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	<title>Iain MILNE - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Thu, 28 Dec 2023 07:25:41 +0000</lastBuildDate>
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	<title>Iain MILNE - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>SONDHEIM, Sweeney Todd &#8211; Zurich</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/sondheim-sweeney-todd-zurich/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Charles Sigel]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 24 Dec 2023 10:30:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Puissance hors du commun de Bryn Terfel. Diable d’homme ! Et d’autant plus quand le rôle est diabolique. On se rappelle l’avoir vu sur la même scène il y a juste un an dans le rôle de Scarpia. Il ne faisait rien (hormis chanter bien sûr), il arpentait son bureau, et par sa seule stature &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Puissance hors du commun de <strong>Bryn Terfel</strong>. Diable d’homme ! Et d’autant plus quand le rôle est diabolique. On se rappelle l’avoir vu sur la même scène il y a juste un an dans le rôle de Scarpia. Il ne faisait rien (hormis chanter bien sûr), il arpentait son bureau, et par sa seule stature faisait peur. Dans ce <em>Sweeney Todd</em>, reprise d’une production de 2018 (reprise 100 % justifiée), il incarne la haine et le ressentiment. Et il est saisissant.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="768" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/sweeney_todd_c_monika_rittershaus_069-1024x768.jpeg" alt="" class="wp-image-152855"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>Bryn Terfel © Monika Rittershaus</sup></figcaption></figure>


<p>L’histoire en quatre ou cinq lignes, s&rsquo;il faut la raconter : un habile et gentil barbier de Fleet Street, Benjamin Barker, voit sa vie basculer le jour où un juge libidineux le condamne à quinze ans de bagne pour se débarrasser de lui et s’emparer de sa femme. Quinze ans plus tard, le proscrit revient sous le nom de Sweeney Todd, il apprend de sa voisine Mrs. Lovett que sa femme Lucy s’est empoisonnée et que sa fille Johanna est devenue la pupille du juge, maintenue sous clé. D’où le dessein de se venger en trucidant le juge Turpin et de retrouver cette Johanna âgée de quinze ans. Il se contente de cet assassinat jusqu’au moment où Mrs. Lovett lui suggère d’ajouter de l’utile (pour son commerce de tourtes à la viande en décrépitude) au simple crime, si l’on ose écrire… et versera dans un délire sanguinaire.</p>
<p>Une histoire qui brasse un certain nombre de passions humaines, la justice, la vengeance, la fidélité, l’amour paternel. Mais aussi le meurtre, la cruauté et le cannibalisme…<br>Issue de ce qu’on appelle aujourd’hui une légende urbaine : un barbier londonien à l’époque romantique aurait trucidé ses clients et transmis les corps à sa voisine, une fabricante de tourtes, pour qu’elle les transforme en farce goûteuse… Curieusement ce récit (ou ce fantasme) a son homologue parisien, tout aussi horrifique et remontant au Moyen-Age, mettant en scène un barbier et une charcutière de la rue des Marmousets dans l’ile de la Cité.<br>Au fil des adaptations, s’est ajouté à la légende noire du barbier le thème de la vengeance, Sweeney Todd devenant un cousin de Jean Valjean ou d’Edmond Dantès, cousin très sanguinaire, ce qu’ils ne sont pas.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="789" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/sweeney_todd_c_monika_rittershaus_177-1024x789.jpeg" alt="" class="wp-image-152860"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Angelica Kirschlager</sub> <sub>et Bryn Terfel © Monika Rittershaus</sub></figcaption></figure>


<p>Très naturellement se fait la comparaison entre cette version scénique et le film de Tim Burton. Évidemment que Bryn Terfel n’a guère de point commun avec la silhouette gracile d’un Johnny Depp au visage blafard et aux paupières ombrées d’un fard violet. Et que la voix frêle, presque chuchotée, de l’acteur n’a rien à voir avec les grandes orgues et les mugissements surhumains du géant gallois. La démesure est son domaine.</p>
<p>Le film jouait à plein le romantisme noir de l’East End londonien. À grands renforts de pavés mouillés, de fiacres inquiétants, de rues étroites plongées dans la nuit, de boutique lépreuse, de cave où brûlait un feu d’enfer, d’égouts où galopaient des rats, le génial décorateur Dante Ferretti avait ajouté une forte touche de fantastique aux vannes d’hémoglobine généreusement libérées par Tim Burton.</p>
