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	<title>Gemma NÍ BHRIAIN - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Gemma NÍ BHRIAIN - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>BELLINI, I puritani — Paris (Bastille)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/i-puritani-paris-bastille-sans-esbroufe/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christian Peter]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 10 Sep 2019 04:00:06 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La nouvelle saison de l’Opéra de Paris s’ouvre avec une reprise des Puritains de Bellini dans la production de Laurent Pelly créée en novembre 2013. Nous avions souligné à l’époque le caractère épuré des décors qui représentent aux premier et troisième actes l’armature en tiges métalliques d’un château et au deuxième, celle d’une simple tour. &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>La nouvelle saison de l’Opéra de Paris s’ouvre avec une reprise des <em>Puritains</em> de Bellini dans la <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/si-pres-du-bonheur">production</a> de <strong>Laurent Pelly</strong> créée en novembre 2013. Nous avions souligné à l’époque le caractère épuré des décors qui représentent aux premier et troisième actes l’armature en tiges métalliques d’un château et au deuxième, celle d’une simple tour. Posées sur la tournette qui les déplace au gré des tableaux pour différencier les divers lieux où l’action se déroule et canaliser les nombreux mouvements de foules, ces structures se révèlent à la fois sobres et fonctionnelles.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/5d7218ea0000000000000012_big.jpg?itok=GfcQs-Q0" title="I puritani  © Sébastien Mathé / Opéra national de Paris" width="468" /><br />
	I puritani  © Sébastien Mathé / Opéra national de Paris</p>
<p>Cette sobriété va de pair avec l’austérité des costumes qui se déclinent dans des teintes allant du gris clair au noir en passant par le marron ou le bleu marine, contrastant avec la blancheur immaculée de la robe d’Elvira.</p>
<p>La direction d’acteurs, minimaliste, met en lumière les relations entre les différents protagonistes. Sachons gré à Laurent Pelly de n’avoir pas cherché à nous raconter une autre histoire que celle du livret, en dépit de ses quelques faiblesses, et d’avoir opté pour une scénographie dépouillée en accord avec le propos, qui de plus permet au spectateur de se concentrer sur la musique et les voix. Seul bémol au tableau, dans ce décor ouvert, en l’absence de parois pour renvoyer le son vers la salle, les voix ont tendance à se perdre dans les cintres donnant l’impression d’être sous-dimensionnées dans le vaste vaisseau de l’Opéra Bastille.  </p>
<p>Les chanteurs réunis pour la circonstance constituent cependant une équipe solide et homogène jusque dans les seconds rôles. Ainsi <strong>Jean-François Marras</strong>, dont le timbre clair capte l’attention dès le début de l’ouvrage, tire aisément son épingle du jeu en Sir Bruno Roberton tandis que la voix de bronze au grave profond de <strong>Luc Bertin-Hugault</strong> sied au personnage altier de Lord Gualtiero Valton. Enfin le joli timbre fruité de <strong>Gemma Ní Bhriain</strong> fait regretter la brièveté du rôle d’Enrichetta.  </p>
<p>En début de soirée, <strong>Igor Golovatenko</strong> n’a pas semblé au mieux de sa forme, projection limitée et vocalises laborieuses dans la cabalette « Bel sogno beato » , puis la voix a gagné peu à peu en volume et en assurance tout au long du deuxième acte à la fin duquel le baryton nous a offert un magnifique « Suoni la tromba » face à <strong>Nicolas Testé</strong> dont la superbe incarnation lui a valu un triomphe personnel au rideau final.  La basse française a campé un personnage sobre et émouvant comme en témoigne son « Cinta di fiori »  tout en nuances, phrasé avec un legato parfait. En dépit d’un volume parfois confidentiel, <strong>Francesco Demuro</strong> a créé l’événement en incarnant un Arturo impeccable, doté d’une ligne de chant élégante et d’une belle maîtrise de la grammaire belcantiste. Il affronte crânement le redoutable « Ella è tremante »  au dernier acte sans reculer devant le contre-ré ni le contre-fa qu’il donne en voix de tête, sans difficulté apparente. <strong>Elsa Dreisig</strong> n’a sans doute pas les moyens ni la technique souveraine des grandes Elvira du passé, de plus, à force d’arpenter le plateau au pas de course dans une agitation perpétuelle son souffle s’en ressent mais elle parvient somme toute à convaincre en misant sur la fragilité de l’héroïne qu’elle traduit si bien grâce à son timbre lumineux et son chant parsemé de nuances. Point de pyrotechnie ébouriffante dans les cabalettes mais une incarnation subtile servie par une voix saine et bien projetée.</p>
