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	<title>Peter MARSH - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Peter MARSH - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>OFFENBACH : Die Banditen (Les Brigands) &#8211; Francfort</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/offenbach-die-banditen-les-brigands-francfort/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 17 Nov 2025 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Die Banditen ce sont Les Brigands, cet opéra-bouffe que Jacques Offenbach compose en trois mois, à 50 ans, en 1869, dans la foulée de ses plus beaux succès (La Belle Hélène en 1864, Barbe-Bleue et La Vie parisienne en 1866 et La Périchole en 1868). Il y aura encore dix années d’opéras-bouffes ou d’opéras comiques &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><em>Die Banditen</em> ce sont <em>Les Brigands</em>, cet opéra-bouffe que Jacques Offenbach compose en trois mois, à 50 ans, en 1869, dans la foulée de ses plus beaux succès (<em>La Belle Hélène</em> en 1864, <em>Barbe-Bleue</em> et <em>La Vie parisienne</em> en 1866 et <em>La Périchole</em> en 1868). Il y aura encore dix années d’opéras-bouffes ou d’opéras comiques (dont <em>La Fille du tambour-major</em>) avant les ultimes <em>Contes d’Hoffmann</em>. L’œuvre est créée au Théâtre des  Variétés et très vite, comme de coutume, une traduction et une adaptation en allemand est entreprise, à destination du public germanophone, très friand d’opérettes françaises. La traduction la plus connue du livret de Meilhac et Halévy, pour la première diffusion allemande, est de Karl Treumann, acteur, metteur en scène et traducteur qui a adapté de nombreuses opérettes d’Offenbach pour la scène viennoise : on lui devait déjà de gros succès de traductions avec <em>Orpheus in der Unterwelt</em>, <em>Die</em> <em>schöne</em> <em>Helena</em> ou encore <em>Pariser</em> <em>Leben</em>. <em>Die Banditen</em> eurent le même écho en Allemagne du Sud et en Autriche que <em>Les Brigands</em> en France.<br />
Francfort s’est attaché à remettre au goût du jour la version allemande des <em>Brigands</em> (l’action et les personnages sont pratiquement identiques dans <em>Die Banditen</em>), mais la metteuse en scène allemande <strong>Katharina</strong> <strong>Thoma</strong> (qui avait déjà proposé <em>in loco</em> sa vision de <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/tristan-und-isolde-francfort-la-croisiere-ne-samuse-plus/"><em>Tristan und Isolde</em></a>) a fait le choix d’une nouvelle et complète adaptation de l’œuvre. Nous assistons à la onzième représentation depuis la première de la nouvelle production en janvier 2024.<br />
L’esprit de l’opérette ou de l’opéra-bouffe « à la française » comme disent les Allemands est pleinement conservé dans cette version. La place est laissée libre à la farce et aux situations comiques, les clins d’œil à l’actualité se mutliplient (on affiche le drapeau européen à la frontière entre l’Italie et…l’Espagne, tout se monnaie en euro, les carabiniers sont munis de smartphones, l’auberge est renommée « restoroute » et Falsacappa ne veut pas marier sa fille à un éleveur bio !), mais beaucoup moins à l’improvisation dans les dialogues parlés, nous allons y venir.<br />
Le public est souvent le meilleur juge dans ce genre de pièce et les innombrables fous rires entendus dans les rangs plaident pour le travail et la conduite d’acteur de Katharina Thoma. Elle a surtout voulu retrouver la légèreté, le dynamisme et la folie qui traverse la scène autour de la musique d’Offenbach. Tous les acteurs sont mis à contribution et miment, dansent et s’agitent dans tous les sens autant qu’ils chantent. Le rythme est soutenu, nul temps mort et il faut rendre hommage au travail de chorégraphie auquel se soumet sans broncher l’ensemble de la troupe, solistes compris.<br />
On ne reprendra pas l’éternel refrain d’une langue allemande bien moins fluide et qui est donc moins bien adaptée à l’esprit offenbachien que la langue française. C’est un fait mais, curieusement, ce n’est pas là que réside le point faible de cette production.<br />
