<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Jean-Yves RAVOUX - Artiste - Forum Opéra</title>
	<atom:link href="https://www.forumopera.com/artiste/ravoux-jean-yves/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://www.forumopera.com/artiste/ravoux-jean-yves/</link>
	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Sun, 31 Aug 2025 06:16:46 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	<generator>https://wordpress.org/?v=7.1</generator>

<image>
	<url>https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/cropped-Favicon-32x32.png</url>
	<title>Jean-Yves RAVOUX - Artiste - Forum Opéra</title>
	<link>https://www.forumopera.com/artiste/ravoux-jean-yves/</link>
	<width>32</width>
	<height>32</height>
</image> 
	<item>
		<title>SCHEIN, Israelis Brünnlein – Thiré</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/schein-israelis-brunnlein-thire/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 31 Aug 2025 04:02:00 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=spectacle&#038;p=198424</guid>

					<description><![CDATA[<p>Après une très belle première journée couronnée par deux bijoux de Charpentier superbes et trop rarement donnés sur le miroir d’eau, le festival « Dans les jardins de William Christie » à Thiré, ravissant petit village vendéen, se poursuit sous un soleil ardent. Difficile de choisir, en ce début d’après-midi, entre l’atelier chant (déjà suivi la &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/schein-israelis-brunnlein-thire/"> <span class="screen-reader-text">SCHEIN, Israelis Brünnlein – Thiré</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/schein-israelis-brunnlein-thire/">SCHEIN, Israelis Brünnlein – Thiré</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Après une très belle première journée couronnée par <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/charpentier-les-arts-florissants-la-descente-dorphee-aux-enfers-thire/">deux bijoux de Charpentier</a> superbes et trop rarement donnés sur le miroir d’eau, le festival « Dans les jardins de <strong>William Christie</strong> » à Thiré, ravissant petit village vendéen, se poursuit sous un soleil ardent. Difficile de choisir, en ce début d’après-midi, entre l’atelier chant (déjà suivi la veille), la promenade dansée ou une énième visite des lieux avec l’un des jardiniers attitrés ou des férus de l’histoire des jardins (et de celui de William Christie en particulier). Nous optons pour l’un des jardiniers, incollable et passionnant. Excellente idée, puisque cette mise en jambes, en harmonie sonore (on ne se lasse pas des pigeons paons) et en odeurs délicates et raffinées (roses anciennes et fleurs aux senteurs caramélisées, entre autres) est particulièrement propice à se préparer pour les promenades musicales qui suivent. </p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="682" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Festival-Jardins-William-Christie-2025-7074-JGazeau-1024x682.jpg" alt="" class="wp-image-198438"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Julien Gazeau</sup></figcaption></figure>


<p>On commence dans la pinède avec un programme articulé autour de la compositrice Anna Bon qui aimait se faire appeler « di Venezia », cycle présenté en français et en anglais par la claveciniste Marie Van Rhijn. La chanteuse et compositrice vénitienne avait été acceptée dans la célèbre institution de la Carità de Venise, où avait notamment officié Vivaldi. Elle était entrée dans l’institution destinée aux orphelines à l’âge de quatre ans, bien qu’elle ait des parents, eux-mêmes liés au monde de la musique. L’œuvre de la compositrice, devenue « virtuose en musique de chambre » à Bayreuth, est tout à fait digne d’être redécouvert. Une fois mariée, on perd sa trace… Autre promenade charmante, celle du petit bois d’Henry-Claude consacré à Héro et Léandre, où la mezzo <strong>Alice Gregorio</strong> nous