<p>Admirablement préparés par José Luis Basso, les chœurs dont le rôle est prépondérant dans cette œuvre ont livré une prestation de haut vol.</p>
<p>Au pupitre <strong>Riccardo Frizza</strong> adopte une battue sage et mesurée, quasi métronomique comme s’il craignait de couvrir ses chanteurs, Pas de grandes envolées lyriques ni de contrastes dans cette direction sans grand relief.  Enfin on ne peut que regretter les nombreuses coupures dans la partition, confortables sans doute pour les chanteurs mais exaspérantes pour l’amateur de bel canto.   </p>
<p> </p>
<p> </p>
<p> </p>
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		<item>
		<title>RAMEAU, Hippolyte et Aricie — Paris (TCE)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/hippolyte-et-aricie-paris-tce-subtil-raffinement/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Brigitte Maroillat]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 26 May 2019 07:43:38 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’est peut-être dans ses vigoureuses saveurs instrumentales que l’œuvre de Jean-Philippe Rameau semble le moins marquée par le sceau de son époque. Il y a une jeunesse insolente dans cette musique qui court et danse sur des timbres coruscants. Ces accents dramatiques alliés aux douceurs lyriques semblent d&#8217;ailleurs faire l’objet d’un regain d’intérêt ces derniers &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>C’est peut-être dans ses vigoureuses saveurs instrumentales que l’œuvre de <strong>Jean-Philippe Rameau</strong> semble le moins marquée par le sceau de son époque. Il y a une jeunesse insolente dans cette musique qui court et danse sur des timbres coruscants. Ces accents dramatiques alliés aux douceurs lyriques semblent d&rsquo;ailleurs faire l’objet d’un regain d’intérêt ces derniers années conduisant <em>Hippolyte et Aricie</em> au-devant de la scène, en France comme à l’étranger, de Berlin à Glyndebourne en passant par Zurich. Les théâtres revisitent ainsi l&rsquo;œuvre dans divers habits et approches qui voient s’affronter les partisans de la voie historique et les maîtres de la transposition, sans oublier une voie médiane, celle de la poésie d’où surgit le rêve et un temps hors du temps qui semble s&rsquo;étirer sans douleur, comme dans la mise en scène fort réussie d’<strong>Yvan Alexandre</strong> pour l’opéra de Toulouse. Mais hier soir, au Théâtre des Champs Elysées, <em>Hippolyte et Aricie</em> était présenté dans une version concert, évitant ainsi l’écueil des discussions sur la parure dont on doit vêtir cet opéra, même si une certaine mise en espace n’était pas ici totalement absente, à travers les gestuelles et les déplacements des chanteurs.</p>
<p>Et c’est une prestation d&rsquo;un beau raffinement qu’il nous a été donné d’entendre, comme un juste écho à la langue de l&rsquo;abbé Pellegrin, librettiste de cette première tragédie lyrique de Rameau. La prestation des interprètes (ceux mêmes qui sont actuellement dans la même oeuvre sur la scène du théâtre de Zurich), nous fait lire sur chaque visage, dans chaque attitude, dans chaque mouvement l’émotion dont ils sont les émissaires. La partition vit comme un être de chair et de sang. Cet engagement d’ensemble des corps et des voix nous fait imaginer, l’atmosphère de la partition, ses toiles peintes, ses perspectives, ses couleurs automnales, sa symbolique aussi. La distribution de très belle tenue est incontestablement dominée par l’Hippolyte juvénile et lumineux de <strong>Cyrille Dubois</strong> dont l’élégance de la ligne de chant et la délicatesse du legato font ici merveille et la Phèdre incandescente de <strong>Stéphanie d’Oustrac</strong>. Tragédienne née, elle habite son personnage avec une telle conviction qu’elle séduit tant dans la rage exprimée que dans les accents éplorés. Son expérience consommée du récital et de la mélodie française confére incontestablement à son interprétation l’art de sculpter les mots.  L&rsquo;impressionnant Thésée d&rsquo;<strong>Edwin Crossley-Mercer</strong> n’est pas en reste. Doté d’une belle projection et une ardeur du verbe, l’excellent baryton-basse francophone (comme son nom ne l’indique pas) met ici en avant ses qualités d’acteurs, son impeccable diction et une voix puissante et solide dans tous les registres, de l&rsquo;aigu héroïque au grave abyssal.</p>
