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	<title>Pierre ROMAINVILLE - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Pierre ROMAINVILLE - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>MOZART, Les Noces de Figaro – Strasbourg</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-les-noces-de-figaro-strasbourg/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 01 May 2026 04:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Après la prise de risque dans la programmation d’opéras rares tels que Le Miracle d’Héliane et le Roi d’Ys, remarquables et de très haute qualité, qui ont tout de même trouvé leur public grâce notamment au bouche-à-oreille, on ne s’étonnera pas de voir à l’Opéra national du Rhin un classique du répertoire avec des Noces &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Après la prise de risque dans la programmation d’opéras rares tels que <em><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/korngold-le-miracle-dheliane-strasbourg/">Le Miracle d’Héliane</a></em> et le <em><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/lalo-le-roi-dys-strasbourg/">Roi d’Ys</a></em>, remarquables et de très haute qualité, qui ont tout de même trouvé leur public grâce notamment au bouche-à-oreille, on ne s’étonnera pas de voir à l’Opéra national du Rhin un classique du répertoire avec des <em>Noces de Figaro</em> qui affichent complet sans qu’il soit besoin de quelque tam-tam que ce soit. Pour rendre l’œuvre encore plus affriolante et proche d’un public juvénile (30 % des spectateurs ont moins de 28 ans à l’OnR), le directeur <strong>Alain Perroux</strong> a fait le choix de la jeunesse, tant dans la sélection des interprètes que de celui de la metteuse en scène et de la cheffe. Et cela se ressent fortement dans un spectacle qui pétille et fourmille d’idées mettant en valeur la création de Mozart et Da Ponte.</p>
<p>La Britannique <strong>Mathilda du Tillieul McNicol</strong> réussit une mise en scène pertinente et clairement lisible avec le parti pris de contemporanéiser le propos, tout en s’inspirant d’hommes de pouvoir actuels et de leur transposition cinématographique. Elle revendique des influences comme celles de Paolo Sorrentino (<em>Loro</em> ou <em>La Grande Bellezza</em>) ou de Ruben Östlund (<em>Sans filtre</em>), mais on peut également y voir toutes sortes de références iconiques telles la salle rouge de David Lynch dans <em>Twin Peaks</em> ou le mobilier de type Ikea amélioré dans les séries de tout bord. Cela dit, la satire reste plutôt lisse, gentille et visible par tous les publics, même si les allusions sont bien plus agressives si l’on pense aux modèles choisis : critique des rapports de classe, de la cruauté mentale, de la violence domestique ordinaire ou du « renversement des rapports de force lorsque l’ordre établi vacille », pour citer un passage de l’excellent programme édité par la maison, très éclairant sur les choix de l’équipe de création. On apprend ainsi que le tableau de Nikoleta Sekulovic suspendu dans la chambre de la comtesse représente <em>Gorgo</em>, reine de Sparte, l’une des rares souveraines de l’Antiquité ayant eu une importance politique capitale du fait de sa très vive intelligence. Par ailleurs, la chanson de Nina Simone entendue juste avant l’air de Barberine, « L’ho perduta », est un hymne féministe et une ode à l’émancipation et la fierté de soi dont on retrace la genèse dans la publication déjà citée. Le personnage de Barberine est volontairement étoffé et incarne la jeunesse confrontée au passage dans le monde adulte, notamment à travers une liaison affichée de la jeune adolescente sous l’emprise du comte, liaison présentée dès le début de l’opéra, ce qui fait largement sens. De façon générale, la mise en scène est efficace, fluide et jouissive. Le fait que Mathilda du Tillieul McNicol soit également musicienne et compositrice n’y est sans doute pas étranger. Le décor malin de <strong>Basia Bińkowska</strong> est judicieusement utilisé pour rendre plausibles les quiproquos situationnels de l’intrigue, y compris dans la scène finale du jardin pas facile à gérer (ici grâce à la table du repas de noce riche de sous-entendus possibles). Tout cela est vif, alerte et dynamique et la responsable des mouvements <strong>Sacha Plaige</strong> y est pour beaucoup, notamment dans une mémorable scène où la foule danse au ralenti.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/DSF2965presse-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-212718"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Klara Beck</sup></figcaption></figure>


<p>Du côté du plateau vocal, on note, en ce soir de première, une nette domination des femmes. On apprend avant le lever de rideau qu’un méchant virus a circulé au cours des répétitions et a touché un peu tout le monde. <strong>Alexander Vassiliev</strong>, l’interprète de Bartolo, est souffrant, mais chante malgré tout. La prestation scénique est parfaite, mais les moyens vocaux sont limités. Si les seconds rôles masculins sont impeccables, les deux personnages principaux nous laissent sur notre faim. <strong>Lysandre Châlon</strong> est un Figaro mieux que convaincant pour la performance théâtrale, mais qui manque de caractère dans le médium comme dans les graves. Sans doute va-t-il s’affirmer dans les jours qui viennent. Comme en écho, <strong>John Brancy</strong> est lui aussi en deçà de ce qu’on pourrait attendre d’un Comte Almaviva dans la force de l’âge et de l’autorité. Certes, la mise en scène le montre acculé, pressé et mis à mal de toutes parts. Là encore, l’acteur est magnifique. Mais la voix peine à passer la rampe, ce qui est surprenant, surtout si l’on compare à ce que le baryton américain avait déployé dans le mémorable <em>Picture a Day like This </em><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/benjamin-picture-a-day-like-this-strasbourg/">ici même</a>. Stress de la première ou suites des atteintes