<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Maritina TAMPAKOPOULOS - Artiste - Forum Opéra</title>
	<atom:link href="https://www.forumopera.com/artiste/maritina-tampakopoulos/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://www.forumopera.com/artiste/maritina-tampakopoulos/</link>
	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Mon, 27 Oct 2025 17:41:26 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	<generator>https://wordpress.org/?v=6.9.4</generator>

<image>
	<url>https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/cropped-Favicon-32x32.png</url>
	<title>Maritina TAMPAKOPOULOS - Artiste - Forum Opéra</title>
	<link>https://www.forumopera.com/artiste/maritina-tampakopoulos/</link>
	<width>32</width>
	<height>32</height>
</image> 
	<item>
		<title>VERDI, Aida &#8211; Macerata 2021</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/verdi-aida/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Marcel Humbert]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 22 Oct 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=cd-dvd-livre&#038;p=202079</guid>

					<description><![CDATA[<p>Afin de pouvoir développer les fastes pharaoniques d’Aida à une époque où l’on ne pouvait imaginer s’en passer, des lieux scéniques de plein air ont été utilisés, notamment devant les Pyramides et dans plusieurs arènes et théâtres romains. Parmi ceux-ci, Vérone marque en 1913 un moment fondamental dans l’histoire des représentations de l’œuvre, en privilégiant &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/verdi-aida/"> <span class="screen-reader-text">VERDI, Aida &#8211; Macerata 2021</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/verdi-aida/">VERDI, Aida &#8211; Macerata 2021</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Afin de pouvoir développer les fastes pharaoniques d’<em>Aida</em> à une époque où l’on ne pouvait imaginer s’en passer, des lieux scéniques de plein air ont été utilisés, notamment devant les Pyramides et dans plusieurs arènes et théâtres romains. Parmi ceux-ci, Vérone marque en 1913 un moment fondamental dans l’histoire des représentations de l’œuvre, en privilégiant son côté spectaculaire au détriment de l’intimiste.</p>
<p>Mais il y a eu bien d’autres lieux extérieurs à travers le monde qui ont accueilli <em>Aida</em>, et parmi ceux-ci le Sferisterio de Macerata occupe une place privilégiée. Cet espace sportif destiné au jeu de Pallone (jeu de balle), édifié par souscription publique et inauguré en 1829, est depuis devenu « polyvalent ». Susceptible de recevoir 3 000 spectateurs, il est fermé d’un côté par un ensemble de 104 loges couvertes disposées en arc de cercle sur deux étages, et de l’autre par un mur de 90 mètres de long sur 18 de haut garant d’une exceptionnelle acoustique permettant d’y donner des représentations d’opéra. Un festival lyrique y a été inauguré en 1921 avec <em>Aida</em>. Depuis, et malgré une interruption entre 1923 et 1967, une dizaine de productions différentes de l’opéra égyptien de Verdi y ont été représentées*.</p>


<figure class="wp-block-image size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="475" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Aida_Sferisterio_2021_1G9A7116-1-scaled-corr-1024x475.jpg" alt="" class="wp-image-202081"/></figure>


<p>La dernière de ces productions a été donnée en juillet-août 2021, lors de la 57<sup>e</sup> saison qui fêtait à la fois le centenaire du festival, et le cent-cinquantenaire de la création de l’œuvre au Caire. Un peu comme à Orange, la scène peu profonde et tout en largeur empêche l’installation de structures encombrantes. Le parti pris du décorateur <strong>Carles Berga</strong> a consisté à transposer l’action dans les années 1920, où archéologues et chercheurs de pétrole se disputent le désert. En ce qui concerne les premiers, le procédé est maintenant plutôt courant à l’opéra, comme on a pu le constater notamment avec <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/aida-verone-big-bazar-techno/  2013" data-wplink-url-error="true">l’<em>Aida</em> de La Fura dels Baus (Vérone 2013)</a>, ou le <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/mose-in-egitto-bregenz-legypte-antique-revisitee/"><em>Mosè in Egitto </em>(Bregenz 2017)</a>. Quant aux derricks, ils sont également souvent présents, notamment dans plusieurs productions de <em>Giulio Cesare in Egitto</em> de Haendel. Tout cela est un peu primaire et simpliste, et en l’occurrence est directement lié aux traces laissées dans notre imaginaire collectif par les aventures de <em>Tintin au Pays de l’or noir</em> et des <em>Cigares du pharaon</em>.</p>
