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LOEWE, My Fair Lady — Lausanne

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Spectacle
24 décembre 2022
L’école des femmes, version Broadway

Note ForumOpera.com

3

Infos sur l’œuvre

My fair Lady
Musique de Frederick Loewe (1901-1988)
Livret et lyrics de Alan Jay Lerner d’après la pièce Pygmalion de George Bernard Shaw

Première représentation au Mark Hellinger Theatre, New York, le 15 mars 1956

Détails

Mise en scène
Jean Liermier
Décors
Christophe de la Harpe
Costumes
Coralie Sanvoisin
Lumières
Jean-Philippe Roy
Chorégraphie et assistant à la mise en scène
Jean-Philippe Guilois
Assistant mise en scène et chorégraphie
Rémy Kouadio

Higgins
Nicolas Cavallier
Eliza
Catherine Trottmann
Pickering
Christophe Lacassagne
Freddy
Julien Dran
Doolittle
Rémi Ortega
Jamie
Maxence Billiemaz
Harry
Joël Terrin
Oliver
Aslam Safla
Mrs. Pearce
Shin Iglesias
1ère servante
Clémentine Bouteille
2ème servante
Aurélie Brémond
Mrs. Higgins/Mrs. Hopkins
Laurence Amy
Mrs. Eynsford-Hill
Marie Daher
Karpathy
Richard Lahady
George le barman & Charles le chauffeur
Pier-Yves Têtu

Orchestre de Chambre de Lausanne
Chœur de l’Opéra de Lausanne

Chef de chœur

Jean-Philippe Clerc
Direction musicale
Roberto Forés Veses

Opéra de Lausanne, 21décembre 2022, 19h00

Représentations suivantes les 23, 27, 28, 30, 31 décembre

L’Opéra de Lausanne est une petite maison, dont le madré directeur, Eric Vigié, ne considère pas qu’être léger soit déroger. Ni afficher complet. Le Candide de Bernstein, à mi-chemin de Broadway et de l’Opéra Comique, vu il y a quelques semaines, était une brillante réussite. Et l’on se souvient d’une Auberge du Cheval Blanc très pince-sans-rire lors de la fin d’année 2021.
Avec My fair Lady, le musical de Frederick Loewe et Alan Jay Lerner, c’est l’un des triomphes de Broadway qu’il propose mais aussi un des succès de la maison, puisque que c’est la reprise d’une production de 2015, où François Le Roux et Marie-Eve Munger tenaient les deux rôles principaux.


Christophe Lacassagne et Catherine Trottmann © Jean-Guy Python

Avec une équipe en partie renouvelée, Jean Liermier, qui a la comédie dans les veines, est venu ressusciter sa mise en scène, qui met avec habileté les petits plats dans les grands. C’est un vrai plaisir de théâtre, avec changements de décors à vue, chanteurs-acteurs, clins d’yeux, ballets enlevés et sens aigu du rythme.
Et on replonge dans cette musique adorable, sentimentale, légèrement surannée, avec le plaisir qu’on a à retrouver un pull over doux et chaud auquel on ne pensait plus.
Combien de fois a-t-on regardé le film de Cukor en VHS et fait tourner le 33 tours ? Dès les premières notes de l’ouverture, se vérifie une fois de plus la théorie de la mémoire involontaire… Non seulement on se souvient de tout, mais on replonge dans son propre passé. L’un des mérites du spectacle lausannois, c’est d’arriver à tenir le choc face au souvenir d’Audrey Hepburn et de Rex Harrison, dont les moindres intonations sont indélébiles, on s’en rend compte.


Catherine Trottmann © Jean-Guy Python

Broadway ou l’American Dream

C’est une belle histoire que celle de la rencontre chez Lamb’s de deux boxeurs amateurs dont l’un, Frederick Loewe, né dans le sérail car fils d’un fameux Danilo, avait été élève pianiste à Berlin de Busoni et Eugène d’Albert, et dont l’autre, Alan Jay Lerner, de dix-sept ans plus jeune, écrivait des textes pour la radio comme un personnage de Woody Allen. De leur rencontre dans ce bar vont naître quelques fameuses comédies musicales, dont Brigadoon (1947, plus tard porté à l’écran par Vincente Minelli avec Gene Kelly), Gigi (Vincente Minelli, 1959, d’après Colette, avec Maurice Chevalier et Leslie Caron), Camelot (1960, avec Julie Andrews et Richard Burton, devenu en 1967 un film de Joshua Logan),  Alan Jay Lerner étant de surcroît, en solo, le scénariste d’Un Américain à Paris (Vincente Minelli, 1961, avec Gene Kelly, Oscar Levant et Georges Guétary).