<p>Le reste de la distribution offre une belle présence aux personnages secondaires, dans des caractérisations habitées, La jeune et fraîche soprano <strong>Melissa Petit</strong> illumine de son timbre aérien et fruité le personnage d’Aricie avec quelques graves bien timbrés notamment dans son poignant duo avec Hippolyte au quatrième acte. <strong>Hamida Kristoffersen</strong> parvient à conférer une constellation émotionnelle au personnage guindé de Diane. Si la basse <strong>Wenwei Zhang</strong> unit à l’ampleur de la voix une verve scénique indéniable, il manque cependant de puissance dans l’extrême grave de sa tessiture pour être le Pluton plein d’autorité et d&rsquo;allant que l’on souhaiterait entendre. Il semble toutefois plus à son aise en Neptune dans ce style typiquement ramiste, déclamatoire et éloquent, qui caractérise le personnage. La voix, souple, bien timbrée et le jeu dramatique d’<strong>Aurélia Legay </strong>donnent une belle dimension à Oenone, la nourrice-confidente-manipulatrice. <strong>Gemma Ní Bhriain</strong> tour à tour grande prêtresse, chasseresse, et matelote se distingue par un superbe timbre. <strong> Spencer Lang</strong>, qui incarne également la deuxième Parque, prête une voix sonore et ronde à Tisiphone qui se fait particulièrement entendre au début du deuxième acte, lorsque la furie entraîne Thésée aux enfers. <strong>Nicholas Scott</strong>, ténor à la voix claire et à la diction remarquée, et  <strong>Alexander Kiechle</strong> basse au beau timbre, complètent avec brio la distribution. En les écoutant avec Spencer Lang, on se dit que le trio des Parques, qui se déploie sur le tapis soyeux d’une contrebasse inspirée, est vraiment un pur joyau. Le chœur de Zurich est quant à lui dans une forme éclatante, </p>
<p>A la tête de l’Orchestra La Scintilla de Zurich, l’intrépide cheffe <strong>Emmanuelle Haïm</strong> se lance à l’assaut du monument, déployant une belle énergie dans une gestuelle ample et nerveuse. Sous cette battue dansante et énergisante, ciselant détails et articulations, l’orchestre est impressionnant de justesse et de virtuosité instrumentale. Il propose des sonorités subtiles, notamment dans la musique la plus audacieuse, celle des enfers. On aurait pu toutefois attendre plus de contrastes et de couleurs de cette lecture électrisante, mais Il est vrai qu’ à force d’entendre des enregistrements enrichis en effets on place un curseur dans l’écoute qui n’est pas forcément au plus juste pour apprécier un <em>Hippolyte et Aricie</em> sur le vif.  La direction rend toutefois amplement justice à cette œuvre magnifique, dont André Campra, le rival de Rameau, disait qu&rsquo;elle comportait assez de musique pour faire dix opéras. Il y a, à l’évidence, dans cette lecture raffinée une vie en ébullition.</p>
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		<item>
		<title>DONIZETTI, Lucia di Lammermoor — Paris (Bastille)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/lucia-di-lammermoor-paris-bastille-pretty-yende-la-consecration/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christian Peter]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 14 Oct 2016 03:48:12 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Lors de sa création en 1995, la production de Lucia di Lammermoor signée Andrei Serban avait suscité la désapprobation d’une partie importante du public. Plus de vingt ans ont passé et force est de reconnaître que le spectacle a plutôt bien vieilli. Loin de toute imagerie romantique, cette Lucia égarée dans un monde exclusivement masculin, &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Lors de sa création en 1995, la production de <em>Lucia di Lammermoor</em> signée <strong>Andrei Serban</strong> avait suscité la désapprobation d’une partie importante du public. Plus de vingt ans ont passé et force est de reconnaître que le spectacle a plutôt bien vieilli. Loin de toute imagerie romantique, cette Lucia égarée dans un monde exclusivement masculin, dans un décor peuplé de soldats et de culturistes, qui oscille entre la chambrée et la salle de musculation, femme-objet manipulée par les hommes qui lui sont proches, est finalement convaincante. Moins heureux est le traitement des chœurs, vêtus en bourgeois du dix-neuvième siècle. Placés au-dessus des personnages derrière une rambarde, ils assistent à la folie de l’héroïne comme le public qui venait assister aux leçons du Professeur Charcot à la Salpétrière. La scène du mariage où Lucia, à qui son confesseur fait avaler de force un comprimé, est habillée manu militari en mariée et jetée dans les bras d’Arturo n’a rien perdu de son impact dramatique.</p>