propose un extrait d’une cantate de Clérambault sur les amours du couple racontés par Ovide. La jeune chanteuse, très élégante dans sa robe verte à la fois bucolique et recherchée témoigne d’une très grande autorité à la fois scénique et musicale. La diction est précise, le timbre pur. On apprécie l’impression de grande facilité et de naturel qui se dégage de la prestation conjointe de la mezzo et du trio instrumentiste qui l’accompagne. Toujours au même endroit, quelques minutes plus tard, c’est <em>a cappella</em> que la soprano <strong>Leïla Zlassi</strong> et ses compères les ténors <strong>Michel Loughlin Smith</strong> et <strong>Jean-Yves Ravoux,</strong> et la basse <strong>Sergio Ladu</strong> nous interprètent quelques chansons d’amour tout à fait délicieuses. En vêtements décontractés, le quatuor porte une déclinaison de couleurs en phase avec la petite clairière baignée de soleil jouant à travers les arbres. La beauté agreste de leurs atours se marie de façon idyllique avec les airs aux sous-entendus charmants qu’ils savent nous faire goûter merveilleusement. Le public est sous le charme, d’autant que la soprano n’hésite pas à compter fleurette ou à minauder au milieu des spectateurs.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Festival-Jardins-William-Christie-2025-7233-JGazeau-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-198441"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Julien Gazeau</sup></figcaption></figure>


<p>Après le dîner, c’est le transfert, quelques kilomètres plus loin, vers la charmante église de Saint-Juire-Champgillon, puisque l’église de Thiré est encore en travaux. <strong>Paul Agnew</strong>, co-directeur du festival, montre une fois de plus ses talents de conteur et de pédagogue. Il parvient en quelques minutes à passionner son auditoire avec clarté et l’humour <em>so british</em> qui le caractérisent. Ce soir, il va diriger les artistes des Arts florissants, musiciens et chanteurs, dans une série de motets d’un contemporain et ami de Schütz, Johann Hermann Schein. Le compositeur allemand a d’ailleurs occupé des fonctions identiques à celle de Bach (Thomaskantor à l’église Saint-Thomas de Leipzig), mais un siècle plus tôt. Il semblerait qu’il ait passé toute sa vie en Allemagne, contrairement à Schütz qui avait complété sa formation à Venise. Sans doute l’expérience de ce dernier a-t-elle influencé le travail de Schein, qui compose en 1623 le recueil de motets <em>Israelis Brünnlein</em> « à la manière d’un madrigal italien », comme il l’écrit lui-même dans sa préface, sur un texte allemand. Comme le précise Paul Agnew, il s’agit là de motets luthériens illuminés du soleil de Venise dont il espère qu’un peu de ce soleil illuminera le concert. De fait, les onze chanteurs accompagnés à l’orgue et au violoncelle, sous la direction de Paul Agnew, donc, nous offrent une prestation remarquable. L’émotion qui s’en dégage colle au texte, tour à tour éclatant de joie ou désespérément sombre et douloureux, puis confiant dans l’amour de Dieu. On se laisse captiver par la virtuosité, la technique, la beauté de l’ensemble en totale fusion. Au terme du concert, le public exulte et c’est un tonnerre d’applaudissements qui salue ces pièces rares données dans un style pur, lisse, voisin de la perfection.</p>
<p>La soirée se termine avec la traditionnelle « Méditation à l’aube de la nuit », conçue comme un moment privilégié qui permet de se préparer au sommeil, avec pour consigne de ne pas applaudir au terme du concert, afin de mieux apprécier les derniers accords et les laisser infuser en nous. En nous présentant les jeunes instrumentalistes de la Juilliard School fraîchement arrivés à Thiré, il nous rappelle que pour ces New-yorkais interprètes de musique baroque qui doit leur sembler, dans le bunker urbain qui abrite la prestigieuse école, bien ancienne, le contraste de jouer cette musique