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	<title>Nicolas BERCET - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Nicolas BERCET - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>OFFENBACH, Orphée aux enfers – Baugé-en-Anjou</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/offenbach-orphee-aux-enfers-bauge-en-anjou/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 15 Aug 2025 07:19:10 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Orphée aux enfers connut un début mitigé à sa création (*). Public et critiques se sentaient dépaysés par la parodie de la « sainte et glorieuse antiquité », mettant à nu les assises de la société du Second Empire&#8230; La polémique ayant tourné à l’avantage du compositeur et de Crémieux encouragea le succès, qui s’amplifia &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><em>Orphée aux enfers</em> connut un début mitigé à sa création (*). Public et critiques se sentaient dépaysés par la parodie de la « sainte et glorieuse antiquité », mettant à nu les assises de la société du Second Empire&#8230; La polémique ayant tourné à l’avantage du compositeur et de Crémieux encouragea le succès, qui s’amplifia au cours des représentations. Depuis, jamais il ne s’est démenti. Ainsi, l’Opéra de Baugé, qui l’avait déjà offert en 2018 à son public, reprend-il l’ouvrage. La mise en scène s’est renouvelée, la distribution aussi pour ce crû 2025. Le choix s’est porté sur la malicieuse version en deux actes (1858) enrichie d’emprunts à la faveur d’une réorganisation, sensible au second, comme il est fréquent.</p>
<p>Oublions le décor, simple sinon simpliste, et ses changements à vue. Les costumes, par contre, nous plongent efficacement dans cette action débridée, censée se dérouler dans une antiquité factice. L’ouvrage, parodique, appelle d’aussi bons chanteurs que comédiens. Diction et sourire sont essentiels. Aussi le choix des premiers rôles s’est-il porté sur des voix francophones familières d’Offenbach, de sa verve, de son ironie, de sa bouffonnerie comme de sa légèreté et de sa grâce. Une authentique troupe dont la complicité est manifeste a été constituée pour la circonstance.</p>
<p>La direction communique une dynamique constante au chant et à l’orchestre, endiablée, fiévreuse, accentuée comme tendre, toujours efficace et attentive à chacun. Le chef, <strong>Nicolas Bercet</strong>, lui-même chanteur professionnel, connaît très bien l’ouvrage. Entre l’énergie captivante et le dévergondage assorti d’une mélancolie souriante, l’équilibre est réalisé. Les nombreux dialogues et mélodrames qui assurent la continuité de l’histoire sont truffés de calembours, d’allusions, de jeux de mots : l’ironie, l’outrance y règnent en maître. Autant le premier tableau, respectueux de la version originale, réjouit, autant la suite est-elle moins évidente, faisant un sort à plusieurs passages parlés. Les numéros chantés, réordonnés, s’enchaînent avec des liaisons qui, parfois, fleurent l’artifice.</p>
<p>La plus sollicitée musicalement, Eurydice, « la femme dont le cœur rêve », est confiée à <strong>Marion Auchère</strong>. La voix est gourmande, corsée, impertinente. L’agilité est manifeste aux vocalises sur l’air final « Bacchus ! mon âme légère », archétype du futur can-can. Chacun de ses nombreux airs appellerait un commentaire, de ses couplets du berger joli  à sa bacchanale dyonysiaque (elle finira transformée en bacchante par Jupiter), en n’oubliant pas la redoutable invocation à la mort où l’orchestre se montre sous son jour le meilleur. L’agilité, les aigus aisés et un engagement scénique constant sont bien là. Orphée, essentiel au premier acte, se fait beaucoup plus discret ensuite. <strong>Charles Mesrine</strong> y déploie tout son talent de chanteur et de comédien, dont la diction est d’une rare qualité. Le duo du concerto rend le personnage sympathique. D’<strong>Olivier Trommenschalger</strong>, Jupiter, on retiendra l’abattage et le savoureux duo de la mouche. La voix est solide pour imposer le dieu volage, et son dialogue avec Pluton (qui lui a ravi Eurydice) réjouissant. Pluton / Aristée est irrésistible au travers du chant et du jeu d’<strong>Hoël Troadec</strong>, voix