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	<title>Rebeca NELSEN - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Rebeca NELSEN - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>MOZART, Die Entführung aus dem Serail — Monte-Carlo</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/lenlevement-au-serail-monte-carlo-ceux-qui-saiment-prendront-le-train/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 28 Mar 2019 16:09:34 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>A Monte Carlo cette semaine, Mozart embarque à bord d’un Orient Express des années vingt. Cette transposition, acrobatique au premier abord, fonctionne plutôt bien : le train, comme le sérail est un lieu clôt, d’où il est difficile de s’échapper. Les oukazes de Blondchen – anglaise et donc suffragette – sont aisément transposables après le premier conflit mondial, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>A Monte Carlo cette semaine, Mozart embarque à bord d’un Orient Express des années vingt. Cette transposition, acrobatique au premier abord, fonctionne plutôt bien : le train, comme le sérail est un lieu clôt, d’où il est difficile de s’échapper. Les oukazes de Blondchen – anglaise et donc suffragette – sont aisément transposables après le premier conflit mondial, alors que les femmes répugnent à reprendre la place qui leur était assignée avant-guerre.</p>
<p>L’époque choisie permet à<strong> Francis O’Connor</strong> une débauche de costumes absolument somptueux où étoffes, formes et couleurs réjouissent merveilleusement l’oeil. L’harmonie parfaite de son travail, comme l’élégance des lumières de <strong>Roberto Venturi </strong>nuisent malheureusement aux vidéos de <strong>Gabriel Grinda</strong> qui donnent joliment l’illusion d’un paysage qui défile mais manquent parfois de subtilité : lorsqu’au second acte, la jalousie vient ternir la belle entente des deux couples d’amoureux, le paysage se hérisse de montagnes, métaphore de ce nouvel obstacle à surmonter, pourquoi pas. En revanche, l’harmonie retrouvée est soulignée par un envol de montgolfières d’un goût franchement discutable.</p>
<p><img decoding="async" alt="" src="/sites/default/files/styles/large/public/125-lenlevement_au_serail_c2019_-_alain_hanel_-_omc_22.jpg?itok=nrfBqnwF" title="©Alain Hanel" /><br />
	©Alain Hanel</p>
<p>La scénographie propose des solutions aussi brillantes qu’efficaces pour nous éviter de voyager dans un unique wagon : des effets de cubes emboitées, nous permettent de déambuler du quai de gare, au couloir, à la cuisine, au restaurant, au bar, dans l’intimité d’un compartiment de première classe et même sur le toit. Ainsi les surprises se succèdent et le spectateur a la délicieuse sensation de pénétrer chaque fois plus avant dans l’intimité des personnages.</p>
<p>Le choix des espaces est d’autant plus intéressant qu’il n’est pas qu’esthétique et sert le livret. Dans la cuisine, tout en épluchant les patates, Blondchen donne la recette qui met les hommes au pas tandis qu’un tango – danse égalitaire si il en est – enflamme les soubrettes qui l’entourent. <strong>Jodie Devos</strong> prête son formidable abattage à la sémillante anglaise. Voix ductile, aigus superbes, registres joliment unifiés, coloratures affolantes, elle orne et tourbillonne à étourdir. Le rôle lui sied comme un gant, tout comme la casserole qu’elle renverse sur la tête d’un Sélim, dompté. Pour l’entendre tout à loisir, procurez-vous son dernier <a href="https://www.forumopera.com/cd/offenbach-colorature-jardin-des-delices">cd</a>.</p>
<p><strong>Dieter Kaegi</strong> a choisit de centrer sa dramaturgie autour des atermoiements d’une Konstanze qui résiste bien difficilement aux atouts du Pacha. Ce dernier n’a de turc que le nom, il est interprété avec un charme tout germanique par l’excellent comédien <strong>Bernhard Bettermann</strong>. Konstanze, donc, tergiverse plus volontiers du côté de Feydeau ou Labiche que de celui de Mozart. Il n’est pas question ici de s’en offusquer, les mises en scènes contemporaines nous emportent parfois dans des délires autrement stratosphériques, mais l’on peut tout de même déplorer que ce parti-pris n’affadisse le propos au lieu de l’élever.</p>