du virus déjà mentionné ? Il serait utile de voir les prochaines représentations pour se rendre compte. Du côté du plateau féminin, en revanche, pas de problèmes apparents. <strong>Camille Chopin</strong> est une Susanne tout en malice, perspicacité et sens de l’à-propos parfaitement en phase avec son personnage. L’émission est claire, la voix bien timbrée, agile et radieuse. <strong>Juliette Mey</strong> est un Cherubino délicieux, mélancolique et nostalgique, quoique décidé et avec des relents d’impertinence, polisson adorable en somme. Technique et musicalité sont au service de ce personnage amoureux de l’amour qu’incarne la jeune mezzo, qui avait séduit <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/les-chemins-de-lamour-juliette-mey-le-palais-royal-paris/">Christophe Rizoud</a> il n’y a pas si longtemps… En épouse blessée, trompée et décidée à ne pas se laisser faire sans opposer une farouche résistance, <strong>Andreea Soare</strong> est une comtesse noble et digne, aux moyens vocaux très amples, qui la font dominer très nettement la distribution. Remarquée récemment dans le <em>Don Giovanni </em>d’Agnès Jaoui à <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-don-giovanni-toulouse/">Toulouse</a>, elle confirme ses qualités de mozartienne accomplie. Dans le rôle très important, dans cette mise en scène, de Barberine, <strong>Jessica Hopkins</strong> est admirable. La jeune membre de l’Opéra Studio qu’on a déjà appréciée cette saison dans <em><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/jones-schmidt-les-fantasticks-strasbourg/">Les Fantasticks</a> </em>et <em><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/poulenc-les-mamelles-de-tiresias-mulhouse/">Les Mamelles de Tirésias</a></em> tire son épingle du jeu et se révèle décidément plus que prometteuse. Les autres chanteurs, tout comme les artistes des Chœurs, complètent harmonieusement la distribution.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Les-noces-de-Figaro-GP-7669presse-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-212705"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Klara Beck</sup></figcaption></figure>


<p>À la tête de l’<strong>Orchestre national de Mulhouse</strong>, <strong>Corinna Niemeyer</strong> semble ne pas être en phase avec la formation, pourtant généralement à l’aise avec le répertoire mozartien. On note quelques décalages, mais dans l’ensemble, la sauce prend et le spectacle se laisse voir avec plaisir, les qualités l’emportant largement sur les défauts. Si l’on pouvait en douter, la réaction d’un public enthousiaste qui ovationne avec conviction la production achèverait de s’en persuader.</p>


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</p>


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<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="OPÉRA | LES NOCES DE FIGARO | Présentation Alain Perroux" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/F5KWT1mRN2c?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
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		<title>POULENC, Les Mamelles de Tirésias – Mulhouse</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/poulenc-les-mamelles-de-tiresias-mulhouse/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 17 Mar 2026 08:09:59 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>D’ordinaire, Les Mamelles de Tirésias sont couplées avec une autre pièce, mais l’Opéra national du Rhin a pris la décision de se focaliser exclusivement sur l’opéra-bouffe de Poulenc d’une heure à peine. Le court chef-d’œuvre permet ainsi aux jeunes artistes de l’Opéra Studio de démontrer ce qu’ils savent faire, dans un spectacle adapté au public &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>D’ordinaire, <em>Les Mamelles de Tirésias</em> sont couplées avec une autre pièce, mais l’Opéra national du Rhin a pris la décision de se focaliser exclusivement sur l’opéra-bouffe de Poulenc d’une heure à peine. Le court chef-d’œuvre permet ainsi aux jeunes artistes de l’<strong>Opéra Studio</strong> de démontrer ce qu’ils savent faire, dans un spectacle adapté au public le plus large et destiné à tourner en région dans le cadre de l’Opéra Volant, un dispositif créé en 2021 pour faire découvrir des productions de chambre en Alsace et dans le Grand Est dans des salles de taille moyenne, voire des salles des fêtes, avec l’idée louable de toucher également des publics d’ordinaire éloignés de l’opéra.</p>
<p>Dans ce cadre, le travail de mise en scène de <strong>Jean-François Kessler</strong> est une belle réussite, puisqu’il a permis de créer un spectacle ludique, coloré et très cohérent à partir d’accessoires restreints et de décors faciles à adapter. La fantaisie surréaliste faussement absurde voulue par Apollinaire est ici installée sur une plage où s’ébattent des personnages tout droit sortis des années 1950, dans un style qui se rapproche de la comédie musicale. C’est la version de Britten, une adaptation pour deux pianos, qui a été choisie, le volume sonore produit accompagnant juste ce qu’il faut les artistes. Cela dit, on pourra toutefois déplorer l’absence de surtitres (une contrainte pas si compliquée que ça à mettre en place dans toutes les salles concernées). La diction n’est pas toujours parfaite et il est quelquefois difficile d’entendre toutes les subtilités du livret élaboré par Poulenc à partir du texte, complexe et potentiellement subversif, d’Apollinaire. C’est dommage pour une œuvre où les mots comptent à ce point et l’on se trouve devant une agréable comédie, certes, mais qui aurait pu être bien plus explosive. Soit, le programme de 12 pages éclaire efficacement le propos (on ne peut que se féliciter de la qualité pédagogique et du talent de narrateur du dramaturge de l’Opéra national du Rhin), mais comme on nous le rappelle, « Apollinaire n’explique rien, il suggère, laissant au public la liberté de reconnaître ses références ou de se laisser