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	<title>Sophia MCHEDLISCHVILI - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Sophia MCHEDLISCHVILI - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>Il viaggio a Reims</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/il-viaggio-a-reims-a-meme-de-soutenir-des-comparaisons/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 15 Sep 2016 05:35:43 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En 2014, nous avions écrit que le Viaggio a Reims donné en concert à Bad Wildbad valait le voyage. L’enregistrement réalisé alors reflèterait-il ce qui avait suscité notre enthousiasme, ou les micros révèleraient-ils crûment des imperfections passées inaperçues à la faveur de l’emprise exercée sur nous par l’exécution en direct ? Fort heureusement cette crainte est &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>En 2014, nous avions écrit que le <em>Viaggio a Reims </em>donné en concert à Bad Wildbad valait le voyage. L’enregistrement réalisé alors reflèterait-il ce qui avait suscité notre enthousiasme, ou les micros révèleraient-ils crûment des imperfections passées inaperçues à la faveur de l’emprise exercée sur nous par l’exécution en direct ? Fort heureusement cette crainte est restée vaine pour l’essentiel et nous avons retrouvé à l’écoute les qualités qui nous avaient séduit. La prise de son est bonne, restituant assez fidèlement la localisation dans l’espace. Surtout, cet enregistrement permet d’apprécier encore mieux la direction d’<strong>Antonino Fogliani</strong>, qui s’installe ainsi au premier rang des grands rossiniens. Au concert, nous avions été emporté par une alacrité irrésistible. A l’écoute du disque, c’est l’intelligence et le raffinement de la direction qui nous subjuguent, dès l’introduction où le crescendo initial instille avec une subtilité insidieuse une tension qui capte l’auditeur et ne le lâchera plus. Très vite la maîtrise totale des variations sonores ou rythmiques s’impose ; elles sont gérées avec une musicalité exempte du moindre histrionisme et seront menées à bien jusqu’au bout de l’œuvre sans la plus petite bavure. Ainsi, bien que l’œuvre soit avant tout une suite de numéros pour grands gosiers, Antonino Fogliani conserve à cet enchaînement une fluidité enchanteresse tout en soulignant à chaque occasion mais sans jamais peser l’ironie discrète du compositeur. Dans les querelles d’amoureux des ralentissements presque imperceptibles suggèrent un suspense : comment cela finira-t-il, ou créent un contexte cocasse quand les paroles annoncent une explosion imminente sur une musique qui ne cesse pas de la différer. La prise de son participe au plaisir que l’on prend à se laisser conduire ainsi quand elle révèle opportunément les cors moqueurs à l’évocation du bonheur des sujets de Charles X. On ne saurait trop souligner l’investissement des musiciens de l’ensemble <strong>Virtuosi  Brunensis</strong>, dont les plus exposés (flûte, harpe) s’acquittent avec bonheur de parties exigeant une grande virtuosité, et celui de<strong> Michele D’Elia</strong> au pianoforte, tout comme l&rsquo;ardeur ou la délicatesse des choristes conduits par <strong>Ania Michalak</strong>.</p>
<p>Le parti a été pris de ne pas en rajouter, comme l’avait fait Claudio Abbado lors de la recréation du <em>Viaggio a Reims </em>en 1984 en introduisant une trompette et la Marseillaise en écho narquois aux louanges à Charles X. Reto Müller, le distingué président de la Société Rossini allemande, précise dans le livret qui accompagne l’enregistrement les différences qui le séparent de ces prédécesseurs et en font le plus fidèle à l’édition critique publiée par la Fondation Rossini. La partition est donc expurgée des facéties instrumentales et l’improvisation finale de Corinna est donnée dans son intégralité.  Ce souci d’être au plus près de ce que l’on sait de l’œuvre n’est pas menacé par la distribution, qui réunit des voix capables d’affronter les écueils de l’écriture. Sans doute on peut relever çà et là quelque tension dans l’extrême aigu (Madama Cortese et Corinna), quelque esquive dans l’égrènement de la vocalise, quelque déficit dans l’accent qui affadit l’effet de la musique et aussi le comique (Corinna, La contessa di Folleville), mais ces limites ne sont pas rédhibitoires. Si la prise de son met en évidence ces imperfections elle révèle en revanche des qualités mal perçues en direct, comme le chant quasi-syncopé de <strong>Bogdan Mihaï</strong>, qui semble à chaque syllabe écouter l’effet produit par sa voix ductile et agile, incarnation parfaite du narcissique Belfiore. On perçoit encore mieux l’intelligence avec laquelle <strong>Mirco Palazzi </strong>fait un sort à chaque mot, et le soin qu’il apporte à orner la reprise de « Dell’alma diva », secondé par une direction d’orchestre qui épouse le chant. De même<strong> Alessandra Marianelli</strong> donne à entendre la sensualité de la sentimentale Madama Cortese et la voix de <strong>Sofia Mchedlishvili</strong> a bien la légèreté fondamentale de son personnage. Sans avoir un timbre des plus marquants <strong>Laura Giordano </strong>possède toute la technique nécessaire pour camper une Corinna d’une élégance convaincante. Un Don Profondo bien timbré (<strong>Bruno de Simone</strong>), un Trombonok attentif aux effets comiques (<strong>Bruno Pratico</strong>), un Alvaro macho comme il convient (<strong>Gezim Myshketa</strong>), même un Don Prudenzio remarquable de présence (<strong>Baurzhan Anderzhanov</strong>) sont autant d’atouts. Cartes majeures, le Libenskof de <strong>Maxim Mironov</strong>, dont l’enregistrement restitue la voix avec tout le corps qu’elle a pris en quelques années, centre et graves étoffés sans compromettre les aigus, et la Melibea de <strong>Marianna Pizzolato</strong>, dont la douceur insinuante ne néglige pourtant aucun accent, alliant force et souplesse en un nectar à la robe lumineuse. Leur duo est bien le moment enivrant dont nous avions gardé le souvenir, même si les auditeurs en seront réduits à imaginer les mimiques désopilantes qui l’accompagnaient. Mais d’autres moments sont aussi captivants, le duo Corinna-Belfiore, ou le sextuor du premier acte, qui réunit Libenskof et Alvaro, Profondo et Trombonok, Melibea et Cortese, dans un équilibre vocal et musical délectable. Aussi, les amoureux de Rossini ne devraient pas hésiter à placer ce <em>Viaggio a Reims </em>dans leur discothèque à côté d’enregistrements plus blasonnés, car il n’aurait pas à rougir du voisinage ! </p>
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		<title>ROSSINI, Demetrio e Polibio — Bad Wildbad</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/demetrio-e-polibio-bad-wildbad-des-dons-et-de-la-technique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 22 Jul 2016 03:39:07 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Dans le long travail entrepris par la Fondation Rossini pour établir les éditions critiques de toutes les œuvres du compositeur, certaines posent problème en l’absence de sources indiscutables, comme un manuscrit autographe. Les avis divergent donc quant à l’authenticité de Demetrio e Polibio, au sens où l’entendent les antiquaires, c’est-à-dire à propos du pourcentage qui &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Dans le long travail entrepris par la Fondation Rossini pour établir les éditions critiques de toutes les œuvres du compositeur, certaines posent problème en l’absence de sources indiscutables, comme un manuscrit autographe. Les avis divergent donc quant à l’authenticité de <em>Demetrio e Polibio</em>, au sens où l’entendent les antiquaires, c’est-à-dire à propos du pourcentage qui en ferait l’œuvre pleine et entière d’un prodige de quatorze ans. Des indices inclinent à croire que cette composition n’est que partiellement de la main de Rossini, et l’imprécision de la mémoire de celui-ci a créé la confusion autour de l’époque où elle fut écrite. Quoi qu’il en soit, il ne l’a pas reniée et elle figure donc au catalogue de ses opéras.</p>
<p>Sur la scène exiguë du petit théâtre de cour, <strong>Paul Secchi </strong>dresse un décor unique de hauts murs que des projections montreront déformés à la suite des combats. La mise en scène de <strong>Nicola Berloffa </strong>y place des sièges disposés différemment selon les situations, pour la suite de Polibio, pour les entrevues entre adversaires. Il lui suffira de les renverser pour montrer les ravages du conflit. Un téléphone habilement utilisé contribuera à rendre plausible la scène où Eumene trouve Lisinga endormie. Mais ces habiletés justifient-elles le traitement du personnage de Lisinga ? En se montrant prête à partir au combat cette jeune fille s’élève au rang d’héroïne digne de l’antique. Nicola Berloffa la montre en manipulatrice qui use de son charme pour entraîner les soldats, avant de tomber le masque et d’humilier son père dans la scène finale. On aimerait savoir ce qui, en dehors de sa fantaisie, suggère dans l’œuvre pareil dénouement – les pères coupables ? – qui n’est conforme ni au livret ni surtout à la musique.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="336" src="/sites/default/files/styles/large/public/dp2.jpg?itok=uF8hsyL-" title="© Patrick Pfeiffer für WLB" width="468" /></p>
