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	<title>Annick MASSIS - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Annick MASSIS - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>Récital Annick Massis, Toulouse</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/recital-annick-massis-toulouse/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 04 Dec 2025 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Elle est tellement méritée, peut-être aussi était-elle secrètement attendue, cette épinglette apposée sur la robe d’Annick Massis, avec cet insigne qui l’élève au grade d’officier des Arts et Lettres. Et elle est bien belle cette conclusion, au théâtre du Capitole de Toulouse, d’un récital intitulé « Les adieux d’Annick Massis à Toulouse ». Soirée hors norme, en &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Elle est tellement méritée, peut-être aussi était-elle secrètement attendue, cette épinglette apposée sur la robe d’<strong>Annick Massis</strong>, avec cet insigne qui l’élève au <a href="https://www.forumopera.com/breve/annick-massis-elevee-au-grade-dofficier-des-arts-et-lettres/">grade d’officier des Arts et Lettres</a>. Et elle est bien belle cette conclusion, au théâtre du Capitole de Toulouse, d’un récital intitulé « Les adieux d’Annick Massis à Toulouse ».<br />
Soirée hors norme, en dehors de tous les clichés, de toutes les représentations que l’on se fait d’un récital d’une grande cantatrice.<br />
C’est d’abord Christophe Ghristi, maître de céans, qui s’interpose donc entre programme officiel et les «encore » réclamés à cor et à cri, et qui, au nom de la ministre, remet les insignes qui disent tout de la reconnaissance du monde des arts et des lettres à celle qui a débuté ici même, il y a plusieurs décennies.<br />
C’est également <strong>Karine Deshayes</strong>, sur cette même scène il y a quelques jours pour <em>Don Giovanni</em>, qui vient remettre un bouquet à sa consœur. Accolade émouvante, deux générations qui se croisent, s’embrassent. Ah, que se sont-elles dit, dans cette étreinte fugace ?<br />
C’est aussi l’ovation dès son entrée sur scène, non pas l’ovation de politesse, qui permet surtout au public de se mettre en condition, mais la charge émotionnelle qui commence à se déverser dès qu’elle apparaît, accompagnée du si fidèle et parfait <strong>Antoine Palloc</strong> que l’on a senti tout au long de la soirée tout aussi admiratif que l’assistance. La voilà qui se fait surprise de cet accueil, de ces applaudissements qui n’en finissent pas alors qu’elle n’a encore rien dit. Certes les aficionados sont là, ceux qui viennent de loin pour voir celle qui se fait rare (on l’a vue furtivement l’été dernier dans <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/charpentier-louise-aix-en-provence/">Louise</a> à Aix-en-Provence) ; mais sont venus aussi en nombre les amateurs de l’art d’Annick Massis. Et de fait pour qui l’aura vue en 1993, ses premières années sous le feu des projecteurs, et surtout entendue à Rouen au Théâtre des Arts, dans la Première dame, dans Ophélie ou dans Musetta, l’emprise émotionnelle de ces retrouvailles est forte.<br />
C’est encore un programme à la construction baroque : neuf pièces en première partie et trois seulement en seconde mais quelles pièces : « Addio del passato », « O mio babbino caro » et  « Casta Diva » excusez du peu ! Et surtout ce feu d’artifice en <em>bis</em> avec pour conclure un medlay jubilatoire reprenant autour de « A la claire fontaine » (« il y a longtemps que je t&rsquo;aime, jamais je ne t&rsquo;oublierai », lance-t-elle au public), quelques bribes des plus grands rôles qui furent les siens et un « Sempre libera » conclusif et bien muni de son mi bémol, qui finira par emporter la salle.<br />
Voilà ce que nous a fait Annick Massis, dont la voix nous a surpris par la densité, la force du médium et la profondeur, la parfaite articulation et la gestion clinique du souffle. Du soprano léger de ses débuts, il reste la spontanéité, la malice, l’éclat de bonheur dans les yeux, malgré l’angoisse de ne pas tout réussir. Les années lui ont permis de gagner en lyrisme et de frôler le soprano dramatique.<br />
Tout ne fut pas parfait ? Nous n’en avons rien su et à dire vrai, ce soir exceptionnellement, nous n’avons pas voulu le savoir. Car des cantatrices comme Annick Massis, capable d’une telle longévité parce que capable tout au long de la carrière de rester à l’écoute de sa propre voix (<a href="https://www.forumopera.com/annick-massis-quand-jai-commence-ma-voix-etait-un-peu-une-bulle-de-champagne/">dût-elle en avoir des regrets</a>), nous ne saurions pas les compter aujourd’hui au-delà des doigts d’une seule main.<br />
Alors concert des adieux ? Mais que non, ce ne sera qu’un au revoir et surtout : Merci Madame !</p>
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		<title>Annick Massis élevée au grade d&#8217;officier des Arts et Lettres</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/annick-massis-elevee-au-grade-dofficier-des-arts-et-lettres/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 03 Dec 2025 13:40:04 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Mardi 2 décembre, Annick Massis donnait un récital présenté comme ses « Adieux à Toulouse », en compagnie du pianiste Antoine Palloc. A la fin du programme officiel  et avant les traditionnels bis, le directeur musical du Théâtre du Capitole Christophe Ghristi est monté sur scène pour rendre hommage à l’une des plus belles et les plus &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Mardi 2 décembre, <strong>Annick Massis</strong> donnait un récital présenté comme ses « Adieux à Toulouse », en compagnie du pianiste <strong>Antoine Palloc</strong>.<br />
A la fin du programme officiel  et avant les traditionnels bis, le directeur musical du Théâtre du Capitole Christophe Ghristi est monté sur scène pour rendre hommage à l’une des plus belles et les plus attachantes voix françaises des ces dernières décennies. Il a rappelé le parcours phénoménal de celle qui a débuté à Toulouse (<em>Lady Macbeth de Mtsensk</em>) au début des années 1990, puis a chanté sur les plus grandes scènes françaises et mondiales (elle a notamment triomphé dans <em>Lucia di Lammermoor</em>, un de ses rôles fétiches, au Metropolitan Opéra de New York). « Voix de lait et de lune », a dit Ghristi, avant de remettre au nom de la Ministre de la Culture, les insignes d’Officier des Arts et Lettres à Annick Massis, sous les ovations bruyantes d’un public sous le charme.</p>
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		<title>Questionnaire de Proust – Annick Massis : « Avoir été ovationnée au Met pour ma première Lucia reste un moment fort de ma carrière»</title>
