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PURCELL, Didon et Énée – Bordeaux

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Spectacle
22 septembre 2026
Féerie d’une nuit d’été bordelaise

Note ForumOpera.com

4

Légende

❤️❤️❤️❤️❤️ : Exceptionnel
❤️❤️❤️❤️🤍 : Supérieur aux attentes
❤️❤️❤️🤍🤍 : Conforme aux attentes
❤️❤️🤍🤍🤍 : Inférieur aux attentes
❤️🤍🤍🤍🤍 : À oublier

Infos sur l’œuvre

Opéra en un prologue et trois actes
Musique de Henry Purcell
Livret de Nahum Tate d’après le livre IV de l’Énéide de Virgile
Créé en décembre 1689 à Londres à la Boarding School for Girls de Chelsea

Adaptation de textes de Macbeth, de The Tempest et de Richard III de William Shakespeare et de Le Virgile Travesti de Paul Scarron

Coproduction Clermont Auvergne Opéra, Fondation Royaumont, Opéra de Limoges, Atelier Lyrique de Tourcoing, Office artistique de la Nouvelle-Aquitaine.

Décors et costumes réalisés par l’Opéra de Limoges

Détails

Mise en scène, Scénographie et costumes
Pierre Lebon
Lumières
Bertrand Killy
Chorégraphie
Iris Florentiny

Didon
Blandine de Sansal
Énée
Grace Durham
Belinda et l’Esprit
Clara Penalva
Deuxième dame et Première sorcière
Louise Bourgeat
L’Enchanteresse
Eugénie Lefebvre
Deuxième sorcière et Marin
Juliette Gauthier

Comédien et danseur
Pierre Lebon
Danseurs
Iris Florentiny
Aurélien Bednarek

Ensemble Les Surprises
Direction et arrangements musicaux
Louis-Noël Bestion de Camboulas

Bordeaux, Grand-Théâtre, samedi 19 septembre 2026, 20h

Trois dates de représentations pour le nouvel opéra proposé au Grand Théâtre de Bordeaux, c’est bien peu… Car la belle réussite qu’est cette Didon et Énée fait partie du type de spectacles qu’on aimerait qu’un grand nombre de spectateurs puisse découvrir, en particulier des néophytes, dont on imagine qu’ils ne pourront que ressortir émerveillés et amateurs d’opéra après cette expérience féerique et vivifiante. Heureusement, il s’agit d’une coproduction destinée à beaucoup voyager, entre autres à Limoges et à Tourcoing, et qui a été chroniquée en janvier dernier à Clermont-Ferrand. L’œuvre très courte de Purcell est ici agrémentée de textes issus de Macbeth, de The Tempest et de Richard III de William Shakespeare ainsi que Le Virgile Travesti de Paul Scarron, en alternant, à la façon des masks, les moments chantés en langue originale anglaise et les saynètes parlées, ici en français. À l’époque, l’opéra en miniature avait été composé pour une institution de jeunes filles : l’originalité consiste à reprendre la distribution d’origine exclusivement féminine, avec six chanteuses toutes lauréates du 28e Concours international de Chant de Clermont-Ferrand en 2025. Les voix s’harmonisent parfaitement et la belle idée gît dans la manière d’entrelacer les tenants et les aboutissants de la création scénique. C’est-à-dire que les musiciens, chanteurs, acteurs, danseurs et techniciens sont tous sur le pont et l’on a parfois du mal à savoir qui fait quoi, les musiciens devenant tour à tour acteurs et chanteurs, trois dames évoluent ensemble en chantant et l’une d’elle se met à danser comme la professionnelle qu’elle est, ce qui enchante et impressionne vivement, le tout dans un rythme effréné où l’on n’a guère le temps de s’ennuyer. Les décors pourraient sembler très désuets au regard des moyens actuels, mais ils sont en fait un magnifique hommage au théâtre élisabéthain, en faux carton-pâte ou tréteaux qui cachent une machinerie complexe. Le dispositif ne manque pas d’épater le spectateur, les protagonistes virevoltant sur scène achevant de magnifier l’ensemble. On ne peut que saluer le travail d’ensemble du metteur en scène en scène, scénographe, costumier, comédien et danseur (excusez du peu) Pierre Lebon et de toute son équipe.