<p>Ici, c’est bien sûr l’or noir qui gagne la bataille, et l’essentiel de l’action se déroule sur des dunes de sable et dans une raffinerie qui, grâce aux éclairages, arrive parfois à évoquer un temple antique. Les ennemis menacent de faire sauter l’installation, tandis qu’Aïda et Radamès meurent noyés dans une cuve de pétrole. Le pharaon est assimilable au roi Fouad I<sup>er</sup>, et sa fille, habillée à la dernière mode occidentale Art déco, tout à fait digne de figurer dans <em>Mort sur le Nil</em> ou dans <em>Miss Fisher enquête</em>.</p>
<p>Au demeurant, tout cela fonctionne plutôt bien, et même si ça n’a plus grand-chose à voir avec les intentions et le livret original, on se laisse porter sans déplaisir par cette transposition qui reste néanmoins un peu anecdotique. La metteuse en scène argentine <strong>Valentina Carrasco</strong>, longtemps associée à La Fura dels Baus, et dont on a pu voir à Bastille le <em>Nixon in China</em>, a soigné aussi bien les ensembles que les attitudes et la gestuelle des protagonistes principaux. On note que nombre de choristes portent des masques de protection, rappelant que la pandémie de Covid-19 était alors encore très active.</p>


<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="475" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/5TABO-scaled-corr-1024x475.jpg" alt="" class="wp-image-202082"/></figure>


<p>La distribution regroupe des chanteurs plutôt aguerris à ces types d’emplois, mais pas toujours à ceux d’<em>Aïda</em>. <strong>Luciano Ganci</strong> (Radamès) a déjà abordé le rôle l’année précédente au Liceu. Sa voix, dont on avait regretté le caractère uniformément <em>forte</em> dans <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/cilea-adriana-lecouvreur-liege/"><em>Adriana Lecouvreur</em> à Liège en 2023</a>, est bien adaptée au plein air, ce qui n’empêche pas de jolies nuances, surtout à partir du deuxième acte, et au dernier. <strong>Maria Teresa Leva</strong> (Aïda) montre déjà toutes les qualités vocales qui seront remarquées l’année suivante dans <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/turandot-verone-proche-de-lideal/">sa belle interprétation de Liù à Vérone</a>. On regrette un peu que l’Aïda de sa metteuse en scène, au lieu d’être la suivante d’Amnéris, soit une fois de plus une servante qui essaie de satisfaire tous ses caprices. Mais la cantatrice construit néanmoins le personnage avec beaucoup d’intelligence, au point de le rendre très crédible. La ligne de chant est agréable, et elle donne de très beaux moments, notamment aux troisième et quatrième actes. Certainement une grande Aïda en devenir.</p>
<p><strong>Marco Caria</strong> (Amonasro) interprète avec métier, et d’une solide voix de baryton, un personnage traditionnel de roi et de père. Reste l’Amnéris de <strong>Veronica Simeoni</strong>, qui est un peu le maillon faible de la production. Bien que chantant d’autres héroïnes verdiennes mezzo, elle n’a pas la couleur de voix adéquate, et celle-ci bouge dans les passages délicats, notamment au début du deuxième acte. Ses indéniables qualités plastiques et d’actrice ne peuvent faire oublier le fait qu’elle n’a pas vraiment les moyens vocaux du rôle. Et même si elle assure un personnage convaincant, elle manque vocalement d’ampleur, d’autorité et de véhémence. Les autres protagonistes sont bien dans la tradition, avec une mention spéciale pour la prêtresse prometteuse de <strong>Maritina Tampakopoulous</strong>, dont il conviendra de suivre la carrière. Une chorégraphie agréable à défaut d’être novatrice, et une direction précise et équilibrée quoiqu’aux cadences parfois un peu excessives de <strong>Francesco Lanzillotta</strong>, contribuent beaucoup à donner de l’assise à cette représentation nettement au-dessus de la moyenne, et dont la captation mérite donc de figurer dans les DVDthèques verdiennes.</p>
