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	<title>Judith PACQUIER - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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		<title>MONTEVERDI, Vêpres de la Vierge &#8211; Beaune</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/monteverdi-vepres-de-la-vierge-beaune/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 26 Jul 2026 05:31:46 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Dix-huit ans après leur naissance officielle, les portes de Beaune s’ouvrent enfin aux Traversées baroques, dont le rayonnement international et les enregistrements sont salués par tous les amoureux de musique ancienne, ce qui n’est que justice. Spécialistes de la musique vénitienne, qu’ils diffusent de la Pologne à l’Amérique latine, ils fréquentent Monteverdi de longue date, &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Dix-huit ans après leur naissance officielle, les portes de Beaune s’ouvrent enfin aux <em>Traversées baroques</em>, dont le rayonnement international et les enregistrements sont salués par tous les amoureux de musique ancienne, ce qui n’est que justice. Spécialistes de la musique vénitienne, qu’ils diffusent de la Pologne à l’Amérique latine, ils fréquentent Monteverdi de longue date, et les <em>Vêpres</em> tout particulièrement. Construit sur cinq psaumes séparés par des motets concertants, réservés aux solistes accompagnés par la basse continue, pour conclure sur un des deux Magnificat (Monteverdi en propose un à 7 voix, et le second à 6), c’est un monument impressionnant par ses proportions comme par son architecture et le moindre de ses détails. Le Festival l’a produit à de multiples reprises, confié à des chefs et formations prestigieuses (Garrido, Christie etc.).</p>
<p>Malgré le soin méticuleux du compositeur à préciser ses intentions (jusqu’à la registration de l’orgue), est-il œuvre qui pose davantage de problèmes, qui autorise (presque) tout et son contraire ? Que faut-il jouer ? Tout, le plain-chant compris ? Lequel, vénitien ou mantouan ? Quels interprètes (tous masculins à la création) ? Quels effectifs ? Spatialisés ? etc.  Il en résulte une extrême diversité d’approches, le plus souvent légitimes, fussent-elles contradictoires. La lecture de la distribution interrogeait, avec la participation du Chœur du Festival (1) : l’exigence, la difficulté des parties chorales des <em>Vêpres</em> sont tout autres que celles de l’<em>Orfeo</em>. Nos appréhensions tomberont dès le <em>Deus in adjutorium</em>, très projeté, homophone, festif et grandiose. La souplesse rythmique, la précision étaient au rendez-vous. Il en ira de même du <em>Sicut erat</em> qui clôt le <em>Magnificat</em> final. Ce qui aurait pu constituer un handicap s’avère une pleine réussite, tant l’intégration s’est avérée fructueuse. De fait, les solistes et le chœur des <em>Traversées baroques</em>, confondus, seront mobilisés de façon constante, pour une lecture convaincante, ductile, contrastée et chatoyante.</p>
<p>L’ensemble instrumental, riche de toutes les couleurs attendues, est disposé autour de l’orgue et du continuo, cordes à gauche, vents à droite (l’organisation pourra varier lorsque cornets et violons joueront à l’unisson). Les solistes et le « petit » chœur forment un arc de cercle autour des instruments. L’acoustique redoutable de la basilique se révèlera idéale pour cette réalisation : la lisibilité des polyphonies, les assemblages de timbres seront valorisés, pour le plus grand bonheur des auditeurs. La richesse des textures, la splendeur musicale renvoient aux fastes vénitiens. Fréquente, la polychoralité (2), toujours lisible dans son jeu de réponses, est opulente malgré l’étroitesse du chœur. On se laisse emporter par la vague sonore. A signaler la qualité exceptionnelle de l’orgue et de ses improvisations (<strong>Valentin Rouget</strong>), magistral de vie et de style, ainsi que celle du continuo. Sans oublier les deux violons, les cornets, tout particulièrement dans la <em>Sonata super Sancta Maria</em>, la direction qu’imprime <strong>Etienne Meyer</strong>, claire, précise, structure le discours et se montre attentive à la prosodie, aux respirations. Il organise un bain de sonorités séduisantes, qui valorise les voix sans jamais les couvrir. La fluidité des mètres confère la souplesse quasi chorégraphique qu’appelle ce langage La jubilation du chant, l’exultation des instrumentistes concourent à une exubérance contrastée qui n’exclut pas la profondeur, la quête du mystère.</p>
<p><strong>Valerio Contaldo</strong> (qui chantait déjà l’ouvrage ici même en 2015) allait dominer la distribution, du <em>Dixit Dominus</em> à la fin. La générosité de son chant, sonore, flexible, lumineux, toujours intelligible laisse admiratif, même s’il avoue hors concert être passagèrement fatigué. Pour autant aucune voix d’homme ne démérite, malgré une maîtrise stylistique, une italianité, et une liberté épanouie parfois en-deça. Un bonheur que la virtuosité éblouissante du <em>Duo Seraphim</em>, tant ses redoutables vocalises sont exigeantes. Les voix de femmes sont un constant régal, <strong>Capucine Keller</strong>, <strong>Dagmar Saskova</strong> et <strong>Madeleine Bazola</strong> forment l’ensemble le plus harmonieux. Leur émission, fraîche, ciselée réjouit. Le cantus firmus initial du <em>Magnificat</em> est d’une rare beauté. Les deux ténors en canon pour l’<em>Et exultavit </em>ne sont pas en reste. Chaque verset réjouit et il faudrait tout citer, tant la plénitude et l’éclat du <em>Magnificat</em> sont soulignés. La résonance de la dernière syllabe de l’Amen s’éteindra avant que le public, manifestement conquis, exprime sa gratitude aux artistes pour cette soirée mémorable. Un bis, inattendu – la reprise du <em>Nisi Dominus</em> – le récompensera.</p>
<pre>(1) Le chœur éphémère rassemblait une quarantaine de chanteurs amateurs chevronnés, pour une semaine de travail préparatoire, sous la direction de Lucile de Trémiolles.

(2) <em>Laudate pueri</em>, <em>Nisi Dominus</em>, <em>Lauda Jerusalem</em>, <em>Ave maris stella</em>, <em>Sit laus Deo Patri</em>.</pre>
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		<title>Il trionfo della Morte</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/il-trionfo-della-morte-un-joyau-de-lheritage-palermitain/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 23 Apr 2020 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Etienne Meyer, ses chanteurs et son ensemble nous offrent une découverte majeure, première mondiale, d’un compositeur qui mérite pleinement de sortir du profond oubli dans lequel il était plongé. Après avoir eu le privilège d’assister à une des toutes premières exécutions publiques [ « L’opéra au couvent »], nous disposons maintenant de l’enregistrement, réalisé quelques jours auparavant. &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Etienne Meyer</strong>, ses chanteurs et son ensemble nous offrent une découverte majeure, première mondiale, d’un compositeur qui mérite pleinement de sortir du profond oubli dans lequel il était plongé. Après avoir eu le privilège d’assister à une des toutes premières exécutions publiques <a href="/il-trionfo-della-morte-per-il-peccato-dadamo-dijon-lopera-au-couvent">[ « L’opéra au couvent »</a>], nous disposons maintenant de l’enregistrement, réalisé quelques jours auparavant. Le véritable choc est renouvelé, confirmant le rôle précurseur de l’école palermitaine en matière d’oratorio. L’œuvre est achevée, d’une écriture riche et raffinée, prémonitoire de la floraison du genre dans toute l’Italie. Sa vigueur dramatique est incontestable, malgré l’imagerie naïve du livret, plus proche du merveilleux de <em>la Légende dorée</em> que du texte de la Genèse. Bien sûr Adam et Eve, le Malin et Dieu sont les principaux acteurs, mais s’y ajoutent ici la Raison, la Passion et la Mort. La vérité psychologique d’Eve et d’Adam, sincèrement épris l’un de l’autre, sensuels, est incontestable. </p>