sûre, bien colorée, claire, projetée et toujours intelligible. Le registre de fausset, sonore, est exploité avec bonheur dans la chanson d’Aristée. Le Pluton dissimulateur, dans son dialogue avec Jupiter, n’appelle que des éloges. L’Opinion publique, parodie du chœur antique, est <strong>Anouk Molendjik</strong>, beau mezzo assorti de solides graves, chaleureux, qui brille dans ses couplets, même si son ampleur ne peut que gagner. « Ne regarde pas en arrière », avec le chœur en fait la preuve, parfaitement chanté. <strong>Jean-Philippe Poujolat</strong> est John Styx, dont les couplets « Quand j’étais roi de Béotie » démontrent les qualités vocales et celles du jeu. Son dialogue avec Eurydice est remarquable. Du trottinant Mercure (<strong>Alexandre Nervet-Palma</strong>) on retiendra le rondo-saltarelle « Eh hop ! Place à Mercure », enlevé comme il se doit. <strong>Karlene Moreno-Hayworth</strong>, fidèle à Baugé, nous vaut un délicieux Cupidon. Le faux trio qu’elle forme avec Mars (<strong>Gheorge Palcu</strong>) et Vénus (<strong>Ruth Harley</strong>) est un bonheur musical comme scénique&#8230; Au risque d’être injuste, nous n’énumérerons pas tous les dieux, demi-dieux et figures allégoriques qui participent à cette cohorte impressionnante composant de beaux tableaux, en plus d’illustrer de leur chant et de leur jeu un ouvrage plus sérieux qu’il n’y paraît. Les ensembles, parfaitement réglés sont un régal, le chœur « Vive le vin », puis l’ultime menuet et galop infernal, où Diane (<strong>Béatrice de Larragoïti</strong>) vocalise fort bien, en sont les meilleurs exemples. Le chœur, auquel participent tous les personnages allégoriques, se montre irréprochable d’entrain et de précision. Les six danseuses, certainement non-professionnelles, font de leur mieux, avec bonheur.</p>
<p>Une soirée qui a enflammé le public ravi de l’Opéra de Baugé, dont les rappels sont incessants.</p>
<pre>(*) cf. Siegfried Kracauer, <em>Jacques Offenbach ou Le secret du Second Empire</em>, Klincksiek, pp. 188 sqq.</pre>
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		<title>FLOTOW, L&#8217;ombre &#8211; Paris (Grévin)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/flotow-lombre-paris-grevin/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 03 Jul 2024 05:34:29 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>On connait encore un peu la Martha de Friedrich von Flotow par la romance de Lyonel à l&#8217;acte III, « Ach, so fromm », cheval de bataille des ténors en récital, le plus souvent interprétée dans sa version en italien « M&#8217;appari, tutt&#8217;amor » (1). L&#8217;association Parole et Musique fait ici revivre L’Ombre, rarissime opéra-comique &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>On connait encore un peu la <em>Martha</em> de Friedrich von Flotow par la romance de Lyonel à l&rsquo;acte III, « Ach, so fromm », cheval de bataille des ténors en récital, le plus souvent interprétée dans sa version en italien « M&rsquo;appari, tutt&rsquo;amor » (1). L&rsquo;association <strong>Parole et Musique</strong> fait ici revivre<em> L’Ombre</em>, rarissime opéra-comique français, qui disparut à la suite du déclenchement de la guerre de 1870. <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/francoise-tillard-flotow-nous-montre-quon-peut-etre-heureux-meme-face-aux-plus-grands-malheurs/">Nous renvoyons nos lecteurs à notre entretien avec Mme Françoise Tillard pour en savoir plus sur cet ouvrage</a>.</p>
<p>Le livret est typique de l&rsquo;opéra-comique de l&rsquo;époque, c&rsquo;est-à-dire relativement conventionnel : le but de Flotow n&rsquo;est pas ici de renouveler le genre mais de développer l&rsquo;originalité de son art sur un canevas fixé. Compte tenu de l’absence de synopsis sur la toile, un résumé ne sera pas de trop pour les générations futures. L&rsquo;action se situe en 1707, durant la guerre des Cévennes (1702-1710) laquelle est la conséquence de la Révocation de l’Édit de Nantes en 1685. Ces persécutions exercées par les troupes royales sur les protestants, étaient connues sous le nom de dragonnades (enfin&#8230; connues jusqu’au XIXe siècle, parce que de nos jours…). Un autre opéra-comique, autrefois très