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	<title>Siyabonga MAQUNGO - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Mon, 26 Jan 2026 09:28:32 +0000</lastBuildDate>
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	<title>Siyabonga MAQUNGO - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<item>
		<title>WAGNER, Der Ring des Nibelungen &#8211; Berlin (Staatsoper)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/wagner-der-ring-des-nibelungen-berlin-staatsoper/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 24 Jan 2026 07:24:33 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L’enregistrement que propose le label Unitel est la captation du deuxième des trois cycles de la Tétralogie proposés par le Staatsoper Berlin à l’automne 2022. Celle-ci fut reprise au printemps 2024, puis à l’automne 2025. Il s’agissait de la nouvelle production signée Dmitri Tcherniakov, sous la baguette de Christian Thielemann à la tête de la &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>L’enregistrement que propose le label Unitel est la captation du deuxième des trois cycles de la Tétralogie proposés par le Staatsoper Berlin à l’automne 2022. Celle-ci fut reprise au <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-gotterdammerung-berlin-staatsoper/">printemps 2024</a>, puis à l’automne 2025.<br />
Il s’agissait de la nouvelle production signée <strong>Dmitri Tcherniakov</strong>, sous la baguette de <strong>Christian Thielemann</strong> à la tête de la Staatskapelle Berlin. Cette captation avait fait l’objet d’une diffusion sur arte.tv, disponible plusieurs semaines en 2023.<br />
C’est précisément ce deuxième cycle que nous avions chroniqué les 30 octobre (<a href="https://www.forumopera.com/spectacle/das-rheingold-berlin-staatsoper-lor-resume-a-lanneau/">Das Rheingold</a>), 31 octobre (<a href="https://www.forumopera.com/spectacle/die-walkure-berlin-staatsoper-emotions-questions-et-regrets/">Die Walküre</a>), 5 novembre (<a href="https://www.forumopera.com/spectacle/siegfried-berlin-staatsoper-plateau-vocal-hors-norme/">Siegfried</a>) et 8 novembre 2022 ( <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/gotterdammerung-berlin-staatsoper-un-plaisir-a-prolonger/">Die Götterdämmerung</a>).<br />
L’initiative de cette nouvelle production revient, il convient de ne pas l’oublier, à <strong>Daniel Barenboïm</strong>, qui souhaitait à cette occasion célébrer un double anniversaire : les 80 années de son existence et ses 30 années passées au poste de GMD, Generalmusikdirektor de la Staatskapelle Berlin. On sait que malheureusement la maladie contraindra Barenboïm à la fois à renoncer à diriger cette production, mais aussi à céder la place de GMD à Christian Thielemann, que chacun du reste pressentait comme successeur. «  Nous nous connaissons depuis des années et je sais qu’avec lui le <em>Ring</em> est entre de bonnes mains », dira-t-il.<br />
De fait, la presse allemande et internationale (dont Forum Opéra) a encensé cet Anneau dont il fut dit qu’il a posé, au moins en ce qui concerne la direction musicale, de nouveaux jalons dans l’interprétation du cycle. Il faut dire que la distribution XXL (Volle, Kampe, Schager, Mahnke, Doron, Rügamer, Urmana, Watson, Villazón, Kissjudit, Vasar, Kränzle, Kares) laissait présager les plus hauts sommets vocaux – les attentes, autant le dire tout de suite, ne furent pas déçues.<br />
<strong>Michael Volle</strong> en Wotan/Wanderer scelle avec ce cycle berlinois une prestation de très haute tenue. Présent sur les quatre (!) épisodes (on le comprendra plus bas), il possède, outre la puissance, un moelleux dans le grave qui ne semble toujours pas prendre de rides, même <a href="https://www.forumopera.com/michael-volle-il-ny-a-quun-seul-bayreuth/">si cette question le taraude</a>. Son premier arioso de <em>Rheingold</em> donne le la, ses actes II et III de <em>Walküre</em> et particulièrement le duo avec Brünhilde feront référence (« Leb wohl, du kühnes, herrliches Kind » ). Et quelle articulation ! La Brünnhilde d’<strong>Anja</strong> <strong>Kampe</strong> est elle aussi superlative ; son omniprésence dans <em>Götterdämmerung</em> ne semble pas l’atteindre et elle finit son monologue d’adieu en majesté. Et que dire du Siegfried d’<strong>Andreas</strong> <strong>Schager</strong>, qui ne connaît aucune limite, aucune faiblesse. Malgré tout ce que lui impose la mise en scène (fracasser des tables à coup de masse, porter ses partenaires, prendre une douche sur scène, etc. !), le Heldentenor ne vacille jamais et emplit la salle du Staatsoper de sa surpuissance. Autre héros du cycle, <strong>Mika Kares</strong> qui chante Fasolt puis Hunding et enfin Hagen. Terrible méchant qui possède la profondeur et la noirceur de la basse et qui font de lui le diable qu’on adore détester. Son tonitruant « Hoiho » dans Götterdämmerung nous donne encore le frisson.<br />
Dans <em>Walküre</em>, le couple Sieglinde (<strong>Vida Miknevičiūtė</strong>) – Siegmund (<strong>Robert</strong> <strong>Watson</strong>) fait merveille en jeunes amoureux somme toute maudits. Leur duo d’amour est d’une immense tendresse. <strong>Johannes Martin Kränzle</strong> est un habitué du rôle d’Alberich. On ne sait s’il faut louer l’acteur d’abord ou le chanteur. Il se plie avec grande humilité à tout ce qu’exige de lui la conduite d’acteurs et ce n’est pas mince. <strong>Stephan Rügamer</strong> est un Mime qui se révèle diabolique dans <em>Siegfried</em>, après un <em>Rheingold</em> déjà réussi. <strong>Peter Rose</strong> est Fafner à la voix peut-être pas caverneuse mais qui donne au personnage (qui est tout sauf un dragon) toute crédibilité dans la noirceur. <strong>Lauri Vasar</strong> se révèle davantage en Gunter que dans le modeste rôle de Donner, <strong>Siyabonga Maqungo</strong> étant un Froh tout aussi juste. <strong>Rolando Villazón </strong>est-il aussi juste en Loge ?  Ses pitreries et ses manières semblent un peu excessives, et la diction (même si Villazón parle un allemand courant) laisse un peu à désirer. <strong>Anett Fritsch</strong> est une Freia bien fragile (elle sera Ortlinde dans la première journée), soutenue par la Fricka de <strong>Claudia Mahnke</strong> qui donne toute sa mesure dans <em>Walküre</em>. A l’inverse, c’est dans <em>Rheingold</em> que <strong>Anna Kissjudit</strong> brille de mille feux (plus que dans <em>Siegfried</em> où le rôle est moins prégnant). L’alto est magnifique de douceur et de force tout à la fois, le timbre d’une chaleur enivrante. A noter que Kissjudit va « monter en grade » à l’été 2026 puisqu’elle sera la Fricka du <em>Ring</em> anniversaire.<br />
Les Walkyries (<strong>Clara Nadeshdin</strong>, <strong>Christiane</strong> <strong>Kohl</strong>, <strong>Michal</strong> <strong>Doron</strong>, <strong>Alexandra</strong> <strong>Ionis</strong>, <strong>Anett</strong> <strong>Fritsch</strong>, <strong>Natalia</strong> <strong>Skrycka</strong>, <strong>Anna</strong> <strong>Lapkovskaja</strong>, <strong>Kristina</strong> <strong>Stanek</strong>) feront une dôle de chevauchée (dans un amphithéâtre plutôt qu’à cheval !). A noter que pour <em>Götterdämmerung</em> c’est <strong>Violeta Urmana</strong> en Waltraute qui affrontera sa sœur. Les filles du Rhin (<strong>Evelin Novak</strong>, <strong>Natalia Skrycka</strong>, <strong>Anna Lapkovskaya</strong>) possèdent à la fois la légèreté et la souplesse pour venir à bout de leurs interventions initiales et conclusives. Même satisfecit pour les trois nornes (<strong>Noa</strong> <strong>Beinart</strong>, <strong>Kristina</strong> <strong>Stanek</strong>, <strong>Anna</strong> <strong>Samuil</strong>) : rôles brefs et parfaitement tenus. <strong>Victoria Randem</strong> est un oiseau bien agile de la voix, et <strong>Mandy Fredrich</strong> une Gutrune idéale.<br />
<strong>Christian Thielemann</strong> gagne à tous les coups à l’applaudimètre. La Staatskapelle Berlin brille comme jamais ; tous les intermèdes orchestraux sont des pièces de choix en soi (à commencer par la Rheinfahrt entre le Prologue et le I de <em>Götterdämmeung</em> et la marche funèbre) et même s’il est difficile de ne pas citer chaque pupitre, on ne peut pas ne pas rendre un hommage tout à fait admiratif aux cuivres, absolument irréprochables d’un bout à l’autre et qui ont donné une assise orchestrale parfaite pour permettre aux autres musiciens (et en premier lieu les cordes) de faire chanter l’orchestre.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/das_rheingold_B_102-scaled-1-1294x600.jpg" />© Monika Rittershaus</pre>
<p>On le voit, pratiquement aucune réserve sur le plateau vocal ni en fosse ; on ne pourra pas en dire autant de la mise en scène signée <strong>Dmitri Tcherniakov</strong>.<br />
Contrairement à ce qu’on pourrait attendre, la deuxième vision de sa mise en scène ne résout pas tous les problèmes dont nous avions déjà rendu compte. Tout n’est pas clair dans sa proposition même si l’idée de base (une expérimentation des comportements humains, dont Wotan serait l’instigateur) semble assez claire. Moins évidents apparaissent les positionnements de Siegfried et Brünnhilde qui feront tout au III de <em>Siegfried</em> pour éviter l’amour dans leur duo.<br />
Voyons quelques détails des spécificités du travail de Tcherniakov.<br />
Tout commence avant le lever de rideau de <em>Rheingold</em> ; une vidéo projette une image montrant comment un produit est inoculé dans le cerveau (on supposera qu’il s’agit de celui d’Alberich). On comprend que nous ne sommes pas au bord du Rhin, mais dans un centre d’expérimentation à l’acronyme (E.S.C.H.E.) signifiant le « frêne » , arbre que l’on retrouvera à la fin du dernier tableau. Les trois filles du Rhin sont des infirmières qui prennent des notes sur le comportement d’Alberich, enfermé dans une chambre où il est branché de partout. Point d’or (si ce n’est l’anneau qui apparaîtra plus tard), c’est incontestablement le parti pris cette mise en scène ; quand Alberich s’enfuit à la fin du premier tableau, il part avec sous le bras tout le matériel d’expérimentation dont il aura au préalable furieusement arraché tous les câbles, laissant les observateurs sans réaction.<br />
Au second tableau de <em>Rheingold</em>, les plans du château (pas encore baptisé Walhalla) sont vidéoprojetés et nous nous retrouvons dans les bureaux de Wotan qui se transforment vite en salle de négociations lorsqu’il s’agit de rendre à Fafner et Fasolt leur dû. Ceux-ci apparaissent en vulgaires mafieux (enlevant Freia en l’emportant comme un vulgaire sac à patates) ce qui se confirmera au quatrième tableau, quand Fafner abattra son frère d’un coup de revolver dans le dos. Loge semble un entremetteur un peu farfelu, Froh, Donner et Freia totalement dépassés par les enjeux du deal. Quant à Wotan, c’est le parrain, affublé du reste de la bague (l’«anneau » en réalité).  Un ascenseur permet de descendre au Nibelheim. Les Nibelungen sont des esclaves maltraités par Alberich qui s’en prend brutalement à Mime lorsque celui-ci veut embarquer le Tarnhelm ; chacun porte un uniforme identique avec son nom. Alberich ne se transforme en dragon puis en crapaud que dans sa tête, de même qu’il imagine les Nibelungen apportant l’or en rançon, un or que l’on ne verra jamais, si ce n’est sous la forme donc de la bague-anneau. La dernière scène de <em>L’Or du Rhin</em> restera sans doute la moins réussie du cycle, d’un kitsch risible pour ne pas dire ridicule.</p>
