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	<title>Nicolas CERTENAIS - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Nicolas CERTENAIS - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>BIZET, Carmen</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/bizet-carmen/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Charles Sigel]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 27 Mar 2026 04:45:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Cette nouvelle Carmen paraît à la fois en CD et en DVD. C’est le grand luxe ! Nous avons maintenant deux éditions en DVD de la même production, dans deux lieux et avec deux distributions différentes, et ce sont évidemment deux réussites !Car s’il s’agit aujourd’hui de saluer la parution de ce Carmen à l’Opéra &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Cette nouvelle <em>Carmen</em> paraît à la fois en CD et en DVD. C’est le grand luxe ! Nous avons maintenant deux éditions en DVD de la même production, dans deux lieux et avec deux distributions différentes, et ce sont évidemment deux réussites !<br />Car s’il s’agit aujourd’hui de saluer la parution de ce <em>Carmen</em> à l’Opéra Royal de Versailles sous la direction d’<strong>Hervé Niquet</strong>, nous voudrions aussi rappeler celle de Rouen sous la baguette de <strong>Ben Glassberg</strong>, éditée en 2024 par le Palazzetto Bru Zane. Sans aucune envie de préférer l’une à l’autre, l’opéra n’est pas un sport de compétition.<br />C’est bien sûr d&rsquo;abord par sa mise en scène que cette recréation de l’opéra de Bizet a fait événement. C&rsquo;est donc plutôt de l&rsquo;image qu&rsquo;on parlera&#8230;</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Couverture-Carmen-Bru-Zane-1024x576.jpeg" alt="" class="wp-image-210710"/></figure>


<p><br />Et ce qui est fascinant avec ces deux captations, c’est que c’est évidemment la même chose, mais que tout est (un peu) différent.<br />Mêmes décors hypothétiquement reconstitués (par <strong>Antoine Fontaine</strong>) d’après les dessins de presse de l’époque (les esquisses et maquettes originelles ont disparu, on ne connaît même pas le nom de leur auteur), à la différence de celles des costumes (à partir desquelles <strong>Christian Lacroix</strong> a pu extrapoler, magnifiquement), mêmes lumières (par <strong>Hervé Gary</strong>) essayant de rappeler l’atmosphère de l’éclairage au gaz de l’Opéra-Comique en 1875.</p>
<p>Le livret de mise en scène a été conservé, comme beaucoup d’autres (1), mais il ne donne rien de plus que la plantation des décors et que les déplacements des solistes et des chœurs. Donc <strong>Romain Gilbert</strong>, le metteur en scène, a dû inventer les attitudes, les gestes, les expressions, les relations entre les personnages, et même le ton de certaines scènes (d’où une drôlerie de certains passages à laquelle on n’est pas habitué). Bref on est davantage dans une rêverie (certes très informée) autour de la création de <em>Carmen</em>, le 3 mars 1875, avec Célestine Galli-Marié dans le rôle-titre, que dans une version proprement historique.</p>
<h4><strong>Parvenir à une vérité</strong></h4>
<p>Si ce spectacle a fait évènement, c’est qu’il est d’une grande force émotionnelle. C’est une manière d’uchronie : le spectateur est projeté dans cet exotisme de convention qu’aimait le public de la salle Favart : une Espagne de théâtre ou de chromo, d’une aimable joliesse (la scène des contrebandiers, de ce point de vue, est emblématique d’un goût d’époque avec son pittoresque romantique hérité de Leopold Robert), dans une de ces soirées au théâtre dont les tableaux de Degas ou de Sickert restituent la lumière oubliée. Et pourtant la force des situations est intacte, &#8211; notamment dans la scène finale évidemment.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="649" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/ORN_S2324_Carmen_c_MarionKerno_CARMEN-PREG2023-58-1024x649.jpg" alt="" class="wp-image-141932"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Le premier tableau à Rouen © Marion Kerno</sub></figcaption></figure>


<p>C’est visuellement superbe. Les toiles peintes et les châssis, évoquant le poste de garde et l’entrée de la manufacture des tabacs avec la Giralda au fond du tableau, ou la taverne de Lilas Pastia, ou les hautes montagnes cernant le camp des contrebandiers, et enfin la porte d’entrée de la Plaza de toros, tout cela est aussi séduisant (et irréaliste) que la palette étourdissante et le luxe des costumes, quintessence du style Christian Lacroix. La captation vidéo permet de s’attarder sur les détails, mantilles ou passementeries, et parvient à conserver la douceur des éclairages, notamment celle des quinquets de la rampe. Elle saisit au vol les visages des choristes, très individualisés par la direction d’acteurs, et le <strong>chœur accentus</strong> (Rouen) rivalisant de pittoresque avec le <strong>Chœur de l’Opéra Royal</strong>.</p>
<p>Certains bien sûr ont cru ou voulu voir dans cette reconstitution une exaltation du bon vieux temps, d’un <em>c’était mieux avant.</em> Erreur : c’est un spectacle d’aujourd’hui pour la simple raison que ce sont des chanteuses et chanteurs d’aujourd’hui, des corps et des voix d’aujourd’hui. Des manières de bouger, de chanter et dire les mots, qu’on imagine très différentes de celles d’il y a un siècle et demi (2).</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="768" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/julien-behr-adele-charvet-carmen-par-romain-gilbert-1024x768.jpeg" alt="" class="wp-image-210711"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Julien Behr et Adèle Charvet © D.R.</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>Haute-couture</strong></h4>
<p>Si le Moralès de <strong>Halidou Nombre</strong>, très en verve mais en coquetterie avec l’intonation, fait regretter celui à la belle prestance et à la belle voix de <strong>Yoann Dubruque</strong>, en revanche <strong>Florie Valiquette</strong> se coule avec humour dans la silhouette d’élégante villageoise que, curieusement, lui dessine la mise en scène de 1875. Elle échappe à la drague un peu lourde du corps de garde en abandonnant son foulard bleu. Voix ravissante de clarté, elle s’éclipsera pour laisser place à la pantomime du vieux mari et de sa jeune épouse (et du galant tapi dans l’ombre) jamais revue depuis la création, et qui, on suppose, amusait le public bon-enfant de Favart, aux enfants attendant la garde montante et au chœur des cigarières (dirigé de façon quelque peu métronomique) et enfin à l’entrée de Carmen, dans une robe rouge très haute-couture (alors que ses collègues sont en camisole et en jupon). Exigence de Galli-Marié peut-on penser…</p>
