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	<title>Rachael LLOYD - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Rachael LLOYD - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>DONIZETTI, Lucia di Lammermoor — Londres (ROH)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/donizetti-lucia-di-lammermoor-londres-roh/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 11 May 2024 05:35:37 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Ambiance électrique à Covent Garden pour cette nouvelle reprise de <em>Lucia di Lammermoor</em> affichant une distribution de jeunes chanteurs pour l&rsquo;essentiel. Dans le droit fil d’une mise en scène qui se veut réaliste,<strong> Nadine Sierra</strong> offre une Lucia moderne, davantage jeune fille d’aujourd’hui qu’incarnation de l’héroïne romantique de Walter Scott : une Lucia au caractère bien trempée, aux habitudes, tics visuels ou moues du visage qu’on pourrait apprécier dans une série télé contemporaine. Le chant n’est pas pour autant sacrifié à l’approche scénique. La chanteuse séduit toujours par son médium délicieusement pulpé et d’une belle rondeur et, en vraie belcantiste, Sierra sait colorer les sons en fonction de la situation dramatique. Les coloratures sont bien exécutées et la chanteuse en rajoute même par rapport aux variations traditionnelles avec quelques touches personnelles. La scène de folie est abordée une détermination qui force le respect, et les deux contre-mi bémol sont tenus jusqu’au bout des forces du soprano, accentuant ainsi l’impression de désespoir de l’héroïne. Un investissement qui lui vaudra une formidable ovation à la fin sa grande scène, une partie de la salle se levant pour l’applaudir.</p>
<p>Le jeune <strong>Xavier Anduaga</strong> dispose de beaux moyens. La voix, fraiche et puissante, fait un peu penser à celle du jeune Marcelo Álvarez, moins riche toutefois, mais avec une exceptionnelle extension dans l’aigu. Le ténor offre ainsi le rare contre-mi bémol du duo de l’acte I (écrit), et auquel se joint d’ailleurs sa partenaire, ainsi que le contre-ré à la fin du sextuor. Le chanteur basque maîtrise également très bien le souffle et le mixage des registres de tête et de poitrine, offrant ainsi de superbes<em> diminuendi</em>. Pour une fois, le rôle d’Edgardo est chanté, avec l’ensemble de ses difficultés, par une authentique voix lyrique et non par un tenorino rossinien égaré. Néanmoins, le chanteur n’évite pas une certaine monotonie en raison d’un chant monochrome. Faute de coloration, le texte semble parfois débité sans considération de la musique qui l’accompagne. Peut-être le chanteur serait-il davantage idéal dans le répertoire français, moins sensible à cette problématique de coloration.</p>
<p><strong>Artur Ruciński</strong> est un Enrico au style plus proche du jeune Verdi que de Donizetti, ce qui n’est pas non plus incongru dans ce rôle un peu monolithiquement masculiniste. La voix est d’une puissance convenable et offre un aigu brillant et généreux (la plupart des aigus traditionnels sont exécutés mais pas tous, en revanche le baryton offre un splendide la naturel dans la scène de la tour). On appréciera des efforts de colorations, mais en revanche, le chanteur ne fait aucune variations dans la reprise de son duo avec Lucia (dans le ton traditionnel), et celle de son air est tout bonnement coupée. Scéniquement, Ruciński est idéalement apparié à sa partenaire, avec une belle entente théâtrale.</p>
<p><strong>Insung Sim</strong> est un Raimondo impeccable, au timbre rond et homogène, et au phrasé remarquable. Tout d’abord inaudible dans sa scène d’entrée avec chœurs, le Normano de <strong>Michael Gibson</strong> offre un timbre agréable dans des situations moins exposées. Nous avions déjà remarqué <strong>Andrés Presno </strong>(parfois affiché en tant qu&rsquo;Andrés Presno de León) <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/otello-londres-roh-un-otello-sans-fard/">à l&rsquo;occasion d&rsquo;un Otello londonien</a>. Par ses progrès, ce jeune ténor uruguayen confirme son potentiel. Physiquement, sa stature fait penser au jeune Pavarotti, ainsi d&rsquo;ailleurs que son type d&rsquo;émission vocale. La voix est déjà raisonnablement puissante. Sans avoir le timbre unique du <em>tenorissimo</em>, Presno dispose d&rsquo;une belle voix harmonieuse et claire : un chanteur à suivre, <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/lucia-di-lammermoor-paris-tce-a-la-recherche-de-maria-callas/">surtout lorsqu&rsquo;on se souvient que Xavier Anduaga sut lui aussi se faire remarquer en Arturo.</a></p>
<p>La direction musicale de <strong>Giacomo</strong> <strong>Sagripanti</strong> nous a laissé dubitatif. Le choix de la version tout d&rsquo;abord : coupures de reprises, de codas, absence de variations à de nombreux endroits, rythme exagérément martial et volume excessif, flûte au lieu de l&rsquo;harmonica de verre pour accompagner la scène de folie&#8230; Tout cela fleure bon la province italienne des années 50, quand Richard Bonynge et ses successeurs n&rsquo;avaient pas encore rétabli les canons de l&rsquo;exécution belcantiste et quand on jouait Donizetti comme du Verdi. La scène de la tour de Wolferag est en revanche maintenue, le chef laisse une certaine liberté aux chanteurs dans l&rsquo;interprétation musicale et nous avons particulièrement apprécié une introduction inédite de la harpe pour l&rsquo;air d&rsquo;entrée de Lucia, divinement interprétée.</p>
