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	<title>Lorenzo MARIANI - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Tue, 23 Jul 2024 21:37:57 +0000</lastBuildDate>
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	<title>Lorenzo MARIANI - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>DONIZETTI, Don Pasquale &#8211; Sienne</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 24 Jul 2024 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L&#8217;Académie Musicale de la Chigiana fête cette année la dixième édition de son Festival International et de son Académie d&#8217;été. Pendant deux mois plus de cent concerts irriguent le territoire siennois avec des propositions audacieuses comme ces seize focus sur le compositeur György Ligeti. Cette année, la part belle est également faite au répertoire lyrique &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>L&rsquo;Académie Musicale de la Chigiana fête cette année la dixième édition de son Festival International et de son <a href="https://www.chigiana.org/summer-academy/">Académie d&rsquo;été</a>. Pendant deux mois plus de cent concerts irriguent le territoire siennois avec des propositions audacieuses comme ces <a href="https://www.chigiana.org/wp-content/uploads/04-Focus-Ligeti.pdf">seize focus sur le compositeur György Ligeti</a>.</p>
<p>Cette année, la part belle est également faite au répertoire lyrique avec pas moins de trois productions, une première pour l&rsquo;institution : au mois d’août, <em>the Turn of the Screw</em> de Britten ainsi qu&rsquo;une création contemporaine, <em>the Butterfly Equation</em> – hommage à Giacomo Puccini – s&rsquo;ajouteront au<em> Don Pasquale</em> proposé en cette fin juillet.</p>
<p>D&rsquo;autres affiches allient prestige et gratuité, telle vendredi soir cette Symphonie n.5 de Beethoven par l&rsquo;Orchestre Philharmonique de la Scala sous la Direction de Myung-Whun Chung sur la piazza del Campo. Le maestro a d&rsquo;ailleurs pris le micro à l&rsquo;issue de la représentation pour dire sa gratitude à l&rsquo;institution qui l&rsquo;accueillit comme stagiaire en son temps.<br />
Voilà qui met la barre fort haut pour les élèves de Direction qui ont étudié l&rsquo;opéra-bouffe de Donizetti sous les houlettes de Daniele Gatti et Luciano Acocella, à qui ils font honneur d&rsquo;une baguette souple et nuancée pour <strong>Sieva Borzak</strong> et <strong>Giovanni Conti</strong> ; d&rsquo;une belle énergie pour<strong> Sukjong Kim</strong> et d&rsquo;une notable écoute du plateau pour <strong>Davide Trolton</strong>. L&rsquo;<strong>Orchestre Senzaspine</strong> – qui accompagne les cours depuis trois ans –&nbsp;se prête de bonne grâce à ces changements de chefs en cours d’exécution sans nuire aucunement à l&rsquo;écoute du spectateur.</p>
<p>« L&rsquo;Opera-lab » porte donc bien son nom et Nicola Sani, directeur artistique de la Chigiana, évoque pour sa part un « festival laboratoire » avec, ici encore, une proposition assez unique puisque ce <em>Don Pasquale</em> fait collaborer quatre structures de formation italiennes de premier plan en chant, direction, lumières et décor qui « travaillent ensemble pour construire l&rsquo;avenir du métier » avec quatre équipes professionnelles encadrant chacune de jeunes artistes.</p>
<p>Pour ce qui est de la scénographie, la soirée prend d&rsquo;ailleurs une teinte singulièrement émouvante puisqu&rsquo;elle est dédiée à<strong> William Orlandi</strong>, décorateur pour la Scala, en charge du projet siennois et tout récemment décédé.<br />