surprendre par l’image ainsi créée ». Plusieurs clés de lecture nous sont proposées dans le programme, qui sont particulièrement éclairantes. L’intrigue nous raconte l’histoire d’une femme ambitieuse (elle se rêve artiste, général ou ministre plutôt que chargée des tâches ménagères) et se métamorphose en homme, passant de Thérèse à Tirésias, alors qu’elle attache son mari et l’habille en femme. Ce dernier décide de repeupler Zanzibar en faisant des bébés tout seul ; il en naît 40049 en un jour. Mais ce repeuplement conduira à la famine et le gendarme cherche à y mettre bon ordre. En définitive, les deux époux reprennent leur forme initiale et se réconcilient. La pièce du poète avait pour contexte la Première Guerre mondiale. L’opéra, muri pendant la guerre suivante, est créé en 1947, on comprend les intentions antimilitaristes, féministes et la nécessité de faire des bébés après les deux carnages. Mais qui connaît sa mythologie suffisamment sur le bout des doigts pour se souvenir que Tirésias avait changé de sexe, et que, puisqu’il savait ce qu’était qu’être homme et femme, il avait été sollicité pour arbitrer un différent entre Zeus et Héra, lui valant d’être aveuglé par la déesse mécontente puis rendu devin grâce à l’action de Zeus, qui ne peut défaire ce qu’a voulu son épouse ? D’autres détails nous permettent de mieux comprendre le sens, pas si abscons que cela, du propos. Il est donc bien utile de lire les notes d’intention pour mieux profiter de l’œuvre. Zanzibar, par exemple, n’est pas qu’un archipel, c’est aussi un jeu de dés : le savoir permet de mieux comprendre le malentendu qui va pousser Presto et Lacouf à s’entretuer dans l’une des scènes les plus savoureuses de l’opéra. La mise en scène, justement, insiste beaucoup sur la joyeuse pochade, empreinte de fantaisie et d’exotisme, mettant en valeur le caractère transgenre et proposant un espace d’émancipation et de liberté, Jean-François Kessler partant du principe qu’Apollinaire n’impose rien et se contente de suggérer. Pour les jeunes chanteurs, l’engagement est particulièrement physique, car ils sont sans cesse sollicités, bougeant, dansant et chantant en simultané. Le rythme est soutenu et le résultat tout à fait réussi, tout en laissant la place à la beauté de la partition, où les genres sont mêlés et confondus.  </p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Les-mamelles-de-Tiresias-6150WEB-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-210162"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Klara Beck</sup></figcaption></figure>


<p>Deux chanteuses se partagent le rôle de Thérèse/Tirésias. Dans le charmant théâtre de la Sinne à Mulhouse, nous entendons <strong>Jessica Hopkins </strong>qui affronte le rôle avec son joli timbre qui nous avait déjà séduit dans <em><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/jones-schmidt-les-fantasticks-strasbourg/">Les Fantasticks</a></em>. Sa colorature est soutenue par un tempérament et un caractère affirmé qui rend crédible son personnage de féministe activiste. Mais la justesse de prononciation du français reste à perfectionner pour la jeune soprano britannique. Le ténor belge <strong>Pierre Romainville</strong> est tout à fait à son aise en mari transgenre dont le rôle est particulièrement étoffé et qu’il assume avec style et sens de l’autodérision. Le baryton roumano-hongrois <strong>Eduard Ferenczi Gurban</strong> assume lui aussi ses quatre rôles avec brio et assurance, tout comme <strong>Thomas Chenhall</strong>, l’autre baryton, qui incarne un gendarme truculent. Les autres jeunes artistes ne déparent en rien et garantissent tous ensemble la vivacité et l’entrain du spectacle. Les deux pianistes <strong>Anaëlle Reitan</strong> et <strong>Thibaut Trouche</strong> parviennent à mettre en valeur le pastiche de Poulenc, allant de l’opéra au caf’conc’ en mélangeant jazz, opérette, valse ou charleston avec un art confondant. Un bien beau spectacle, à découvrir notamment à la Cité de la Musique et de la Danse de Strasbourg, mais aussi à Sarre-Union ou encore à Sainte-Marie-aux-Mines où la représentation est gratuite !</p>


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<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="OPÉRA | LES MAMELLES DE TIRESIAS | Entretien avec Jean-François Kessler | Mise en scène" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/u5LwzQqP9wU?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
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		<title>KORNGOLD, Le Miracle d&#8217;Héliane – Strasbourg</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/korngold-le-miracle-dheliane-strasbourg/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 23 Jan 2026 06:23:38 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Nombreux étaient ceux qui, pour cette première du Miracle d’Héliane (Das Wunder der Heliane) d’Erich Wolfgang Korngold, vibraient d’impatience à l’idée de découvrir enfin sur scène cet opéra rare et très injustement méconnu d’un artiste surdoué et célébré dès sa prime jeunesse, sorte de nouveau Mozart et qualifié de « Génie » par Malher. Du compositeur, on &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Nombreux étaient ceux qui, pour cette première du <em>Miracle d’Héliane (Das Wunder der Heliane)</em> d’Erich Wolfgang Korngold, vibraient d’impatience à l’idée de découvrir enfin sur scène cet opéra rare et très injustement méconnu d’un artiste surdoué et célébré dès sa prime jeunesse, sorte de nouveau Mozart et qualifié de « Génie » par Malher. Du compositeur, on connaît surtout la <em>Ville morte (Die Tote Stadt) </em>et sa sublime « Marietta’s Lied ». Fuyant le régime nazi, Korngold s’était réfugié aux États-Unis où il était devenu l’un des fondateurs du grand style symphonique de la musique de films (<em>Les Aventures de Robin des bois </em>avec Errol Flynn, notamment), ce qui ne lui sera pas pardonné au moment où il cherchera à poursuivre sa carrière en Europe après-guerre. Avant cela, au faîte de sa célébrité, l’Autrichien avait proposé en 1927 son <em>Miracle d’Héliane</em> très attendu. Mais l’œuvre avait été victime, à la fois d’une cabale dirigée contre le père du compositeur, et de son sujet, très fin-de-siècle et décalé par rapport aux attentes du public viennois de l’époque. L’opéra est depuis très peu donné : un enregistrement en 1993, un <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/das-wunder-der-heliane-heliane-miraculeuse/">DVD</a> de la production mise en scène par Christof Loy en 2019 et quelques productions scéniques, c’est bien peu.</p>
