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	<title>Ekaterina MOROZOVA - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Ekaterina MOROZOVA - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>Pretty Yende, au pied levé et avec panache</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/pretty-yende-au-pied-leve-et-avec-panache/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Charles Sigel]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 05 Jan 2022 05:03:26 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Coup de cœur pour Pretty Yende, qui après avoir étincelé la veille au Concerto di Capodanno de la Fenice (notamment l’air de Rosina, « Una voce poco fa », dans une version festive agrémentée de kyrielles d’abbellimenti vertigineux) remplaçait au pied levé Nadine Sierra dans un programme brillantissime. Cela se passait à l’église de Rougemont dans le cadre d’un &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Coup de cœur pour <strong>Pretty Yende</strong>, qui après avoir étincelé la veille au <em>Concerto di Capodanno</em> de la Fenice (notamment l’air de Rosina, « Una voce poco fa », dans une version festive agrémentée de kyrielles d’<em>abbellimenti</em> vertigineux) remplaçait au pied levé Nadine Sierra dans un programme brillantissime. Cela se passait à l’église de Rougemont dans le cadre d’un <em>Gstaad NewYear Music Festival</em> très perturbé par des annulations en cascade. Mais Pretty sauva la mise avec panache.<br />
	Radieuse artiste, découverte (par nous) <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/recital-pretty-yende-verbier-we-feel-pretty">à Verbier en 2014</a>, qui semble aujourd’hui trouver sa pleine maturité vocale.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="263" src="/sites/default/files/styles/large/public/dsc03717.jpeg?itok=HpOgDKky" title="Pretty Yende à Rougemont © Ch.S." width="468" /><br />
	Pretty Yende à Rougemont © Ch.S.</p>
<p>Vocalises en grappes et trilles d’une rondeur voluptueuse, cabalettes aériennes, bien sûr, mais surtout bel canto expressif : dans l’aria « Ah ! Non credea mirarti » de <em>La Somnambula</em>, de belles couleurs mélancoliques, un sens du legato, une musicalité sensible, des pianissimi en confidence et surtout des accents dramatiques très justes, une sincérité qui ne trompe pas et des yeux qui se mouillent.<br />
	Dans le premier air de Violetta, qu’elle incarnait encore en septembre à Vienne et en novembre à Covent Garden, des demi-teintes songeuses sur « Ah, Forse lui » avant que le « Sempre libera » se déploie dans tout son brio, culminant sur un mi bémol insolent.<br />
	L’Air des Bijoux de <em>Faust</em> donna ensuite à entendre une Marguerite très opulente, prête à dévorer le pauvre Faust. Non moins irrésistiblement brillants l’air de Vilja de <em>La Veuve joyeuse</em> avec de beaux graves charnus et une ligne musicale portée par un souffle inépuisable et la Csárdás de <em>La Chauve-Souris</em>, « Klänge der Heimat », où sa puissance de feu fit des éclats, et surtout son charme.<br />
	En bis, <em>Over the Rainbow</em>, chanté joliment penchée derrière <strong>Natalia Morozova</strong>, sa pianiste d’un soir (tout était impromptu dans ce concert) avec laquelle l’entente avait été parfaite.</p>
<p>Sitôt le récital fini, Pretty Yende partait en hâte rejoindre Valencia pour répéter à partir du lendemain <em>Les Contes d’Hoffmann</em> où, sous la direction de Marc Minkowski, et du 20 au 31 janvier elle chantera les quatre rôles féminins, Olympia, Antonia, Giulietta et Stella…</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="263" src="/sites/default/files/styles/large/public/dsc03732.jpeg?itok=Mdmgvaoy" title="Pretty Yende et Natalia Morozova à Rougemont © Ch.S." width="468" /><br />
	Pretty Yende et Natalia Morozova à Rougemont © Ch.S.</p>
<p dir="ltr"> </p>
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		<item>