dans des bâtiments médiévaux doit être un choc salutaire : la musique baroque, en contraste, n’en devient que plus moderne. C’est une expérience qui transforme les jeunes artistes et les marque à jamais. Las, le concert de ce soir est loin d’être parfait et l’on regrette de ne pas pouvoir rester à Thiré pour l’ensemble de la durée du festival (jusqu’au dimanche suivant) pour assister à d’autres concerts et constater les progrès que ces jeunes talents n’auront pas manqués de faire, sans doute en harmonie quasi aussi parfaite que celle que l’on a entendue au cours de l’ensemble de motets qui précédait. Il est déjà temps de quitter ces lieux et ce festival décidément enchanteur avec, comme chaque année, une envie : y revenir…</p>


<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="Promenade musicale &quot;Les Amours de Tircis&quot;" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/kkyWy8DjUlE?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
</div></figure>


</p>


<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="Johann Hermann Schein : « Nu dancket alle Gott »" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/DujLj8lALA8?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
</div></figure>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/schein-israelis-brunnlein-thire/">SCHEIN, Israelis Brünnlein – Thiré</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Le Timbre d&#039;argent</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/le-timbre-dargent-coup-de-coeur-delicieusement-timbre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 21 Sep 2020 08:38:49 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/le-timbre-dargent-coup-de-coeur-delicieusement-timbre/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Enfant prodige, Camille Saint-Saëns interprète dès l&#8217;âge de 11 ans le concerto n° 3 de Beethoven, et le concerto n° 1 de Mozart (dont il compose la cadence). Il étudie la composition avec Halévy. Cinq ans plus tard, en 1852, il échoue au Prix de Rome. Il devient l&#8217;organiste de l&#8217;église Saint-Merri, puis de la Madeleine. Liszt &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/le-timbre-dargent-coup-de-coeur-delicieusement-timbre/"> <span class="screen-reader-text">Le Timbre d&#039;argent</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/le-timbre-dargent-coup-de-coeur-delicieusement-timbre/">Le Timbre d&#039;argent</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Enfant prodige, Camille Saint-Saëns interprète dès l&rsquo;âge de 11 ans le concerto n° 3 de Beethoven, et le concerto n° 1 de Mozart (dont il compose la cadence). Il étudie la composition avec Halévy. Cinq ans plus tard, en 1852, il échoue au Prix de Rome. Il devient l&rsquo;organiste de l&rsquo;église Saint-Merri, puis de la Madeleine. Liszt y entend ses improvisations et le déclare le meilleur organiste du monde. Il n&rsquo;a alors que 22 ans. Il compose beaucoup, enseigne le piano, défend les œuvres de Schumann et Wagner. En 1864, il échoue à nouveau au Prix de Rome. Auber, directeur du Conservatoire, a su apprécier le talent du jeune compositeur, d&rsquo;ailleurs très éloigné de son propre style. Il obtient de Léon Carvalho, directeur du Théâtre-Lyrique, qu&rsquo;il propose à Saint-Saëns le livret du <em>Timbre d&rsquo;argent</em>, inspiré d&rsquo;un ouvrage dramatique jamais monté et déjà refusé par plusieurs compositeurs (mauvais présage&#8230;). Dans le monde lyrique du XIXe siècle, il n&rsquo;est en effet de succès musical qu&rsquo;au théâtre. L&rsquo;opéra est d&rsquo;ailleurs le seul genre possiblement lucratif. L&rsquo;œuvre est écrite en deux mois, mais deux ans plus tard elle n&rsquo;est toujours pas montée : il faut dire qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas grand chose pour l&rsquo;épouse du directeur, Marie-Caroline Miolan-Carvalho, créatrice de la Marguerite de <em>Faust</em>, de <em>Mireille</em> et de la Juliette de Gounod (un vrai cauchemar pour celui-ci en raison des altérations demandées pour complaire au soprano). Finalement, le Théâtre-lyrique fait faillite. Saint-Saëns débute au théâtre avec <em>La Princesse jaune</em>, qui est mal accueillie par la critique. <em>Le Timbre d&rsquo;argent </em>est retravaillé pour l&rsquo;Opéra-comique mais la guerre de 1870 vient interrompre sa création. Le compositeur révise sa partition pour le nouveau Théâtre de la Gaîté et l&rsquo;opéra est enfin créé le 23 février 1877, la même année que <em>Samson et Dalila</em>. Avec une distribution  « à l&rsquo;économie », l&rsquo;ouvrage tient l&rsquo;affiche 18 représentations, jusqu&rsquo;à la banqueroute de la Gaîté. Saint-Saëns reprend à nouveau la partition pour sa création à Bruxelles en 1879, et encore une fois en 1894 pour son édition chez Choudens, à l&rsquo;occasion d&rsquo;un projet de création à l&rsquo;Opéra-comique&#8230; qui n&rsquo;aura jamais lieu. Cette cinquième version est donnée, traduite, en Allemagne, et en français à Monte-Carlo. Le Théâtre de la Monnaie approche enfin Saint-Saëns pour une version « opératique » : le compositeur remplace les dialogues par des récitatifs et retravaille une sixième et dernière version, objet du présent enregistrement<sup>1</sup>. </p>
<p>Conrad est un peintre raté obsédé par la fortune. Malade, il est sujet à des crises nocturnes. Il est soigné par son médecin, Spiridion et soutenu par son ami Bénédict, amoureux d&rsquo;Hélène. Lui-même est épris d&rsquo;une danseuse, Fiammetta, qu&rsquo;il a peinte en Circé. La nuit de Noël, il voit celle-ci danser. Comme dans<em style="font-size: 14.000000953674316px;"> La Muette de Portici</em>, le rôle de Fiammetta est dévolu à une danseuse, et est donc muet. Spiridion vient proposer à Conrad un timbre d&rsquo;argent (par « timbre », il faut entendre une sonnette comme on en trouvait à la réception des hôtels) : à chaque fois que Conrad fera retentir le timbre, des flots d&rsquo;or lui apparaitront, mais en contrepartie la mort frappera aveuglément. Le jeune homme fait retentir la sonnerie, et l&rsquo;on entend le père d&rsquo;Hélène pousser un cri horrible avant de mourir. L&rsquo;acte suivant rappelle celui de Venise dans <em>Les</em> <em>Contes d&rsquo;Hoffmann </em>et le final du premier acte de <em style="font-size: 14.000000953674316px;">Robert le Diable</em>. Conrad et Spiridion, devenu marquis, se disputent au jeu l&rsquo;amour de Fiammetta. Spiridion chante une chanson napolitaine <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.phonobase.org/audio/AA-CD01aCD99/CD37_03.mp3">qui connut un certain succès</a>. Celle-ci, fine mouche, danse le <em>Pas de l&rsquo;abeille</em> pour conquérir le jeune homme. Conrad perd tout son or. Bénédict vient l&rsquo;inviter à sa noce prochaine. Il a introduit Hélène dans la place. Pour tenter de le ramener à la raison, celle-ci, invisible, chante « Le Bonheur est chose légère » (<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.youtube.com/watch?v=lZj1D4j55Uk">autre page ayant très tôt connu les honneurs de l&rsquo;enregistrement</a> et simplement accompagnée du violon). Rien n&rsquo;y fait et Conrad s&rsquo;enfuit furieux, mais sans faire retentir le timbre. A l&rsquo;acte suivant, Rosa, l&rsquo;amie d&rsquo;Hélène, prépare son mariage avec Bénédict. Conrad a enterré le timbre d&rsquo;argent dans le jardin. Spiridion et Fiammetta viennent le tenter. Conrad frappe le timbre et Bénédict tombe mort (avec des amis pareil, pas besoin d&rsquo;ennemis). Le dernier acte se passe au bord du lac dans lequel Conrad a jeté le timbre. Des sirènes tentent de le séduire. Conrad appelle Hélène à son secours et la sonnerie de l&rsquo;Angélus vient mettre fin aux tourments du jeune homme (dans <em>Robert le Diable</em>, c&rsquo;est la cloche de minuit). Conrad se réveille et comprend que tout ceci n&rsquo;était qu&rsquo;un songe. Hélène tombe dans ses bras. Alléluia final.</p>
