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	<title>Gaële LE ROI - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<title>Gaële LE ROI - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>L&#039;Ipermestra</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 22 Aug 2019 16:46:40 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Unique par ses dimensions et les moyens engagés, cet opéra équestre se distingue de la plupart des nombreux opéras de Cavalli. Quatre ans avant l’Ercole amante, Cavalli compose L’Ipermestra, commande du cardinal Giovan Carlo de’ Medici, frère du Grand Duc de Toscane, pour la naissance du premier fils de Philippe IV d’Espagne. En remerciement, le compositeur écrira &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Unique par ses dimensions et les moyens engagés, cet opéra équestre se distingue de la plupart des nombreux opéras de Cavalli. Quatre ans avant <em>l’Ercole amante</em>, Cavalli compose <em>L’Ipermestra</em>, commande du cardinal Giovan Carlo de’ Medici, frère du Grand Duc de Toscane, pour la naissance du premier fils de Philippe IV d’Espagne. En remerciement, le compositeur écrira et lui dédiera son premier grand recueil de musique sacrée (1656), l’opéra n’étant créé qu’en 1658.</p>
<p> Jamais Florence n’aura connu tel déploiement de moyens pour une œuvre lyrique. Réalisation fastueuse, relevant de l’opéra de cour autant que de l’opéra vénitien, qui avait hissé Cavalli au plus haut rang, sa démesure est unique : dix solistes en charge des rôles dramatiques, six pour les divinités allégoriques, la discorde, la jalousie, pas moins de sept chœurs, 94 cavaliers pour le combat équestre. S’il concerne l’histoire d’un lignage royal sauvé par la divine providence, en écho à la naissance du dauphin espagnol, le livret use aussi de cette démesure. Danao, banni par son frère roi d’Egypte, Egitto, est maintenant roi d’Argos. Un oracle lui révélant qu’il serait tué par un fils de son frère, il décide de marier ses cinquante ( ! ) filles aux cinquante fils d’Egitto. La consigne donnée aux filles est de tuer leurs époux durant la nuit de noces. Ipermestra, l’aînée, refuse et sauve Linceo, qui vengera ses frères en tuant Danaos et ses 49 belles-sœurs. Ainsi la guerre d’Argos s’achève-t-elle sur le triomphe de Linceo, s’emparant du trône de son beau-père, et enfin uni à Ipermestra.</p>
<p>Avant même que Bärenreiter en publie la partition dans son édition monumentale de l’œuvre de Cavalli, nous parvient cette toute première prise, captée lors du Festival de Hollande de 2006. Depuis, en 2017, William Christie a repris l’ouvrage, écourté, à Glyndebourne, avec Emöke Barath dans le rôle-titre, sans que l’enregistrement ait été publié (<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/hipermestra-glyndebourne-pas-super-lhyper">Pas super, l’Hyper</a>). William Christie avait limité son orchestre à dix musiciens, comme pour un opéra vénitien. Ici, <strong>Mike Fentross</strong> fait le choix d’un effectif double, pour ses couleurs variées  (outre les cordes, 2 trompettes, 2 flûtes, une sacqueboute, 2 claviéristes pour trois instruments, clavecin, virginal, orgue), avec <strong>Monica Pustilnik</strong> (archiluth et guitare) comme assistante, fonction qu’elle poursuivra avec bonheur auprès de Leonardo García Alarcón, depuis <em>l’Elena</em>.</p>
<p>La production a gommé les interventions allégoriques des divinités, de la discorde, de la jalousie et des chœurs. Espérons qu’une réalisation prochaine nous les restitue. La sinfonia d’ouverture, perdue, a été remplacée par celle de <em>la Doriclea</em>. Quant à la scène de la bataille, qui ferme l’acte II, conformément à la création, la musique en a été empruntée par Cavalli à Falconieri (1650).</p>