<h4><strong>Brechtisme et music-hall</strong></h4>
<p>Ici l’effroi n’est pas moins oppressant, mais créé avec une étonnante économie de moyens (visibles tout au moins) par <strong>Andreas</strong> <strong>Homoki</strong> et son scénographe <strong>Michael Levine</strong>. De simples toiles peintes ennuagées de noir, ou évoquant vaguement des cheminées d’usines, descendent des cintres. Parfois la tringle s’arrête à mi-hauteur, comme pour créer un théâtre de marionnettes, où viennent s’afficher des personnages ou des choristes (un procédé semblable avait été utilisé par Homoki dans sa mise en scène de <em>Woyzeck</em>). Au premier plan, un cheminement de planches peut se soulever un peu pour laisser entrevoir des dessous mystérieux (la fameuse cave) et les personnages s’y glissent en rampant. Aucun décor réaliste par ailleurs.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="576" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/sweeney_todd_c_monika_rittershaus_189-1024x576.jpeg" alt="" class="wp-image-152861"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Monika Rittershaus</sup></figcaption></figure>


<p>Détail à noter : la scène est encadrée de grosses ampoules électriques au filament apparent, venues de quelque music-hall à l’ancienne, du genre Folies-Bergère, comme pour mettre à distance ce qui se déroule là, le sur-théâtraliser. Et le jeu des acteurs, volontiers caricatural, tutoiera le sur-jeu. Une mise à distance qui, pour le coup, nous fera penser souvent au brechtisme, et d’ailleurs il y a dans ce <em>Sweeney Todd</em>, formidable création de Stephen Sondheim, auteur à la fois des lyrics et de la musique, comme un souvenir de <em>L’Opéra de quat’ sous.</em></p>
<p>C’est au chœur que le metteur en scène confie le rôle d’être le décor du drame, il incarne la rue londonienne, l’opinion publique, le chœur antique. Homoki sait donner vie à un groupe, animer une masse; mais laisser à chaque choriste une personnalité, ne pas brimer les imaginations. L’une des premières images est l’arrivée de Sweeney Todd : une perche inclinée suffit à indiquer la coupée d’un navire, et les mouvements de balancement des choristes à suggérer la houle.</p>
<h4><strong>Les choristes en décor vivant</strong></h4>
<p>Il faut dire que la costumière <strong>Annemarie Woods</strong> s’est fait plaisir en dessinant une collection de crinolines, jaquettes, tenues de mineurs, pyjamas de bagnards, capelines, charlottes, casquettes et hauts-de forme assez réjouissante. Bourgeois, prolétaires des faubourgs, petites dames, tous dans un camaïeu de gris, anthracite, forment une manière de scénographie vivant.<br>Un <strong>Chœur de l’Opéra de Zurich</strong> nombreux, impressionnant de précision et de densité, augmenté de figurants pittoresques (particulièrement les deux ou trois barbus en grandes robes à paniers !), très habilement éclairé par <strong>Franck Evin</strong> sur fond de toiles peintes ombrageuses, l’impression d’une rue londonienne (de théâtre) est convaincante. S’en détachent ici ou là aussi un groupe de quatre hommes et deux femmes, qui en sont comme les porte-parole, très ardents. Eux aussi ils ont des « gueules », et d’ailleurs tout ça a de la gueule…</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/sweeney_todd_c_monika_rittershaus_034-1024x576.jpeg" alt="" class="wp-image-152853"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Sur l&rsquo;échelle Spencer Lang © Monika Rittershaus</sub></figcaption></figure>


<p>Il suffira d’une échelle maintenue par deux choristes pour évoquer l’estrade du camelot Toby faisant l’éloge de l’élixir capillaire du Signor Pirelli. Seul meuble de tout le spectacle, mais essentiel, le funeste fauteuil de barbier (à bascule) sera livré dans une boite de bois qu’une grue imaginaire fera descendre des cintres. Illusion parfaite aussi pour le basculement brutal des corps dans les tréfonds (on se demande s’il y a substitution par des mannequins, mystère qui fait partie du plaisir).<br />Bref la machine théâtrale fonctionne dans un esprit <em>less is more</em> et système D très drôle. C’est le ton même des comédies musicale de Broadway ou de Shaftesbury. </p>