Le dispositif qu&rsquo;il a imaginé fonctionne parfaitement : la scène est fermée par trois panneaux blancs sur lesquels images et vidéos donnent à voir un univers tout à fait contemporain, celui du bureau hyperconnecté de la « Pasquale Financial Holding ». « Son nov&rsquo; ore », il est 9 heures précises lorsque le rideau se lève; la bourse ouvre à Paris et notre anti-héros semble fort satisfait du cours de ses investissements. Il le sera beaucoup moins vingt-quatre heures plus tard, lorsque le rideau tombera sur sa ruine, tous ses fonds ayant été siphonnés par la vénale Norina avec le soutien des choristes. Le chœur Guido Chigi Saracini accompagne la Chigiana dans l&rsquo;ensemble de sa programmation et ne démérite pas dans les costumes façon <em>Men in Black</em> imaginés par l&rsquo;Accademia di Belle Arti di Brera.</p>
<p>La proposition du metteur en scène <strong>Lorenzo Mariani</strong> est à la fois extrêmement efficace et pleine de drôlerie. La direction d&rsquo;acteur précise, enlevée, réjouit de pitreries bien dosées et d&rsquo;un impeccable sens du rythme.<br />
C&rsquo;est pourtant un défi que de mettre en scène une telle œuvre en une dizaine de jours&nbsp;; ce temps limité permet d&rsquo;apprécier d&rsquo;autant plus le professionnalisme des solistes de l&rsquo;<strong>Accademia del Maggio Musicale Fiorentino</strong> de Florence. Tous quatre d&rsquo;un excellent niveau, ils jouent avec un plaisir manifeste et font merveille dans les ensembles, aussi équilibrés que nuancés.</p>
<p>Le Don Pasquale délicieusement bouffon de <strong>Matteo Torcaso</strong> s&rsquo;enorgueillit d&rsquo;une voix riche, bien posée et pleine d&rsquo;autorité. <strong>Nikoletta</strong> <strong>Hertsak</strong> lui oppose un feu d&rsquo;artifice vocal et scénique en Norina accro aux réseaux sociaux alimentés de photos en direct. «&nbsp;Quel guardo il Cavaliere&nbsp;» est même malicieusement transformé en un post instagram. Certes le personnage qu&rsquo;elle compose ne prêche pas pour un féminisme éclairé&nbsp;: rouée, manipulatrice et cupide, elle est également tout charme et espièglerie. Le soprano rayonnant, les vocalises pyrotechniques, les pianissimi totalement maîtrisés, rendent sa prestation éminemment convaincante.</p>
<p>Elle donne la réplique sentimentale au ténor de stentor de <strong>Lorenzo Martelli</strong> dont l&rsquo;Ernesto emporte également l&rsquo;adhésion. D&rsquo;abord hilarant attelé à son simulateur de golf sous son casque de réalité virtuelle, il sait se faire touchant lorsque sa tristesse éclate dans «&nbsp;Cercherò&nbsp;lontana&nbsp;terra&nbsp;» Le timbre, particulièrement brillant s&rsquo;enrichit de nombreuses nuances mais pâtit d&rsquo;une justesse problématique dans les aigus.</p>
<p>Le Docteur Malatesta enfin, trouve en <strong>Matteo Mancini</strong> un épatant interprète à la belle prestance, à la diction impeccable – comme tous ses camarades –&nbsp;y compris dans les passages les plus acrobatiques de canto sillabico au débit délicieusement hystérique.</p>
<p>Si seules deux représentations étaient prévues pour cette jolie production, il est en revanche possible de profiter de la programmation foisonnante du <a href="https://www.chigiana.org/tracce/">festival</a> jusqu&rsquo;à la fin de l&rsquo;été dans le cadre sublime de la ville de Sienne.</p>
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		<title>VERDI, Il trovatore — Venise</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/il-trovatore-venise-aux-sources-du-trouvere/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 24 Sep 2014 05:37:20 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En un peu moins de quatre ans, Giuseppe Verdi compose sa « trilogie populaire ». Commencé en avril 1850, Rigoletto est donné à la Fenice de Venise en mars 1851 ; Il Trovatore triomphe à Rome en janvier 1853 ; La Traviata est créée à Venise en mars 