<p>On se réjouit donc de cette création française et du courage d’<strong>Alain Perroux</strong>, directeur de l’Opéra national du Rhin, de prendre le risque de programmer une œuvre rare et périlleuse, tant par l’ampleur de sa richesse orchestrale que son exigence au niveau des voix, qui se doivent exceptionnelles. Et nous avons de la chance, car ce chef-d’œuvre a été somptueusement interprété ce soir de Première. La mise en scène de <strong>Jakob Peters-Messer</strong>, en revanche, contraste par son austérité et un minimalisme qui auront le mérite de laisser le spectateur se concentrer sur la musique et le chant. Le décor se limite à de grands espaces pour ainsi dire vides surmontés de miroirs agencés au plafond en motifs de vagues dont les reflets soulignent le dérèglement du fonctionnement tyrannique d’un Souverain rétif au bonheur pour son peuple qu’un Étranger porteur d’amour et d’espoir vient perturber. La reine Héliane s’est toujours refusée à son époux mais se dénude devant l’Étranger condamné à mort qu’elle est venue consoler dans sa cellule, sans se donner charnellement à celui qui est instantanément tombé amoureux d’elle et qui se suicide avant d’être exécuté. Accusée d’adultère par le Souverain, Héliane pourrait être graciée si elle arrivait à ressusciter l’Étranger. Elle n’y parvient pas mais l’Étranger revient à la vie par lui-même et emporte au paradis celle qui a été poignardée par son époux. L’intrigue se situe tout d’abord dans une geôle, puis un tribunal et enfin une sorte de terrain vague qui s’ouvre sur un espace entre terre et ciel, éléments lumineux ou diffractés ainsi que néons à l’appui. Sobriété des effets (mais très belles projections des deux héros endormis) et direction d’acteurs sans afféterie, tout cela laisse néanmoins sur sa faim. Qu’importe : on s’en contente, tant la musique est riche et fascinante, plantureuse et expressive. Korngold est un digne successeur de Wagner et de Strauss, mozartien, voire puccinien dans sa capacité à évoquer les personnalités et les intrigues par des mélodies ciselées comme autant d’évidences dramaturgiques, dans une manière qui annonce également les partitions cinématographiques à venir, empreintes de fulgurances paroxystiques. D’ailleurs, la tension ne se relâche jamais et le temps passe comme un éclair, mettant toutefois à rude épreuve les capacités des interprètes.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/LeMiracleDHeliane-GP-8655presse-webpresse-web-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-207016"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Klara Beck</sup></figcaption></figure>


<p>Et justement, la distribution se révèle de très haute qualité et parfaitement à la hauteur. La soprano franco-allemande <strong>Camille Schnoor</strong> affronte le rôle surdimensionné d’Héliane avec aplomb et assurance, d’une puissance et d’une vaillance apparemment à toute épreuve. La jeune femme est mieux que crédible en reine empathique, puis troublée et enfin passionnée jusqu’au paroxysme. La voix est charnue, puissante, ductile et infiniment séduisante. Dans le rôle très exigeant de l’Étranger, le ténor américain <strong>Ric Furman</strong> se montre d’une vaillance sans faille, constamment obligé de lutter contre une masse orchestrale qu’il brave avec fougue et ferveur quasi christique. Digne des meilleurs Heldentenor, le jeune homme montre quelques signes de fatigue dans le dernier acte dont on ne saurait lui tenir rigueur, tant son endurance héroïque et son sens des nuances nous ont enchantés durant toute la soirée. Le baryton-basse autrichien <strong>Josef Wagner</strong> apporte à son personnage glacial de souverain despote une férocité qui se transforme en blessure béante infiniment touchante. La prestation scénique est empreinte d’une grande noblesse et la voix l’est tout autant. La mezzo-soprano estonienne <strong>Kai Rüütel-Pajula</strong> complète efficacement ce quatuor et chacune des apparitions de cette Messagère virago s’impose par une présence autoritaire et péremptoire, timbre ambré et voix singulièrement puissante. Des rôles secondaires, on retiendra en particulier celui du Geôlier interprété par le baryton <strong>Damien Pass</strong>, tout en compréhension et humanité. Le plateau vocal est très homogène et les chœurs peuvent déchaîner leurs ardeurs sans compter, tout à leur aise.</p>
<p>L’effectif prévu par Korngold n’entrant pas dans la fosse, l’<strong>Orchestre philharmonique de Strasbourg</strong> interprète donc la version légèrement réduite spécialement conçue pour cette production créée par la Reisopera venue des Pays-Bas où le spectacle a été donné précédemment. Sous la direction précise et inspirée de <strong>Robert Houssard</strong>, les couleurs chatoyantes de l’orchestre se développent à profusion sans répit, sans jamais lasser l’oreille. La puissance immersive et contagieuse de la partition laisse ainsi l’auditeur comblé et repu. On se prend cependant à rêver : et si l’on pouvait entendre la même partition avec l’effectif complet ! Cela dit, en l’état, le spectacle proposé à Strasbourg est un cadeau de toute beauté…</p>
<p>Il est donc dommage que la salle de l’Opéra n’ait été qu’au trois-quarts pleine. On ne peut que souhaiter un vif succès pour cette œuvre remarquable, sublime jouissance pour les oreilles, visible encore jusqu’au 1<sup>er</sup> février. Le bouche-à-oreille devrait aider à remplir la salle.</p>