<p>De là la question insoluble&#8230;. Opéra, opéra-comique ou comédie musicale ? Terfel lui-même dit « dark opérette ». Tout-à-fait <em>dark</em> en effet. Horrible même. La partition est d’une telle variété d’écriture que Stephen Sondheim n’aide guère à trouver la réponse. On y trouve toute la nomenclature. Des ariosos, des airs, du sprechgesang, du mélodrame, des chœurs à plusieurs voix, des mélodies sentimentales, des duos de basses, un quatuor vocal tout à fait réglementaire, de longues lignes mélodiques qu’interrompent insolemment des interventions parlées, tout cela sur une orchestration sans cesse surprenante, qui peut aller de tapis de violons soyeux riches en glucides, à des <em>riffs</em> jazzy, à des impertinences de piccolo, à des ponctuations d’orgue. <br />Sondheim sait aussi brosser une lumineuse volière musicale pour évoquer la petite Johanna rêvant à sa fenêtre en regardant voler les libres oiseaux avec tous les accessoires obligés de l’ornithologie musicale. Ou brosser un lumineux tableaux (<em>By the Sea</em>) dans des harmonies fondantes pour peindre les rêves de villégiature amoureuse de Mrs. Lovett, qui se verrait bien en épouse de barbier (ravissements costumes rayés et ombrelles gris tourterelle de touristes à la Henry James).</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="768" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/sweeney_todd_c_monika_rittershaus_118-1024x768.jpeg" alt="" class="wp-image-152858"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>Bryn Terfel © Monika Rittershaus</sup></figcaption></figure>


<h4><strong>Une manière de chanter autre</strong></h4>
<p>La grande difficulté étant de trouver un style de chant adapté, et s’adaptant à toutes ces volte-face, sachant que dans une tradition très Broadway les chanteurs sont sonorisés via micros HF. Plus besoin d’utiliser constamment sa voix lyrique, ce serait même souvent incongru. Par exemple <strong>Angelica Kirschlager</strong> qui chante l’abominable Mrs. Lovett peut utiliser une voix de poitrine et oublier le souci de projeter les notes, elle peut souvent user d’un parlé-chanté un peu grinçant, style mégère, caricatural à souhait, bref se servir avec brio de plusieurs voix (tout en faisant entendre ici ou là de beaux graves où on la retrouve). Elle déroule un numéro d’actrice brillant, et avec son abattage un peu farfelu, forme un parfait alter ego pour Terfel, héritant du burlesque d’Angela Lansbury, la créatrice du rôle, auquel elle ajoute son charme désinvolte personnel. Son apparition après l’entracte dans une luxueuse grande robe de taffetas vert et violine (avec une nouvelle coiffure compliquée de muse romantique) suffira à démontrer que ses affaires sont devenues prospères.<br>Le public fera un triomphe à leur duo de la fin du premier acte (<em>A little Priest</em>), morceau de bravoure aux cordes graves enjôleuses, que viennent ponctuer des vents sardoniques, tout cela dans un mouvement de valse maléfique, funèbre, morbide, telle la Valse de Ravel.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="768" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/sweeney_todd_c_monika_rittershaus_105-1024x768.jpeg" alt="" class="wp-image-152857"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>« A little Priest », par Angelica Kirschlager et Bryn Terfel » © Monika Rittershaus</sub></figcaption></figure>


<p>Autre exemple de travail vocal, <strong>Iain Milne</strong> qui incarne l’horrible exécuteur des hautes œuvres du juge, est souvent dans un quasi parlando, ce qui rend d’autant plus surprenantes les belles notes de vrai ténor qu’il lance à l’occasion.<br />La mendiante (pittoresque et très physique composition de <strong>Liliana Nikiteanu</strong>, très loin des rôles où on l’a admirée, brinquebalante, cauteleuse, émergeant des tréfonds, chante une manière d’argot cockney vaguement glapissant. C’est elle qui, répétant que la ville est en flammes à cause du feu d’enfer qu’entretient Mrs. Lovett pour cuire ses tourtes (<em>City on fire</em>), lancera le début de la fin. On ne saura qu’in extremis qui se cache sous cette défroque, révélation à la Eugène Sue.<br />Pittoresque aussi le signor Pirelli, où <strong>Daniel Norman</strong> peut ténoriser tant qu’il veut puisque Sondheim lui a écrit un pastiche d’air italien. Accent italien qui disparaîtra dès qu’il se dévoilera (et se dé-perruquera) comme ancien apprenti de Benjamin Barker et deviendra très encombrant. Un coup de rasoir bien placé résoudra la question.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="675" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/sweeney_todd_c_monika_rittershaus_082-1024x675.jpeg" alt="" class="wp-image-152856"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Lain Milne (barbe) © Monika Rittershaus</sub></figcaption></figure>