Gilles Deleuze version comédie musicale

Le mythe de Pygmalion et Galatée avait fait l’objet d’une première adaptation théâtrale à Londres par W.S. Gilbert (celui de Gilbert & Sullivan). Le caustique George Bernard Shaw s’empara du thème, pour y faire scintiller en Eliza Doolittle Mrs Patrick Campbell, gloire du West End londonien (créatrice en anglais de la Mélisande de Maeterlinck).


Julie Andrews et Rex Harrison à Broadway en 1956 © D.R.

Sa pièce allait triompher en 1914 sur la scène du His Majesty’s Theater avec l’Higgins d’Herbert Beerbohm. En 1938, une première adaptation au cinéma (avec Leslie Howard et Wendy Hiller) serait directement à la source de My fair Lady, qui connaîtrait pas moins de 2700 représentations entre 1956 et 1962 au Mark Hellinger Theatre de la West 51st Street. Les interprètes seraient bien sûr pour beaucoup dans ce triomphe, et d’abord l’irrésistible Rex Harrison et l’exquise Julie Andrews, à laquelle la MGM préfèrerait Audrey Hepburn pour le film de George Cukor qui sortirait en 1964. Audrey Hepburn inoubliable en fleuriste des faubourgs et portant à ravir les tenues importables dessinées par Cecil Beaton, mais doublée pour les songs par Marni Nixon (qui avait déjà été la voix de Natalie Wood dans West Side Story).

Des fatalités sociales et comment s’en échapper

L’idée géniale de G.B. Shaw est d’avoir traité mine de rien de la lutte des classes, ou de ce qu’on appelle aujourd’hui l’ascenseur social (ou de ce que Deleuze dénommait la distinction) en s’appuyant sur un des traits de la langue anglaise : les différentes musiques qu’elle fait entendre selon les origines géographiques et/ou sociales des locuteurs. Chacun trahit volens nolens ses racines, sa culture… et pour une oreille acérée comme celle du professeur Higgins, l’accent de Lisson Grove n’a évidemment rien à voir avec celui de Maida Vale.
L’histoire se déroule dans un passé romanesque gentiment désuet, où on prend le thé et où on va aux courses d’Ascot, néanmoins elle est de tous les temps et l’histoire d’Eliza, en transit entre deux mondes, reste assez grinçante dans une société où un accent des quartiers n’est pas forcément un atout pour réussir.


© Jean-Guy Python

La mise en scène de Jean Liermier n’y insiste pas. Tout commence devant Covent Garden et se déroule dans un passé-présent de théâtre. Un jongleur à la coiffure d’Iroquois jongle côté jardin et fait la manche tandis que sortent du théâtre des bourgeois cossus. La neige tombe et une jeune bouquetière essaie de vendre ses violettes à des passants frileux.
Catherine Trottmann se débrouille comme elle peut pour transformer les intonations cockney d’Eliza en leur équivalent français : un sabir moitié parigot-moitié ch’ti, où on perçoit de loin en loin un « trottouère », un « souère », un « j’ai le droué » ou un « kekcé k’voudite ». On n’y entend pas grand chose à vrai dire, mais qu’importe, la silhouette est touchante.


Catherine Trottmann © Jean-Guy Python

Au début, Catherine Trottmann chante en comédienne, sans donner trop de voix, sauf pour les notes hautes, mais au fur et à mesure que la bouquetière accèdera au beau langage, alors elle redeviendra chanteuse lyrique, pour triompher dans un rayonnant « I could have danced all night ». Elle sera particulièrement brillante dans les grands airs de la révolte d’Eliza, « Just you wait » (où elle se voit fusillant son mentor), « Without you »  (où elle ose l’affronter), « Show me » où face à son fade soupirant Freddy elle monte sur ses grands chevaux.

Les moyens du bord

De très habiles décors de Christophe de la Harpe évoquent le studio de Higgins puis virevoltent pour devenir la devanture du pub où Doolittle père a ses habitudes. Plus tard un décor de frondaisons peintes et deux barrières suggèreront le champ de courses d’Ascot (avec passages de têtes de chevaux, jockeys multicolores, chapeaux à aigrettes et hauts de forme), une grande toile peinte à l’ancienne suffira pour la salle de bal, et Freddy aura son réverbère pour se jucher face au perron très Chelsea et Pimlico du professeur Higgins.