		<link>https://www.forumopera.com/questionnaire-de-proust-annick-massis-avoir-ete-ovationnee-au-met-pour-ma-premiere-lucia-reste-un-moment-fort-de-ma-carriere/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 27 Nov 2025 06:12:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Mon meilleur souvenir dans une salle d’opéra ? En tant que petite Frenchie , avoir été  la première française à revenir au Met déserté par les françaises depuis de nombreuses années , et être ovationnée dans cette ville , et dans cette salle mythique à New York  pour ma première Lucia, cela reste un moment &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Mon meilleur souvenir dans une salle d’opéra ?<br />
</strong>En tant que petite Frenchie , avoir été  la première française à revenir au Met déserté par les françaises depuis de nombreuses années , et être ovationnée dans cette ville , et dans cette salle mythique à New York  pour ma première Lucia, cela reste un moment fort de ma carrière. J’en ai encore des frissons ! [saison 1999-2000]</p>
<p><strong>Mon pire souvenir sur scène ?<br />
</strong>C’était  à Toulouse où j’ai tout d’abord fait quelques petits rôles ! C’était dans <em>Don Quichotte</em>. J’avais un tout petit rôle de garçon dans une mise en scène de Nicolas Joël. A un moment donné j’ai glissé sur de l’eau sur scène et j’ai presque fini dans la fosse d’orchestre ! Un autre vilain souvenir c’est à l’Opéra-Comique ; je chantais Rosine en français ; un figurant a  ouvert une porte qui m’a cogné le front et le nez et je me suis mis à saigner sur scène !</p>
<p><strong>Le chanteur du passé avec lequel j’aurais aimé me produire.<br />
</strong>Joan Sutherland incontestablement. Elle a été merveilleuse avec moi, ainsi que son époux Richard Bonynge. J’aurais été très honorée de chanter avec elle. Elle est venue à toutes mes <em>Sonnambula</em> de Madrid où son époux dirigeait. C’était une personne  merveilleuse.</p>
<p><strong>Le metteur en scène dont je me sens le plus proche ?<br />
</strong>Un bon metteur en scène c’est quelqu’un qui vous fait prendre conscience de certaines choses dans une œuvre, qui vous ouvre l’esprit. Je pourrais citer Hugo de Ana, Pierre Audi ou encore Laurent Pelly. Et puis David McVicar, avec lequel j’ai reçu une incroyable direction d’acteur et qui m’a impressionné tant il connaissait la partition quasi par cœur…c’était exceptionnel. Mais j’aurais beaucoup aimé travaillé avec Michel Fau que j’ai eu le plaisir de croiser lors d’une de mes Borgia au Capitole.…</p>
<p><strong>Le chef ou la cheffe qui m’a le plus appris ?<br />
</strong>J’ai beaucoup appris avec Marc Minkowski. tous les deux nous aimons bien aller dans la précision. Mais aussi William Christie , Zubin Metah , Georges Prêtre  ou encore James Levine. Il y a en a eu beaucoup avec lesquels j’ai eu le privilège de travailler . Et beaucoup de chefs plus jeunes et talentueux ; la liste est longue…</p>
<p><strong>Mon pire souvenir avec un chef ?<br />
</strong>J’ai un seul mauvais souvenir en 40 ans , mais je ne préfère pas le nommer.</p>
<p><strong>La ville où je me sens chez moi ?<br />
</strong>Paris – j’y habite encore ; je traverse le centre de Paris à pied pour aller travailler avec mes jeunes c’est un grand privilège.</p>
<p><strong>La ville qui m’angoisse ?<br />
</strong>Saint-Etienne. Quand j’ai connu cette ville mais c’était il y a longtemps, il y avait une atmosphère que je trouvais un peu plombante.</p>
<p><strong>Ce qui, dans mon pays, me rend le plus fier ?<br />
</strong>Je ne sais pas si c’est une fierté mais je suis heureuse d’être née dans une famille où il y avait un beau rapport à la nature et dans laquelle on pouvait prendre le temps. J’ai l’impression que dans beaucoup de pays ce n’est pas comme ça. J’étais une enfant un peu dans son monde, un peu ailleurs ; mon rythme d’alors n’aurait certainement pas été accepté ailleurs, aux Etats-Unis par exemple.</p>
<p><strong>A part chanter, ce que j’ai dû faire de plus compliqué sur scène ?<br />
</strong>Non on peut tout faire, il suffit d’être disponible.</p>
<p><strong>Si je pouvais apprendre un instrument du jour au lendemain, lequel serait-il ?<br />
</strong>Du point de vue artistique le violoncelle. Du point de vue « utilitaire », le piano.</p>
<p><strong>Un opéra dont j’aurais voulu être la créatrice du rôle-titre ?<br />
</strong><em>Otello</em> de Verdi pour Desdémone</p>
<p><strong>Si l’étais un Lied ou une Mélodie.<br />
</strong><em>Non t’amo più</em>, la mélodie de Tosti.</p>
<p><strong>Le compositeur auquel j’ai envie de dire “mon cher, ta musique n’est pas pour moi” ?<br />
</strong>Pierre Boulez. Autant j’ai chanté de la musique répétitive, comme Steve Reich, autant Boulez je n’y arrive pas.</p>
<p><strong>Ma personnalité historique préférée.<br />
</strong>Léonard de Vinci</p>
<p><strong>Mon pire souvenir historique des 40 dernières années.<br />
</strong>Toutes les guerres, parce que j’ai du mal à comprendre comment des hommes peuvent faire autant de mal à d’autres hommes. C’est une grande souffrance.</p>
<p><strong>Mon plus grand moment de grâce face à une œuvre d’art.<br />
</strong>J’ai eu beaucoup de moments de grâce face à des tableaux, mais surtout devant des paysages de nature.</p>
<p><strong>Le livre qui a changé ma vie ?<br />
</strong>Pas un livre mais une citation : « L’affection que l’on porte à une personne ne donne pas accès aux abysses secrets qui la fondent ; aimer constitue le contraire de connaître, aimer revient à fréquenter un mystère, surtout pas à le résoudre, encore moins à le dissoudre. L&rsquo;amour est un respect passionné envers ce qui nous échappe (E.-E. Schmitt). »</p>
<p><strong>Le rôle que je ne chanterai plus jamais et que je regrette le plus.<br />
</strong>Lucia di Lammermoor</p>
<p><strong>Ma devise<br />
</strong>Un état de conscience plutôt : « apprendre de ses erreurs , toujours avancer, toujours se relever ».</p>
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		<title>Annick Massis : « Quand j’ai commencé, ma voix était un peu une bulle de champagne »</title>
		<link>https://www.forumopera.com/annick-massis-quand-jai-commence-ma-voix-etait-un-peu-une-bulle-de-champagne/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 15 Nov 2025 07:39:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Vous venez à Toulouse pour un prochain récital ; en fait c’est un retour dans une ville qui compte pour vous ? On peut le dire, il faut même le dire parce que j’y ai fait des débuts très importants pour moi : je me souviens que j’étais la voleuse de chaussure dans Lady Macbeth de Mtensk avec &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Vous venez à Toulouse pour un prochain récital ; en fait c’est un retour dans une ville qui compte pour vous ?<br />