<h4><strong>Des corps et des attitudes d’aujourd’hui</strong></h4>
<p>Pas sûr en revanche que Galli-Marié (que le public de 1875 trouva « vulgaire » ou au moins « commune ») chevauchait Don José puis se couchait sur lui à l’issue de la séguedille, comme le fait Carmen (qui s’attaque d’ailleurs de la même façon à un timide Sévillan à l’issue de la habanera). <br /><strong>Adèle Charvet</strong> ne fait qu’une bouchée de ces deux chevaux de bataille, usant de sa prestance, et du velours de sa voix, plus insolente, peut-être plus gitane, que la tout aussi magnifique <strong>Deepa Johnny</strong>, la Carmen de Rouen, dont on a dit qu’elle fait penser à Régine Crespin, superbe vocalement (et quel français !)</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Deepa-Johnny-1024x683.jpeg" alt="" class="wp-image-210653"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Deepa Johnny © D.R.</sub></figcaption></figure>


<p>Don José à califourchon sur sa chaise de paille semble d’abord très indifférent à ces dames, il faudra la fleur que lui jette Carmen pour qu’il sorte de sa torpeur. <strong>Julien Behr</strong> suggère très finement la patauderie, la faiblesse, et même la veulerie, de Don José, mais aussi ses accès de brutalité ; son « Ma mère je la vois » est d’une gentillesse plausible, comme son duo avec Micaëla (Florie Valiquette, idéale de phrasé et d’élégance). Dans la version de Rouen, <strong>Stanislas de Barbayrac</strong> dessine (en duo avec <strong>Iulia Maria Dan</strong>, aussi parfaite que Florie Valiquette) un Don José plus athlétique, physiquement et vocalement, avec ce timbre qui n’a cessé de s’enrichir de couleurs nouvelles, mais la fragilité que suggère Julien Behr enrichit la caractérisation du personnage.</p>
<h4><strong>Coloris d’époque dans la fosse aussi</strong></h4>
<p>Les entractes donnent l’occasion d’entendre mieux les couleurs des instruments « d’époque » utilisés à Versailles, des cornets pendant l’ouverture, des bassons au deuxième acte, ou des cors naturels au 3, le fruité du hautbois et le mordant des cordes (en boyaux semble-t-il) au IV.<br /><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/bizet-carmen-versailles/">Comme le faisait remarquer Clément Mariage</a> (3), la direction d’Hervé Niquet, installé au milieu de la fosse de l’Opéra Gabriel, avec les bois dans son dos, est d’une vigueur et d’une prestesse remarquables, parfois un peu trop. L’ouverture court la poste, et n’était la saveur très particulière des instruments de l’Orchestre de l’Opéra Royal, on aurait une préférence pour la direction plus souple de <strong>Ben Glassberg</strong>, à la tête d’un excellent <strong>Orchestre de l’Opéra Rouen Normandie</strong>.</p>
<p>Au tableau suivant, celui de la taverne de Lillas Pastia (composition très drôle et muette d’un comédien non nommé), tableau très flatteur pour l’œil avec ses <em>majos</em>, ses danseuses sur les tables, ses soldats en rupture de garnison, et sa demi-pénombre très douce, contrastant avec le soleil radieux du premier acte &#8211; et à nouveau on remarque comment les éclairages d’Hervé Gary suggèrent la parcimonie d’autrefois), on continue à avoir du mal à choisir, entre les couleurs (fauves) de la voix d’Adèle Charvet dans la chanson gitane (« Les tringles des sistres… ») et le charme lyrique enjôleur de Deepa Johnny… À vrai dire, on prend les deux…</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="720" height="405" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Carmen-Opera-Royal-de-Versailles-Cast-1-Credit-Edouard-Brane-HD-14-720x405-1.jpeg" alt="" class="wp-image-210651"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Le quintette à Versailles © Edouard Brane</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>Une gifle déconcertante</strong></h4>
<p>Et pour la suite de ce tableau de la taverne on continue à balancer : si <strong>Alexandre Duhamel</strong> (Versailles) est plus à l’aise avec la tessiture ambiguë d’Escamillo que <strong>Nicolas Courjal</strong>, en revanche le quintette est plus enlevé à Rouen. <strong>Florent Karrer</strong> et <strong>Thomas Morris</strong> (le Dancaïre et le Remendado) sont plus dans le ton « opéra-comique » que <strong>Matthieu Walendzik</strong> et <strong>Attila Varga-Tóth</strong>, moins désinvoltes, et puis surtout il y a davantage de flexibilité chez Ben Glassberg que chez Hervé Niquet. Les Frasquita et Mercédès de Versailles (<strong>Gwendoline Blondeel</strong> et <strong>Ambroisine Bré</strong>) s’amusent avec beaucoup de complicité, mais celles de Rouen, <strong>Faustine de Monès</strong> et <strong>Floriane Hasler</strong>, ne sont pas moins délurées… Leur jeu s’achève par une petite chorégraphie à six à laquelle Lilas Pastia se joint avec son balai.<br />Charvet est magnifiquement déchainée dans sa scène de fureur : « Non, j’étais vraiment trop bête, je me mettais en frais pour amuser Monsieur », avec des graves sauvages et dévastateurs… d’où une gifle sonore par un Don José dévasté, très étonnante dans sa violence que rien ne laisse prévoir.</p>
<p>Julien Behr est très convaincant dans « La fleur », avec ce côté perdu, cette fragilité qu’il laisse toujours transparaitre, fragilité jouée bien sûr, (et un bel entrelacs de bois derrière lui), et leur duo « Là-bas là-bas dans la montagne », capté en plan rapproché sera particulièrement fort &#8211; Charvet farouche et tempétueuse, Julien Behr, ou du moins Don José, prêt de craquer… <br />Après l’arrivée de Zuniga, autre soupirant de la dame, l’acte se terminera par un chœur général face public assez déroutant, donnant l’impression que les personnages sortent de l’action pour le plaisir d’un bel unisson sur « Et surtout la chose enivrante -, la liberté… »</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Julien-Behr-et-Adele-Charvet-2-1024x576.jpg" alt="" class="wp-image-210713"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Julien Behr et Adèle Charvet © Edouard Brane</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>La poésie d’un nocturne</strong></h4>
