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	<title>Mika POHJONEN - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Fri, 09 May 2025 05:32:12 +0000</lastBuildDate>
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	<title>Mika POHJONEN - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>RASKATOV, Animal farm &#8211; Helsinki</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/raskatov-animal-farm-helsinki/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 09 May 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Alexander Raskatov</strong> est un compositeur russe qui vit à Paris. Pour sa vingtième création lyrique, il a bénéficié d&rsquo;une commande de Sophie de Lint pour l’opéra d&rsquo;Amsterdam ainsi que d&rsquo;une ambitieuse coproduction internationale qui emmena cet <em>Animal Farm</em> du Wiener Staatsoper au Teatro Massimo de Palerme. Ce spectacle qui a remporté le prix de la création – World Première – aux International Opera Awards en 2023 achève son parcours à l&rsquo;Opéra National de Finlande en apothéose, avec une proposition à couper le souffle.<br />La cohérence de l&rsquo;ensemble, la pertinence de tous les choix artistiques au service d&rsquo;une fable limpide force l&rsquo;admiration.<br />Forumopera avait rendu compte de la création de <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/germania-lyon-scenes-dallemagne-fragments-dun-memorial/"><em>GerMANIA</em></a> à l&rsquo;Opera de Lyon en 2018.</p>
<p><em>Animal Farm</em> en constitue comme le pendant imaginaire : avec <em>GerMANIA</em>, l&rsquo;adresse était directe : les dictateurs du XXe siècle étaient sur scène ; le message adopte ici une dimension plus métaphorique, mais pas moins brutale. La continuité est plus frappante encore du fait de la présence de plusieurs artistes dans les deux productions. C&rsquo;est le cas de <strong>Michael Gniffke</strong> (Snowball), <strong>James Kryshak</strong> (Squealer), <strong>Karl Laquit</strong> (Benjamin et Pigetta) et <strong>Johanna Rusanen</strong> (Mrs. Jones). Ce compagnonnage avec un univers esthétique et musical permet à chacun d&rsquo;atteindre une expressivité bouleversante.<br />Tous font montre d&rsquo;une technique sans faille, d&rsquo;une remarquable intelligence musicale, tout comme l&rsquo;ensemble de la distribution au premier rang desquelles la formidable Mollie de <strong>Holly Flack</strong>. La jeune américaine enfile les contre-notes comme d&rsquo;autres les perles avec une gestique animale de pouliche-bimbo étonnement convaincante.</p>
<p>L&rsquo;émission claire à la colorimétrie flamboyante de <strong>James Kryshak</strong> contraste idéalement avec l&rsquo;obscure et hypnotique prestance du Napoléon de <strong>Roman Ialcic</strong> tandis qu&rsquo;<strong>Elena Vassilieva</strong> complète le trio des animalistes de sa voix large au timbre opulent.<br /><strong>Karl Laquit</strong>, comme il l&rsquo;indique lui même dans sa biographie est «  tantôt haute-contre, tantôt contre-ténor sopraniste ». En tout état de cause l&rsquo;ambitus, la souplesse, la fluidité, impressionnent tout comme sa palette expressive en Benjamin ou en Pigetta.</p>
<p><em>Sprechgesang</em>, sons grasseyés, engorgés, sirènes, stridences, glissando, chevrotements&#8230; Raskatov exige beaucoup de ses chanteurs, tout en les mettant en valeur avec une ligne musicale expressionniste au plus près de la nature et de la vie intérieure de leur personnages. <br />Présent ce soir, il salue sous l&rsquo;ovation conjointe de la salle et des musiciens.<br />Le compositeur installe en quelques mesures des univers émotionnels parfaitement clairs, intenses, prenants. La narration va droit au but avec une brutalité en totale adéquation avec le propos. Assez classique dans la forme, il joue d&rsquo;un vaste instrumentarium avec un goût pour les cuivres, les percussions et quelques sons électroniques ou circassiens, il distille également des citations des répertoires militaires ou populaires comme autant de contrepoints ironiques. C&rsquo;est ainsi que les animaux aspirant à la liberté entonnent un gospel « Beast of farmland » qui sera interdit, remplacé finalement par un « Requiem aeternam » &#8230; à leur liberté. C&rsquo;est ainsi que <strong>Luke Terence</strong> <strong>Scott</strong> &#8211; Mr. Pilkington &#8211; se fait crooner pour séduire Mollie ou que Pigetta est sacrifiée en « Casta Diva ». Souvent l&rsquo;oreille est surprise de se trouver en terrain familier&#8230; pour mieux perdre ses repères aussi vite, dans un constant inconfort accentué par les rythmes et les contre-temps au diapason d&rsquo;un argument terriblement pessimiste.