<p>En une vingtaine d’années, cette production inaugurée par Roberto Alagna et June Anderson, a vu se succéder nombre d’interprètes de renom. Lors de la dernière reprise, à l’automne 2013, <a href="http://www.forumopera.com/spectacle/ouverture-de-saison-triomphale">Patrizia Ciofi et Vittorio Grigolo</a> incarnaient les deux héros tragiques en alternance avec <a href="http://www.forumopera.com/spectacle/yoncheva-a-la-folie-fabiano-aussi">Sonia Yoncheva et Michael Fabiano</a>, deux jeunes talents à la gloire montante qui ont fait depuis leur chemin.</p>
<p>Cette année c’est également à deux jeunes artistes prometteurs que sont confiés ces personnages au sein d’une équipe homogène et sans faille sous la baguette nerveuse de <strong>Riccardo Frizza</strong> à la tête d’un Orchestre de l’Opéra de Paris à son meilleur. Regrettons que le duo entre Edgardo et Enrico qui précède la scène de la folie soit passé à la trappe. Les Chœurs, remarquables de bout en bout, ponctuent le drame avec conviction comme en témoigne, par exemple, la terreur qu’ils expriment dans leur réplique « Par dalla tomba uscita ».</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/luc2_0.jpg?itok=S8dhwPvE" title="©  Sébastien Mathé / Opéra national de Paris" width="468" /><br />
	©  Sébastien Mathé / Opéra national de Paris</p>
<p>Les seconds rôles n’appellent aucune réserve. <strong>Gemma Ní Bhriain</strong> est une Alisa irréprochable. <strong>Oleksiy Palchykov</strong>  possède une voix claire et bien projetée. Son Arturo naïf et fat est tout à fait convaincant. <strong>Rafal Siwek</strong> est doté de moyens prometteurs, timbre de bronze et voix homogène, qui font de lui un Raimondo de premier plan en dépit d’un registre grave confidentiel à l&rsquo;extrémité de sa tessiture (la fin de la phrase « Rispettate almen di Dio la tremenda maesta » durant la scène du mariage est tout juste audible). Tous trois contribuent grâce à leurs qualités vocales, à faire du célèbre sextuor un des grands moments de la soirée. <strong>Yu Shao</strong> n’est pas en reste, qui campe un Normanno sonore et perfide à souhait.</p>
<p><strong>Artur Ruciński</strong> avait fait l’an passé des débuts remarqués à l’Opéra Bastille en incarnant un Don Giovanni à la voix séduisante et insolemment projetée. Cette année son Enrico bénéficie des mêmes qualités vocales auxquelles s’ajoute une belle présence théâtrale. Le baryton polonais interprète avec conviction ce frère autoritaire et égoïste. <strong>Piero Pretti</strong> avait également attiré l’attention sur lui au cours de la dernière saison grâce à son Pinkerton élégant et raffiné. En dépit d’une palette de couleurs relativement restreinte, sa ligne de chant irréprochable et l’homogénéité de sa voix sur toute la tessiture conviennent davantage à un rôle belcantiste comme celui d’Edgardo. La scène finale emplie d’émotion que propose le ténor sarde est chaleureusement accueillie par le public.</p>
<p><a href="/il-barbiere-di-siviglia-paris-bastille-opera-au-bord-de-la-crise-de-nerfs">Rosina espiègle et piquante à l’automne 2015</a>, <strong>Pretty Yende </strong>revient cette saison dans un rôle dramatique que les plus illustres cantatrices ont interprété avant elle. Elle aborde donc son premier air avec une prudence toute compréhensible. Son timbre corsé exerce une séduction immédiate même si l’on aurait souhaité davantage de mystère dans les premières phrases de « Regnava nel silenzio » et davantage d’effroi lorsqu’elle évoque l’apparition du fantôme mais très vite la magie opère et la salle tombe sous le charme de cette voix pulpeuse, admirablement conduite. La cabalette – doublée – est spectaculaire. La soprano sud-africaine éblouit par sa facilité à émettre des suraigus lumineux, son agilité extrême dans les vocalises et l’audace de ses ornementations. Au fil des actes elle gagne en assurance et propose une scène de la folie absolument spectaculaire tant sur le plan vocal que dramatique qui lui vaut une ovation debout et des applaudissements sans fin.   </p>