Il consiste plutôt dans l’absence de fluidité de la langue…allemande par les chanteurs venus de tous les horizons. Qu’on en juge : Falsacappa est chanté par un Américain (<strong>Michael Porter</strong>), Pietro par un Belge (<strong>Yves Saelens</strong>), Carmagnola par un Néo-Zélandais (<strong>Jonathan Abernethy</strong>), Barbavano par un Norvégien (<strong>Aleksander Myrling</strong>) et Pipo par un Casaque (<strong>Kudaibergen Abildin</strong>) ; côté féminin, <strong>Elizabeth Reiter</strong> qui chante Fiorella est américaine et <strong>Karolina Makula</strong> est une Fragoletto polonaise. Malgré les efforts très louables de tous ces chanteurs, l’aisance dans la langue de Goethe n’est pas suffisante pour qu’ils se permettent la moindre improvisation qui devrait faire le sel d’une représentation d’opéra-bouffe. L’exception qui confirme la règle c’est le – petit – rôle d’Antonio tenu par <strong>Matthias Schenke</strong> qui nous a octroyé un numéro de comédien hors pair avec une improvisation au III, prodiguée dans un allemand parfait teinté de dialecte de Hesse, ce qui, à Francfort, n’a pu qu’être chaudement apprécié. Il nous délivre quasiment un seul-en-scène de plusieurs minutes auquel il a visiblement pris autant de plaisir que le public.<br />
Mis à part cette réserve d’importance, il  n’y a pas grand-chose à redire à l’engagement vocal de cette troupe hétéroclite. Les moyens du Falsacappa de Michael Porter, d’Elizabeth Reiter en Fiorella et de Karolina Makula en Fragoletto, rendent justice à une partition portée par la direction alerte de <strong>Karsten Januschke</strong>, qui fait de son mieux pour dispenser à son orchestre à la fois tout le sérieux et toute la légèreté d’une musique champagne.</p>
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		<title>MOUSSORGSKI : Boris Godounov &#8211; Francfort</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/moussorgski-boris-godounov-francfort/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 16 Nov 2025 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Nouvelle production de Boris Godounov à Francfort ; c’est un événement en soi mais ça l’est plus encore parce que Thomas Guggeis, directeur musical de la maison et au pupitre pour l’occasion, a choisi la version Chostakovitch. C’est la première fois que Francfort propose cette partition (très peu donnée d’une façon générale) que Chostakovitch acheva au &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Nouvelle production de <em>Boris Godounov</em> à Francfort ; c’est un événement en soi mais ça l’est plus encore parce que <strong>Thomas Guggeis</strong>, directeur musical de la maison et au pupitre pour l’occasion, a choisi la version Chostakovitch. C’est la première fois que Francfort propose cette partition (très peu donnée d’une façon générale) que Chostakovitch acheva au début de la seconde guerre mondiale. Ce faisant, Guggeis s’inscrit dans la tradition de la maison qui place chaque année à son répertoire des pièces rares (par exemple, avec une régularité métronomique, Francfort met à l’affiche un Haendel rare), ou contemporaines (cette saison notamment <em>Die ersten Menschen</em> de Rudi Stephan, pièce rarissime du début du XXe).<br />
Chostakovitch a repris l’instrumentation de toutes les scènes du Boris et y a mis un soin tout particulier et dans un style entièrement reconnaissable : batterie, xylophone, piano, jeu de cloches, penchant pour les couleurs orchestrales grinçantes, tout cela contribue à une ambiance reconnaissable entre toutes. De plus, il s’agit ici de la version longue avec donc le fameux acte polonais, qui modifie fortement la teneur du rôle du faux Dimitri et surtout rééquilibre considérablement l’ensemble, grâce à l&rsquo;apparition du seul rôle féminin d’importance (Marina).<br />
Guggeis a entrepris un travail gigantesque en s’attaquant à cette version haute en couleur et le résultat dans la fosse est admirable. Les couleurs si singulières de Moussorgski entièrement revisitées par Chostakovitch flamboient dès les premiers accords et sont mises en avant dans les tutti. L’orchestre est rutilant et les vents toujours d’une grande justesse. L’équilibre difficile à trouver avec les percussions est bien là. L’orchestre, de même que le chœur, sont des personnages à part entière dans cette partition et le premier y tient une place éminente, qu’il faut saluer. Nous serons moins enthousiastes pour le chœur, très dépendant du chef par le regard, et qui n’évite pas toujours les décalages. Toutefois les voix d’hommes et de femmes rendent crédible ce peuple russe, arrière-plan permanent du drame ou plutôt des drames qui se jouent.<br />