1853. Parallèlement, Gaetano Donizetti est mort quelques années plus tôt, en &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>En un peu moins de quatre ans, Giuseppe Verdi compose sa « trilogie populaire ». Commencé en avril 1850, <em>Rigoletto</em> est donné à la Fenice de Venise en mars 1851 ; <em>Il Trovatore</em> triomphe à Rome en janvier 1853 ; <em>La Traviata </em>est créée à Venise en mars 1853. Parallèlement, Gaetano Donizetti est mort quelques années plus tôt, en 1848 à seulement 50 ans : avec lui disparait définitivement le belcanto comme genre lyrique, sinon comme école vocale. Certes Verdi n’est plus un belcantiste, mais il baigne encore dans ce style musical, et il dispose de chanteurs qui en maîtrisent parfaitement la grammaire : c’est pourquoi sa production d’alors en garde encore de nombreuses traces. Même à l’époque moderne, <em>La Traviata</em> et <em>Rigoletto</em> seront régulièrement interprétés par des chanteurs plus ou moins issus du belcanto, tels Maria Callas, Alfredo Kraus, Renata Scotto, Joan Sutherland, Luciano Pavarotti, Montserrat Caballé ou June Anderson pour n’en citer que quelques uns. En ce qui concerne le <em>Trouvère</em> en revanche, cette option semble avoir été peu explorée : à côté d’artistes  exceptionnels, comme Carlo Bergonzi ou Luciano Pavarotti, combien de ténors frustres, impressionnant davantage par leur capacité à produire des décibels que par la classe de leur chant. Le créateur du rôle, Carlo Baucardé, à qui on doit d’ailleurs l’introduction ultérieure du contre-ut dans le « Di quella pira », était pourtant un interprète des <em>Puritani</em> ou de <em>Lucrezia Borgia</em>.</p>
<p>Pour cette série, la Fenice a fait le pari d’une distribution plus belcantiste qu’à l’ordinaire. En tête de celle-ci, <strong>Gregory Kunde</strong>, éblouissant par sa maîtrise du souffle, son legato, sa capacité à mixer les registres de poitrine et de tête, son exécution sans faille des difficultés de la partition (« Di quella pira » dans le ton original, avec des <em>grupetti</em> parfaitement exécutés). Cette technique n’est jamais un exercice vain : elle reste au service de l’expression musicale. Ainsi, les variations dans la « pira » et dans le « Miserere » sont discrètes mais elles sont bien là. Avec Kunde, nous pouvons enfin apprécier un Manrico, différent, sans doute plus proche de ceux qu’avaient l’habitude d’entendre les contemporains de Verdi. Ajoutons qu’avec le temps le timbre de Kunde est devenu plus corsé, avec des aigus particulièrement percutants. A ses côtés, <strong style="font-size: 14.3999996185303px;line-height: 1.5">Artur Rucinski </strong>n’est pas sans rappeler le jeune Leo Nucci dans ce rôle : maîtrise du souffle, legato parfait, projection généreuse, aigus vaillants quoiqu’un peu ouverts. Il confirme les talents que nous avions relevés lors des<em> Masnadieri </em>parmesan de l’année dernière. Dans cette même optique interprétative, l’Azucena de <strong style="font-size: 14.3999996185303px;line-height: 1.5">Veronica Simeoni</strong> ne recherche pas le côté spectaculaire de références particulièrement fracassantes. Mais avec cette interprète de Donizetti, nous avons toutes les notes, parfaitement exécutés (et si souvent escamotées) et une interprétation tout en retenue, sans histrionisme. Autre donizettienne, Carmen Giannattasio, victime d’une laryngite, doit laisser la place ce soir à <strong style="font-size: 14.3999996185303px;line-height: 1.5">Kristin Lewis</strong> et nous sommes cette fois plus loin du compte en matière de belcanto : un « D&rsquo;amor sull&rsquo;ali rosee » précautionneux, aux trilles esquivés et sans variations, avec un bas medium peu audible, un « Tu vedrai » pas même doublé … Au positif, de beaux aigus piano qu’on a eu souvent l’habitude d’entendre criés et un timbre séduisant. Pour finir, <strong style="font-size: 14.3999996185303px;line-height: 1.5">Roberto Tagliavini</strong> est un Ferrando impeccable, au timbre étonnamment clair et à la voix bien projetée. </p>