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		<item>
		<title>L&#8217;Opéra de Paris à l&#8217;ombre de Maîtres chanteurs en fleurs</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/lopera-de-paris-a-lombre-de-maitres-chanteurs-en-fleurs/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 23 Feb 2016 15:01:23 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Après un Trouvère marqué par la présence puis l&#8217;absence d&#8217;Anna Netrebko, l&#8217;Opéra national de Paris se prépare à accueillir à compter du 1er mars Les Maîtres chanteurs de Nuremberg, la plus connue des comédies composées par Richard Wagner (même si Madrid depuis le 19 février et Strasbourg en mai prochain nous rappellent cette saison que &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Après un<em> Trouvère</em> marqué par <a href="/il-trovatore-paris-bastille-anna-netrebko-meilleure-chanteuse-du-monde">la présence</a> puis <a href="/breve/hui-he-leonora-plus-tot-que-prevu-a-lopera-de-paris">l&rsquo;absence d&rsquo;Anna Netrebko</a>, l&rsquo;Opéra national de Paris se prépare à accueillir à compter du 1er mars <em>Les Maîtres chanteurs de Nuremberg</em>, la plus connue des comédies composées par Richard Wagner (même si Madrid depuis le 19 février et Strasbourg en mai prochain nous rappellent cette saison que <em>Das Liebesverbot </em>s&rsquo;inscrit dans le même genre théâtral). Déjà <a href="http://forumopera.com/spectacle/entre-carnaval-et-conte-de-fees">applaudie à Salzbourg en 2013</a>, la mise en scène de <strong>Stefan Herheim</strong> s&rsquo;inspire de l&rsquo;univers de Walt Disney, avec notamment des robes imitées de celles portées par Blanche-Neige ou La Belle au Bois-dormant dans les dessins animés du même nom. De quoi réjouir celles qui ont toujours rêvé d&rsquo;être princesses, telle <strong>Gemma Ní Bhriain</strong>, mezzo-soprano membre de l&rsquo;Atelier Lyrique, qui sur Twitter dit adorer son costume, fleuri.</p>
<blockquote class="twitter-tweet" data-lang="fr">
<p dir="ltr" lang="en" xml:lang="en">Love my costume for <a href="https://twitter.com/hashtag/Meistersinger?src=hash">#Meistersinger</a> &#8211; First scene&amp;orch today with opening night in 2 weeks <a href="https://twitter.com/hashtag/Wagner?src=hash">#Wagner</a> <a href="https://twitter.com/operadeparis">@operadeparis</a> <a href="https://t.co/NAYt2t71ju">pic.twitter.com/NAYt2t71ju</a></p>
<p>	— Gemma Ní Bhriain (@GemmaNB) <a href="https://twitter.com/GemmaNB/status/700374412546146306">18 Février 2016</a></p>
</blockquote>
<p><script async="" src="//platform.twitter.com/widgets.js" charset="utf-8"></script></p>
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			</item>
		<item>
		<title>MOZART, Così fan tutte — Créteil</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/cosi-fan-tutte-creteil-ni-dramma-ni-giocoso/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 23 Jun 2015 03:29:08 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Si l’Opéra de Paris mettait au rancard son actuelle production de Così fan tutte, démodée avant même sa création, voilà peut-être le genre de spectacle qui la remplacerait. Il y a une quinzaine d’années, Dominique Pitoiset avait été sollicité pour monter un Falstaff revu encore récemment, mais son Don Giovanni de la même année n’a &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Si l’Opéra de Paris mettait au rancard son actuelle production de <em>Così fan tutte</em>, démodée avant même sa création, voilà peut-être le genre de spectacle qui la remplacerait. Il y a une quinzaine d’années, <strong>Dominique Pitoiset</strong> avait été sollicité pour monter un <em>Falstaff </em>revu encore récemment, mais son <em>Don Giovanni </em>de la même année n’a pas eu la même longévité, supplanté par la vision de Michael Haneke imposée par Gérard Mortier. Empruntant les armes à l’ennemi, Dominique Pitoiset semble avoir vu le <em>Così </em>commandé à Haneke par Gérard Mortier devenu directeur de l’opéra de Madrid : comme chez le cinéaste autrichien, tout se passe de nos jours et chez Don Alfonso, qui forme avec Despina le troisième couple de l’intrigue (chez Da Ponte, les