<p>Dans <em>Walküre</em>, là encore une vidéoprojection précède le lever de rideau. Elle nous apprend qu’un criminel « dangereux et instable » vient de s’échapper. Des images de vidéosurveillance vont très vite nous permettre de reconnaître dans le fuyard Siegmund qui se présente dans la maison de Sieglinde et Hunding. Celle-ci est située dans le centre d’expérimentation que nous avions découvert dans le Prologue. En réalité il est situé derrière le bureau de Wotan qui, grâce à une vitre opaque, voit l’intérieur de l’appartement sans être vu. Hunding est un policier à la recherche du dangereux criminel. Sa journée finie, celui qui nous est présenté comme un butor boit sans modération de la Vodka Parlament, on le voit manger, pisser et maltraiter sa femme qu’il oblige à passer les menottes à Siegmund pendant qu’il va dormir, l’épée Nothung fichée au-dessus de la porte d’entrée !<br />
Au II, on voit Sieglinde et Sigmund s’enfuir pendant que Hunding dort encore. Arrivent alors dans cet appartement Wotan et Brünnhilde qui sabrent le champagne, avant que Wotan retrouve sa femme dans son bureau pour lui faire signer un contrat l’engageant à ne pas défendre Sigmund.<br />
Dans la 3<sup>e</sup> scène on retrouve le couple de fuyard dans les sous-sols (le Nibelheim). Le combat entre Hunding et Sigmund ne nous est pas montré, on le vit au travers des réactions de Sieglinde. Finalement Sigmund ne sera pas tué mais attrapé par les mêmes policiers auxquels on l’avait vu échapper dans la vidéo précédant le lever de rideau.<br />
Le troisième acte se déroule dans l’amphithéâtre du centre de recherche ; on va évaluer le degré de violence de plusieurs criminels, dont le pedigree est vidéoprojeté. On comprendra vite que ce sont des combattants que les Walkyries doivent conduire au Walhalla. Dans l’amphi les huit Walkyries, hilares,  écoutent de la musique, prennent des photos, attendent Brünnhilde. Le cercle de feu où Brünnhilde sera enfermée est piètrement représenté par un cercle de chaises, sur lesquelles Brünnhilde dessinera des flammes au marqueur fluo. Très belle image conclusive en revanche avec les adieux du père et de la fille. Le décor de l’amphithéâtre recule en fond de scène et dans le noir, laissant Brünnhilde, seule sur l’avant scène, comme livrée à elle-même.<br />
<em>Siegfried</em> commence encore par une vidéoprojection. On y voit Siegried enfant malheureux au milieu de ses jouets, ne sachant que faire avec. Siegfried et Mime sont toujours dans le même appartement, surveillés de loin par Wotan et, cette fois-ci, les trois nornes. Point d’enclume on le devine mais du matériel de cuisine. Dans l’appartement les jouets de Siegfried vont être brisés au moment où le héros va forger Nothung. On comprendra que le feu mis aux jouets marque la fin de l’enfance et le début des années de formation d’un gamin hyperactif, sale et mal éduqué. Le Voyageur a bien vieilli depuis le Prologue et la première journée. Il s’appuie sur une canne. Son œil droit est totalement fermé.<br />
Au deuxième acte, la grotte est une salle d’expérimentation. Les six phases de l’expérimentation (c’est Siegfried qui en est l’objet) se déroulent. La phase 5 est la « confrontation au conflit, la réaction au danger » : c’est le combat entre Siegfried et Fafner. Celui-ci est amené par deux infirmiers geôliers. Il est muselé comme un dangereux criminel. L’affrontement entre Siegfried et son grand-père se tiendra dans la salle de négociations. C’est finalement Wotan qui brise lui-même et comme malgré lui sa propre lance. <em>Götterdämmerung</em> débute toujours dans le même appartement ; les 3 nornes sont maintenant de très vieilles femmes et les fils du destin qui se brisent correspondent à la porcelaine qui se casse sous leurs mains tremblantes alors qu’elles prennent le thé. Tout le monde a vieilli, sauf Brünnhilde et Siegfried qui ne prennent pas une ride ; Alberich est maintenant un vieillard presque nu et qui tricote des chaussettes pour son fils Hagen. A noter que quand Siegfried se rend chez Brünnhilde, il ne porte pas le Tarnhelm et ne prend pas l’aspect de Gunther. Au III, Siegfreid sera tué pendant son match de basket, par la hampe d’un drapeau de supporter. Brünnhilde pleure son amant, de même que les principaux personnages qui viennent se recueillir auprès de Siegfried (dont Erda et Wotan) et s’en va, seule avec sa valise, pendant que le centre d’expérimentation (le Walhalla) se dissout.</p>
<p>On le voit, et nous n’avons donné là que quelques exemples marquants ; les idées foisonnent, Tcherniakov est soucieux du moindre détail,<a href="https://www.forumopera.com/andreas-schager-une-representation-reussie-cest-quand-on-se-dit-au-baisser-de-rideau-allez-on/"> ce que confirmera Schager</a>. Mais n’y en a-t-il pas trop et sont-ils surtout toujours cohérents ?<br />
Telle est la question qui, au final, demeure.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>WAGNER, Das Rheingold – Milan (Scala)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-das-rheingold-milan-scala/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 10 Nov 2024 05:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Dernier grand projet de son surintendant Dominique Meyer, la Scala se lance dans une nouvelle production du Ring wagnérien. Das Rheingold vient conclure la saison 2023-24. Die Walküre et Siegfried sont d&#8217;ores et déjà annoncés respectivement pour février et juin 2025. Götterdämmerung devrait suivre la saison prochaine et on parle d&#8217;un cycle complet en 2026 &#8230;</p>
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<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="672" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/096A5722-ph-Brescia-e-Amisano-©-Teatro-alla-Scala-1024x672.jpg" alt="" class="wp-image-176245"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Photo : Brescia et Amisano ©Teatro alla Scala</sub></figcaption></figure>


<p>Dernier grand projet de son surintendant Dominique Meyer, la Scala se lance dans une nouvelle production du <em>Ring</em> wagnérien. <em>Das Rheingold</em> vient conclure la saison 2023-24. <em>Die Walküre</em> et <em>Siegfried</em> sont d&rsquo;ores et déjà annoncés respectivement pour février et juin 2025. <em>Götterdämmerung</em> devrait suivre la saison prochaine et on parle d&rsquo;un cycle complet en 2026 (le précédent avait été donné en 2013). Les choses ne s&rsquo;annonceraient pas sous les meilleurs auspices. Initialement prévu à la tête de l&rsquo;Orchestre de la Scala de Milan, Christian Thielemann a récemment abandonné le navire (officiellement, pour des raisons de santé), obligeant le théâtre à trouver in extremis une solution de remplacement. Simone Young a ainsi assuré les trois premières représentations tandis qu&rsquo;Alexander Soddy assure les trois suivantes (les deux chefs sont également annoncés en alternance pour <em>Die Walküre</em> et <em>Siegfried</em>). Dans de telles conditions, le travail réalisé par <strong>Alexander Soddy</strong> est on ne peut plus remarquable et original. Le chef britannique n&rsquo;a pas cherché ici à recréer un son <em>germanique</em> mais a su profiter des qualités naturelles de l&rsquo;orchestre (transparence, clarté, finesse&#8230;) dans une approche plus italianisante. Sous sa baguette,<em> Das Rheingold</em> deviendrait presque une comédie élégante <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/strauss-der-rosenkavalier-milan-scala/">dans le style du <em>Rosenkavalier</em> donné quelques jours plus tôt en ce même lieu</a>. Pour cette raison même, certains passages <em>grandioses</em> sont dès lors un peu frustrants : l&rsquo;introduction orchestrale de la scène 3 (quand nous pénétrons dans le royaume d&rsquo;Alberich) ou l&rsquo;ascension finale au Walhalla. La direction de Soddy est également éminemment théâtrale, en parfaite symbiose avec les chanteurs. Au final, sa conception est intéressante, même si elle rompt avec nos habitudes d&rsquo;écoute.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/GN1A2719-ph-Brescia-e-Amisano-©-Teatro-alla-Scala-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-176249"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Photo : Brescia et Amisano ©Teatro alla Scala</sub></figcaption></figure>


<p>La distribution est globalement d&rsquo;un très bon niveau. <strong>Michael Volle</strong> offre un Wotan parfaitement abouti. A 64 ans, le baryton allemand impressionne par la fermeté de sa voix. La projection est d’une belle puissance, sans effort apparent, et sans signe de fatigue vocale. L’aigu est sûr, moins mixé qu’en certaines occasions, appuyant ainsi l’autorité au personnage. Le texte est dit avec intelligence, les inflexions vocales étant toujours d’une grande justesse. Son Wotan n’est pas tout d’une pièce. Plutôt qu’une figure monolithiquement patriarcale sure d’elle-même, il semble déjà à moitié conscient de son déclin. C’est une interprétation qui d’ailleurs se défend : pour citer Woody Allen, l’éternité c’est long, surtout vers la fin. En revanche, son dieu parait ainsi moins volontaire et retors, un peu comme s’il se laissait entrainer malgré lui par Loge. Ce dernier est incarné par <strong>Norbert Ernst</strong>, ténor à la voix un peu engorgée, manquant de mordant, vocalement beaucoup moins percutant que les interprètes habituels du rôle. Dramatiquement, le chanteur autrichien manque de présence et son Loge est trop transparent. L’Alberich de <strong>Ólafur Sigurdarson</strong> obtient un succès mérité aux saluts. L’acteur est excellent et le rôle ne lui pose vocalement aucun problème&#8230; et même pas assez, paradoxalement ! On en effet a un peu l’impression d’entendre un ténor dans un rôle de baryton (pensons à Placido Domingo dans sa seconde partie de carrière) : le chanteur islandais n’a ainsi jamais besoin de pousser sa voix pour sortir une note exposée, quand bien même Wagner prévoit un climax à l’orchestre, ce qui créée une sorte de décalage où l’impact dramatique musical est perdu. A l’occasion de la reprise de <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-tannhauser-bayreuth-2/"><em>Tannhaüser</em></a> à Bayreuth cet été, nous écrivions de <strong>Siyabonga Maqungo</strong> que nous suivrions sa carrière avec intérêt. Son Froh vient confirmer cette impression : la voix est toujours aussi rayonnante, bien projetée. Certes on associerait plus spontanément son timbre au répertoire du belcanto romantique, mais un chant d’une telle qualité dans le répertoire wagnérien est un luxe dont il faut se féliciter. <strong>Andrè Schuen</strong> est un Donner vocalement très correct et bon acteur. Le Mime de <strong>Wolfgang Ablinger-Sperrhacke </strong>est en tous points excellent : on a hâte de l’entendre dans <em>Siegfried</em> où sa partie est plus développée. Le Fasolt de <strong>Jongmin Park</strong> triomphe lui aussi à l’applaudimètre. La voix est puissante, homogène sur toute la tessiture, avec notamment de beaux graves profonds bien ronds. Face à une telle présence, le Fafner d’<strong>Ain Ange</strong>r reste de très bon niveau mais un peu en retrait. La Fricka d’<strong>Okka von der</strong> <strong>Damerau</strong>  est un peu pâle : techniquement, le rôle est bien chanté mais la caractérisation scénique est quasiment inexistante. On en dira autant d’<strong>Olga Bezsmertna</strong>, voix néanmoins lumineuse en Freia. En Erda, rôle généralement confié à un contralto et non à un mezzo comme ce soir, <strong>Christa Maye</strong>r n’a qu’une courte intervention et sa voix n’est pas apparue suffisamment chauffée, l’émission n’étant pas toujours très stable. Enfin, les trois filles du Rhin sont parfaites.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="633" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/096A5748-ph-Brescia-e-Amisano-©-Teatro-alla-Scala-1024x633.jpg" alt="" class="wp-image-176246"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Photo : Brescia et Amisano ©Teatro alla Scala</sub></figcaption></figure>