<p>L&rsquo;ouvrage s&rsquo;écoute, et se réécoute, avec plaisir. Sans être autrement savante, la musique de Saint-Saëns demande en effet à être apprivoisée, à l&rsquo;exception des deux morceaux déjà cités, aux mélodies plus immédiates. Dans cette oeuvre de jeunesse, on sent encore l&rsquo;influence des grands anciens : de ci, de là quelques mesures rappellent la fin du duo d&rsquo;amour des <em>Huguenots</em>, le finale de l&rsquo;acte III de <em>La Juive</em>, <em>Robert le Diable</em>&#8230; Le chœur « Carnaval ! » pourrait être un hommage discret au <em>Cheval de Bronze </em>de son protecteur initial, Auber. Parfois, on croit entendre du Gounod (pourtant plus tardif), mais aussi des échos de <em>Samson et Dalila</em> !<em> </em>Pour l&rsquo;essentiel, la partition est originale, bien ficelée et séduisante, mais le livret a ses faiblesses. Le héros principal n&rsquo;a pas vraiment de page lui permettant de briller, et le personnage n&rsquo;est franchement pas sympathique. Les deux airs les plus immédiatement appréciables ne font pas progresser dramatiquement l&rsquo;action : ce sont des chansons qu&rsquo;interprètent des personnages pour d&rsquo;autres personnages. </p>
<p>Réalisé dans la foulée <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/le-timbre-dargent-paris-favart-les-pauvres-meritants-contre-le-buzzer-qui-tue">des représentations à l&rsquo;Opéra-comique</a>, cet enregistrement affiche une efficace brochette de jeunes chanteurs. Dans le rôle ingrat du peu sympathique Conrad, <strong>Edgaras Montvidas</strong> est impeccable de style et son français excellent. Dans cette tessiture tendue, le ténor lituanien aborde les notes du haut médium avec une voix assez acérée et sans faille, à la manière de Neil Schicoff, génial Hoffmann, accentuant la ressemblance entre ces deux ouvrages. Egalement ténor <strong>Yu Shao</strong> est un Bénédict idéalement contrasté, tout en finesse et d&rsquo;une grande musicalité, au français tout aussi excellent. Dans cet avatar du Docteur Miracle, <strong>Tassis Christoyannis</strong> semble beaucoup s&rsquo;amuser, et nous avec lui. Sa composition est proprement irrésistible et le baryton grec tire le maximum de son rôle, avec une caractérisation particulièrement réjouissante. Le chant est racé, avec une parfaite maîtrice du souffle, des nuances ou des couleurs, faisant ressortir toutes les finesses de la langue. Le français est là encore excellent, quoiqu&rsquo;avec un léger accent. <strong>Hélène Guilmette</strong> est une Hélène charmante, très musicienne, dont on regrette que le rôle soit si peu développé, et qui sait nous émouvoir dans son unique air. Dans un rôle plutôt anecdotique,<strong> Jodie Devos</strong> est également excellente, ainsi que <strong>Jean-Yves Ravoux</strong> et <strong>Matthieu</strong> <strong>Chapuis</strong>, deux artistes du chœur qui assurent de brèves apparitions. A la tête de l&rsquo;orchestre <strong>Les Siècles</strong> et du chœur <strong>Accentus</strong>, <strong>François-Xavier Roth</strong> réussit le défi d&rsquo;unifier une partition en mode patchwork, et à insuffler un sentiment d&rsquo;urgence implacable et un vrai souffle dramatique. Au global, un ouvrage que l&rsquo;on réécoute avec plaisir et une nouvelle réussite à mettre à l&rsquo;actif du Palazzetto Bru Zane.</p>
<p> </p>
<p>1. Pour des raisons techniques, la <em>Valse symphonique</em> du dernier acte a été coupée à la scène et au disque ; elle devrait être incluse dans une prochaine livraison consacrée à des raretés du compositeur. En général, les enregistrements Bru Zane ne dépassent en effet pas les deux disques.</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/le-timbre-dargent-coup-de-coeur-delicieusement-timbre/">Le Timbre d&#039;argent</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
	</channel>
</rss>