C’est à <strong>Keith Warner</strong> que cette nouvelle production est confiée ; le metteur en scène britannique s’est approché avec beaucoup de prudence de cette pièce et ce n’est pas un reproche. Il s’empare des dix tableaux de cette version en un prologue et quatre actes comme autant de scénarios fermés en soi. Il y a donc d’incessants changements de décors et quand les décors physiques n’alternent pas, de judicieuses projections vidéos réussies et très suggestives font parfaitement l’affaire comme dans le second tableau du troisième acte, la réception au palais Sandomir. On retiendra surtout la première scène du deuxième acte, le salon de travail de Boris au Kremlin : un immense bureau circulaire, tout de rouge paré, dans lequel vont défiler sur une sorte de discrète tournette, tous les tracas et cauchemars du Tsar, auxquels il sera confronté et qui vont achever de le plonger dans la folie. Belle idée aussi que cette horloge hors gabarit égrènant les secondes jusqu’à minuit, qui est vidéo-projetée et qui sonnera le glas de la santé mentale de Boris. D’autres scènes sont remarquablement figurées : la bibliothèque de Pimen ou encore l’auberge au second tableau du premier acte.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/5840_borisgodunow08_gross-1294x600.jpg" />© Barbara Aumueller</pre>
<p>La basse ukrainienne <strong>Alexander Tsymbalyuk</strong> est un Boris de belle envergure. Il en possède la stature, le visage est austère et tourmenté à souhait. Sans être surpuissant, sa projection, que ce soit dans la scène du Couronnement ou dans les scènes de foule, lui permet d’être parfaitement audible et crédible. C’est un rôle que Tsymbalyuk a porté un peu partout avec succès, notamment à Paris ou à <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/boris-godounov-vienne-staatsoper-la-beaute-du-tsar-infanticide/">Vienne</a>. Nous retiendrons aussi le Pimen d’<strong>Andreas</strong> <strong>Bauer Kanabas</strong> qui fut cet été un Heinrich (<em>Lohengrin</em>) apprécié <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-lohengrin-bayreuth/">à Bayreuth</a>. Il fait du moine scripteur un personnage plus qu’inquiétant, lorsqu’il étend les manches de sa bure et déploie ses graves perçants. Face à lui, le Grigori de <strong>Dmitry Golovnin</strong> qui a déjà tenu ce rôle à <a href="Dmitry%20Golovnin">Paris</a> (mais dans la version de 1869 où le rôle est moindre) fait plus pâle figure.  La voix est claire mais les moyens plus limités, dans les aigus et la puissance. Les enfants de Boris, le Fjodor aux accents juvéniles de la mezzo polonaise <strong>Karolina Makula</strong>, et la Xenia d’<strong>Anna</strong> <strong>Nekhames </strong>contribuent à la réussite de la scène du bureau au II. <strong>Sofija Petrović</strong> possède l’assurance qui fait d’elle une Marina envoûtante et l’on comprend que le faux Dimitri veuille la séduire ; mais son mezzo, dont le timbre n’est pas en question, manque des mille nuances qu’on attend d’une femme calculatrice en diable. <strong>Inho Jeong</strong> en Warlaam nous gratifie dans la scène de l’auberge d’une chanson à boire bien maîtrisée, <strong>Claudia Mahnke</strong> est une aubergiste pimpante et <strong>Thomas Kaulkner</strong> un directeur de conscience aux ambiguités non résolues…</p>
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		<item>
		<title>WAGNER, Der Ring des Nibelungen &#8211; Erl</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-der-ring-des-nibelungen-erl/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Marcel Humbert]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 12 Jul 2024 04:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le festival d’Erl, fondé en 1998 par Gustav Kuhn, est souvent qualifié de «&#160;Bayreuth autrichien&#160;». Tout le répertoire wagnérien y est régulièrement donné, et le Ring déjà à de nombreuses reprises, quasiment tous les deux ans, en général en totalité sur quatre journées. En 2018, un changement de direction a été marqué par un renouvellement &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le festival d’Erl, fondé en 1998 par Gustav Kuhn, est souvent qualifié de «&nbsp;Bayreuth autrichien&nbsp;». Tout le répertoire wagnérien y est régulièrement donné, et le <em>Ring</em> déjà à de nombreuses reprises, quasiment tous les deux ans, en général en totalité sur quatre journées. En 2018, un changement de direction a été marqué par un renouvellement complet des équipes artistiques et des manières de travailler. Le nouveau <em>Ring</em>, réalisé sur trois ans, a été confié de 2021 à 2023 à <strong>Brigitte Fassbaender</strong> (85 ans cette année mais toujours aussi active), et est maintenant présenté sur 6 jours (deux séries de représentations à guichet fermé).</p>
