<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Rémi ORTEGA - Artiste - Forum Opéra</title>
	<atom:link href="https://www.forumopera.com/artiste/ortega-remi/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://www.forumopera.com/artiste/ortega-remi/</link>
	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Mon, 06 Nov 2023 14:04:37 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	<generator>https://wordpress.org/?v=7.1</generator>

<image>
	<url>https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/cropped-Favicon-32x32.png</url>
	<title>Rémi ORTEGA - Artiste - Forum Opéra</title>
	<link>https://www.forumopera.com/artiste/ortega-remi/</link>
	<width>32</width>
	<height>32</height>
</image> 
	<item>
		<title>VIARDOT, Cendrillon &#8211; Lausanne</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/viardot-cendrillon-lausanne/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Charles Sigel]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 05 Nov 2023 05:30:00 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=spectacle&#038;p=149429</guid>

					<description><![CDATA[<p>Les enfants méritent d’être considérés avec le même respect que les adultes, d’autant qu’ils sont (on espère) le public de demain. L’Opéra de Lausanne s’en donne les moyens. On avait évoqué ici le très remarquable Pinocchio de Gloria Bruni créé l’année dernière. Cette Cendrillon de Pauline Viardot le démontre à nouveau. Il s’agit de la &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/viardot-cendrillon-lausanne/"> <span class="screen-reader-text">VIARDOT, Cendrillon &#8211; Lausanne</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/viardot-cendrillon-lausanne/">VIARDOT, Cendrillon &#8211; Lausanne</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Les enfants méritent d’être considérés avec le même respect que les adultes, d’autant qu’ils sont (on espère) le public de demain. L’Opéra de Lausanne s’en donne les moyens. On avait évoqué ici le très <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/bruni-pinocchio-lausanne/">remarquable <em>Pinocchio</em> de Gloria Bruni</a> créé l’année dernière. Cette <em>Cendrillon</em> de Pauline Viardot le démontre à nouveau. <br>Il s’agit de la reprise d’un spectacle créé il y a cinq ans, avec une distribution complètement nouvelle ou presque, formée de jeunes chanteurs et de musiciens issus de la <strong>Haute Ecole de Musique de Lausanne</strong>. Tous sous la direction du brillant et tout aussi jeune <strong>Marc Leroy-Calatayud</strong>, pareillement enfant du pays. On sent derrière cela la main (énergique) et le tempérament (bien trempé) d’Eric Vigié, directeur de cette maison où il accomplit sa dernière saison. Miser sur la jeunesse (des artistes et du public) et reprendre un spectacle (en ces temps sinon de disette, du moins d’interrogation sur l’avenir), cela semble de bonne politique.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-full"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="570" height="709" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/viardot_02.jpg" alt="" class="wp-image-149588"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>Pauline Viardot © DR</sup></figcaption></figure>


<p>Cette <em>Cendrillon</em> est un péché de vieillesse de la grande artiste. On peut imaginer Pauline Viardot dans son grand appartement du faubourg Saint-Germain, s’amusant à cette pochade, qui allait être créée le 23 avril 1904 dans le salon de l’une de ses anciennes élèves, Mlle Mathilde de Nogueiras (qui veillerait sur elle jusqu’à sa mort en 1910).</p>
<p>Pauline Viardot, fille de Manuel Garcia et sœur de Maria Malibran, avait fait la carrière que l’on sait, créé l’Orphée de Gluck-Berlioz, le <em>Sapho</em> de Gounod et la Rhapsodie pour alto de Brahms ; elle avait tenu salon à Baden-Baden durant le long exil que son mari Louis Viardot et elle s’étaient imposé durant le Second Empire. <br>C’est là que sur des livrets de Tourgueniev, son ami de cœur, <em>le Moscove</em> comme disait Flaubert, elle avait concocté, outre ses mélodies «&nbsp;toscanes&nbsp;», «&nbsp;russes&nbsp;» ou hispanisantes (Garcia oblige), quelques opérettes, <em>Trop de femmes</em>, <em>L’Ogre,</em> <em>Le dernier Sorcier</em>… dont son amie Clara Schumann écrivit à Brahms que la musique en était «&nbsp;intelligemment écrite, délicate, légère, aboutie, et si pleine d&rsquo;humour : une vraie merveille&nbsp;». Brahms, convaincu peut-être, tint même la partie de piano pour l’une des présentations de ce <em>Dernier Sorcier</em>… Tant et si bien que certaines des idées musicales en furent récupérées pour <em>Cendrillon</em>, qui fut édité chez Miran l’année même de sa création. Partition au-dessus de laquelle planent les ombres souriantes d’Offenbach et d’Hervé. Qu’on entend à Lausanne dans une orchestration de <strong>Didier Puntos.</strong></p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-full"><img decoding="async" width="961" height="961" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Cendrillon-Pauline-Viardot-c-Cyril-Zingaro-3.jpeg" alt="" class="wp-image-149432"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>Nuada Le Drève © Cyril Zingaro</sup></figcaption></figure>


<p>En 2008, lors de la première présentation de ce spectacle, Didier Puntos déclarait à nos confrères du journal <em>Le Temps</em> :</p>