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/2025_03_19_SKOB_Elainten_vallankumous_Press_19-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-188555"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© SKOB &#8211; Finnish National Opera</sup></figcaption></figure>


<p> </p>
<p>Extrêmement rythmique, d&rsquo;une précision millimétrique, <strong>Bassem Akiki</strong> trouve dans l&rsquo;<strong>orchestre</strong> et le <strong>chœur de l&rsquo;Opéra National de</strong> <strong>Finlande</strong> deux excellentes phalanges, nerveuses à souhait qui répondent parfaitement aux moindres inflexions de la partition, jouant avec talent des textures, des volumes. Ils sont secondés avec brio par le chœur de voix hautes de l&rsquo;académie Sibelius dont les jeunes chanteurs ne montrent aucune faiblesse en dépit d&rsquo;exigences très élevées. Ils composent la basse-cour de la ferme, idée délicieuse. Là encore, comme pour l&rsquo;ensemble du plateau, la justesse est parfaite, la diction impeccable.</p>
<p>Ce spectacle dense, mené tambour battant doit également beaucoup à l&rsquo;exigence de <strong>Damiano Michieletto</strong>, dont <strong>Meisje Barbara</strong> <strong>Hummel</strong> a adapté la mise en scène. Dérangeante, puissante, sa vision amplifie l&rsquo;évidente actualité du sujet. Daniel Arasse aimait à parler de « peinture qui pense » ; l&rsquo;opéra pense aussi.</p>
<p>Le scénographe <strong>Paolo Fantin</strong> place la ferme dans une immense boite de marbre blanc, qui évoque le néoclassicisme des autocrates des années trente mais également, étrangement, le Finlandia de Alvar Aalto tout proche. Ainsi instaure-t&rsquo;il immédiatement l&rsquo;espace métaphorique voulu par Luc Joosten, en charge de la dramaturgie, tandis qu&rsquo;une accumulation de cages, un croc de boucher, une carcasse et jusqu&rsquo;à une scène d&rsquo;anthropophagie porcine nous ramènent bien au trivial du lieu.<br />Sur ces murs luxueux mais aseptisés comme ceux d&rsquo;un abattoir, les animaux écrivent d&rsquo;abord leurs sept commandements en rose – couleur du parti – avant qu&rsquo;ils ne soient ensuite pervertis, amendés en noir et enfin effacés par les apparatchiks qui confisquent la révolution au peuple.</p>
<p><strong>Klaus Bruns</strong> fait merveille avec des masques animaux superbes – qui impliquent une sonorisation sans que cela soit problématique. Comme dans une version inversée du Rhinocéros de Ionesco, Les protagonistes s&rsquo;en débarrassent peu à peu, chaque fois que l&rsquo;un d&rsquo;eux succombe à la terreur institutionnalisée. Les costumes intelligents évoquent l&rsquo;animalité par touches et clins d’œils de matières avant de céder la place, alors, à des oripeaux criards.</p>
<p>Enfin, les lumières d&rsquo;<strong>Alessandro Carletti</strong> dramatisent l&rsquo;action avec beaucoup d&rsquo;élégance jouant notamment des ombres projetées des masques sur les murs, comme un écho glaçant à la caverne de Platon.</p>
