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	<title>Julien LUBEK - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Julien LUBEK - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>ROSSINI, Cendrillon &#8211; Versailles</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/rossini-cendrillon-versailles/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yves Jauneau]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 13 Oct 2025 04:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Depuis plusieurs productions – le récent Enlèvement au sérail en étant une éclatante illustration – l’Opéra Royal de Versailles et son directeur Laurent Brunner réussissent une véritable quadrature du cercle : allier une approche musicologique exigeante, avec l’usage d’instruments anciens, à un véritable esprit de troupe et des mises en scène de qualité accessibles à tous. Le &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-weight: 400;">Depuis plusieurs productions – le récent </span><a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/mozart-lenlevement-au-serail-cd-et-dvd/"><i><span style="font-weight: 400;">Enlèvement au sérail</span></i></a><span style="font-weight: 400;"> en étant une éclatante illustration – l’Opéra Royal de Versailles et son directeur Laurent Brunner réussissent une véritable quadrature du cercle : allier une approche musicologique exigeante, avec l’usage d’instruments anciens, à un véritable esprit de troupe et des mises en scène de qualité accessibles à tous. Le tout se traduit chaque fois par un succès public, de quoi inspirer plus d’une maison lyrique prestigieuse. La </span><i><span style="font-weight: 400;">Cendrillon</span></i><span style="font-weight: 400;"> présentée ce soir en offre un nouvel exemple.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">La mise en scène de </span><b>Cécile Roussat et Julien Lubek</b><span style="font-weight: 400;">, déjà présentée </span><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/la-cenerentola-liege-tout-comme-papa/"><span style="font-weight: 400;">à Liège</span></a><span style="font-weight: 400;"> en 2019, retrouve son éclat visuel et son esprit de jeu. Les metteurs en scène façonnent un univers de conte animé, où chaque détail participe d’une mécanique poétique parfaitement réglée. Le décor mobile, conçu sur un plateau tournant, fait défiler les lieux de l’action comme les scènes d’un rêve éveillé. L’espace se métamorphose sans rupture, du logis délabré de Don Magnifico au palais du Prince, avec une fluidité constante. Des acrobates et mimes assurent les transitions, prolongeant la fantaisie et l’énergie du spectacle.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Les costumes, mêlant raffinement et excentricité, rappellent que Rossini aime la caricature autant que la grâce. Le duo s’appuie sur une gestuelle précise, presque chorégraphiée, qui relie le chant à l’action. L’humour s’impose par touches légères, dans des trouvailles visuelles qui maintiennent l’attention du spectateur. Sous ce foisonnement, la dimension morale du livret s’atténue : la bonté triomphante devient une célébration joyeuse plus qu’un message édifiant. La magie, omniprésente, supplante la gravité sans altérer la cohérence du récit. La direction d’acteurs reste rigoureuse et veille à la clarté des ensembles vocaux. Le résultat tient autant du théâtre musical que du cirque poétique. Tout converge vers un enchantement réglé au millimètre, où précision et légèreté se répondent dans une même idée.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">La réussite de ce spectacle vient aussi du soin apporté à l’exécution musicale, et notamment dans des ensembles restitués avec une netteté exemplaire. En ce sens, l’écrin parfait de l’Opéra Royal permet à chacun, musicien et chanteur, de s’exprimer sans avoir à forcer le trait. On se rend ainsi compte, une nouvelle fois, à quel point jouer Rossini dans des salles de la taille de l’Opéra Bastille ou du Metropolitan Opera s&rsquo;avère problématique. Sous la direction rigoureuse et pétillante de </span><b>Gaëtan Jarry,</b><span style="font-weight: 400;"> la musique épouse parfaitement la mise en scène. Le chef accompagne également au pianoforte, et de la plus belle des façons, les récitatifs, intervenant en outre dans certains passages orchestraux. De l’impeccable Ouverture jusqu&rsquo;à l’orage endiablé, les instrumentistes de l’</span><b>Orchestre de l’Opéra Royal</b><span style="font-weight: 400;"> méritent tous les éloges : belles couleurs dans les tutti, transparence dans les passages plus chambristes. Au-delà de l’extrême fiabilité des cordes, on retient la qualité des vents, très exposés on le sait chez Rossini : flûte et piccolo de </span><b>Julie Huguet</b><span style="font-weight: 400;">, hautbois de </span><b>Michaela Hrabankova</b><span style="font-weight: 400;">, clarinette de </span><b>José Antonio Salar Verdú</b><span style="font-weight: 400;">. Mention spéciale également aux choristes, dont certains sont issus de l’Académie de l’Opéra.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Il faut un peu de temps pour s’habituer au texte en français, adapté par Louis-Ernest Crevel en 1868, qui fonctionne finalement très bien et respecte le ton enlevé de l&rsquo;œuvre. Dans le rôle-titre, </span><b>Gaëlle Arquez</b><span style="font-weight: 400;"> séduit par l’ampleur souple de son mezzo, déployant comme toujours des trésors de musicalité, avec une virtuosité précise et jamais forcée. Le Rondo final, mené avec un art du phrasé irréprochable, semble toutefois un rien trop prudent. Malgré une projection plus limitée, le Prince de </span><b>Patrick Kabongo</b><span style="font-weight: 400;"> impressionne par sa vaillance et son aisance scénique, les vocalises fusent, tout comme les aigus, sans effort apparent. </span><b>Jean-Gabriel Saint-Martin</b><span style="font-weight: 400;"> campe un Dandini (ici nommé Perruchini) irrésistible, à la projection royale et à la précision millimétrée dans les coloratures. </span><b>Alexandre Baldo</b><span style="font-weight: 400;">, pour son premier Rossini scénique, fait forte impression en Alidoro (ici Fabio) : beauté du legato, richesse du timbre et aisance de la vocalise, héritée du baroque. </span><b>Alexandre Adra</b><span style="font-weight: 400;"> prête à Don Magnifico un chant solide et une présence scénique d’un comique savoureux. Et que dire enfin du luxe absolu d’avoir, dans le rôle des sœurs, les ébouriffantes </span><b>Gwendoline Blondeel</b><span style="font-weight: 400;"> et </span><b>Éléonore Pancrazi</b><span style="font-weight: 400;">, aussi justes dans la bouffonnerie que dans la précision des ensembles, apportant autant de rires au public que de cohésion au plateau !</span></p>
