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	<title>Li DANYANG - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Li DANYANG - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>ROSSINI, Maometo II &#8211; Naples</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/rossini-maometo-ii-naples/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 06 Nov 2023 05:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En quête de pièce à conviction à verser au dossier des mises en scène coupables aujourd’hui de dévoyer l’opéra, rendez-vous au Teatro San Carlo de Naples, dans le lieu même où fut créé Maometto II il y a plus de deux siècles. Là, Calixto Bieito dans un réflexe qui peut sembler suicidaire, s’emploie à démontrer &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>En quête de pièce à conviction à verser au dossier des mises en scène coupables aujourd’hui de dévoyer l’opéra, rendez-vous au Teatro San Carlo de Naples, dans le lieu même où fut créé <em>Maometto II</em> il y a plus de deux siècles. Là, <strong>Calixto Bieito</strong> dans un réflexe qui peut sembler suicidaire, s’emploie à démontrer l’inanité d’un certain Regietheater. Transposition contemporaine de l’intrigue ; mise sous perche respiratoire de Paolo Erisso, le noble défenseur de la république vénitienne ; massacre de poupons en celluloïd par les soldats de Maometto – allusion certes prémonitoire mais insoutenable à l’actualité la plus tragique – ; abus de cordes, de liens et d’accessoires sans rapport avec le sujet – lesdits poupons mais aussi des Barbie, des oursons, des landaus, des confettis noirs, une mappemonde réduite en lambeaux, des sacs poubelles – ; et un champ de mines parfois fluorescentes en guise de décor unique : tout concourt à dévaluer un opéra qui figure parmi les chefs d’œuvre de Rossini. Seul le duo entre Anna et Maometto transmuté en épisode de harcèlement sexuel retrouve le semblant de théâtre sulfureux dont Bieito a fait sa marque de fabrique. Avec les artistes du chœur plantés à l’arrière-scène comme des piquets et la plupart des ensembles privés de mouvement, cette lecture scénique sue l’ennui à grosses gouttes. La sanction est sans appel : bon nombre de spectateurs mettent à profit l’entracte pour déserter la salle.</p>
<p>Les absents ont toujours tort. Quel dommage de se priver du deuxième acte et plus particulièrement de la scène finale, une des plus ébouriffantes imaginées par Rossini à l’intention d’Isabella Colbran, sa muse et (future) épouse. <strong>Vasilisa Berzhanskaya</strong> y flamboie d’une voix éruptive qui aime se consumer dans l’urgence. En début de représentation, l’émission large peine à se couler dans les sinuosités de l’écriture. L’effort pour alléger la prière du premier acte, « Giusto ciel » est perceptible. Anna ne se libère qu’au milieu du <em>terzettone</em> – vaste trio conçu par Rossini comme un pied de nez aux conventions qu’il avait lui-même instituées. Le chant gagne en souplesse sans ne rien perdre de sa fougue pour s’immoler dans son dernier air en un festival de roulades à la limite des possibilités de la voix humaines (« Si, ferite ! ») avant de faire valoir son intensité expressive dans l’invocation à la mère (« Madre, a te che sull’empiro »). D’un mezzo-soprano conquérant, suffisamment étendu pour s’envoler haut sur la portée, Vasilisa Berzhanskaya réitère l’exploit de Sinaide dans <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/moise-et-pharaon-pesaro-de-rage-et-de-fureur/"><em>Moise et Pharaon</em> à Pesaro</a>, <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/moise-et-pharaon-aix-en-provence-comme-a-la-tv/">Aix-en-Provence</a> puis <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/rossini-moise-et-pharaon-lyon-reprise-surprise/">Lyon</a>, à la différence que la mère d’Aménophis n’a peu ou prou qu’un seul air quand Anna dispose de plusieurs numéros, tous redoutables. La prudence est souvent mère de longévité. Il ne faudrait pas que l’excès de tempérament s’avère préjudiciable à une carrière démarrée sur des chapeaux de roue.</p>
<pre><img decoding="async" class="aligncenter" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Maometto-II-Naples-2023-1-1294x600.jpg" />© Luciano Romano</pre>
