du Saxon. Seuls quelques &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Trois ans après un<a href="/ariodante-paris-philharmonie-un-salaud-magnifique"> <em>Ariodante </em></a>mi-figue mi-raisin, Les <strong>Arts Florissants </strong>étaient de retour le 30 septembre dernier à la Philharmonie de Paris pour la délicieuse mais peu courue <em>Partenope</em> de Haendel. La Salle des Concerts de la Cité de la Musique s’avère plus propice que l’immense vaisseau dédicacé à Pierre Boulez, singulièrement pour accueillir la comédie douce-amère du Saxon. Seuls quelques déplacements ou une projection parfois modeste compromettent occasionnellement la balance avec l’orchestre. L’entrée silencieuse des lauréats du dixième Jardin des Voix pendant l’ouverture donne d’emblée le ton : Partenope à la démarche ondoyante et séductrice (« encore célibataire » nous précise un surtitre), Arsace bombant le torse et fier comme Artaban, Armindo apeuré et triste, ployant le genou à terre,  etc., chacun s’avance en prenant une pose suggestive et emblématique du protagoniste qu&rsquo;il va jouer. La mise en espace enlevée et gaie de <strong>Sophie Daneman</strong> exploite à fond la jeunesse des artistes et nous mesurons le chemin parcouru depuis les premières éditions du Jardin des Voix où les graines de star se produisaient dans un florilège hétéroclite de morceaux choisis. Certes, quelques scènes de <em>Partenope </em>ont été raccourcies ou même coupées, une poignée d’airs passant à la trappe – y compris, hélas, le splendide « Voglio amare » de Partenope – ainsi que l’un ou l’autre <em>Da Capo</em>, mais pouvoir défendre un rôle, développer sa propre lecture d’un personnage demeure tellement plus gratifiant et stimulant ! Le public a ainsi l’opportunité d’apprécier non seulement un chanteur, mais également un interprète.</p>
<p>Le cru 2021 du Jardin des Voix se révèle inégal, comme d’autres avant lui, alignant des jeunes pousses encore tendres, des fleurs en train d’éclore et d&rsquo;autres dont le parfum enivre déjà. C’est davantage leur performance comme acteurs et celle des Arts Florissants qui confèrent au spectacle son unité et assurent sa réussite. Avec la complicité de <strong>Rita de Letteriis</strong> (dramaturgie), <strong>Christophe Garcia</strong> (chorégraphie) et <strong>Jean-Luc Taillefert</strong> (scénographie, costumes), Sophie Daneman éclaire habilement les ressorts de cette manière de <em>Nuit des rois, </em>joliment troussée par le librettiste Silvio Stampiglia, qui nous livre une analyse pénétrante des rapports entre amis, rivaux et ennemis confrontés aux épreuves de l’amour. Si les solistes ont le diable au corps et investissent tout l’espace qui est mis à leur disposition, la mobilité expressive des visages et une gestuelle savamment réglée concourent aussi à la caractérisation des affects et dynamisent le jeu, d’ordinaire souvent figé, lors des airs. Cette proposition rend justice à la légèreté et à l’humour de la pièce, mais ne néglige pas non plus sa profondeur comme en témoigne l’émouvant portrait d’Arsace, qui connaît une véritable évolution au fil de l’ouvrage. <br />
	 </p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="468" src="/sites/default/files/styles/large/public/90100611_2779938638759893_6249319291334688768_n.jpg?itok=cZsCwc14" title="Hugh Cutting © Ben Durrant" width="468" /><br />
	Hugh Cutting © Ben Durrant</p>
<p>A notre estime, <strong>Hugh Cutting</strong> est la révélation ce dixième Jardin des Voix : une maîtrise supérieure, tant sur le plan vocal que musical, une interprétation originale, passionnée et passionnante. Nous tendons immédiatement l’oreille, séduit par l’autorité du chanteur et frappé par la justesse de ses intentions. Certaines couleurs de cet alto homogène, souple et bien projeté évoquent le jeune Christophe Dumaux ou Iestyn Davies, l’élégance tempérant une fougue qui semble naturelle et sert idéalement la figure d’Arsace. Le contre-ténor britannique réussit à imprimer sa griffe à « Furibondo spira il vento », le numéro le plus célèbre de <em>Partenope</em>, en transcendant la pyrotechnie pour nous rappeler que le prince est agité par la douleur (incandescente section B). Autre gemme sur laquelle<a href="https://www.forumopera.com/cd/handel-arias-prodigue-de-ses-dons-mais-quels-dons"> Franco Fagioli </a>ou également Philippe Jaroussky, ont jeté leur dévolu pour leurs albums Haendel : « Ch’io parta ? », une effusion qui, en l’occurrence, tutoie les étoiles. Nous avons hâte de retrouver le lyrisme intense de Hugh Cutting et sa présence magnétique. </p>