<p>* 1921, 1969, 1973, 1976, 1982, 1985, 1989, 2000, 2001, 2006, 2014, 2017 et 2021. Voir les passionnantes archives lyriques du festival : <a href="https://www.sferisterio.it/archivio-stagioni">https://www.sferisterio.it/archivio-stagioni</a></p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/verdi-aida/">VERDI, Aida &#8211; Macerata 2021</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>LOMBARDO, Il paese dei campanelli &#8211; Martina Franca</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/lombardo-il-paese-dei-campanelli-martina-franca/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 01 Aug 2023 07:13:32 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=spectacle&#038;p=138363</guid>

					<description><![CDATA[<p>Il y avait eu Le pays du sourire, il y aurait désormais Il paese dei campanelli, Le pays des clochettes. Sur le mode plaisant que constitue le genre, cette opérette créée en 1923 nous offre une image de l’évolution des mœurs au lendemain de la première guerre mondiale. La mobilisation massive des hommes pendant plusieurs &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/lombardo-il-paese-dei-campanelli-martina-franca/"> <span class="screen-reader-text">LOMBARDO, Il paese dei campanelli &#8211; Martina Franca</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/lombardo-il-paese-dei-campanelli-martina-franca/">LOMBARDO, Il paese dei campanelli &#8211; Martina Franca</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Il y avait eu <em>Le pays du sourire</em>, il y aurait désormais <em>Il paese dei campanelli, </em>Le pays des clochettes. Sur le mode plaisant que constitue le genre, cette opérette créée en 1923 nous offre une image de l’évolution des mœurs au lendemain de la première guerre mondiale. La mobilisation massive des hommes pendant plusieurs années a donné aux femmes des responsabilités et une liberté nouvelle. Le monde immuable, où la femme est la propriété de l’homme et l’ornement de son foyer, a vécu. D’autant que la venue en Europe d’hommes originaires des États-Unis va répandre des musiques nouvelles, même loin des grands centres, car ces années-là sont aussi celles de l&rsquo;avènement de la radiodiffusion. Ce bouleversement, s’il concernera tout le continent, n’aura pas lieu partout simultanément. Et c’est sur cette évidence que repose le livret de l’opérette donnée cet été à Martina Franca.</p>
<p>Que se passerait-il si dans un lieu où la vie continue comme avant, la modernité faisait irruption ? Par exemple dans une petite ville de Hollande où le patriarcat règne encore sans partage. La vie y est particulièrement ennuyeuse, car une particularité locale prive les habitants d’y mettre du piment par une diversion érotique, une aventure extraconjugale. En effet chaque maison est dotée d’une clochette qui se mettrait à sonner en cas d’adultère. La crainte du qu’en-dira-t-on est la plus forte et les rapports conjugaux et sociaux restent figés dans une morne convention qui ne satisfait personne.</p>
<p>L’événement qui viendra rompre cette routine sera l’escale forcée d’un navire à la suite d’une avarie. L’équipage est composé de jeunes Anglais qui rentrent au pays après une mission au Japon. Ils ont bien l’intention de profiter de cette halte pour s’amuser, c’est-à-dire, selon la mythologie du marin, de conquérir toutes les femmes qu’ils pourront. Leur irruption dans cette bulle passéiste sera décisive&nbsp;: après leur départ, rien ne sera plus pareil, ni pour les femmes, ni pour leurs maris.</p>
<p>Le librettiste commence donc par présenter ce lieu d’apparence idyllique, où hommes et femmes jouent leur rôle traditionnel, ils fument la pipe, elles font des guirlandes de fleurs. Mais rapidement les tensions apparaissent : le conseiller Tarquinio – oui, dans ce pays flamand les habitants ont des noms italiens – reproche à sa femme, la belle Bombon, d’aller et venir comme bon lui semble; le maire Attanasio et sa femme Pomerania, ni jeune ni belle, ont des échanges plus aigres que doux. Seul le conseiller Basilio se rengorge du dévouement de sa petite Nela, une épouse impeccable. C’est elle, avec la chanson du lait, qui peint le tableau d’une existence heureuse dont on comprendra plus tard qu’elle est ce dont elle rêve. Quatre coups de canon annoncent l’arrivée d’un bateau, et Bombon fait son entrée, sur un rythme de fox-trot qui la distingue aussitôt de la gavotte conventionnelle de Nela et la stigmatise comme femme ayant « vécu ». Là-dessus les marins anglais débarquent en chœur, et ce sera le début de la fin pour le statu quo de la communauté.</p>