<p>On retrouvera toute la bande au camp des contrebandiers. Le tableau tout entier est traité comme un nocturne, peuplé de marginaux d’opérette habillés avec un goût parfait et point trop inquiétants. Ils mimeront joyeusement toutes les prédictions des cartes à Frasquita et Mercédès, puis Carmen s’adjoindra à elles.</p>
<p>Le livret de mise en scène donne l’indication suivante : « En disant : ‘Que j’essaye à mon tout’, Carmen, qui a regardé un peu le jeu des Bohémiennes par-dessus l’épaule, vient à l’avant-scène de gauche, avance un ballot qui est près du groupe des hommes et vient y étaler ses cartes. » Indication respectée à la lettre par Romain Gilbert.</p>
<p>Les beaux graves d’Adèle Charvet, inscrits dans un legato sans faille, feront passer un instant l’ombre de la mort, et puis l’insouciance reviendra avec le quintette avec chœur « Quant au douanier c’est notre affaire ». Autre moment-phare, le « Je dis que rien ne m’épouvante » de Micaëla, où Florie Valiquette est magnifique à nouveau de phrasé, d’homogénéité tout au long de sa tessiture, dans un air qui demandes des aigus ailés aussi bien qu’un bas medium assuré. Ajoutons que le paysage brossé derrière elle par les cors naturels est superbement évocateur. Non moins parfaits vocalement, la confrontation Escamillo-Don José et le trio Carmen, Micaëla-Don José, alors que la nuit envahit la scène.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/La-Plaza-de-Totos-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-210714"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Les banderilleros © D.R.</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>Julien Behr transcendant</strong></h4>
<p>Rien ne manque, évidemment, sur le parvis des arènes, loueur de lorgnettes, marchande d’oranges, éventails et enfants surexcités, quadrilles de <em>banderilleros</em> et <em>picadores</em> moustachus. Le public du XIXè siècle voulait qu’on lui offre des tableaux s’animant sous ses yeux. L’hyperréalisme de la toile peinte et le pittoresque minutieux des costumes atteignent ici à une forme de poésie à laquelle nos ancêtres étaient sensibles, et somme toute nous aussi… Impression à rapprocher de l’intérêt que nous portons à des peintres dits pompiers que nous dédaignions autrefois.</p>
<p>Le duo Carmen-Don José est bien sûr le point culminant de l’opéra et Julien Behr, hâve, hagard, hébété, est d’une troublante justesse, qui fait oublier tout le décorum : très inspiré dans les changements de couleurs qu’il prête à sa voix, il veut entraîner Carmen avec lui, puis tombe à terre épuisé et c’est gisant au sol qu’il exhale son « Tu ne m’aimes donc plus ? », avant de se mettre en position fœtale.  Par contraste, la Carmen de Charvet semble alors un peu conventionnelle, très appliquée à bien chanter (c’est réussi). La tragédie de Carmen devient alors la tragédie de Don José, et c’est à genoux qu’il implore son « Ah, ne me quitte pas ! »</p>
<p>C’est par la puissance de cette incarnation, la manière dont par ses attitudes, sa démarche, Julien Behr suggère le destin de ce jeune paysan, devenu capitaine, mais restant, malgré ses larges épaules, fragile et incertain, et chancelant sous la fatalité, c’est par la vérité à laquelle il parvient, qu’il donne à cette ré-invention d’une mise en scène d’autrefois tout son sens : toucher ce quelque chose d’essentiel que, décorum ou pas, l’opéra cherche et parfois réussit à exprimer.</p>
<pre>1. Des documents extraordinaires que l’on peut trouver sur le site du Palazzetto Bru Zane, et ça mérite un détour.<br />2. A propos de mots, un autre retour aux sources : on a choisi, plutôt que les dialogues parlés, de donner les récitatifs composés par Ernest Guiraud (créés à Vienne le 23 octobre 1875).<br />3. De surcroît, quatre plages en bonus ajoutées au troisième cd donnent l’occasion d’entendre les Carmen et Don José, de l’autre distribution versaillaise, <strong>Eléonore Pancrazi</strong> et <strong>Kevin Amiel</strong>, ceux qu’avait vus notre collègue, dans la Séguédille, la Chanson bohème, le duo du troisième acte et la scène finale.</pre><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/bizet-carmen/">BIZET, Carmen</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>BIZET, Carmen – Versailles</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/bizet-carmen-versailles/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clément Mariage]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 23 Jan 2025 05:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Qui ne s’est jamais surpris à rêver devant les maquettes de décor d’opéra du Musée d’Orsay ou de la Bibliothèque-Musée de l’Opéra de Paris ? Imaginer ces espaces figés derrière leur vitrine s&#8217;animer et retrouver le souffle de la scène, comme fait le petit Alexandre avec son théâtre miniature dans l’ultime film d’Ingmar Bergman ? &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="font-weight: 400;">Qui ne s’est jamais surpris à rêver devant les maquettes de décor d’opéra du Musée d’Orsay ou de la Bibliothèque-Musée de l’Opéra de Paris ? Imaginer ces espaces figés derrière leur vitrine s&rsquo;animer et retrouver le souffle de la scène, comme fait le petit Alexandre avec son théâtre miniature dans l’ultime film d’Ingmar Bergman ?</p>
<p style="font-weight: 400;">C’est un peu ce rêve qui a mené à la naissance de cette production : une recréation de la <em>Carmen</em> de 1875. Comme si on y était. En réveillant les archives endormies du XIX<sup>e</sup> siècle – les lithographies des décors et des costumes, le livret de mise en scène, les articles décrivant le spectacle – l&rsquo;Opéra Royal permet au public des années 2020, avec la complicité scientifique du Palazzetto Bru Zane, de découvrir ce qu’eût sous les yeux le public venu assister à la première de l&rsquo;œuvre de Bizet, le 3 mars 1875.</p>
<p style="font-weight: 400;">Il n’existe pas de maquettes des décors de la création de <em>Carmen</em>, mais de nombreux croquis ou gravures ont été collectés. Ces documents, notamment une série de croquis de Pierre-Auguste Lamy, ont permis à <strong>Antoine Fontaine</strong> de recréer un décor en châssis de toiles peintes, représentant les quatre lieux de l’action : la place de Séville devant la manufacture de tabac, la taverne de Lilas Pastias, un site « pittoresque et sauvage » dans les montagnes où transitent les contrebandiers, et enfin la place devant les arènes au dernier acte.</p>