		<title>TCHAÏKOVSKI, Eugène Onéguine — Strasbourg</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/eugene-oneguine-strasbourg-le-coeur-est-un-ballon-solitaire/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 16 Jun 2018 04:01:07 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Remarqué à Glyndebourne avec une excellente Finta giardiniera, Frederic Wake-Walker avait un peu déçu avec ses Noces de Figaro milanaises. Pour cet Eugène Onéguine strasbourgeois qui pourrait bien marquer ses débuts en France, il n’a pas eu recours encore une fois au théâtre dans le théâtre, mais semble avoir hésité entre diverses orientations possibles. Apparemment &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Remarqué à Glyndebourne avec une <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/la-finta-giardiniera-glyndebourne-dautant-plus-feinte-quelle-est-moins-jardiniere">excellente <em>Finta giardiniera</em></a>, <strong>Frederic Wake-Walker</strong> avait un peu déçu avec ses <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/dvd/le-nozze-di-figaro-que-chantiez-vous-au-temps-chaud"><em>Noces de Figaro</em> milanaises</a>. Pour cet <em>Eugène Onéguine </em>strasbourgeois qui pourrait bien marquer ses débuts en France, il n’a pas eu recours encore une fois au théâtre dans le théâtre, mais semble avoir hésité entre diverses orientations possibles. Apparemment transposée dans le dernier tiers du XX<sup>e</sup> siècle, l’action est également dé-russisée, à moins de considérer le luxe brejnévien des Grémine comme une référence à l’URSS. La diversité des lieux se réduit à trois décors : le vaste espace en déshérence de la propriété des Larine où des baquets sont disposés pour accueillir la pluie (mais à quoi s’occupe donc le personnel nombreux qui vient chanter au premier acte ?) ; une boîte de nuit avec bar, néons et canapés chesterfield pour le deuxième acte ; un vaste hall impersonnel au dernier. Aux éclairages poétiquement strehlériens du premier tableau succèdent l’ambiance disco d’une fête qui tourne mal, puis celle, plus froide, d’une réception guindée, avec mannequins en plastique et danses de salon tournées en dérision. Surtout, on remarque l’omniprésence des ballons gonflés à l’hélium, en forme de cœur : d’abord entre les mains des danseurs-figurants, et surtout attaché au cou d’Onéguine au dernier acte, symbole subtilissime de l’amour que lui inspire à présent la princesse Grémine, et qui, dégonflé, lui pend bientôt entre les jambes… Par-dessus tout ça, la référence aux livres, ceux que la jeune Tatiana lit dans sa grande baraque, puis les faux dont le dos décore son intérieur pétersbourgeois, ce livre qu’elle referme quand tombe le rideau final. Beaucoup de pistes pour un résultat assez peu convaincant, même s’il ne méritait pas tout à fait les quelques huées qui ont fusé de la salle au moment des saluts.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/coneguine_onr-klarabeck_.6769-acte3.jpg?itok=BleMi094" title=" © Klara Beck" width="468" /><br />
	 © Klara Beck</p>
<p>Hélas, dans la fosse, <strong>Marko Letonja </strong>ne fait pas grand-chose pour rattraper tout cela. L’ouverture laissait espérer bien mieux, mais les tempos restent obstinément retenus, se refusant à refléter la fièvre qui s’empare de Tatiana d’abord, puis des autres personnages. Malgré ses qualités, l’orchestre philharmonique de Strasbourg ainsi ralenti ne peut éviter de paraître souvent pesant, incapable du moindre emportement alors que les passions sont censées s’exprimer autant dans la fosse que sur la scène. Et cette lenteur n’empêche pas toujours les décalages avec le plateau.</p>
<p>Les plus grandes satisfactions viennent donc des chanteurs, avec une équipe venue en majeure partie de l’est. Interprète en Allemagne des grands rôles de baryton du répertoire, le Roumain <strong>Bogdan Baciu</strong> est un Onéguine à la voix ample et bien timbrée, avec un grave nourri, et des couleurs presque trop chaudes pour le héros d’abord glacial imaginé par Pouchkine. Par sa prestance, il possède néanmoins le relief voulu, face à <strong>Ekaterina Morozova</strong> dont le ramage et le plumage avaient subjugué Christophe Rizoud en Nastassia Filipovna <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://https://www.forumopera.com/lidiot-moscou-lidiot-en-cours">dans <em>L’Idiot</em> de Weinberg</a>. A Tatiana, la soprano russe prête une allure de top model, et une voix tout aussi séduisante, suffisamment fraîche pour être crédible en toute jeune fille, mais assez affirmée pour s’imposer dans la scène de la lettre, bien que pénalisée par la lourdeur de l’orchestre. Remarqué notamment en <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/la-traviata-berlin-staatsoper-operation-totenkopf">Alfredo