<p>A ce point du compte-rendu, le lecteur a compris que c’est du choc de deux modes de vie que vont naître les péripéties qui feront tinter, ou mieux carillonner toutes les clochettes du pays. Malheureusement, le parti pris par le metteur en scène, <strong>Alessandro Talevi</strong>, ne permet pas de sourire du contraste entre l’existence compassée de sédentaires moralistes et l’exubérance débridée de globe-trotters jouisseurs. Avec la complicité d’<strong>Anna Bonomelli</strong>, qui a créé décor et costumes, il situe l’action dans le salon d’un transatlantique, où palmiers factices et petites tables entourent le podium où&nbsp; se produisent les vedettes des attractions. A cour, d’imposantes portes donnent accès aux dégagements et une rambarde en hauteur figure le pont supérieur où les marins peuvent observer le salon. Impressionnant, fonctionnel, agréable à l’œil, c’est du beau travail, et les costumes ne sont pas en reste, en particulier féminins. Variés, nombreux, colorés, souvent constellés voire couverts de paillettes, et bien dans la mode des années 1920, quand les tournures et les corsets &nbsp;avaient disparu et que les étoffes souples comme le crêpe et la soie adhéraient au corps comme une seconde peau, ils sont un plaisir des yeux.</p>
<p>Mais dans cette débauche d’élégance et de références – Bombon semble souvent un clone de Maë West – le contraste destiné à caractériser chaque communauté disparaît, et par suite l’amusement qui pouvait en découler. Osons-le dire, nous avons souri davantage à lire la présentation de l’œuvre par <strong>Bianca de Mario</strong> qu’à la transposition proposée. Pourquoi ne pas avoir conservé l’intégrité de la proposition ? Un port avec des ateliers de réparation navale dont les habitants vivraient à l’écart du monde, ça n’existe pas, même en 1923. Mais c’est le choix des auteurs, et il a sa raison d’être : ce lieu imaginaire représente l’illusion impossible à maintenir, compte tenu de la guerre récente et de ses conséquences sur les statuts respectifs des hommes et des femmes. En les habillant à la dernière mode de leur temps, le spectacle fait l’impasse sur l’archaïsme des faux-semblants que la vitalité des marins fera voler en éclats, au grand déplaisir de ses soutiens. Et ainsi s’évapore la fantaisie de l’imaginaire du librettiste.</p>
<p>Trois couples, donc, au moins formellement. En réalité, deux femmes, car les maris sont des fantoches sans épaisseur,. Nela, l’épouse irréprochable, est en fait une autre Bovary. Déçue par sa vie conjugale mais néanmoins épouse parfaite selon les normes locales, elle rêve d’amour, de sentiments partagés. Séduite par le beau Hans, elle va fantasmer une communion pouvant déboucher sur une autre vie. Évidemment elle pleurera quand Hans quittera le port sans retour. Bombon l’a pourtant mise en garde : cette femme trop indépendante au gré de son mari dont on se demande comment il a pu l’épouser, tant il est conventionnel alors qu’elle semble déjà vivre en femme émancipée, est sans illusion sur les hommes et le sentiment amoureux. Lucide et assez courageuse pour braver les commérages, c’est une artiste qui pose pour des cartes postales et organise des événements festifs. Si elle n’est pas une oie blanche elle n’est pas une femme de petite vertu mais un individu revendiquant ses droits de personne libre. La dernière individualité féminine, Pomerania, est distribuée à un homme en travesti, parce que le personnage est censé être une femme peu séduisante et plutôt acariâtre dont ces jeunes gens embrasent les sens. Si bien qu’à la fin (est-ce une invention du metteur en scène ?), alors que le navire va quitter le quai elle s’élance à bord et on la verra, depuis le pont supérieur, saluer le monde qu’elle vient de quitter.</p>
<p>Des éléments perturbateurs, deux individus se détachent. Hans est le jeune premier, le séducteur qui adapte son discours à la proie, afin qu’elle succombe à la tentation qu’il représente. L’autre est l’élément comique, désigné par son nom français, La Gaffe. Moins cynique qu’on ne pourrait croire dans le duo où en réponse aux questions de Bombon costumée en geisha il évoque l’amour avec les femmes japonaises avec tous les clichés de la femme-objet, il est à l’origine du coup de théâtre du deuxième acte. Dans un message pour l’amirauté relatif à l’escale forcée pour réparations, il avait ajouté une ligne demandant l’envoi de « distractions », mais s’étant trompé d’adresse le télégramme est arrivé dans les mains de l’épouse de Hans, qui a battu le rappel des autres femmes des cadets. Les voilà donc qui débarquent, et rapidement au fait des incartades de leurs époux elles décident de leur rendre la pareille, en dévergondant les hommes du cru, qui ne se font pas prier, et tant pis si les clochettes carillonnent pour eux comme elles ont carillonné pour leurs épouses infidèles.</p>