<p style="font-weight: 400;"><strong>Christian Lacroix</strong>, de son côté, a été chargé de recréer les costumes et d’imaginer tout ce qui n’était pas nécessairement consigné avec précision : les matières, les coupes ou bien même les costumes entiers de certains rôles secondaires. Le résultat est brillant, varié, évitant les couleurs passées, éteintes ou patinées qu’on voit souvent dans les productions dites « classiques ». Comme le plafond de la chapelle Sixtine après restauration, <em>Carmen</em> apparaît comme neuve, dans toute la fraîcheur de son éclat.</p>
<p><figure id="attachment_181204" aria-describedby="caption-attachment-181204" style="width: 1024px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-181204 size-large" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Carmen-Opera-Royal-de-Versailles-Cast-2-Credit-Edouard-Brane-HD-10-1024x683.jpg" alt="Carmen, comme si on y était" width="1024" height="683" /><figcaption id="caption-attachment-181204" class="wp-caption-text">© Édouard Brane</figcaption></figure></p>
<p style="font-weight: 400;">Le reste du travail de reconstitution scénique s&rsquo;appuie sur les informations consignées dans le livret de mise en scène. Ce document permettait aux régisseurs des théâtres où l’œuvre était reprise de reproduire les placements et les mouvements des choristes et des solistes. Il en existe des centaines et ils nous permettent d’imaginer comment étaient alors mises en scène les œuvres créées au XIX<sup>e</sup> siècle. La mission du metteur en scène <strong>Romain Gilbert</strong> et du chorégraphe <strong>Vincent Chaillet</strong> consiste alors à reporter ces informations sur le plateau. Pendant la Habanera, comme convenu, Don José est assis à jardin sur une chaise, occupé à faire une chaîne pour attacher son épinglette. Pendant le trio des cartes, Carmen est bel et bien assise sur un rocher au milieu de la scène. Et ainsi de suite.</p>
<p style="font-weight: 400;">Cette exactitude extrême pourrait conduire à un résultat figé et sans âme mais la qualité première de cette mise en scène est son caractère vivant, organique. Dégagé du souci de donner à une quelconque transposition sa cohérence dramaturgique ou de s’occuper des placements des personnages, Romain Gilbert peut concentrer toute son énergie dans le travail de la direction d’acteur. Il comble les zones d’ombres et les non-dits du livret de mise en scène avec une grande intelligence scénique : Micaëla se débarrasse des soldats insistants en leur abandonnant son fichu, Carmen caresse une camarade cigarière revêtue d’un gilet chipé à un prétendant (on verra plus tard que cette camarade n’est autre que la Manuelita), Don José gifle Carmen avant l’air de la Fleur et commet un chantage au suicide dans le duo final. Comme le remarquait notre collègue lors de <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/bizet-carmen-rouen/">la création de la mise en scène à Rouen</a>, tous ces détails – qui ne sont bien évidemment pas consignés dans le livret de mise en scène de 1875 – signent l’originalité et la modernité de cette production.</p>
<p style="font-weight: 400;">Il serait d’ailleurs dommage de réduire ce spectacle à ses possibles intentions (ou récupérations) idéologiques, au cœur de cette vaine querelle des Anciens et des Modernes. Peu importe ses partis pris esthétiques, si une mise en scène est ratée, c’est toujours parce qu’elle est paresseuse, sans ambition marquée ou portée sans enthousiasme. On sent qu’un esprit généreux habite l’ensemble des artistes sur le plateau de cette <em>Carmen</em>. Tout est électrique, organique, complice.</p>
<p style="font-weight: 400;">Un incident malheureux témoigne d’ailleurs superbement de cet esprit de troupe : le soir où nous étions à l’Opéra Royal, à la fin du troisième acte, Kévin Amiel semble avoir avalé de travers et n’a pu chanter deux de ses répliques. Il demande à l’orchestre de s’arrêter. Éléonore Pancrazi, qui venait de le sermonner en Carmen, soutient par des pressions d’épaules attendries le chanteur qui tente de retrouver son souffle et ses moyens. Une danseuse apporte une gourde pour que le chanteur puisse boire. Une fois rétabli, le chanteur indique que l’action peut reprendre. Plus de peur que de mal donc, dans un moment qui n&rsquo;était sans doute agréable pour personne, mais qui témoigne du caractère vivant de ce spectacle.</p>
<p><figure id="attachment_181207" aria-describedby="caption-attachment-181207" style="width: 1024px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-181207 size-large" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Carmen-Opera-Royal-de-Versailles-Cast-2-Credit-Edouard-Brane-HD-19-1024x683.jpg" alt="Eléonore Pancrazi (Carmen) et Kévin Amiel (Don José) ont pris pleine possession de leurs personnages" width="1024" height="683" /><figcaption id="caption-attachment-181207" class="wp-caption-text">Kévin Amiel (Don José) et Éléonore Pancrazi (Carmen) © Édouard Brane</figcaption></figure></p>
<p style="font-weight: 400;">Cette <em>Carmen</em> permet par ailleurs de se débarrasser de tous les poncifs des mises en scène « classiques », rappelant le travail que fait Alexeï Ratmansky sur les ballets classiques du XIX<sup>e</sup> siècle. Non, Carmen ne jette pas à José une monstrueuse fleur rouge, mais une délicate branche de fleurs de cassie. Et on retrouve enfin le caractère comique de l’œuvre, souvent assourdi par des visions trop tragiques, grâce au retour de la pantomime décrite par Moralès au premier acte, des facéties de Lilas Pastias, de la chorégraphie pétulante du quintette du deuxième acte et du défilé bariolé du dernier acte.</p>