<p>Le spectacle à lieu dans le <em>Passionsspielhaus</em>, théâtre de la Passion d’Erl, une salle de 1500 places construite spécialement en 1959 pour les <a href="https://www.forumopera.com/la-passion-derl-erl-quatre-cents-ans-de-passion">représentations de la Passion</a> données tous les 6 ans, et dont l’origine remonte à 1613. L’espace bénéficie d’une fort belle acoustique, mais de conditions techniques difficiles. Il n’y a pas de fosse, l’orchestre est étagé en fond de scène, et le chef n’est relié aux chanteurs que par des écrans vidéo cathodiques. Mais plus encore que par le passé, on se rend compte à quel point cette position de l’orchestre est favorable aux voix, ainsi qu’à l’unité sonore de l’ensemble. Le chef <strong>Erik Nielsen</strong>, qui a de nombreuses qualités parmi lesquelles le respect des voix, d’excellents choix de tempi, et des nuances bien en situation, réussit à la perfection un équilibre qui pourrait être précaire, en conservant les <em>forti</em> sans trop gommer les moments plus calmes. Du grand art, bien servi par l’excellent orchestre du Tiroler Festspiele Erl et – pour <em>Götterdämmerung </em>– les chœurs d’une remarquable clarté qui font merveille sous la baguette inspirée du chef.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="475" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/51302054588_9aafd7614b_o-corr-1024x475.jpg" alt="" class="wp-image-168352"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>L&rsquo;Or du Rhin, Wotan et Fricka © Photo Tiroler Festspiele Erl – Xiomara Bender</sup></figcaption></figure>


<p>La scène n’a ni dégagements ni coulisses de bonnes dimensions. Il faut donc concevoir un dispositif simple, avec un minimum de changements en cours de représentation. Brigitte Fassbaender s’est fort bien adaptée, en demandant à son décorateur <strong>Kaspar Glarner</strong> et au vidéaste <strong>Bibi Abel</strong> d’évoquer des espaces extraordinaires qu’il serait impossible de recréer en ce lieu atypique par les techniques de décors traditionnels. Rochers, incendies, intérieurs bourgeois, nuages en déplacement, flots agités d’un Rhin tumultueux, le dépaysement est permanent et fort réussi grâce notamment aux techniques de «&nbsp;projection design&nbsp;» intégrées à des toiles LED. Le côté imagerie spectaculaire de ce décor en vidéo reste néanmoins à sa place, sans jamais écraser les protagonistes, ajoutant même la magie à des semblants de coulées de lave animées par les rougeoiements en transparence des lampes des pupitres de &nbsp;l’orchestre, scintillant comme autant de minuscules lucioles à travers la toile de fond de scène isolant l’orchestre. Quelques éléments de mobilier, d’accessoires ou de socles apparaissant par des trappes complètent les dispositifs scéniques, ainsi que, pour <em>Götterdämmerung</em>, une triple galerie destinée à accueillir les chœurs. Les éclairages de <strong>Jan Hartmann</strong>, simples mais efficaces, mettent en valeur les éléments scéniques et les costumes de <strong>Kaspar Glarner</strong>, qui vont de couleurs claires et tranchées (Loge, Froh, Sieglinde, Fricka, Siegfried…) à du cuir noir gothique très mode, avec notamment les bottes à lacets des Walkyries.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="475" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/52204011571_eec31b9fcd_o-corr-1024x475.jpg" alt="" class="wp-image-168353"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>La Walkyrie, Wotan et les Walkyries © Photo Tiroler Festspiele Erl – Xiomara Bender</sup></figcaption></figure>


<p>Il faut dire que l’ensemble de la production a vraiment trouvé à la fois ses points d’ancrage et sa continuité, si bien que l’on se laisse porter par une histoire simplement racontée. Car la mise en scène de Brigitte Fassbaender se définit avant tout par l’honnêteté du travail bien fait, avec un total respect pour la musique, le compositeur et le public. Pas d’esbrouffe, tout cela reste assez classique, mais avec à la fois d’incessantes allusions psychologiques et sexuelles, et des trouvailles ludiques. Connaissant son combat pour les libertés féminines, on pouvait se demander comment elle allait se confronter au machisme wagnérien. Le résultat est plutôt sage, Fricka reste femme au foyer soumise, et Freia est malmenée avec violence par les deux géants comme il se doit.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="475" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/53031555091_7f5441c60f_o-corr-1024x475.jpg" alt="" class="wp-image-168354"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup><em>Siegfried</em>, Fafner © Photo Tiroler Festspiele Erl – Xiomara Bender</sup></figcaption></figure>