<p>A 32 ans, le chef <strong>Daniele Rustioni</strong> fait preuve d’une remarquable maturité technique et d’un authentique sens du théâtre, faisant mentir la plaisanterie d’Arturo Toscani qui prétendait que pour monter un bon Trouvère il suffisait de réunir les quatre meilleurs chanteurs du moment. Sa direction est vive, dramatique, précise, attentive aux chanteurs mais sans suivisme : on pense immédiatement à Antonio Pappano dont Rustioni a été l’assistant. L’orchestre de la Fenice est d’ailleurs littéralement galvanisé. Ajoutons un excellent choeur et d&rsquo;efficaces <em>comprimari</em>. Au final, c’est l’impression d’un travail d’équipe cohérent et homogène qui fait tout le plaisir de cette représentation.</p>
<p>La production de <strong>Lorenzo Mariani </strong>est simple et élégante, jouant sur les contrastes entre les décors sombres et les costumes rutilants de <strong>William Orlandi</strong>, soulignés par les éclairages subtils de <strong>Christian Pinaud </strong>: comme quoi, il ne faut pas nécessairement un budget démesuré pour faire un <em>Trouvère</em> à la fois beau, efficace et spectaculaire.</p>
<p> </p>
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		<title>Il Trovatore</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/le-mouton-a-une-patte/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 27 Mar 2013 08:22:20 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>  Vous aimez Marcelo Alvarez ? Vous avez raison. Mais si vous aimez aussi Le Trouvère, vous vous contenterez du DVD Deutsche Grammophon immortalisant une représentation du Met où le ténor argentin a pour partenaire quelques-uns des meilleurs verdiens du moment : Sondra Radvanovsky, Dmitri Hvorostovsky et Dolora Zajick. Cette nouvelle captation, en provenance du &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>           </p>
<p>			Vous aimez <strong>Marcelo Alvarez</strong> ? Vous avez raison. Mais si vous aimez aussi <em>Le Trouvère</em>, vous vous contenterez du DVD Deutsche Grammophon immortalisant une représentation du Met où le ténor argentin a pour partenaire quelques-uns des meilleurs verdiens du moment : Sondra Radvanovsky, Dmitri Hvorostovsky et Dolora Zajick. Cette nouvelle captation, en provenance du Teatro Regio de Parme, comme la plupart des spectacles de l’intégrale « Tutto Verdi », n’ajoutera pas grand-chose à la gloire d’Alvarez, ce rôle de troubadour atteint de jalousie pathologique (il lui suffit d’un soupçon pour insulter sa bien-aimée, « Infida ! » au premier acte, « Infame ! » au dernier) n’ayant pas forcément beaucoup en commun avec des héros comme Werther, dans lesquels il s’est fait remarquer. Le vrai problème de ce DVD, c’est le redoutable manque de charisme vocal des autres protagonistes, si bien qu’au lieu du mouton à cinq pattes que devrait être le cast du <em>Trouvère</em>, la pauvre bête tient péniblement en équilibre sur une patte. Ou peut-être deux, si l’on inclut l’excellent Ferrando de <strong>Deyan Vatchkov</strong>, malgré des postiches qui le rendent ridicule en tentant de le transformer en vieillard.</p>
<p>