Julian Dran © Jean-Guy Python

Le Chœur de l’Opéra de Lausanne, très engagé comme toujours, sera à la fois le peuple des faubourgs et la gentry d’Ascot. Très astucieusement, Jean Liermier joue avec les codes de la comédie musicale américaine et avec nos souvenirs du film, et on prend plaisir à voir comment il se débrouille pour faire illusion.
Dans le programme de salle, il s’amuse à lister quelques points de repères, une manière de famille d’esprit : L’Ecole des femmes bien sûr, mais aussi La Règle du jeu, Les Vestiges du jour (James Ivory), La Vie est belle (de Capra), Rosetta (des Frères Dardenne) ou Le Jeu de l’amour et du hasard, où Dorante finit par reconnaître que « le mérite vaut bien la naissance ».

Virtuosité et numéro d’acteur

Le spectacle est résolument bilingue, avec dialogues en français et songs en anglais. Parfois un vers en français s’interpose dans un couplet en anglais, et, si l’on s’y perd, les surtitres sont là. De surcroît, ces chanteurs français parlent et chantent l’anglais plutôt pas mal. Pour des Français…
Dans cet exercice acrobatique, la performance de Nicolas Cavallier, jonglant d’une langue à l’autre avec virtuosité, est assez ébouriffante.


Catherine Trottmann et Nicolas Cavallier © Jean-Guy Python

Un rôle en or

A l’instar de Catherine Trottmann, on le verra dans la première partie être davantage comédien que chanteur, puis, au fur et à mesure qu’il s’humanisera, devenir de plus en plus le baryton qu’il est. Comme comédien il enverra avec un cynisme réjouissant les horreurs misogynes effroyables d’Higgins que bien sûr plus personne n’oserait écrire aujourd’hui (« Misérable insecte ! »), puis, touché par la grâce (ou la fatalité) de l’amour, il chantera avec beaucoup de sensibilité son « I’ve grown accustomed to her face », morceau royal pour un chanteur qui a dans sa besace les quatre diables des Contes d’Hoffmann, Don Alfonso, Scarpia ou Méphisto… L’air commence par un « Dawn, dawn, dawn » interloqué, puis jouera sur le parlé-chanté… Rex Harrison se cantonnait (bien obligé) au parlé, Nicolas Cavallier a toute latitude, lui, de laisser ici cours à un riche timbre de baryton.

A ce moment-là, la scène sera quasi nue, à l’exception d’un divan Chesterfield (de psychanalyste ?) et Higgins, ébahi de ce qui lui arrive, dialoguera enfin avec lui-même. Moment où se laisse particulièrement entendre un beau pupitre de cuivres, de soyeuses trompettes notamment, reprenant doucement la mélodie sur un tapis de cordes. Roberto Forés Veses et l’Orchestre de Chambre de Lausanne mettent en valeur la qualité d’écriture de l’orchestration. Une vingtaine de cordes et une quinzaine de vents suffisent à lui donner toute son ampleur, particulièrement en évidence dans les pages purement instrumentales, les ouvertures, la valse de l’ambassade ou l’Ascot gavotte.


Catherine Trottmann © Jean-Guy Python

Inutile de raconter l’histoire : un quiproquo de théâtre fait se rencontrer sous les piliers de Covent Garden le professeur Higgins et son vieux collègue venu des Indes, le colonel Pickering, alors que le premier est en train de noter phonétiquement le gromelot d’Eliza. D’où le pari de faire d’elle en six mois, uniquement en lui faisant perdre son accent popu et acquérir l’accent gratin, une invitée plausible au bal de l’ambassade…

Dans le rôle du colonel Pickering, Christophe Lacassagne dessine une solide composition à la Chrysalde, toute en bonhomie, et le duo des deux mufles, « You did it », exultant du succès d’Eliza au bal et de leur pari gagné, tandis qu’elle-même attend qu’on lui accorde, sinon un compliment, du moins un regard, est d’une énormité jubilatoire. De même que le monologue délicieux du sympathique goujat célébrant les qualités des mâles : « Pourquoi la femme ne ressemblerait-elle pas à l’homme ? L’homme est droit et carré, toujours noble et régulier, agréable et sociable. Dans l’ensemble, nous sommes merveilleux. Pourquoi la femme ne peut-elle être comme nous ? » Nicolas Cavallier fait un morceau de bravoure de cette bouffonerie moliéresque, et il aurait bien tort de s’en priver.