<p>Gabriel Garrido exhumait <em>Il Sansone</em> il y vingt ans. Il aura fallu attendre cet enregistrement, d’une autre ampleur, pour mesurer l’importance de Bonaventura Aliotti (ca 1640 – ca 1690) dans le développement de l’oratorio. Franciscain, connu aussi sous le nom de Padre Palermino, son œuvre nous est parvenue à travers des manuscrits conservés à Modène et à Naples. Elève de Fasolo et de Rubino, il quitte son île en 1671 se rend à Padoue, Venise, Ferrare et Spoleto pour retrouver Palerme où il est maître de chapelle de la cathédrale, fédérant les compositeurs siciliens. Falvetti, redécouvert par Leonardo García Alarcón, n’étant pas le moindre.</p>
<p>Soixante numéros, d&rsquo;inégales longueurs, également répartis entre les deux volets, s’enchaînent avec naturel. La souplesse, la liberté du discours lui donnent une vie singulière. L’instrumentation, imposée par le compositeur, l’écriture riche et fouillée (4 et 5 partie réelles), participent à l’épaisseur dramatique de l’ouvrage. Rien ne distingue son langage de celui de l’opéra : le couvent a ouvert ses portes à un véritable spectacle – même privé de décors – propre à édifier les fidèles.</p>
<p>Tous les chanteurs, aguerris au répertoire baroque, partagent cette insatiable curiosité qui les a réunis autour d’Etienne Meyer et de <strong>Judith Pacquier</strong>. <strong>Capucine Keller</strong>, souffrante lors du concert dijonnais, avait dû étre remplacée au pied levé. Son Eve emporte l’adhésion, occupant le devant de la scène dès son « Dolce amore » qui introduit son duo avec Adam. Il est difficile de choisir une de ses interventions, tant chacune d’elles nous ravit. De « Sospendi, mio core » dont le bonheur irradie, au lamento désespéré « Discioglietevi », en passant par « Caro legno… dolce pomo » et au réconfortant « Prendi, dolce mio conforto », c’est un constant bonheur : la voix a la fraîcheur, l’agilité et les couleurs requises. On se souvient qu’elle chantait déjà dans le <em>Nabucco</em> de Falvetti (Superbia)… L’Adam que campe <strong>Vincent Bouchot</strong> sait aussi nous toucher dès son air d’entrée « Qual torbida fantasma », par son amour, sa foi et ses incertitudes. La vérité psychologique est parfaitement traduite par une voix solide, sûre et séduisante. <strong>Anne Magouët</strong>, excellente Raison, donne toute sa conviction aimante et protectrice pour tenter de soustraire Adam à la passion.  <strong>Renaud Delaigue</strong> réussit à incarner deux rôles opposés : Dieu et Lucifer. Sa voix profonde confère à l’autorité bienveillante du premier, comme à la mission du second (« Furie terribili »), toute leur caractérisation. <strong>Paulin Bündgen</strong> (la Mort) et <strong>Emmanuel Vistorky</strong> (la Passion) complètent harmonieusement une distribution complice, à laquelle il faut ajouter <strong>Lise Viricel</strong>. En effet, cette dernière se joint au chœur de solistes pour chanter les vertus, les démons et les anges. Les<strong> Traversées baroques</strong> donnent à ces pages toutes les couleurs, toute l’animation souhaitables, magistralement dirigés par un Etienne Meyer pleinement épanoui.</p>
<p>La prise de son, fine et profonde, restitue avec bonheur les équilibres et les timbres. Une notice remarquablement documentée, trilingue, précède le livret original et sa traduction française. Un nouveau jalon dans notre connaissance de l’évolution de l’oratorio, avec la découverte d’un authentique chef-d’œuvre, dans une réalisation exemplaire.</p>
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