<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="OPÉRA | LE MIRACLE D&#039;HELIANE | Bande-annonce" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/HshEDyMYLes?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
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</p>


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<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="OPÉRA | LE MIRACLE D&#039;HELIANE | Présentation Alain Perroux" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/beunvJ_HmI4?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
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		<title>JONES &#038; SCHMIDT, Les Fantasticks – Strasbourg</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/jones-schmidt-les-fantasticks-strasbourg/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 17 Nov 2025 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>On sait que le directeur de l’Opéra national du Rhin, Alain Perroux, est un grand amoureux du musical, qu’il célèbre d’ailleurs dans La Comédie musicale éditée chez l’Avant-Scène Opéra. On ne s’étonnera pas de revoir à l’affiche de la saison 25-26 The Fantasticks, déjà proposés en février 2024, en partenariat avec le Théâtre Jeune Public &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>On sait que le directeur de l’Opéra national du Rhin, Alain Perroux, est un grand amoureux du musical, qu’il célèbre d’ailleurs dans <em>La Comédie musicale</em> éditée chez l’Avant-Scène Opéra. On ne s’étonnera pas de revoir à l’affiche de la saison 25-26 <em>The Fantasticks</em>, déjà proposés en février 2024, en partenariat avec le Théâtre Jeune Public de Strasbourg, pour un spectacle qui avait alors rencontré un beau succès. C’est dans la version française adaptée par Alain Perroux lui-même d’après le livret de Tom Jones que le public est invité à découvrir ou revoir une œuvre curieusement méconnue en France. Pourtant, <em>The Fantasticks</em> détient le record de longévité de la pièce la plus longtemps à l’affiche à Broadway sans discontinuer, dans le même théâtre : 17162 représentations entre 1960 et 2002, avant qu’une hausse substantielle des loyers ne pousse le musical hors-ses-murs ; depuis 2004, la pièce est toujours au programme du même théâtre qui a pris le relais. Un succès qui ne manque pas d’attirer l’attention, d’autant que l’œuvre s’articule autour d’un simple piano accompagné d’une harpe, ainsi que cinq chanteurs, deux comédiens et un mime (chargé d’ailleurs de jouer, entre autres, le rôle d’un mur, la production ne s’encombrant pas d’accessoires superflus). En France, on ne connaît guère de cette œuvre qu’un seul air, surtout grâce à une célèbre publicité de café : le très mélancolique <em>Try to remember</em>. Pour ceux qui ont eu la curiosité d’aller découvrir le spectacle dans la Grande Scène du TJP Centre dramatique national, dans une configuration assez proche de celle de la production d’origine (200 places au lieu des 144 places initiales), il a été loisible de comprendre l’intérêt évident de l’œuvre tout en savourant la réussite de l’adaptation strasbourgeoise, tout à fait exquise et maîtrisée.</p>
<p>L’intrigue est familière et rappelle aussi bien <em>Roméo et Juliette</em> que <em>Pyrame et Thisbé</em>, les héros mythologiques qui se murmuraient des mots doux à travers les interstices d’un mur, pendant que leurs familles se détestent. En fait, c’est de la pièce <em>Les Romanesques</em> d’Edmond Rostand que l’histoire est inspirée. Parce qu’ils savent que les enfants font en général le contraire de ce qu’on leur demande, deux voisins ont l’idée de construire un mur séparant leur jardin respectif en feignant d’être brouillés. Évidemment, les deux jeunes gens vont tomber amoureux l’un de l’autre. Quelques péripéties plus tard, quand bien même ils se seront séparés après avoir découvert que leurs parents leur avaient menti, les deux tourtereaux vont convoler. Dans cette version mise en scène avec malice et brio, le tout mené tambour battant par <strong>Myriam Marzouki</strong>, les deux musiciens, le mime et le binôme de comédiens encadrent de jeunes chanteurs venus du monde lyrique, en l’occurrence les membres de l’Opéra Studio, ainsi qu’un tout jeune chanteur formé à la comédie musicale, tout ce petit monde brûle les planches et enchante le public. Curieusement, les quelques accessoires qui rappellent le théâtre de tréteaux minimaliste créent un univers très évocateur et foisonnant. La lune de carton et les confettis qui servent à évoquer la pluie, la neige et bien d’autres éléments encore suffisent à distiller un intense sentiment de poésie. Par ailleurs, l&rsquo;impression de maîtrise, de travail intense des différents protagonistes et le professionnalisme à la Broadway qui se dégage de cette production achèvent de conquérir l’auditoire.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Les-Fantasticks2025G2828WEB-1024x683.jpeg" alt="" class="wp-image-203592"/><figcaption class="wp-element-caption">© Klara Beck</figcaption></figure>