</strong>On peut le dire, il faut même le dire parce que j’y ai fait des débuts très importants pour moi : je me souviens que j’étais la voleuse de chaussure dans <em>Lady Macbeth de Mtensk</em> avec Pinchas Steinberg au pupitre. J’y ai aussi chanté Titania dans <em>Mignon</em> mis en scène par Nicolas Joël, tout comme sa Lucia qui m’a permis de faire mes débuts au Met à New York et que j’ai ensuite portée de par le monde<strong>, </strong>sans oublier <em>La Voix Humaine</em> et <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/lucrezia-borgia-toulouse-lucrezia-massis/"><em>Lucrezia Borgia</em></a> que Christophe Ghristi m’a proposés. Et puis des concerts, donc oui, Toulouse est une ville importante pour moi.</p>
<p><strong>Et puis il y a eu l&rsquo;étranger, vous y avez beaucoup chanté, vous avez chanté en Italie, à New York, un peu partout en fait.<br />
</strong>On peut même dire que j’ai fait la majeure partie de ma carrière à l’étranger et j’ai envie d’ajouter malheureusement. Bien sûr on ne peut pas tout faire en France, il faut sortir de l’hexagone, c’est indispensable et c’est un grand enrichissement. Mais il faudrait que les chanteurs français chantent davantage en France, à Paris et en province. Pour les jeunes chanteurs dont je m’occupe, la carrière est très compliquée.</p>
<p><strong>Il y a eu dans votre carrière des rencontres qui ont été importantes.<br />
</strong>Une première rencontre c&rsquo;était Jean-Claude Malgoire avec qui j’ai fait mes tous premiers et discrets pas baroques… Il m’a donné certaines clés, ce qui fait que mes rencontres par la suite avec Marc Minkowski et William Christie ont coulé de source. Mais toutes les rencontres sont importantes. La carrière c’est comme un puzzle, on avance d’une production à l’autre. Dominique Meyer a été important pour moi quand il était au TCE. Je l’ai ensuite retrouvé à Milan. Gérard Mortier aussi qui m’a fait venir à Madrid puis à l&rsquo;Opéra de Paris. Hughes Gall enfin m’a fait travailler à Garnier et à Zurich.</p>
<p><strong>Vous avez été élevée dans une sorte de bain non seulement culturel, mais même lyrique.<br />
</strong>Absolument, mon père avait fait des études d’ingénieur puis il a fait du chant, il avait une très belle voix de baryton. Il a fait partie du chœur de Radio-France ; figurez-vous qu’il était pianiste aussi et que je ne le savais pas ! Un soir nous avions des amis à la maison, j’entends le piano et là je découvre mon père au piano. J’ai découvert qu’il était aussi musicien ! Quant à ma mère elle a chanté l&rsquo;opérette pendant de nombreuses années. C’était un milieu artistique, on écoutait beaucoup de musique. Je n’ai pas appris d’instrument mais à la maison on écoutait toutes les musiques.</p>
<p><strong>J’entends un petit regret de votre part de ne pas avoir appris un instrument ?<br />
</strong>Oui complètement, j&rsquo;aurais adoré, mais je m’y suis mise très tard. C’était le piano, mais ça n’a duré que deux ans. Après j’ai rencontré Gabriel Dussurget auprès de qui j’ai passé une audition et j’ai tout arrêté !</p>
<p><strong>La voie était donc toute tracée, mais est-ce qu&rsquo;il y a eu un déclic, un moment où vous vous êtes dit : « je vais être une artiste lyrique ». </strong>Non je ne me suis jamais dit cela. Dans un premier temps je suis entrée dans l&rsquo;enseignement, j’ai fait l’école normale de Paris et je suis devenue institutrice mais j&rsquo;ai toujours chanté. Et puis un jour j’ai fait une master-class et suite à cela j’ai été auditionnée par Gabriel Dussurget et les choses se sont enchaînées très naturellement.</p>
<p><strong>Savez-vous combien de rôles vous avez à votre répertoire et est-ce que vous diriez que votre voix a changé depuis toutes ces années ?<br />
</strong>Je pense que j’ai chanté à peu près 80 rôles de soprano avec une voix qui bien sûr a changé. Je crois qu’elle s’est bonifiée. Quand j’ai commencé, ma voix était un peu une bulle de champagne et petit à petit je suis passée de soprano léger à soprano lyrique. j’ai fait quelques rares incursions dans des répertoires « mezzoïsants »  ou plus exactement qui demandent un registre grave solide si on ne veut pas mettre en danger la santé de l’émission vocale et même la santé nerveuse. On m’a proposé des rôles que je rêvais de chanter mais que je ne pensais pas pouvoir aborder à l’époque … j’aurais peut-être dû : Desdémone (Verdi) , la Maréchale. J’ai donc été on va dire « raisonnable » !  J’ai refusé beaucoup de rôles car je pensais ne pas pouvoir les servir correctement ; j’étais consciente des conséquences d’aborder un certain genre de répertoire prématurément pour mes cordes vocales. C’est souvent une porte qu’on ouvre sans pouvoir vraiment revenir en arrière. Et c’est sans doute aussi ce qui m’a permis de durer… Oui, aujourd’hui les jeunes acceptent davantage de choses, y compris des rôles plus lourds et plus tôt, mais n’oublions pas que nous, nous avions davantage de temps à l’époque.</p>
<p><strong>Si vous aviez un conseil à donner à un jeune artiste qui veut se lancer dans le chant ?<br />
</strong>C’est une question un peu piège ; je suis beaucoup de jeunes qui viennent me voir. Il y a des jeunes qui sont un peu dans le « fantasme » du chant et c’est ennuyeux. J’essaie de leur faire comprendre que même quand on est doué et qu’on est presque prêt, il est difficile de percer. Mais c’est difficile de leur dire cela. Mais le conseil essentiel c’est de toujours rester authentique. L’enseignement est important pour moi, c’est plus qu’un enseignement, c’est une recherche, une recherche avec mes élèves mais aussi une recherche sur soi-même : avec mes élèves je fais de la haute-couture.</p>
<p><strong>Les mises en scène, la querelle des modernes et des anciens. Comment vous situez vous par rapport à ça ?<br />
</strong>Si c’est cohérent, pourquoi pas une <em>Bohème</em> dans une station spatiale ! Je suis allée voir cette <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/la-boheme-paris-bastille-trahison/"><em>Bohème</em> de Claus Guth</a>. Oui c’était très bien chanté, la mise en scène était cohérente, donc c’était bien. Et puis je suis sortie et je me suis demandé : « qu’est-ce que tu as ressenti ? ». Et en fait j’ai trouvé que tout cela était froid.</p>
<p><strong>Est-ce que vous avez déjà été confrontée à des metteurs en scène ou à des mises en scène qui vous ont amené finalement à décliner ? </strong>Non ça ne m’est jamais arrivé mais je crois que j’ai eu beaucoup de chance. J’ai eu droit à des mises en scènes minimalistes mais dans l’ensemble peut-être que je ne convenais pas à des metteurs en scène plus « radicaux » !</p>
<p><strong>Parmi tous les enregistrements que vous avez faits, lesquels retenez-vous ?<br />
</strong><em>Les pêcheurs de perles</em> à La Fenice avec Marcello Viotti reste un très beau souvenir. J’ai bien aimé aussi les enregistrements avec Opera Rara. Je pense à un <em>Lucio Silla</em>, un enregistrement commencé à La Fenice et terminé à Salzbourg !</p>