<p>Celle-ci en effet est alors calquée sur le modèle de ce qui se fait pour un final heureux. A-t-elle été écrite par morceaux, comme on l’a soutenu, l’adolescent Rossini livrant à la famille Mombelli sa composition par étapes ? En tout cas elle n’a pas pour nous le charme qui ira croissant avec les œuvres successives. Sans doute peut-on relever çà et là des idées mélodiques qui réapparaîtront parfois bien plus tard et des traitements instrumentaux qui deviendront des constantes, mais il est difficile de voir dans <em>Demetrio e Polibio </em>plus qu’un mémoire de fin d’études. A la tête des Virtuosi Brunensis <strong>Luciano Acocella, </strong>secondé par le pianoforte magistralement tenu par <strong>Achille Lampo</strong>, dirige avec souplesse et met en relief l’efficacité de l’écriture sans altérer son élégance académique.</p>
<p>Malheureusement le plateau n’est pas aussi homogène qu’il le faudrait. Quel a été le parcours de <strong>Luca Dall’Amico, </strong>qui chante Polibio ? La question se pose tant son émission semble éloignée de la souplesse et des nuances consubstantielles au chant rossinien, pour lequel il ne suffit pas d’avoir les notes. Cette impression défavorable est malheureusement renforcée par une expressivité théâtrale très limitée. Le ténor <strong>Cesar Arrieta</strong>, qui chante l’autre père, n’a pas la facilité indiscutable qui devrait donner à la zone aiguë aisance et brillant. D’aisance et de brillant, en revanche, la Lisinga de <strong>Sofia Mchedishvili</strong> ne manque pas, mais malgré sa fréquentation assidue de Rossini à travers le festival où elle est présente depuis plusieurs années la chanteuse semble toujours préférer les cocottes quand la partition laisse aux interprètes la possibilité d’ajouter des ornements. Comme les agilités ne semblent pas couler de source et que les stridences métalliques des aigus donnés en force persistent, cette artiste douée semble se contenter de faire du surplace. Il est vrai que ces imperfections, le voisinage de <strong>Victoria Yarovaya</strong> les met en lumière, tant l’homogénéité vocale et la maîtrise technique de la cantatrice russe en imposent. Elle nous avait ébloui en Falliero ici même, elle nous ravit dans cette succession de volées et de roulades vertigineuses où aucun accent du texte n’est négligé, de la tendresse à la fermeté. Elle sera d’ailleurs, à juste titre, la plus ovationnée par le public, qui semble ainsi reprendre à son compte Brassens : les dons, c&rsquo;est bien, mais avec la technique c&rsquo;est mieux !</p>
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		<title>ROSSINI, Il viaggio a Reims — Bad Wildbad</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/il-viaggio-a-reims-bad-wildbad-un-viaggio-a-reims-qui-valait-le-voyage/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 12 Jul 2014 21:23:10 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Alessandro Baricco est surtout connu des lecteurs francophones comme romancier, depuis le succès énorme remporté par Soie en 1997. Pourtant sa formation musicale  lui donnait compétence pour signer en 1988 un essai Sul teatro musicale di Rossini et en 1992 un court texte, à l’occasion du bicentenaire de la naissance du compositeur et de la &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Alessandro Baricco est surtout connu des lecteurs francophones comme romancier, depuis le succès énorme remporté par <em>Soie </em>en 1997. Pourtant sa formation musicale  lui donnait compétence pour signer en 1988 un essai <em>Sul teatro musicale di Rossini </em>et en 1992 un court texte, à l’occasion du bicentenaire de la naissance du compositeur et de la reprise à Pesaro du <em>Viaggio a Reims</em>, où il définissait  ainsi cette œuvre insolite : la grande carte de visite que Rossini, malicieusement, présente aux Parisiens. La formule a-t-elle inspiré, dans sa lapidaire évidence, la direction  d’<strong>Antonino</strong> <strong>Fogliani </strong>? Il y a des années que nous n’avions entendu un <em>Viaggio </em>aussi gorgé de vie, aussi animé, aussi tonique ! Dès l’introduction  l’intention est perceptible, dans la force des accents et l’éloquence de l’articulation, dont la variété rythmique et la fluidité coulant de source sont  la verve même et les grâces qu’un Rossini de 33 ans a résolu de déployer pour mettre Paris à ses pieds. Le chef fait resplendir cette parade dont la virtuosité superbement ostensible n’a pas le temps de peser tant elle court avec alacrité. L’impression est immédiate, l’hésitation n’est pas de mise, on entend bien une œuvre éblouissante, autant dans l’écriture pour les voix que dans leurs appariements, et cette lecture en multiplie les délices d’une façon si grisante qu’on regrette déjà qu’elle ait une fin.</p>