<p>Ipermestra, au centre du drame, est la plus sollicitée. <strong>Elena Monti</strong>, rare en France, est une soprano qui s’est illustrée sur les scènes les plus prestigieuses, dans le grand répertoire. La voix est ample, ductile, lumineuse et stylée. Son Ipermestra est émouvante, nous faisant partager les épreuves qu’elle traverse avant l’heureux dénouement. Tous ses airs mériteraient d’être cités tant leur palette expressive est large. <strong>Emanuela Galli</strong>, mezzo à la technique très sûre, nous vaut un Linceo à la fois puissant et sensible. Son air « Gia che non ode il cielo » est admirable. Martial, « Guerra, guerra vog’lio » ne l’est pas moins. La voix est idéale, longue, sonore, articulée et nuancée. <strong>Sergio Foresti</strong> est Danao à l&rsquo;émission ample, bien timbrée, et à l&rsquo;autorité manifeste. La rage qui l’anime dans son dialogue avec Ipermestra n’est pas feinte. Mais sa douleur ne l’est pas moins dans «  « Affetti, pieta, partite dame » (II/8). Nous avons perdu <strong>Gaële Le Roi</strong>, partie Outre-Atlantique, et c’est bien dommage. Son Elisa (« Qual deita d’Abisso ») éprise d’Arbante nous touche. Quant à ce dernier, chanté par <strong>Mark Tucker</strong>, son repentir (« Disperato cor moi ») ne trahit pas l’âge du chanteur, tant la voix a conservé sa vaillance et sa fraîcheur. Les rôles comiques sont superbement tenus. Avec bonheur nous retrouvons <strong>Marcel Beekman</strong>, voix sûre, fin musicien. Il campe de nouveau une nourrice truculente (on se souvient de celles de <em>l’Incoronazione di Poppea</em>, et de <em>la Finta pazza</em>). Ses interventions sont autant de sourires.</p>
<p>Cet enregistrement premier se signale par ses qualités, d’autant plus rares que, depuis 2006, la connaissance et la pratique de la musique de Cavalli ont fait un bond considérable. Malgré une prise de son moins précise que celle dont nous sommes familiers, malgré les amputations (réalisées avec soin, et confirmées par Christie, du reste), cette œuvre singulière conforte la stature de Cavalli,  géant de l’art lyrique du XVIIe S.</p>
<p>La plaquette en anglais reproduit le livret italien retenu pour cet enregistrement. Le curieux se reportera avec profit à l’excellent ouvrage d’Olivier Lexa (<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/livre/francesco-cavalli-par-olivier-lexa-chez-actes-sud-le-cavalli-que-lon-attendait">Le Cavalli que l&rsquo;on attendait</a>), avec un détour par celui d’Henry Prunières (Rieder, 1931), qui reproduit une page musicale (la Grotte de Vulcain, II/13, pp.105-108) et six planches des décors originaux (XX-XXV).</p>
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		<title>5 questions à Gaële Le Roi</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Frederic Theret]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 05 Aug 2003 17:38:07 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Gaële Le Roi, vous chantez Tebaldo, Jemmy, Oberto, L&#8217;Enfant&#8230; finalement, très souvent à l&#8217;opéra, vous portez un pantalon. Aimez-vous particulièrement ces rôles masculins ? Je n&#8217;aime pas « particulièrement » les rôles masculins, je les aime tout court, comme tous les rôles que j&#8217;ai eu la chance d&#8217;interpréter jusque là. Je suis une femme (petite, certes, mais &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>          <strong>Gaële Le Roi, vous chantez Tebaldo, Jemmy, Oberto, L&rsquo;Enfant&#8230; finalement, très souvent à l&rsquo;opéra, vous portez un pantalon. Aimez-vous particulièrement ces rôles masculins ?</strong></p>
<p>			Je n&rsquo;aime pas « particulièrement » les rôles masculins, je les aime tout court, comme tous les rôles que j&rsquo;ai eu la chance d&rsquo;interpréter jusque là. Je suis une femme (petite, certes, mais une femme quand même!) et je suis attirée, comme toutes les chanteuses vers des rôles où je peux révéler les différentes facettes de la nature féminine, dans ce qu&rsquo;elle a de complexe et de touchant. Mais il est vrai que je serais ingrate en ne reconnaissant pas que mes Yniold, Enfant, Jemmy&#8230;, m&rsquo;ont donné de grands moments de joie et d&rsquo;intenses émotions! J&rsquo;ai eu la chance d&rsquo;avoir des « Papa » comme José Van Dam, Willard White, Thomas Hampson qui me tapaient sur l&rsquo;épaule et m&rsquo;appelaient « Son » ou « Fils »; lire la satisfaction sur des visages comme ceux de Sellars, Wernicke, Johns, ou dernièrement Zambello face au travail que je leur proposais pour ces rôle travestis, tout cela a contribué à me montrer que ces personnages, un peu « boudés », avaient eux aussi le droit qu&rsquo;on leur accorde un soin particulier pour les rendre toujours plus crédibles sur scène! Etre un enfant ou un « ado », est un peu devenu une seconde peau, dans laquelle je me trouve à l&rsquo;aise; j&rsquo;ai un plaisir énorme à trouver, dans les moindres détails, ce qui caractérise ces personnages dans leurs gestes, leurs attitudes&#8230; et si je me suis ainsi créée un sorte de spécialité, j&rsquo;en suis très fière, j&rsquo;espère seulement que je ne sauterai pas directement des rôles d&rsquo;enfants à ceux de petites vieilles!</p>