Nicolas Cavallier © Jean-Guy Python

L’amertume de G.B. Shaw, on la retrouve partout dans cette histoire, et par exemple dans le personnage du père d’Eliza qui dit joliment être « en indélicatesse avec la morale bourgeoise » et avoir choisi résolument le parti de « la pauvreté non méritante ». Cet homme aimable et de sens rassis viendra voir le professeur Higgins pour discuter « entre hommes de l’monde » et lui proposer d’échanger sa fille contre la somme de cinq livres « pas plus pas moins ». Dix livres, ce serait le commencement des soucis, donc du malheur.
Manque de chance, Higgins, épaté par la sagesse quasi socratique de ce philosophe de pub, suggèrera au colonel Pickering d’écrire à une fondation américaine « pour la restauration morale » et recherchant des penseurs contemporains de premier plan, pour lui recommander cette épatante personnalité. D’où une rente, puis un héritage, bref un fatal enchaînement qui conduira à un mariage bourgeois l’insouciant ex-livreur de charbon à temps partiel.

Joli numéro de Rémi Ortega, truculent à souhait, pour un caustique « With a little bit of luck », qu’il chante en chœur avec trois jeunes cockneys complices et, encore plus exalté, un déluré « I’m gettin married in the morning – Get me to the church on time ». Ici se placent un cantique très joliment chanté par Joël Terrin, l’un des trois cockneys, et un ballet acrobatique, style jitterbug, impeccablement réglé par le chorégraphe Jean-Philippe Guilois pour six danseurs aussi survoltés que l’Orchestre de Chambre de Lausanne, particulièrement punchy dans l’exercice.


Rémi Ortega © Jean-Guy Python

Un ours mal léché s’humanisant, une jeune femme qui se révolte… Le schéma est vieux comme le théâtre. Face à cet Arnolphe ou cet Alceste, on retrouve les quelques comparses obligés. Dans le rôle du jeune premier, Freddy, le ténor Julian Dran fait apprécier un beau timbre chaud et charmeur dans « On the street where you live », Laurence Amy joue avec esprit le rôle parlé de la mère du professeur, Richard Lahady prête au Hongrois Karpathy un accent curieusement pied-noir et Shin Iglesias confère à la gouvernante, Mrs Pearce, une raideur un peu tudesque, à notre avis moins idoine que la douceur maternelle de Mona Washbourne dans le film.


Nicolas Cavallier et Christophe Lacassagne © Jean-Guy Python

Mais on n’aura garde d’oublier ceux qui participent aux ensembles vocaux, à l’écriture très soignée : les deux servantes, Clémentine Bouteille et Aurélie Brémond, et les trois cockneys Maxence Billiemaz, Joël Terrin et Aslam Safla. Particulièrement drôle et musicalement savoureux, l’ensemble des gens de maison qui surgit à trois reprises des coulisses pour un chœur antique ou un chœur des anges, au choix, sussurant un suave et ironique « Oh, Professor Higgins »…

Ultime image, furtive : Eliza, tirant la langue au vieil atrabilaire. Fin ouverte. Va-t-elle s’envoler définitivement ? Va-t-elle lui revenir mais lui mener la vie dure ? Chacun choisira. Pirouette finale rusée d’une soirée de théâtre charmeuse.


Nicolas Cavallier et Catherine Trottmann © Jean-Guy Python

 

 

 

 

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Livret et lyrics de Alan Jay Lerner d’après la pièce Pygmalion de George Bernard Shaw

Première représentation au Mark Hellinger Theatre, New York, le 15 mars 1956

Détails

Mise en scène
Jean Liermier
Décors
Christophe de la Harpe
Costumes
Coralie Sanvoisin
Lumières
Jean-Philippe Roy
Chorégraphie et assistant à la mise en scène
Jean-Philippe Guilois
Assistant mise en scène et chorégraphie
Rémy Kouadio

Higgins
Nicolas Cavallier
Eliza
Catherine Trottmann
Pickering
Christophe Lacassagne
Freddy
Julien Dran
Doolittle
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Jamie
Maxence Billiemaz
Harry
Joël Terrin
Oliver
Aslam Safla
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2ème servante
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