<p>Mais on observe en même temps un humour et un recul omniprésents qui rendent les personnages à la fois plus contemporains, et même quasiment parfois «&nbsp;le voisin d’à côté ». Ainsi une des premières répliques de Brünnhilde se retournant vers Wotan fait-elle rire la salle… Également la descente en rappel, le long de la paroi d’une grotte, des spéléologues Wotan et Loge. Fafner avec son lance-flammes, assis sur un coffre-fort, fait penser à la fois à l’oncle Picsou et au dragon de <em>La Belle au bois dormant</em> de Disney… Et le Wanderer trinque sa flûte de Sekt avec celle d’Erda, quasi dans son lit…</p>
<p>Et puis il y a des moments magiques qui marquent l’action, comme Siegfried, insupportable petit garçon qui s’oppose à Mime en jouant avec une petite épée en bois, tapant sur tout ce qui est à sa portée, y compris son doudou et Mime lui-même, qui l’empoigne finalement pour l’emmener trépignant vers sa vie d’adulte. Ou encore les trois Nornes qui paraissent prendre le thé en tricotant. Mais en fait elles ne sirotent rien d’autre que leur papotage, car les bobines de laine sont enfermées comme autant de secrets dans théières et cafetière, d’où elles tirent les fils de la vie. C’est très joliment fait, et les trois excellentes cantatrices (<strong>Marvic Monreal</strong>, <strong>Anna-Katharina Tonauer</strong> et <strong>Elizabeth Reiter</strong>) s’en donnent à cœur joie dans ce bel exercice théâtral et vocal.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="475" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/53049659619_207acbea36_o-corr-1024x475.jpg" alt="" class="wp-image-168355"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup><em>Le Crépuscule des Dieux</em>, les trois Nornes © Photo Tiroler Festspiele Erl – Xiomara Bender</sup></figcaption></figure>


<p>Les puristes trouveront bien ici et là quelques éléments qui les gêneront (par exemple Hagen tué par Alberich au lieu d’être noyé par les Filles du Rhin, ou encore l’anneau du Nibelung qui s’avère être un poing américain doré, indiquant ainsi la puissance maléfique et l’arme potentielles qu’il représente). Mais, pour l’essentiel, les indications de Wagner sont scrupuleusement respectées. En fait, c’est surtout dans les détails que Brigitte Fassbaender aime fignoler, acte après acte, la personnalité des personnages. Et c’est certainement à ce jeu qu’elle excelle tout particulièrement. Car non seulement les journées se déroulent avec une grande fluidité, je dirais avec évidence, mais on constate un travail de premier ordre sur le jeu des acteurs, aboutissant à une connivence et à un jeu théâtral de haut niveau.</p>
<p>Depuis les représentations de 2021 à 2023, on note aujourd’hui des changements dans les distributions, qui touchent environ 30 % des titulaires, mais toujours amènent des améliorations notables aux petites faiblesses qui avaient pu être relevées lors de la création de chacune des journées. La majorité des participants ont déjà une belle carrière internationale, basée le plus souvent sur des rôles mozartiens, avant d’aborder les grands rôles de Wagner et de Richard Strauss. Et pour ceux qui ont participé depuis 2021 à l’élaboration de ce <em>Ring</em>, l’évolution de l’interprétation est très perceptible et amène à affiner positivement le commentaire.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="475" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/53031554531_b1335e5dc0_o-corr-1024x475.jpg" alt="" class="wp-image-168356"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>Vincent Wolfsteiner (Siegfried) et Christiane Libor (Brünnhilde) © Photo Tiroler Festspiele Erl – Xiomara Bender</sup><br><br><br></figcaption></figure>