<p>C’est l’une des pesanteurs du genre, il faut une amourette et des romances. C’est à <strong>Elliot Madore</strong> qu’échoit le rôle d’Anthony, le pendant de Freddy dans <em>My Fair Lady</em> ou de Tony dans <em>West Side Story</em>. Du moins le chante-t-il sans fadeur d’une belle voix large, en équilibrant les deux styles de chant qu’il doit concilier : le phrasé lyrique et l’émission plus intime que demande le micro.<br>Beaucoup de fraicheur dans le timbre de <strong>Heidi Stober</strong> qui chante le rôle un peu anodin de Johanna.<br>En revanche le rôle de Toby, l’assistant de Pirelli entré au service de Todd, est d’un autre relief. Beau succès aux applauds pour <strong>Spencer Lang</strong>. Pétulant en bateleur sur son échelle (avec longue et fausse tignasse blonde grâce à l’élixir), on le retrouvera en amoureux transi de Mrs. Lovett (<em>Not while i’m around</em>). Le méchant juge Turpin a la belle voix de basse de <strong>David Soar</strong> à qui la partition offre de longues lignes onctueuses et notamment l’étonnante séquence de sa confession de puritain honteux de sa concupiscence : il a en transparence deviné le corps de sa pupille placée devant une fenêtre et dès lors doit l’épouser sans tarder. Homoki le fait se trainer à terre dans des poses expressionnistes très peinture baroque italienne.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/sweeney_todd_c_monika_rittershaus_049-1024x576.jpeg" alt="" class="wp-image-152854"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>© Monika Rittershaus</sub></figcaption></figure>


<h4><strong><em>A dark operette</em></strong></h4>
<p>Expressionniste, le mot est dit. C’est bien le ton général, avec beaucoup de sarcasme, de second degré, et la <em>darkness</em> dont parle Terfel, D’où vient qu’on y prenne un plaisir euphorique ? Car ce sont aussi des innocents que trucide le barbier et que la pâtissière passe à la moulinette. Psychanalystes, à vous !</p>
<p>Jubilatoire, la verdeur d’Angelica Kirschlager, glapissant son «&nbsp;Worst Pies in London&nbsp;» en débitant un rat au hachoir (coups de boutoir syncopés à l’orchestre). Lors de la création en 2018, elle avait affirmé que ce serait sa dernière prestation à l’opéra. Apparemment elle y revient avec plaisir. Autre exemple de son talent de diseuse, son récit des turpitudes du juge, commenté avec ironie par les hautbois, flûte, clarinette. <br>Le <strong>Philharmonia Zurich</strong>, dirigé par <strong>David Charles Abell</strong>, fait respirer cette partition versicolore, mélange subtil de raffinements et d’efficacité, dentelle et punch à la fois, très musique de film parfois, et soudain d’un lyrisme soutenu, tel le crescendo sur <em>My Friends</em>, ce moment où Sweeney Todd s’exalte en retrouvant ses rasoirs argentés (et Terfel de s’offrir des portamentos de musical à l’américaine).</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="595" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/sweeney_todd_c_monika_rittershaus_192-1024x595.jpeg" alt="" class="wp-image-152862"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Monika Rittershaus</sup></figcaption></figure>


<h4><strong>Hénaurme !</strong></h4>
<p>Car il y a Terfel, bloc d’amertume et de rancœur, muré dans une noire mélancolie, sombre, minéral. Et en même temps bonasse, pataud, ambigu. Capable de douceurs impalpables dans la première apparition de la ballade «&nbsp;There was a Barber and his Wife and she was beautiful… and she was naive&nbsp;», ritournelle qui ponctue toute l’histoire (ce <em>naive</em> qu’il mordra avec une aigreur cinglante quand il reviendra une dernière fois à la fin du spectacle), puis vociférant sa haine.</p>
<p>Il a ce talent de dessiner une silhouette, par ses postures, sa démarche, d’y ajouter ce masque marmoréen et lourd, ce poids de vérité. Incarnation de la justice et du destin, il traverse la foule des figurants, un monumental haut-de-forme sur la tête, et pour un peu il n’aurait pas besoin de chanter… mais il y a ce timbre, cet acier froid, puissant, impérieux, qui achève de hisser la création jusqu’au grandiose, à l’<em>hénaurme</em>…</p>