<p>On saluera d’abord la performance de <strong>Jessica Hopkins</strong> dans le rôle de Luisa. La jeune soprano britannique n’a pas les seize ans du rôle, mais elle parvient à nous persuader de sa jeunesse, de sa fraîcheur tout comme de sa force de caractère. Le timbre est fruité, la technique déjà très mûre. On se réjouit en avance de la découvrir dans deux autres programmes à venir cette année (<em><a href="https://www.operanationaldurhin.eu/fr/spectacles/saison-2526/opera/les-mamelles-de-tiresias">Les Mamelles de Tirésias</a> </em>et <em><a href="https://www.operanationaldurhin.eu/fr/spectacles/saison-2526/opera/les-noces-de-figaro">Les Noces de Figaro</a></em>). En attendant, c’est son apparente facilité à se fondre dans l’univers de la comédie musicale qui étonne, avant d’apprendre qu’elle a été formée à cette technique très tôt. Elle qui vient d’arriver à Strasbourg se débrouille mieux que bien dans sa nouvelle langue d’adoption. Auréolé d’un superbe accent, son français est merveilleusement bien prononcé et l’on comprend tout ce qu’elle dit. Face à elle, <strong>Artus Maël </strong>incarne avec justesse et évidence le personnage de Matt, tout juste 19 ans, ce qui est exactement l’âge de ce très jeune comédien, déjà parfaitement rompu aux arts de la scène : chant, danse et diction, le tout avec grâce et élégance. Si la voix n’est pas toujours exactement posée, les moments où il est au diapason avec sa partenaire n’en sont que plus harmonieux et jouissifs. On est curieux d’assister à la suite de la carrière de ce jeune prodige. En mère manipulatrice mais bienveillante, <strong>Inès Prevet</strong> fait merveille. La mezzo est dotée d’une belle technique et d’une énergie qui fait plaisir à voir. Le ténor belge <strong>Pierre Romainville</strong> lui tient tête avec bonhomie et parvient à habiter son rôle avec panache. En bandit enjôleur et vaguement blasé, le baryton roumano-hongrois <strong>Eduard Ferenczi Gurban</strong> charme d’emblée son auditoire avec son « Souvenir tendre » (<em>Try to remember</em>) de sa voix agréablement posée magnifiée par un charisme nonchalant. Les deux comédiens, <strong>Benoit Moreira Da Silva</strong> et <strong>Yann Del Puppo</strong>, sont irrésistibles, notamment dans leur tirade reprise de <em>Cyrano</em> avec quelques couacs (Alain Perroux a choisi ce petit clin d’œil à Rostand plutôt que de reprendre les vers de Shakespeare de l’original). Mais, par-dessus tout, il faut louer la performance de <strong>Quentin Ehret</strong>, merveilleux comédien et idéal Muet. Quelque part entre le Strasbourgeois Mime Marceau, le célébrissime comédien allemand Heinz Rühmann avec lequel il partage une ressemblance physique troublante ou un Harry Langdon poétique et lunaire, le comédien formé à l’École du Théâtre national de Strasbourg est l’un des ajouts majeurs du spectacle où il est omniprésent, à la fois accessoire (entre autres le mur déjà cité), accessoiriste et observateur silencieux et mutique, mais qui n’en pense pas moins. Pianiste et harpiste sont sollicités sans cesse pendant deux longues heures (pour eux), donnant parfois la sensation d’être un orchestre à eux deux. La musique entraînante et séduisante d’Harvey Schmidt consolide le tout.</p>
<p>Le spectacle, conçu pour tous publics, mais également réduit à un format d’une heure pour les scolaires, est formaté pour être facilement repris sur différentes scènes. Il sera d&rsquo;ailleurs notamment repris à Genève, le théâtre dont Alain Perroux va très bientôt être le directeur. En attendant, on ne peut qu’encourager le public à aller découvrir seuls, entre adultes ou en familles ce somptueux bijou, magnifique réussite où toutes les planètes semblent s’être parfaitement alignées pour cette formidable comédie musicale de poche.</p>


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<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="OPÉRA | LES FANTASTICKS | Présentation Sandrine Abello" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/ArnE7i0Q-wM?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
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		<title>OFFENBACH, Les Contes d&#8217;Hoffmann – Strasbourg</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/offenbach-les-contes-dhoffmann-strasbourg/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 24 Jan 2025 05:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Déjà 23 ans que Les Contes d’Hoffmann n’avaient pas été donnés à l’Opéra national du Rhin, alors qu’il s’agit de l’un des opéras français les plus joués au monde et le cinquième opéra le plus souvent proposé à Strasbourg depuis l’après-guerre. Il faut dire que monter une telle œuvre n’est pas des plus simples, puisque &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Déjà 23 ans que <em>Les Contes d’Hoffmann </em>n’avaient pas été donnés à l’Opéra national du Rhin, alors qu’il s’agit de l’un des opéras français les plus joués au monde et le cinquième opéra le plus souvent proposé à Strasbourg depuis l’après-guerre. Il faut dire que monter une telle œuvre n’est pas des plus simples, puisque Jacques Offenbach est malheureusement décédé avant la création alors que l’opéra n’en était qu’au stade de l’ébauche d’orchestration.</p>
<p>Pour cette ambitieuse coproduction entre l’OnR, le Théâtre national de l’Opéra-Comique, le Volksoper de Vienne et l’Opéra de Reims, c’est à ce qui avait été prévu par le compositeur qu’on s’est attaché plutôt qu’aux différents ajouts. Offenbach avait prévu deux versions, l’une entièrement chantée, l’autre avec des dialogues parlés pour répondre aux exigences de l’Opéra-Comique et du Volksoper de Vienne, les deux maisons auxquelles les <em>Contes</em> étaient destinés. Il est ainsi assez normal pour l’équipe de réalisation d’avoir choisi la version avec dialogues au lieu des récitatifs. La metteuse en scène néerlandaise <strong>Lotte de Beer</strong>, par ailleurs directrice du Volksoper de Vienne, explique avoir mis l’accent sur la Muse qui apportait un autre regard que celui, masculin, posé sur les femmes de l’intrigue. Il s’agissait aussi d’apporter un questionnement sur le narcissisme, l’égocentrisme et le «&nbsp;génie masculin&nbsp;» par l’intermédiaire de celle qui est en quelque sorte l’incarnation de la déesse des arts. Version avec dialogues, donc, mais entièrement réécrits. C’est là que certains pourront se sentir bousculés dans leurs habitudes. Quoique, difficile de parler de routine pour cet opéra qui n’a pas de version parfaite et encore moins de mouture définitive. Les différents actes ou tableaux sont ainsi entrecoupés des commentaires ou arguments de la Muse qui essaie de raisonner Hoffmann, de le faire réfléchir à la création, de le ramener à la réalité ou de lui ouvrir les yeux sur le monde. Cela correspond à un certain nombre de tombers de rideaux qui coupent parfois brutalement le rythme ou le charme de l’action en cours. Curieusement, ces coupures dynamisent et éclairent le propos de manière opportune (ou au contraire, paraîtront redondants, c’est selon). Lotte de Beer et le chef <strong>Pierre Dumoussaud</strong> n’ont pas hésité à couper de larges passages (comme en était coutumier Offenbach, nous rappelle le chef d’orchestre) pour mieux correspondre à la dramaturgie et au rythme de l’œuvre. Là encore, on pourra s’en accommoder sans encombre ou se sentir frustré de ne pas avoir tous les développements des airs connus, comme la Barcarole ou la chanson d’Olympia. Cela dit, le spectacle reste passionnant par l’étendue des problématiques qu’il suscite.