<p>« Que se permet-on, jusqu’où va-t-on? Si on se contente de distribuer la partie de piano à douze instruments, ça n’a aucun sens. Transposer l’univers tel quel, ce serait là une trahison. Il faut garder l’esprit de l’œuvre, respecter les fondamentaux mélodiques, harmoniques, rythmiques, mais en étoffant la musique, en la faisant exister différemment. J’ai donc retravaillé les thèmes de manière très libre, en jouant beaucoup sur les relais, la discussion entre les musiciens. Mais évidemment j’espère ne pas avoir mis de moustache à la Joconde… […] Sans jouer le pastiche ou l’ersatz de Pauline Viardot, j’ai pris le parti d’écrire des choses entièrement de ma plume, en veillant à ce que la couleur, la pulsation, la texture soient les plus cohérentes possibles avec l’ensemble: des postludes notamment, pour certains airs qui se terminaient très abruptement, à coups de huit mesures par-ci, huit mesures par-là. Et puis Gilles Rico avait une idée de mise en scène très claire et m’a demandé de développer le début du troisième tableau, sur cinq ou six minutes, en mettant notamment en musique un cauchemar de Cendrillon. J’ai repris l’air d’ouverture et l’ai rendu méconnaissable ! »</p>
<p>Douze musiciens (un quatuor à cordes augmenté d’une contrebasse, cinq vents, des percussions et un piano), offriront une palette de sonorités acidulées ou tendres, mettant en valeur les nombreux rythmes de danses qui parcourent la partition.<br>Et la ravissante ouverture en sera le premier exemple, basson, hautbois, flûte sur des frôlements de contrebasse et des ponctuations de piano d’un style très français, à la Poulenc (celui de <em>l’Invitation au Château</em> ou à la Jean Françaix), dont le thème sera celui de la chanson de Cendrillon, manière de mélodie emblématique qu’elle chantonnera en balayant : «&nbsp;Il était jadis un prince qui voulait se marier….&nbsp;»</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="602" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Cendrillon-Pauline-Viardot-c-Cyril-Zingaro-2-1024x602.jpg" alt="" class="wp-image-149431"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>Aurélie Brémond, Ludmila Schwartzwalder, Maxence Billiemaz, Nuada Le Drève © Cyril Zingaro</sup></figcaption></figure>


<p>La mise en scène de <strong>Gilles Rico</strong>, poétique, vive, élégante, garde – les rires des enfants le soir de la première en attestent – toute sa puissance d’émerveillement. Des décors (de <strong>Bruno de Lavenère</strong>) qui s’envolent, une bonne fée qui plane dans l’air, baguette magique à la main, de drôles de costumes (de <strong>Karolina Luisoni</strong>) dans des couleurs de confiserie, beaucoup de clins d’yeux et de trouvailles comme cette chambre d’adolescente d’aujourd’hui qui est la première image : Marie s’endort en songeant à sa mère morte et le rêve commence… <br>Les murs de la chambre disparaissent dans les cintres, le lit décolle du sol pour emmener la petite jeune fille vers un salon de château, dont les lambris encadrent des images de forêt. Des créatures fantomatiques surgissent pour recouvrir son débardeur et son jean d’adolescente d’aujourd’hui d’une robe en loques et d’un vertugadin délabré.</p>
<p>Sa chanson mélancolique sera interrompue par le surgissement d’un mendiant (<strong>Maxence Billiemaz</strong>) dont on devine sans peine que la fausse barbe et l’accoutrement cachent le visage et la silhouette aimables du Prince Charmant. Le pauvre hère est bien sûr reçu comme un chien par Maguelonne et Armelinde, les demi-sœurs de Cendrillon, deux pimbêches, alors que Cendrillon lui donne ses maigres économies. Le crâne de Maguelonne est flanqué de deux coquenichons de cheveux parme partant à l’horizontale, tandis que celui d’Armelinde est pyramidalement surmonté d’un coquillage capillaire rosâtre, avec tenues d’intérieur assorties. Leur père, le baron de Pichegru, toque rouge, culotte rose, est non moins extravagant.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="988" height="988" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Cendrillon-Pauline-Viardot-c-Cyril-Zingaro-6.jpeg" alt="" class="wp-image-149436"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>Emma Delannoy © ©yril Zingaro</sup></figcaption></figure>


<h4><strong>L’abattage et comment l’avoir</strong></h4>
<p>Pauline Viardot prend le parti de remplacer la méchante marâtre par ce personnage de beau-père ridicule, où <strong>Rémi Ortega</strong> peut se régaler dans un joli numéro de jeu «&nbsp;au public&nbsp;». Ce répertoire d’opérettes ou de comédies «&nbsp;à couplets&nbsp;» héritées de Labiche ne fonctionne qu’avec des chanteurs-acteurs cultivant, comme lui, le second degré et la complicité avec la salle. <br><strong>Jean Miannay</strong>, qui joue ici le Comte Baricoule, le chambellan rondouillard du Prince, autre personnage bouffe, fait lui aussi une démonstration de jeu «&nbsp;chargé&nbsp;» aux effets assurés. L’un baryton (Remi Ortega), l’autre (Jean Miannay) ténor «&nbsp;de caractère&nbsp;», font passer le tempo à une vitesse supérieure, dès qu’ils apparaissent. Et, outre leur abattage de comédiens, tous deux ont la projection, le phrasé et l’articulation qu’il faut. Leurs dialogues parlés sonnent justes (alors que certains de leurs partenaires disent joyeusement faux, très opéra-comique <em>old school</em>……)</p>
<h4><strong>Des valses 1900 partout</strong></h4>