<p>Nous avions déjà largement évoqué la production de<strong> Katie Michell</strong> <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/lucia-di-lammermoor-londres-roh-donizetti-version-gore/">à l’occasion de la reprise de 2017</a>. Quoiqu’affadie par le temps, la mise en scène reste toujours autant hors de propos, d’une crudité faussement provocatrice en complet décalage avec le romantisme de Scott et de Donizetti, avec des outrances qui suscitent à l’occasion les rires de la salle. Au positif, un public qui aurait du mal à se concentrer sur le chant seul trouve ici de quoi s’occuper : le plateau est divisé en deux parties et les scènes chantées sont le plus souvent doublées par des scènes muettes qui viennent apporter un semblant de linéarité cinématographique. Le spectacle reçoit un accueil extrêmement chaleureux du public, par ailleurs relativement jeune par rapport à la moyenne européenne comme nous l&rsquo;avions constaté à l&rsquo;occasion d&rsquo;une récente <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/bizet-carmen-londres/"><em>Carmen</em></a>.</p>
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		<title>VENABLES, 4.48 Psychosis — Strasbourg</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/448-psychosis-strasbourg-les-voix-eclatees/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Sep 2019 04:07:47 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En faisant le choix d’adapter l’ultime pièce de Sarah Kane 4.48 psychosis, parfois interprétée comme la lettre de suicide de la plus radicale des dramaturges anglaises contemporaines, Philip Venables faisait un choix audacieux pour son premier opéra, créé en 2016 à Londres. Audacieux par son sujet mais surtout audacieux de par sa forme. La prose &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>En faisant le choix d’adapter l’ultime pièce de Sarah Kane <em>4.48 psychosis</em>, parfois interprétée comme la lettre de suicide de la plus radicale des dramaturges anglaises contemporaines, <strong>Philip Venables</strong> faisait un choix audacieux pour son premier opéra, créé en 2016 à Londres. Audacieux par son sujet mais surtout audacieux de par sa forme. La prose de Kane ne définit aucun personnage, colle des souvenirs, des notes médicales, imite un dialogue qu’elle rompt aussitôt, etc. En somme, elle représente sur le papier tout ce qui pourrait faire un mauvais livret d’opéra (et souvent encore des textes similaires, le génie en moins, sont mis en musique). Mais du papier à la scène, il peut se produire une étincelle : c’est là tout le talent de ce jeune compositeur. Tout en conservant l’aspect éclaté du texte, en ne retirant pas un mot de la pièce, Philip Venables parvient à donner la cohérence, le souffle et le récit nécessaire grâce à une composition truculente, faite de collage instrumentaux, d’humour – comme ces deux percussions qui « disent » le dialogue patient/soignant en même temps que le texte est projeté sur la scène – de recours à la voix enregistrée, à la rythmique de la voix parlée et, bien entendu, à une écriture vocale qui oscille du tranchant saccadé atonal à l’arioso baroque. En formation réduite, l’orchestre souligne et ponctue autant qu’il commente. Quelques interludes qui feraient penser à des fanfares de village (on pense aussi à Chostakovitch ou même Berg) viennent égayer les longues énonciations de nombres et de verbes violents écrits par Kane. Paradoxalement, alors que ce théâtre inspiré par les travaux d’Artaud ne pourrait se réaliser que dans une liberté formelle totale, c’est le carcan de la musique, de la composition, de la baguette du chef etc. qui lui donne une de ses plus probantes incarnations vivantes. Philip Venables réussit génialement le pari de transformer l’opéra en « art cruel » et en fait un Uranus qui mange et digère, non plus ses enfants, mais sa génitrice.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/4.48_psychosis_photoklarabeck_9005.jpg?itok=Xy4aMaHm" title="© Klara Beck" width="468" /><br />
	© Klara Beck</p>
<p>Le succès revient aussi en large part aux interprètes qui doivent suivre ce chemin de crête à la lettre et surtout à la seconde près. Caler les sons et les effets visuels (surtitrages projetés, flash etc.), les pupitres instrumentaux, les départs des chanteuses situées en contrebas de l’orchestre relève de la gageure. <strong>Richard Baker</strong> à la baguette des instrumentistes de l<strong>’Orchestre philharmonique de Strasbourg</strong> retenus pour l’aventure s’y emploie avec un art consommé. De même, <strong>Ted Huffman</strong> propose une scénographie humble : une pièce blanche, trois portes, une table et des chaises. Il se concentre sur les vies intérieures de cette âme en peine qui dialoguent, se cajolent et se confrontent. Il apporte du sens en permanence sans en imposer un seul définitif et participe de cette alchimie qui sublime le poème en spectacle vivant.</p>
<p>Enfin, les six chanteuses engagées dans cette psychose sont proprement bluffantes d’engagement scénique et vocal.<strong> Gweneth-Ann Rand</strong>, en tant que corps principal, retient forcément l’attention d’autant que son soprano s’appuie sur un medium charnu du meilleur effet. Mais ce serait faire injure à <strong>Lucy Schaufer</strong> dont le mezzo ample sert la « voix de la raison » ou à celui plus délicat de <strong>Samantha Rice</strong>, ou encore à <strong>Robyn Allegra Parton</strong>, <strong>Susanna Hurrell</strong> et <strong>Rachael Lloyd </strong>qui chevauchent les écarts pièges de la partition et poétisent les quelques ariosos qui enluminent les instants de répit.</p>
<p>Coïncidence, cette première française avait lieu le jour même de la création de son deuxième opus lyrique <em>Denis &amp; Katya</em> à Philadelphie, une œuvre bientôt représentée en France puisqu’elle est coproduite par l’Opéra de Montpellier.</p>
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