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	<title>Pierre LEBON - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<title>Pierre LEBON - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>PURCELL, Didon et Énée – Bordeaux</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 22 Sep 2026 07:00:03 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Trois dates de représentations pour le nouvel opéra proposé au Grand Théâtre de Bordeaux, c’est bien peu… Car la belle réussite qu’est cette Didon et Énée fait partie du type de spectacles qu’on aimerait qu’un grand nombre de spectateurs puisse découvrir, en particulier des néophytes, dont on imagine qu’ils ne pourront que ressortir émerveillés et &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Trois dates de représentations pour le nouvel opéra proposé au Grand Théâtre de Bordeaux, c’est bien peu… Car la belle réussite qu’est cette <em>Didon et Énée</em> fait partie du type de spectacles qu’on aimerait qu’un grand nombre de spectateurs puisse découvrir, en particulier des néophytes, dont on imagine qu’ils ne pourront que ressortir émerveillés et amateurs d’opéra après cette expérience féerique et vivifiante. Heureusement, il s’agit d’une coproduction destinée à beaucoup voyager, entre autres à Limoges et à Tourcoing, et qui a été chroniquée en janvier dernier à <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/purcell-dido-and-aeneas-clermont-ferrand/">Clermont-Ferrand</a>. L’œuvre très courte de Purcell est ici agrémentée de textes issus de <em>Macbeth, </em>de <em>The Tempest </em>et de <em>Richard III</em> de William Shakespeare ainsi que <em>Le Virgile Travesti </em>de Paul Scarron, en alternant, à la façon des <em>masks</em>, les moments chantés en langue originale anglaise et les saynètes parlées, ici en français. À l’époque, l’opéra en miniature avait été composé pour une institution de jeunes filles : l’originalité consiste à reprendre la distribution d’origine exclusivement féminine, avec six chanteuses toutes lauréates du 28<sup>e</sup> Concours international de Chant de Clermont-Ferrand en 2025. Les voix s’harmonisent parfaitement et la belle idée gît dans la manière d’entrelacer les tenants et les aboutissants de la création scénique. C’est-à-dire que les musiciens, chanteurs, acteurs, danseurs et techniciens sont tous sur le pont et l’on a parfois du mal à savoir qui fait quoi, les musiciens devenant tour à tour acteurs et chanteurs, trois dames évoluent ensemble en chantant et l’une d’elle se met à danser comme la professionnelle qu’elle est, ce qui enchante et impressionne vivement, le tout dans un rythme effréné où l’on n’a guère le temps de s’ennuyer. Les décors pourraient sembler très désuets au regard des moyens actuels, mais ils sont en fait un magnifique hommage au théâtre élisabéthain, en faux carton-pâte ou tréteaux qui cachent une machinerie complexe. Le dispositif ne manque pas d’épater le spectateur, les protagonistes virevoltant sur scène achevant de magnifier l’ensemble. On ne peut que saluer le travail d’ensemble du metteur en scène en scène, scénographe, costumier, comédien et danseur (excusez du peu) <strong>Pierre Lebon</strong> et de toute son équipe.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-full"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="2048" height="1365" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Didon-et-Enee-les-marins.jpg" alt="@ Yann Cabello" class="wp-image-206847"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Yann Cabello</sup></figcaption></figure>


<p>Tout est concentré, tant dans l’œuvre synthèse de Purcell que dans le dispositif scénique. Sur une tournette, on découvre un bâtiment en arc de cercle composé d’une sorte de balcon/colonnade, puis d’un temple/palais et d’une tour/phare, dans une esthétique oscillant entre Antiquité, baroque et contemporanéité. Devant ce mur, une structure en demi-cercle qui cache l’orchestre ou sert de gradins puis d’escalier menant au temple lorsqu’on la pousse et la fait circuler, masquant ou dévoilant le clavecin lui-même mobile. À l’arrière, trois voiles surmontées de haubans, dont l’éclairage savant suffira à évoquer la tempête du prologue avec beaucoup d’efficacité, le contexte intime de l’habitation de Didon, l’ambiance sombre de la grotte des enchanteresses vouées à détruire l’histoire d’amour trop parfaite et la taverne où résonnent les chansons à boire. Enfarinés et vêtus de noir, blanc et gris, les neuf musiciens, six chanteuses ainsi que les trois comédiens et danseurs donnent l’impression constante d’être une foule nombreuse, pour notre grand plaisir. Un technicien arrive soudain, portant un mat qu’il plante au beau milieu de la scène, aidé par des musiciens qui s’en vont planter des haubans aux extrémités. Le technicien s’avère être un danseur funambule qui va hisser une voile avec des gestes d’une dextérité et d’une poésie folles. Entre songe et réalité, pantomime et théâtre, le déroulement du drame ponctué de séquences humoristiques se fait avec une précision doublée d’une fantaisie qui s’adresse au plus large public. On en redemande. Les costumes, très seyants, titillent l’imaginaire et la mémoire : on pense à certains classiques du muet, aux marins de Fassbinder ou à ceux de Billy Budd, avec des clins d’œil aussi bien vers Molière que Shakespeare. On oscille constamment entre foisonnement et simplicité avec délectation.