<p>La mise en scène assume parfois ses choix avec brio : au moment où la constance risque de fléchir, c’est toute la salle qui change de perspective avec ce wagon qui bascule, se détachant du reste du train. Il n’est plus parallèle mais perpendiculaire à la salle ! Konstance tente alors, en vain, de s’évader par la plate-forme arrière du train. Ce <em>Marten aller Arten</em> est justement le moment où <strong>Rebecca Nelsen</strong> trouve enfin ses marques après des débuts fragiles où sa voix semblait contrainte, les mediums ternis, les graves appelant plus de corps, la justesse même posant question. Il arrive également que les choix scéniques la desserve notablement : lorsqu’elle hésite entre six beaux mâles en frac, son dilemme est souligné à traits inutilement épais.</p>
<p>La tendresse de Belmonte se trouve pareillement caricaturée lorsqu’elle s’expose aux triviales rencontres nocturnes qu’il fait dans le couloir : triolisme, orgies hétéro et homosexuelles déploient pour lui un large champ des possibles auquel il préfère immanquablement la Constance. Une nouvelle fois, il n’y a pas là de quoi s’offenser, mais l’oeuvre s’en trouve tristement amoindrie, réduite à sa portion congrue, celle d’un vaudeville sans grande profondeur.</p>
<p><strong>Cyrille Dubois</strong> campe néanmoins un Belmonte de belle tenue avec cette élégance de l’émission, cette délicatesse du legato dont ne se départi jamais ce spécialiste du Lied et de la mélodie. Heureusement, qui plus est, le vibrato un peu rapide de son premier air cède rapidement la place à l’émotion la plus délicate.</p>
<p>Aux deux amoureux de Konstanze répondent ceux de Blondchen. Le Pedrillo de <strong>Brenton Ryan</strong> est épatant d&rsquo;espièglerie, de charme, le timbre est franc, la voix facile, rien à y redire. <strong>Albert Pesendorfer</strong>, en revanche, convainc plus par sa prestation scénique que vocale. Osmin a parfois le souffle court et manque singulièrement de graves au point qu’ils passent difficilement l’orchestre.</p>
<p>Dans la fosse, certains tempi – notamment l’ouverture – interrogent par leur lenteur ; la justesse des cordes pourrait être améliorée mais sous la baguette de <strong>Patrick Davin</strong>, l’<strong>Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo</strong> tout comme le <strong>choeur</strong>, proposent un travail propre et sérieux.</p>
<p>Sans nous laisser à quai, cet <em>Enlèvement</em>, trop tiré vers le vaudeville, laisse un goût d’inachevé.</p>
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		<item>
		<title>ROSSINI, Il turco in Italia — Nantes</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/oh-quel-succes-il-aura/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 15 Dec 2013 22:38:49 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>  La lumière de l’Italie en plein décembre&#8230; voilà exactement de quoi nous tenter par ce froid dimanche. Avec ce Turc en Italie, le tout jeune Rossini, ne connut pas la postérité de l&#8217;Italienne à Alger écrite un an plus tôt. L&#8217;opéra de Nantes a la bonne idée de mettre cette oeuvre rare au programme &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>           </p>
<p>			La lumière de l’Italie en plein décembre&#8230; voilà exactement de quoi nous tenter par ce froid dimanche. Avec ce <em>Turc en Italie,</em> le tout jeune Rossini, ne connut pas la postérité de l&rsquo;<em>Italienne à Alger</em> écrite un an plus tôt. L&rsquo;opéra de Nantes a la bonne idée de mettre cette oeuvre rare au programme des fêtes de fin d&rsquo;année, pour un bien joli résultat. Aucune prétention au réalisme dans cette classique histoire d’imbroglio amoureux mais de la légèreté, de la sensibilité dans la direction musicale tout comme dans la mise en scène.</p>
<p>			Sélim, riche turc globe-trotteur, vit des amours indécises ; il oscille entre la fidèle Zaina et la volage Fiorilla rencontrée lors d&rsquo;une halte à Naples. C&rsquo;est le jeune<strong> Nahuel di Pierro</strong> qui prête le velours de son timbre de basse au personnage. Doté d&rsquo;une voix flexible aux harmonies très riches, cet habitué de l&rsquo;opéra de Bordeaux, issu de l&rsquo;atelier lyrique de l&rsquo;Opéra de Paris est parfait en grand seigneur égocentrique et séducteur. Cynique, il propose de racheter Fiorilla à son mari, car, après six ans de mariage, il en est sans doute un peu fatigué (sic). Cette proposition donne lieu a un duo virtuose dans lequel le mari comme l&rsquo;amant font merveille.<br />