<p>On connaît l’histoire : surgissent bientôt un svelte chambellan (le clochard-prince) et un prince à la silhouette rebondie (son chambellan travesti), l’invitation, le départ pour le bal des deux sœurs en tenues de gala… Joli trio autour de la valse de Cendrillon «&nbsp;Je vous donne mon temps, je vous donne mes soins…&nbsp;», valse 1900 à demi mélancolique et très café-concert. «&nbsp;Ma petite chanson n’est pas bien gênante&nbsp;», chante Nuada Le Drève, joli timbre de soprano, qui prendra de l’assurance au fil de la représentation. <strong>Aurélie Brémond</strong> (Maguelonne) et <strong>Ludmila Schwartzwalder</strong> (Armelinde) ont à conjuguer leurs personnages caricaturaux (elles y vont carrément) et des parties vocales où Viardot ne les ménage guère, d’où parfois des notes un peu acides et des phrasés un rien chaotiques.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="683" height="1024" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Cendrillon-Pauline-Viardot-c-Cyril-Zingaro-6-683x1024.jpg" alt="" class="wp-image-149437"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>© Cyril Zingaro</sub></figcaption></figure>


<p>Quatrième voix féminine, et à qui on devra de bien jolies vocalises, celle d’<strong>Emma Delannoy</strong> (la Fée). D’autant plus méritoires que cette bonne fée descend des cintres suspendue par haubans et baudrier, dans des flots de voiles bleus… Formules magiques un peu engourdies, baguette un peu rouillée, elle aura du mal à transformer la citrouille en carrosse (explosion et fumée en coulisses quand ça marchera), les souris en chevaux gris et le rat en cocher. Ici jolies trouvailles, notamment le défaut de réglage du rat (un énorme museau apparaîtra derrière une porte), ou les lézards tombant des cintres (bruits mats de caoutchouc) quand la fée les réclamera pour en faire quatre laquais…</p>
<h4><strong>Théâtre à machines</strong></h4>
<p>Si la distribution se limite à sept chanteurs, c’est une armada, trois fois plus nombreuse, de machinistes qui saluera à la fin. Gilles Rico joue à plaisir l’enchantement théâtral pour donner du pep et de l’humour à une intrigue rebattue, de même que l’orchestration bigarrée de Didier Puntos transfigure les gentilles mélodies de Pauline Viardot. Ainsi les couplets du baron, « Hier je vis circuler une voiture immense », où il révèle qu’avant d’être anobli il fut épicier, et qui sonnent franchement café-concert, et Marc Leroy-Calatayud à l’évidence s’amuse à souligner le trait. Mais il met aussi en valeur de très jolies couleurs d’orchestre, dans le registre du merveilleux pour accompagner les trilles de la fée gazouillant « ce petit cœur qui tant soupire bientôt connaîtra le bonheur » (le livret est de la chère Mme Viardot, le bon Tourgueniev n’était plus là&#8230;)</p>
<p>La scène du bal au palais enchaînera les bouffonneries, dont une romance parodique du brave Barigoule déguisé en Prince, où Jean Miannay mine de rien, pourra montrer la belle vigueur de sa voix, puis un divertissement débridé où le Baron chantera sur un rythme de fandango la gloire du jambon de Bayonne (!), espagnolade où il sera suivi par les deux pimbêches tricotant allègrement la vocalise comique.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Cendrillon-Pauline-Viardot-c-Cyril-Zingaro-5-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-149435"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Rémi Ortega © Cyril Zingaro</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>Souvenir de Saint-Saëns</strong></h4>
<p>Dans sa robe de princesse de conte de fée, Cendrillon, elle, profitant de la liberté que Viardot lui accorde de chanter ici une page <em>ad libitum</em> choisira la vocalise de Rachmaninov, ce qui amènera enfin le duo amoureux entre le Prince (toujours en costume de chambellan à brandebourgs) et Cendrillon : « C’est moi, ne craignez rien, écoutez ma prière »… « depuis que je vous vis je vous donnais ma vie… », aimables vers de mirliton sur un rythme de valse lente, qui permettront d’entendre mieux le timbre de Maxence Billiemaz et leur deux voix se mariant dans d’assez jolies demi-teintes (les <em>forte</em> en revanche n’auront peut-être pas toute l’aménité qu’on aimerait). Les douze coups de minuit ont sonné…</p>
<p>Bel effet d’orchestre au début du troisième acte avec les variations tempétueuses de Didier Punto, sur le thème de la chanson de Cendrillon pendant que les personnages cauchemardesques masqués de blanc qu’on a déjà vus terrassent la pauvre petite. Et belle efficacité des douze musiciens de la HEM dans cette page aux sonorités solides. Et juste après dans une séquence (contrebasse puis flûte) qui fait penser au Saint-Saëns du <em>Carnaval des animaux</em> (Saint-Saëns fut l’un des amis les plus fidèles de Pauline Viardot).</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="683" height="1024" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Cendrillon-Pauline-Viardot-c-Cyril-Zingaro-1-683x1024.jpg" alt="" class="wp-image-149430"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>Emma Delannoy © Cyril Zingaro</sup></figcaption></figure>


<h4><strong>Mme Viardot se moque</strong></h4>