@ Yann Cabello
© Yann Cabello

Tout est concentré, tant dans l’œuvre synthèse de Purcell que dans le dispositif scénique. Sur une tournette, on découvre un bâtiment en arc de cercle composé d’une sorte de balcon/colonnade, puis d’un temple/palais et d’une tour/phare, dans une esthétique oscillant entre Antiquité, baroque et contemporanéité. Devant ce mur, une structure en demi-cercle qui cache l’orchestre ou sert de gradins puis d’escalier menant au temple lorsqu’on la pousse et la fait circuler, masquant ou dévoilant le clavecin lui-même mobile. À l’arrière, trois voiles surmontées de haubans, dont l’éclairage savant suffira à évoquer la tempête du prologue avec beaucoup d’efficacité, le contexte intime de l’habitation de Didon, l’ambiance sombre de la grotte des enchanteresses vouées à détruire l’histoire d’amour trop parfaite et la taverne où résonnent les chansons à boire. Enfarinés et vêtus de noir, blanc et gris, les neuf musiciens, six chanteuses ainsi que les trois comédiens et danseurs donnent l’impression constante d’être une foule nombreuse, pour notre grand plaisir. Un technicien arrive soudain, portant un mat qu’il plante au beau milieu de la scène, aidé par des musiciens qui s’en vont planter des haubans aux extrémités. Le technicien s’avère être un danseur funambule qui va hisser une voile avec des gestes d’une dextérité et d’une poésie folles. Entre songe et réalité, pantomime et théâtre, le déroulement du drame ponctué de séquences humoristiques se fait avec une précision doublée d’une fantaisie qui s’adresse au plus large public. On en redemande. Les costumes, très seyants, titillent l’imaginaire et la mémoire : on pense à certains classiques du muet, aux marins de Fassbinder ou à ceux de Billy Budd, avec des clins d’œil aussi bien vers Molière que Shakespeare. On oscille constamment entre foisonnement et simplicité avec délectation.

@ Yann Cabello

La distribution est de très belle qualité et tout à fait équilibrée. Les musiciens de l’Ensemble Les Surprises, en particulier, surprennent par leur sens du jeu théâtral et leur capacité à endosser tous les rôles, sans compter qu’ils jouent sans partition… À peine regrette-t-on de devoir tendre l’oreille pour profiter de tous les textes insérés dans l’œuvre par le chef Louis-Noël Bestion de Camboulas et des musiciens ou du metteur en scène puisque l’on n’a pas sonorisé – et l’on s’en réjouit – les comédiens dont la diction est parfois plus naturelle qu’apprêtée. Merveilleusement mise en valeur par ses partenaires, ses costumes et un port de reine qui paraît naturel, Blandine de Sansal est une Didon toute de noblesse et de sensibilité empreinte de mélancolie. Son grand air « When I am laid in earth » est saisissant de beauté et de maîtrise. Le somptueux legato la met, et nous avec, en état de grâce dont on se souviendra. Grace Durham incarne un Énée assez éloigné du fantasme du héros grec, ce qui correspond bien à la réalité d’un personnage qui obéit aux ordres plutôt qu’à son cœur. Mais la scène de l’évocation des ruines de Troie et du naufrage lui permettent de conférer de la noblesse au demi-dieu troyen. Les quatre interprètes des dames et sorcières offrent un somptueux contrepoint, voix ductiles, juvéniles et amples, convaincantes également quand elles abordent les rôles du Marin, d’un esprit ou de Belinda. On congratulera donc conjointement Clara Penalva, Louise Bourgeat, Eugénie Lefebvre et Juliette Gauthier au même titre que l’ensemble de la troupe, qui salue d’ailleurs en groupe et reprend une chanson à boire après la mort de Didon, ce qui ne manque pas de réjouir et combler encore davantage le public… Magique !

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Musique de Henry Purcell
Livret de Nahum Tate d’après le livre IV de l’Énéide de Virgile
Créé en décembre 1689 à Londres à la Boarding School for Girls de Chelsea

Adaptation de textes de Macbeth, de The Tempest et de Richard III de William Shakespeare et de Le Virgile Travesti de Paul Scarron

Coproduction Clermont Auvergne Opéra, Fondation Royaumont, Opéra de Limoges, Atelier Lyrique de Tourcoing, Office artistique de la Nouvelle-Aquitaine.

Décors et costumes réalisés par l’Opéra de Limoges

Détails

Mise en scène, Scénographie et costumes
Pierre Lebon
Lumières
Bertrand Killy
Chorégraphie
Iris Florentiny

Didon
Blandine de Sansal
Énée
Grace Durham
Belinda et l’Esprit
Clara Penalva
Deuxième dame et Première sorcière
Louise Bourgeat
L’Enchanteresse
Eugénie Lefebvre
Deuxième sorcière et Marin
Juliette Gauthier

Comédien et danseur
Pierre Lebon
Danseurs
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