<p><a href="https://www.forumopera.com/v1/concerts/rheingold_macvicar_strasbourg07.html">Déjà auteur du mise en scène du <em>Ring</em> à Strasbourg il y a plus de 15 ans</a>, <strong>David McVicar</strong> offre ici une production différente (quoiqu’avec quelques emprunts). Après ce prologue, il est difficile d’imaginer dans quelles directions s’engageront les journées suivantes : en l’état, l’approche nous a semblé plutôt littérale, sans volonté de relecture, même si la scénographie est moderne. Celle-ci est simple et élégante, rappelant parfois la vieille production d’Otto Schenk au Metropolitan de New York, mais malheureusement sans le côté mystérieux de celle-ci en raison d’éclairages bien trop crus. Le fleuve est figuré par des éclairages bleus. Les Filles du Rhin s’ébattent au milieu des débris d’une gigantesque statue. L’or est symbolisé par un danseur à demi nu dont Alberich volera le masque. Le costume de ce dernier semble inspiré des mangas. Le Walhalla est classiquement représenté par un escalier monumental. Les dieux portent eux aussi initialement des masques. Ceux-ci symbolisent la jeunesse éternelle apportée par Freia : les dieux les quittent lorsque la jeune femme est emmenée par les géants. Leurs costumes sont plutôt surprenants. Wotan est vêtu d’une jupe longue noire (déjà vue épousant le fessier de Méphisto dans le <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/quand-londres-damne-le-pion-a-paris/"><em>Faust</em> londonien du même McVicar</a>). Fricka ressemble à Montserrat Caballé en Maria Stuarda. Froh est le moins gâté avec un masque triple et une robe à panier verte évoquant Louis de Funès dans <em>La Folie des grandeurs</em> (allusion à la construction du Walhalla ?) : à moins que le metteur en scène n’ait voulu insister sur la triple symbolique du dieu du printemps (fertilité, prospérité, paix). Les géants sont montés sur des échasses et assistés de quatre danseurs (ce sont eux qui agissent pratiquement, se saisissant de Freia par exemple). On ne peut qu’être admiratif devant l’aisance vocale des interprètes dans de telles conditions. Loge est lui aussi flanqué de danseurs, postés derrière lui, et sensés figurer les flammes par le mouvement de leurs bras. L’antre d’Alberich comprend un masque doré géant, symbolisant son trésor. Les nains sont joués par des enfants du Chœur de voix blanches de la Scala. La scène de transformation en dragon est particulièrement réussie (celle en crapaud l’est moins) avec l’utilisation d’une marionnette figurant un squelette préhistorique. Erda sortira de dessous l’escalier géant : avec ses longs cheveux blancs qui lui descendent jusqu’aux genoux, elle ressemble au Père Fouras dans<em> Fort Boyard</em>. Comme à Strasbourg, l&rsquo;or sous lequel Freia se dissimule au regard des géants est une version miniature du masque. Un rideau noir tombe entre chaque scène pour permettre les changements de décors. Au finale, l’escalier du Walhalla se parera des couleurs de l’arc en ciel (comme à New York). Comme toujours avec McVicar, la direction d&rsquo;acteurs est par ailleurs impeccable. Au global, sa mise en scène &nbsp;s&rsquo;adresse, plutôt intelligemment, à un public peu familier de l&rsquo;ouvrage, davantage qu&rsquo;à un cercle d&rsquo;initiés comme à Bayreuth. Il sera de plus intéressant de voir comment le propos du metteur en scène évolue dans les ouvrages suivants.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/096A5499-ph-Brescia-e-Amisano-©-Teatro-alla-Scala-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-176236"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Photo : Brescia et Amisano ©Teatro alla Scala</sub></figcaption></figure>
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		<title>WAGNER, Parsifal – Bayreuth</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-parsifal-bayreuth-2/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 01 Aug 2024 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pour mieux rendre compte de cette production si particulière de Parsifal, il nous faudra préalablement parler « cuisine ». Une partie des spectateurs, dont nous-mêmes, dispose de la possibilité de l&#8217;apprécier dans une version en « réalité augmentée » au travers de lunettes adaptées. Il s&#8217;agit d&#8217;une technique consistant à mixer la réalité et une &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="640" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Bayreuther-Festspiele_Parsifal_2024_Rabbit_Halo_72dpi_web_c_Jay-Scheib-1024x640.jpg" alt="" class="wp-image-169768"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Jay Scheib</sup></figcaption></figure>


<p style="text-align: left;">Pour mieux rendre compte de cette production si particulière de <em>Parsifal</em>, il nous faudra préalablement parler « cuisine ».</p>
<p>Une partie des spectateurs, dont nous-mêmes, dispose de la possibilité de l&rsquo;apprécier dans une version en « réalité augmentée » au travers de lunettes adaptées. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une technique consistant à<span style="font-size: 1rem;"> mixer la réalité et une représentation numérique. Au travers des lunettes, le spectateur voit simultanément la scène (car les </span>lentilles sont transparentes) et des images en trois dimensions complémentaires générées individuellement (car les lentilles sont aussi des écrans vidéos). Ce système n&rsquo;a donc rien à voir avec le cinéma en trois dimensions : le spectateur sans lunettes (ou qui les enlève) voit une mise en scène classique, sans aucun parasite visuel (quand on enlève ses lunettes dans une projection de film 3D, on distingue des images plus ou moins floues). D&rsquo;un autre côté, la perception des images additionnelles tridimensionnelles s&rsquo;adaptent en permanence à la position de la tête du spectateur (pour un film 3D, chacun voit la même chose). Beaucoup d&rsquo;ailleurs ne se rendent pas compte immédiatement qu&rsquo;en tournant la tête, en regardant vers le plafond ou vers le sol, on peut voir de nouveaux éléments dans le champ visuel, voire des images qui s&rsquo;animent au rythme des mouvements de la tête. Le plateau, visible en totalité pour les spectateurs sans lunettes, peut être partiellement ou totalement occulté pour ceux qui en ont. La salle et les spectateurs disparaissent même totalement, remplacés par un décor virtuel. Dans la pratique, <strong>Jay Scheib</strong> a donc dû concevoir deux mises en scène : l&rsquo;une classique et l&rsquo;autre en réalité augmentée, qui diffèrent, même au niveau des éclairages : les lunettes-écrans absorbant une grande partie de la lumière, il est en effet nécessaire de surexposer le plateau pour y voir quelque chose. Le spectateur sans lunettes voit donc une scène extrêmement éclairée, celui qui en dispose la distingue plutôt dans une légère pénombre. Il est à noter que seuls les 4 derniers rangs de parterre et le premier rang des loges, balcon et galerie offrent l&rsquo;accès à la réalité augmentée, soit un peu plus de 300 places sur les quelques 1900 disponibles. Les spectateurs utilisant habituellement de verres correcteurs se voient de plus fournir des lunettes adaptées par l&rsquo;adjonction de verres de la même correction (on imagine le coût et l&rsquo;organisation logistique, d&rsquo;ailleurs parfaite : recensement des besoins de correction, préparation des lunettes, essais préalables, distribution des lunettes à la place&#8230;). Comme on peut le comprendre, il n&rsquo;y a pas que la réalité qui est augmentée, il y a aussi les tarifs.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Par_TOT_150724_028_©EnricoNawrath_press-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-169772"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Parsifal acte I © Enrico Nawrath</sub></figcaption></figure>


<p>Alors qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;on voit ? Au début, pas grand chose, surtout si l&rsquo;on n&rsquo;a pas compris qu&rsquo;on pouvait bouger la tête : des points lumineux flottent dans les airs, des oiseaux volent&#8230; En tournant la tête, on voit un paysage désolé, avec des arbres sans feuilles, des rochers d&rsquo;aspects lunaires, possible référence aux mises en scène de Wieland Wagner. Rien de bien passionnant initialement mais les images deviennent progressivement de plus en plus prégnantes. Gurnemanz batifole avec une jeune femme puis semble le regretter. Il ne s&rsquo;agit pas de Kundry car elle sera à ses côtés au moment de son baptême final. Kundry apporte un morceau de minerai pour soigner Amfortas, d&rsquo;autres flottent dans les airs quand Gurnemanz évoque la construction de Montsalvat. D&rsquo;immenses cygnes volent dans les airs percés d&rsquo;une flèche (pour les voir en totalité, il faut lever la tête). L&rsquo;un d&rsquo;eux finit par tomber au sol (on ne le voit gisant que si l&rsquo;on se penche un peu). Un morceau de cobalt apparait quand Gurnemanz évoque pour Parsifal la cérémonie à venir. La pseudo eucharistie se fait alors que des flots de sang (stylisés) tombent en tout sens : c&rsquo;est d&rsquo;ailleurs Amfortas qui se vide de son propre sang dans le Graal (bleu cobalt) pour procéder au sacrement. Après avoir bu à la coupe, le vieillard Titurel se transforme en jeune homme : sur le moment, le contre-sens est flagrant puisque le sang du Christ est supposée apporter la vie éternelle dans l&rsquo;au-delà et non sur Terre, mais le propos s&rsquo;éclairera au final. Bizarrement, on voit un lapin gigantesque : on connait le Lapin de Pâques (une légende d&rsquo;origine allemande), toutefois, l&rsquo;acte I ne se passe pas à un date liturgique précise, contrairement à l&rsquo;acte III qui se situe pendant le Vendredi Saint.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Par_TOT_150724_063_©EnricoNawrath_press-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-169771"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>Parsifal acte II © Enrico Nawrath</sup></figcaption></figure>


<p>Les effets s&rsquo;accentuent à l&rsquo;acte II. Alors que le spectateur sans lunettes peut voir un plateau multicolore avec à gauche Kundry prostrée sur le sol, et à droite Klingsor (avec un casque à cornes), en réalité augmentée on voit bien le magicien, mais une paroi grisâtre occulte la partie gauche. Des fleurs psychédéliques volent dans les airs (on se croirait dans des tableaux surréalistes). Devant la scène, on voit un parterre de fleurs : quand on bouge la tête, les tiges s&rsquo;écartent comme si quelqu&rsquo;un d&rsquo;invisible vous suivait avec un léger retard en marchant au milieu d&rsquo;elles. On se prend à bouger la tête dans tous les sens à toute vitesse pour voir si ça marche mais on n&rsquo;est pas là que pour s&rsquo;amuser. A certains moments, la scène disparait totalement : Klingsor n&rsquo;est plus qu&rsquo;une tête de squelette (rose) presque aussi haute que la salle, Kundry une tête verte, et les deux carcasses se répondent l&rsquo;une à l&rsquo;autre, le mouvement des mâchoires étant à peu près synchrones avec les paroles prononcées par les chanteurs quant à eux invisibles. Après avoir été déshabillé par les filles-fleurs, Parsifal est en short et T-shirt (avec l&rsquo;inscription « Remember me » sur le dos). Il tient une lance coudée. Des boules de feu traversent l&rsquo;espace lors de son combat. À la fin de l&rsquo;acte, la réalité augmentée nous montre une représentation 3D de la salle (qui se superposerait exactement avec la vraie si celle-ci était éclairée) qui s&rsquo;effondre sur elle-même comme le château de Klingsor et laisse place à un désert aride. Klingsor git sur la scène, son double semble tomber vers les Enfers.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Par_160724_334_©EnricoNawrath_press-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-169767"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Parsifal acte III © Enrico Nawrath</sub></figcaption></figure>