<p><strong>A la vue des affiches pour votre prochain récital à Toulouse, on se pose la question : est-ce qu’Annick Massis est en train d&rsquo;annoncer une tournée d&rsquo;adieux ?<br />
</strong>Comment vous dire ? Cet été j’ai été amenée à faire mes débuts à Aix-en-Provence dans un tout petit rôle [la balayeuse dans <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/charpentier-louise-aix-en-provence/">Louise</a>] pour dépanner une collègue. Cela faisait un petit moment que je n’avais pas été sur scène ; j’ai eu comme un déclic et je me suis retrouvée dans une grande jubilation. Alors quand Christophe Ghristi m’a proposé de faire mes adieux ; je lui ai dit «  Mes adieux, tu es sûr ? C’est un peu triste ! » J’ai dit ok, mais dans ce cas je vais me faire plaisir et en fait cela pourrait ressembler à la tournée d’adieux de Madame Gruberova qui a duré presque 20 ans ! Non ce ne seront pas des adieux définitifs. Disons que je me suis carrément fait plaisir ; avec mon ami pianiste Antoine Palloc , nous avons décidé de n’interpréter que des pépites. J’espère que ce sera une soirée partagée et appréciée comme telle…</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/annick-massis-quand-jai-commence-ma-voix-etait-un-peu-une-bulle-de-champagne/">Annick Massis : « Quand j’ai commencé, ma voix était un peu une bulle de champagne »</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>Paroles d&#8217;artistes : notre boîte à bijoux d&#8217;archives audio</title>
		<link>https://www.forumopera.com/dossier/paroles-dartistes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 27 Aug 2025 23:03:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Paroles d&#8217;artistes ambitionne de retrouver dans les larges archives audio et vidéo des rédactrices et rédacteurs de Forumopera, des témoignages exclusifs &#8211; drôles ou sensibles &#8211; des artistes qui font le monde de l&#8217;opéra. Tous nos contenus sont extraits d&#8217;interviews réalisées par des membres de l&#8217;équipe. 28.08.2025Philippe Herreweghe et l&#8217;art mnémotechnique.Il ouvre la partition et &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Paroles d&rsquo;artistes ambitionne de retrouver dans les larges archives audio et vidéo des rédactrices et rédacteurs de Forumopera, des témoignages exclusifs &#8211; drôles ou sensibles &#8211; des artistes qui font le monde de l&rsquo;opéra. Tous nos contenus sont extraits d&rsquo;interviews réalisées par des membres de l&rsquo;équipe.</p>


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<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="Paroles d&#039;artistes" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/videoseries?list=PLCojEbyMSN9XvNW_Qr60loOQpinTYJaXI" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
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<p><strong>28.08.2025</strong><br /><a href="https://youtu.be/lqlLih26u34?si=k0r9sD7olzrZdwXv">Philippe Herreweghe et l&rsquo;art mnémotechnique.</a><br />Il ouvre la partition et il nous montre comment il s&rsquo;y prend.</p>
<p><strong>26.08.2025</strong><br /><a href="https://youtu.be/diBwqH2sRXE?si=PoSPW1vHxRnJ3aA3">Leo Nucci : Le baryton au coeur d&rsquo;or</a><br />Il y a quinze ans, l&rsquo;immense artiste nous disait la crainte que s&rsquo;amenuise le sentiment d&rsquo;humanité. </p>
<p><strong>18.08.2025</strong><br /><a href="https://youtu.be/ABAjeJvPQsk?si=q4jrP8ZEEosWaYu3">Annick Massis : entend bien devenir « une vieille joyeuse ».</a><br />Réflexion subtile sur le temps qui passe.</p>
<p><strong>10.08.2025<br /></strong><a href="https://youtu.be/5_eiVclAOds?si=xRvkGPDPeZ1JLP__">Sandrine Piau : « tant qu&rsquo;on peut voir le visage d&rsquo;un enfant dans celui d’un adulte, on est sauvé »</a><br />Quand la soprano française parle à la manière de Maeterlinck<strong><br /><br />09.08.2025<br /></strong><a href="https://youtu.be/0oYge6Ehy8Y">Hugues Cuenod à 103 ans « 60 ans de carrière « sans voix ni technique »</a><br />Il avait pris l&rsquo;habitude de dire « comment voulez-vous que je perde ma voix, je n&rsquo;en ai jamais eue »<br /><strong><br />08.08.2025<br /></strong><a href="https://www.forumopera.com/breve/paroles-dartistes-angel-blue-lopera-na-pas-besoin-du-black-face/">Angel Blue : « L’opéra n’a pas besoin du black-face »</a><br />La polémique a deux ans, Angel Blue a depuis conquis Vérone.</p>
<p><strong>06.08.2025<br /></strong><a href="https://youtu.be/wITnoZxTHNE?si=ATso0VlY_mBs1UDf">Alberto Zedda : « Rossini permet de trouver des réponses esthétiques à des questionnements éthiques »</a><br />Et en bonus, <a href="https://youtube.com/shorts/3XUWAk--wK8?feature=share">une réflexion sur Rossini et Mantegna.</a><br />Comme cet incroyable artiste nous manque.</p>
<p><strong>04.08.2025<br /></strong><a href="https://youtube.com/shorts/cgSAcowKrxo">Dominique Visse et son affriolant manteau de vison</a><br />Un jeune homme a l&rsquo;ondoyante coiffure, dans la nuit, un manteau de vison. Qui sait, sur un malentendu ?</p>


<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="Sonya Yoncheva : “Une chanteuse a le droit d’avoir une famille, une courtisane d’aspirer à l’amour”" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/zC-GFL9b7Ps?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
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<p><strong>31.07.2025<br /><a href="https://youtube.com/shorts/hzZmKHxtzZo">Sébastien Daucé : Ce moment où les artisans devinrent artistes</a><br /></strong>Nous avons le plaisir d&rsquo;échanger avec le jeune fondateur de l&rsquo;ensemble Correspondance depuis de longues années.&nbsp;</p>
<p><strong>30.07.2025</strong><br /><a href="https://www.instagram.com/reel/DMuZoMuA3_E/?utm_source=ig_web_copy_link">Marcello Giordani : de la brièveté de la vie</a><br />L&rsquo;immense ténor se confiait à nous quelques jours avant de disparaître à la surprise générale.</p>
<p><strong>29.07.2025</strong><br /><a href="https://youtube.com/shorts/zC-GFL9b7Ps">Sonya Yoncheva : “Une chanteuse a le droit d’avoir une famille, une courtisane d’aspirer à l’amour”</a><br />Plaidoyer pour la liberté des femmes à travers leurs conditions.</p>
<p><strong>21.07.2025</strong><br /><a href="https://youtube.com/shorts/mAPDKUef8AE">Cecilia Bartoli : Autoportrait vocal chromesthésique</a><br />Nous rencontrions la diva romaine au Plaza Athénée&nbsp;</p>
<p><strong>20.07.2025</strong><br /><a href="https://youtu.be/sgSGCFVFDCg">Kazushi Ono tente l&rsquo;abolition de la parole face à la partition du Turandot</a><br />Nous avons rencontré Kazushi Ono en 2019.</p>
<p><strong>14/07/2025</strong><br /><a href="https://youtu.be/SPtIRW-g0Xg">Thomas Hampson au sujet des masterclass rugueuses de Frau Schwarzkopf : « Elle n&rsquo;était pas un dragon »</a><br />Nous avons rencontré Thomas Hampson en 2015.</p>