<p>A son égal, <strong>Roberto Tagliavini</strong> et <strong>Dmitry Korchak</strong> sont façonnés avec la matière inflammable qu’exigent les opéras de Rossini pour transporter le public. Le ténor est moins avantagé par la partition. Paolo Erisso n’intervient que dans les ensembles. Mais Korchak sait s’imposer en peu de notes. Le médium élargi autorise désormais le passage aux rôles de <em>baritenore </em>(Erisso fut écrit pour Nozzari, le créateur d’Otello). L’aigu, projeté en voix de poitrine, n’a rien perdu de son punch. Le style, acquis par une fréquentation régulière depuis 2008 du Festival de Pesaro, n’est jamais pris en défaut. Les chemins sont ouverts pour Arnold dans<em> Guillaume Tell </em>que le ténor russe interprètera en début d’année prochaine à Milan.</p>
<p>Roberto Tagliavini, lui, apparaît aujourd’hui comme le digne successeur de Filippo Galli, le premier interprète de Maometto II, dont on se demande quelles fées s’étaient penchées sur le gosier pour que Rossini ait parsemé sa partition d’autant de difficultés. La force de Tagliavini, ce qui le rend admirable, est la manière de dominer sa partition sans faire étalage de technique, avec naturel, comme si, au contraire, la chanter relevait d’une simple formalité. L’ambitus est large, assez pour que les notes les plus graves soient toujours audibles et les plus aiguës ne paraissent jamais tirées. Domine impérieux et cruel le chef des armées ottomanes, auquel le velours noir du timbre prête l’ardente beauté explicative de la fascination exercée sur Anna.</p>
<p>On aurait aimé que <strong>Varduhi Abrahamyan</strong> soit animée de la même flamme pour que « Non temer: d’un basso affeto » se hisse au même niveau d’héroïsme mais le chant, en dépit de son agilité et de sa longueur, souffre d’un déficit d’impact et le traitement scénique réservé par Bieito au personnage de Calbo n’aide pas à transcender le rôle.</p>
<p>Très bons <em>comprimari</em>, <strong>Li Danyang</strong> (Condulmiero) et <strong>Andrea Calce</strong> (Selimo) dont le premier semble promis à un possible avenir rossinien.</p>
<p>Si les interventions du choeur sont irrégulières, trop timides ou trop martiales, l’orchestre du San Carlo s’épanouit sous la direction de <strong>Michèle Mariotti</strong>. L’opéra <em>seria</em> napolitain sied à la rigueur du maestro ainsi qu’à sa manière d’équilibrer les volumes et de flatter le détail sans exacerber les effets. Le rythme impulsé à la partition galvanise fosse, scène et salle, à commencer par notre voisin une rangée derrière qui, dans les passages les plus trépidants, s’est évertué toute la soirée à taper la mesure du pied contre notre fauteuil sans tenir compte de nos regards courroucés.</p>
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		<title>BELLINI, Beatrice di Tenda &#8211; Naples</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/bellini-beatrice-di-tenda-naples/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 28 Sep 2023 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Hasard de programmation ou vrai regain d’intérêt pour une œuvre dont le livret fait penser à Anna Bolena créée trois ans auparavant, Beatrice di Tenda retrouve le chemin des théâtres. Souvent, un ou une interprète peut porter le retour à la scène d’une œuvre délaissée. Ici, force est de constater que tant pour le rôle-titre &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Hasard de programmation ou vrai regain d’intérêt pour une œuvre dont le livret fait penser à <em>Anna Bolena</em> créée trois ans auparavant, <em>Beatrice di Tenda</em> retrouve le chemin des théâtres. Souvent, un ou une interprète peut porter le retour à la scène d’une œuvre délaissée. Ici, force est de constater que tant pour le rôle-titre que pour les comprimari, nombre d’artistes viennent se frotter à ce Bellini aussi solide qu’exigeant. Après B<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/beatrice-di-tenda-bari-hypnotique-ou-languissant/">ari en 2022</a> et avant l’Opéra de Paris (<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.operadeparis.fr/saison-23-24/opera/beatrice-di-tenda">en Février avec Tamara Wilson</a>) et celui de Gênes (<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://operacarlofelicegenova.it/spettacolo/beatrice-di-tenda/">en Mars avec Angela Meade</a>), Naples présente l’affiche qui nous a semblé la plus idoine. Après <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/i-puritani-bilbao-xabier-anduaga-en-pleine-maturite/">Bilbao</a> et le Théâtre des Champs Elysées, <strong>Giacomo Sagripanti</strong> et <strong>Jessica Pratt</strong> y poursuivent leur collaboration au service du Bel Canto.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Beatrice-di-Tenda_p.L.Romano-7631-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-142062"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Luciano Romano</sup></figcaption></figure>