<p>Jolie trouvaille, la scène entre le Baron et Barigoule : une manière de scène de reconnaissance, pastiche résolu d’un grand opéra français à la Halévy ou Saint-Saëns : « Est-ce vous ? C’est bien moi, etc. » Ortega et Miannay font cela très bien, avec toute la grandiloquence qui s’impose avant une cabalette à l’unisson, tonitruante juste ce qu’il faut. On imaginait pas l&rsquo;aimable Mme Viardot si caustique. Puis sur une noble marche le Prince fera son entrée pour la scène de la pantoufle de vair (de paillettes en l’occurrence), scène de comédie ponctuée de commentaires ironiques des vents. On connait la suite&#8230; Les ponctuations deviennent valse (basson et piano) et tandis que le fond de scène s’illumine d’étoiles, revoici la bonne Fée&#8230;</p>
<p>Ici, nous l’apprendrons plus tard, la Fée aurait dû faire une nouvelle apparition suspendue… Hélas, la mécanique était tombée en panne… Il avait fallu la délivrer en hâte de son baudrier, la faire redescendre au niveau du plateau, pour qu’elle entre (à pied) faire ses dernières vocalises (jolies d’ailleurs) comme si de rien n’était, à peine essoufflée mais le cœur battant, sur un frémissement des violons et des arpèges du piano… <em>The show must go on</em>… <br />« Je viens pour la dernière fois », chante-t-elle, préludant au chœur final, résolument en majeur…..Cendrillon quitte ses oripeaux, rejoint son lit, les murs de la chambre redescendent et elle redevient Marie, tandis qu’ironiquement le gros rat pointe son museau dans le miroir au dessus d’elle.</p>
<p>Point final d’un très joli spectacle qui sera donné encore six fois devant des salles combles. De jeunes voix, certaines en train d’évoluer encore, seul (léger) bémol, mais tant de soin, d&rsquo;enthousiasme aussi, sont à saluer. Comme la démarche de fidéliser un tout jeune public. Démarche qui se poursuivra, on veut croire.</p>
<p>Et puis, penser aux enfants, dans la période que le monde est en train de traverser, c&rsquo;est peut-être ce qu&rsquo;on peut faire de mieux.</p>
<p> </p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/viardot-cendrillon-lausanne/">VIARDOT, Cendrillon &#8211; Lausanne</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>LOEWE, My Fair Lady — Lausanne</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/frederick-loewe-my-fair-lady-lausanne-lecole-des-femmes-version-broadway/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Charles Sigel]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 24 Dec 2022 05:09:00 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/spectacle/frederick-loewe-my-fair-lady-lausanne-lecole-des-femmes-version-broadway/</guid>

					<description><![CDATA[<p>L’Opéra de Lausanne est une petite maison, dont le madré directeur, Eric Vigié, ne considère pas qu&#8217;être léger soit déroger. Ni afficher complet. Le Candide de Bernstein, à mi-chemin de Broadway et de l’Opéra Comique, vu il y a quelques semaines, était une brillante réussite. Et l’on se souvient d’une Auberge du Cheval Blanc très &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/frederick-loewe-my-fair-lady-lausanne-lecole-des-femmes-version-broadway/"> <span class="screen-reader-text">LOEWE, My Fair Lady — Lausanne</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/frederick-loewe-my-fair-lady-lausanne-lecole-des-femmes-version-broadway/">LOEWE, My Fair Lady — Lausanne</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>L’Opéra de Lausanne est une petite maison, dont le madré directeur, Eric Vigié, ne considère pas qu&rsquo;être léger soit déroger. Ni afficher complet. Le <em>Candide</em> de Bernstein, à mi-chemin de Broadway et de l’Opéra Comique, <a href="https://www.forumopera.com/bernstein-candide-lausanne-un-candide-petillant-et-doux-amer">vu il y a quelques semaines</a>, était une brillante réussite. Et l’on se souvient d’une <a href="https://www.forumopera.com/ralph-benatzky-lauberge-du-cheval-blanc-lausanne-folies-tyrol"><em>Auberge du Cheval Blanc</em></a> très pince-sans-rire lors de la fin d’année 2021.<br />
	Avec <em>My fair Lady</em>, le musical de Frederick Loewe et Alan Jay Lerner, c’est l’un des triomphes de Broadway qu’il propose mais aussi un des succès de la maison, puisque que c’est la reprise d’une production de 2015, où François Le Roux et Marie-Eve Munger tenaient les deux rôles principaux.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/my_fair_lady_._lopra_de_lausanne_c_jean-guy_python_11.jpg?itok=TVoVmE4K" title="Christophe Lacassagne et Catherine Trottmann © Jean-Guy Python" width="468" /><br />
	Christophe Lacassagne et Catherine Trottmann © Jean-Guy Python</p>
<p>Avec une équipe en partie renouvelée, <strong>Jean Liermier</strong>, qui a la comédie dans les veines, est venu ressusciter sa mise en scène, qui met avec habileté les petits plats dans les grands. C’est un vrai plaisir de théâtre, avec changements de décors à vue, chanteurs-acteurs, clins d’yeux, ballets enlevés et sens aigu du rythme.<br />
	Et on replonge dans cette musique adorable, sentimentale, légèrement surannée, avec le plaisir qu’on a à retrouver un pull over doux et chaud auquel on ne pensait plus.<br />
	Combien de fois a-t-on regardé le film de Cukor en VHS et fait tourner le 33 tours ? Dès les premières notes de l’ouverture, se vérifie une fois de plus la théorie de la mémoire involontaire… Non seulement on se souvient de tout, mais on replonge dans son propre passé. L’un des mérites du spectacle lausannois, c’est d’arriver à tenir le choc face au souvenir d’Audrey Hepburn et de Rex Harrison, dont les moindres intonations sont indélébiles, on s’en rend compte.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="351" src="/sites/default/files/styles/large/public/my_fair_lady_._lopra_de_lausanne_c_jean-guy_python_12.jpeg?itok=KKOZrPgm" title="Catherine Trottmann © Jean-Guy Python" width="468" /><br />