<p>La préparation et le coaching ne font pas tout : c’est manifestement l’expérience qui explique aussi l’aisance scénique et la riche composition d’<strong>Helen Charlston</strong> (Rosmira), autre musicienne britannique ayant remporté la London Handel Singing Competition en 2018. La figure complexe de Rosmira, travestie en Eurimene, confirme une intelligence dramatique que nous avons découverte avec la vibrante Junon qu’elle interprète au disque dans la rare <a href="/cd/semele-et-maintenant-les-planches"><em>Semele </em>de John Eccles</a>. Dotée d’un mezzo au grain mat mais légèrement cuivré et aux assises solides, Helen Charlston évolue sans problème dans une tessiture de contralto et affronte la virtuosité avec un bel aplomb, même si une voix plus large offrirait un autre impact aux coloratures. L’actrice nous régale dans tous les registres : revancharde et un rien sadique face à l’inconstance d’Arsace ; touchante quand l’image de son amant endormi et vulnérable la désarme ; impayable lorsqu’elle se retrouve piégée à son tour. La Partenope d<a href="https://www.forumopera.com/amore-siciliano-froville-une-tosca-baroque-et-populaire">’</a><strong><a href="https://www.forumopera.com/amore-siciliano-froville-une-tosca-baroque-et-populaire">Ana Vieira Leite</a> </strong>peut minauder, aguicher ou feindre l’innocence, mais la princesse s’apparente aussi et d’abord à une amazone qui tient la dragée haute à ses multiples prétendants. Si le jeu de l’actrice convainc, ce soprano d’essence légère et au médium encore frêle peine à endosser le costume taillé sur mesure pour Anna Maria Strada del Pò (future créatrice de Ginevra et d’Alcina). La voix doit s’affermir et en même temps s’ouvrir, l’aigu se libérer pour servir sa musicalité et tenir les promesses qu’elle laisse aujourd’hui entrevoir.</p>
<p><strong>Alberto Miguéles Rouco</strong> fait sienne la candeur d’Armindo, penaud à souhait, dolent et « toujours attristé » comme le veut Stampiglia. Le jeune contre-ténor espagnol possède un timbre d’ambre et de miel, éminemment personnel, mais le manque d’assurance, sinon de flexibilité du chanteur semble parfois entraver le musicien qui a probablement davantage d’idées à exprimer. Voilà en tout cas un artiste à suivre et dont Philippe Jaroussky a remarqué, dans le cadre de son académie, le potentiel. Si le métal viril et sombre de <strong>Jacob Lawrence</strong> s’épanouit dans une partie relativement centrale, en revanche, le personnage d’Emilio ne se résume pas à ses rodomontades et mérite mieux qu’un chant mal dégrossi. Le fringant ténor nous doit une revanche ! Pièce rapportée de l’opéra, Ormonte condamne <strong>Matthieu Walendzik</strong> à jouer les faire-valoir : difficile d’exister et de montrer ce qu’on a dans le ventre avec quelques répliques et un seul air, dont, au demeurant, le baryton franco-polonais s’acquitte honorablement. </p>
<p>De <em>Theodora </em>à <em>Giulio Cesare</em>, en passant par <em>Acis and Galatea </em>ou <em>Alcina</em>, les Arts florissants ont laissé des souvenirs vivaces dans la mémoire des haendéliens. Quel bonheur de retrouver leur moelleux, leurs textures raffinées et ce nuancier de rêve ! Les vents sont à la fête, en particulier dans la grisante bravoure de Rosmira qui clôt l’acte I (« Io seguo sul fiero », rehaussé de hautbois et cors de chasse), mais les cordes ne déméritent pas, emmenées avec brio par l’éloquent premier violon d’<strong>Emmanuel Resche. </strong>Chef attentif et mentor attentionné, <strong>William Christie</strong> respire avec les chanteurs et adapte ses <em>tempi </em>à leurs possibilités, brossant large tout en détaillant amoureusement les beautés de la partition. A l’instar de Dennis Morrier dans le programme de salle, nous ne pouvons que nous rallier à l’avis du musicologue Jonathan Keats et lui donner le mot de la fin en réaffirmant que <em>Partenope </em>: « devrait figurer au répertoire de toute maison d’opéra disposée à monter <em>La Chauve-Souris</em>, <em>L’Élixir d’amour </em>ou <em>L’enlèvement au sérail.</em> »  </p>
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<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/partenope-paris-cite-de-la-musique-de-nouvelles-etoiles-britanniques-au-jardin-des-voix/">HAENDEL, Partenope — Paris (Cité de la Musique)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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