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/carrousel-3-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-206835"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>@ Yann Cabello</sup></figcaption></figure>


<p>La distribution est de très belle qualité et tout à fait équilibrée. Les musiciens de l’<strong>Ensemble Les Surprises</strong>, en particulier, surprennent par leur sens du jeu théâtral et leur capacité à endosser tous les rôles, sans compter qu’ils jouent sans partition&#8230; À peine regrette-t-on de devoir tendre l’oreille pour profiter de tous les textes insérés dans l’œuvre par le chef <strong>Louis-Noël Bestion de Camboulas</strong> et des musiciens ou du metteur en scène puisque l’on n’a pas sonorisé – et l’on s’en réjouit – les comédiens dont la diction est parfois plus naturelle qu’apprêtée. Merveilleusement mise en valeur par ses partenaires, ses costumes et un port de reine qui paraît naturel, <strong>Blandine de Sansal</strong> est une Didon toute de noblesse et de sensibilité empreinte de mélancolie. Son grand air « When I am laid in earth » est saisissant de beauté et de maîtrise. Le somptueux legato la met, et nous avec, en état de grâce dont on se souviendra. <strong>Grace Durham </strong>incarne un Énée assez éloigné du fantasme du héros grec, ce qui correspond bien à la réalité d’un personnage qui obéit aux ordres plutôt qu’à son cœur. Mais la scène de l’évocation des ruines de Troie et du naufrage lui permettent de conférer de la noblesse au demi-dieu troyen. Les quatre interprètes des dames et sorcières offrent un somptueux contrepoint, voix ductiles, juvéniles et amples, convaincantes également quand elles abordent les rôles du Marin, d’un esprit ou de Belinda. On congratulera donc conjointement <strong>Clara Penalva</strong>, <strong>Louise Bourgeat</strong>, <strong>Eugénie Lefebvre</strong> et <strong>Juliette Gauthier </strong>au même titre que l’ensemble de la troupe, qui salue d’ailleurs en groupe et reprend une chanson à boire après la mort de Didon, ce qui ne manque pas de réjouir et combler encore davantage le public… Magique !</p>


<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="Didon et Énée - ensemble Les Surprises - Teaser" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/NuHGTPYB2i4?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
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		<title>PURCELL, Dido and Aeneas &#8211; Clermont-Ferrand</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/purcell-dido-and-aeneas-clermont-ferrand/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Anne Rouhette]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 20 Jan 2026 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Purcell, Purcelles ? La nouvelle production du Clermont Auvergne Opéra, en partenariat avec l’Opéra de Limoges, la Fondation Royaumont, l’atelier lyrique de Tourcoing et l’Office artistique de la Nouvelle-Aquitaine, présente la particularité de reposer sur une distribution vocale exclusivement féminine. Composée de six lauréates de l’édition 2024 du concours de chant de Clermont-Ferrand, celle-ci réunit &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Purcell, Purcelles ? La nouvelle production du Clermont Auvergne Opéra, en partenariat avec l’Opéra de Limoges, la Fondation Royaumont, l’atelier lyrique de Tourcoing et l’Office artistique de la Nouvelle-Aquitaine, présente la particularité de reposer sur une distribution vocale exclusivement féminine. Composée de six lauréates de l’édition 2024 du concours de chant de Clermont-Ferrand, celle-ci réunit autour la Didon impeccable de <strong>Blandine de Sansal</strong> cinq jeunes chanteuses, un comédien, deux danseurs et neuf instrumentistes pour un spectacle original et très attachant, qui à l’opéra de Purcell ajoute quelques passages parlés en français tirés de Shakespeare (<em>La Tempête</em>, <em>Macbeth</em> et <em>Richard III</em>), de Virgile (<em>L’Enéide</em>, bien sûr) et de Scarron (<em>Virgile Travesti</em>) ainsi qu’un autre extrait de Purcell (le <em>catch </em>« Come, let us drink »), « O Dismal Day » de Jeremiah Clarke et deux <em>sea-shanties</em>, ces chants de marins très populaires (« The Drunken Sailor » et « Wellerman »).</p>