<p>Le dernier acte est un peu plus calme : tandis que Kundry lave les pieds de Parsifal, de l&rsquo;eau jaillit de rochers suspendus dans les airs. A nos pieds, un renard attend tranquillement dans les neiges. Nous sommes dans une mine de lithium ou de cobalt : sur scène, une excavatrice à godets et, flottant dans les airs, sa réplique gigantesque. Quelques sacs plastiques volent dans tous les sens (c&rsquo;est un peu énervant). Le sol est jonché de vieilles bouteilles plastiques. La mare d&rsquo;eau pure du premier acte est totalement polluée. Durant l&rsquo;<em>Enchantement du Vendredi Saint</em>, des fleurs mais aussi des piles usées et des Kalachnikov flottent dans les airs (1).</p>
<p>Le message de la production devient plus clair. Ceux qui aiment se creuser la tête en cherchant des pistes d&rsquo;interprétation à des messages abscons sont déçus. Jay Scheib veut mettre en avant des préoccupations environnementalistes : les dégâts engendrés par les technologies supposées combattre le réchauffement climatique, la pollution due à la surconsommation, les nouvelles guerres suscitées par la volonté de maîtriser les ressources minières. On se rappellera alors les morceaux de minerais de Kundry à l&rsquo;acte I, les paroles de Gurnemanz, le Graal en cobalt : les métaux rares sont le nouveau Graal de l&rsquo;époque moderne, les éléments qui permettent au monde ancien de continuer à vivre selon ses modes de vie passés (Titurel qui retrouve sa jeunesse), mais au prix d&rsquo;une nouvelle destruction environnementale (toutefois, cet aspect écologiste ne nous a pas semblé présent à l&rsquo;acte II). Bien entendu, Kundry ne meurt pas après son baptême (une conversion à l&rsquo;écologie décroissante ?) et Parsifal brise le Graal sur le sol. Si le message de dénonciation des politiques actuelles est clair, on ne peut pas dire que Scheib soit prolixe quant aux solutions alternatives, si ce n&rsquo;est que Parsifal et Kundry vivront désormais d&rsquo;amour et d&rsquo;eau fraîche, ce qui, après tout, est une façon comme une autre de se réchauffer sans pollution excessive.</p>
<p>Wagner a conçu <em>Parsifal</em> (et auparavant <em>Tristan und Isolde</em>) sous l&rsquo;influence relative de la pensée de Schopenhauer. On retrouve ici la plupart de ses grands principes : la volonté comme essence de la réalité (de fait, Parsifal plie le monde des Chevaliers du Graal à sa propre volonté en détruisant le calice), le monde comme représentation (quoi de plus évident avec le recours à la réalité augmentée ?), la compassion (jusque dans la non-mort de Kundry), le rejet du monde matériel (hérité du bouddhisme), le pessimisme (l&rsquo;absence de solution après la destruction du Graal)&#8230; Malgré sa conclusion qui diverge totalement de celle du livret original, cette production reste néanmoins cohérente avec les préoccupations wagnériennes.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="994" height="558" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/bayreuther-festspiele-ar-brille-parsifal-richard-wagner-102_h-558_v-img__16__9__xl_w-994_-e1d284d92729d9396a907e303225e0f2d9fa53b4.jpg" alt="" class="wp-image-169770"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Bayreuther Festspiele</sup></figcaption></figure>


<p>Sur le plan technique, le procédé n&rsquo;est pas tout à fait abouti : les lunettes-écrans sont trop petites pour que le spectateur soit totalement pris dans l&rsquo;environnement virtuel (comme nous l&rsquo;avons écrit plus haut, il faut bouger la tête). Il faudrait un casque enveloppant, ce qui serait de toute façon incompatible avec l&rsquo;ajout de verres correcteurs. La vue doit être totalement dégagée : le bout de crâne du spectateur devant soit est, à travers les lunettes, décalé vers le haut ce qui peut faire qu&rsquo;un œil voit le plateau, tandis que l&rsquo;autre ne voit que la réalité augmentée. Les chanteurs sont un peu flous en bord de lentille. Les objets virtuels sont d&rsquo;un graphisme encore rudimentaire avec peu de réalisme : les objets s&rsquo;enfoncent ou sortent de la neige sans laisser de traces sur celle-ci, un tronc d&rsquo;arbre passe tranquillement au milieu d&rsquo;une bouteille plastique qui n&rsquo;est ni déplacée ni déformée&#8230; : on se croirait dans les premiers jeux vidéos des années 2000. Sur le plan visuel, on est assailli en permanence : aucun moment de repos pour le spectateur, bombardé d&rsquo;objets parfois pertinents (la lance), parfois superfétatoires (des ancres bleues, des balances ailées, des figures géométriques, des serpents, des insectes dont une grosse mouche qui vient se coller au bord des lunettes, des oreilles percées (à droite sur le triptyque de Jérôme Bosch, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Jardin_des_délices#/media/Fichier:The_Garden_of_earthly_delights.jpg"><em>Le Jardin des délices</em></a>), des humanoïdes translucides, des ronces ou couronnes d&rsquo;épines, des morceaux de bras très bien découpés, sanguinolents ou pas, des fruits&#8230;). Ça ne s&rsquo;arrête jamais : on a l&rsquo;impression que le concepteur vidéo, <strong>Joshua</strong> <strong>Higgason</strong>, a tenu à nous faire voir tous les objets qu&rsquo;il avait conçus, un peu comme un gamin qui viendrait apporter tous ses gribouillis à sa mère pour recueillir son approbation. Impossible (sauf pour des surhommes nietzschéens) de comprendre sur le coup toutes les symboliques associées (déjà qu&rsquo;il y a débat pour la cérémonie d&rsquo;ouverture des Jeux Olympiques la veille&#8230;). Cette surdensité visuelle rend difficile la concentration sur la mise en scène elle-même (quand l&rsquo;oeil est irrésistiblement attiré vers un objet humain on perd de vue ce qui se passe sur scène) et encore plus sur les prestations musicales : le cerveau reptilien (qui, selon certaines théories, régule les sensations primaires comme la peur ou le plaisir) l&#8217;emporte systématiquement, en termes de mobilisation de l&rsquo;attention, sur le cerveau limbique (siège de l&rsquo;émotion), et encore plus sur le neocortex (siège de la rationalité). J&rsquo;en ai eu la preuve avec ma voisine, charmante dame assez âgée, qui n&rsquo;avait probablement jamais vu un film en 3D de sa vie, et qui (entre deux séances d&rsquo;endormissement) poussait des petits cris, voire lançait quelques mots, à chaque fois qu&rsquo;un objet pointait virtuellement vers son visage, oubliant qu&rsquo;elle n&rsquo;était pas seule dans son salon.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Par_TOT_150724_017_©EnricoNawrath_press-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-169773"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Parsifal acte I © Enrico Nawrath</sub></figcaption></figure>


<p>Musicalement, la réalisation est de haute volée. Dans un rôle beaucoup moins exposé que celui de Tristan,<a href="https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-tristan-und-isolde-bayreuth-2/"> rôle qu&rsquo;il chantait l&rsquo;avant-veille</a>, <strong>Andreas Schager</strong> est un Parsifal plein de fougue et de jeunesse, totalement naturel, avec un deuxième acte particulièrement électrisant. Il ne campe pas pour autant un personnage monolithique, et sait faire preuve de nuances bien venues, toujours sans affectation, par exemple dans l&rsquo;évocation de sa mère. Ses interventions à l&rsquo;acte II sont particulièrement électrisantes. <strong>Ekaterina Gubanova</strong> est une belle Kundry au timbre chaud. Elle gère bien les difficiles aigus que lui a réservés les compositeur, mais on y sent ses limites. Elle est dramatiquement impliquée, mais sans être non plus la bête de scène que l&rsquo;on aimerait voir dans ce rôle. <strong>Jordan Shanahan</strong> est un Klingsor étonnamment bien chantant dans ce rôle où beaucoup de chanteurs priorisent l&rsquo;expressivité sur la musicalité. Il en deviendrait presque sympathique. Le Gurnemanz de <strong>Georg Zeppenfeld</strong> est impeccable de musicalité mais un peu sous dimensionné en termes de projection. On pourra aussi préférer des timbres plus graves et plus chauds à cette voix un peu impersonnelle et qui manque de contraste avec celle de Schager. <strong>Derek</strong> <strong>Welton</strong> est un Amfortas dramatiquement un peu fade (il faut dire que depuis Thomas Hampson, la plupart des Amfortas paraissent fades&#8230;). La voix nous a semblé un peu fatiguée, avec des aigus rauques (à vue de nez, car nous n&rsquo;avons pas l&rsquo;oreille absolue ni la partition sur les genoux : un fa dièse et même un ré vociférés à l&rsquo;acte I ; mi, fa, fa dièse, sol (on ne sait plus trop) difficiles à l&rsquo;acte III). Espérons que ce ne soit qu&rsquo;un mauvais jour. Le Titurel<b> </b>de <strong>Tobias Kehrer</strong> est remarquable de noirceur de timbre, de puissance, de musicalité et d&rsquo;expressivité et cette voix de bronze connaitra un beau succès à l&rsquo;applaudimètre. Chevaliers, écuyers et Filles-fleurs sont impeccables. Peu impressionnants, les chœurs nous ont semblé insuffisamment sonores. <strong>Pablo Heras-Casado</strong> offre une direction d&rsquo;une belle transparence. Le tempo un peu lent au démarrage revient vite dans la moyenne. La représentation dure en effet environ 3h53 : c&rsquo;est davantage que Boulez et moins que Levine (lequel flirtait avec les 4 heures et plus sans jamais paraitre poussif). Sur la durée, la direction reste toutefois un peu extérieure : techniquement impeccable et respectueuse du plateau, musicale et élégante, évitant le pathos et, conséquemment, manquant de tension, de ferveur, de contrastes. L&rsquo;orchestre donne un peu l&rsquo;impression d&rsquo;un immense monument devant lequel se produisent les chanteurs. Aux entractes, le nom de Pablo Heras-Casado sortait régulièrement comme le probable prochain directeur musical de l&rsquo;Opéra de Paris.</p>
<p>En dépit de ses limites, cette expérience de réalité augmentée reste proprement stupéfiante. Certains ont été rebutés par cette technologie mais la plupart des spectateurs semblaient enchantés et nous n&rsquo;avons pas regretté notre choix de porter les lunettes jusqu&rsquo;au terme du spectacle. De toute façon, tous les choix sont respectables : ma grand-mère paternelle est restée toute sa vie fidèle aux casseroles en cuivre, alors que ma mère ne jurait que par les casseroles en alu (mais il y avait peut-être aussi un contentieux familial là dessous). Le principal problème à notre sens reste la difficulté à se concentrer sur la musique face à tel un déferlement d&rsquo;images. Peut-être le spectacle aurait-il pu être plus sobre de ce point de vue. Peut-être d&rsquo;autres ouvrages seraient-ils mieux adaptés : <em>Der Fliegende Holländer</em>, le <em>Ring</em>, pour rester chez Wagner. Peut-être la réalité augmentée pourrait-elle être utilisée ponctuellement (le troisième acte de <em>Robert-le-Diable</em> pourrait être terrifiant). Peut-être se développera-t-elle pour des superstars de la pop, voire pour de tout nouveaux types de spectacles que nous n&rsquo;imaginons pas aujourd&rsquo;hui : après tout, selon la légende, le téléphone aurait été inventé pour entendre des représentations d&rsquo;opéra à distance (de nos jours, ce sont plutôt les téléphones qu&rsquo;on entend à l&rsquo;opéra et pas l&rsquo;inverse). On se souviendra alors que le Festival de Bayreuth aura été le premier à défricher les possibilités de cette nouvelle technologie : en cela, il aura été totalement fidèle à sa vocation d&rsquo;explorateur.</p>