<p><strong>Christiane Libor</strong>, que l’on avait vue à Paris en 2011 dans le <em>Crépuscule </em>à l’Opéra Bastille (rôles de Gutrune et de la troisième Norne), chante maintenant à l’international tous les premiers rôles wagnériens. Elle déploie en Brünnhilde une technique et une présence scénique directement héritées des grandes wagnériennes du passé, type Birgit Nilsson ou Eva Marton, d’une voix d’airain qu’aucune difficulté ne semble devoir contrer ni affaiblir. Aussi à l’aise dans la véhémence grâce à son imposante puissance vocale, que dans le côté sentimental du personnage par des nuances souvent délicates, sa Brünnhilde séduit aussi car elle force la sympathie par son jeu tout en finesse. Sa découverte de Siegfried à son réveil, ainsi que ses adieux au héros sont de toute beauté et chargés d’émotion, faits de non-dits exprimés par des gestes esquissés, tandis que la voix sait se faire également caressante quand il faut.</p>
<p><strong>Vincent Wolfsteiner</strong> joue un Siegfried un peu innocent voire benêt, avec un air simplet et parfois hagard, chantant d’une voix très puissante à l’image de son physique, et arrivant à la fin du <em>Ring</em> sans guère de signe de fatigue vocale. L’incompréhension face aux manipulations dont il est l’objet culmine dans sa mort où sa vaillance vocale ne faiblit pas, mais où il se confirme en même temps excellent acteur, tout aussi émouvant que sa partenaire. On découvre ainsi un Siegfried rendu sympathique du fait de ses malheurs, loin du héros froid et distant que l’on voit souvent.</p>
<p>Le Wotan – et le Wanderer – de <strong>Simon Bailey</strong> est remarquable, prisonnier de ses contradictions et des évènements, sans pour autant traduire son autorité vacillante par des tonnes de décibels. Son interprétation, tout en délicatesse, est faite à la fois de retenue, d’autorité et de complicité avec ses filles et notamment Brünnhilde. Sa voix emplit sans mal la vaste salle, et le jeu de l’acteur, à la fois naturel et souvent au second degré, avec une bonne dose d’humour, est tout à fait attachant. Cette magnifique interprétation constitue le liant indispensable entre de nombreux protagonistes, tout en confirmant que Bailey est l’un des meilleurs titulaires actuels de ces deux rôles. À ses côtés, Fricka (<strong>Bianca Andrew</strong>) et Erda (<strong>Zanda Švēde</strong>) sont tout à fait excellentes pour leur jeu scénique et la puissance de leur voix, auxquels s’ajoute pour la première son autorité malgré sa soumission, et pour la seconde un mezzo riche, chaud et coloré.</p>
<p>Dès le début, l’Alberich de <strong>Thomas de Vries</strong> captive par son jeu et par sa voix forte et incisive. Ses relations troubles avec les filles du Rhin sont ici bien illustrées, d’autant que ces dernières lui donnent une magnifique réplique, avec des voix parfaitement adaptées et un jeu scénique ensorcelant (<strong>Illa Staple </strong>– que l’on retrouve en Waldvogel –, <strong>Karolina Makula</strong> et <strong>Katharina Magiera</strong>). Le Loge de<strong> Ian Koziara</strong> propose un jeu varié, insidieux et pervers, servi par une belle voix très nuancée, tandis que Freia est fort bien chantée et jouée par <strong>Elizabeth Reiter</strong>.</p>
<p>Le Mime de <strong>Peter Marsh</strong> est loin des interprétations torturées que l’on a souvent pu voir. Il est d’une grande simplicité, paradoxalement d’une vraie humanité, ce qui change considérablement le personnage. Bien sûr qu’il exprime aussi toutes ses arrière-pensées ambiguës et manipulatrices, qui sont nombreuses, mais ce sont ses incertitudes qui finalement prennent le dessus. Sa forte voix de ténor barytonant est tout à fait adaptée au rôle, et s’accorde parfaitement avec celles de ses partenaires.</p>
<p>On est également subjugué par la voix claire et la belle prononciation d’<strong>Irina Simmes </strong>(Sieglinde), aux aigus assurés et à la belle ligne de chant, égale sur toute la tessiture, que l’on retrouve avec plaisir en tout aussi excellente Gutrune. Son jeu d’actrice est étonnant de sensibilité et de justesse. À ses côtés, <strong>Marco Jentzsch</strong> est un Siegmund exceptionnel, d’un naturel confondant, que ne rebute aucune difficulté musicale, et qui s’offre même le luxe d’une note chantée piano en voix mixte.</p>
<p><strong>Anthony Robin Schneider</strong> campe un Hunding un peu trop «&nbsp;méchant de théâtre populaire&nbsp;», mais très en voix, et un Fafner explosif, dragon sorti tout droit des bandes dessinées et films de science-fiction. Avec une voix idéalement projetée et bien dosée avec le lieu, il administre son texte avec autant de force vocale que son lance-flammes en a pour réchauffer la salle.</p>