<p>Mystère des grands acteurs. On pense à Harry Baur, le Jean Valjean des <em>Misérables</em> de Raymond Bernard. Cette manière de se hisser jusqu’au symbolique, jusqu’au légendaire.</p>
<p>Aussi impérieux dans ce personnage qu’il peut l’être en Wotan, Holländer ou Don Giovanni, comme si quelque lien obscur reliait toutes ces créatures imaginaires.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="682" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/sweeney_todd_c_monika_rittershaus_278.0x800-1024x682.jpg" alt="" class="wp-image-153289"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Bryn Terfel et Angelica Kirschlager © Monika Rittershaus</sub></figcaption></figure>
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			</item>
		<item>
		<title>PUCCINI, Turandot – Zurich</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/puccini-turandot-zurich/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 22 Jun 2023 12:47:48 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Un peu plus d’un an aura séparé le phénoménal concert à l’Accademia di santa Cecilia et les débuts scéniques de Sondra Radvanovsky en Turandot. Entre temps, un enregistrement de référence aura fini de consacrer et l’interprète et le final original d’Alfano. Des débuts qui ne verront pas la princesse de glace du soprano américano-canadien arborer &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Un peu plus d’un an aura séparé le phénoménal concert à<a href="https://www.forumopera.com/spectacle/turandot-rome-a-rome-une-version-de-reference-pour-une-turandot-particuliere/"> l’Accademia di santa Cecilia</a> et les débuts scéniques de <strong>Sondra Radvanovsky</strong> en Turandot. Entre temps, <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/puccini-turandot-par-antonio-pappano/">un enregistrement de référence</a> aura fini de consacrer et l’interprète et le final original d’Alfano.</p>
<p>Des débuts qui ne verront pas la princesse de glace du soprano américano-canadien arborer les falbalas d’une Chine de pacotille. L’Opernhaus Zurich a fait appel au sulfureux <strong>Sebastian Baumgarten</strong>. Il signe une production réussie qui creuse deux sillons : celui de la Chine comme une ruche où Turandot occupe la place centrale et celle d’une société « Big Brother » où le contrôle est permanent – on sait comme la reconnaissance faciale est l’un des principaux bras armés du régime actuel. Ainsi, les Masques sont coiffés de casques d’apiculteur où l’on devine un œil scrutateur. Dans cette société policée, le prince étranger et ses deux étranges accompagnateurs se distinguent par leurs costumes bleus quadrillés et futuristes, contrastant avec le jaune et les rayures de la ruche. Ils incarnent l’élément déclencheur qui va faire imploser la société soumise au joug de la princesse mortifère. Sebastian Baumgarten extrapole dès lors : ce n’est pas Calaf, réduit aux utilités après son arrivée, qui résout les énigmes mais le peuple qui lui donne les deux premières réponses et Altoum lui-même qui désigne Turandot de son sceptre pour la troisième. Au-delà de ces audaces raisonnables et bienvenues, on apprécie une direction d’acteur qui supporte la vision globale dans une esthétique cohérente de « comic book » grotesque. En reine de l’essaim, Turandot descend dans l’arène. Elle rôde, caresse, menace… loin des mises en scène statuaires ou des personnages marmoréens se font face à coup de décibels. Excellente idée aussi d’avoir transformé Pu-Tin-Pao en bourdon, mignon de la Princesse, le seul qui restera son soutien quand la défaite la terrasse. Enfin, Zurich comme Munich ne jouant pas une note de plus que celles écrites par Puccini, le metteur en scène prépare la fin abrupte de la représentation longtemps en avance. A chaque fin d’acte, un rideau de scène composé d’écrans horizontaux affiche des messages de moins en moins cryptiques. Le premier parle d’un mal de gorge et de pastilles, le second de radiothérapie quand le dernier paraphrase Toscanini le soir de la création de l’œuvre à la Scala. Sur le plateau laissé vide, se font face Calaf et Turandot. Ils s’observent et se rapprochent comme magnétisés entre répulsion et désir avant de se tourner, orphelins, vers le dernier message.</p>


<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/turandot_sb_246.0x800-1024x683.webp" alt="" class="wp-image-134357" /></figure>