<p><strong>14/07/2025</strong><br /><a href="https://youtube.com/shorts/n1MK9YxfgzI">Sir Antonio Pappano : « Puccini était-il un dandy patenté ? »</a><br />Retrouvez <a href="https://youtu.be/xlprFW7IEfs">l&rsquo;interview complète</a></p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/dossier/paroles-dartistes/">Paroles d&rsquo;artistes : notre boîte à bijoux d&rsquo;archives audio</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>CHARPENTIER, Louise &#8211; Aix-en-Provence</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/charpentier-louise-aix-en-provence/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 08 Jul 2025 04:43:21 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Achevée en 1893 mais créée en 1900 seulement, notamment suite au refus de nombreux théâtres de proposer un sujet aussi scabreux, Louise remporta un triomphe à sa première, et l&#8217;ouvrage sera régulièrement produit sur les scènes françaises jusqu&#8217;aux années 60 environ. Peut-on encore jouer Louise aujourd&#8217;hui ? Premier opéra naturaliste, l&#8217;ouvrage traite du désir féminin, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Achevée en 1893 mais créée en 1900 seulement, notamment suite au refus de nombreux théâtres de proposer un sujet aussi scabreux, <em>Louise</em> remporta un triomphe à sa première, et l&rsquo;ouvrage sera régulièrement produit sur les scènes françaises jusqu&rsquo;aux années 60 environ. Peut-on encore jouer <em>Louise</em> aujourd&rsquo;hui ? Premier opéra naturaliste, l&rsquo;ouvrage traite du désir féminin, du sentiment de liberté lié à la vie dans une grande ville, du refus de l&rsquo;autorité parentale et de ses conséquences, de l&rsquo;honneur de la famille (alors que celle-ci n&rsquo;est plus contrainte par le qu&rsquo;en-dira-t-on provincial du fait d&rsquo;un environnement anonyme)&#8230; toutes choses qui disparaissent largement après 1968, mais qui étaient encore bien réelles dans la France de l&rsquo;après-guerre, en particulier dans les familles fraichement montées à la ville. Le succès de l&rsquo;ouvrage doit ainsi probablement davantage à ces thématiques, prégnantes pour le public de l&rsquo;époque, qu&rsquo;à une musique correctement tournée mais sans grâce particulière, à l&rsquo;exception de l&rsquo;air « Depuis le jour » que la plupart des grands sopranos auront mis à leur répertoire (Charpentier n&rsquo;obtiendra d&rsquo;ailleurs plus jamais aucun succès majeur avec ses compositions). La popularité de l&rsquo;ouvrage à l&rsquo;international (on lit souvent que l&rsquo;œuvre conserve une certaine réputations aux États-Unis par exemple) tient sans doute beaucoup à son évocation du Paris montmartrois. Enfin, le livret est souvent un peu ronflant et emphatique.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Louise-—-Festival-dAix-en-Provence-2025-©-Monika-Rittershaus_12-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-194020"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>© Monika Rittershaus</sub></figcaption></figure>


<p>Il fallait donc une sacrée audace pour reprogrammer cet ouvrage dans le cadre du festival d&rsquo;Aix-en-Provence, d&rsquo;autant qu&rsquo;il est particulièrement lourd à monter en raison d&rsquo;une distribution pléthorique, surtout si l&rsquo;on peut réunir des chanteurs capables de faire vivre la prosodie française. Une approche actuelle aurait pu lui rendre sa modernité : après tout, ce qu&rsquo;on appelle improprement les « crimes d&rsquo;honneur » se multiplient, sans parler de la banalisation des discours masculinistes ou du phénomène des <em>Incel</em>, autant de signes de la fragilité des droits des femmes. Ce n&rsquo;est pas l&rsquo;option qu&rsquo;a choisie <strong>Christof Loy</strong>. Considérant que la composition de l&rsquo;ouvrage suit de peu les travaux (contestés) de Charcot sur l&rsquo;hystérie (1), le metteur en scène allemand a choisi de faire de Louise une patiente traitée pour cette névrose. Le concept n&rsquo;est pas véritablement nouveau : c&rsquo;est celui développé par Andrei Serban pour la production de<em> Lucia di Lammermoor</em> donnée à l&rsquo;Opéra-Bastille depuis trente ans. On ne compte d&rsquo;ailleurs plus les mises en scène se référant &nbsp;à l&rsquo;univers médical : on se rappellera ainsi qu&rsquo;Aix a déjà donné une <em>Carmen</em> qui se passait dans un centre de thérapie sexuelle (2017), et de même pour son dernier <em>Così</em> <em>fan</em> <em>tutte</em> (2023). Dans un décor unique, la salle d&rsquo;attente d&rsquo;un hôpital, Louise fantasme un amour pour Julien (on découvrira à la toute dernière scène qu&rsquo;il s&rsquo;agit du médecin) et une relation quasi sexuelle avec son propre père, culminant dans une scène finale assez explicite qui se termine par le suicide de l&rsquo;héroïne (suicide lui aussi fantasmé puisqu&rsquo;après un court moment d&rsquo;obscurité totale, on se retrouve à nouveau dans l&rsquo;hôpital, Louise sortant réjouie du cabinet du médecin, et certainement pas guérie). Toute l&rsquo;œuvre est ainsi construite autour du délire de Louise. Certains personnages sont d&rsquo;ailleurs interprétés par ses proches : celui du Chiffonnier dont l&rsquo;histoire résume les craintes du Père pour sa fille, ou du Noctambule, aux mœurs dissolus, chanté par l&rsquo;interprète de Julien (ce qui peut engendrer une certaine confusion chez le spectateur non averti). On comprend moins pourquoi la Mère devient également la Première d&rsquo;atelier de l&rsquo;entreprise de confection dans laquelle travaille Louise (d&rsquo;autant que ladite Mère l&rsquo;a précédemment menacée de la forcer à travailler à la maison). Si le concept semble donc un peu bancal, il n&rsquo;est pas vraiment dérangeant. Enfin, la direction d&rsquo;acteur est excellente et le moindre des petits rôles est travaillé à la perfection. Le Paris montmartrois disparait en revanche dans cette mise en scène.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Louise-—-Festival-dAix-en-Provence-2025-©-Monika-Rittershaus_21-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-194056"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>© Monika Rittershaus</sub></figcaption></figure>