choses sont beaucoup moins claires et Despina n’envoie pas dire à Alfonso qu’un vieux comme lui ne peut rien pour une jeunesse comme elle). Sauf que, Atelier lyrique oblige, le tiers couple a le même âge que les deux autres, et que le cynique n’a pas les cheveux plus gris que ses jeunes amis. Et ce parti-pris de départ n’est finalement guère exploité, pas plus que l’idée de situer l’opéra dans le studio d’un photographe : Don Alfonso photographie les futurs mariés, il photographie de jeunes femmes, suscitant ainsi la jalousie de Despina, mais cela reste de l’ordre du détail anecdotique, alors que d’autres productions ont proposé un travail bien plus convaincant autour du voyeurisme. Surtout, Dominique Pitoiset semble divisé entre deux options possibles : l’une, en vogue depuis quelques décennies, qui consiste à souligner la noirceur de ce jeu échangiste, avec un final tout en amertume et en désillusion, l’autre, plus traditionnelle, qui n’hésite pas à forcer le trait lors des moments de bouffonnerie pure (les Albanais réveillés par la « pierre mesmérique », et à peu près tout ce qui a rapport à Guglielmo). Ici, la représentation hésite, ne s’engage jamais complètement dans une voie ni dans l’autre : on n’est ni dans <em>Qui a peur de Virginia Woolf ?</em> ni chez les Marx Brothers, et l’œuvre reste entre deux chaises.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="263" src="/sites/default/files/styles/large/public/7735_-nd31369.jpg?itok=1vCbRRIO" title="Les chanteurs du 23 juin, sauf Don Alfonso (Andriy Gnatyuk) © Mirco Magliocca" width="468" /><br />
	Les chanteurs du 23 juin, sauf Don Alfonso (Andriy Gnatyuk) © Mirco Magliocca</p>
<p>Après avoir exploré le Mozart de jeunesse, pour en arriver enfin aux opéras conçus en collaboration avec Da Ponte (<em>Don Giovanni</em> l’an dernier à Bobigny), il était logique que l’Atelier lyrique de l’Opéra de Paris aborde <em>Così</em>, même si, comme pour les autres volets de la trilogie, cela suppose quelques très grandes voix, la difficulté étant multipliée par deux puisque les spectacles sont habituellement présentés avec une double distribution, quitte à faire appel à quelques « anciens » pour combler les manques éventuels – cette année, Andrea Hill et Armelle Khourdoïan sont ainsi revenues pour interpréter respectivement Dorabella et Despina dans la distribution des 20 et 24 juin. Par chance, l’Atelier lyrique peut compter sur une très belle Fiordiligi : la soprano arménienne <strong>Ruzan Mantashyan</strong>, qui a déjà beaucoup chanté en Italie. Est-ce à ce séjour prolongé qu’elle doit ses qualités de phrasé et de diction, qui ne sont pas sans évoquer l’art d’une Anna Caterina Antonacci ? Elle domine en tout cas la distribution, avec une partition et un rôle parfaitement maîtrisés. Dommage que sa « sœur », avec laquelle elle est fort bien appariée vocalement, n’ait pas l’italien aussi délié : de <strong>Gemma Ní Bhriain</strong>, on avait déjà pu apprécier les qualités du timbre dans d’autres spectacles, mais la diction gagnerait à être travaillée. Dernier élément féminin, la Despina d’<strong>Adriana Gonzalez</strong>, tout sauf soubrette, et c’est tant mieux, figure mélancolique et non plus piquante, avec sa béquille qui ralentit ses mouvements (résultat d’un accident survenu en répétition ?). Face à ces trois dames, les messieurs ne sont pas tout à fait à la hauteur sur tous les plans. Le Guglielmo de <strong>Tomasz Kumięga</strong> est sans doute le mieux en place, et il peut compter sur un certain talent comique pour imposer son personnage. <strong>Oleksiy Palchikov</strong> est un Ferrando beaucoup trop tendu, là où l’on aimerait entendre « Un aura amorosa » exhalé sans effort apparent. Le cas de <strong>Pietro Di Bianco</strong> est étrange : seul italophone de la distribution, il est paradoxalement celui qui débite son texte avec le moins d’implication. L’acteur et le chanteur ne s’éveillent qu’à de rares moments, où l’on se souvient enfin que le personnage est le meneur de jeu. Le reste du temps, ce Don Alfonso promène un physique avantageux et boudeur, et chante trop souvent en regardant le sol.</p>