populaire, s’inspire de ces mêmes persécutions : <em>Les Dragons de Villars</em>. Les lieux de l’action sont imprécis (le texte mentionne une frontière, peut-être celle de la Savoie). Nous sommes dans une vallée que le conflit a épargné. Après une ouverture (non jouée ici), nous faisons connaissance avec le docteur Antoine Mirouet, personnage tout en rondeur, qui vante les mérites de sa jument, Cocotte, « qui trotte, qui trotte ». Il est venu rendre visite à Madame Abeille, une riche veuve, et à d&rsquo;autres personnages truculents, afin de préparer une petite fête pour la Saint-Fabrice. Fabrice est le nom du jeune locataire de Mme Abeille. Le docteur Antoine et la logeuse se lancent des piques, celui-ci la plaisantant sur un éventuel remariage au sujet duquel commère le village. Mme Abeille se récrie, mais ces insinuations ne sont pas dénuées de fondement : quoiqu&rsquo;elle s&rsquo;en défende, elle a un faible certain pour son locataire. Le duo initial se transforme en trio avec l&rsquo;arrivée de Fabrice, qui est également le seul ami du docteur. Le jeune homme est un sculpteur récemment arrivé dans le pays, dont les œuvres sur bois connaissent un grand succès dans le voisinage : chacun veut ainsi la représentation de son saint patron. Mme Abeille et le docteur ont prévu d&rsquo;inviter Fabrice à un repas pour sa fête qui tombe ce même jour. Dans une délicate ariette, « Pour m&rsquo;aimer, au lieu d&rsquo;un cœur, j&rsquo;en trouve deux », à laquelle se joignent ses amis pour le refrain, Fabrice chante un bonheur nostalgique, évoquant de manière imprécise des malheurs passés pour mieux souligner le bonheur présent. L&rsquo;air se termine par une strette plus enjouée. Antoine et Mme Abeille partis, une jeune fille apparait, épuisée de fatigue et en proie à de grandes émotions. Elle vient « de l’autre côté de la montagne ». Sa mère est morte, la ferme a brûlé. Elle s’est enfuie à la recherche d’un emploi. A la vue de Fabrice, elle est prise d’une vive émotion : elle a cru reconnaitre quelqu&rsquo;un d&rsquo;autre sous les traits de Fabrice, une ombre. Une fois reprise, elle lui demande de rentrer à son service puisqu’il cherche une servante, et lui chante une douce romance, d’une simplicité touchante, expression pudique de ses émotions, avec notamment une émouvante envolée sur « Les biens que l’on fait sur la terre, Dieu toujours vous les rend au Ciel ». Fabrice, un peu troublé, accepte. A son retour, Mme Abeille voit cette nouvelle présence féminine d’un mauvais œil et multiplie les sous-entendus désobligeants, laissant Jeanne au bord des larmes. Antoine revient ensuite et Jeanne le reconnait comme son parrain (quelle coïncidence…) : il a également fuit les Cévennes depuis quelque temps. Le docteur est enchanté de cette rencontre et se voit déjà épousant la jeune fille. La petite compagnie se met alors à table, ce qui nous vaut un ensemble particulièrement réussi dans laquelle la logeuse orne par des coloratures virtuoses le chant plus simple des trois autres protagonistes. Le docteur et Mme Abeille ayant quitté la scène, Fabrice et Jeanne ont un duo doux-amer où le jeune homme cherche à comprendre les angoisses de la jeune femme, mais celle-ci se dérobe à toute explication. Fabrice la mène à sa chambre, se promettant de la laisser en paix. Mais un cri de la jeune femme se fait entendre et, rompant sa promesse, le jeune homme pénètre dans la pièce : celle-ci est vide et une porte donnant vers l’extérieur est ouverte. Mme Abeille, qui veille de loin sur la vertu de son locataire, a vu Fabrice rentrer chez Jeanne et se voit confirmée dans ses a priori envers la moralité de Jeanne.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="682" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Image-3-1024x682.jpeg" alt="" class="wp-image-167396"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>Nicolas Bercet, Clémentine Decouture et Charles Mesrine © Jean Fleuriot</sup></figcaption></figure>