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		<title>PURCELL, Dido and Aeneas &#8211; Versailles</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/purcell-dido-and-aeneas-versailles/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 21 Oct 2024 03:42:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Après un tour de chauffe apprécié au Capitole de Toulouse, Sonya Yoncheva et les forces de l’Opéra Royal de Versailles prennent leur quartier au dit opéra le temps de cinq représentations. La production conçue par Cécile Roussat et Julien Lubek s’avère un vrai ajout dans l’écrin versaillais. Le duo joue la carte du spectacle de &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Après <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/purcell-dido-and-aeneas-toulouse/">un tour de chauffe apprécié au Capitole de Toulouse</a>, <strong>Sonya Yoncheva</strong> et les forces de l’Opéra Royal de Versailles prennent leur quartier au dit opéra le temps de cinq représentations. La production conçue par<strong> Cécile Roussat</strong> et<strong> Julien Lubek</strong> s’avère un vrai ajout dans l’écrin versaillais. Le duo joue la carte du spectacle de cour avec ses machines et ses effets surprenants tels que les aurait appréciés Marie-Antoinette : décors amovibles qui révèlent grottes et palais, force lumières criardes pour marquer les ambiances, costumes bouffants qui renvoient plus à des toilettes royales qu’aux us carthaginois, accessoires qui descendent des cintres. Ce festin visuel tourne et virevolte au point de lasser ça et là. Si l’on salue les performances des acrobates – tout à leur place dans la scène de la sorcière par exemple – on regrette qu’ils aient été sollicités pour chacune des interventions de l’orchestre. Deux scènes resteront toutefois en mémoire : la sorcière pieuvre terrifiante et l’effacement de Didon dans sa robe dépliée, devenue mer et vagues dans laquelle la reine sombre.</p>


<figure class="wp-block-image size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Didon-Enee-118-Franck-Putigny-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-174677"/><figcaption class="wp-element-caption"><strong>©</strong>&nbsp;Franck Putigny</figcaption></figure>


<p>Machine aussi que la phalange de l’Opéra Royal. Capable de virtuosité et d’une certaine sensualité, les musiciens et leur chef délivrent pour ces fortes scènes une belle prestation. Toutefois, <strong>Stefan Plewniak</strong> ne parvient pas à toujours donner le sens ou la couleur qu’il faudrait aux situations. La chasse est prosaïque, la tempête devra se contenter d’un tempo allègre en guise d’intensité, la palette des scènes dépeintes reste trop pastel dans ce répertoire vitaminé. Quelques menus décalages émaillent aussi la soirée, défauts qui se résorberont sans mal au fil des représentations et autoriseront, espérons-le, davantage de couleurs et d’exubérance.</p>
<p>Un triomphe accueille la diva de la soirée. <strong>Sonya Yoncheva</strong> se coule un rôle taillé pour sa tessiture actuelle, où son timbre aux échos nostalgiques épousent autant les affects amoureux de Didon que son abandon désespéré. Elle domine le plateau par un volume et une projection inhabituels chez Purcell. Ce surcroit de confort lui offre beaucoup de liberté pour incarner la reine dans tous ses aspects. Dommage qu’en Enée, <strong>Halidou Nombre</strong> passe à côté de sa première scène. Mal assurée, la voix s’éraille à l’aigu. Il faudra attendre la chasse pour que le jeune baryton déploie une voix riche, autoritaire qui sied tout à fait au portrait vocal du prince. Les rôles secondaires, pour moitié assurés par des membres de l’Académie de l’Opéra Royal, délivrent une belle prestation. <strong>Sarah Charles</strong> (Belinda) trouve toute sa place à côté de cette Didon mordorée, grâce à une voie fruitée à l’aigu lumineux. <strong>Pauline Gaillard</strong> et <strong>Yara Katsi</strong> cherchent de l’acidité et des nasalités tout à propos pour croquer les deux sorcières. Enfin, ce sont les deux autres hommes de la distribution qui se font remarquer. Le contre-ténor <strong>Arnaud Gluck</strong> fait montre d’une projection remarquable au service d’une voie sertie de couleurs irisées dans une intervention dont on regrette la brièveté. <strong>Attila Varga-Toth</strong> brille autant par sa présence et son jeu scénique que les accents nasillards qu’il sait donner à sa sorcière. Le contrepoint du marin, mi-jovial mi-autorité, achève de montrer toute la versatilité d’un interprète que l’on suivra avec plaisir.