<p>Commençons par ce qui ne convainc pas totalement. La compréhensibilité de l’anglais ne semble pas avoir toujours été une priorité, mais celle du français se révèle aussi parfois problématique, toutes les chanteuses-comédiennes ne possédant pas la diction parfaite de <strong>Grace Durham</strong>. Malgré l’excellence des instrumentistes des Surprises, l’effectif restreint (deux violons, un alto, une viole de gambe, deux hautbois, un basson, un théorbe et un clavecin) semble bien pauvre, voire grêle, dans l’ouverture et les scènes « nobles », où le son manque trop de profondeur ; il fonctionne en revanche à peu près pour accompagner les sorcières et très bien pour les marins dans le troisième acte en créant une atmosphère de taverne. Quant aux harmonies renversées que crée la quasi-absence de voix d’hommes dans les chœurs (que le comédien et metteur en scène Pierre Lebon vient parfois renforcer), les voix féminines chantant à l’octave, elles appauvrissent les accords et ne permettent pas d’identifier toujours clairement les lignes, notamment dans le chœur des marins qui ouvre le troisième acte, dans lequel sopranos et « ténors » se mélangent. Peut-être est-ce ainsi que l’œuvre fut créée en 1689, puisqu’elle fut semble-t-il écrite pour une école de jeunes filles de bonne famille, mais les autres libertés prises avec l’opéra de Purcell ne permettent pas de voir dans ce choix une recherche d’authenticité.</p>
<p>C’est en tout cas une œuvre différente que nous donnent à entendre <strong>Louis-Noël Bestion de Camboulas</strong> et son ensemble, dont l’écoute se révèle stimulante, malgré ces quelques réserves. Le continuo inspiré que forme le directeur artistique des Surprises au clavecin avec le théorbe de Damien Pouvreau (aussi à la guitare) et la viole de Juliette Guignard soutient parfaitement les différents récitatifs. Blandine de Sansal, tout en intensité contenue, campe une reine d’une grande noblesse. Son bouleversant lamento final varie les couleurs et les inflexions sur chaque « Remember me », osant dépouiller la richesse d’un timbre magnifique pour susciter l’émotion sans le moindre soupçon de pathos. Face à elle, l’Enée de Grace Durham, à qui les passages parlés donnent une plus grande consistance, emporte l’adhésion, servi par les talents d’actrice et la voix généreuse et élégante de la mezzo britannique. L’écho que créent les tessitures très proches des deux chanteuses provoque un effet de miroir intéressant, particulièrement dans le dernier duo. Ce genre d’effet est souvent produit par d’autres biais dans de nombreuses productions, qui, comme celle-ci, confient à la même chanteuse, ici la délicieuse soprano <strong>Louise Bourgeat</strong>, les rôles de la Deuxième Dame et la Première Sorcière. Il se prolonge dans cette production par d’autres dédoublements,<strong> Clara Penalva</strong> prêtant son timbre acidulé et sa souplesse vocale à Belinda ainsi qu’à l’Esprit, tandis que <strong>Juliette Gauthier</strong> s’affirme avec aplomb en Marin et en Deuxième Sorcière. Aux côtés d’<strong>Eugénie Lefebvre</strong>, dont l’abattage réjouissant fait merveille en Enchanteresse, Juliette Gauthier et Louise Bourgeat forment un trio de « méchantes » au burlesque irrésistible qui constitue l’un des atouts majeurs de cette production.</p>
<p>Elle en compte bien d’autres. Pierre Lebon a très intelligemment conçu un spectacle de troupe, où deux danseurs, Iris Florentiny, qui signe aussi la chorégraphie, et Aurélien Bednarek, ponctuent l’action avec une grande finesse et entraînent à leur suite chanteuses, comédien et instrumentistes, qui tous, très bien dirigés, dansent et jouent la comédie avec entrain et un engagement total. Le beau décor de Pierre Lebon, réalisé comme les costumes par l’Opéra de Limoges, figure un port antique en forme d’amphithéâtre qui forme un écrin intime au drame et se transforme au fil de l’œuvre pour devenir bateau ou forêt, suggérant presque en continu la présence de la mer ; les instrumentistes, qui jouent par cœur, s’installent au milieu ou se déplacent comme les chanteuses dans des mouvements à la fluidité parfaitement maîtrisée, dont la poésie ou le comique sont toujours soulignés par les éclairages subtils de Bertrand Killy. L’ensemble est d’une grande cohésion, où chacun et chacune trouve sa place au service de l’ensemble, pour le plus grand plaisir d’un public conquis.</p>
<p>Le spectacle sera donné à Limoges les 22 et 23 janvier 2026, avant de partir à Châtellerault, Poissy, Tourcoing, Enghien-les-Bains, Roanne, Herblay-sur-Seine, Montpellier et Bordeaux (dates : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://clermont-auvergne-opera.com/evenement/didon-et-enee/">https://clermont-auvergne-opera.com/evenement/didon-et-enee/</a>)</p>
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