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<pre>On voudra bien nous excuser si certaines de nos descriptions ne correspondent pas exactement au déroulé chronologique de la production. A moins d'être hypermnésique, il est impossible de se rappeler d'une telle richesse visuelle déployée tout au long de ces 4 heures, d'autant qu'il faut aussi se concentrer sur la musique. Il est dommage que le Blu Ray sorti récemment (filmé en 2023) ne propose pas une adaptation 3D. Quant à ceux pour qui la musique prime et qui n'ont que faire des mises en scène, nous leur conseillons <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/wagner-parsifal-bayreuth-2023/">le CD de ces mêmes soirées, chroniqué ici par notre confrère Charles Siegel</a>, dont le rendu est assez différent de notre ressenti en salle..</pre>
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</ol><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-parsifal-bayreuth-2/">WAGNER, Parsifal – Bayreuth</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>WAGNER, Tannhäuser – Bayreuth</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-tannhauser-bayreuth-2/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 30 Jul 2024 05:37:36 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Créée en 2019, la production de Tobias Kratzer aura laissé des impressions très contrastées à l&#8217;équipe de Forumopera.com : nous étions sceptiques en 2019, Charles Siegel l&#8217;avait trouvée captivante en 2022 et Roselyne Bachelot l&#8217;avait beaucoup appréciée en 2023 ! Pour l&#8217;essentiel, cette nouvelle édition ne change pas fondamentalement notre opinion : le spectacle est drôle et brillant, mais plus &#8230;</p>
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<p>Créée en 2019, la production de<span class="apple-converted-space"> </span><strong>Tobias Kratzer</strong><span class="apple-converted-space"> </span>aura laissé des impressions très contrastées à l&rsquo;équipe de Forumopera.com : <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/tannhauser-bayreuth-la-colline-accouche-dune-souris/">nous étions sceptiques en 2019</a>,<span class="apple-converted-space"> </span><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-tannhauser-bayreuth-wagner-circus-ou-la-societe-du-spectacle/">Charles Siegel</a><span class="apple-converted-space"> </span>l&rsquo;avait trouvée captivante en 2022 et<span class="apple-converted-space"> </span><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-tannhauser-bayreuth/">Roselyne Bachelot</a> l&rsquo;avait beaucoup appréciée en 2023 ! Pour l&rsquo;essentiel, cette nouvelle édition ne change pas fondamentalement notre opinion : le spectacle est drôle et brillant, mais plus potache que subversif. Il ne scandalise personne : c&rsquo;est au contraire l&rsquo;une des productions les mieux accueillies du festival. Passé l&rsquo;agacement de la première (nous préférons les<span class="apple-converted-space"> </span><em>Tannhaüser</em><span class="apple-converted-space"> </span>tragiques, que voulez-vous&#8230;), on apprécie une direction d&rsquo;acteurs au cordeau, une prouesse technique dans l&rsquo;entremêlement des vidéos et de la scène, ainsi que la finesse et l&rsquo;à-propos de la plupart des gags. Certains ont d&rsquo;ailleurs disparu : en 2019, l&rsquo;un des acolytes de Venus, le Gateau Chocolat (sans accent circonflexe), s&rsquo;arrêtait un brin libidineux devant de portrait de Christian Thielemann, son collègue, Oskar, lui, demeurait saisi devant celui de James Levine&#8230; Plus rien de tout ça dans cette dernière édition, un peu plus sage. Autre modification importante dans la vidéo qui accompagne l&rsquo;ouverture : à l&rsquo;arrière de la camionnette Citroën qui emmène nos rebelles, Oskar se serre un schnaps et lève son verre pour porter un toast. La caméra se tourne et montre alors le portait fleuri de Stephen Gould, créateur du rôle-titre de la production, <a href="https://www.forumopera.com/breve/mort-de-stephen-gould-1962-2023/">disparu prématurément le 20 septembre 2023</a> : difficile de ne pas avoir le cœur serré d&rsquo;émotion devant cet hommage d&rsquo;une belle simplicité à l&rsquo;un des plus grands interprètes du rôle, pilier de l&rsquo;institution. Au premier entracte, Oskar et le Gateau Chocolat proposent un long numéro au bord de l&rsquo;étang qui est en bas du parc du Festspielhaus : Oskar pagayant et jouant du tambour, courageusement embarqué sur un bateau gonflable, le Gateau Chocolat interprétant quelques tubes d&rsquo;une belle voix de basse. Entre autres : « I am what I am », extrait de la comédie musicale<span class="apple-converted-space"><i> </i></span><em>La Cage aux</em><span class="apple-converted-space"> </span><em>folles (</em><span class="apple-converted-space">morceau </span>ultérieurement popularisée par Gloria Gaynor), « If you wannabe my lover » des Spices Girls, et  même l&rsquo;air d&rsquo;entrée d&rsquo;Elisabeth dans<span class="apple-converted-space"> </span><em>Tannhaüser</em>, « Dich, teure Halle » !  Venus vient également se joindre à la troupe pour chanter « Sing dein Lied » de Nana Mouskouri (<a href="https://m.youtube.com/watch?v=fO3AJ38EpFU">« Finis ta chanson sans moi » dans sa version française</a>). Tout ceci devant un public majoritairement en habit de soirée et sirotant sa coupe de<span class="apple-converted-space"> </span><em>Sekt</em>.</p>
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<p><strong>Klaus Florian Vogt</strong><span class="apple-converted-space"> chante Tannhaüser depuis quelques années (prise de rôle en 2017 à Munich dans la production de Romeo Castellucci sous la baguette de Kirill Petrenko et aux côtés d&rsquo;Anja Harteros). Le ténor allemand</span> l&rsquo;avait notamment interprété dans cette production la saison dernière (et la veille à Munich : ces gens sont surhumains). Nous avouons que nous étions sceptiques quant à l&rsquo;adéquation de ce chanteur réputé pour sa voix angélique, presque blanche, surtout succédant à Stephen Gould et à une pléthore de <em>Heldentenors</em> du même métal. Pour donner sa chance à cette proposition originale, il faut d&rsquo;abord accepter d&rsquo;oublier toute référence à la tradition des grandes voix du passé. Nous avons l&rsquo;habitude des gros durs, libidineux au premier acte, repentis par la suite : un Tannhaüser encore presque adolescent, partagé d&rsquo;une part entre les plaisirs d&rsquo;une jeunesse débridée, une classique révolte contre la société, et d&rsquo;autre part la tentation de s&rsquo;assagir, le besoin de trouver des repères, de s&rsquo;identifier à des valeurs, c&rsquo;est après tout une situation banale de la jeunesse moderne. À 54 ans, le ténor allemand n&rsquo;a certes plus le physique d&rsquo;un adolescent, mais la voix reste d&rsquo;une étonnante fraîcheur et la projection a peu à envier aux grosses pointures du festival. On retrouve également, surtout en première partie, le défaut de soutien habituel chez ce chanteur, qui induit un phrasé haché, dépourvu de legato. Le défaut est moins rédhibitoire à l&rsquo;acte II qui lui impose un maximum d&rsquo;engagement dramatique face à la masse des divers protagonistes qui s&rsquo;opposent à lui, et disparait quasiment au dernier acte dont il offre une interprétation sincère et bouleversante, non pas hallucinée comme celle de Stephen Gould, mais désespérée, celle d&rsquo;un être dépassé par les événements (là encore, on pourrait faire le parallèle avec le suicide chez les adolescents). Elle aussi présente à Munich la veille (!),<span class="apple-converted-space"> </span><strong>Elisabeth Teige</strong><span class="apple-converted-space"> </span>est une Elisabeth d&rsquo;une grande intensité qui sait utiliser son vibrato rapide à des fins dramatiques (ce qui n&rsquo;était pas le cas de sa devancière dans la production, Lise Davidsen, nettement plus fade). La voix est de bonne taille, plutôt lyrique, le timbre est intéressant, la présence lumineuse. Ses talents d&rsquo;actrice sont indéniables dans cette méta mise en scène :  au deuxième acte par exemple, nous assistons à une représentation (perturbée) de l&rsquo;opéra et l&rsquo;interprète doit être à la fois l&rsquo;oie blanche traditionnellement attendue et la cantatrice excédée par le désordre du spectacle.<span class="apple-converted-space"> </span><strong>Irene Roberts</strong><span class="apple-converted-space"> </span>campe une Venus saisissante d&rsquo;aisance scénique et vocale. On retrouvera cette même énergie pour le mini show au bord du lac. La voix est bien projetée, le timbre agréable et chaud, celui d&rsquo;un vrai mezzo. Quelle évolution depuis <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/les-huguenots-berlin-deutsche-oper-pari-gagne-pour-florez/">son espiègle Urbain des<span class="apple-converted-space"> </span><em>Huguenots</em></a><span class="apple-converted-space"> </span>d&rsquo;il y a quelques années, tout aussi détonnant ! Encore une artiste à suivre.<span class="apple-converted-space"> </span><strong>Günther Groissböck</strong><span class="apple-converted-space"> </span>est un Hermann de luxe. Des chanteurs de la Warburg on retiendra en particulier le lumineux ténor<span class="apple-converted-space"> </span><strong>Siyabonga Maqungo</strong><span class="apple-converted-space"> </span>(en Walther von der Vogelweide) dont on suivra la carrière avec intérêt. <strong>Markus Eiche</strong> est en revanche un Wolfram un peu terne, propret, bien chantant mais trop appliqué. Côté chœurs, on appréciera la vigueur des artistes masculins mais les sopranos ont un peu de mal à toutes atteindre le si naturel de l&rsquo;acte II.<span class="apple-converted-space"> </span><strong>Nathalie Stutzmann</strong><span class="apple-converted-space"> </span>offre une interprétation vibrante et passionnée, d&rsquo;un romantisme assumé. Dès le début, elle trouve des couleurs et des effets dramatiques inédits, tels ces violons presque acides, comme pris de folie, dont les aigus viennent submerger le reste de l&rsquo;harmonie au plus fort de l&rsquo;hystérie de l&rsquo;ouverture. Forte de son expérience de chanteuse lyrique, elle sait ainsi faire chanter son orchestre comme un authentique acteur du drame, et en parfaite adéquation avec le plateau. On a hâte de la réentendre, en particulier dans de nouvelles œuvres lyriques.</p>