	Catherine Trottmann © Jean-Guy Python</p>
<p><strong>Broadway ou l’American Dream</strong></p>
<p>C’est une belle histoire que celle de la rencontre chez Lamb&rsquo;s de deux boxeurs amateurs dont l’un, Frederick Loewe, né dans le sérail car fils d’un fameux Danilo, avait été élève pianiste à Berlin de Busoni et Eugène d’Albert, et dont l’autre, Alan Jay Lerner, de dix-sept ans plus jeune, écrivait des textes pour la radio comme un personnage de Woody Allen. De leur rencontre dans ce bar vont naître quelques fameuses comédies musicales, dont <em>Brigadoon</em> (1947, plus tard porté à l’écran par Vincente Minelli avec Gene Kelly), <em>Gigi</em> (Vincente Minelli, 1959, d’après Colette, avec Maurice Chevalier et Leslie Caron), <em>Camelot </em>(1960, avec Julie Andrews et Richard Burton, devenu en 1967 un film de Joshua Logan),  Alan Jay Lerner étant de surcroît, en solo, le scénariste d’<em>Un Américain à Paris</em> (Vincente Minelli, 1961, avec Gene Kelly, Oscar Levant et Georges Guétary).</p>
<p><strong>Gilles Deleuze version comédie musicale</strong></p>
<p>Le mythe de Pygmalion et Galatée avait fait l’objet d’une première adaptation théâtrale à Londres par W.S. Gilbert (celui de Gilbert &amp; Sullivan). Le caustique George Bernard Shaw s’empara du thème, pour y faire scintiller en Eliza Doolittle Mrs Patrick Campbell, gloire du West End londonien (créatrice en anglais de la Mélisande de Maeterlinck).</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="263" src="/sites/default/files/styles/large/public/7abd1eb3c29b02d1193f39a2c90b3aad-my-fair-lady-broadway-production-photo-1956-08-hr.jpg?itok=YG4beNZS" title="Julie Andrews et Rex Harrison à Broadway en 1956 © D.R." width="468" /><br />
	Julie Andrews et Rex Harrison à Broadway en 1956 © D.R.</p>
<p>Sa pièce allait triompher en 1914 sur la scène du His Majesty’s Theater avec l’Higgins d’Herbert Beerbohm. En 1938, une première adaptation au cinéma (avec Leslie Howard et Wendy Hiller) serait directement à la source de <em>My fair Lady</em>, qui connaîtrait pas moins de 2700 représentations entre 1956 et 1962 au Mark Hellinger Theatre de la West 51st Street. Les interprètes seraient bien sûr pour beaucoup dans ce triomphe, et d&rsquo;abord l’irrésistible Rex Harrison et l’exquise Julie Andrews, à laquelle la MGM préfèrerait Audrey Hepburn pour le film de George Cukor qui sortirait en 1964. Audrey Hepburn inoubliable en fleuriste des faubourgs et portant à ravir les tenues importables dessinées par Cecil Beaton, mais doublée pour les <em>songs</em> par Marni Nixon (qui avait déjà été la voix de Natalie Wood dans <em>West Side Story</em>).</p>
<p><strong>Des fatalités sociales et comment s’en échapper</strong></p>
<p>L’idée géniale de G.B. Shaw est d’avoir traité mine de rien de la lutte des classes, ou de ce qu’on appelle aujourd’hui l’ascenseur social (ou de ce que Deleuze dénommait <em>la distinction</em>) en s’appuyant sur un des traits de la langue anglaise : les différentes musiques qu’elle fait entendre selon les origines géographiques et/ou sociales des locuteurs. Chacun trahit <em>volens nolens</em> ses racines, sa culture… et pour une oreille acérée comme celle du professeur Higgins, l’accent de Lisson Grove n’a évidemment rien à voir avec celui de Maida Vale.<br />
	L’histoire se déroule dans un passé romanesque gentiment désuet, où on prend le thé et où on va aux courses d’Ascot, néanmoins elle est de tous les temps et l’histoire d’Eliza, en transit entre deux mondes, reste assez grinçante dans une société où un accent des <em>quartiers</em> n’est pas forcément un atout pour réussir.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/my_fair_lady_._lopra_de_lausanne_c_jean-guy_python_10.jpg?itok=MY9K1ZhY" title="© Jean-Guy Python" width="468" /><br />
	© Jean-Guy Python</p>
<p>La mise en scène de Jean Liermier n’y insiste pas. Tout commence devant Covent Garden et se déroule dans un passé-présent de théâtre. Un jongleur à la coiffure d’Iroquois jongle côté jardin et fait la manche tandis que sortent du théâtre des bourgeois cossus. La neige tombe et une jeune bouquetière essaie de vendre ses violettes à des passants frileux.<br /><strong>Catherine Trottmann</strong> se débrouille comme elle peut pour transformer les intonations <em>cockney</em> d’Eliza en leur équivalent français : un sabir moitié parigot-moitié ch’ti, où on perçoit de loin en loin un « trottouère », un « souère », un « j’ai le droué » ou un « kekcé k’voudite ». On n’y entend pas grand chose à vrai dire, mais qu’importe, la silhouette est touchante.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="351" src="/sites/default/files/styles/large/public/my_fair_lady_._lopra_de_lausanne_c_jean-guy_python_6.jpeg?itok=kPgvvTUz" title="Catherine Trottmann © Jean-Guy Python" width="468" /><br />
	Catherine Trottmann © Jean-Guy Python</p>
