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	<title>Michèle BRÉANT - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Sun, 16 Nov 2025 17:59:38 +0000</lastBuildDate>
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	<title>Michèle BRÉANT - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>HAENDEL, Orlando &#8211; Luxembourg</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/haendel-orlando-luxembourg/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Claude Jottrand]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 17 Nov 2025 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Parti du théâtre du Châtelet à Paris, passée par Nancy en octobre dernier , la production de l’Orlando de Haendel par les Talens Lyriques faisait une dernière étape au Grand Théâtre de Luxembourg. Inutile de revenir sur la description du spectacle, déjà couverte par deux fois, mais on ne saurait faire l’impasse sur l’inutilité des &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Parti du théâtre du <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/haendel-orlando-paris-chatelet/">Châtelet à Paris</a>, passée par <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/haendel-orlando-nancy/">Nancy en octobre dernier</a> , la production de l’Orlando de Haendel par les Talens Lyriques faisait une dernière étape au Grand Théâtre de Luxembourg. Inutile de revenir sur la description du spectacle, déjà couverte par deux fois, mais on ne saurait faire l’impasse sur l’inutilité des partis pris de la metteuse en scène : pourquoi situer l’action dans un musée, et pourquoi peupler ce musée d’une classe entière d’enfants, alors que le sujet de l’opéra – la jalousie conduisant à la folie et au crime – semble bien éloigné du monde enchanté de l’enfance. Les quelques explications à ces choix, données dans le programme du spectacle, ont trait au rapport au temps : <strong>Jeanne Desoubeaux</strong> souhaite permettre au public de jeter un regard d’aujourd’hui sur une œuvre du passé, dont acte. Elle rassemble donc pour son musée imaginaire quelques toiles ayant trait à l’époque de la création de l’œuvre et au sujet qu’elle traite. Tout cela est néanmoins peu cultivé et très imprécis : la toile d’Elisabeth Vigée-Le Brun, magnifique autoportrait de la peintre avec sa fille censé évoquer le XVIIIème siècle, est en décalage de plus d’un demi-siècle avec l’opéra de Haendel, et c’est une toile éminemment française sans grand rapport avec l’esthétique de l’œuvre, qu’on peut si l’on veut rattacher à l’Italie, à l’Allemagne ou à l’Angleterre, mais surement pas à la France. Il en va de même pour les costumes, eux-aussi très fin de siècle et très français d’inspiration. La présence quasi constante des enfants et leurs mouvements incessants présentent bien entendu l’avantage d’apporter un peu d’animation sur la scène, bienvenue pour meubler les longs <em>arias da capo</em> qui constituent le cœur musical de l’opéra et où il ne se passe rien, mais sont rarement porteurs de sens : sont-ils les anges gardiens des personnages perdus dans leurs affects, des putti baroques à l’italienne ou les doubles innocents des différents intervenants ? Si c’est le cas, le travail est inabouti et n’éclaire guère le spectateur. Tout un travail sur la gestuelle des protagonistes, aux limites de la chorégraphie, peine à caractériser les personnages, leurs sentiments, l&rsquo;irruption soudaine du surnaturel et de la violence, ne suscite guère d&rsquo;émotion, et parait très vain. Peut-être l’ensemble de la production manque-t-il simplement de l’intervention d’un bon dramaturge, qui aurait pu canaliser l’inspiration de la metteuse en scène…</p>
<p>Les photos en témoignent, le spectacle apporte cependant son lot de beaux tableaux scéniques, mais un peu chichement éclairés, de sorte que l’action se déroule dans un univers esthétique plutôt favorable, que renforce encore la présence de quatre arbres de belle taille, figurant les jardins du musée.</p>
<p>Au plan musical, la satisfaction est bien plus grande. La rigueur stylistique, la précision de la réalisation et l’enthousiasme des Talens Lyriques que dirige l’infatigable <strong>Christophe Rousset</strong> – aidé ici par <strong>Korneel Bernolet</strong> – sont remarquables. L’orchestre, fort mis en avant par les caractéristiques acoustiques de la salle, sonne magnifiquement bien et livre tout une série de détails de la partition qui charment l’oreille. La sonorité très originale des violette marines, sorte de violes d’amour qui interviennent au troisième acte est une véritable découverte, et le continuo particulièrement dynamique et inspiré soutient sans cesse l’intérêt musical.</p>