<p><strong>Brian Michael Moore</strong> (Froh) et <strong>Manuel Walser</strong> (Donner) sont également de très haut niveau. Ce dernier, malheureusement aphone le dernier soir, a néanmoins joué le rôle de Gunther, doublé pour le chant par l’excellent <strong>Daniel Schmutzhard</strong>. On a bien apprécié les autres protagonistes, notamment <strong>Robert Pomakov</strong>, aussi convaincant en Fasolt qu’en Hagen, le plus méchant des méchants.</p>
<p>On ne peut jamais, dans notre domaine, parler de perfection, mais la qualité des interprètes et l’unité de jeu sont ici tels que l’on a là l’un des plus beaux <em>Ring</em> dont on puisse rêver, qui restera dans les annales. À l’issue de sa dernière journée, la salle a fait un triomphe aux chanteurs et au chef, mais aussi à Brigitte Fassbaender qui, modestement, s’est levée de son siège pour répondre aux acclamations de la salle et du plateau, sans toutefois venir saluer sur scène.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-der-ring-des-nibelungen-erl/">WAGNER, Der Ring des Nibelungen &#8211; Erl</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>PUCCINI, Turandot — Bregenz</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/turandot-bregenz-le-serpent-de-mur/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 14 Aug 2016 06:53:31 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le programme du festival de Bregenz consiste en une seule production donnée deux étés consécutifs sur une monumentale scène flottante installée sur le lac de Constance. Il s’agit aujourd’hui, avec cette Turandot, de la reprise du spectacle proposé l’an dernier et chroniqué à l’époque, avec beaucoup de sévérité, par Jean-Marcel Humbert. En habitué du festival &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le programme du festival de Bregenz consiste en une seule production donnée deux étés consécutifs sur une monumentale scène flottante installée sur le lac de Constance. Il s’agit aujourd’hui, avec cette <em>Turandot</em>, de la reprise du spectacle proposé l’an dernier et chroniqué à l’époque, avec beaucoup de sévérité, par <a href="http://www.forumopera.com/turandot-bregenz-en-panne">Jean-Marcel Humbert</a>. En habitué du festival et notamment du caractère grandiose des spectacles et des splendeurs de l’ère du précédent directeur artistique David Pountney (2003-2014), il avait été déçu de la mise en scène de <strong>Marco Arturo Marelli</strong>. Sans doute est-ce parce qu’il s’agit de notre première fois à Bregenz après une longue attente, mais toujours est-il que la soirée a été vécue comme un ravissement vu à travers le regard d’une petite fille émerveillée que nous avons eu le grand plaisir de redevenir l’espace d’un soir.</p>
<p>Bregenz, c’est avant tout un décor. Et celui créé par M. A. Marelli, couleur ocre de terre cuite, se marie idéalement avec le lac ; il s’apparente à un serpent de mer jailli des eaux tel un séduisant monstre du Loch Ness stylisé. Long de 72 mètres, ce dragon de brique en carton-pâte (enfin, en réalité constitué de béton et de bois) évoque un chien de garde à l’arrêt. Une tour crénelée, haute de 27 mètres (avec un pavillon à son sommet pesant tout de même la bagatelle de 2,1 tonnes), surmonte l’édifice. C’est bien évidemment la Grande Muraille qui est ici revisitée ou plutôt remodelée. La muraille est en effet assouplie en sinueux tortillon aux lignes proches des superbes courbes des sculptures de l’ère Han ; une ère qui se développe après le décès de l’Empereur Qin, dont on connaît surtout les célèbres soldats de l’armée de terre cuite. D’ailleurs, les flancs du serpent de mur traversent des rangées de soldats qui semblent descendre du ciel pour s’engouffrer dans l’onde et les 205 soldats (de béton et de résine au lieu de terre cuite, peut-être, mais qu’importe), éviscérés, disparaissent dans l’eau, telle une armée engloutie, survivance d’une lointaine et orientale Atlantide. Certes, on peut considérer qu’on joue ici avec tous les clichés occidentaux sur la culture chinoise et d’improbables télescopages, mais n’est-ce pas là le propos même de <em>Turandot</em> et de l’univers recréé par Puccini, qui croise habilement couleurs et sonorités extrême-orientales avec structure et conventions européennes ? Le décor, à lui seul et avant même la première note de musique, est un enchantement et surtout, une source de rêveries sur fond de soleil couchant sur une eau aux reflets scintillants. Entre Zeffirelli, Zhang Yimou et Disney, l’univers du kitsch assumé voulu par Marelli dégage un charme onirique baigné de nostalgie mélancolique. La mise en scène, quant à elle, répond aux principes de la