			L&rsquo;époux trompé est incarné par un<strong> Franck Leguerinel</strong> visiblement heureux de retrouver sa ville natale. Il déploie une énergie communicative pour récupérer sa volage épouse et emporte l&rsquo;adhésion du public par une bouffonnerie assumée.Toutefois, la justesse approximative de ses graves compromet certains passages délicats dont le somptueux ensemble a capella du second acte, ce qui est bien dommage. Le barbon qu&rsquo;il interprète devient chef de gare dans cette version nantaise, et il est délicieux de le voir s&rsquo;agiter en tout sens en essayant vainement d&rsquo;avoir prise sur les évènements.</p>
<p>			Rien de ferroviaire naturellement dans la partition originale. C&rsquo;est au metteur en scène <strong>Lee Blakeley </strong>que l&rsquo;on doit cette transposition qui nous projette dans les années 20. Il file la métaphore ferroviaire tout au long de la soirée et utilise brillamment tous les accessoires à sa disposition pour offrir au spectateur des décalages drôles et complices.</p>
<p>			Lee Blakeley dispose d&rsquo;un alter-ego sur scène, le poète Prodoscimo, en quête d&rsquo;un sujet pour sa prochaine création, et qui ici se fait cinéaste. Il commente l&rsquo;action, l&rsquo;oriente parfois vers de nouveaux rebondissements. Ce jeu de mise en abyme, de théâtre dans le théâtre, est toujours efficace et l&rsquo;on rit d&rsquo;entendre <strong>Nigel Smith</strong> s&rsquo;écrier devant une péripétie particulièrement improbable « <em>c&rsquo;est théâtral, mais ça manque de naturel </em>». Le baryton canadien ne boude pas son plaisir et, très à l&rsquo;aise vocalement, fait le pitre avec autant de talent que de délectation.</p>
<p>			Il partage avec l&rsquo;ensemble du plateau vocal un engagement scénique sans faille au service d&rsquo;une direction d&rsquo;acteurs millimétrée.  Chaque personnage est dessiné avec précision, et la mise en scène multiplie les commentaires visuels qui éclairent les caractères, justifient les arias &#8211; voire les vocalises &#8211; avec une remarquable intelligence. Don Narciso, amant éconduit de Fiorilla, interprète par exemple son solo comme s&rsquo;il passait une audition pour jouer dans le film en cours d&rsquo;écriture. Il aspire aux feux de la rampe comme à ceux de la passion, mais n&rsquo;obtiendra ni l&rsquo;un ni l&rsquo;autre. Avec ce rôle, l&rsquo;américain<strong> David Portillo</strong>, épatant ténor rossinien aux aigus ductiles et au médium moelleux, fait de remarquables débuts en France.</p>
<p>			Dans les scènes de chamailleries les deux rivales féminines sont impeccables et leur crêpage de chignon est chorégraphié avec le même brio que la superbe scène de fête du second acte.<strong> Rebecca Nelsen</strong> y irradie de charme et d&rsquo;énergie ; sa voix souple, percutante de soprano léger est également bien timbrée dans les graves et assume sans aucune difficulté les chausse-trappes des airs de bravoure de Fiorilla. Quelle jolie idée que d&rsquo;en faire une Louise Brooks de pacotille ! Face à elle, <strong>Giuseppina Bridelli</strong> campe une amoureuse à la voix cuivrée, qui sait se faire suave au besoin. On lui reprochera toutefois un sur jeu inutile en début de soirée qui fait perdre de sa crédibilité à Zaida.</p>
<p>			Son ombre fidèle, Albazar, est interprétée par <strong>Manuel Nunez Camelino</strong> qui n&rsquo;a que peu à chanter et que l&rsquo;on aura plaisir à voir grimé en Arnalta sur la scène de l&rsquo;Opéra de Paris où il donnera sans doute la pleine mesure de son talent.<br />
			 <br />
			Face à un plateau survolté,<strong> Giuseppe Grazioli</strong> dirige l&rsquo;Orchestre national des Pays de la Loire avec la juste énergie, la dynamique indispensable, tout en s&rsquo;attachant à conserver un legato élégant et quelques tempi dont la relative lenteur surprend d&rsquo;abord l&rsquo;auditeur avant de le ravir car elle laisse affleurer la poésie de la partition. L&rsquo;entente entre les directions scéniques et musicale est visible dans la complémentarité entre gags visuels et humour musical. Le rire d&rsquo;ailleurs cède parfois le pas au sourire lorsque le second degré nait délicatement des couleurs ou des nuances d&rsquo;une réplique.</p>
<p>			 </p>
<p>			Lee Blakeley nous avait époustouflé la saison dernière avec <em>Sunday in the Park with George</em>, il nous réjouit ici et la perspective de le retrouver à deux reprises au Châtelet l&rsquo;an prochain a de quoi ravir.</p>
<p>			 </p>
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