<p>La distribution qui a un peu varié au fil des reprises du spectacle tout au long de l&rsquo;année semblait dominée hier par l’Angelica de <strong>Mélissa Petit</strong>, souveraine par l’ampleur de la voix, fort à son aise dans les difficiles vocalises du rôle, et maîtrisant son personnage avec autorité. La mezzo <strong>Katarina Bradic</strong> qui tenait le rôle-titre, originellement écrit pour un castrat, le célèbre Senesino, alors coqueluche de la Royal Academy of Music de Londres, possède une voix aux résonances graves magnifiques qu’elle exploite fort à propos, mais finit par montrer une certaine fatigue lors des scènes de folie au troisième acte.</p>
<p>Délicieuse dans le rôle de Dorinda, <strong>Michèle Bréant</strong> à la voix pleine de charme parvient à préserver le caractère de pureté de son personnage, même lorsque la mise en scène l’oriente de façon inexplicable – à placer au Panthéon des provocations inutiles &#8211; vers un plan à trois avec Angelica et Medoro. C’est <strong>Rose Naggar-Tremblay</strong>, contralto d’origine canadienne, qui interprète ce dernier rôle, avec beaucoup d’aisance scénique et une belle force de conviction. <strong>Olivier Gourdy</strong>, transposé par la mise en scène de démiurge en technicien de surface peine un peu à s’imposer. La voix possède les graves nécessaires, mais la diction est fort paresseuse et le légato peu soutenu. L’autorité du personnage en souffre, ainsi que sa crédibilité, beaucoup de scènes paraissent sur-jouées.</p>
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		<title>MOZART, Don Giovanni &#8211; Paris (Athénée)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-don-giovanni-paris-athenee-2/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christian Peter]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 18 Oct 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Ce mercredi 15 octobre, le théâtre de l’Athénée reprenait pour une nouvelle série de représentations, la production de Don Giovanni proposée par la compagnie lyrique de l’Arcal et réalisée par Jean-Yves Ruff, qui avait triomphé la saison dernière. Ce qui frappe au premier abord, c’est l’ingéniosité du metteur en scène pour tirer le meilleur parti &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Ce mercredi 15 octobre, le théâtre de l’Athénée reprenait pour une nouvelle série de représentations, la production de <em>Don Giovanni</em> proposée par la compagnie lyrique de l’Arcal et réalisée par <strong>Jean-Yves Ruff</strong>, qui avait triomphé <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-don-giovanni-paris-athenee/">la saison dernière</a>. Ce qui frappe au premier abord, c’est l’ingéniosité du metteur en scène pour tirer le meilleur parti du cadre restreint qui est mis à sa disposition. En l’absence de fosse, l’orchestre est placé sur le plateau et participe à l’action en symbiose avec les personnages qui évoluent parmi les musiciens. Lors du bal qui clôt le premier acte par exemple, certains instrumentistes portent des masques identiques à ceux des chanteurs. Au-dessus, une passerelle transversale à laquelle on accède par un escalier étroit permet aux protagonistes d’évoluer sur deux niveaux dans une sorte de mouvement perpétuel qui anime le plateau durant tout le spectacle. Des lampes descendant des cintres, quelques rideaux de tulle qui délimitent l’espace, viennent compléter ces décors succincts mais somme toute suffisants pour laisser libre cours à l’imagination du spectateur. Les costumes intemporels signée <strong>Claudia Jenatsch</strong> renvoient à un passé indéterminé. Donna Anna est vêtue d’une longue jupe rouge et d’un haut clair, Elvira d’une robe bleu ciel, Zerlina est comme il se doit tout en blanc, Masetto arbore une chemise blanche et un pantalon beige. Les autres hommes portent des vêtements, vestes ou manteau long, de couleurs sombres.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Don-Giovanni-13-11-24-Simon-Gosselin-2-73-copie-1-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-201963"/><figcaption class="wp-element-caption">D<sup>on Giovanni (Athénée)  <em>©</em> Simon Gosselin</sup></figcaption></figure>