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/purcell-dido-and-aeneas-versailles/">PURCELL, Dido and Aeneas &#8211; Versailles</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>MOZART, Die Zauberflöte — Avignon</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/la-flute-enchantee-avignon-pour-oublier-bergman/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 29 Dec 2019 11:19:01 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L’objectif était de retrouver l’esprit qui avait présidé à la création du singspiel : parler au plus large public, dans sa langue, et – au travers d’une histoire fabuleuse – illustrer les valeurs fondamentales de la franc-maçonnerie, chères à Mozart et à Schikaneder. La réussite de Cécile Roussat et de JulienLubek est extraordinaire, au point que &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>L’objectif était de retrouver l’esprit qui avait présidé à la création du singspiel : parler au plus large public, dans sa langue, et – au travers d’une histoire fabuleuse – illustrer les valeurs fondamentales de la franc-maçonnerie, chères à Mozart et à Schikaneder. La réussite de <strong>Cécile Roussat</strong> et de <strong>JulienLubek</strong> est extraordinaire, au point que s’estompe la mémoire du film féérique de Bergman, qui relève maintenant de l’histoire. Créée <a href="/die-zauberflote-liege-la-guerre-des-etoiles">à Liège il y a quatre ans</a>, cette production se renouvelle en Avignon, ainsi que sa distribution. Elle est donc maintenant chantée intégralement dans l’adaptation française de François Ferlan. Ne subsistent que la mise en scène, les décors, les costumes et la participation, ici essentielle, d’artistes circassiens dont nous reparlerons. C’est l’esprit de la comédie musicale, avec, pour conséquence l’amplification des voix. Ce parti pris, s’il dérange le lyricophile, offre l’avantage de rendre intelligible chacun des intervenants dans le vaste volume de l’éphémère Opéra Confluence. Mais il accuse, ici et là, des changements de registre qui seraient peut-être passés inaperçus dans une émission naturelle. D’autre part, la distorsion des timbres leur ôte la rondeur, enfin, l’équilibre avec les bois de l’orchestre se fait à leur détriment.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="307" src="/sites/default/files/styles/large/public/flute_marionnette_a_tiges.jpg?itok=cgSS4zb9" title="La Flûte enchantée © Opéra du Grand Avignon" width="468" /><br />
	La Flûte enchantée © Opéra du Grand Avignon</p>
<p>Serviteur fidèle du livret et de la partition, la mise en scène est un enchantement permanent, d’une invention renouvelée, fraîche, ludique et onirique. Elle réveille en chacun la fraîcheur de l’enfance, sa poésie, nous entraînant dans une quête féérique, où s’entrecroisent les univers de <em>l’Enfant et les sortilèges</em>, et de <em>Harry Potter</em>. De l’ouverture, avec un serviteur, plumeau en main, qui époussette un phonographe, à la scène ultime, c’est un constant régal pour l’œil. Le mobilier – art nouveau – de la chambre où l’enfant découvre l’histoire d’un grand livre, la bibliothèque, les livres géants nous réservent autant de surprises, jubilatoires, facétieuses… l’univers est magique, mobile, animé. Les costumes qui caractérisent chacun sont autant de réussites. Les lumières participent idéalement à ces tableaux. Les cinq artistes circassiens sont bien plus que des acrobates : personnages à part entière, aux activités et costumes renouvelés, jongleurs, danseurs, athlètes, fildefériste, équilibriste, marionnettiste, etc. Leur fonction, qui ne distrait jamais du chant, illustre chaque scène avec pertinence, les arias et les ensembles tout particulièrement, dispensant le chœur de sa présence en scène.</p>
<p>Outre une équipe de jeunes chanteurs, on attendait deux figures bien connues, familières du répertoire baroque français : Chantal Santon-Jeffery et <strong>Mathias Vidal</strong>. La première, qui devait chanter la Reine de la Nuit, sera remplacée par <strong>Lisa Mostin</strong>, colorature belge dont la carrière internationale est déjà riche. Chacun de ses airs est servi avec une sûreté rare (le premier en allemand, sans doute pour des raisons d’apprentissage de dernière minute), les vocalises sont exemplaires de précision, de justesse comme de couleur. Mathias Vidal campe un Tamino noble, ardent, résolu. On regrette seulement que les tempi imposés, surtout au premier acte, privent son chant de l’émotion attendue. « Dies Bildnis » [Nul regard…], « Sie lebt » [Elle vit]… la voix est saine, bien conduite, nuancée. La Pamina de <strong>Florie Valiquette</strong> rallie tous les suffrages. L’évolution psychologique qui la conduira à l’épanouissement est traduite avec justesse. « Ach ich fühl’s » [Ah ! je le sens] est un des sommets d’émotion de tout l’ouvrage, servi par une voix claire, agile, longue et sensible. La plénitude rayonnante, malgré le tempo imposé. Le Papageno de <strong>Marc Scoffoni,</strong> simple, facétieux, au jeu pleinement convaincant, acrobate à l’occasion, est servi par une voix parlée et chantée bien projetée. Sa Papagena – <strong>Pauline Ferracci </strong>– n’est pas en reste et leurs duos, jamais outrés, sont autant de sourires. Monostatos, en ramoneur, sortant de la cheminée, est une belle réussite dramatique comme vocale. <strong>Olivier Trommenschlager</strong> vit pleinement son personnage, d’une voix sûre, bien placée, expressive. <strong>Tomislav Lavoie</strong> chante Sarastro. Le solide baryton, aux belles couleurs, manque cependant de profondeur pour traduire la force sereine, l’autorité du personnage. Der Sprecher [l’Officiant], comme les hommes en armes, remarquables d’autorité, emportent l’adhésion. Les trois dames, et les trois enfants (ici, trois voix de femmes), tiennent fort bien leur partie, l’amplification occultant malheureusement l’harmonie de chaque groupe. Les ensembles, quintettes, trios et duos sont autant de réussites. La dernière apparition de la Reine de la Nuit, accompagnée de Monostatos et des trois dames, est d’une force dramatique peu commune.</p>
<p>Le chœur placé en fosse, côté cour comme côté jardin, se montre sonore, équilibré et intelligible. L’exigence est au rendez-vous. L’orchestre, précis, puissant malgré le déséquilibre lié à l’amplification des voix, se plie à toutes les volontés de la direction. Les tempi adoptés, surtout au premier acte, sont rapides, la direction, privilégiant une rythmique sèche, prive quelque peu la musique de sa poésie, de son lyrisme, mais aussi de son humour, ce qui est un comble pour <strong>Hervé Niquet</strong>, dont on connaît les facéties. Même la marche des prêtres, qui ouvre le second acte, perd sa gravité tant elle est prise au sabre. L’introduction et l’accompagnement du duo des hommes d’armes, par contre, sont admirables de construction, clairs, inexorables, certainement la plus belle page orchestrale de l’ouvrage.</p>