			De <strong>Claudio Sgura</strong>, qui sera Jack Rance en février 2014 à Bastille, d’autres ont déjà souligné les défauts vocaux : « timbre pas toujours séduisant » en <a href="http://www.forumopera.com/index.php?mact=News,cntnt01,detail,0&amp;cntnt01articleid=4329&amp;cntnt01returnid=54">Barnaba de <em>La Gioconda</em></a>, « les fêlures de son émission » en <a href="http://www.forumopera.com/index.php?mact=News,cntnt01,detail,0&amp;cntnt01articleid=3070&amp;cntnt01returnid=55">Sharpless de <em>Butterfly</em></a>. Son Luna ne parvient à aucun moment à devenir un personnage de premier plan, et la voix sonne souvent bien engorgée. <strong>Mzia Nioradze</strong> est une Azucena vociférante, dénuée de tout mystère, au grave sourd et à la diction peu claire, qui réduit la bohémienne à une figure caricaturale. Quant à <strong>Teresa Romano</strong>, son soprano obligé de crier tous les aigus est peut-être acceptable en Leonora de <em>La Force du destin</em>, mais il est tout à fait déplacé en Leonora du <em>Trouvère</em>, malgré une certaine aisance dans le bas de la tessiture. Ce n’est pas la direction du vétéran <strong>Yuri Temirkanov</strong> qui sauvera la situation, tantôt poussive et lourde, avec des airs d’harmonie municipale, tantôt brutale, à l’emporte-pièce.</p>
<p>			Quant à la mise en scène, il n’y a pas non plus beaucoup à en attendre. Respecter le cadre médiéval du livret est évidemment une option tout à fait défendable, et le choix a été fait ici d’un dépouillement assez esthétique : bien connu comme complice habituel de Gilbert Deflo, <strong>William Orlandi</strong> propose un plateau blanc et nu, vallonné et rocailleux, dominé par une énorme pleine lune et égayé de quelques accessoires selon les tableaux : une statue de cheval que Leonora caresse langoureusement, deux cyprès où est accroché un long voile blanc, à l’arrière-plan, la silhouette caractéristique du Castel del Monte, plus ou moins rapprochée. Il faut accepter ce vaste désert en guise de cachot au dernier acte. Dans ce cadre, les chanteurs livrés à eux-mêmes errent comme des âmes en peine, les mouvements sont réglés de façon assez quelconque, le pire étant atteint avec un chœur de l’enclume où les choristes bras dessus, bras dessous, se balancent de gauche à droite dans la meilleure tradition des fêtes de la bière. Directeur artistique du Teatro Massimo de Palerme depuis 2005, <strong>Lorenzo Mariani</strong> jouit d’une certaine réputation ; on supposera que ce <em>Trouvère </em>ne l’a guère inspiré, ainsi que l’avaient souligné Antoine Brunetto et Christophe Rizoud lors de la <a href="http://www.forumopera.com/index.php?mact=News,cntnt01,detail,0&amp;cntnt01articleid=3239&amp;cntnt01returnid=54">reprise du spectacle à Venise</a> en 2011. Il a d’ailleurs entièrement revu sa copie pour la Nice en février 2012, au point que le résultat final n’avait visuellement plus aucun rapport avec celui donné deux ans avant à Parme.</p>
<p>			 </p>
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		<item>
		<title>PUCCINI, La fanciulla del West — Liège</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/la-fanciulla-del-west-liege-johnny-guitar-chez-les-mineurs/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sylvain Angonin]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 22 Feb 2013 12:47:18 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>           </p>
<p>			Créée en 2010 à l&rsquo;occasion de son centième anniversaire, cette coproduction de <em>La Fanciulla del West</em> (avec le Teatro Massimo de Palerme et le San Francisco Opera) est accueillie à l&rsquo;Opéra Royal de Wallonie à Liège où ont été conçus décors et costumes. Mais qui est cette fille du Far West ? La question mérite d&rsquo;être posée : Liège ne l&rsquo;avait pas revue depuis 30 ans, et l&rsquo;Opéra de Paris s&rsquo;apprête à la créer la saison prochaine. Héroïne hors pairs dans l&rsquo;oeuvre de Puccini ainsi que du genre lyrique, Minnie, unique personnage féminin de l&rsquo;opéra, assoit une autorité sans faille au sein d&rsquo;un camp de mineurs. Elle se paye même le luxe de repousser les avances du shérif au détriment de Dick Johnson à qui elle offre son premier baiser. Mais le shérif joue les trouble-fête dévoilant à Minnie la réelle identité de Johnson qui n&rsquo;est autre que le bandit recherché, Ramerrez. Anéantie, face à la jalousie du shérif, elle lui propose de jouer la vie de son amant au poker. En trichant, Minnie gagne. Elle le sauvera de nouveau in-extremis avant de quitter ensemble, la Californie.</p>