<p style="font-weight: 400;">Ce n’était pas le cas à Rouen, mais cette reprise versaillaise permet de pousser l’effort archéologique de reconstitution jusqu’à proposer une lecture sur instruments d’époque, dans une disposition orchestrale historiquement informée, avec le chef au centre des instrumentistes et la petite harmonie tournant le dos au public. L’état de la partition étant celui de la création, les passages que Bizet a coupés pendant les répétitions, comme le premier assaut du combat entre Escamillo et Don José, ne sont pas donnés. Cependant, comme mentionné plus haut, le récit de Moralès et la pantomime qui l’accompagne sont réintroduits, puisqu’ils ont été coupés plus tard. Plus discutable est le choix de l’œuvre sous sa forme avec récitatifs et non avec ses dialogues parlés (qu’on rêve encore de voir joués dans leur intégralité sur une scène actuelle !). Écrits par Guiraud après la mort de Bizet pour l’exportation de l’œuvre à l’étranger, ces récitatifs ont pour qualité principale de laisser plus de sous-entendus, mais trahissent l’originalité formelle de l’œuvre. Peut-être ce choix a-t-il été fait parce qu’il était difficile de savoir à l’avance si tous les chanteurs seraient de parfaits francophones.</p>
<p style="font-weight: 400;"><strong>Hervé Niquet</strong> est habitué à naviguer entre le répertoire baroque et le répertoire français du XIX<sup>e</sup> siècle, il était donc tout indiqué pour diriger cette <em>Carmen</em> sur instruments d’époque. Si certains moments sont particulièrement réussis, grâce à l’engagement des instrumentistes de l’<strong>Orchestre de l’Opéra Royal </strong>et l’originalité des timbres des instruments (la couleur sombre des cornets dans la deuxième partie du prélude, la harpe dans le duo Micaëla/Don José, les accents violents des cordes), l’ensemble paraît un peu précipité et conduit par la seule rigueur métronomique, ce qui n’empêche pas certains décalages. Cette précipitation laisse apparaître d’ailleurs une lecture discontinue de la partition, manquant de plasticité et de vision dramatique. Au moins, cela permet enfin d’entendre <em>Carmen</em> sans rubato excessif, auquel des lectures romantiques comme celle de Karajan nous ont parfois trop habitués.</p>
<p><figure id="attachment_181200" aria-describedby="caption-attachment-181200" style="width: 1024px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-181200 size-large" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Carmen-Opera-Royal-de-Versailles-Cast-2-Credit-Edouard-Brane-HD-5-1024x683.jpg" alt="Eléonore Pancrazi dans le rôle-titre" width="1024" height="683" /><figcaption id="caption-attachment-181200" class="wp-caption-text">Éléonore Pancrazi (Carmen) © Édouard Brane</figcaption></figure></p>
<p style="font-weight: 400;"><strong>Éléonore Pancrazi</strong> impose <em>sa</em> Carmen dès son entrée en scène, foudroyante. Elle traverse la scène avec une autorité qui puise, dans sa posture et sa gestuelle, à la fois à une certaine idée traditionnelle du personnage – la main campée sur la taille et le déhanché chaloupé – et à un je-ne-sais-quoi qui lui est propre et qui confère toute sa puissance au personnage. On comprend d&#8217;emblée la fascination qu’elle suscite chez les Sévillans dans une Habanera magnétique, où elle s’affirme comme la maîtresse du jeu : « le charme opère »… Le médium de la mezzo-soprano est particulièrement riche et ses graves sont capiteux. L’attention portée au texte est palpable dans la façon, toujours adroitement musicale, dont certains mots sont mis en valeur dans le déploiement de la ligne vocale (« la carte sous tes doigts se tournera, <em>joyeuse</em>, t’annonçant le bonheur »). Si Agnès Baltsa hurlait à s’en rompre les cordes vocales l’ultime réplique du personnage – le « tiens » provocateur qui accompagne le jet de la bague offerte par Don José – Éléonore Pancrazi choisit de le susurrer, entre témérité sauvage et lassitude exténuée. Ainsi, sa composition ne se départ jamais d&rsquo;une certaine élégance, même dans les moments de franches provocations, rendant le personnage très touchant et humain. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une prise de rôle mais c&rsquo;est déjà un portrait admirable de cohérence, de sensibilité et de singularité.</p>
<p style="font-weight: 400;">Le timbre de <strong>Kévin Amiel</strong> rappelle dans le haut médium celui du jeune Alagna, avec ses qualités propres. La souplesse du phrasé et la clarté de la diction font merveille dans le rôle de Don José, surtout dans les moments qui appellent de la délicatesse et de la nuance. Son engagement dramatique est par ailleurs sans faille et il met très justement en valeur les différents visages du personnage. Micaëla est un rôle que <strong>Vannina Santoni</strong> a déjà fréquenté il y a quelques années et on la sent entièrement à l&rsquo;aise dans cette musique, où le frémissement du timbre donne tout de suite une présence étonnante au personnage, trop souvent peint comme une jeune fille naïve, ici pleine de caractère et follement émouvante. <strong>Alexandre Duhamel</strong> est un Escamillo charismatique et assuré. Contrairement aux autres rôles principaux qui font l’objet d’une double distribution, il a la difficile tâche de chanter ce rôle exigeant tous les soirs. Ceci explique peut-être les teintes rocailleuses d’un timbre qu’on lui a connu plus homogène dans les aigus et les graves.</p>
<p><figure id="attachment_181209" aria-describedby="caption-attachment-181209" style="width: 1024px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-181209 size-large" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Carmen-Opera-Royal-de-Versailles-Cast-2-Credit-Edouard-Brane-HD-16-1024x683.jpg" alt="Carmen, reconstitution de 1875" width="1024" height="683" /><figcaption id="caption-attachment-181209" class="wp-caption-text">© Édouard Brane</figcaption></figure></p>
<p style="font-weight: 400;">En Frasquita et en Mercédès, <strong>Gwendoline Blondeel</strong> et <strong>Ambroisiné Bré</strong> sont un luxe inouï. La première s’appuie sur le fruité de son timbre et la deuxième charme par les reflets métalliques et chauds de sa voix. Elles imposent ainsi chacune leur caractère respectif. Nouées par une complicité scénique évidente, leurs apparitions sont une joie réitérée, de la Chanson Bohème au Trio des cartes en passant par un Quintette irrésistible de drôlerie. <strong>Matthieu Walendzik </strong>est un Dancaïre d’un naturel scénique évident et d’une vocalité solide et expressive, à laquelle s’oppose la douceur du Remendado d’<strong>Attila Varga-Tóth</strong>, plus réservé mais touchant. <strong>Nicolas Certenais</strong> et <strong>Halidou Nombre </strong>convainquent moins en Zuniga et en Moralès : ce dernier a un charisme certain, mais le vibrato est ample et les problèmes d’intonation sont récurrents. Nicolas Certenais a une voix sainement émise mais il présente lui aussi quelques problèmes d’intonation qui enlèvent de l’assurance à son lieutenant Zuniga.</p>