<p>Est-ce cette vie musicale qui nous rend plus attentif au texte ? Jamais nous n’avions perçu autant les impertinences dont il regorge, autant de pieds de nez que ces doubles sens polissons glissés au nez et à la barbe de la censure et de l’étiquette, et qui s’insèrent tout naturellement dans la définition à grands traits des personnages ! Cette redécouverte est d’ailleurs littérale puisque la version exécutée est l’intégrale de l’édition de la fondation Rossini établie par Janet Johnson. On n’entend donc pas l’espiègle greffon de la Marseillaise voulu par Claudio Abbado et repris encore aujourd’hui à Pesaro, mais en revanche on entend des passages qu’on n’y exécute pas et même on y voit la mystérieuse Delia qui fit naguère l’objet d’une thèse pour le moins farfelue. Autant de plaisirs qui auraient été impossibles si les musiciens et les chanteurs avaient failli. Les premiers, de l’orchestre quasiment attitré à Bad Wildbad, les Virtuosi Brunenses, semblent d’année en année devenir meilleurs, à la fois plus sûrs et plus libres, et les instruments les plus en évidence ici, comme la flûte, la harpe et le pianoforte sont servis avec brio.</p>
<p>Pour les chanteurs, Rossini eut à sa disposition les meilleurs de son temps, ce qui rend ardue la distribution des rôles. La qualité de celle réunie à Bad Wildbad en dit long sur l’ambition du festival, pourtant contraint de composer avec des moyens financiers précaires. Elle allie des interprètes confirmés, pour certains rossiniens réputés, et des élèves de l’académie de chant conduite par Raul Gimenez. Ces derniers assument fort bien les utilités. A <strong>Sophia Mchedlischvili</strong> qui fut l’un d’eux naguère et est aujourd’hui à l’Académie de La Scala, échoit la frivole comtesse de Folleville. C’est avec joie que nous retrouvons une voix manifestement devenue plus ronde, plus charnue et plus homogène dans la première partie de l’air où le personnage se lamente, parodiant les opera seria ; mais dans la deuxième partie, où l’exaltation accompagne le contentement et se manifeste par mainte fusée, les aigus se font métalliques comme en 2011, trahissant un effort qui nous semble inutile et une méthode inchangée, ce qui n’a rien de rassurant. Jeune dans le métier, <strong>Gezim Myshketa</strong> est un sonore Don Alvaro mais certains sons en arrière et un aigu final étranglé signalent des ajustements nécessaires. Aussi jeune, sinon plus,  <strong>Bogdan Mihai</strong>, qui après Dorvil au TCE. le mois dernier campe ici un Belfiore séduisant à souhait, d’un physique avenant et d’une voix aussi caressante que souple. Dans la scène où le fat semble sûr que Corinne va lui tomber dans les bras il démontre un talent d’acteur très prometteur. Autre jeune, même si déjà chevronné, l’excellent <strong>Maxim Mironov</strong> interprète Libenskof avec une voix toujours plus homogène, une sûreté vocale, une élégance et une classe qui culminent dans le duo avec Melibea. <strong>Marianna Pizzolato</strong> lui donne une réplique irréprochable sur le plan vocal, et désopilante sur le plan théâtral, par un jeu facial d’une sobriété éloquente et d’une irrésistible drôlerie. C’est si beau qu’on a les yeux humides tant le mariage de leurs deux voix et l’art avec lequel ils les conduisent servent le génie de Rossini. Sans être aussi parfait le couple Lord Sidney – Corinna n’en est pas moins délectable. <strong>Mirco Palazzi</strong> prête au premier une voix qui semble à chaque fois qu’on l’entend avoir gagné en profondeur et en puissance, et il rend palpable la gaucherie du personnage tout en réglant leur compte aux vocalises qui expriment son désarroi. <strong>Laura Giordano</strong> prête sa grâce vocale et physique à la poétesse, et sans quelques tensions perceptibles à l’extrême aigu dans l’improvisation finale ce serait pour elle aussi un parcours sans faute, agrémenté par un talent de comédienne évident dans le duo avec Belfiore. Madama Cortese a rarement été aussi accorte, <strong>Alessandra Marianelli</strong> lui prêtant son sex appeal ; dommage que la tension sur les aigus extrêmes se perçoive aussi çà et là. A noter le mariage exquis de son timbre avec celui de Laura Giordano. Restent les vétérans, <strong>Bruno de Simone</strong> pour Don Profondo et <strong>Bruno Pratico </strong>pour Trombonok. L’un et l’autre ont une expérience qui leur permet de tirer leur épingle du jeu et de contrôler habilement leur  souffle, et comme ils connaissent leur Rossini et que leur savoir-faire comique est manifestement très apprécié ici,  ils recueillent un beau succès. Donnée avec l’entracte devenu la règle après le Grand Morceau à 14 voix  l’œuvre souffre parfois de ne pas bénéficier d’un final aussi brillant. C’est donc tout le mérite des interprètes et d’abord surtout de celui qui a tenu le gouvernail que cette frustration possible, selon nos souvenirs, reste étrangère au bonheur que nous a donné ce concert et qu’il nous donne jusqu’à ses dernières notes. Ce <em>Viaggio a Reims</em>, comme il valait le voyage à Bad Wildbad !</p>
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