<p>Comme on l’a laissé entendre, la tâche n’a pas forcément été facilitée par les non-choix de la mise en scène, pas davantage que par les tempos extrêmement rapides adoptés par le chef <strong>Jean-François Verdier</strong>, qui obligent les chanteurs à vocaliser à une vitesse redoutable et refusent tout répit. Si le <strong>Chœur de chambre de la Maîtrise des Hauts-de-Seine</strong>, peu sollicité dans cette œuvre, remplit bien son contrat – avec une manière inhabituelle de scander son « Bella vita mi-li-tar » –, <strong>l’Orchestre-Atelier</strong> <strong>Ostinato</strong> laisse parfois entendre des cordes manquant un peu d’ensemble.</p>
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		<title>L&#8217;Atelier lyrique dans ses oeuvres</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/latelier-lyrique-dans-ses-oeuvres/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sylvain Fort]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 27 Mar 2015 10:46:50 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Concert exceptionnel de l&#8217;Atelier lyrique de l&#8217;Opéra de Paris le 23 mars dernier au Palais Garnier : ce n&#8217;était pas un concours ; nous étions là pour les aimer, non pour les classer ; leur trac pourtant était sensible. A quoi bon s&#8217;attarder sur ce qui, trop vert, trop peu préparé, n&#8217;a pas su convaincre &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Concert exceptionnel de l&rsquo;Atelier lyrique de l&rsquo;Opéra de Paris le 23 mars dernier au Palais Garnier : ce n&rsquo;était pas un concours ; nous étions là pour les aimer, non pour les classer ; leur trac pourtant était sensible. A quoi bon s&rsquo;attarder sur ce qui, trop vert, trop peu préparé, n&rsquo;a pas su convaincre ? On s&rsquo;inquiète assurément pour quelques voix par trop engorgées, quelques timbres outrageusement sombrés. On s&rsquo;alarme surtout d&rsquo;un défaut, chez plusieurs, de préparation musicale : le mot est inexpressif, la ligne de chant est rustique, le style n&rsquo;est pas adéquat &#8211; et l&rsquo;on remarque dans le quatuor de <em>Fidelio</em> un allemand pour le moins exotique. Laissons à la queue de classe le temps de se former mieux ; oublions un instant le milieu de peloton, qui a des qualités qui s&rsquo;affirmeront. Citons quelques authentiques espoirs : <strong>Artavazd Sargsyan</strong>, ténor emballant dans un « Viens gentille dame » artistement troussé ; ou encore<strong> Oleksyi Palchykov</strong>, superbe Pylade de Gluck ; <strong>Elisabeth Moussous</strong>, aux moyens immenses &#8211; mais la ligne mozartienne lui échappe. Prêts d&rsquo;ores et déjà à l&#8217;emploi : le ténor <strong>Yu Shao</strong>, déjà amplement remarqué au Reine Elisabeth, et la contralto <strong>Gemma Ni Bhriain</strong> aux couleurs rappelant étrangement Waltraud Meier. Triomphateurs sans aucun doute, le baryton <strong>Tomasz Kumiego</strong>, Wolfram et Comte des <em>Noces </em>à l&rsquo;admirable <em>voce di testa</em>, d&rsquo;une autorité vocale et scénique incontestable ; et <strong>Ruzan Mantashyan</strong> qui, en plus de sa beauté assez éblouissante, fut ce soir-là sans trop se forcer la meilleure comédienne, la mieux chantante et la plus fine styliste du plateau. Malgré quelques couacs aux cuivres, <strong>Jérémie Rhorer </strong>et le cercle de l&rsquo;Harmonie nous ont accompagné tout cela avec un style et un chic parfaits.</p>
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		<title>GLUCK, Iphigénie en Tauride — Saint-Quentin-en-Yvelines</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/iphigenie-en-tauride-saint-quentin-en-yvelines-o-merveilleuse-andreea/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 06 Mar 2015 06:56:34 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Comme l’a prouvé Oliver Py avec sa production d’Alceste qu’on se réjouit de revoir prochainement au Palais Garnier, les opéras de Gluck n’exigent pas forcément des moyens somptueux pour être montés de façon convaincante. C’est surtout vrai d’Iphigénie en Tauride, son œuvre la plus austère, la plus resserrée, et l’on a vu s’y casser les &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Comme l’a prouvé Oliver Py avec sa production d’<em>Alceste</em> qu’on se réjouit de revoir prochainement au Palais Garnier, les opéras de Gluck n’exigent pas forcément des moyens somptueux pour être montés de façon convaincante. C’est surtout vrai d’<em>Iphigénie en Tauride</em>, son œuvre la plus austère, la plus resserrée, et l’on a vu s’y casser les dents certains metteurs en scène qui multipliaient accessoires et symboles encombrants. Pour ce nouveau spectacle de