<p style="font-weight: 400;">Le <strong>Chœur de l’Opéra Royal</strong> n’appelle que des éloges, tant par la précision de l’émission que l’homogénéité des timbres. Les choristes défendent avec enthousiasme la proposition scénique, s’engageant complètement aux côtés des excellents danseurs, mimes et figurants qui animent le plateau avec eux. Les scènes d’ensemble, comme la querelle des cigarières, les débuts du deuxième et du dernier acte sont particulièrement réussis. Rarement on aura vu ces numéros défendus avec autant de justesse et de vigueur.</p>
<p style="font-weight: 400;">Si on a pu exprimer ici et là de menues réserves, on doit répéter combien ce spectacle est une franche réussite, d’une vivacité profuse et d’un brillant qui ne laisse pas de côté les plus poignantes émotions. <em>Carmen </em>est un opéra qui se prêtait idéalement à cette entreprise aussi folle qu’enthousiasmante, loin du passéisme confortable qu’on aurait pu craindre, et qui révèle combien cette œuvre est d’une vitalité grandiose et reste moderne en diable.</p>
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		<title>MOZART, Don Giovanni &#8211; Versailles</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-don-giovanni-versailles/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yves Jauneau]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 17 Nov 2023 06:34:50 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Après avoir recouru à la mise en scène d’Ivan Alexandre pendant plusieurs saisons, l’Opéra Royal du Château de Versailles se dote de sa propre production de Don Giovanni. Le metteur en scène retenu pour l’occasion, Marshall Pynkoski, a souhaité insister sur le caractère enjoué du chef d’œuvre de Mozart, cette « pièce de théâtre comique &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-weight: 400;">Après avoir recouru à la mise en scène d’Ivan Alexandre pendant plusieurs saisons, l’Opéra Royal du Château de Versailles se dote de sa propre production de </span><i><span style="font-weight: 400;">Don Giovanni</span></i><span style="font-weight: 400;">. Le metteur en scène retenu pour l’occasion, </span><b>Marshall Pynkoski, </b><span style="font-weight: 400;">a souhaité insister sur le caractère enjoué du chef d’œuvre de Mozart, cette « pièce de théâtre comique » (</span><i><span style="font-weight: 400;">dramma giocoso</span></i><span style="font-weight: 400;">), en y insufflant son esthétique d’un parfait classicisme. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">La structure scénographique de </span><b>Roland Fontaine, </b><span style="font-weight: 400;">reprise du </span><i><span style="font-weight: 400;">Giulietta e Romeo </span></i><span style="font-weight: 400;">de Zingarelli présenté il y a quelques semaines dans cette même maison, constitue l’unique fond de décor. Les personnages y vont et viennent, utilisant portes et fenêtres à leur disposition, dans un tourbillon parfaitement cadencé. La scène d’ouverture est vertigineuse, et, un peu plus tard dans la soirée, le sextuor de l’acte II donne lieu à de virtuoses mouvements avec une parfaite synchronisation entre la musique et l’entrain des chanteurs. Pour autant, et peut-être encore davantage que dans ses mises en scène précédentes, Marshall Pynkoski travaillé au plus près la direction d’acteurs, la chorégraphiant presque. La scène dans laquelle Donna Anna reconnaît le meurtrier de son père devant Don Ottavio est à ce titre éblouissante, se joignant à la perfection au récitatif accompagné.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Symboles d’une production soignée jusqu’au moindre détail, les très belles chorégraphies proposées par </span><b>Jeannette Lajeunesse Zingg</b><span style="font-weight: 400;"> et les huit danseurs du </span>Ballet de l’Opéra Royal<span style="font-weight: 400;"> sont également à signaler. Combien de productions de </span><i><span style="font-weight: 400;">Don Giovanni</span></i><span style="font-weight: 400;"> présentent une danse paysanne de l’acte I aussi ciselée que celle de ce soir ? À de rares instants pourtant, cette débauche de mouvements, de costumes et de danses n’est pas loin de frôler l’indigestion : le début du finale du premier acte, où l’on voit de jeunes serveurs danser avec leurs plateaux est à ce titre un peu inutile. Les magnifiques costumes XVIIIe siècle dessinés par </span><b>Christian Lacroix</b><span style="font-weight: 400;"> mettent en valeur les différents personnages et leurs disparités sociales : du noir et du rouge pour les aristocrates, du multicolore pour les paysans. Au final, la production tient son objectif : proposer une mise en scène de répertoire lisible, esthétiquement soignée et vivante.</span></p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="900" height="720" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/IR94419.jpg" alt="" class="wp-image-150766"/><figcaption class="wp-element-caption"><kbd><sub>© Ian Rice</sub></kbd></figcaption></figure>


<p><span style="font-weight: 400;">La distribution réunit de jeunes chanteurs, dont certains font leurs débuts dans leur rôle. Tous investis et talentueux, aucun ne va cependant au bout des exigences de son personnage, le stress d’une première expliquant peut-être cela. </span><span style="font-weight: 400;">Le Don Giovanni de </span><b>Robert Gleadow</b><span style="font-weight: 400;"> est tout aussi brut de décoffrage et carnassier que l&rsquo;étaient ses Figaro et Leporello, vus à Versailles à plusieurs reprises. Comme souvent avec le baryton-basse canadien, on admire la présence scénique, qui envahit l’espace presque jusqu’à saturation, tout en restant un peu sur sa faim vocalement (« Fin ch&rsquo; han dal vino » trop précipité, « Deh, vieni alla finestra » manquant de douceur). Le contraste est fort avec le Leporello au chant très soigné de </span><b>Riccardo Novaro</b><span style="font-weight: 400;">, irrésistible dans les récitatifs. Après avoir incarné Zerlina, </span><b>Florie Valiquette</b><span style="font-weight: 400;"> fait ce soir de beaux débuts en Donna Anna, en dépit d’une entrée quelque peu tendue. Son investissement fait merveille dans le