<p>Un spectacle sombre, ambitieux et pleinement abouti, respectueux de l&rsquo;esprit de l’œuvre originale qui mériterait amplement une reprise.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/raskatov-animal-farm-helsinki/">RASKATOV, Animal farm &#8211; Helsinki</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>Rautavaara &#8211; Rubáiyát, Balada, Canto V, Four Songs from Rasputin</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/rautavaara-rubaiyat-balada-canto-v-four-songs-from-rasputin-la-perse-et-lespagne-a-helsinki/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 17 Jun 2016 05:15:03 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Toujours soucieux de défendre les gloires nationales passées ou présentes, le label finlandais Ondine est évidemment le défenseur tout trouvé pour les œuvres d’Einojuhani Rautavaara. Son illustre compatriote Kaija Saariaho, d’une génération plus jeune, bénéficie d’un auditoire plus international, mais les œuvres de Rautavaara (né en 1928) semblent un peu plus confidentielles : sur les huit &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Toujours soucieux de défendre les gloires nationales passées ou présentes, le label finlandais Ondine est évidemment le défenseur tout trouvé pour les œuvres d’Einojuhani Rautavaara. Son illustre compatriote Kaija Saariaho, d’une génération plus jeune, bénéficie d’un auditoire plus international, mais les œuvres de Rautavaara (né en 1928) semblent un peu plus confidentielles : sur les huit opéras qu’il a composés entre 1970 et 2013, peut-être quelques mélomanes non-scandinaves auront-ils entendu parler des plus récents, <em>Aleksis Kivi </em>ou <em>Raspoutine </em>(attention, l’ouvrage homonyme monté à Massy en 2010 n’est pas le sien, mais le <em>Raspoutin</em> de l’Américain Jay Riese).</p>
<p>Le présent disque réunit des œuvres récentes, écrites entre 2012 et 2015, et donc représentatives de la « dernière manière » d’un compositeur qui, brièvement attiré par diverses formes d’avant-garde, s’est vite rangé et propose à présent une synthèse de ses tendances antérieures. On pourrait à ce titre le rapprocher d’un Penderecki qui, après avoir proposé des musiques âpres et sans concession pour l’oreille, semble aujourd’hui totalement assagi : les témérités d’autrefois sont presque entièrement oubliées, et les œuvres actuelles sonnent comme si elles avaient été écrites il y a cent ans ou plus. On peine à trouver chez le Rautavaara du XXIe siècle la moindre originalité harmonique, la moindre combinaison de timbres un peu neuve. En tout cas, dans l’écriture vocale, car pour les instruments, on discerne encore quelques vagues audaces, glissements ou dissonances qui éveillent l’attention.</p>
<p>Le résultat est donc une musique jamais déplaisante, mais pas forcément inoubliable, dès lors qu’elle ne peut même pas s’appuyer sur l’évocation des grands espaces naturels du pays natal. Et justement, le disque Ondine nous entraîne dans un voyage plus ou moins loin de la Finlande.</p>
<p>Très loin, d’abord, avec <em>Rubáiyát</em>, composition qui s’appuie sur cinq des fameux poèmes du Persan Omar Khayyam (1048-1131), rendus célèbres dans le monde anglo-saxon par leur adaptation victorienne due à Edward Fitzgerald. C’est à cette version que le compositeur finlandais a emprunté les textes de cette commande du Wigmore Hall, cinq poèmes séparés par de brefs interludes purement orchestraux. Dans cette partition opulente, aux volutes méditatives, évoquant une certaine musique de film par son caractère tonal et sa facilité d’accès, <strong>Gerald Finley</strong> trouve un écrin favorable pour déployer les beautés de son timbre, jamais malmené par une écriture apparemment assez confortable. On n’en dira pas autant de <em>Balada</em>, recyclage du travail réalisé pour un opéra abandonné en 2007, qui aurait dû s’intituler <em>Balada de Lorca </em>: la cantate que Rautavaara en a tirée est loin de ménager le ténor soliste qui s’exprime par-dessus le chœur et l’orchestre. <strong>Mika Pohjonen</strong> finit par être poussé jusque dans ses derniers retranchements par cette musique très tendue dans l’aigu, au point d’exiger presque des cris. Là encore, l’écriture chorale de Rautavaara rappelle les grands anciens, Sibelius au premier chef.</p>
<p>On revient beaucoup plus près de la Finlande avec les quatre airs tirés de l’opéra <em>Raspoutine</em>, harmonisés pour chœur et orchestre. L’intérêt se ranime dans cette dernière pièce, où l’ampleur même du chœur impressionne, et où les percussions et les cuivres se déchaînent avec un peu plus d’originalité en fin de parcours.</p>
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