<p><strong>Elsa Dreisig</strong> incarne une Louise introvertie, intérieurement vibrante, dont la fragilité s&rsquo;exprime dans un chant délicat, avec une projection souvent un peu ténue, sauf pour les grands scènes où elle fait éclater sa révolte. Sa prononciation est également d&rsquo;une grande clarté et elle se révèle une diseuse exceptionnelle. Le soprano sait également bouger son corps pour traduire avec justesse tout une palette de sentiments. Elle sait, avec une profonde justesse, rendre l&rsquo;évolution de son personnage, même si la révolte contre l&rsquo;autorité parentale devient ici la fuite vers la mort pour échapper à des pulsions incestueuses fantasmées. À sa première intervention, la voix d&rsquo;<strong>Adam Smith</strong> nous fait nous interroger. Le jeune chanteur nous rappelle un peu le grand Neil Shicoff : un chant si énergique, parfois à la limite de l&rsquo;accident toutefois, était-il nécessaire pour une œuvre plutôt délicate ? La réponse nous sera apportée avec le grand duo de l&rsquo;acte III qui nécessite en effet les ressources d&rsquo;un <em>lirico-spinto,</em> et où le ténor britannique, dominant sans problème le bouillonnement orchestral, achèvera de nous convaincre. Le français est dépourvu d&rsquo;accent, mais la prononciation (un peu à la Shicoff justement) est perfectible. Ajoutons une présence scénique évidente, un charme craquant, qui sait rendre très crédible et très vivant le personnage de Julien. <strong>Sophie Koch</strong> incarne la Mère avec autorité. À ce stade de sa carrière, la voix est parfois un peu dure, mais s&rsquo;accorde pour cela même avec ce rôle de composition. L&rsquo;actrice est impeccable. <strong>Nicolas Courjal</strong> est particulièrement investi dramatiquement dans son personnage de Père, lui aussi particulièrement névrosé, d&rsquo;autant que la mise en scène lui en demande beaucoup. Quelques aigus un peu sont à l&rsquo;arraché, mais cela passe dans le feu de l&rsquo;action, et contribue à exprimer le trouble psychique du personnage.</p>
<p>La pléthore de seconds rôles est impeccablement distribuées. <strong>Marianne Croux</strong> offre toute la truculence requise au personnage de la couturière Irma, avec un timbre chaud et de beaux graves. Remplaçant au pied levé Roberta Alexander souffrante et qui s&rsquo;est désistée pour toute la série, <strong>Annick Massis</strong> apporte une touche de nostalgie avec le personnage de la balayeuse qui connu son heure de gloire. La voix est toujours lumineuse et d&rsquo;une belle fraîcheur. Difficile de ne pas craquer pour le Gavroche idéal de <strong>Céleste Pinel</strong> campé avec abattage et humour (elle chante également l&rsquo;Apprentie, une jeune couturière). En marchand d&rsquo;habits, mais surtout en Pape des Fous, <strong>Grégoire Mour</strong> fait preuve d&rsquo;une splendide musicalité, d&rsquo;un beau phrasé, avec une belle maîtrise de la voix mixte. Là encore, la prononciation est impeccable. Les autres chanteurs ont des interventions souvent plus limitées mais toujours exigeantes, qu&rsquo;il s&rsquo;agisse de franchir le mur de l&rsquo;orchestre ou d&rsquo;exister au milieu des ensembles. Tous sont à citer car tous sont parfaits. Les deux gardiens de la paix, les jeunes <strong>Filipp Varik</strong> et <strong>Alexander de Jong</strong> sont déjà des promesses. Le Bricoleur de <strong>Frédéric Caton</strong> est pétri d&rsquo;humanité. <span style="font-size: revert;"><strong>Carol Garcia</strong> est une Gertrude espiègle et pleine de vie. </span><span style="font-size: revert;"><strong>Karolina</strong> <strong>Bengtsson</strong> est une Camille rêveuse et empathique. <strong>Julie Pasturaud</strong> est une Marguerite un brin maternelle. <strong>Marie-Thérèse Keller</strong> est une Madeleine enjouée. <strong>Marion Vergez-Pascal</strong> dispense un timbre agréable en Élise. <strong>Marion Lebègue</strong> (Suzanne, La Glaneuse de charbon) offre une belle projection et une excellente diction. </span><strong>Jennifer Courcier</strong> est une Blanche et une Plieuse de journaux pleine d&rsquo;entrain. <span style="font-size: revert;">Le <strong>Chœur de l’Opéra de Lyon</strong> et la <strong>Maîtrise des Bouches-du-Rhône</strong> sont excellents, idéalement </span>sonores, scéniquement très vivants, mais relativement peu sollicités par la partition.</p>
<p><strong>Giacomo Sagripanti</strong> dirige d&rsquo;une baguette experte, avec une grande attention envers le plateau. Les ensembles sont parfaitement coordonnés. En dépit des qualités de l&rsquo;orchestre de l&rsquo;Opéra de Lyon (par ailleurs renforcé par Orchestre des Jeunes de la Méditerranée pour la musique de scène), l&rsquo;acoustique de l&rsquo;Archevêché ne permet pas trop toutefois de goûter l&rsquo;opulence de l&rsquo;orchestration, l&rsquo;ensemble apparaissant davantage fondu qu&rsquo;émaillé de touches subtiles.</p>
<pre>(1) Fondateur de la neurologie, Jean-Martin Charcot, dont les apports scientifiques sont indéniables, se trompait toutefois sur la nature de l'hystérie qu'il pensait d'origine neurologique stricte, alors qu'on la considère aujourd'hui comme d'origine psychiatrique. </pre><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/charpentier-louise-aix-en-provence/">CHARPENTIER, Louise &#8211; Aix-en-Provence</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>La saison 2025-26 du Capitole de Toulouse, confiante et ambitieuse</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/la-saison-2025-26-du-capitole-de-toulouse-confiante-et-ambitieuse/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clément Taillia]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 04 Apr 2025 05:43:02 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>A l&#8217;heure où souffrent tant d&#8217;institutions lyriques, il est toujours réjouissant d&#8217;en voir quelques unes tirer leur épingle du jeu. En présentant à la presse la nouvelle saison de l&#8217;Opéra National Capitole de Toulouse, dont il est depuis 2017 le Directeur artistique, Christophe Ghristi avait ainsi plusieurs bonnes nouvelles à annoncer : fort taux de &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>A l&rsquo;heure où souffrent tant d&rsquo;institutions lyriques, il est toujours réjouissant d&rsquo;en voir quelques unes tirer leur épingle du jeu. En présentant à la presse la nouvelle saison de l&rsquo;Opéra National Capitole de Toulouse, dont il est depuis 2017 le Directeur artistique, <strong>Christophe Ghristi</strong> avait ainsi plusieurs bonnes nouvelles à annoncer : fort taux de remplissage (supérieur à 90% de la jauge sur l&rsquo;ensemble de la saison, ce qui a conduit a rajouter des représentations de <em>Nabucco </em>et de <em>Norma</em>), augmentation du nombre d&rsquo;abonnés (+ 20%) et de spectateurs (+ 8%), forte présence de jeunes spectateurs (près d&rsquo;un quart d&rsquo;entre eux ont moins de 27 ans)&#8230; autant d&rsquo;indicateurs au beau fixe permettant un programme lyrique 2025-2026 ambitieux, comprenant dix titres, soit un de plus que la saison dernière.</p>