<p>L&rsquo;ouvrage est repris du 10 au 14 janvier au Château de Versailles. Formons le vœu que cette féérie initiatique, exceptionnelle, poursuive une belle diffusion, pour le régal visuel, musical et dramatique des petits et des grands, mélomanes comme curieux découvrant la magie lyrique !</p>
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		<title>MOZART, La clemenza di Tito — Liège</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/la-clemenza-di-tito-liege-au-pays-du-grand-yaka/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 15 May 2019 04:53:05 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Au temps où il n’existait qu’une seule chaîne, la télévision charma les têtes blondes en leur contant les aventures de Titus le petit lion, amoureux de la souris Bérénice, le tout se déroulant dans le palais du grand Yaka, tyran gardé par les singes Ceci et Cela, sans oublier le pingouin-majordome Mosca et le pélican-magicien &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Au temps où il n’existait qu’une seule chaîne, la télévision charma les têtes blondes en leur contant les aventures de Titus le petit lion, amoureux de la souris Bérénice, le tout se déroulant dans le palais du grand Yaka, tyran gardé par les singes Ceci et Cela, sans oublier le pingouin-majordome Mosca et le pélican-magicien Melchior. Pour monter <em>La Clémence de Titus</em>, <strong>Cécile Roussat et Julien Lubek</strong> ont eux aussi situé l’action dans un pays imaginaire, mais à une époque extrêmement reculée, en s’autorisant un détour sinon par la féerie, du moins par la fable. Ce n’est plus sous la Rome antique, mais carrément dans une préhistoire mythique que s’inscrit l’intrigue : au premier acte, l’homme vit encore dans un très rousseauiste état de nature, entouré de bêtes étranges et à moitié animal lui-même ; au deuxième acte, après la chute causée par le crime de Sesto, la luxuriance de la végétation cède la place à la dureté du minéral et le décor d’abord multicolore et chatoyant se dépouille peu à peu de ses éléments. Il faut quelques instants pour accepter ces cyclopes qui entourent Vitellia, mais on se laisse bientôt séduire par l’originalité et l’inventivité de la démarche. On accepte cet empereur-centaure, à la démarche majestueuse et lente, on admire cet Annio ailé qui vole à travers la scène et sa sœur Servilia, vraie princesse de conte de fées dont la robe est suivie d’une interminable. Après tout, Sesto n’est qu’un faible, un suiveur, alors rien de surprenant à ce qu’il ait les cornes d’un bélier, c’est-à-dire d’un mouton ; que Servilia soit une sorte de tigresse et s’entoure de lions, on s’en étonnera pas non plus. Publio, lui, est plus proche du végétal, entre l’Hiver selon Arcimboldo et l’Apennin sculpté par Jean Bologne à Pratolino. Quant à la présence des figurants, acrobates et autres artistes de cirque, elle se justifie pleinement lors des différentes marches que compte la partition, et ils forment ce peuple primitif que gouverne Titus, puisque le chœur reste en coulisses ou dans les loges d’avant-scène, en tenue de concert, pour incarner cette postérité qui admirera l’humanité manifestée par le monarque.</p>
<p>Pour des oreilles désormais habituées aux formations jouant sur instrument anciens, c’est d’abord un choc d’entendre dans la musique de Mozart un orchestre dont l’ordinaire est clairement centré sur le répertoire romantique, à tel point qu’on a d’abord l’impression d’assister à un opéra-comique du milieu du XIX<sup>e</sup> siècle. Même si les cuivres émailleront la soirée de quelques fausses notes, on n’en saluera pas moins le travail accompli par <strong>Thomas Rösner </strong>: par sa vivacité et sa théâtralité, sa direction nous éloigne de ces lectures empesées qui avaient cours jadis et qui empêchèrent trop longtemps de reconnaître les vrais mérités de l’œuvre. Le pianoforte et le violoncelle accompagnant les récitatifs sont tout à fait bienvenus. La plupart des tempos sont rapides, sauf notamment pour « Non più di fiori », mais l’on peut s’interroger sur les raisons de cette exception.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="311" src="/sites/default/files/styles/large/public/titus1.jpg?itok=ZtsOXH40" title="© Opéra Royal de Wallonie - Liège" width="468" /><br />
	Anna Bonitatibus, Patrizia Ciofi © Opéra Royal de Wallonie &#8211; Liège</p>
<p>En effet, la distribution est pour le moins contrastée. Quand le rideau se lève, c’est un peu la consternation qui s’empare du spectateur : du fameux timbre voilé de <strong>Patrizia Ciofi</strong>, il semble ne rester ce soir que le voile, et l’on craint que l’artiste ne doive se contenter de « marquer » tout son rôle. Par chance, après ses premières interventions, la soprano parvient à dépasser le parlé-chanté  et à retrouver une certaine intégrité vocale. Malgré tout, on s’en doute, inutile d’espérer que les graves de Vitellia soient particulièrement nourris. Quelle différence dès que lui donne la réplique le formidable Sesto d’<strong>Anna Bonitatibus </strong>! Tout y est : un timbre superbe, une virtuosité à toute épreuve, une sensibilité à fleur de peau. Le côté « mouton » limite peut-être un peu son jeu, mais quels fortes, et quels pianos ! Dans la même tessiture, on admire le très bel Annio de <strong>Cecilia Montanari</strong>, dont imagine sans peine le Sesto qu’elle ne manquera pas de devenir. Sa sœur Servilia ne trouve peut-etre pas en <strong>Veronica Cangemi</strong> la titulaire idéale : la soprano argentine est désormais éprouvée par les aigus, même dans un rôle peu exigeant. On a beaucoup entendu <strong>Markus Sihkonen</strong> à l’Opéra des Flandres dans des rôles secondaires : Publio n’a qu’un air, mais la basse finlandaise lui confère beaucoup de présence. Enfin, dans le rôle-titre, <strong>Leonardo Cortellazzi </strong>confirme qu’il est aberrant de confier ce personnage à des ténors d’école allemande comme cela se pratique encore parfois : il faut ici un chanteur habitué au style italien, et possédant la vaillance nécessaire à donner à l’empereur toute son étoffe.</p>