<p>Au début, Catherine Trottmann chante en comédienne, sans donner trop de voix, sauf pour les notes hautes, mais au fur et à mesure que la bouquetière accèdera au beau langage, alors elle redeviendra chanteuse lyrique, pour triompher dans un rayonnant « I could have danced all night ». Elle sera particulièrement brillante dans les grands airs de la révolte d’Eliza, « Just you wait » (où elle se voit fusillant son mentor), « Without you »  (où elle ose l’affronter), « Show me » où face à son fade soupirant Freddy elle monte sur ses grands chevaux.</p>
<p><strong>Les moyens du bord</strong></p>
<p>De très habiles décors de <strong>Christophe de la Harpe</strong> évoquent le studio de Higgins puis virevoltent pour devenir la devanture du pub où Doolittle père a ses habitudes. Plus tard un décor de frondaisons peintes et deux barrières suggèreront le champ de courses d’Ascot (avec passages de têtes de chevaux, jockeys multicolores, chapeaux à aigrettes et hauts de forme), une grande toile peinte à l’ancienne suffira pour la salle de bal, et Freddy aura son réverbère pour se jucher face au perron très Chelsea et Pimlico du professeur Higgins.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="351" src="/sites/default/files/styles/large/public/my_fair_lady_._lopra_de_lausanne_c_jean-guy_python_2.jpeg?itok=gQ-BJr8Y" title="Julian Dran © Jean-Guy Python" width="468" /><br />
	Julian Dran © Jean-Guy Python</p>
<p>Le <strong>Chœur de l’Opéra de Lausanne</strong>, très engagé comme toujours, sera à la fois le peuple des faubourgs et la gentry d’Ascot. Très astucieusement, Jean Liermier joue avec les codes de la comédie musicale américaine et avec nos souvenirs du film, et on prend plaisir à voir comment il se débrouille pour faire illusion.<br />
	Dans le programme de salle, il s’amuse à lister quelques points de repères, une manière de famille d’esprit : <em>L’Ecole des femmes</em> bien sûr, mais aussi <em>La Règle du jeu</em>, <em>Les Vestiges du jour</em> (James Ivory), <em>La Vie est belle</em> (de Capra), <em>Rosetta</em> (des Frères Dardenne) ou <em>Le Jeu de l’amour et du hasard</em>, où Dorante finit par reconnaître que « le mérite vaut bien la naissance ».</p>
<p><strong>Virtuosité et numéro d&rsquo;acteur</strong></p>
<p>Le spectacle est résolument bilingue, avec dialogues en français et <em>songs</em> en anglais. Parfois un vers en français s’interpose dans un couplet en anglais, et, si l&rsquo;on s’y perd, les surtitres sont là. De surcroît, ces chanteurs français parlent et chantent l’anglais plutôt pas mal. Pour des Français…<br />
	Dans cet exercice acrobatique, la performance de <strong>Nicolas Cavallier</strong>,<strong> </strong>jonglant d’une langue à l’autre avec virtuosité, est assez ébouriffante.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="263" src="/sites/default/files/styles/large/public/my_fair_lady_._lopra_de_lausanne_c_jean-guy_python_15.jpeg?itok=_2aLSJb-" title="Catherine Trauttmann et Nicolas Cavallier © Jean-Guy Python" width="468" /><br />
	Catherine Trottmann et Nicolas Cavallier © Jean-Guy Python</p>
<p><strong>Un rôle en or</strong></p>
<p>A l’instar de Catherine Trottmann, on le verra dans la première partie être davantage comédien que chanteur, puis, au fur et à mesure qu’il s’humanisera, devenir de plus en plus le baryton qu’il est. Comme comédien il enverra avec un cynisme réjouissant les horreurs misogynes effroyables d’Higgins que bien sûr plus personne n’oserait écrire aujourd’hui (« Misérable insecte ! »), puis, touché par la grâce (ou la fatalité) de l’amour, il chantera avec beaucoup de sensibilité son « I’ve grown accustomed to her face », morceau royal pour un chanteur qui a dans sa besace les quatre diables des<em> Contes d’Hoffmann</em>, Don Alfonso, Scarpia ou Méphisto… L’air commence par un « Dawn, dawn, dawn » interloqué, puis jouera sur le parlé-chanté… Rex Harrison se cantonnait (bien obligé) au parlé, Nicolas Cavallier a toute latitude, lui, de laisser ici cours à un riche timbre de baryton.</p>
<p>A ce moment-là, la scène sera quasi nue, à l’exception d’un divan Chesterfield (de psychanalyste ?) et Higgins, ébahi de ce qui lui arrive, dialoguera enfin avec lui-même. Moment où se laisse particulièrement entendre un beau pupitre de cuivres, de soyeuses trompettes notamment, reprenant doucement la mélodie sur un tapis de cordes. <strong>Roberto Forés Veses</strong> et l’<strong>Orchestre de Chambre de Lausanne</strong> mettent en valeur la qualité d’écriture de l’orchestration. Une vingtaine de cordes et une quinzaine de vents suffisent à lui donner toute son ampleur, particulièrement en évidence dans les pages purement instrumentales, les ouvertures, la valse de l’ambassade ou l’<em>Ascot gavotte</em>.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="351" src="/sites/default/files/styles/large/public/my_fair_lady_._lopra_de_lausanne_c_jean-guy_python_5.jpeg?itok=xIcsThiw" title="Catherine Trottmann © Jean-Guy Python" width="468" /><br />
	Catherine Trottmann © Jean-Guy Python</p>
<p>Inutile de raconter l’histoire : un quiproquo de théâtre fait se rencontrer sous les piliers de Covent Garden le professeur Higgins et son vieux collègue venu des Indes, le colonel Pickering, alors que le premier est en train de noter phonétiquement le gromelot d’Eliza. D’où le pari de faire d’elle en six mois, uniquement en lui faisant perdre son accent popu et acquérir l’accent gratin, une invitée plausible au bal de l’ambassade…</p>