<p>Acte 2. Mme Abeille évoque le scandale dans une longue aria à coloratures, celles-ci servant à l’expression de sa frustration : « L’amour est un songe&#8230; ». Elle a prévenu tout le village de la conduite supposément immorale de Jeanne. Le docteur vient la plaisanter sur la fermeté de ses convictions car elle n’a pas été vue à l’office. Il reconnait au passage que ce n’est pas la meilleure période pour plaisanter sur ces sujets. Mme Abeille lui raconte ce qu’elle croit savoir. Fabrice fait son entrée, à la recherche de Jeanne. Celle-ci apparait, en larmes : elle a été chassée de l’office par les villageois qui l’accusent d’avoir été vue en pleine nuit avec Fabrice. Celui-ci est obligé d’éclairer la situation : à la suite du cri de Jeanne et n’ayant pas trouvé celle-ci, il la recherchée sous l’orage et l’a retrouvée alors qu&rsquo;elle s’enfuyait dans la nuit conduite au bord d’un précipice. Il l&rsquo;a sauvée d’une chute. Pragmatique, le docteur saute sur l’occasion : que Jeanne l’épouse et cela fera taire tous les ragots. Mme Abeille exprime ses regrets et demande pardon à Jeanne : elle était jalouse d’elle. Jeanne lui explique qu’elle n’est pas amoureuse de Fabrice, mais d’un autre homme qui lui ressemble. Elle raconte son histoire. Fille d’un fermier de Hollecourt, elle travaille à la lingerie du château et est progressivement tombée amoureuse du jeune comte, qui ne s’en est jamais douté et ne l’a sans doute jamais remarquée. Elle raconte les circonstances de la mort de celui-ci. Durant la guerre, sa troupe s’en est pris à une ferme calviniste. Le comte est intervenu pour désarmer son supérieur et empêcher que les fermiers ne soient brûlés vifs. Cette rébellion lui vaudra d’être condamné au peloton d’exécution et il sera exécuté sous les yeux de Jeanne. Fabrice a tous les traits du comte et même sa voix : sa vue est un supplice pour Jeanne. Le jeune homme a entendu la fin de l’entretien et confirme qu’il était au courant de cette ressemblance qu’il pointe comme une coïncidence. Le docteur, revenant de ses visites médicales équestres, vient inviter son ami à son prochain mariage avec Jeanne. Il lui explique qu’un de ses malades lui a raconté la vraie histoire du Comte de Rollecourt : celui-ci n’est pas mort car son capitaine avait demandé à son sergent d’enlever les balles des fusils. Le comte a pu s’enfuir après cette exécution simulée. Malheureusement, le capitaine a été dénoncé et condamné à mort à la place du comte. Vivement ému, Fabrice lui explique qu’il ne pourra être présent à son mariage car il doit immédiatement partir pour une affaire importante. Rien ne peut le retenir. Les deux amis s’embrassent comme si c’était la dernière fois ce qui ne manque pas de troubler Antoine. Jeanne évoque ses sentiments tandis que Fabrice exprime les siens : il veut se livrer pour sauver le capitaine qui a risqué sa vie pour lui. Dans ce faux duo original, les deux voix s’entremêlent sans se parler directement. Le faux duo en devient un vrai quand, à la lumière de la lune, Jeanne comprend que Fabrice est bien le comte. Le jeune homme s’enfuit.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="682" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Image-6-1-1024x682.jpeg" alt="" class="wp-image-167397"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>Flore Royer, Françoise Tillard, Clémentine Decouture,  Charles Mesrine et Nicolas Bercet  © Jean Fleuriot</sup></figcaption></figure>


<p>Acte 3. Trois jours plus tard. Mme Abeille et Jeanne chantent leur amitié nouvelle. Mme Abeille reste seule avec Antoine qui vient d’entrer. Elle lui explique que le bruit de l’horloge plonge Jeanne dans des angoisses affreuses et la conduit à des délires. Toujours pragmatique, le docteur bloque les aiguilles sur midi ; ou sur minuit, réplique la logeuse. Il s’ensuit un délicieux duo sur le thème, certes convenu, « Midi c’est la vie ! Minuit c’est l’amour&#8230; ». Antoine ajoute qu’un mari rendra le bonheur à Jeanne. En semblant rechigner, Mme Abeille lui explique que Jeanne, dans son délire, a clamé son amour pour Fabrice qui ne serait autre que le comte de Rollecourt. Faisant le rapprochement, Antoine comprend pourquoi Fabrice lui a fait des adieux déchirants mais, contre toute attente, celui-ci fait son entrée. Sans plus d’explication, il déclare qu’il veut épouser Jeanne, ce qui ne déçoit Antoine que modérément. Cependant, il faut que le mariage se fasse à l’instant. Comme