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		<title>WAGNER, Tannhäuser &#8211; Bayreuth</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-tannhauser-bayreuth/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Roselyne Bachelot]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 30 Jul 2023 08:31:58 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Les aléas de l’existence vous imposent des cures de désintoxication souvent bienvenues. Quelques péripéties (!) m’avaient privée de Colline sacrée pendant trois ans et c’est le cœur battant que je retrouvais le Festspielhaus de Bayreuth là où je l’avais laissé en 2019 avec le Tannhäuser mis en scène par Tobias Kratzer. A se demander si &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Les aléas de l’existence vous imposent des cures de désintoxication souvent bienvenues. Quelques péripéties (!) m’avaient privée de Colline sacrée pendant trois ans et c’est le cœur battant que je retrouvais le Festspielhaus de Bayreuth là où je l’avais laissé en 2019 avec le <em>Tannhäuser</em> mis en scène par Tobias Kratzer. A se demander si la magie du lieu avait pu, sinon effacer, à tout le moins mettre entre parenthèses la crise pandémique et son cortège macabre de morts, de souffrances, de frustrations et d’angoisses… Et c’est précisément le contraire qui survient. Jean-Michel Pennetier, le <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/tannhauser-bayreuth-la-colline-accouche-dune-souris/">25 juillet 2019</a> posait à juste titre la question : « <em>le spectacle se bonifiera- t-il au  cours du temps du temps ? </em> Se bonifier, il n’en avait nul besoin et son propos entre guignolade anarchique et désespoir existentiel a plutôt bien vieilli et prend une résonance tragique face aux questions sociales qui traversent notre époque, donnant ainsi tout son sens au travail de Kratzer. Les spectateurs quelque peu vermoulus -je me mets dans le lot- du mythique festival, peu adeptes au départ du Regietheater sont maintenant drogués à la transgression. Ils et elles ont donc remisé les huées qui avaient agrémenté la création, et d’ailleurs Bayreuth ne serait plus Bayreuth sans ce parcours de rédemption qui veut que les adorateurs de Wagner mettent parfois plusieurs années à comprendre le propos du réalisateur avant d’en faire une référence insurpassable.  Et surtout la force de la modernité de Kratzer est qu’elle ne rend pas incompréhensible et même antagoniste le déroulé dramatique voulu par l’auteur comme nous l’avons vu avec le <em>Don Giovanni</em> ou le <em>Cosi fan tutte</em> de Tcherniakov à Aix en Provence.</p>
<p>Si la première femme cheffe d’orchestre à officier dans la fosse légendaire fut l’ukrainienne Oksana Lyniv le 25 juillet 2021 lors de la première soirée de la nouvelle production de <em>Der Fliegende Holländer, </em>ce choix était aussi un acte politique fort quelques mois avant l’invasion russe en Ukraine, au moment précis qu’avait choisi Vladimir Poutine pour publier son fameux essai sur l’unité historique des russes et des ukrainiens, essai qui laissait clairement présager le pire. Aucune arrière-pensée en l’occurrence pour <strong>Nathalie Stutzmann</strong>. La française a dirigé avec une modestie rare, sans aucune boursouflure d’ego alors que la mégalomanie frappe tant de  maestros dès qu’ils mettent le pied et la baguette dans la fosse. Quand ce n’est pas la mégalo qui sévit, c’est parfois l’atonie comme on l’avait constaté avec Guergiev. Rien de tout cela, Stutzmann se déploie dans un respect absolu de l’œuvre et sécurise avec précision les chanteurs. Elle a reçu un accueil triomphal qui s’est transformé en une longue et bruyante ovation.</p>
<p>Nous avions quitté la distribution éblouissante de 2019 avec le trio infernal Stephen Gould-Lise Davidsen-Elena Zhidkova qui nous avait laissés dans l’admiration superlative. Distribution rebattue avec <strong>Klaus Florian Vogt</strong>&#8211; <strong>Elisabeth Teige</strong>&#8211; <strong>Ekaterina Gubanova</strong>. Ces derniers temps des éxégètes avaient émis des doutes sur la capacité de Klaus Florian Vogt à assumer le rôle de Tannhäuser tant sa texture vocale semble mieux convenir à ceux de Lohengrin et de Stolzing. Certes, Stephen Gould demeure la référence insurpassable tant par la qualité de jeu que par la vaillance et la qualité musicale mais Vogt a su mettre des éraflures et des assombrissements dans son émission qui le rendent profondément bouleversant et son interprétation au troisième acte du voyage à Rome est proprement déchirante. Pour finasser, on reprochera à la norvégienne Elisabeth Teige un vibrato particulièrement sensible dans le fameux air d’entrée d’Elisabeth à l’acte II mais on pouvait d’ailleurs faire la même observation à Davidsen. Quant à Ekaterina Gubanova, elle s’empare du personnage de Venus avec une gouaille irrésistible dans le « jeu sans balle » voulu par Kratzer lors du Tournoi des chanteurs sans que cela n’altère sa puissance d’emission dans le reste, le but de l’affaire étant quand même de chanter ! Les chanteurs de la Warburg sont à la hauteur avec quelques bémols.  <strong>Markus Eiche</strong> nous offre un Wolframm qui n’a pas progressé en quatre ans et la Romance à l’étoile est toujours aussi terne. <strong>Gunther Groissböck</strong> est un Hermann impérial et <strong>Siyabonga Maqungo</strong> une révélation en Walther von der Vogelweide.</p>
<p>A part cela, il parait que l’opéra est un mort qui marche, que le festival de Bayreuth est condamné, que les Karten se ramassent à la pelle… En tous cas, à l’heure du spectacle d’ouverture du Festival, les robes longues étaient toujours aussi improbables, les smokings toujours aussi vintage et le Festspielhaus toujours aussi bondé. Bref, le monde d’hier a encore quelques belles semaines devant lui…</p>
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		<title>Disque du mois : la Turandot de Pappano</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/disque-du-mois-la-turandot-de-pappano/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Jacques Groleau]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 04 Apr 2023 06:32:27 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>On ne peut que saluer les labels qui continuent, malgré les difficultés et un marché que l&#8217;on sait maussade, de proposer des enregistrements de studio. A plus forte raison quand ils sont de cette qualité ! Sylvain Fort nous disait tout le bien qu&#8217;il pensait de cette nouvelle Turandot, parue chez Warner. Sous la baguette &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: left">On ne peut que saluer les labels qui continuent, malgré les difficultés et un marché que l&rsquo;on sait maussade, de proposer des enregistrements de studio. A plus forte raison quand ils sont de cette qualité ! <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/puccini-turandot-par-antonio-pappano/">Sylvain Fort</a> nous disait tout le bien qu&rsquo;il pensait de cette nouvelle <em><a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/puccini-turandot-par-antonio-pappano/">Turandot</a>,</em> parue chez Warner. Sous la baguette d&rsquo;Antonio Pappano, une pléiade de stars, même pour les rôles secondaires : Sondra Radvanovsky, Jonas Kaufmann, Ermonela Jaho, Michele Pertusi, Michael Spyres&#8230; La rédaction n&rsquo;a pas beaucoup hésité pour en faire notre disque du mois.</p>
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		<title>PUCCINI, Turandot, par Antonio Pappano</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/puccini-turandot-par-antonio-pappano/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sylvain Fort]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 14 Mar 2023 05:50:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Ce que démontre cet enregistrement, c’est qu’Antonio Pappano est le chef d’aujourd’hui qui est allé le plus loin dans la compréhension du langage et de la dramaturgie de Giacomo Puccini. A tous les chefs qui croient trouver dans Turandot un immense barnum exhaussant un degré plus loin le pathos des opéras précédents, il réplique avec &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="font-weight: 400">Ce que démontre cet enregistrement, c’est qu’<strong>Antonio Pappano</strong> est le chef d’aujourd’hui qui est allé le plus loin dans la compréhension du langage et de la dramaturgie de Giacomo Puccini. A tous les chefs qui croient trouver dans <em>Turandot</em> un immense barnum exhaussant un degré plus loin le pathos des opéras précédents, il réplique avec une direction soulignant la modernité absolue de ce langage, et la tension extrême d’un drame qui est moins pathétique qu’implacable. L’articulation qu’il donne aux ensembles en particulier (« Non piangere Liù » et la suite) évite absolument d’enrober l’opéra de Puccini dans une sorte de fracas. Tout demeure ici d’une lisibilité inouïe, dans une maîtrise parfaite du crescendo émotionnel, c’est-à-dire avec une science rare du dosage sonore et timbrique.</p>
<p style="font-weight: 400">Si l’enregistrement réalisé l’an dernier à Rome peut faire penser, par son cast avantageux, aux grands enregistrements de l’âge d’or, il faut avouer que le protagoniste véritable, c’est l’orchestre. Peu avant de quitter ses fonctions au profit de Daniel Harding, Pappano démontre qu’il a discipliné son orchestre au langage musical du XXe siècle avec constance et rigueur. Toute l’entrée de l’Acte II est d’une clarté de texture et d’une justesse de trait qui écarte la comédie chinoisante au profit d’une substance orchestrale foisonnante, et surtout considérée d’un seul tenant&nbsp;: la matière orchestrale se déroule avec une cohérence et une continuité que je crois n’avoir jamais entendue à ce point dans Turandot, faisant de l’orchestre le narrateur de cette fable. Karajan, à sa manière, l’avait fait, mais avec une profusion telle que l’orchestre tenait plus de la coulée de lave que du récit.</p>
<p style="font-weight: 400">Ce n’est pas à dire que les chanteurs ici soient secondaires, mais ils ne valent qu’insérés dans cette alchimie qui les dépasse. Et c’est pourquoi il faut mentionner au premier chef le très impressionnant chœur dirigé par <strong>Piero Monti</strong>. Que dire des stars recrutées pour l’occasion sinon qu’elles sont moins des stars que des instruments entre les mains du chef. A cet égard, la palme revient à <strong>Sondra Radvanovsky</strong>, Turandot blessée et suprême trouvant dans les sonorités moirées de l’orchestre le plus vif stimulant de sa grande voix. Le cas de <strong>Jonas Kaufmann</strong> est un peu différent. Osera-t-on avouer qu’il manque à ce Calaf l’espèce de luxuriance de la quinte aiguë&nbsp;qui en fait un prince véritable. Il ne s’agit pas seulement de réussir le si de <em>Nessun Dorma</em>, mais de faire valoir l’éclat singulier, barbare, ou tartare, de ce mystérieux héros. Le ténor allemand ne possède pas cela, et c’est un peu dommage, mais il s’en sort avec ce qu’il sait le mieux faire&nbsp;: des accents d’animal aux aguets, l’humanité déchirée de l’homme esseulé face à l’épreuve, et Pappano l’accompagne dans cette voie. <strong>Ermonela Jaho</strong> est une Liù de haut vol, qui fait penser à Freni. Tous les seconds rôles sont fastueusement tenus (Spyres, Pertusi…).</p>
<p style="font-weight: 400">Il faut préciser que le finale est ici celui d’Alfano, dont il n’est pas certain qu’il soit marqué du sceau du génie, mais qui permet de conclure crânement cet enregistrement qui nous dispense de tant de versions bruyantes ou fanfaronnes. En 2024, on commémorera les 100 ans de la disparition de Puccini&nbsp;: ce disque est d’ores et déjà un jalon majeur de ce centenaire.</p>
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		<title>PUCCINI, Turandot — Berlin (Staatsoper)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/turandot-berlin-staatsoper-la-deshumanisation-autant-que-possible/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 03 Mar 2023 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Art total sur la scène du Staatsoper de Berlin pour la dixième représentation de la production de 2022 de Turandot, signée Philipp Stölzl. En plus des attributs habituels d’une mise en scène d’opéra, les machinistes ont en effet une partie déterminante à jouer, et c’est assez justement que trois d’entre eux sont invités sur scène &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Art total sur la scène du Staatsoper de Berlin pour la dixième représentation de la production de 2022 de <em>Turandot</em>, signée <strong>Philipp Stölzl</strong>. En plus des attributs habituels d’une mise en scène d’opéra, les machinistes ont en effet une partie déterminante à jouer, et c’est assez justement que trois d’entre eux sont invités sur scène aux saluts de fin de partie pour recueillir les applaudissements mérités de la salle.</p>