<p>La distribution est rigoureusement la même que celle de l’an passé, une équipe de jeunes chanteurs à l&rsquo;enthousiasme communicatif qui ont manifestement peaufiné leur interprétation tant scénique que vocale. Doté d’un physique avenant, <strong>Timothée Varon</strong> capte d’emblée l’attention, tant par l’aisance de sa gestuelle que par son timbre chaleureux et profond. Il campe un Don Giovanni dominateur qui séduit autant qu’il impressionne. Son air « du champagne » chanté à vive allure et d’une voix claironnante, enthousiasme le public tout comme sa sérénade dont la reprise en demi-teinte témoigne d’un goût exquis. A ses côtés, <strong>Adrien</strong> <strong>Fournaison </strong>ne démérite pas. Son Leporello velléitaire et soumis ne manque pas d’atouts. Tout aussi à l’aise sur le plateau que son maître, sa voix de stentor et sa technique accomplie font mouche notamment dans son air du catalogue, magistralement chanté. Les deux autres clés de fa sont à la hauteur de leurs partenaires, <strong>Mathieu Gourlet</strong> est un Masetto robuste aux graves profonds et sonores, quant à <strong>Nathanaël Tavernier</strong> son timbre de bronze convient idéalement à son personnage de revenant. Enfin <strong>Abel Zamora</strong> (Ottavio) possède une voix claire et un souffle qui paraît inépuisable. L’élégance de son style et la subtilité de son legato font merveille dans ses deux airs, notamment « Il mio tesoro », largement ovationné par le public. Côté féminin, nous sommes également à la fête, <strong>Michèle Bréant</strong> est une exquise Zerline à la voix cristalline et à la ligne de chant subtilement nuancée. Son « Batti, batti, o bel Masetto » est un moment de grâce. La Donna Elvira de <strong>Margaux Poguet</strong> est véhémente à souhait au premier acte face à Don Giovanni. Dotée d’une voix large au timbre cuivré, ses aigus percutants ne sont pas exempts de légères stridences qui siéent à son personnage de femme trahie. Au deuxième acte elle interprète un « Mi tradi’ » bouleversant orné de vocalises parfaitement maîtrisées. <strong>Marianne Croux</strong> campe une Donna Anna aux affects contrastés, « Or sai chi l’onore » a toute l’autorité requise tandis que son « Non mi dir » empreint de douceur et de nostalgie dans sa partie lente s’achève sur un feu d’artifice de coloratures d’une belle précision. Quatre choristes de talent viennent compléter cette distribution sans faille.</p>
<p><strong>Julien Chauvin</strong> qui dirige depuis son violon adopte des tempos effrénés, entraînant son orchestre dans une sorte de course à l’abîme jusqu’à la chute finale du héros, avec seulement quelques pauses où la musique paraît suspendue comme « Dalla sua pace » ou le début de « Non mi dir ». On aura admiré au passage le souci du détail et la précision qui caractérisent cette direction ainsi que les splendides sonorités cuivrées du Concert de la Loge.   </p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-don-giovanni-paris-athenee-2/">MOZART, Don Giovanni &#8211; Paris (Athénée)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>HAENDEL, Orlando – Nancy</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/haendel-orlando-nancy/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 08 Oct 2025 04:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pour son ouverture de saison, l’Opéra national de Nancy-Lorraine propose Orlando de Haendel, adapté de l’Orlando furioso de l’Arioste, et reprend une production créée en janvier dernier au théâtre du Châtelet (chroniquée par Yannick Boussaert). Merveilleusement chanté, le spectacle laisse toutefois quelque peu perplexe quant à la mise en scène, pas toujours très claire. Mais &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Pour son ouverture de saison, l’Opéra national de Nancy-Lorraine propose <em>Orlando</em> de Haendel, adapté de l’<em>Orlando furioso</em> de l’Arioste, et reprend une production créée en janvier dernier au théâtre du Châtelet (chroniquée par <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/haendel-orlando-paris-chatelet/">Yannick Boussaert</a>). Merveilleusement chanté, le spectacle laisse toutefois quelque peu perplexe quant à la mise en scène, pas toujours très claire. Mais la beauté de l’œuvre, l’élégance de la scénographie et des décors ainsi que le charme de l’interprétation, appuyée par les performances des jeunes interprètes et placée sous le patronage de<strong> Christophe Rousset</strong> font que l’ensemble finit par emporter l’adhésion.</p>