<p>Commençons par ce qui pèche : le chœur du San Carlo demeure sans chef et dans une version concertante où le nombre de répétitions a forcément été limité (« sans filage » nous a confié Giacomo Sagripanti), cela se sent rapidement. Le chœur masculin conserve, bon an mal an, sa cohésion à défaut de la puissance requise dans certaines des scènes qui le mobilisent. Ces dames ratent leur entrée et plusieurs départs ; elles présentent des voix dépareillées entre les pupitres, même si la prestation s’améliore au fil de la soirée. Gageons que ce passage à vide est temporaire et dû au contexte « managérial ». </p>
<p>L’orchestre du San Carlo a progressé en comparaison de la décennie passée, c’est indubitable. Pour autant, travailler une œuvre rare entre la saison lyrique et la préparation d’une tournée en Égypte (concert kaufmannien devant les Pyramides) s’avère une gageure qui n’aura pas tout à fait payé. La prestation reste solide, tout le monde arrive à bon port et les chanteurs ne seront jamais mis en difficulté. C’est surtout le chef que l’on voit ronger son frein. Ce spécialiste du Bel Canto ne peut déployer toute la palette et l’intelligence théâtrale qu’il connaît instinctivement. Peu de variation de tempo, notamment dans les finals de scène où les reprises de cabalette, peu de spatialisation ou de mise en avant des instruments solistes. C’est aussi à cela que l’on reconnaît les chefs de qualité : s’adapter aux circonstances et faire au mieux, alors que l’œuvre n’a subi aucune coupure. Au regard de ce que l’on peut entendre de banal dans un répertoire parfois méjugé dans sa dimension orchestrale, Giacomo Sagripanti fait plus qu’apporter sa pierre à l’édifice, il en fournit le fondement, même ébauché, sur lequel va s’épanouir une excellente distribution. </p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Beatrice-di-Tenda_p.L.Romano-7734-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-142063"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Luciano Romano</sup></figcaption></figure>


<p>Difficile de juger des qualités de <strong>Sun Tianxuefei</strong> (Rizzardo) à qui n’échoit qu’une seule réplique.<strong> Li Danyang</strong> (Anichino) en revanche brille à chacune des siennes. Voix lumineuse, projection et volume conséquents, solide technique qu’un sens musical habite, on souhaite une belle suite de carrière à ce ténor qu’on aura plaisir à réentendre. <br />Alors même que toutes et tous effectuent des débuts de leur rôle, le quatuor principal vient tutoyer les cimes belcantistes. A commencer par <strong>Chiara Polese</strong> dont le timbre et la musicalité séduisent dès sa première cantilène en coulisses. Scènes et confrontations lui permettront de montrer une technique solide, un aigu aisé et un charisme qui doivent faire merveille sur des planches et en costume. <strong>Matthew Polenzani</strong> dispose actuellement de la voix idéale pour défendre Orombello, mi-agile mi-Pollione. Le phrasé de l’américain épouse la grammaire bellinienne, les moyens conséquents muris par les années complètent le portrait subtil que dessine le ténor. Il n’hésite pas à faire usage de la voix de tête dans les récitatifs pour montrer les failles et les doutes de ce personnage qui provoque la catastrophe sans le vouloir. <strong>Andrzej Filonczyk</strong> signe un concert de la maturité. Aux deux grandes scènes dans le plus pur style dévolu à ce répertoire, cabalette et chœur compris, il propose un métal mordoré serti dans une ligne élégante. L’ambitus confortable dont il dispose lui permet l’audace de notes tenues et de subtiles nuances. Jessica Pratt pouvait-elle espérer un méchant d’une telle qualité ? Le soprano australien fait un pas de plus dans ceux de sa plus illustre devancière. Si sa première scène la voit encore trop concentrée dans la démonstration technique, la suite du concert la trouve libérée. Dès lors cette technique superlative s’anime d’un génie théâtral qui rend intelligible une musique dont l’élégance cache parfois le dramatisme. Toutes les casent sont cochées : variations, extrapolations, trilles audacieux, nuances… Jessica Pratt électrise et grise tout en éclairant chacune des facettes de cette duchesse forte en caractère, trahie, déchue et finalement sacrifiée.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/bellini-beatrice-di-tenda-naples/">BELLINI, Beatrice di Tenda &#8211; Naples</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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