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/LesContesDHoffmannGP-b-1129-Avec-accentuation-BruitHDpresse-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-181445"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Klara Beck</sup></figcaption></figure>


<p>Le plateau vocal est de très belle qualité. De par l’exigence de la performance qui lui est demandée, c’est certainement le personnage de la Muse qui marquera le plus durablement les mémoires. Constamment présente aux côtés de Hoffmann pour lequel son personnage est contraint de se surpasser afin de se faire entendre, virevoltante, houspillée, bousculée ou petite fée se glissant entre les uns et les autres, dans une vibrionnante chorégraphie, la superbe mezzo française <strong>Floriane Hasler</strong> est épatante. Un rien rigide et intraitable dans ses argumentations parlées, l’inspiratrice se fait délicate, attentionnée et subtilement amoureuse dès qu’elle se met à chanter. La voix est belle, les accents chauds, la projection impeccable et la performance homogène, le tout magnifié par une très grande musicalité. Il faut saluer également la prouesse du ténor germano-italien <strong>Attilio Glaser</strong>, qui fait ici sa prise de rôle pour Hoffmann. Puissance de projection, sincérité dans l’interprétation qui rend parfaitement crédible son personnage et les évolutions de sa personnalité, beauté du timbre, en un mot, l’émotion est au rendez-vous et le public vibre à l’unisson. La soprano néerlandaise <strong>Lenneke Ruiten</strong> impressionne dans sa capacité d’interpréter les quatre rôles féminins, comme le souhaitait le compositeur. La belle interprète aux splendides jambes fort bien mises en valeur est également dotée de très beaux graves ; si sa colorature est moins cristalline, on reste fasciné par la puissance et la largeur de cette voix tout comme par la performance qu’elle semble maîtriser avec une insolente facilité. En diable sous toutes les formes, le baryton français <strong>Jean-Sébastien Bou</strong> s’en donne à cœur joie et l’on se délecte de sa voix sensuelle et bien posée. Les autres partenaires se montrent parfaitement à la hauteur, tout comme le chœur, dont on admire également la capacité à s’adapter aux changements de plateaux ainsi qu’aux mouvements de foule.</p>
<p>La direction de Pierre Dumoussaud permet de mettre en valeur les différentes tonalités de l’opéra et les subtilités de la partition, tout en restant très attentif aux chanteurs, secondé par un Philharmonique de Strasbourg en grande forme. Comme toujours, la lecture du programme qui accompagne le spectacle est chaudement recommandée, les textes apportant de nombreux éclairages à une œuvre et une mise en scène riche de sens.</p>


<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="OPÉRA | LES CONTES D&#039;HOFFMANN (The Tales of Hoffmann) | Bande-annonce" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/cEkqv8xX7Wo?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
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<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="OPÉRA | LES CONTES D&#039;HOFFMANN (The Tales of Hoffmann) | Vos questions, on y répond !" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/HG09He9Tok8?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
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<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="OPÉRA | LES CONTES D&#039;HOFFMANN (The Tales of Hoffmann) | Présentation Alain Perroux" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/hxPdtOYR2QU?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
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		<title>HAENDEL, Ariodante – Strasbourg</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/haendel-ariodante-strasbourg/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 09 Nov 2024 08:15:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L’Opéra national du Rhin nous gâte, avec cette très belle production d’Ariodante de Haendel, idéalement chantée, servie par une mise en scène stylée et portée par un chef qui obtient des trésors de l&#8217;Orchestre symphonique de Mulhouse. Devant une si belle réussite, on n’hésitera pas à y envoyer avec confiance des néophytes inquiets, par exemple, &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>L’Opéra national du Rhin nous gâte, avec cette très belle production d’<em>Ariodante </em>de Haendel, idéalement chantée, servie par une mise en scène stylée et portée par un chef qui obtient des trésors de l&rsquo;Orchestre symphonique de Mulhouse. Devant une si belle réussite, on n’hésitera pas à y envoyer avec confiance des néophytes inquiets, par exemple, quant à la durée du spectacle ou la complexité supposée du répertoire baroque. On leur conseillera de lire avant ou après le spectacle le programme édité par la maison d’opéra, toujours aussi agréable à lire et bien écrit (on ne se lasse pas de louer au passage cette collection d’excellentes brochures…). Trois ans après avoir proposé une version de concert d’<em><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/alcina-strasbourg-prima-la-musica/">Alcina</a></em> composée par Haendel la même année qu’<em>Ariodante</em> et un an après la programmation de <em><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/porpora-polifemo-strasbourg/">Polifemo</a> </em>du concurrent Porpora (créé un mois après notre <em>opera seria</em>), le directeur de la maison strasbourgeoise, <a href="https://www.forumopera.com/alain-perroux-la-beaute-des-bannis-les-marginaux-et-les-declasses-sont-des-objets-de-fascination-pour-le-public/">Alain Perroux</a>, nous offre un beau panorama du monde de l’opéra londonien en 1735.</p>