<p>La scène est en effet presque entièrement occupée par l’immense « marionnette » articulée (dans l’esprit « Royal de luxe »), figurant la princesse Turandot. Habillée en début de pièce d’une robe à panier, et le visage recouvert d’un masque chinois, cette marionnette, tout au long des trois actes, est en mouvement, émergeant d’une immense fosse circulaire en cœur de scène, s’élevant en l’air, et faisant l’objet d’un nombre incalculable de manipulations de la part d’une demi-douzaine de machinistes, accompagnant les mouvements assistés par ordinateur en régie. La performance technique mérite d’être soulignée et la réussite visuelle est totale. On saluera, en général, le travail d’éclairage et de décors (tout est signé de Philipp Stölzl) qui accompagne parfaitement la proposition du metteur en scène.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" height="330" src="https://www.forumopera.com/sites/default/files/styles/large/public/https_www.staatsoper-berlin.de_downloads-b_de_media_41926_dd989c112f202b2799284f0b23387062_ber_turandot_gp0036.jpg?itok=IJoHqf26" width="468" /><br />
	© Matthias Baus</p>
<p>L’idée est la déshumanisation autant que possible du personnage de Turandot. Il s’agit d’en faire une caricature d’elle-même, voire de mettre en doute son existence propre (elle ne fait pas d’apparition furtive au I, sa marionnette s’en charge !) : « Turandot n’existe pas » nous disent bien les trois compères Ping, Pang et Pong. Turandot c’est donc cette immense marionnette, sans vie, sans cœur, sans sexe non plus : quand le panier de la robe est soulevé par les machinistes, on n’y découvre rien d’autre qu’un vide sidéral. Point de vie, de matrice cachée. Pire même, ce vide est un lieu mortifère. C’est là que les prétendants sont suppliciés (les scènes sont montrées sans retenue). Elle ne donne pas la vie mais engendre la mort. Au III, lorsque des Pékinois seront exécutés, c’est toujours dans la fosse circulaire, sous la robe, qu’ils disparaitront. C’est encore sous la robe qu’un amas des crânes ayant appartenu aux anciens torturés devient un terrain de jeu des trois ministres qui jonglent avec les ossements.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" height="312" src="https://www.forumopera.com/sites/default/files/styles/large/public/https_www.staatsoper-berlin.de_downloads-b_de_media_41937_4dd94fcbc0ebea2c985e2fb1281c552a_ber_turandot_gp0356.jpg?itok=yotkZFeE" width="468" /><br />
	© Matthias Baus</p>
<p>Au fil de l’action, la marionnette est dépouillée de ses attributs, de la robe, de son tronc, et même de son masque chinois qui découvre alors…le crâne d’un squelette. Décidément cette Turandot incarne bien la mort, elle a tout pour faire fuir et on se demande ce qui peut attirer Calaf ! Pour être entièrement fidèle à son idée d’une princesse incapable de sentiments, le metteur en scène détourne le « happy end », en soi bien peu crédible, et choisit de la faire mourir : au lieu de se donner à Calaf, elle tombe morte dans ses bras, après s’être empoisonnée.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" height="313" src="https://www.forumopera.com/sites/default/files/styles/large/public/https_www.staatsoper-berlin.de_downloads-b_de_media_41995_cac17cdb24c0570b0a94792b079bafd2_ber_turandot_ohp0755.jpg?itok=14VaBWWz" width="468" /><br />
	© Matthias Baus</p>
<p>Distribution de haut vol autour du jeune chef français <strong>Maxime Pascal</strong>. C’est donc lui qui a repris cette production créée en 2022 par Zubin Mehta. Il dirige une Staatskapelle toute en couleurs et percussion. La direction est soignée, l’attention portée aux chœurs est permanente, la partition l’exige. On aura plaisir à retrouver Maxime Pascal au festival d’Aix où il dirigera cet été <em>L’Opéra de quat’ sous</em>, puis <em>The Greek Passion</em> (Martinů) au festival de Salzbourg. Les chœurs d’hommes et de femmes viennent en nombre figurer le peuple pékinois et réalisent un sans-faute.</p>
<p><strong>Elena Pankratova</strong> est une princesse à l’inhumanité absolue et admirable. Aucune faille dans le chant, aucune fêlure dans les aigus perforants. « In questa reggia » donne le ton des deux derniers actes : ce sera sans faiblesse et sans limite. Nous découvrons <strong>Ivan Magri</strong> en Calaf. Le personnage qu’il incarne est attiré par la princesse comme un aimant. Il essaie de la comprendre, il est lui-même littéralement hissé à sa hauteur au I pour essayer de percer la mécanique qui se cache derrière la marionnette ; il n’y parviendra pas. Après une entrée un peu courte, Ivan Magri gagne en assurance et son « Nessun dorma » passe la rampe sans difficulté. <strong>Olga Peretyatko</strong> est une Liù de luxe. Elle est somme toute bien élégante sur scène pour être une esclave crédible ! Qu’importe, le « Signore ascoltà » du I est tout en finesse, les aigus sont filés et l’on retrouvera les mêmes qualités dans la scène de mort.</p>
<p><strong>René Pape</strong> en Timur, <strong>Giula Orendt</strong> (Ping), <strong>Andrés Moreno Garcia</strong> (Pang) et <strong>Matthew Newlin</strong> Pong), complètent superbement la distribution d’une production qui restera comme une des plus spectaculaires et intelligentes qui nous aient été données de voir de cet opéra.</p>
<p> </p>
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		<title>WAGNER, Das Rheingold — Berlin (Staatsoper)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/das-rheingold-berlin-staatsoper-lor-resume-a-lanneau/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 30 Oct 2022 08:40:16 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pour les 80 ans de Daniel Barenboïm, le Staatsoper Berlin voulait offrir à celui qui est son directeur musical depuis 1992 une nouvelle production d’un Ring complet, joué quatre fois dans la saison 2022-23. Las, la maladie en aura décidé autrement, et quelques semaines avant la première c’est Thomas Guggeis, pour le cycle II, et &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Pour les 80 ans de Daniel Barenboïm, le Staatsoper Berlin voulait offrir à celui qui est son directeur musical depuis 1992 une nouvelle production d’un <em>Ring</em> complet, joué quatre fois dans la saison 2022-23. Las, <a href="https://www.forumopera.com/breve/berlin-staatsoper-barenboim-renonce-au-ring">la maladie en aura décidé autrement</a>, et quelques semaines avant la première c’est Thomas Guggeis, pour le cycle II, et <strong>Christian Thielemann</strong> pour les cycles I, III et IV, qui auront pris le relais. Nous assistons au cycle III, programmé sur neuf jours, entre le 29 octobre et le 6 novembre 2022.</p>
<p>Cet événement était attendu pour au moins deux raisons ; il s’agit, cette année, de la seconde nouvelle production d’envergure d’une Tétralogie, après le nouveau <em>Ring</em> de Bayreuth l’été dernier, controversé et <a href="https://www.forumopera.com/das-rheingold-bayreuth-une-petite-comedie">chroniqué dans nos colonnes</a>. Et puis surtout chacun attendait ce que <strong>Dmitri Tcherniakov</strong> allait nous dire du roman fleuve wagnérien ; roman fleuve, épopée ou saga, il est encore trop tôt pour le dire au terme du prologue.</p>
<p>Ce que l’on peut avancer en revanche, c’est que la vision de Tcherniakov est, à l’issue de ce <em>Rheingold</em>, très prometteuse et que les trois journées du Bühnenfestspiel nous diront s’il réussit à tenir la distance d’une proposition entièrement actualisée, qui bannit totalement dieux, déesses, demi-dieux et géants, tous humanisés (alors que <em>Rheingold</em> est le seul opus des quatre où aucun humain n’apparaît !). Sa proposition va même jusqu’à bannir l’or qu’il réduit à sa quintessence, l’anneau (le Ring du Nibelung, d’Alberich donc). Pour Tcherniakov, clairement, l&rsquo;or se résume à l&rsquo;anneau.</p>
<p>Vision qui nous apparaît magistrale, osée également puisque prenant le risque d’une mise à distance totale avec le livret original, sans jamais toutefois entrer en contradiction avec lui. C’est en ce sens qu’il est légitime de se demander si cette performance pourra être répétée jusqu’au <em>Crépuscule des Dieux</em>.</p>
<p>Nous sommes au sein d’une grande entreprise présidée par Wotan, nommée E.S.C.H.E. Si on lit ces lettres comme un acronyme, on comprend « Esche », qui est le frêne en langue allemande. Le frêne, rappelons-le, est l’arbre fondateur dans la Tétralogie, celui qui se dresse dans la maison de Hunding et Sieglinde, où Wotan a fiché son épée que seul Siegmund pourra extraire. E.S.C.H.E est un centre de recherche où des expérimentations sont menées sur des humains.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" height="302" src="https://www.forumopera.com/sites/default/files/styles/large/public/https_www.staatsoper-berlin.de_downloads-b_de_media_43697_a2b7ca49a491cac56d26c1211cfe4ced_das_rheingold_b_242.jpg?itok=SKqcpsyh" width="468" /><br />
	© Monika Rittershaus</p>
<p>C’est, au premier tableau, Alberich qui est cobayé par les trois filles du Rhin, jusqu’à ce qu’il se rebelle contre leurs sordides expérimentations, se délivre de son harnachement et s’enfuit avec du matériel électrique que l’on pourrait, à tort, imaginer comme représentant l’or du Rhin, à tort comme dit plus haut. Tcherniakov joue fort bien de ses talents de metteur en scène pour rendre crédibles toutes les scènes où l’or est invisible, alors qu’il devrait apparaître.</p>
<p>Ainsi au quatrième tableau, qui se situe dans le bureau de Wotan, Alberich prisonnier voit, seul dans son délire, ses esclaves apporter l’or en rançon de sa libération. Wotan et Loge ne prennent pas gare à ses fantasmes et n’attendent qu’une chose, qu’Alberich se dessaisisse de son anneau. Plus tard, pour libérer Freia, la quantité d’or nécessaire à la couvrir entièrement, sera résumée dans un des multiples feuillets d’un contrat de négociations qui se jouent entre Loge et Fafner.</p>
<p>Entre temps, nous serons descendus, par un habile jeu de machinerie, dans les entrailles du Nibelheim, ici un institut de recherche sur le comportement. Les esclaves d&rsquo;Alberich, qu&rsquo;il maltraite comme un sombre Kapo, procèdent à des expérimentations sur des lapins vivants dans des cages alignées à l&rsquo;étage.</p>
<p>L’idée, on le voit, se tient. Mais toutes les idées – et elles sont nombreuses – qui enrichissent incontestablement la production, ne se valent pas. Ainsi, la vidéo initiale, censée peut-être représenter la formation des synapses dans le cerveau de l’homme et nous amener à comprendre que nous sommes dans un laboratoire de recherche sur le comportement humain, semble superfétatoire et nous prive du plaisir de nous consacrer entièrement à l’écoute du prélude. A l’autre extrémité, la scène finale, l’entrée au Walhalla, est dévoyée en inauguration avec discours et animations dignes d’une fête patronnesse, dommage.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="285" src="/sites/default/files/styles/large/public/https_www.staatsoper-berlin.de_downloads-b_de_media_43719_b612655fa104bd32c4e4a465fb7fe5cf_das_rheingold_b_325.jpg?itok=9qQ4rO_1" title="© Monika Rittershaus" width="468" /><br />
	© Monika Rittershaus</p>