tout a déjà été préparé pour celui de Jeanne et d’Antoine, cela ne pose aucun problème. Resté seul, Fabrice rédige ses dernières volontés et s’apitoie sur Jeanne dans une délicate aria « Pauvre ange dont la triste vie ne connut pas un seul beau jour ». En réalité, touchés par sa noblesse, les juges lui ont accordé trois jours pour accomplir ses derniers devoirs : il devra ensuite revenir pour son exécution. Avant de mourir, Fabrice veut donc épouser Jeanne : il la laissera veuve et comtesse. Conduite par Mme Abeille, Jeanne rejoint Fabrice qui lui prise le mariage. Le trio qui suit, à la fois enjoué et doux-amer, est particulièrement remarquable par sa mélodie évoquant le bruit des cloches sur la phrase « Le voilà ce bruit argentin qui nous appelle, à la chapelle », sans doute le morceau le plus immédiatement séduisant de l’ouvrage. De son côté, le docteur a tout appris par un sergent : c’est la mort qui attend Fabrice : il pleure sur l’ami qu’il va bientôt perdre. Le mariage a lieu. Jeanne est joyeuse mais avec un triste pressentiment. Resté seul, Fabrice pense qu’il ne lui reste plus que deux heures avant de devoir partir. Trompé par l’horloge bloqué sur midi, il doit partir au plus vite. Mme Abeille, a qui Antoine a tout raconté, expose l’épouvantable situation à Jeanne (on dirait aujourd’hui qu’elle « prend cher »). Précédemment appelé d’urgence a soigner un cavalier blessé, le docteur revient avec le message de celui-ci : c’est la grâce accordé au comte par le Maréchal de Villars pour le récompenser de son acte courageux. Cocote, qui aura galopé pour la première fois de sa vie, aura droit à une double ration de picotin. Finalement, Mme Abeille trouve que l’excellent docteur a décidément des qualités qu’un autre mariage pourrait couronner (reprise du thème des cloches). Tout est bien qui finit bien. Comme on le voit, l’intrigue est compliquée à plaisir, mais la trame générale est sans grande surprise : comme on l’a dit plus haut, c’est un peu la règle de ce type d&rsquo;oeuvres (règle qu&rsquo;illustre Bizet avec <em>Les</em> <em>Pêcheurs de Perles</em> et à laquelle il déroge complètement avec <em>Carmen</em>). Sans pourtant fourmiller de mélodies immédiatement mémorables, la partition de Flotow soutient l&rsquo;intérêt par son charme et sa simplicité. La mélodie exprime les sentiments avec justesse, sans excès dramatique. Comme l&rsquo;écrivait le critique de la <em>Revue des Deux Mondes</em>, « Les morceaux sont courts et mélodieux. M. de Flotow a du goût et n’insiste pas comme l’a fait souvent Meyerbeer, qui traçait un grand tableau là où il aurait fallu un simple croquis. ». C&rsquo;est une musique bien élevée, bien de son temps, reflet d&rsquo;autres temps et d&rsquo;autres mœurs, bien plus policés.</p>
<p>Les personnages sont dramatiquement et musicalement caractérisés &nbsp;: deux rôles <em>semi seria</em>, et deux autres plus sombres. Vocalement, Jeanne exige une voix dramatique : le rôle avait été créé par Marie Rôze (24 ans à la création de <em>L&rsquo;Ombre</em>), célèbre artiste pour qui Bizet avait écrit <em>Carmen</em>, mais qui refusa de créer l’ouvrage jugé « obscène » (elle y triomphera par la suite) . Mme Abeille est plus légère et virtuose. Marguerite Priola (20 ans, disparue à 27) créa de nombreux opéras-comiques et interpréta <em>La Fille du régiment</em> pour la 500e de l&rsquo;ouvrage. Avec ces deux personnages, on retrouve une opposition classique de l’opéra français : Alice et Isabelle (<em>Robert le Diable</em>), Valentine et Marguerite (<em>Les Huguenots</em>), Rachel et Eudoxie (<em>La Juive</em>), Berthe et Fidès (<em>Le Prophète</em>), Selina et Inès (<em>L’Africaine</em>), voire Chimène et l’Infante (<em>Le Cid</em>) ou Carmen et Micaela. Pour terminer cette évocation de la distribution originale, signalons que Jules-Sébastien Monjauze, le premier Fabrice, fut aussi le créateur du rôle d’Énée dans <em>Les Troyens à Carthage</em> (1883 : actes III à V des Troyens) et celui de la création française de <em>Rienzi</em>. On ne devait pas avoir trop de problème à l’entendre à l’Opéra-comique. Enfin, interprète d&rsquo;Antoine à la création, Auguste Alphonse Edmond Meillet fut un pilier du Théâtre-Lyrique