<p>Là encore, metteur en scène et costumière s’accordent pour faire des Anglaises l’incarnation de la modernité féminine, en tenue de tenniswomen tout d’abord, avant leurs tenues de girls dans une revue. Le problème est que la différence entre ces tenues de spectacle et celles de leurs rivales locales est très ténue et que, une fois encore, le contraste à vocation comique disparaît. Sans doute voit-on apparaître des flamants roses – quatre danseuses – une girafe singulière et un gorille très King Kong mais ces fantaisies égarent plus qu’elles n’éclairent.</p>
<p><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/CDM_8478FVI2023_Il-Paese-dei-Campanelli-_ClarissaLapollaph-1294x600.jpg" alt="" data-name="image"></p>
<p>© clarissa lapolla</p>
<p>La musique est donc composée, on l’aura deviné, de morceaux d’ensemble pour les chœurs, de solos, de duos, avec de nombreux rythmes de danses du début du XXe siècle, et en particulier ceux que les soldats américains et la radio contribuaient à diffuser. On louera chaleureusement la chorégraphe <strong>Annamaria Bruzzese </strong>ainsi que la troupe des huit danseurs et danseuses. Remarquable la scène où grâce aux lumières de <strong>Pietro Sperduti</strong> les quatre danseuses «&nbsp;classiques&nbsp;» semblent la représentation du rêve de Nela, et révèlent un univers mental dépourvu de réalisme. Les passages parlés sont nombreux et entrecoupent donc le flux musical, dont le lyrisme ne s’épanouit vraiment que dans les intermezzi, et au deuxième acte dans le récitatif de Bombon et la romance de Nela la sentimentale, à laquelle se greffe Hans, que la clairvoyante Bombon va rabrouer avant que La Gaffe ne les rejoigne pour un quatuor destiné à éloigner l’esprit de sérieux. Les musiciens de l’Orchestre du Teatro Petruzelli de Bari semblent prendre du plaisir à jouer cette partition mosaïque où vivacité et sentiment sont indissociables de la légèreté d’exécution.<strong> Fabio Luisi</strong> a l’expérience nécessaire pour obtenir le meilleur résultat, tout comme <strong>Fabrizio Cassi</strong> qui a préparé le chœur du même théâtre, irréprochable malgré les nombreuses évolutions pour lesquelles il est sollicité.</p>
<p>Des rôles solistes de second plan – <strong>Stefano Bresciani, Fabio Rossini, Pasquale Buonarota, Graziano de Pace &#8211;</strong> si aucun ne se distingue particulièrement puisqu&rsquo;aucun ne chanten&nbsp; tous ont la juste tenue scénique convenant à leur personnage, sans surcharge qui nuirait à l’élégance de l’ensemble. On a noté avec amusement la coiffure de Pomerania – <strong>Federico Vazzola </strong>&#8211; directement inspirée de celle de &nbsp;Cruella. Quant aux solistes de premier plan, ils sont globalement à la hauteur de leur tâche, mais on ne cachera pas la déception que la voix de l’interprète de Nela, <strong>Francesca Sassu</strong>, à juste titre soucieuse de nuancer son émission pour un personnage vibrant de sensibilité, soit souvent confidentielle et de faible projection. Belle projection en revanche pour <strong>Norman Reinhardt </strong>que sa haute stature achève de rendre crédible dans le personnage du conquérant, capable lui aussi de nuances quand il achève l’assaut de la sentimentale Nela. De même la voix de <strong>Matteo Macchioni </strong>passe bien la rampe et il compose avec une sage mesure son personnage de gaffeur invétéré. Irréprochable aussi <strong>Silvia Regazzo </strong>qui incarne Ethel, la femme bafouée qui rend coup pour coup, avec une désinvolture scénique digne d’éloges. <strong>Maritina Tampakopoulos </strong>enfin se donne sans compter dans le rôle exigeant de Bombon, dont la mise en scène fait une artiste de music-hall avec toutes les exigences scéniques qui en découlent et dont l’abattage ne se dément pas un moment. Elle recueille logiquement les suffrages les plus sonores aux saluts.</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/lombardo-il-paese-dei-campanelli-martina-franca/">LOMBARDO, Il paese dei campanelli &#8211; Martina Franca</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
	</channel>
</rss>