<p>On souhaite qu’après cette entrée au répertoire de l’Opéra royal de Wallonie, cette impressionnate <em>Clémence</em> ne tarde pas trop à revenir à Liège.</p>
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		<title>GRÉTRY, Raoul Barbe-Bleue — Trondheim</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/raoul-barbe-bleue-trondheim-anne-ma-soeur-anne-a-du-poil-au-menton/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 14 Nov 2018 08:18:53 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L’opéra-comique du XVIIIe siècle est un genre dont il est malaisé de retrouver le sel. Si la tragédie lyrique est désormais solidement revenue sous le feu des projecteurs, les spectacles comiques de l’Ancien Régime peinent à prendre le même chemin, soit à cause de l’abondance du texte parlé, qui complique la tâche pour les chanteurs, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>L’opéra-comique du XVIII<sup>e</sup> siècle est un genre dont il est malaisé de retrouver le sel. Si la tragédie lyrique est désormais solidement revenue sous le feu des projecteurs, les spectacles comiques de l’Ancien Régime peinent à prendre le même chemin, soit à cause de l’abondance du texte parlé, qui complique la tâche pour les chanteurs, soit parfois à cause du faible intérêt des partitions. Avec un compositeur comme Grétry, évidemment, le problème n’est pas d’ordre musical, car la délicatesse quasi-mozartienne de son discours échappe à ce reproche. Quid du livret, alors ? L’histoire de Barbe-Bleue est suffisamment connue pour qu’on sache à peu près à quoi s’en tenir, même si le conte de Perrault a été mis par Sedaine à la sauce de l’époque. Tout commence avec deux bergers sauvés par Vergi, jeune noble désargenté, dont les amours avec la belle Isaure sont contrariées par leurs problèmes financiers. Autre nouveauté : la sœur Anne, qui ne voit rien venir, est trépassée, et c’est Vergi qui se substituera à elle pour mieux rendre visite à la dame de ses pensées, une fois celle-ci mariée au riche Raoul.</p>
<p>Au printemps 2017, l’ensemble Les Monts du Reuil avait ressuscité cette œuvre, avec un orchestre réduit à quelques instrumentistes, et dans une mise en scène résolument sérieuse, qui ancrait l’œuvre du côté des opéras à sauvetage, l’héroïne évitant in extremis une mort certaine. Pour monter cette fois <em>Raoul Barbe-Bleue</em> avec des effectifs plus substantiels, le Centre de musique baroque de Versailles s’est associé au festival de musique ancienne de Trondheim, en Norvège. C’est dans un théâtre postérieur d’à peine 20 ans par rapport à la création de l’opéra-comique de Grétry que l’œuvre est interprétée par l’Orkester Nord, sous la direction de <strong>Martin W</strong><strong>åhlberg</strong>, qui fait à cette occasion ses véritables débuts en tant que chef, ce qui explique la grande prudence de sa direction, qu’on pourrait parfois souhaiter plus dynamique. Tout s’entend dans cette salle historique à l’acoustique assez sèche : c’est dans un lieu tout autre que sera réalisé l’enregistrement prévu dans la foulée de cette production.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="282" src="/sites/default/files/styles/large/public/capture_decran_2018-11-15_20.37.52.png?itok=P6LMhL2K" title="C. Santon-Jeffery, F. Rougier © DR" width="468" /><br />
	C. Santon-Jeffery, F. Rougier © DR</p>
<p>Et pour la mise en scène, le CMBV a fait le choix de la franche comédie et du spectaculaire. <strong>Cécile Roussat</strong> et <strong>Julien Lubek </strong>se sont notamment distingués par une <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/periple-baroque-en-images">vision assez originale de <em>Didon et Enée</em></a>. On retrouve ici leur goût pour le cirque, la magie et la fantasmagorie, avec un résultat où l’humour est constamment présent. Les deux frères d’Isaure sont des fantoches grotesques, le travestissement de Vergi en Anne est traité sur un mode franchement cocasse, tandis qu’Osman, serviteur de Barbe-Bleue, devient une sorte de tapis animé, source d’effets comiques assez irrésistibles. Son maître, en revanche, est un Nosferatu inquiétant, sans un seul poil au menton, mais escorté de créatures mi-sinistres, mi-ridicules, sortes de vautours humains. Le divertissement offert à Isaure à la fin du deuxième acte, avec ses personnages à tête d’animaux tout droit sortis des gravures de Granville, est un pur ravissement. Et le drame reprend ses droits au dernier acte, même si la fin heureuse de rigueur ne fait aucun doute.</p>
<p>Avec Isaure,<strong> Chantal Santon-Jeffery</strong> se voit confier un rôle qui, s’il ne sollicite pas excessivement l’aigu de sa tessiture, n’en est pas moins lourd par la présence à peu près continuelle qu’il exige : l’héroïne ne quitte pratiquement jamais la scène et chante d’un bout à l’autre de l’œuvre, avec plusieurs solos dont un « air des bijoux » lors duquel elle se laisse conquérir par les présents de son riche prétendant. Le rôle-titre est moins présent, mais <strong>Mathieu Lécroart</strong> dispense une belle leçon de chant, par la clarté de son émission et la netteté de sa diction. Passant de Tintin à Mary Poppins dans les tenues que lui impose le spectacle, <strong>François Rougier</strong> assure sans difficulté le rôle de Vergi. <strong>Manuel Nu</strong><strong>ñez Camelino</strong> est le plus déjanté des tapis, sinon volants, du moins marchants. <strong>Enguerrand de Hys </strong>et <strong>Jérôme Boutillier</strong> réussissent à être hilarants dans le très court rôle des frères d’isaure, et l’on remarque en bergers <strong>Marine Lafdal-Franc</strong> et <strong>Eugénie Lefebvre</strong>, cette dernière bénéficiant en outre d’un air dans le divertissement. Il serait injuste de ne pas inclure dans les bravos les acrobates <strong>Alex Sander Dos Santos</strong> et <strong>Adèle Alaguette </strong>: même s’ils ne chantent pas, leur contribution est indispensable à la réussite de ce spectacle, notamment lors de la très gothique apparition des précédentes femmes de Barbe-Bleue. Espérons que quelques théâtres français auront la bonne idée d’accueillir cette production, dont une reprise s’impose.</p>