<p>Certains grands titres du répertoire seront bien entendu au rendez-vous. Un nouveau <em><strong>Don Giovanni </strong></em>de Mozart mettra à l&rsquo;honneur un tandem luxueux, composé de la cinéaste<strong> Agnès Jaoui</strong> à la mise en scène et du jeune directeur musical de l&rsquo;Orchestre du Capitole de Toulouse, <strong>Tarmo Peltokoski</strong>, au podium, tous deux faisant leurs débuts <em>in loco. </em>Une reprise de <em><strong>Lucia di Lammermoor</strong> </em>de Donizetti dans la production de Nicolas Joel verra alterner, dans les rôles principaux, <strong>Jessica Pratt</strong> et <strong>Giuliana Gianfaldoni</strong>, <strong>Pene Patti</strong>,<strong> Ramon Vargas</strong> et <strong>Bror Magnus Todenes</strong>, tandis que <strong>Michael Fabiano</strong> et<strong> Adriana Gonzalez</strong> feront leurs débuts dans les rôles principaux de l&rsquo;<strong><em>Otello</em> </strong>de Verdi. <strong><em>Salome</em></strong>, de Richard Strauss, sera pour <strong>Matthias Goerne</strong> l&rsquo;occasion de réaliser ses débuts de metteur en scène. La distribution, sous la direction de <strong>Frank Beermann</strong>, réunira <strong>Marie-Adeline Henry</strong>, <strong>Jérôme Boutillier</strong>, <strong>Nikolai Schukoff</strong> et <strong>Sophie Koch</strong>. Bizet clôturera la saison, avec <em><strong>Carmen</strong>, </em>incarnée au choix par <strong>Marie-Nicole Lemieux</strong> ou <strong>Adèle Charvet</strong>. Mais les amateurs de raretés pourront également se lancer dans de belles (re)découvertes  : présent lors de la présentation de la saison à la presse, <strong>Hervé Niquet</strong> dirigera une très attendue <strong><em>Thaïs </em></strong>de Massenet, mise en scène par<strong> Stefano Poda</strong>, avec <strong>Rachel Willis-Sorensen</strong>, <strong>Tassis Christoyannis</strong>, <strong>Jean-François Borras</strong> et <strong>Frédéric Caton</strong> dans les rôles principaux. <em><strong>La Passagère</strong>, </em>opéra de Mieczyslaw Weinberg, connaîtra sa création française en janvier 2026 (sous la direction de <strong>Francesco Angelico</strong>), tandis que plusieurs opéras baroques seront présentés en version de concert : <em><strong>Theodora</strong> </em>de Haendel (<strong>Lea Desandre</strong>, <strong>Véronique Gens</strong> notamment, y seront dirigées par <strong>Thomas Dunford</strong>), <em><strong>Armide</strong> </em>de Gluck (<strong>Stéphanie d&rsquo;Oustrac</strong>, <strong>Cyril Auvity</strong>, <strong>Marie Perbost</strong>, <strong>Timothée Varon</strong> avec le Poème Harmonique de <strong>Vincent Dumestre</strong>), <em><strong>Les Boréades</strong> </em>de Rameau (<strong>Reinoud Van Mechelen</strong> au pupitre et en Abaris, <strong>Gwendoline Blondeel</strong>, <strong>Lisandro Abadie</strong>).</p>
<p>Attaché aux récitals (on se souvient de ceux qu&rsquo;il avait programmés à l&rsquo;Amphithéâtre de l&rsquo;Opéra Bastille quand il était Directeur de la Dramaturgie à l&rsquo;Opéra de Paris), Christophe Ghristi invitera <strong>Matthias Goerne</strong>, <strong>Annick Massis </strong>pour ses adieux à la maison, <strong>Jakub Jozef Orlinski</strong>, mais également <strong>Zachary Wilder</strong> ou <strong>Adèle Charvet</strong> dans le format plus court des Midis du Capitole. Côté danse, un hommage à Ravel confié à <strong>Johan Inger</strong> et <strong>Thierry Malandain</strong> et le<strong> </strong><em><strong>Casse-Noisette</strong> </em>de Tchaikovski précèderont deux créations : Trois cygnes et <strong><em>Un saut dans le bleu</em></strong>, confié à <strong>Carolyn Carlson</strong>..</p>
<p>Plus de renseignements ici : <a href="https://opera.toulouse.fr/">Page d&rsquo;accueil &#8211; Opéra du Capitole (toulouse.fr)</a></p>
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		<title>POULENC, La Voix humaine — Paris (Gaveau)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/la-voix-humaine-paris-gaveau-le-capital-massis/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 17 Feb 2022 05:00:19 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>On parle souvent de capital sympathie pour désigner une aptitude à susciter chez autrui une inclination affective inconditionnelle et irraisonnée. Annick Massis à n’en pas douter appartient à la catégorie d’artistes qui dispose auprès du public de cette faculté. Qu’elle apparaisse sur scène et la salle palpite, les applaudissements crépitent, les « brava » fusent. La notion &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>On parle souvent de capital sympathie pour désigner une aptitude à susciter chez autrui une inclination affective inconditionnelle et irraisonnée. <strong>Annick Massis</strong> à n’en pas douter appartient à la catégorie d’artistes qui dispose auprès du public de cette faculté. Qu’elle apparaisse sur scène et la salle palpite, les applaudissements crépitent, les « brava » fusent. La notion de capital émotionnel, qui consiste en une propension naturelle à instiller des émotions, est moins couramment employée. Pourtant là encore, la Francesina, comme l’appellent affectueusement les Italiens, n’est pas en reste.</p>
<p>Dès le premier « allo » dans cette <em>Voix Humaine</em> de Cocteau mise en musique par Francis Poulenc, on s’accroche à l’accoudoir de son fauteuil car la petite heure que dure la pièce s’annonce de celles dont on ne ressort pas indemne. En décrire l’effet s’avère plus simple qu’en analyser la cause. Un timbre griffé, une présence, une détresse, une somme de signes intangibles à laquelle s’ajoutent d’autres facteurs plus objectifs : l’articulation, indispensable pour que l&rsquo;essentiel du texte puisse être saisi dans ses moindres intentions ; l’utilisation d’une palette subtile de couleurs afin de surligner les mots ; le travail sur le geste scénique et vocal de manière à ce que cette histoire de femme pendue au fil du téléphone continue de conserver vraisemblance et pertinence à l’époque de la 5G. Même les fêlures de la voix, ces marques inévitables laissées par le temps, deviennent leviers d’expression.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="263" src="/sites/default/files/styles/large/public/img_0930_c_oliva_kahler.jpg?itok=-HGiyzns" title="© Olivia Kahler" width="468" /><br />
	© Olivia Kahler</p>
<p>« Elle » ainsi interprétée dans une Salle Gaveau devenue théâtre par l’ajout sur la scène de quelques éléments de mobilier qu&rsquo;Annick Massis utilise pour régler sa propre mise à mort, s’impose avec une évidence qui, à la fin de la soirée, met le public debout. Dégagerait-elle la même force émotionnelle si <strong>Antoine Palloc </strong>ne lui offrait la meilleure des répliques ? Car dans cette version pour piano de <em>La Voix humaine</em>, l’instrument n’accompagne pas, ne commente pas ; il ponctue, il questionne, il torture, il se tait aussi – et ces silences dont la longueur est laissée par Poulenc à la liberté des interprètes peuvent être insoutenables. Percussif quand il lui faut imiter la sonnerie du téléphone ou imager les soubresauts des sentiments, lyrique les rares fois où la digue mélodique accepte de céder, étagé sur un large spectre de nuances, du gémissement au rugissement, voilà un piano que son pianiste a doué de parole.</p>