récitatif accompagné précédant </span><span style="font-weight: 400;">« </span><span style="font-weight: 400;">Or sai chi l&rsquo;onore</span><span style="font-weight: 400;"> », et son timbre cristallin et son aisance dans l’aigu irradient son aria de l’acte II. Privé de « </span><span style="font-weight: 400;">Il mio tesoro</span><span style="font-weight: 400;"> », </span><b>Enguerrand de Hys </b><span style="font-weight: 400;">est un Don Ottavio affirmé, et les très beaux ornements de son </span><span style="font-weight: 400;">« Dalla sua pace » illustrent une musicalité parfaite. </span><span style="font-weight: 400;">On connaissait la Donna Elvira impétueuse d’</span><b>Arianna Vendittelli</b><span style="font-weight: 400;"> de la production Minkowski / Alexandre. Plus posée dans cette nouvelle production, elle trouve de beaux accents tragiques dans </span><span style="font-weight: 400;">« </span><span style="font-weight: 400;">Mi tradi</span><span style="font-weight: 400;"> », qui la voit toutefois puiser dans ses extrêmes limites du registre aigu.</span><span style="font-weight: 400;"> La Zerlina d’</span><b>Éléonore Pancrazi, </b><span style="font-weight: 400;">idéale de simplicité, est une belle découverte, tout comme la Masetto de </span><b>Jean-Gabriel Saint-Martin</b><span style="font-weight: 400;"> et le Commandeur de </span><b>Nicolas Certenais</b><span style="font-weight: 400;">.</span></p>
<p><b>Gaétan Jarry</b><span style="font-weight: 400;"> dirige l’ensemble avec une énergie impressionnante et communicative, parfaitement en phase avec la mise en scène : beauté des enchaînements, belle attention aux ensembles. Sur instruments anciens, l’</span>Orchestre de l’Opéra Royal<span style="font-weight: 400;"> n’atteint toutefois pas toujours la cohésion nécessaire, notamment les cordes, comme en témoigne un début de finale de l’acte I un rien désordonné. L’ensemble, encore jeune, gagnera sans doute en précision au fil des quatre représentations, et certains pupitres brillent d’ores-et-déjà, notamment la flûtiste </span><b>Gabrielle Rubio</b><span style="font-weight: 400;">. Quelques lauriers enfin pour le </span><i><span style="font-weight: 400;">continuo</span></i><span style="font-weight: 400;"> renversant et humoristique de </span><b>Ronan Khalil</b><span style="font-weight: 400;"> : quelle beauté dans l’accompagnement à la tierce de la mandoline dans la Sérénade de l’acte II !</span></p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-don-giovanni-versailles/">MOZART, Don Giovanni &#8211; Versailles</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>BIZET, Carmen &#8211; Dijon</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/bizet-carmen-dijon/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 29 Jun 2023 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Une femme fatale, un déserteur jaloux, les brûlants remparts de Séville : Carmen est toujours aussi propre à déplacer les foules et à les émouvoir. Au sortir de la première, dans l’immense Zénith, de plus de 5000 places assises, le bonheur est entier d’un public chaleureux. Le pari un peu fou a été gagné : le &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Une femme fatale, un déserteur jaloux, les brûlants remparts de Séville : <em>Carmen</em> est toujours aussi propre à déplacer les foules et à les émouvoir. Au sortir de la première, dans l’immense Zénith, de plus de 5000 places assises, le bonheur est entier d’un public chaleureux. Le pari un peu fou a été gagné : le principe, éprouvé avec succès en plusieurs lieux, était neuf à Dijon, sinon en Côte d’Or (1) : réunir sur un projet fédérateur des professionnels et des amateurs, projet qui mobilise particulièrement les jeunes lycées et étudiants, pour une réalisation dont la qualité ambitionne celle que réservent les salles spécialisées. Plus de 18 mois de préparation, allant de la recherche des sponsors à l’organisation logistique, en passant par les recrutements (solistes, orchestre, chœur, danseurs, mais aussi décorateurs, costumiers etc.), et, surtout, un patient travail d’apprentissage musical et dramatique de la partition et de la mise en scène, l’ambition pouvait passer pour irréaliste.</p>
<p>On ne saurait apprécier cette <em>Carmen</em> à l’aune des productions de nos institutions lyriques, au risque de compromettre la poursuite de cette passionnante aventure. Rappelons que nous sommes au Zénith, dédié aux musiques « actuelles » et que les règles en sont sensiblement différentes de celles d’une salle lyrique. Le volume et l’acoustique imposent une sonorisation.  Ainsi, chaque pupitre (matériel) de l’orchestre est muni d’un micro. Il faut louer le travail des ingénieurs du son : rien n’est écrasé ou déséquilibré. A peine aurait-on souhaité davantage de mise en valeur des bois.  Le public se distingue aisément de celui d’une salle dédiée à l’opéra, par sa diversité, par sa tenue (2), et par l’atmosphère bon enfant qui prévaut.</p>
<p>L’orchestre, de plain-pied, occupe l’espace entre le plateau et lui. Cinq éléments mobiles en guise de décor, dont les combinaisons renouvellent l’espace. La lecture scénique, fidèle, est prosaïque, efficace, dépourvue d’outrances comme de réelle séduction. Toute référence à la brûlante Andalousie est gommée. Les vestes de militaires, d’un bleu agressif, annoncent la couleur des costumes,  déclinant toutes ses nuances, alors qu’Escamillo apparaît bien pâle dans son habit rouge défraichi. Les lumières, convenues, restent très sages. L’idée est bienvenue de recourir aux danseurs du CRR de Dijon pour animer l’espace scénique durant les passages instrumentaux, même si son caractère systématique peut lasser. La gestion des foules permet de beaux tableaux qui ne sont pas sans rappeler ce qui se faisait au Châtelet dans les années soixante. Au III, le bivouac des contrebandiers autour de l’image d’un feu, où ils tremblent de froid, vient tout droit d’une gentille fête des écoles d’antan. Oublions, l’essentiel n’est pas là.</p>
<p>La plupart des solistes, familiers de l’emploi, y construisent leur personnage – le plus souvent fort bien – sans qu’une authentique direction d’acteur soit perceptible. Les ensembles, quintette puis trio des cartes, retiennent l’attention, particulièrement soignés au niveau scénique et, surtout, musicalement exemplaires.</p>