et de l’Opéra-comique ainsi que de scènes de province. Quoiqu’ayant participé à de nombreuses créations, aucune n&rsquo;est passée à la postérité à part, à la limite, <em>Le Médecin malgré lui</em> de Charles Gounod que l&rsquo;on peut voir de temps à autres. Que ne donnerait-on pas pourtant pour entendre des titres aussi baroques que <em>La&nbsp;Poupée de Nuremberg</em> (Adam), <em>Bonsoir Voisin</em> (Poise),<em> La Reine Topaze</em> (Massé), <em>Gil Blas</em> (Semet), <em>Don</em> <em>Quichotte</em> (Boulanger, version qui peut difficilement être pire que celle de Massenet), et surtout la mystérieuse <em>Jaguarita l’Indienne</em> (Halévy). Comme on le voit, l&rsquo;ouvrage est écrit pour de vraies grandes voix et ne peut se satisfaire de comédiens-chanteurs comme certaines œuvres d&rsquo;Offenbach.</p>
<p>La distribution réunie par Parole et Musique est d&rsquo;un niveau très satisfaisant. En Mme Abeille, <strong>Clémentine Decouture</strong> offre un timbre cristallin et une technique irréprochable dans les nombreuses coloratures qui viennent orner une difficile partie vocale. La caractérisation dramatique, finement mutine, est d&rsquo;une justesse amusante, sans histrionisme. Le docteur de <strong>Nicolas Bercet</strong> est dans la même veine, avec un chant naturel et une belle maitrise du souffle, notamment quand la partition exige un aigu en voix mixte, et un grand naturel scénique. <strong>Charles Mesrine</strong> a pour lui un beau timbre chaud et sait colorer son chant, offrant de belles nuances, notamment des diminuendos bien venus, parfaitement réussis. <strong>Flore Royer</strong> est une Jeanne au chant expressif, mais toujours sans excès, d&rsquo;une juste intensité et d&rsquo;une belle poésie. Armée d&rsquo;un seul piano, l&rsquo;infatigable <strong>Françoise Tillard</strong>, initiatrice de cette reprise, imprime à l&rsquo;ouvrage l&rsquo;élan dramatique nécessaire pendant cette heure et demi de musique (sans entracte !). Parfaitement préparés, les chanteurs brillent unanimement par une excellente articulation qui rend inutile la lecture du surtitrage (ça tombe bien : il n&rsquo;y en a pas). La projection des voix est tout à fait satisfaisante. L&rsquo;acoustique et la beauté du Théâtre Grévin ajoute au charme de cette délicieuse recréation dont on espère qu&rsquo;elle donnera l&rsquo;envie aux directeurs de salle de remonter l&rsquo;ouvrage en version intégrale avec orchestre. Il le mérite.</p>
<pre><span style="color: #1e1e1e; font-family: Menlo, Consolas, monaco, monospace; white-space-collapse: preserve; background-color: var(--ast-global-color-5); font-weight: inherit;">*Il subsiste un débat sur l'origine de cette romance. Pour certains musicologues, elle était déjà présente lors de la création viennoise. Pour d'autres, elle aurait été ajoutée au moment de la création parisienne. Il n'en demeure pas moins qu'elle provient d'un opéra fantastique en français de Flotow, </span><em style="color: #1e1e1e; font-family: Menlo, Consolas, monaco, monospace; white-space-collapse: preserve; background-color: var(--ast-global-color-5); font-weight: inherit;">L'âme en Peine</em><span style="color: #1e1e1e; font-family: Menlo, Consolas, monaco, monospace; white-space-collapse: preserve; background-color: var(--ast-global-color-5); font-weight: inherit;"> (1846). C'est dire les passerelles musicales de Flotow entre le style français et le style germanique.</span></pre><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/flotow-lombre-paris-grevin/">FLOTOW, L&rsquo;ombre &#8211; Paris (Grévin)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>SMETANA, La fiancée vendue &#8211; Baugé</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/smetana-la-fiancee-vendue-bauge/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 13 Aug 2023 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Un petit miracle, renouvelé chaque année depuis vingt ans, avec une puis deux, jusque quatre productions lyriques chaque saison, John Grimmett et son épouse ont construit de toutes pièces ce projet un peu fou de créer dans cette belle campagne angevine, une déclinaison de Garsington et de Glyndebourne, modeste par ses moyens, mais