<p>			Histoire foisonnante, écriture orchestrale et vocale complexe, happy-end et absence de morts sont autant d&rsquo;éléments qui déroutent le grand public et la critique. Ajoutons à cela le thème du Far West et du western, empreint de clichés. Mais d&rsquo;après le metteur en scène <strong>Lorenzo Mariani</strong>, l’œuvre, elle, n&rsquo;a rien d&rsquo;un cliché : elle fourmille nombre de détails et d&rsquo;analyses psychologiques. Même avis du coté du maestro <strong>Gianluigi Gelmetti</strong> qui y voit un complexe d&rsquo;Œdipe . Que représente Minnie pour les mineurs ? une sœur ? une mère ? Cette production, fruit d&rsquo;une réflexion approfondie, tient toutes ses promesses.</p>
<p>			L&rsquo;ouverture illustrée par des mineurs en train de piocher, suspendus devant un mur rocheux qui recouvre le fond de scène, apparaît comme une clé qui aide à comprendre les vingt premières minutes de l&rsquo;opéra. Alternance de scènes violentes et tendres, Mariani dit au sujet de ces personnages : « Ce sont des gens d&rsquo;une grande humanité avec des douleurs et des blessures ». Le metteur en scène a particulièrement soigné ces séquences puisqu&rsquo;elles construisent l&rsquo;histoire derrière laquelle apparaît une vérité, celle d&rsquo;un Far-West où l&rsquo;espoir se réduit à néant. Les décors de <strong>Maurizio Balò</strong> suggèrent efficacement les lieux en évitant un excès de réalisme, et sans basculer dans une transposition quelconque. L&rsquo;originalité de ce décor vient de ce mur évoqué précédemment et omniprésent dans l&rsquo;opéra. « Je me suis inspiré d&rsquo;une image du film <em>Johnny Guitar</em> (1954), ce western féministe dans lequel Joan Crawford, fière et indépendante, est, elle aussi, propriétaire d&rsquo;un bar. Un bar construit sur la roche ». Évoquant Monument Valley ou encore le Grand Canyon, il répond à « L&rsquo;idée de faire un décor qui respire et qui transporte » déclare Lorenzo Mariani. C&rsquo;est aussi la métaphore du sentiment amoureux de Minnie qui ouvre peu à peu son cœur comme en témoigne la fin de l&rsquo;acte I, où le mur, s&rsquo;ouvrant légèrement par le milieu, laisse entrevoir une veine d&rsquo;or : celle de l&rsquo;amour naissant.</p>
<p>
			Si la mise en scène fait son effet, saluons une distribution de haute tenue, aussi bien de la part des nombreux rôles secondaires que les principaux à commencer par <strong>Deborah Voigt</strong> en Minnie. L&rsquo;étendue de sa voix met en relief les sentiments qui traversent l&rsquo;héroïne, de la femme autoritaire à la femme amoureuse en passant par la colère et la rage. Médium nourri, grave sonore, elle ne manque pas de brillant dans l’aigu. Avec panache, chaque note émise s&rsquo;accompagne d&rsquo;une réelle intention théâtrale. Rarement l&rsquo;air « Laggiù nel Soledad » aura été aussi convainquant. La performance de <strong>Carl Tanner</strong> est tout aussi remarquable en Johnson/Ramerrez. Grâce à sa technique solide, il réalise avec assurance les notes les plus hautes. Doté d&rsquo;un timbre charnu finement nuancé, il atteint cet équilibre entre tendresse et virilité, caractéristique du personnage. <strong>Carlos Almaguer </strong>campe un Jack Rance noble et respectueux où l&rsquo;élégance du jeu prévaut sur les aspects brutaux du méchant. La rondeur de sa voix aux sons moelleux se répand sans difficulté à travers la salle, révélant une certaine sensibilité. Il deviendra d&rsquo;autant plus sympathique qu&rsquo;à la fin de l&rsquo;opéra, tenu dans le silence, un faible éclairage projeté sur lui rappellera sa présence avant que les mineurs ne reprennent la pioche.</p>