<p><em>Orlando</em> est l’un des chefs-d’œuvre de Haendel, sans conteste, dont le livret est émaillé de didascalies où la magie est omniprésente. On imagine les jeux de scène extravagants et féeriques de l’époque du compositeur sans peine (changements à vue, <em>deus ex machina</em>…). Tous ceux qui ont vu les adaptations modernes de Robert <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/au-lit-avec-bartoli/">Carsen</a> pour <em>Semele</em>, par exemple, ou de Max Emanuel <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/serse-karlsruhe-ma-vie-avec-libera-ser-ce/">Cencic</a> pour <em>Serse</em>, pour ne citer que celles-là, savent à quel point les œuvres de Haendel peuvent être drôles, passionnantes, dynamiques et ultra contemporaines. La démarche de <strong>Jeanne Desoubeaux</strong> se veut elle aussi un « équilibre entre le passé et la modernité d’<em>Orlando</em> ». Ainsi, c’est dans un musée que se situe l’intrigue, où des enfants se laissent enfermer de nuit plutôt que de rejoindre leur classe lors d’une sortie scolaire. C’est devant les yeux émerveillés des enfants que vont s’animer les personnages du récit, sortant de leur tableau ou s&rsquo;émancipant de leur torpeur de statues. Mais si certaines saynètes sont épatantes de fraîcheur et d’efficacité, le rythme faiblit rapidement et les correspondances peinent à faire sens, ce qui nuit à un opéra où le manque d’action généré par l’exploration des sentiments des protagonistes et une subtile introspection gagnerait à être compensé par les effets visuels idoines. Heureusement, le décor élaboré par <strong>Cécile Trémolières</strong> est pur enchantement que les lumières de <strong>Thomas Coux dit Castille</strong> subliment, le tout s’imprimant durablement dans les mémoires, tout comme les costumes où le rose, même s’il s’agit d’un hasard du calendrier, n’est pas sans faire judicieusement écho aux dossards fuchsia des participants de l’Octobre rose croisés partout dans la ville à l&rsquo;occasion de la marche-course du jour. Reste la sensation de voir la fureur noire du héros transposée en colère rose pour un spectacle en décalage avec l&rsquo;original, donc, mais sans perdre totalement son pouvoir de séduction, loin s&rsquo;en faut.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Orlando-©-Jean-Louis-Fernandez-28-1-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-201375"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Jean-Louis Fernandez</sup></figcaption></figure>


<p>L’idée d’introduire dans le spectacle le regard des enfants est excellente ; le procédé séduit manifestement un public d’ailleurs très jeune pour partie. Les artistes en herbe de la <strong>Maîtrise citoyenne itinérante de l’Opéra national de Nancy-Lorraine</strong> et les <strong>Élèves du Conservatoire régional du Grand Nancy</strong> font merveille. Ils donnent une autre dimension aux péripéties vécues par les adultes qui s’aiment, se déchirent, deviennent fous d’amour puis reviennent à la raison sous leur regard avide et innocent. Les failles, faiblesses et fêlures des différents protagonistes n’en apparaissent que plus profondes, émouvantes et sincères. Dans le rôle écartelé d’un Orlando déchiré par sa passion amoureuse ourlé d’une insoutenable jalousie, la soprano <strong>Noa Beinart</strong> met son bel instrument ambré et voluptueusement moiré au service des affres amoureux du guerrier tourmenté jusqu’à la folie. La noblesse de sa prestation est toutefois tempérée par une retenue qui annonce le retour à la raison du personnage. Annoncée souffrante, la contralto <strong>Rose Naggar-Tremblay</strong> ne semble absolument pas à la peine, s’appuyant sur une technique solide et rayonnante. Son Medoro est mieux que convaincant. Mais ce sont les deux rôles féminins qui s’avèrent les plus remarquables, par la richesse de leurs vocalises et la brillance de leurs aigus passionnés ou déchirants. La soprano <strong>Melissa Petit</strong> (qui nous a également ravis récemment à <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/haendel-le-triomphe-du-temps-et-de-la-desillusion-strasbourg/">Strasbourg</a> dans