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		<title>PURCELL, Dido and Aeneas — Vichy</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/dido-and-aeneas-vichy-plein-les-yeux-plein-le-choeur/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Charlotte Saulneron-Saadou]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 15 Oct 2016 08:35:07 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La saison d’été à Vichy et ses 13e Rencontres lyriques et chorégraphiques européennes se sont terminées avec le petit opéra pour demoiselles de pensionnat d’Henri Purcell devenu le plus grand opéra anglais : Dido and Aeneas. Rien de certain sur les circonstances de création de ce drame miniature (l&#8217;ouvrage a été longtemps considéré comme une &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>La saison d’été à Vichy et ses 13e Rencontres lyriques et chorégraphiques européennes se sont terminées avec le petit opéra pour demoiselles de pensionnat d’Henri Purcell devenu le plus grand opéra anglais : <em>Dido and Aeneas</em>. Rien de certain sur les circonstances de création de ce drame miniature (l&rsquo;ouvrage a été longtemps considéré comme une commande de Josias Priest, directeur d’un pensionnat de jeunes filles nobles), mais ce qui est sûr, c’est qu’il est bien adapté aux budgets de plus en plus contraints des maisons d’opéra, par sa brièveté, l’absence de machine et de décors (alors que c’est l’une des composantes essentielles de tout opéra baroque), la présence d’un petit orchestre, de chœurs simples et de rôles sans grandes difficultés.</p>
<p>Toutefois, <strong>Cécile Roussat</strong> et <strong>Julien Lubek </strong>se démarquent largement de cette approche. C’est donc une mise en scène digne du Cirque du Soleil qui nous est proposé à coup d’acrobates et d’effets spéciaux dont la féerie a été largement décrite dans le <a href="http://www.forumopera.com/spectacle/periple-baroque-en-images">compte rendu des représentations rouennaises</a>. Dans cette profusion de couleurs et de poésie, les interprètes doivent s’imposer pour se fondre dans cet univers mais surtout pour s’y révéler. Certains y parviennent à l’image d’une <strong>Katherine Watson</strong> brillante ; d’autres s’effacent au fur et à mesure de leurs apparitions. Cela est bien dommage s&rsquo;agissant de <strong>Mireille Delunsch</strong>. Alors que la mise en scène la met pleinement en valeur (fini le livre d’images pour enfants : Didon est seule sur le plateau dans le noir le plus total) et que ces quelques pages démontrent un sens admirable de la plastique musicale et une façon à la fois intense et retenue d’exprimer l’émotion, nous sommes passée totalement à côté de ce que la soprano française a voulu délivrer en raison d’un chant peu expressif et  de couleurs limitées.</p>
<p>A l&rsquo;inverse, nous avions quitté Katherine Watson <a href="http://www.forumopera.com/dardanus-versailles-reinvente-rameau-ripoline-plutot">à Versailles sur un nuage</a>, c’est désormais nous qui y sommes en la voyant évoluer dans le rôle de Belinda, fraiche et dynamique, avec pour atouts des vocalises claires et précises, une diction et une projection certaines ainsi qu’une présence scénique affirmée. Le duo des sorcières, bien qu’homogène, aurait mérité plus de finesse même s’il nous paraît difficile de formuler ce reproche à<strong> Caroline Meng</strong> et <strong>Lucile Richardot</strong> alors qu’elles se retrouvent toutes deux en lévitation à deux mètres du sol pour l’exécuter. Sans surprise, <strong>Cyril Auvity</strong> offre une prestation pleine d’intelligence dans la peau de la magicienne bien que sa voix ne se prête pas à la tessiture du rôle. La projection du ténor est radieuse et son engagement dramatique irréprochable. Seul<strong> Benoît Arnould</strong> souffre d&rsquo;une mise en scène privilégiant une « incarnation des affects » du couple plutôt que les rapports psychologiques des personnages. La froideur de Didon serait-elle contagieuse ?</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="311" src="/sites/default/files/styles/large/public/didonenee_2.png?itok=A2eGBAki" title=" © Frederic Carnuccini" width="468" /><br />
	 © Frederic Carnuccini</p>
<p>Ne pas en déduire cependant que le voyage à Vichy ne valait pas le coup car, du côté de la fosse, le spectacle est d’une splendeur et d’une excellence presque irréelles. Il est vrai que le placement du chœur derrière l’orchestre atténue grandement sa particularité. En effet, dans cet opéra, il commente le drame tout en y participant ; l’équilibre entre ses deux fonctions étant somptueusement réussi par Purcell. Mais peut-on réellement trouver les mots pour peindre avec exactitude la précision interprétative dont les choristes d’Accentus font preuve dans chacune de leurs interventions ?  Dynamisme tout autant que souplesse, qualité expressive tant dans les respirations et les silences que dans les attaques, lignes mélodiques foisonnantes de sublimes nuances et de somptueux effets, homogénéité sonore et diction sans faille&#8230; Grâce au Poème Harmonique, la vérité et l’intensité de l’expression se déploient dès les premières mesures de l’ouverture alors qu’aucun effet de couleurs n’est possible, l’orchestre se réduisant à quelques cordes. Grand spécialiste du répertoire musical baroque, <strong>Vincent Dumestre</strong> n’hésite pas à s’éloigner de la partition en renforçant le continuo de deux guitares, donnant ainsi un charme supplémentaire indéniable, tout empreint de virtuosité. Comme quoi, Accentus et le Poème Harmonique prouvent que la féerie n’a parfois pas besoin d’images…</p>