<p>			« <em>La Fanciulla del West</em> est l&rsquo;un des plus beaux opéras de Puccini mais qu&rsquo;on ne peut pas bien interpréter si on n&rsquo;a pas dirigé Ravel, Debussy ou Stravinsky » déclare le maestro Gelmetti. Familier de l’œuvre, il tire le meilleur d&rsquo;un orchestre dont il salue l&rsquo;intelligence, la culture et la sympathie. Dynamique, précise, la subtilité de sa direction met en évidence les multiples atmosphères de l&rsquo;opéra dans une continuité sans faille. Ainsi, la partition révèle le langage de Puccini qui s&rsquo;exprime selon le chef « à tous nos sens: au cœur, à la tête et à l&rsquo;esprit ». Et si comme cela ne suffisait pas, à l&rsquo;issue de la représentation, la neige commençant à tomber donnait à Liège un air de Cloudy Mountain.</p>
<p>			.</p>
<p>			 </p>
<p>			 </p>
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		<item>
		<title>VERDI, Il trovatore — Venise</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/un-plus-un-egal-un/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Antoine Brunetto]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 11 Dec 2011 22:29:48 +0000</pubDate>
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					Deux distributions pour <em>Le Trouvère</em> proposé par La Fenice à l&rsquo;occasion du cent-cinquantenaire de l&rsquo;unité italienne. Chaque représentation est d&rsquo;ailleurs précédée de l&rsquo;hymne national qui voit la salle se lever comme un seul homme. Il s’agit, avec la direction martiale de <strong>Riccardo Frizza</strong>, du seul élément patriotique d&rsquo;une production qui privilégie la dimension romantique de l&rsquo;œuvre à son éclat risorgimental. Résultat : sous une lune omniprésente défilent de beaux tableaux aux décors stylisés – signés <strong>William Orlandi</strong> – qu&rsquo;habillent des éclairages élégants et signifiants, rouge pour Manrico, bleu pour son frère Luna. Couleurs que l&rsquo;on retrouve jusque dans des costumes hélas beaucoup moins seyants. Aussi soigné soit-il, ce beau livre d&rsquo;images ne suffit pas à faire oublier la direction d&rsquo;acteurs indigente de <strong>Lorenzo Mariani</strong>. On lève le bras, on met la main sur le cœur, on entre côté cour et on sort côté jardin, exactement comme du temps de Verdi. Une façon sans doute de nous ramener 150 ans en arrière, anniversaire national oblige.</p>
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					Peu importe après tout puisqu’on sait que <em>Le Trouvère </em>est un opéra de chanteurs. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs la distribution qui fait le sel de ces représentations vénitiennes. Oui mais laquelle ? La première qui réunit Kristin Lewis et Francesco Meli ou la seconde qui voit María José Siri donner la réplique à Stuart Neill, célèbre depuis l&rsquo;affaire du <em>Don Carlo</em> scaligère de 2008 (cf. <a href="http://www.forumopera.com/index.php?mact=News,cntnt01,detail,0&amp;cntnt01articleid=589&amp;cntnt01returnid=29">l’article de Jean Cabourg</a>). Eh bien en fait un peu des deux. Comment en effet ne pas préférer le comte de Luna de <strong>Franco Vassallo</strong>, l&rsquo;Azucena de Veronica Simeoni et le Ferrando de Giorgio Giuseppini à leurs alter ego de la veille. Le premier est un authentique baryton verdien au timbre noir, à la ligne soignée et à la projection