à Berlin</a>, <strong>Liparit Avetisyan</strong> possède une belle voix de ténor, à laquelle on reprochera quand même un rien trop de sanglots et des voyelles parfois un peu trop ouvertes. <strong>Mikhail Kazakov </strong>était déjà l’un des Grémine lors des représentations d’<em>Eugène Onéguine</em> venues du Bolchoï, qui avaient fait découvrir Dmitri Tcherniakov <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/onegine-joue-a-la-roulette-russe">au public parisien en 2008</a> ; dix ans après, les notes et la puissance sont toujours là, mais le chant paraît un peu appuyé, avec une étrange façon d’escamoter les voyelles en fin de phrase. Remplaçant Marjana Lipovsek initialement prévue, <strong>Margarita Nekrasova</strong> a tendance à poitriner ses graves, mais sa présence confère incontestablement à Filipievna une densité rarement atteinte par les titulaires du rôle.</p>
<p>Dans le camp des Occidentaux, la Suissesse <strong>Marina Viotti</strong> est une belle Olga, dont la voix conserve une agréable légèreté même dans le bas de sa tessiture. <strong>Doris Lamprecht</strong> campe une Larina fofolle, aux aigus assez débraillés. La mise en scène ne permet pas à <strong>Gilles Ragon </strong>de chanter élégamment Triquet, le personnage étant réduit à une sorte de provocateur bling-bling maniant le fouet. Artiste de l’Opéra Studio, <strong>Dionysos Idis</strong> est couvert par l’orchestre dans la scène du bal mais se défend mieux en Zaretski lors du duel. Emergeant lentement de l’obscurité, les Chœurs de l’Opéra du Rhin se voient offrir une entrée en scène assez magique, mais les pupitres féminins ont parfois du mal à rivaliser contre les voix masculines qui ne se privent pas de déchaîner les décibels.</p>
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		<title>WEINBERG, L&#039;Idiot — Moscou (Bolchoï)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/lidiot-moscou-lidiot-en-cours/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 08 Jul 2017 03:55:03 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>« Pour moi, il était essentiel de mettre en scène Dostoïevski avec la musique de Weinberg », explique Evgeny Aryeh à propos des représentations au Bolchoi de  L&#8217;Idiot, un opéra composé dans les années 1980 mais créé seulement en 2013 en Allemagne (et enregistré à cette occasion). Pourquoi ? Quelle(s) correspondance(s) entre un monument de &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>« <em>Pour moi, il était essentiel de mettre en scène Dostoïevski avec la musique de Weinberg</em> », explique Evgeny Aryeh à propos des représentations au Bolchoi de  <em>L&rsquo;Idiot</em>, un opéra composé dans les années 1980 mais créé seulement en 2013 en Allemagne (et enregistré à cette occasion). Pourquoi ? Quelle(s) correspondance(s) entre un monument de la littérature russe et un compositeur né en Pologne, victime première des violences d&rsquo;un siècle déchiré par deux des régimes totalitaires les plus barbares que l&rsquo;humanité ait engendrés (Les nazis exterminèrent sa sœur et ses parents lors de l’invasion de la Pologne par l’Allemagne, puis la police secrète bolchévique assassina son beau-père en 1948, avant que lui-même ne soit arrêté sous un prétexte fallacieux en 1953 et ne doive son salut qu&rsquo;à la mort de Staline) ?</p>
<p>Il faut attendre la deuxième partie de l&rsquo;ouvrage pour que la réponse se dessine. Auparavant, la partition apparaît en décalage avec l&rsquo;époque de sa composition,  plus années 50 que 80, à cheval entre Prokofiev et Shostakovich – dont Weinberg était l&rsquo;ami et se disait l&rsquo;élève spirituel – mais dépourvue de l&rsquo;ardeur du premier et de l&rsquo;ironie grinçante du second. Privé des contrastes nécessaires au théâtre lyrique –  ce ressac sonore qui perfuse les chefs d&rsquo;œuvre du genre –, asséné par un orchestre catégorique, ni tonal, ni atonal, le discours musical peut alors paraître uniforme. La connaissance intime qu&rsquo;a <strong>Michal Klauza</strong> du compositeur n&rsquo;est pas sans influer sur ce ressenti. Pour le chef d&rsquo;orchestre, la musique de Weinberg reflète le peu de confiance qu&rsquo;il s&rsquo;accordait. À peine survenues puis développées, les idées sont abandonnées comme s&rsquo;il avait douté de leur valeur. D&rsquo;où cette impression de brassage d&rsquo;émotions dont aucune ne parvient vraiment à éclore. Après l&rsquo;entracte, à travers l&rsquo;usage détourné de mélodies populaires et l&#8217;emploi de teintes moins tranchées dont certaines, subtiles, semblent empruntées à Britten, la partition gagne en éloquence. Porté par un livret d&rsquo;une efficacité irréprochable – un tour de force compte tenu de la matière abondante du roman –, l&rsquo;on assiste à l&rsquo;alignement des planètes, cette conjonction toujours sensationnelle des mots, de la musique et du mouvement.</p>