<p><strong>Marc Albrecht</strong>, sans proposer autant de détails et de souffle dramatique qu&rsquo;Antonio Pappano, délivre une lecture résolument tournée vers le 20<sup>e</sup> siècle déjà bien entamé quand Puccini compose <em>Turandot</em>. Plus proche des sonorités d’un Schreker que d’un Giordano, le Philharmonia Zurich se déploie irréprochable et sensuel pendant toute la représentation. Les chœurs brillent plus par leur puissance que par la netteté de certaines attaques à l’aigu, mais cela n’obère en rien une représentation de qualité.</p>
<p>Le plateau réunit ce que les plus grandes maisons peuvent espérer : un Altoum croqué par le ténor de caractère <strong>Martin Zysset</strong>, un mandarin au chant vitaminé de <strong>Jungrae Noah Kim</strong> ou le Timur pétri d’humanité de <strong>Nicola Ulivieri</strong>. Les trois Masques s’avèrent particulièrement bien distribués, emmenés par le Ping au timbre mat de <strong>Xiaomeng Zhang</strong> et deux ténors bien distincts,<strong> Iain Milne</strong> et <strong>Nathan Haller</strong>. Trois prises de rôle pour les trois personnages principaux et deux succès complets. <strong>Rosa Feola</strong> donne à entendre une Liu comme peu. Sa technique irréprochable épouse le style souhaité : piani, notes filées et tenues sur le souffle. Mais c’est surtout une diction irréprochable et un phrasé au naturel qui font de sa jeune esclave plus qu&rsquo;une une machine à beaux sons mais bien un personnage de théâtre, d’autant plus important que la dernière scène lui échoit dans cette version « intègre » à défaut d’intégrale de l’œuvre. On ne peut pas en dire autant du Calaf de <strong>Piotr Beczala</strong>. A son crédit, une voix mordorée et un style que le ténor polonais s’efforce de respecter. Cependant, le poids du rôle semble encore trop lourd pour son muscle vocal. Le vibrato s’accentue, l’aigu se tend et disparait ou craque sur les deux uts du deuxième acte. Piotr Beczala envisage Otello dans un proche avenir, ce soir de première, même avec la tension qu’il charrie toujours, laisse perplexe. Enfin <strong>Sondra Radvanovksy</strong> réitère toutes les splendeurs vocales de Rome et du disque, avec ces petits coups de génie interprétatifs tels ce trille sur le « a » de « straniero a-scolta » qui renforce l’aspect meurtrier de cette adresse. Surtout et contrairement à des incarnations plus récentes où elle nous avait semblé davantage extérieure, elle épouse la vision du metteur en scène et compose une princesse qui ressemble à un faucon, penchant la tête sur le côté pour jauger sa proie. Quand le charisme scénique rejoint l’idéal vocal, c’est soir de fête ! Rendez-vous à Paris en novembre pour l’entendre et avec le duo du deuxième final d’Alfano cette fois-ci !</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/puccini-turandot-zurich/">PUCCINI, Turandot – Zurich</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>WIRTH, Girl with a Pearl Earring — Zurich</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/girl-with-a-pearl-earring-zurich-chambre-obscure/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 01 May 2022 03:59:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L’excitation d’une création mondiale suscite toujours des attentes. En particulier celle de Girl with a Pearl Earring à l’Opernhaus de Zurich cette saison. Stefan Wirth, compositeur suisse de 47 ans, jouit d’une réputation certaine ; Thomas Hampson et Laura Aikin ont rejoint l’aventure et le petit génie discret de la mise en scène (et excellent &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>L’excitation d’une création mondiale suscite toujours des attentes. En particulier celle de <em>Girl with a Pearl Earring</em> à l’Opernhaus de Zurich cette saison. <strong>Stefan Wirth</strong>, compositeur suisse de 47 ans, jouit d’une réputation certaine ; <strong>Thomas Hampson </strong>et <strong>Laura Aikin</strong> ont rejoint l’aventure et le petit génie discret de la mise en scène (et excellent librettiste) <strong>Ted Huffman</strong> rempile à la réalisation scénique. <em>Girl with a Pearl Earring</em> rejoint aussi la liste des œuvres lyriques qui trouvent leurs origines dans une double filiation littéraire et cinématographique, puisque le livret est extrait du roman éponyme de Tracy Chevalier (1999) et surtout de son adaptation cinématographique de 2003 (Peter Webber avec Scarlett Johansson dans le rôle de Griet).</p>