le <em>Triomphe du Temps et de la Désillusion</em>) est décidément fort à son aise avec Haendel et, si elle est largement reconnue Outre-Rhin, sa notoriété ne devrait pas tarder à s’amplifier de ce côté de la frontière. Son Angelica est de toute beauté. Elle trouve cependant une rivale de choix en la personne de la soprano <strong>Michèle Bréant</strong>, épatante Dorinda au timbre clair, délicieusement frais et fruité, dotée de mille charmes. Le quatuor est superbement épaulé par la basse <strong>Olivier Gourdy</strong>, dont on apprécie les qualités de comédien presque autant que la beauté des graves et l’ampleur d’une voix équilibrée et délicatement sonore.</p>
<p>Délaissant provisoirement ses Talens lyriques au profit de l’<strong>Orchestre de l’Opéra national de Nancy-Lorraine </strong>toutefois largement rompu aux exigences baroques, <strong>Christophe Rousset</strong> parvient à les aider à magnifier la partition, dont on peut à loisir goûter la richesse et les exquises sonorités, y compris sur instruments modernes. On se laisse volontiers emporter dans ces tourments amoureux si passionnément servis. </p>


<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="Orlando, Georg Friedrich Haendel | Opéra national de Nancy-Lorraine" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/0xXBlVlUf28?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
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		<title>MOZART, Don Giovanni &#8211; Paris (Athénée)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-don-giovanni-paris-athenee/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clément Taillia]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 24 Nov 2024 07:19:55 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Don Giovanni, avec sa statue qui marche, ses fumées infernales et sa scène finale regardant vers le fantastique, a souvent suscité des mises en scène grandioses – ce qui lui a assuré, plus que d’autres opéras de Mozart, et au prix de remaniements contestables, un certain succès dans le Paris du XIXe siècle, celui du &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><em>Don Giovanni</em>, avec sa statue qui marche, ses fumées infernales et sa scène finale regardant vers le fantastique, a souvent suscité des mises en scène grandioses – ce qui lui a assuré, plus que d’autres opéras de Mozart, et au prix de remaniements contestables, un certain succès dans le Paris du XIXe siècle, celui du Grand Opéra et du Boulevard du crime. Peu d’œuvres, pourtant, sont plus intimistes : une distribution limitée à huit protagonistes, expurgée de la nuée de <em>comprimarii </em>qui s’entrechoquaient quelques années plus tôt dans <em>Les Noces de Figaro, </em>des lieux indistincts, rarement désignés plus précisément que sous l’appellation de « rue » ou de « jardin », une intrigue tout entière tendue vers son dénouement, où les péripéties ne constituent que l’ornement d’une construction claire et épurée. Peter Brook, déjà, lors de la réouverture du Théâtre de l’Archevêché d’Aix-en-Provence en 1998, avait compris qu’avec une approche regardant vers le théâtre de tréteaux, on touchait au plus près de l’action et de ses personnages. Aujourd’hui, dans une production portée par la compagnie lyrique l’Arcal, le metteur en scène<strong> Jean-Yves Ruf</strong> renouvelle l’expérience avec bonheur.</p>
<p>Par nécessité d’abord :  le plateau du Théâtre de l’Athénée ne permet pas la perte de place, ni les effets les plus spectaculaires. Mais ce qui aurait pu ressembler à une contrainte devient, ici, un formidable terrain de jeu. En plaçant l’orchestre sur le plateau, Jean-Yves Ruf en fait, d’abord, un acteur à part entière de l’action. Pas seulement parce que les musiciens portent des masques ou effectuent quelques pas de danse à la fin du premier acte ; surtout en raison de l’excellente prestation du <strong>Concert de la Loge</strong>. Ils auraient sans doute été très bons aussi dans une fosse, mais on ne peut s’empêcher de penser que la scène les galvanise, que la proximité avec les chanteurs stimule leur énergie et leur créativité. Guidé par leur premier violon et chef d’orchestre <strong>Julien Chauvin</strong>, le Concert de la Loge avait déjà enregistré, pour un disque sorti chez Alpha, une ouverture de <em>Don Giovanni</em> acérée. Ici, les