<p>Dans le rôle du colonel Pickering, <strong>Christophe Lacassagne</strong> dessine une solide composition à la Chrysalde, toute en bonhomie, et le duo des deux mufles, « You did it », exultant du succès d’Eliza au bal et de leur pari gagné, tandis qu’elle-même attend qu’on lui accorde, sinon un compliment, du moins un regard, est d’une énormité jubilatoire. De même que le monologue délicieux du sympathique goujat célébrant les qualités des mâles : « Pourquoi la femme ne ressemblerait-elle pas à l’homme ? L’homme est droit et carré, toujours noble et régulier, agréable et sociable. Dans l’ensemble, nous sommes merveilleux. Pourquoi la femme ne peut-elle être comme nous ? » Nicolas Cavallier fait un morceau de bravoure de cette bouffonerie moliéresque, et il aurait bien tort de s&rsquo;en priver.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="351" src="/sites/default/files/styles/large/public/my_fair_lady_._lopra_de_lausanne_c_jean-guy_python_16.jpeg?itok=Bdg9BBeN" title="Nicolas Cavallier © Jean-Guy Python" width="468" /><br />
	Nicolas Cavallier © Jean-Guy Python</p>
<p>L’amertume de G.B. Shaw, on la retrouve partout dans cette histoire, et par exemple dans le personnage du père d’Eliza qui dit joliment être « en indélicatesse avec la morale bourgeoise » et avoir choisi résolument le parti de « la pauvreté non méritante ». Cet homme aimable et de sens rassis viendra voir le professeur Higgins pour discuter « entre hommes de l&rsquo;monde » et lui proposer d&rsquo;échanger sa fille contre la somme de cinq livres « pas plus pas moins ». Dix livres, ce serait le commencement des soucis, donc du malheur.<br />
	Manque de chance, Higgins, épaté par la sagesse quasi socratique de ce philosophe de pub, suggèrera au colonel Pickering d&rsquo;écrire à une fondation américaine « pour la restauration morale » et recherchant des penseurs contemporains de premier plan, pour lui recommander cette épatante personnalité. D’où une rente, puis un héritage, bref un fatal enchaînement qui conduira à un mariage bourgeois l’insouciant ex-livreur de charbon à temps partiel.</p>
<p>Joli numéro de <strong>Rémi Ortega</strong>, truculent à souhait, pour un caustique « With a little bit of luck », qu’il chante en chœur avec trois jeunes cockneys complices et, encore plus exalté, un déluré « I’m gettin married in the morning &#8211; Get me to the church on time ». Ici se placent un cantique très joliment chanté par Joël Terrin, l’un des trois cockneys, et un ballet acrobatique, style jitterbug, impeccablement réglé par le chorégraphe<strong> Jean-Philippe Guilois</strong> pour six danseurs aussi survoltés que l’Orchestre de Chambre de Lausanne, particulièrement <em>punchy</em> dans l’exercice.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="351" src="/sites/default/files/styles/large/public/my_fair_lady_._lopra_de_lausanne_c_jean-guy_python_7.jpeg?itok=mbnu78Dq" title="Rémi Ortega © Jean-Guy Python" width="468" /><br />
	Rémi Ortega © Jean-Guy Python</p>
<p>Un ours mal léché s’humanisant, une jeune femme qui se révolte… Le schéma est vieux comme le théâtre. Face à cet Arnolphe ou cet Alceste, on retrouve les quelques comparses obligés. Dans le rôle du jeune premier, Freddy, le ténor <strong>Julian Dran</strong> fait apprécier un beau timbre chaud et charmeur dans « On the street where you live », <strong>Laurence Amy </strong>joue avec esprit le rôle parlé de la mère du professeur, <strong>Richard Lahady</strong> prête au Hongrois Karpathy un accent curieusement pied-noir et <strong>Shin Iglesias</strong> confère à la gouvernante, Mrs Pearce, une raideur un peu tudesque, à notre avis moins idoine que la douceur maternelle de Mona Washbourne dans le film.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="351" src="/sites/default/files/styles/large/public/my_fair_lady_._lopra_de_lausanne_c_jean-guy_python_17.jpeg?itok=_-qSEfCR" title="Nicolas Cavallier et Christophe Lacassagne © Jean-Guy Python" width="468" /><br />
	Nicolas Cavallier et Christophe Lacassagne © Jean-Guy Python</p>
<p>Mais on n’aura garde d’oublier ceux qui participent aux ensembles vocaux, à l’écriture très soignée : les deux servantes, <strong>Clémentine Bouteille</strong> et <strong>Aurélie Brémond</strong>, et les trois cockneys <strong>Maxence Billiemaz</strong>, <strong>Joël Terrin</strong> et <strong>Aslam Safla</strong>. Particulièrement drôle et musicalement savoureux, l’ensemble des gens de maison qui surgit à trois reprises des coulisses pour un chœur antique ou un chœur des anges, au choix, sussurant un suave et ironique « Oh, Professor Higgins »…</p>
<p>Ultime image, furtive : Eliza, tirant la langue au vieil atrabilaire. Fin ouverte. Va-t-elle s’envoler définitivement ? Va-t-elle lui revenir mais lui mener la vie dure ? Chacun choisira. Pirouette finale rusée d’une soirée de théâtre charmeuse.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="321" src="/sites/default/files/styles/large/public/my_fair_lady_._lopra_de_lausanne_c_jean-guy_python_14.jpg?itok=0wWjVTWP" title="Nicolas Cavallier et Catherine Trauttmann © Jean-Guy Python" width="468" /><br />
	Nicolas Cavallier et Catherine Trottmann © Jean-Guy Python</p>
<p> </p>
<p> </p>
<p> </p>