<p>Christian Thielemann est donc à la manœuvre ; il fera se lever la salle (absolument comble ce soir malgré des prix inhabituellement élevés pour la place berlinoise) au moment des saluts de baisser de rideau. Thielemann est décidément le chouchou du public Unter den Linden. Sa vision de la partition est comme toujours d’une très grande rigueur. Son écoute des chanteurs est remarquable en ce qu’il sait moduler l’intensité sonore pour que la scène soit toujours parfaitement audible. On ne le rendra pas responsable des quelques accrocs dus plutôt à des instrumentistes isolés (comme ce cor défaillant au prélude).</p>
<p>Le plateau vocal est de très haut niveau et il est difficile de hiérarchiser. Malgré la voix un peu acide de la Flosshilde de <strong>Anna Laprovskaja</strong>, les trois Filles du Rhin (la Woglinde de <strong>Evelin Novak</strong> et la Wellgunde de <strong>Natalia Strycka</strong>) sont des techniciennes convaincantes, chargées de mener leurs expérimentations auprès de Alberich. <strong>Lauri Vasar</strong> (Donner) et <strong>Siyabonga Maqungo</strong> (Froh) peinent à entrer pleinement dans les caractères de leurs personnages.</p>
<p>Le Fafner de <strong>Peter Rose</strong> est diabolique à souhait et sans merci face à son frère qu’il exécute d’un coup de pistolet dans le dos. Ce frère, Fasolt, c’est <strong>Mika Kares</strong>, chaleureusement applaudi pour la puissance de son engagement. On le retrouvera avec plaisir en Hunding (<em>Walküre</em>) puis Hagen (<em>Götterdämmerung</em>). Le Mime de <strong>Stephan Rügamer</strong> est lui aussi très prometteur et il nous tarde de l’entendre davantage dans <em>Siegfried</em>.</p>
<p><strong>Johannes Martin Kränzle</strong> est un formidable Alberich, qui sait dépeindre, par le jeu et les couleurs de la voix toutes les facettes diaboliques de son personnages. Son beau succès est amplement mérité. <strong>Rolando Villazón</strong> est un Loge inattendu. Quelques sifflets immérités ponctuent une prestation non exempte de défauts (dans la conduite du chant et la prononciation parfois) certes, mais qui vaut par un engagement de tous les instants et un jeu sur scène très convaincant. Freia, tenue par <strong>Anett Frisch</strong>, apparaît trop sur la réserve (son rôle est ingrat il faut le dire sans réellement de moments pour s’exprimer pleinement). La Fricka  de  <strong>Claudia Mahnke</strong> méritait bien mieux que les saluts polis qu’elle récolta du public ; comme si celui-ci avait oublié son autorité, sa fougue et la plénitude de sa voix au deuxième tableau. Reste Erda, magnifiée par <strong>Anna Kissjudit</strong>, qui nous gratifie d’un – trop court – moment quasi extatique : son « Weiche, Wotan, Weiche » a fait frémir la salle qui, malgré un rôle aussi court, a réservé à cette jeune (elle est née en 1996) mezzo bulgare, un triomphe amplement mérité. Nous avons hâte de réentendre cette voix au velours envoutant et à l’autorité stupéfiante. <strong>Michael Volle</strong> enfin est un Wotan perdant d’avance ; son autorité est très vite remise en question ; il se laisse manipuler, influencer et à lui seul nous dit que le crépuscule des dieux, c’est pour demain. Voix pleine et vigoureuse, avec quelques moments où la vaillance semble faire défaut.</p>
<p>Dans ce cycle, les deux premiers opus sont joués à la suite. La Walkyrie est donc à suivre très vite.</p>
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		<title>PUCCINI, Turandot — Rome</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/turandot-rome-a-rome-une-version-de-reference-pour-une-turandot-particuliere/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 15 Mar 2022 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Nul doute que la version de concert de Turandot à l’Accademia Nazionale di Santa Cecilia fera date. La qualité des forces réunies – chef, chœurs, orchestre et distribution – alliée au choix de la première version du final de Franco Alfano, celle retoquée par Toscanini, feront figurer en excellente place dans la discographie l’enregistrement réalisé par Warner &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Nul doute que la version de concert de <em>Turandot</em> à l’Accademia Nazionale di Santa Cecilia fera date. La qualité des forces réunies – chef, chœurs, orchestre et distribution – alliée au choix de la première version du final de Franco Alfano, celle retoquée par Toscanini, feront figurer en excellente place dans la discographie l’enregistrement réalisé par Warner dans les jours qui ont précédé ce concert<sup>*</sup>. Le premier final d’Alfano n’est pour ainsi dire jamais donné. A notre connaissance, seule le Deutsche Oper Berlin le propose. Il faut croire que l’oukase de Toscanini aura provoqué une certaine surdité chez les mélomanes. C’est bien l’intégralité du texte que le compositeur italien met en musique depuis les esquisses laissées par Puccini. Il ne s’agit plus de donner corps à un grand duo, « alla Tristano », mais d’une scène avec ses échanges et ses tirades. Le tout doit durer une dizaine de minutes supplémentaires et sollicite encore davantage Turandot, qui hérite de deux beaux monologues qui permettent de rendre crédible la métamorphose amoureuse. Alfano amène progressivement la Princesse de glace vers une vocalité plus sensible et proche de celle d’une Liu. La boucle est bouclée ; la mort de la jeune esclave rendue « utile ». Outre ces ajouts, des modifications substantielles viennent charmer l’oreille : la révélation du nom de Calaf et tout le final où la soprane et le ténor entonnent des « amor » aigus et fortissimo par-dessus le chœur et l’orchestre en un final encore plus grandiose que le succédané de mélodrame vériste validé par Toscanini.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/2g5a4995.jpg?itok=6A0EfQD_" title="© Musacchio, Ianniello &amp; Pasqualini" width="468" /><br />
	© Musacchio, Ianniello &amp; Pasqualini</p>
<p>Evidemment pour rendre justice à ce morceau de bravoure qui vient conclure un opéra qui en comporte déjà son lot garni, il faut des solistes hors pair. C’est le cas avec <strong>Jonas Kaufmann</strong> et <strong>Sondra Radvanovsky</strong>, tous deux en « prise de rôle » (même si les puristes n’accepteront le terme qu’une fois les lampions accrochés aux murs de la Cité Interdite et à la coiffe de Turandot). Le ténor allemand, poussé dans ses retranchements, met à profit tout le travail et l’endurance acquis avec les rôles de<a href="https://www.forumopera.com/die-tote-stadt-munich-jonas-kaufmann-nouvelle-etape-nouveau-triomphe"> Paul</a> et <a href="https://www.forumopera.com/tristan-und-isolde-munich-la-mort-plus-forte-que-lamour">Tristan</a>. Il ne refuse aucun obstacle, comme l’ut de « Ti voglio ardente d’amor » à l’acte II et autres nombreux aigus qu’il tient au-delà de la valeur des notes, s’insérant dans une tradition interprétative enthousiasmante. Son timbre sombre et mordoré convient parfaitement au personnage. Il en dresse un portrait partant de Thanatos et allant vers Eros, enlumine ces contours psychologiques de très belles nuances piano ou en <em>mezza voce,</em> et d’aigus solides où le timbre retrouve une brillance bienvenue. Certes le volume est moindre que celui de Sondra Radvanovksy, ce qu’une projection exemplaire et une solide technique permet de compenser. Il est salué par des bravi mérités à l’issu d’un « Nessun dorma » poétique et enflammé auxquels <strong>Antonio Pappano</strong> ne cédera pas, enchainant sur l’intervention des masques. Après Munich, nous avions dit <a href="https://www.forumopera.com/turandot-verone-ca-nous-change-de-wagner">à quel point l’arrivée d’une Anna Netrebko dans le paysage des Turandot était salutaire</a> : enfin une voix qui nous sortait des wagnériennes émérites, solides comme des rocs, mais finalement coupées d’une part non négligeable de l’héritage italien de Puccini. Que la plus grande bel-cantiste actuelle s’approprie le rôle fait événement. D’autant que Sondra Radvanovsky dispose d’une des voix les plus volumineuses du circuit. Elle réalise la quadrature du cercle : elle transperce l’orchestre avec une facilité déconcertante, crucifie l’auditoire à chacune de ses interventions au deuxième acte et vient à bout de ce final exigeant avec brio. Surtout, au-delà du Guinness des Records de ses exploits, c’est bien l’interprétation qui nous place sur des cimes. <em>Mezza-voce</em>, piani déposés dans les recoins les plus impossibles du rôle, Sondra Radvanovsky laisse miroiter le feu sous la glace. On pourrait la surnommer « madame messa di voce » tant elle a fait de cette figure de style un sceau personnel. Rien de gratuit ou d’ostentatoire dans ces nuances, elle les emploie avec une justesse dramatique confondante telle celle qu’elle dépose sur le « o » de « il suo nome e amor » à la toute fin et qui sonne comme un aveu rentré et finalement assumé fièrement à la face du monde. A l’issue de ce concert, un seul désir nous tenaille : l’entendre de nouveau.  </p>
<p>Une version de référence ne va pas sans un entourage à la hauteur. Certes, on peut être lassé des simagrées d’une <strong>Ermonela Jaho</strong> dont le registre inférieur est maintenant débraillé en comparaison de la lumière et de la subtilité des piani et du souffle long qu’elle mobilise dans les airs de Liu. Qu’importe là encore, la frêle esclave convient parfaitement à ce tempérament scénique et vocal à fleur de peau. <strong>Michele Pertusi</strong> aborde Timur avec une humilité bienvenue que seule la déploration sur le corps de Liu viendra briser. La voix est chaude et ronde et suffit à porter l’humanité de ce roi déchu. <strong>Leonardo Cortellazzi </strong>s’avère un Altoum idéal, conférant une couleur toute rossinienne à cet Empereur réduit aux utilités. <strong>Michael Mofidian</strong> assume crânement les deux interventions du mandarin avec puissance et un beau métal, alors qu’Antonio Pappano choisit un tempo rapide qui lui complexifie la tâche. Enfin, les trois masques sont idéalement distribués : le Pang de caractère de <strong>Gregory Bonfatti</strong> se distingue immédiatement du Pong lumineux de <strong>Siyabonga Maqungo</strong>. <strong>Mattia Olivieri</strong> confirme, s’il le fallait encore, qu’il est un grand du circuit. Il domine sans le vouloir le trio de son baryton clair et sonore, coloré et nuancé et incarne un bourreau cruel face à Liu.</p>
<p>Une version de référence doit pouvoir compter sur des effectif choraux et orchestraux idoines. On sort charmé par les Chœurs et les Voci Bianche de Santa Cecilia. Antonio Pappano utilise toutes les rangées d’arrière-scène pour spatialiser leurs interventions. Elles sont irréprochables de puissance ou de douceur selon les scènes. Il en va de même pour l’orchestre, où l’on entend une préparation méticuleuse. Là encore, les cuivres, saxophones notamment, sont mis en avant par leur positionnement en haut des gradins. Manière pour le chef italien de montrer que Turandot n’est pas le dernier feu du mélodrame italien mais bien une œuvre contemporaine de <em>Wozzeck</em>. La lecture d’Antonio Pappano fera date elle aussi. Elle se caractérise par de forts contrastes (dans les tempi notamment) et un travail de chaque instant sur les tons et les couleurs. Cette maestria totale s’accompagne d’un sens théâtral parfait et porte l’ensemble de la distribution vers les sommets, en même temps qu’elle réhabilite ce premier final, nous l’avons dit. Il faudra attendre février 2023 pour que les ingénieurs de Warner finalisent leur travail sur l’intégrale à l’origine de ce concert. Il nous tarde déjà.</p>
<p>	<sup>* Le rôle de l’Empereur Altoum y est chanté par <strong>Michael Spyres</strong> qui a du renoncer au concert pour assurer un remplacement de dernière minute à Berlin. </sup></p>
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