ambitieuse dans &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/smetana-la-fiancee-vendue-bauge/"> <span class="screen-reader-text">SMETANA, La fiancée vendue &#8211; Baugé</span> Lire la suite »</a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Un petit miracle, renouvelé chaque année depuis vingt ans, avec une puis deux, jusque quatre productions lyriques chaque saison, <strong>John Grimmett</strong> et son épouse ont construit de toutes pièces ce projet un peu fou de créer dans cette belle campagne angevine, une déclinaison de Garsington et de Glyndebourne, modeste par ses moyens, mais ambitieuse dans ses objectifs. En témoignent la programmation et ses distributions de haut vol, l’espace dédié, le public le plus varié, le repas tiré du panier, l’horaire, et, surtout, l’esprit convivial, chaleureux, qui réunit dans une même communion lyrique interprètes et auditeurs. Les compétences, les énergies, un public fidèle, de plus en plus nombreux attestent la réussite.</p>
<p>Le vent souffle en rafales, accompagné de pluie, et l’on s’habitue au bruit provoqué sur la structure qui abrite l’opéra. Bienvenu, le seul moment de répit, et de grâce, interviendra durant le début du dernier acte, et l’émotion n’en sera que plus vive.</p>
<p><em>La fiancée vendue</em>, très populaire dans les pays tchèque et morave, mais aussi dans le monde germanique où elle est régulièrement donnée, en allemand, est une rareté dans l’hexagone. Le mérite d’avoir eu l’audace de la programmer à Baugé est d’autant plus grand. La comédie est plaisante, où l’émotion et la farce se marient fort bien. Un couple de jeunes gens se voit imposer l’union de la jeune femme par un mariage arrangé. La finesse de chacun d’eux, leur esprit, permettront de déjouer les projets du marieur et des familles, pour une fin heureuse. Le dernier acte, avec l’épisode bouffe des bateleurs et de l’ours, couronnera l’ensemble. Pétillant, débordant d’énergie, aux caractères bien trempés, mais aussi d’une émotion sincère, l’ouvrage est propre à séduire le plus grand nombre.</p>
<p>La mise en scène de <strong>Bernadette Grimmett</strong>, contrainte par les moyens modestes de la réalisation, dépasse heureusement le stade de la mise en espace. Si le cadre scénique demeure, avec d’infimes changements pour les deux parties (l’entracte se situe au milieu du deuxième acte, après le duo Marienka-Vachek), la direction d’acteurs, y compris du chœur, les chorégraphies soignées, les costumes et les éclairages suffisent à expliciter l’action. L’efficacité est manifeste, ne serait-ce qu’à en juger par les réactions du public. La vie rurale morave, où le passage d’un cirque dépayse le public, une auberge-cabaret, tout est là.</p>
<p>L’orchestre, disposé sur trois rangs devant le vaste plateau, compte 18 cordes et une quinzaine de vents.&nbsp; Malgré son caractère relativement éphémère, et une disposition étirée, on est agréablement surpris par l’unité des pupitres, l’homogénéité des cordes, par la qualité des vents, exceptionnelle. L’orchestration magistrale de Smetana nous vaudra nombre de moments de bonheur, telles les interventions des clarinettes et des cors, précis, colorés, nuancés à souhait. Le discret artisan de cette réussite est le premier violon solo, <strong>Nandor Szederkenyi</strong>. &nbsp;Ce soir, la baguette est confiée à <strong>Kostantinos Diminakis</strong>, dont la carrière se déroule entre Athènes, Londres et le monde germanique. Son expérience de chef lyrique est manifeste, par l’attention qu’il porte aux voix, aux équilibres, à la précision et à la clarté du discours. Il impulse une vie authentique à cet ouvrage rare, avec finesse, sans lourdeur ni vulgarité. La polka – danse nationale tchèque, comme son nom ne l’indique pas – irrigue l’ouvrage, et l’orchestre s’y montre exemplaire. La verve des danses (furiant) s’y conjugue à l’intimité des passages lyriques. Jamais les scènes populaires n’y sentent la fête de la bière, comme trop fréquemment sur les scènes germaniques.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/IMG_6412-1294x600.jpg?&amp;cacheBreak=1691864427671">© DR</pre>