<p>Les derniers accords d’une violence irrespirable rendent dispensable le bruitage final – un coup de feu absent de la partition – qui paradoxalement réduit l’impact de la conclusion. Un bis après une telle claque serait malvenu. C’est pourquoi Annick Massis, prévenante, avait amorcé la soirée par un air de la <em>Sonnambula</em>, où s’exposaient en un camaïeu sépia non exempt de nostalgie toutes les qualités de souffle et de ligne qui contribuent à la doter de ce capital unique.</p>
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		<title>Annick Massis de retour à Paris</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/annick-massis-de-retour-a-paris/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 14 Feb 2022 10:01:39 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Depuis quand ne l&#8217;avait-on pas revue à Paris ? Plus de deux ans ; 2 décembre 2019 pour être précis. L&#8217;Instant Lyrique déjà&#8230; « Pour ce courage sans forfanterie, pour cette humilité sans affectation, pour cet art offert sans condition à un public enamouré, pour cette présence lumineuse, un seul mot, hurlé par un admirateur &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Depuis quand ne l&rsquo;avait-on pas revue à Paris ? Plus de deux ans ; 2 décembre 2019 pour être précis. L&rsquo;Instant Lyrique déjà&#8230; « Pour ce courage sans forfanterie, pour cette humilité sans affectation, pour cet art offert sans condition à un public enamouré, pour cette présence lumineuse, un seul mot, hurlé par un admirateur au fond de la salle après chaque numéro : brava ! » écrivait alors Christophe Rizoud. <strong>Annick Massis </strong>sera de retour à Paris Salle Gaveau, demain, mardi 15 février, accompagnée au piano par Antoine Palloc dans une version mise en espace de <em>La Voix humaine</em> de Francis Poulenc, grand monologue dramatique dans lequel la Francesina – comme la surnomment affectueusement nos amis italiens – devrait durablement chasser le souvenir de Nabilla. Allo quoi ! Informations et réservation sur <a href="https://www.linstantlyrique.com/annick-massis-21-22">linstantlyrique.com</a></p>
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		<title>L’INSTANT LYRIQUE d’Annick Massis — Paris (Elephant Paname)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/linstant-lyrique-dannick-massis-paris-elephant-paname-elle-est-lhumble-servante/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 02 Dec 2019 17:15:23 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>« Tant d’amour » soupire Annick Massis émue par l’accueil chaleureux que lui réserve dès son entrée sur scène le public de l’Instant Lyrique. Voilà une soprano née à Paris que les théâtres parisiens n’ont pas invitée autant qu’il aurait fallu. Question de répertoire – le belcanto romantique dont elle fut un des porte-drapeaux n’a &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>« Tant d’amour » soupire <b>Annick Massis</b> émue par l’accueil chaleureux que lui réserve dès son entrée sur scène le public de l’Instant Lyrique. Voilà une soprano née à Paris que les théâtres parisiens n’ont pas invitée autant qu’il aurait fallu. Question de répertoire – le belcanto romantique dont elle fut un des porte-drapeaux n’a pas souvent la faveur de nos directeurs de maison d’opéra. Question de concurrence aussi. D’autres, dans la même catégorie vocale, surent alors mieux capter les sunlights du lyrique. Peu importe. Son nom a rapidement circulé en dehors des circuits officiels. Son parcours est auréolé de triomphes. Elle n’a plus rien à démontrer, elle veut juste chanter pour son plaisir et celui de ses admirateurs venus nombreux l’applaudir une nouvelle fois. La soirée affiche complet depuis plusieurs semaines. Attention, diva ?</p>
<p>Non. D’autres, plus capricieuses ou plus coquettes, minauderaient en interprétant des romances sucrées ou une de ces <i>arie antiche</i> sur lesquelles les étudiantes en première année de conservatoire exercent leur jeune voix. Pas « la » Massis – sa renommée, plus que sa personnalité, modeste, autorise l’ajout de l’article devant son patronyme, signe extérieur de richesse que l’on réserve aux plus grandes. Le programme de son récital comprend certains airs difficiles composés par Giuseppe Verdi, qui plus est dans une tessiture de l<i>irico</i>, voire <i>lirico-spinto</i>, a priori éloignée des contrées vocales où son soprano a pour habitude de vagabonder. Au piano, <b>Antoine Palloc</b> est l’ami autant que l’accompagnateur, qui la guide sans faillir sur les chemins escarpés qu’elle a choisi d’explorer.</p>
<p>Le temps a inévitablement griffé le timbre mais on aime ces griffures puisqu’on aime l’artiste. La musicalité, elle, reste insensible à l’outrage des ans. Il faut juste à la voix un peu plus de temps pour se chauffer, trouver le soutien nécessaire pour contrôler le vibrato. Les mélodies en début de programme ont-elles une autre raison d’être ? Déjà Liszt, en quatrième position, après Ravel, Fauré et Schubert, marque une étape. Les repères sont trouvés, le texte s’anime, l’interprétation devient sensible.</p>
<p>La romance de Medora dans <i>Il Corsaro</i> tout en avançant encore prudemment révèle une matière – un médium, un grave – que l’on ignorait. L’air de Leonora expose davantage : une technique toujours superlative – notes trillées, augmentées, diminuées, filées – à laquelle s’adjoint une ampleur nouvelle. La largeur trouve ses limites dans le « Come in quest’ora » chanté par Amelia au premier acte de <i>Simon Boccanegra</i>. En équilibre instable sur le mouvement ternaire, cet air est un piège qu’Annick Massis ne parvient pas entièrement à déjouer, tout comme « Io son l’umile ancella » d’<i>Adriana Lecouvreur, </i>en bis, la pousse dans ses ultimes retranchements. Pourtant, quelle habileté pour tracer sur le souffle avec toutes les nuances nécessaires une ligne à la courbe admirable. Et combien alors Annick Massis se fait l’humble servante d’un art qu’elle a précédemment porté au plus haut, dans l’air d’Amalia d’<i>I Masnadieri</i>, écrit à l’intention d’un soprano léger – Jenny Lind, le rossignol suédois. Ici, le chant s’épanouit en terrain connu et peut déployer avec le brio et le brillant qu’on lui connaît sa vaste palette d’effets. La <i>coloratura di forza</i> d’Hélène dans <i>Jérusalem</i> apparaîtrait aussi simple formalité si l’on ne voyait – plus que l’on n&rsquo;entendait – la part de risque qu’il comporte ; non l’appréhension mais la lutte pour franchir une fois encore l’obstacle. Pour ce courage sans forfanterie, pour cette humilité sans affectation, pour cet art offert sans condition à un public enamouré, pour cette présence lumineuse, un seul mot, hurlé par un admirateur au fond de la salle après chaque numéro : brava !</p>
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