l’Atelier lyrique de l’Opéra de Paris, <strong>Jacques Osinski</strong> propose une transposition discrète, qui rapproche le mythe de notre temps sans lui imposer de distorsion choquante, sans y plaquer aucun message incongru (seul surprend le mariage hâtivement conclu entre l’héroïne et Pylade, à la toute fin). Les costumes, très sobres, d’<strong>Hélène Kritikos</strong> sont du XX<sup>e</sup> siècle sans modernité agressive, et le décor de <strong>Christophe Ouvrard </strong>rappelle ceux dans lesquels Antoine Vitez situait son <em>Electre</em> de Sophocle, un espace vaguement méditerranéen, aux murs défraîchis, au mobilier pauvre, mais superbement éclairé par <strong>Catherine Verheyde</strong>. Excellente idée que d’avoir renvoyé les choristes vers des espaces hors-cadre, la chambre d’Iphigénie servant ainsi d’unique lieu de l’action, cependant que les prêtresses de Diane forment une sorte de chœur antique qui commente sans vraiment participer, qui partage les souffrances de l’héroïne en adoptant les mêmes positions, mais sans être matériellement à ses côtés. Le procédé fonctionne admirablement et confère grandeur et noblesse aux interventions d’un <strong>Jeune Chœur de Paris</strong> aux voix limpides et fraîches, d’où se détache le chant stylé de <strong>Clémence Poussin</strong> qui cumule les rôles fusionnés de la première et de la deuxième prêtresse.</p>
<p>Pas de moyens somptueux dans la fosse non plus, puisque les instrumentistes ne sont qu’une douzaine, pour interpréter une réduction de la partition de Gluck. On connaissait surtout le travail de Thibault Perrine pour Les Brigands, où ses arrangements d’Offenbach, de Christiné et d’autres compositeurs d’opérettes n’avaient pas toujours fait l’unanimité. Rien de tel cette fois, et son adaptation d’<em>Iphigénie</em> emporte l’adhésion car elle sonne fort bien : la musique du XVIII<sup>e</sup> siècle se prêterait-elle mieux à l’exercice ? En tout cas, Gluck ne paraît jamais dénaturé, jamais appauvri, même dans la tempête de l’ouverture. Est-ce ce « dégraissage » qui permet à <strong>Geoffroy Jourdain</strong> d’adapter des tempos très allants ? Sa direction est sans doute moins contrastée que celle de certains baroqueux, elle évite toute lenteur excessive, toute sur-accentuation, mais elle opte parfois pour une rapidité étonnante, comme dans le premier chœur des Scythes. Constitué de brillants musiciens qui semblent avoir été réunis pour l’occasion, son orchestre le suit sans peine dans cette aventure.</p>
<p>Quant aux solistes vocaux, l’Atelier lyrique propose comme d’habitude une double distribution (l’une pour le vendredi soir et le dimanche après-midi, l’autre pour le samedi soir), et a aussi fait revenir certains anciens élèves. Faisant son apparition finale en tailleur Chanel doré, <strong>Gemma Ní Bhriain</strong> est une Diane au timbre riche de mezzo. Le Thoas de <strong>Pietro Di Bianco</strong> n’est pas le barbare qu’on nous montre parfois, malgré un chant un peu raide. <strong>Oleksiy Palchykov</strong> est un très solide Pylade, dont on louera l’effort de diction. Signalons au passage qu’aucun des interprètes de la première distribution n’est francophone, ce qui n’est d’ailleurs gênant que dans le cas de <strong>Piotr Kumon</strong>, Oreste affligé d’un sérieux problème d’élocution. Son texte devient une bouillie où même les consonnes sont souvent méconnaissables, et la voix paraît bien nasale. Heureusement, le rôle-titre est tenu par la merveilleuse <strong>Andreea Soare</strong>, dont on a pu suivre depuis quelques années le parcours à l’Atelier lyrique et dont la carrière s’annonce on ne peut plus prometteuse. Ô très heureuse Iphigénie ! Voilà une soprano qui possède à la fois la clarté du timbre nécessaire pour ce personnage de jeune fille, et l’étendue du registre qu’appelle la partition assez exigeante dans le grave. Voilà une interprète sensible, qui pourrait donner des leçons de prononciation française à beaucoup de nos compatriotes (tout juste peut-on lui reprocher de fermer parfois un peu trop le son « è »). Si vous ne l’avez jamais entendue, hâtez-vous de vous rendre à Saint-Quentin, ou allez l’écouter lundi 9 et mardi 10 mars à l’ambassade de Roumanie, puisqu’elle y chantera le rôle-titre de <em>Nausicaa</em> de Reynaldo Hahn, dans le superbe théâtre byzantin de l’hôtel de Béhague.</p>
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