indéniable. Le chant, un peu tendu dans « Il Balen del suo sorriso », prend tout son relief dans les ensembles. On aime aussi la façon scrupuleuse d&rsquo;aborder la partition sans omettre la moindre note quand ses confrères ont trop tendance à emprunter des raccourcis. Une qualité qu&rsquo;il partage avec <strong>Veronica Simeoni</strong>. Toujours en mal d&rsquo;ampleur depuis sa <em>zingara</em> bordelaise, la mezzo italienne n&rsquo;en offre pas moins un chant atypique par la clarté de la voix et l&rsquo;absence d&rsquo;effets appuyés si souvent associés à ce rôle. Plus jeune, moins virago et finalement séduisante dans un duo final baigné d&rsquo;une lumière plus amoureuse que maternelle. Enfin Ferrando, personnage trop souvent sacrifié sous prétexte qu&rsquo;il ne chante qu&rsquo;un seul air, trouve en <strong>Giorgio Giuseppini </strong>un interprète comme on a rarement le plaisir d&rsquo;entendre.</p>
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					La balance penche en revanche de l&rsquo;autre côté de la distribution pour Leonora comme pour Manrico. Un « All&rsquo;armi! » sensationnel, tenu sur deux notes au delà du raisonnable par <strong>Stuart Neill</strong>, ne fait qu’exposer le profil héroïque du Trouvère. Le ténor américain allège trop tard un chant qui frappe avant tout par sa puissance. La facilité à négocier les passages les plus ardus reste déconcertante mais le « deserto sulla terra » sonne bien sec et « Ah si ben mio » débité sans nuance laisse le public de marbre.</p>
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					Plus problématique encore apparaît <strong>María José Siri</strong>. Fatigue passagère ou usure prématurée ? La jeune soprano uruguayenne attend le dernier acte pour enfin dominer un vibrato envahissant. Sans arrêt sur la corde raide, obligée de forcer des moyens qui semblent inadaptés à la partition, elle oublie cette science du belcanto à laquelle doit encore obéir le chant de Leonora. Ni trille, ni colorature, ni effets de volume, de souffle, de couleur. On reste songeur en découvrant dans le programme que María José Siri a chanté Aida à la Scala. Les applaudissements qui l&rsquo;accueillent au tomber de rideau laissent tout aussi perplexe.</p>
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					La veille, <strong>Kristin Lewis </strong>sans être irréprochable offrait de Leonora un portrait autrement séduisant, malgré une syntaxe belcantiste tout aussi sujette à caution. Medium opulent, aigu assuré en deuxième partie, une fois passé l&rsquo;écueil du « D&rsquo;amor sull ali rose », la soprano américaine nous propose un « Tu vedrai che amore » intelligemment varié et une mort en état de grâce.</p>
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					Même si moins inébranlable que Stuart Neill, <strong>Francesco Meli</strong> possède suffisamment de vaillance pour empoigner Manrico à bras le corps. La fréquentation passée de Donizetti, Rossini et Bellini nous vaut un chant stylé qui se porte d’autant mieux qu’il est moins sollicité dans l’aigu. L’émission reste souple et le timbre irrésistible dès qu’il use de la demi-teinte. Après le succès du <em>Bal masqué</em> à Parme il y a moins de deux mois (voir <a href="http://www.forumopera.com/index.php?mact=News,cntnt01,detail,0&amp;cntnt01articleid=3032&amp;cntnt01returnid=54">recension</a>), le ténor italien confirme qu’il a réussi sa reconversion verdienne. Et l’on se dit que si les distributions avaient été mieux appariées, on tenait là un <em>Trouvère</em> de premier choix.</p>
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					<strong>Antoine Brunetto et Christophe Rizoud</strong></p>
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