<p><strong>On salue non seulement vos talents de chanteuse, mais aussi vos dons d&rsquo;actrice. C&rsquo;est important, pour vous ?</strong></p>
<p>			Merci , c&rsquo;est gentil de me dire ça! Pour moi les deux sont indissociables et essentiels; même en concert ou en récital, on a toujours un personnage à intérpréter, ce n&rsquo;est pas une question d&rsquo;espace! La scène est un endroit où je me défoule, où je me libère de moi-même, en fait, je ne pense pas à jouer la comédie, je pense à être juste, c&rsquo;est mon diapason à moi! Le moment des répétitions est vraiment celui que je préfère, où une complicité s&rsquo;établit entre le metteur en scène, le chef et l&rsquo;interprète: nous sommes à notre niveau et en toute modestie des bâtisseurs: nous construisons de l&rsquo;émotion, des ponts entre la musique et l&rsquo;histoire qu&rsquo;elle porte; quelle chance nous avons là, non?</p>
<p><strong>Qu&rsquo;a représenté pour vous votre prise de rôle dans Mélisande, à l&rsquo;Opéra de Massy, l&rsquo;année dernière?</strong></p>
<p>			C&rsquo;était un rêve que je m&rsquo;étais juré de réaliser, et je remercie Jacques Mercier de m&rsquo;avoir donné cette chance. J&rsquo;ai eu très peu de répétitions en fait, puisqu&rsquo;il s&rsquo;agissait d&rsquo;une reprise de la production (superbe) de Yanis Kokkos, mais j&rsquo;ai eu la chance d&rsquo;avoir W.Burden comme Pelléas, et François Le Roux en Golaud, ce qui fut un double cadeau! Comme vous le dites dans votre première question, j&rsquo;ai fait beaucoup de rôles d&rsquo;enfants: Mélisande était exactement le rôle de transition qu&rsquo;il me fallait, une « femme- enfant »! J&rsquo;ai plongé avec délice dans la complexité de ce « petit être mystérieux, comme tout le monde », c&rsquo;est un personnage qui est là, au creux de mon ventre, enraciné, qui permet en quelques heures, de traverser tout une palette de sentiments et d&rsquo;émotions, il faut seulement faire très attention à garder une certaine distance nécessaire au chant, même si la tentation est grande de se laisser submerger par un tel personnage. Je ne suis qu&rsquo;au début de mon aventure avec Mélisande, j&rsquo;espère que je pourrai approfondir ma relation avec elle très bientôt!</p>
<p><strong>Pouvez nous parler un peu de votre actualité : Quels seront vos prochains rôles ? </strong></p>
<p>			Je pars pour Drottningohlm ce mois- ci, où je vais chanter Oberto dans <em>Alcina</em> de Haendel, je retrouve Christophe Rousset à la direction Pierre Audi à la Mise en scène, à la rentrée, je serai Zaïre dans <em>les Indes Galantes</em> à l&rsquo;Opéra de Paris, dirigé par William Christie. A plus long terme, je dois faire le rôle de Aljeja, dans <em>De La Maison des Morts</em> de Janacèk, à la Bastille en 2005. Vous voyez, je reste fidèle à mes premiers amours! Plus proche, je dois également chanter une Clarissa dans <em>Il Mondo della Luna</em> de Haydn , à Washington, et faire « mes adieux »à Papagena dans la production de Wilson de <em>la Flûte</em> en 2004!</p>
<p><strong>Et le disque ?</strong></p>
<p>			J&rsquo;ai eu la chance d &lsquo;enregistrer <em>Le Martyre de Saint-Sébastien</em> de Debussy; l&rsquo;ayant fait assez souvent en concerts, j&rsquo;étais heureuse de pouvoir avoir une trace de cette oeuvre: quand vous chantez le moment où l&rsquo;âme de Sébastien s&rsquo;élève, vous ne demandez plus rien à la vie! J&rsquo;ai également enregistré des extraits de <em>Cantates</em> de Bach pour Hautbois et Soprano, un très beau souvenir, avec, entre autres, Olivier Doise, Hautbois solo de l&rsquo;Opéra de Paris, et Jérôme Pernoo au violoncelle; nous étions entre amis et nous avons juste essayé de transmettre dans ce disque , la joie que nous avons eu , à faire cette musique ensemble; tout récemment, <em>les Fées du Rhin</em> d&rsquo;Offenbach est sortie, une production du Festival de Radio France à Montpellier, où je chante un Fée!</p>
<p>			<strong>Frédéric Theret</strong><br />
			 </p>
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