superproduction destinée au public le plus large : une débauche de moyens visuels, utilisant tous les ressorts attendus de la pyrotechnie et des jeux d’eau, une narration claire qui suit fidèlement les didascalies de l’œuvre, ce qui n’empêche pas le jaillissement des thèmes chers au metteur en scène suisse (au style qu’on aurait envie de définir comme une sorte de syncrétisme sobre avec coups d’éclats). À titre d’exemple, on pourrait mentionner l’utilisation des masques qui entrecroisent les motifs de l’opéra chinois avec ceux du théâtre italien d’avant-garde ou de la commedia dell’arte ; ou encore les superpositions temporelles, quand, côtoyant les soldats de l’armée de terre cuite inanimés, une foule grise comme en cendres et uniformisée, tout droit issue de la Révolution culturelle, compose une macabre danse fantastique d’ombres chinoises sinistres. Autre tableau saisissant : le plateau tournant révèle ce qui, de loin, ressemble à une bibliothèque mais consiste en archives où Ping, Pang et Pong s’occupent d’archiver des bocaux où sont stockés dans le formol les têtes des prétendants malheureux… Belle idée, tout comme celle de faire ouvrir ce même plateau tel un poudrier révélant une Turandot de cire, semblable à une petite poupée de boîte à musique finalement transformée en perle délicate et vibrante dans sa coquille scintillante. Calaf, pour sa part, porte une petite moustache à la Puccini ; confiné sur son petit îlot séparé qui stigmatise son statut d’étranger, il finit par gagner le plateau impérial et triompher grâce à l’amour, contrairement au musicien décédé de son cancer de la gorge avant d’avoir pu conclure le finale de son splendide opéra achevé a minima par Franco Alfano. C’est aussi peut-être ce que suggère le bouquet final bien sage ou de minces jets d’eau accompagnent un lâcher de ballons virtuel puisque cantonné à la seule projection vidéo, du plus bel effet et par ailleurs écologiquement très propre&#8230; L’usage de la vidéo est techniquement remarquable et l’on peut louer la qualité du travail d’<strong>Aron Kitzig</strong>, notamment lorsque le masque de Turandot se désagrège en éclats kaléidoscopiques au moment où Calaf résout la troisième énigme, par exemple. Les combats sont agréablement chorégraphiés et le travail sur les lumières impeccable. La qualité sonore est étonnante de confort. Les 59 haut-parleurs dissimilés dans la muraille y sont pour quelque chose…</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="301" src="/sites/default/files/styles/large/public/8877_90.jpg?itok=zB32PRwr" title="© Bregenzer Festspiele/Karl Forster" width="468" /><br />
	© Bregenzer Festspiele/Karl Forster</p>
<p>La qualité de la distribution est très égale et l’on prend grand plaisir à écouter chacun des artistes isolément ou en harmonieux ensembles. <strong>Katrin Kapplusch</strong> est une Turandot idéale dont <a href="http://www.forumopera.com/turandot-montpellier-addiction-a-lopera">Maurice Salles</a> a pu admirer l’adéquation au rôle il n’y a pas si longtemps. Sa froideur extrême se manifeste par une aigreur doublée de stridences pour brusquement se transformer en extatique douceur, le tout avec une éclatante maestria. Dans le registre de l’émotion, le trio Liù, Timur et l’empereur Altoum rivalisent de délicatesse et de sensibilité (avec une mention spéciale pour <strong>Manuel von Senden</strong>, Altoum étonnamment humain). <strong>Yitian Luan</strong> remporte un beau succès en Liù, même si son interprétation reste un peu trop sage dans l’ensemble et insuffisamment nuancée. L’autre trio, celui des ministres Ping, Pang et Pong, fonctionne comme une mécanique bien huilée et équilibrée, plus cynique et minutieuse que drôle, le ressort comique n’étant pas vraiment de mise ce soir. <strong>Arnold Rawls</strong> interprète le rôle de Calaf avec vigueur et héroïsme ; la voix est parfaitement adaptée au rôle. Les chœurs, l’orchestre et le chef <strong>Giuseppe Finzi</strong> à la direction mesurée et propre sont irréprochables. Là encore, les prestations sont de haut niveau mais sans qu’on puisse parler de génie. Cachés au regard du public, les musiciens et le chef sont toutefois visibles sur des écrans placés de part et d’autre de la scène. Un DVD est d’ores et déjà disponible qui permettra à ceux qui n’ont pu profiter du charme du lac de Constance et de la féerie offerte à 6980 privilégiés de se faire une idée du spectacle.</p>
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