<p class="legende" dir="ltr"> </p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/frederick-loewe-my-fair-lady-lausanne-lecole-des-femmes-version-broadway/">LOEWE, My Fair Lady — Lausanne</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>ROSSINI, L&#039;italiana in Algeri — Clermont-Ferrand</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/litalienne-a-alger-clermont-ferrand-une-nuit-a-lopera/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Anne Rouhette]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 16 Jan 2020 22:47:36 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/spectacle/une-nuit-l-opra/</guid>

					<description><![CDATA[<p>L’intrigue de l’Italienne à Alger, aussi loufoque que celle d’un film des Marx Brothers, a inspiré un Pierre Thirion-Vallet en grande forme pour cette séduisante production clermontoise. Transposée dans le milieu du cinéma hollywoodien des années 50, son Isabella, glamour à souhait dans son ensemble léopard, affronte le tout-puissant producteur Mustafa pour retourner dans sa &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/litalienne-a-alger-clermont-ferrand-une-nuit-a-lopera/"> <span class="screen-reader-text">ROSSINI, L&#039;italiana in Algeri — Clermont-Ferrand</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/litalienne-a-alger-clermont-ferrand-une-nuit-a-lopera/">ROSSINI, L&#039;italiana in Algeri — Clermont-Ferrand</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>L’intrigue de <em>l’Italienne à Alger</em>, aussi loufoque que celle d’un film des Marx Brothers, a inspiré un <strong>Pierre Thirion-Vallet</strong> en grande forme pour cette séduisante production clermontoise. Transposée dans le milieu du cinéma hollywoodien des années 50, son Isabella, glamour à souhait dans son ensemble léopard, affronte le tout-puissant producteur Mustafa pour retourner dans sa chère Italie flanquée de son amant Lindoro, acteur vedette des studios Mustafa, et d’une cohorte de machinistes italiens, le tout sur fond (déjà) de conflit sur la réforme des retraites. Le résultat, porté par une distribution quasiment impeccable, est tout à fait convaincant, de la pantomime burlesque jouée pendant l’ouverture à la reconversion d’un irrésistible chœur masculin en danseurs des Ziegfeld Follies en passant par des jeux de scènes complexes et très soignés, notamment dans la chorégraphie qui clôt le premier acte et dans le maniement virtuose d’un poireau dans l’acte II par Mustafa. Le parti-pris de la farce cinématographique, réussi si l’on en croit les rires fréquents du public, a néanmoins pour effet d’atténuer certains moments d’émotion, notamment dans l’acte I quand Lindoro se retrouve juché sur un dromadaire face à la caméra de Mustafa pour sa cavatine. « Languir per una bella » se transforme alors en un air comique, ce que l’on peut regretter.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/_mg_8752_print.jpg?itok=sNZ-ZoUU" title="© Yann Cabello" width="468" /><br />
	© Yann Cabello</p>
<p>Est-ce pour cela que le ténor <strong>Joseph Kauzman</strong> a paru un peu en retrait durant le premier acte ? Sa présence physique et vocale s’est en revanche affirmée dans le second, où il se hisse à la hauteur de l’excellent Taddeo de <strong>Rémi Ortega</strong>, aussi bon acteur que chanteur, d’<strong>Eugenio Di Lieto</strong> en Mustafa, dont le manque de profondeur vocale parfois est plus que compensé par une réjouissante présence scénique, d’une Elvira que <strong>Sophie Boyer</strong> parvient à rendre à la fois drôle et touchante, et de l’Isabella magistrale de <strong>Maria Ostroukhova</strong>. La contralto russe, tornade pulpeuse et magnétique, endosse le rôle avec un entrain jubilatoire ; avec son timbre riche, sa tessiture étendue et la souplesse de sa voix, elle se joue des vocalises les plus acrobatiques et emporte l’adhésion dans les récitatifs et les passages plus méditatifs, tandis que son aplomb et son sens dramatique lui permettent d’accomplir la performance de séduire avec une tête recouverte de bigoudis, ce qui, reconnaissons-le, n’est pas donné à tout le monde. Dans le petit rôle de Zulma, transformée en une délicieuse script-girl, <strong>Anne-Lise Polchlopek</strong> fait plus que tirer son épingle du jeu, tandis que <strong>Florian Bisbrouck</strong> livre une prestation irréprochable en Haly, assistant roublard du producteur Mustafa. Tous donnent l’impression de s’amuser sur scène, ce qui ne contribue pas peu au plaisir du public.</p>
<p>Ils sont en cela grandement aidés par l’orchestre Les Métamorphoses, dirigé par <strong>Amaury du Closel</strong>. Cordes moelleuses, bois et cuivres pleins de charme, les musiciens se laissent porter par la musique de Rossini pour impulser une bonne humeur communicative. Dans un décor où trône une caméra géante, les éclairages habiles de <strong>Véronique Marsy</strong> savent faire ressortir les détails les plus farfelus ou susciter l’illusion d’un plateau de cinéma, tout en sublimant des costumes pimpants parfaitement adaptés aux rôles et aux chanteurs. Même les discours des édiles à l’entracte pour annoncer le nouveau nom du Centre Lyrique Clermont-Auvergne, dorénavant baptisé Clermont Auvergne Opéra, ne sont pas parvenus à atténuer le plaisir que procure ce spectacle enthousiasmant. Qu’elle soit à Alger, à Hollywood ou à Clermont-Ferrand<a name="_GoBack" id="_GoBack"></a>, cette Italienne triomphe décidément de tout !</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/litalienne-a-alger-clermont-ferrand-une-nuit-a-lopera/">ROSSINI, L&#039;italiana in Algeri — Clermont-Ferrand</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
	</channel>
</rss>