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		<title>MOZART, Die Zauberflöte — Liège</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/die-zauberflote-liege-la-guerre-des-etoiles/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Pierre Jassogne]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 18 Dec 2015 06:19:40 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>On n’évoquera aucun réveil de la force, mais juste un rêve éveillé dans ce blockbuster qu’est La Flûte enchantée de Mozart. L’occasion de redécouvrir la surprenante et féérique production des talentueux Cécile Roussat et Julien Lubek dans un décor poétique, tissé dans la toile du rêve de l’enfant Tamino parti à la conquête de l’amour, &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>On n’évoquera aucun réveil de la force, mais juste un rêve éveillé dans ce <em>blockbuster</em> qu’est <em>La Flûte enchantée</em> de Mozart. L’occasion de redécouvrir la surprenante et féérique production des talentueux <strong>Cécile Roussat</strong> et <strong>Julien Lubek</strong> dans un décor poétique, tissé dans la toile du rêve de l’enfant Tamino parti à la conquête de l’amour, de l’amitié et de la vérité dans un univers enchanté, où les illuminations et autres enchantements s’enchaînent les uns aux autres. A l’instar de Mozart, les deux Français font le pari de la naïveté, pour transmettre une vision touchante du chemin qu’est la vie, livrant <em>« des plaisirs simples </em><em>et des trésors secrets »</em>, comme le disait Goethe en personne.</p>
<p>Véritablement, il y a chez ces deux compères un mélange de malice amusée et de tendresse étonnée. Et ce sont ces qualités qui inondent durant trois heures la scène. L’opéra de Mozart devient le rêve d’un enfant alité : Tamino et Papageno sortent de son lit, la Reine de la Nuit du cadre d’un tableau, les trois dames sont des potiches de cheminée qui s’animent et deviennent à petits pas des sarcophages égyptiens. Chapeau de travers comme un ramoneur, Monostatos emmène avec lui d’irrésistibles grosses têtes. Par contraste, l’univers de Sarastro est sérieux mais jamais solennel : c’est le monde du savoir symbolisé par les livres dans lequel on pénètre à travers la bibliothèque ! Et tout cela est frais, sincère, immédiat…</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="302" src="/sites/default/files/styles/large/public/zauberflote-c-opera-royal-de-wallonie-lorraine-wauters-17.jpg?itok=1kAlwa2o" title="© Opéra Royal de Wallonie - Lorraine Wauters" width="452" /><br />
	© Opéra Royal de Wallonie &#8211; Lorraine Wauters</p>
<p>Dans le rôle de Pamina, prenant les traits d’une poupée prisonnière dans sa cage, et un peu tendue au départ, <strong>Anne-Catherine Gillet</strong> se libère dans le deuxième acte pour venir illuminer la scène dans les envolées lyriques, donnant à son personnage intensité et charme. <strong>Anicio Zorzi Giustiniani</strong> est un Tamino crédible quoique son allemand semble à quelques moments du premier acte pour le moins pittoresque. Cela ne l’empêchera pas de dominer le second avec noblesse et conviction. C’est d’ailleurs toute l’ambiguïté de<em> La Flute enchanté</em>e : bien que Mozart désigne son œuvre comme « Grand Opéra », elle possède plutôt les caractéristiques du <em>singspiel</em>, œuvre où alternent dialogues et airs. Les personnages étant à l’origine interprétés par des acteurs, Mozart a dû renoncer aux récitatifs et aux airs virtuoses, à l’exception de ceux écrits pour la Reine de la Nuit, interprétée par la soprano <strong>Burcu Uyar</strong> qui s’en sort bien malgré des aigus un peu nasillards lors du premier air, « O zittre nicht, mein lieber Sohn », censé être un véritable feu d’artifice de vocalises. C’est surtout dans le deuxième air, « Der Hölle Rache kocht in meinem Herzen », qu’elle se montre sous son meilleur jour avec ses vocalises chargées de passion.  <strong>Mario Cassi</strong> se révèle être un parfait Papageno : outre son chant « Der Vogelfänger bin ich ja » aussi célèbre que jovial, sa gentillesse et sa bonhomie traversent l’œuvre entière comme un instant de bonheur. Seule faiblesse, celle du jeune <strong>Gianluca Buratto</strong> qui manque de grave pour interpréter le rôle de Sarastro. Pour le reste, les petits rôles sont très soignés à l’instar de l’interprétation d’<strong>Anneke Luyten</strong>, en Première Dame au service de la reine ou encore le ténor <strong>Krystian Adam</strong> en Monostatos. Quant aux trois enfants, ces <em>drei knaben</em> ont beaucoup de charme.</p>
<p>A la tête de l’orchestre, le directeur musical de l’Opéra royal de Wallonie, <strong>Paolo Arrivabeni</strong> signe ici sa première <em>Flûte</em>. On sait l’homme verdien, et on a senti qu’Arrivabeni ne rendait pas toute la vivacité de l’œuvre de Mozart, restant à certains moments trop figé. L’orchestre manquait parfois de précision, n’arrivant pas toujours à relancer toute la féérie de l’action déployée musicalement et scéniquement sur le plateau. Dommage, mais après tout, un spectacle peut être meilleur que la somme de ses parties. C’est sans aucun doute le cas ici et l’impression qui s’impose à la fin de cette <em>Flûte enchantée </em>que l’on peut applaudir jusqu’au 5 janvier prochain. </p></p>