<p>Toutefois, à la différence d’un <a href="https://www.forumopera.com/dvd/brokeback-mountain-manifeste-pour-la-creation"><em>Brokeback Mountain</em> où l’œuvre de Wuorinen permettait de retrouver</a> l’âpreté et la noirceur de la nouvelle que le passage par Hollywood avait rendu sirupeuse, l’adaptation de Philip Littel (livret) et Stefan Wirth enferme l’œuvre dans une ambiance uniformément sombre où les troubles et la sentimentalité des personnages sont absents. La partition est à l’image de nombreuses créations actuelles : très rythmique, construisant plus des ambiances qu’une narration. Le traitement des vents est remarquable et l’écriture vocale non dénuée d’intérêt. Rien de vraiment novateur en somme (ce n’est pas une obligation) mais surtout rien de très adapté au théâtre musical. Les personnages peinent à trouver une signature vocale particulière à l’exception de Cornelia, la peste de sœur ainée dont les cris dans le suraigu traduisent l’hystérie (c’est devenu un lieu commun de la composition contemporaine), et de Maria Thins dont les lignes galbées imposent la figure de matriarche de l’étrange foyer Vermeer.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/girl_with_a_pearl_earring_ohp_r_toni_suter_4828.0x800.jpeg?itok=_omrTGt7" width="468" /><br />
	© Toni Suter &amp; Tanja Dorendorf</p>
<p>Ted Huffman, à son habitude, trouve plus de solutions qu’il ne complique la représentation. La scène est minimale : à nue et noire sur une tournette juste habillée d’un mur sombre d’un côté, constitué de dalles lumineuses de l’autre. Une fois lancé, jamais le mouvement rotatif ne s’arrêtera. Seule sa vitesse varie dans un traveling de deux heures qui permet d’enchainer les scènes, de faire apparaitre et disparaitre les personnages ou les quelques accessoires cruciaux à la narration : les quelques habits, dont ceux du fameux tableau, des pigments, un clavecin ou la table du diner. Les lumières crues retenues et ces tableaux successifs fonctionnent comme une <em>camera</em> <em>obscura</em>. C’est donc à la rétine du spectateur de venir interpréter et remettre un peu de tension et de sentiment dans cet ensemble froid. C’est intelligent mais cela ne tient pas toute une représentation. Ted Huffman réussit néanmoins là où la composition piétine : chacun de ses personnages trouve une identité par un choix de direction d’acteur. Maria Thins claudique sur sa canne, Catharina Vermeer déambule comme une reine la main posée sur son ventre de femme enceinte, Tanneke est renfrognée, Cornelia ne tient pas en place etc.</p>
<p>La réalisation musicale n’appelle aucun reproche. Le Philharmonia Zurich réagit au quart de tour aux injonctions de <strong>Peter Rundel</strong> : percussions, cuivres et vents ont fort à faire et livrent une performance époustouflante malgré les réserves intrinsèques à la composition que nous avons notées. La distribution impressionne en tout point, à commencer par <strong>Lauren Snouffer</strong> (Griet) qui ne quitte quasiment jamais la scène. Le rôle mobilise une vaste tessiture et exige une certaine puissance vocale. Le soprano américain l’emporte avec une endurance certaine et une capacité à nuancer jamais démentie. <strong>Iain Milne</strong> déploie un mâle chant qui rend tout de suite antipathique le riche Van Ruijven. <strong>Yannick Debus</strong>, baryton au timbre cuivré, trouve la bonne ambiguïté entre timidité et séduction dans ses scènes avec Griet. <strong>Irène Friedli </strong>(Tanneke) croque en forçant un peu la raucité de ses lignes un personnage de servante bourrue. On ressort estomaqué par les pyrotechnies vocales improbables que <strong>Lisa Tatin</strong> (qui interprète tous les enfants mais en particulier la vicieuse ainée Cornelia) parvient à réaliser. A chaque fois que sa silhouette féline rentre en scène, on plaint par avance la pauvre Griet. De même, <strong>Liliana Nikiteanu</strong> impose son personnage de cheffe de foyer sans mal, le chant bien assis dans un medium corsé. Enfin, en vétérans de la scène Laura Aikin et Thomas Hampson font preuve d’un abattage scénique et d’une excellente santé vocale. Elle réussit les acrobatiques passages à l’aigu que le rôle exige (et qui rappelle que Marie de <em>Die Soldaten</em> ou encore Konstanze figuraient dans ses grands rôles). Lui colore son chant d’une humanité certaine et fait de son peintre une belle figure humaniste.</p>
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