<p>La distribution, soli, chœurs et orchestre, est internationale. La couleur propre à la langue tchèque fait défaut (1), puisque le choix a été fait de chanter l’ouvrage dans notre langue (2). Le surtitrage (français et anglais) est d’autant mieux venu que la prononciation française de plusieurs solistes ne suffirait pas à la compréhension. Ceci étant, saluons l’exploit de prises de rôles par une majorité de chanteurs non francophones.</p>
<p>Avant de détailler la distribution, souligner la qualité exceptionnelle des nombreux ensembles s’impose. Millimétrés, équilibrés, des multiples duos au quintette plein de ferveur du III, pas une ombre au tableau. Deux tourtereaux, dont la duplicité facétieuse déjouera les intrigues intéressées du marieur, sont au cœur de l’action. <strong>Danae Eleni</strong>, formée à Londres, après avoir remporté de nombreux prix, s’est dotée d’un très large répertoire, de Monteverdi à Bernstein. La Marienka qu’elle incarne ce soir est exceptionnelle. Figure attachante, fine, rusée, épanouie, sensible, elle est servie par des moyens superlatifs d’une grande soprano lyrique, avec la fraîcheur, la rondeur et la souplesse attendues. L’élégance des phrasés, la virtuosité des traits de son ultime duo sont un régal. De surcroît, actrice de talent, l’émotion est constante, au travers de la plus large palette expressive. Le Yenik de <strong>Jack Dolan</strong> est de stature imposante. Bien que britannique, son émission pourrait laisser supposer qu’il est originaire d’Europe centrale. Son aisance, ses aigus naturels, son splendide legato donnent vie à son personnage, à sa tendresse passionnée comme à son calcul vainqueur. <strong>Paul Curievici </strong>incarne Vachek, le bègue. D’essence comique jusqu’au grotesque (l’ours), le rôle est ici pleinement chanté, jamais aboyé. Pathétique il nous touche dans son air du III, comme il nous avait fait sourire dans ses premières interventions. La composition n’était pas aisée, elle est aboutie.&nbsp;<strong>Nicolas Bercet,</strong> baryton-basse familier des ouvrages légers, nous vaut un Ketzal d’une aisance vocale et dramatique remarquable. Personnage central, le marieur fanfaron, intéressé, roublard, s’il n’a peut-être pas les basses profondes d’un Osmin, refuse de l’outrance : il sera drôle sans jamais inquiéter, ce qui est fort bien. Evidemment son français est d’une clarté constante.&nbsp;Le seul regret qu’inspire le Micha du baryton coréen <strong>Woochul Eun</strong> est de caractère scénique. La voix est solide (il chante au Volksoper de Vienne), mais la jeunesse de ses traits comme sa corpulence rendent peu crédible son rôle du riche fermier, veuf remarié, père de Vachek et de Yenik.</p>
<p>Les seconds rôles jamais ne déméritent. Le Krouchina de <strong>Michael Georgiou</strong>, son épouse Ludmilla, <strong>Béatrice de Larragoiti</strong>, sont bien servis. <strong>Karlene Moreno-Hayworth</strong> trouve dans son Esmeralda un rôle parfaitement approprié. La fraîcheur de l’émission, les évolutions chorégraphiques, le jeu sont remarquables. Savoureux, le directeur de cirque d’<strong>Olivier Trommenschlager </strong>n’est pas moins juste&nbsp;: l’abattage, la voix et la présence n’appellent que des éloges. Pour brève que soit son intervention, Hata, la marâtre, de <strong>Deborah Holborn</strong>, beau mezzo, ne dépare pas cette distribution homogène.&nbsp;Le chœur (3) se montre vocalement exemplaire et d’une aisance scénique réelle.</p>
<p>Malgré les conditions climatiques les moins favorables, une soirée mémorable, riche en émotions, servie par une équipe dont l’engagement et les compétences sont indéniables. Pourquoi nos scènes sont-elles si rares à programmer ce bijou, dont l’intrigue est propre à séduire tous les publics, d’autant que l’écriture de Smetana est d’un bonheur constant&nbsp;?</p>
<pre>(1) Jack Dolan (Yenik), remplaçant Roberto Abate, a chanté en tchèque, ce qui n’a pas déparé l’ensemble.
(2) D’après l’édition réalisée pour l’Opéra-comique, publiée par Max Eschig, en 1928.
(3) Formé à l’origine des chanteurs professionnels de l’opéra d’Angers, brutalement licenciés lors de la fusion avec Nantes, il n’a cessé de se renouveler, avec les mêmes exigences de qualité vocale et scénique.</pre>
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