<p>La typologie vocale ne s&rsquo;aventure pourtant pas au-delà des limites fixées par l&rsquo;opéra romantique. Ténor (Myshkin) et baryton (Rogozhin) se disputent les faveurs de la soprano (Nastassya Filippovna), contrariés dans leur dessein par une mezzo (Aglaya) et un père noble (Yepanchin) confié comme il se doit à une basse profonde. Seul Lebedev, le trublion de service, pourrait selon la convention échoir à un ténor de caractère plutôt qu&rsquo;à un baryton. Avant même de souligner l&rsquo;adéquation linguistique et vocale de chacun, il convient de relever le travail réalisé par les maquilleurs et costumiers pour obtenir une ressemblance quasi idéale avec les personnages du roman. Un simple coup d&rsquo;œil sur les portraits officiels reproduits dans le programme aide à réaliser la justesse stupéfiante de la transformation.</p>
<p>On connaît <strong>Bogdan Volkov</strong> depuis son premier prix aux Paris Compétition Awards en 2015. Son ténor pâle, d&rsquo;une puissance inférieure à celle de ses partenaires, dispose de l&rsquo;égalité requise sur toute la tessiture pour que son interprétation fragile du Prince Myshkin ne souffre d&rsquo;aucun contresens. Tout aussi convaincant, <strong>Pyotr Migunov</strong> prête à Rogozhin un chant inflexible, aux accents tendres et sauvages à la fois, conforme aux élans complexes d&rsquo;un tempérament passionné. D&rsquo;une beauté saisissante, <strong>Ekaterina Morozova</strong> (Nastassya Filippovna) est ce grand  soprano lyrique exigé par la partition, au timbre envoûtant, au médium solide et à l&rsquo;aigu péremptoire, sans que rien d&rsquo;épais ou d&rsquo;excessif ne compromette une ligne orgueilleuse. A Ayala reviennent les plus belles mélodies de la partition. D&rsquo;une couleur claire, richement dotée d&rsquo;harmoniques, la voix de <strong>Yulia Mazurova </strong>n&rsquo;a pour seul défaut que de se distinguer insuffisamment de celle de sa rivale. Du Ganya presque trop noble d&rsquo;<strong>Ivan Maximeyko </strong>à la Varya acrimonieuse d&rsquo;<strong>Oksana Gorchakovskaya</strong> en passant par le général de <strong>Valery Gilmanov</strong>, digne héritier d&rsquo;une haute lignée de basses russes, tous collent exactement à la peau du rôle, avec une mention pour <strong>Konstantin Shushakov</strong>, dont la silhouette souple autant que les glapissements épousent sans un pli les contours serviles et visqueux de Lebedev.</p>
<p>Retour pour conclure à <strong>Evgeny Arie</strong> dont l&rsquo;intelligence de la mise en scène montre qu&rsquo;il existe une alternative tant aux représentations poussiéreuses qu&rsquo;aux démarches irrespectueuses. D&rsquo;une fidélité scrupuleuse au livret, son approche use cependant de la stylisation pour donner à comprendre la complexité des sentiments en jeu. Il y a bien sûr un travail sur le geste qui révèle l&rsquo;homme de théâtre (et contredit ceux qui déplorent que ces derniers aient aujourd&rsquo;hui envahi les scènes d&rsquo;opéra). Il y a aussi l&rsquo;insertion judicieuse d&rsquo;accessoires – les roses rouges de la soirée chez Nastassya Filippovna par exemple – et l&rsquo;utilisation mesurée de la vidéo – notamment pour figurer les crises d&rsquo;épilepsie du Prince. Il y a enfin un dispositif scénique simple mais efficace, paroi pivotante percée de portes qui balayant le plateau latéralement tel un essuie-glace permet de passer instantanément d&rsquo;un tableau à l&rsquo;autre. A l&rsquo;artisan premier d&rsquo;une telle réussite le mot de la fin : « L&rsquo;Idiot <em>ne s&rsquo;écoule pas. Son langage musical n&rsquo;est pas legato mais au contraire fracturé et contient des virages serrés. C&rsquo;est la musique de Weinberg </em>».</p>
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