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		<title>ROSSINI, La Cenerentola — Liège</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/la-cenerentola-liege-tout-comme-papa/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 19 Sep 2014 05:54:05 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Parmi toutes les institutions lyriques aujourd&#8217;hui, l&#8217;Opéra royal de Wallonie se veut la plus respectueuse d&#8217;une certaine tradition. Dramaturges iconoclastes, metteurs en scène avant-gardistes et autres profanateurs, passez votre chemin. Sur cette scène presque bicentenaire, on pratique la représentation d&#8217;opéras avec un conformisme réconfortant, tant en termes de répertoire que de mise en scène. C&#8217;est &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Parmi toutes les institutions lyriques aujourd&rsquo;hui, l&rsquo;Opéra royal de Wallonie se veut la plus respectueuse d&rsquo;une certaine tradition. Dramaturges iconoclastes, metteurs en scène avant-gardistes et autres profanateurs, passez votre chemin. Sur cette scène presque bicentenaire, on pratique la représentation d&rsquo;opéras avec un conformisme réconfortant, tant en termes de répertoire que de mise en scène. C&rsquo;est dans cette optique que <em>La Cenerentola</em> ouvre une nouvelle saison dont un des temps forts sera <em>Luisa Miller</em>, en novembre avec Patrizia Ciofi et Gregory Kunde. De carton-pâte, les décors figurent les lieux d&rsquo;une action que l&rsquo;on peut suivre à la virgule près. Ils ont été judicieusement placés sur un carrousel qui favorise les changements de tableaux à vue. Ni transposition, ni interprétation freudienne, la magie reste le ressort du conte de fée. Le grimoire brandi comme un talisman en début d&rsquo;opéra l&rsquo;atteste. Un régiment de lutins à la solde d&rsquo;Alidoro tire les ficelles de l&rsquo;intrigue. La musique dicte le mouvement. Est-elle toujours la meilleure conseillère lorsque, dans les ensembles, elle plante les chanteurs sur l&rsquo;avant-scène, comme au bon vieux temps ? Les costumes s&rsquo;autorisent plus de fantaisie. Clorinda a les cheveux violets et les deux excroissances de la perruque de Don Magnifico lui font des oreilles rousses de Mickey. Quelques gags saupoudrent la représentation. Un baudet ivre, celui entrevu en rêve dans la cavatine « Miei rampolli femminini », revient ponctuer l&rsquo;action dès qu&rsquo;elle s&#8217;emballe. <strong>Cecile Roussat</strong> et <strong>Julien Lubek</strong> sont les artisans de cette production. Ils en signent chaque détail, de la mise en scène aux lumières. Les rires du public récompensent leur travail. Sacré Rossini. Toujours farceur. Subtil aussi ? Parfois. Mais là n&rsquo;est pas le propos.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="306" src="/sites/default/files/styles/large/public/cenerentola4.jpg?itok=HFEdM9By" title="Julie Bailly (Tisbe), Bruno De Simone (Don Magnifico), Sarah Defrise (Clorinda), Enrico Marabelli (Dandini), Marianna Pizzolato (Angelina), Dmitry Korchak (Don Ramiro) © Jacky Croisier " width="468" /><br />
	Julie Bailly (Tisbe), Bruno De Simone (Don Magnifico), Sarah Defrise (Clorinda), Enrico Marabelli (Dandini), Marianna Pizzolato (Angelina), Dmitry Korchak (Don Ramiro)<br />
	© Jacky Croisier</p>
<p>Comme promis par l&rsquo;intitulé de l&rsquo;œuvre, la bonté triomphe. Peut-il en être autrement lorsque le rôle-titre est interprété par <strong>Marianna Pizzolato </strong>avec la modestie qui la caractérise ? Modestie au sens noble du terme c&rsquo;est-à-dire parée de cette humble grandeur qui fait les âmes généreuses. Mieux qu&rsquo;une princesse, une sainte. Le timbre chocolaté en colore les traits, l&rsquo;agilité et la maîtrise du style complètent le portrait. Pourtant ce soir, Angelina ne se présente pas au meilleur d&rsquo;une forme dont on a pu à <a href="http://www.forumopera.com/spectacle/cest-dans-les-vieux-pots">Paris en 2012</a> comme à <a href="http://www.forumopera.com/spectacle/reprise-enflammee">Pesaro en 2010</a> apprécier l’excellence. La projection n&rsquo;est pas si affirmée et l&rsquo;aigu parait soit abrégé, soit vidé de toute matière, ne retrouvant un peu de rondeur et d&rsquo;ampleur que dans le rondo final, comme si la mezzo-soprano voulait ménager ses forces en vue de cette ultime épreuve. Après avoir fait assaut de bravoure dans <em><a href="http://www.forumopera.com/armida-pesaro-magie-incomplete">Armida il y a quelques semaines</a></em>, <strong>Dmitry Korchak</strong> semble lui aussi accuser la fatigue. Son prince, charmant dans l&rsquo;allure, est un batailleur, conquérant ses notes les plus hautes à la hussarde, d&rsquo;un chant qui rivalise d&rsquo;agilité mais ne s&#8217;embarrasse pas de nuances. Au-dessus de la mêlée, tant par le volume que par la présence, <strong>Bruno De Simone</strong> brosse Don Magnifico à grands traits rageurs. Vaniteux, autoritaire, présomptueux, haïssable mais indispensable pour que la mayonnaise rossinienne prenne. Le chanteur se place à pied d&rsquo;égalité avec l&rsquo;acteur, virtuose par le débit intarissable d&rsquo;un chant syllabique parfaitement maitrisé. Clorinda – <strong>Sarah Defrise </strong>– et Tisbe – <strong>Julie Bailly</strong> – sont « comme Papa », détestables, la première plus encore que la deuxième. Le livret l&rsquo;exige. La partition aussi ? Courageux, <strong>Laurent Kubla</strong> prend à bras le corps un « Là del ciel nell&rsquo;arcano » qu&rsquo;une tradition compatissante a longtemps épargné aux titulaires d&rsquo;Alidoro. La voix répond aux sollicitations de l&rsquo;aigu mais les contorsions auxquelles la contraint une écriture impitoyable ne sont pas sans conséquence sur la couleur de l&rsquo;émission. Les soubresauts de la partition malmènent dans une moindre mesure <strong>Enrico Marabelli </strong>sans entamer sa bonne humeur. Dandini est finalement un bon bougre.</p>
<p>A la direction d’orchestre, <strong>Paolo Arrivabeni</strong> se présente comme un gage d&rsquo;orthodoxie rossinienne. Avec lui, crescendo n&rsquo;est pas un vain mot. Tant pis, si le chœur – masculin – de l&rsquo;Opéra Royal de Wallonie a parfois du mal à suivre et si la mécanique des ensembles n&rsquo;est pas toujours impeccablement rodée, les représentations à venir – jusqu&rsquo;au mardi 30 septembre – devraient mettre de l&rsquo;huile dans les rouages.</p>
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