<p>Carmen met le feu aux cœurs. Ici, pas de femme fatale, maléfique, mais une jeune femme « coquette, sensuelle, inconsciente » (R.Hahn). Ce sera une des révélations de la soirée : <strong>Ahlima Mhamdi</strong> est une des plus belles Carmen écoutées ces dernières années. La voix est chaude, colorée, expressive, et l’émotion est au rendez-vous, non seulement dans les airs célèbres mais aussi dans les passages où les demi-teintes le disputent à de solides graves, jamais poitrinés. L’engagement et le jeu dramatique sont à l’avenant. La chanson bohême et les « tra, la, la » atteignent des sommets. Une authentique Carmen, dont il faut guetter les apparitions.</p>
<pre style="text-align: center"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/P1024765.D-standard-1294x600.jpg?&amp;cacheBreak=1687963765738" alt="" />
<span style="color: #1e1e1e;font-family: Menlo, Consolas, monaco, monospace;text-align: center;background-color: var(--ast-global-color-5)">© Nicolas Woillard</span></pre>
<p><strong>Avi Klemberg</strong> n’est pas une découverte et on apprécie toujours son émission généreuse, souple, colorée. Tous les moyens vocaux sont au rendez-vous pour camper un Don José, ici indifférent aux charmes de la Bohémienne avant d’y succomber. L’égalité des registres, le souci expressif débarrassé des fréquentes outrances nous ravissent. Par contre, on comprend mal comment Carmen ait pu s’éprendre de cet homme entre deux âges, grisonnant, et dont la prestance ce soir n’est pas la première qualité. Prise de rôle, peut-être, insuffisance de la direction d’acteur, certainement. Son duo avec Micaëla (« Parle-moi de ma mère… »), sensible, est remarquable. Le si bémol aigu (« et j’étais une chose à toi ») est chanté piano, émouvant sommet d’une ligne de chant impeccable. Dommage que la crédibilité du jeu ait altéré cette réussite vocale. Micaëla n’est pas la jeune oie un peu falote, mièvre, que l’on trouve fréquemment : délurée, vive, séduisante, assurée, <strong>Mathilde Lemaire </strong>est charmante, la voix est bien timbrée comme conduite, une découverte<strong>. </strong>L’Escamillo de <strong>Nicolas Rigas</strong> ne bombe même pas le torse, et son émission peine à traduire la personnalité de ce bellâtre infatué de sa personne. L’émission est pâteuse, sans séduction. Là encore, on s’étonne que notre belle Carmen ait pu s’amouracher de ce très quelconque torero (3). Que de bonheur nous réservent la Frasquita de <strong>Charlotte Bozzi</strong>, comme sa complice, Mercedes (<strong>Astrid Dupuis</strong>) ! Elles s’accordent à merveille, leur chant comme leur jeu répondent pleinement aux attentes. L’émission est claire, bien projetée, colorée à souhait, et le trio des cartes est un sommet. <strong>Ronan Debois</strong> en Morales peine à convaincre. Fatigue vocale passagère ? Par contre, le Zuniga de <strong>Nicolas Certenais</strong> en impose, la voix est solide, bien timbrée, et ses interventions sont irréprochables<strong>. </strong>Quant au Dancaïre, <strong>Laurent Deleuil</strong><strong>, </strong>et au Remendado, <strong>Nicolas Rether</strong>, ils sont avantageusement servis, vocalement comme dans leur jeu.</p>
<p>Les chœurs, confiés à des amateurs, sont particulièrement réussis, dès le « Sur la place, chacun passe… » des hommes. Les femmes ne seront pas en reste en cigarières. Pratiquement pas de décalage avec l’orchestre, y compris dans les pièces plus complexes (le début du quatrième acte), on mesure le travail individuel et collectif pour parvenir à cette mise en place, cette précision, cette intelligibilité expressive. Les mouvements et attitudes de chacun sont bien réglés et la réussite sera régulièrement saluée par des applaudissements nourris. Le chœur des gamins, scéniquement trop sérieux, est fort bien chanté, frais et juste.</p>
<p>Rien ne permet vraiment d’imaginer que l’orchestre Ribaupierre (4) est formé d’amateurs, tant le jeu de chacun, les couleurs, la précision et la dynamique sont remarquables. Bien des formations lyriques professionnelles pourraient leur envier ces qualités. Là encore, comment ne pas saluer cette performance ?</p>
<p><strong>Maxime Pitois</strong>, initiateur du projet, est un jeune chef confirmé dont l’essentiel de l’activité se partage entre la Suisse romande et la Bourgogne, d’où il est originaire. Indéniablement, il impulse une formidable énergie à son orchestre, comme à tous les interprètes. La direction, toujours soucieuse des voix et des équilibres, confirme que nous avons affaire à un chef lyrique promis à une belle carrière. L’intelligence des tempi, la conduite des progressions, les contrastes, n’appellent que des éloges.</p>
<p>L’adhésion manifeste du public le plus nombreux à cette démarche est manifeste, la chaleur et la durée des acclamations en témoignent. L’idée est maintenant de pérenniser la formule, et de décliner ce projet sur tout le territoire régional. Puisse ce premier succès constituer la première étape d’une approche renouvelée de l’opéra !</p>
<pre>(1) De Narbonne à Saint-Brieuc et Strasbourg, en une dizaine de lieux, <em>Labopéra</em>, fondé en 2006 à Grenoble (<em>Fabrique Opéra</em>), a essaimé, visant à impliquer les jeunes, dans un lieu populaire, pour des ouvrages accessibles à tous. A signaler qu’une <em>Carmen</em>, avec une ambition qualitative égale, avait été montée dans des conditions comparables à Vitteaux et Sombernon (Côte d’or) en 2009...</pre>
<pre>(2) On consomme pop-corns et Coca-cola dans la salle, on photographie, on applaudit dès la fin de la première partie du prélude… Très rares sont les habitués du théâtre lyrique, manifestement. Celui de l’opéra local bouderait-il ?</pre>
<pre>(3) Nicolas Rivas nous informe, après qu'il ait pris connaissance de ce compte-rendu, qu'il était souffrant et a accepté de chanter pour sauver les représentations. L'annonce en a été faite à la seconde représentation, à laquelle nous n'avons pas assisté.  Dont acte.

(4) Du nom de son fondateur en 1917, Emile de Ribaupierre, musicien vaudois particulièrement remarquable (formé à Prague, puis à la Schola cantorum de Vincent d’Indy, en Angleterre et à Berlin), qui laisse une œuvre importante, mais aussi le souvenir d’une action en faveur de la musique comme moyen d’éducation. L’orchestre est basé à côté de Vevey.</pre>
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