premières mesures imposent d’emblée une tension qui ne retombera pas un seul instant, même quand des pauses s’installent – ainsi « Dalla sua pace » et « Mi tradi », ajoutés par Mozart après la création de son œuvre à Prague et en vue de sa reprise viennoise, monologues sublimes mais presque incongrus dans cette pièce tout en dialogues et en confrontations, trouvent leur juste pulsation, entre poésie et continuum dramatique. Autour de l’orchestre, presque pas d’éléments de décors : imaginés par la scénographe <strong>Laure Pichat</strong>, une passerelle, quelques rideaux, un escalier creusent des espaces exigus pour les personnages, condamnés à l’instabilité, au mouvement perpétuel. Belle vision d’une œuvre où tout se précipite, où personne ne semble rien maîtriser, où chacun s’appuie comme il peut sur les épaules d’un autre pour continuer à tenir debout.</p>
<p>Les chanteurs plongent corps et âmes dans ce spectacle brûlant, sans y perdre leur intégrité vocale. Timbre noir et magnétisme ombrageux, <strong>Timothée Varon</strong> est bien ce Don Giovanni inquiétant et insaisissable, tyrannique et velléitaire, dessiné par Da Ponte. <strong>Adrien Fournaison</strong>, aux couleurs vocales plus claires, fait de Leporello un compagnon de route résigné plus qu’un jumeau maléfique (l’ « Air du catalogue » n’en contient pas moins sa part de cruauté gratuite), et <strong>Abel Zamora</strong>, qui déploie une admirable maîtrise du legato dans ses deux airs, est parfait dans la veine des Ottavio veules et penauds. Le Masetto fougueux de <strong>Mathieu Gourlet</strong> comme le Commandeur sonore et glacé de <strong>Nathanaël Tavernier</strong> complètent un plateau masculin sans fausse note. Du côté des femmes, l’Elvira rageuse de <strong>Margaux Poguet</strong> peut compter sur les teintes mordorées d’une voix ductile et puissante pour construire un personnage profondément émouvant, et <strong>Michèle Bréant</strong> compose une séduisante Zerlina, menant de son timbre clair un « Batti, batti o bel Masetto » d’une parfaite musicalité. <strong>Marianne Croux</strong>, enfin, vient à bout des airs de Donna Anna avec une apparente facilité, même si son impressionnant volume vocal semblait, en ce soir de première, mal canalisé pour une petite salle. Version viennoise oblige, pas de sextuor final : le rideau tombe sur la chute du héros maudit, et le public exulte. Il a raison.</p>
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		<item>
		<title>Découvrez la nouvelle promotion des talents ADAMI Classique</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/decouvrez-la-nouvelle-promotion-des-talents-adami-classique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 11 Jul 2024 04:51:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Les Talents Adami Classique visent à propulser de jeunes musiciens classiques sur le devant de la scène, en leur offrant des opportunités de concert et de collaboration. Chaque année huit artistes classiques (quatre lyriques et quatre instrumentistes) sont distinguées. La promotion 2024 vient d&#8217;être dévoilée&#160;: Artistes instrumentistes : Thomas Dubois – Saxhorn&#160;; Marie Ducroux – &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Les Talents Adami Classique visent à propulser de jeunes musiciens classiques sur le devant de la scène, en leur offrant des opportunités de concert et de collaboration. Chaque année huit artistes classiques (quatre lyriques et quatre instrumentistes) sont distinguées. La promotion 2024 vient d&rsquo;être dévoilée&nbsp;:</p>
<ul>
<li>Artistes instrumentistes : <strong>Thomas Dubois</strong> – Saxhorn&nbsp;; <strong>Marie Ducroux</strong> – Alto&nbsp;; <strong>Iris Scialom</strong> – Violon&nbsp;; <strong>Gaspard Thomas</strong> – Piano</li>
<li>Artistes lyriques : <strong>Michèle Bréant</strong> – Soprano&nbsp;; <strong>Adrien Fournaison</strong> – Baryton&nbsp;; <strong>Antonin Rondepierre</strong> – Tenor&nbsp;; <strong>Flore Royer</strong> – Mezzo</li>
</ul>
<p>Fin juillet, la Ferme de Villefavard accueillera ces huit talents pour une semaine de résidence à l’issue de laquelle ils donneront un concert exceptionnel, le 27 juillet. Autres rendez-vous&nbsp;: les Musicales de Normandie le vendredi 30 août, puis la scène du Bal Blomet à Paris le 2 décembre.</p>
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