<p>La metteuse en scène néerlandaise <strong>Jetske Mijnssen</strong> propose une vision très actuelle de l’œuvre. Concentrée sur les caractéristiques psychologiques des personnages, elle réussit à les rendre très humains, proches de nous, dans un décor et des costumes contemporains où la sobriété et une palette de couleurs harmonieuses et douce sont remarquablement mis en lumière par <strong>Fabrice Kebour</strong>. Le majestueux décor d’<strong>Étienne Pluss</strong>, qui rétrécit petit à petit, de façon presque imperceptible, rappelle les beaux appartements du XVIII<sup>e</sup> siècle ici dépouillés de leur charge rococo. Le résultat, fort esthétique au demeurant, nous amène à nous concentrer sur les protagonistes et l’évolution subtile de leurs affects. Les costumes d’<strong>Uta Meenen</strong> apportent des touches délicatement raffinées ou violemment écarlates bienvenues dans le cadre désaturé en couleur, dans des coupes élégantes et intemporelles. La metteuse en scène se dit inspirée par les familles royales et le beau film <em>Amore</em> tourné, avec Tilda Swinton, dans la merveilleuse villa Necchi Campliglio de Milan. La référence est belle. Mais on pense beaucoup à Robert Carsen et notamment sa célèbre version de <em><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/au-lit-avec-bartoli/">Sémélé</a></em>, toujours de Haendel, qu’il avait su rendre infiniment drôle. De l’humour, il y en a également ici, mais pas suffisamment. Les figurants virevoltent et nous rendent le premier acte très festif ; le rythme s’essouffle ensuite, c’est bien dommage. Cela correspond avec le rythme de l’œuvre, me rétorquera-t-on, puisque les actes suivants sont liés au désespoir puis à l’épopée, mais on aurait aimé une cadence constante par la suite. Cela dit, certaines scènes sont superbes, comme le combat au fleuret, d’ailleurs réglé par un maître d’armes.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Ariodante-Generale-4749presse-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-176326"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Klara Beck</sup></figcaption></figure>


<p>Mais le finale aura de quoi en étonner plus d’un, puisque le <em>lieto fine</em> qui voit le méchant supprimé, le roi satisfait et le couple enfin marié est ici transformé, la fin heureuse virant au drame tragique : le roi est mort alors que la mariée refuse l’union et s’en va&#8230; Jetske Mijnssen a pour le moins contemporanéisé sa vision de la femme n’acceptant pas la trahison des deux hommes qui lui sont le plus proches. Cela peut s’entendre. L’étude psychologique, <em>a contrario</em> du livret ou pas, se justifie et se révèle très fine. On n’a pas envie de bouder son plaisir, car le plateau est idéal. La mezzo française <strong>Adèle Charvet</strong> est époustouflante dans son incarnation du rôle-titre. Tout d’abord parce qu’on croit à son personnage : à l’aide d’un simple catogan, d’un postiche qui lui fait de jolies rouflaquettes et d’un costume idéalement coupé, elle campe un homme qui chante avec une voix aux accents délicieusement féminins, mais avec toute l’autorité masculine exigée par le rôle. De ses nombreux airs <em>da capo, </em>dont le sublime et exigeant « Scherza infida », elle se tire avec grande classe et une virtuosité époustouflante. Au plus près de son personnage, elle nous en fait vivre toutes les facettes et l’on se délecte en permanence de son art ineffable. En Polinesso, polisson jaloux et ambitieux jusqu’à la moelle, responsable de tous les maux qui surviennent dans l’intrigue, <strong>Christophe Dumaux</strong> réussit à sublimer un méchant dont on attend avec impatience toutes les interventions. Le contre-ténor français est mieux qu’à son aise : ses vocalises puissantes et aisées nous transportent et nous font dresser le poil d’excitation et de plaisir. Pour ne pas être en reste, la formidable <strong>Emőke Baráth</strong> incarne une Ginevra noble et digne, courageuse et décidée, tout en maîtrise et en souplesse. La soprano hongroise est suprêmement bluffante. Le roi d’Écosse, qui a fort à faire pendant tout l’opéra où il s’éteint en tremblant plus qu’à son tour, s’effondrant lourdement et en continu jusqu’au trépas, réussit tout de même à garder sa dignité et sa justesse de chant. La basse américaine <strong>Alex Rosen </strong>y pourvoit avec autorité et distinction. En petit frère éconduit puis courageusement volontaire et enfin justicier, le ténor britannique <strong>Laurence Kilsby</strong> tire son épingle du jeu et peut se mesurer avec fierté au reste de la distribution. Passée par l’Opéra Studio de l’Opéra national du Rhin, la ravissante soprano franco-catalane <strong>Lauranne Oliva</strong> campe une Dalinda qui nous enchante par la pureté de son timbre et l’énergie de son chant. Lumineuse et fascinante, la jeune chanteuse est magnifique. Autre membre de l’Opéra studio, le ténor belge <strong>Pierre Romainville</strong> seconde brillamment le reste de la distribution.</p>
<p>À la tête de l&rsquo;Orchestre symphonique de Mulhouse avec lequel il montre une grande complicité, le chef britannique <strong>Christopher Moulds</strong> parvient à obtenir un équilibre de pupitres passionnant, aussi intéressant à écouter qu’au service des voix, qui ne sont jamais malmenées par la puissance d’un orchestre symphonique plutôt qu’une formation baroque sur instruments anciens. Et pour cause : le chef a opéré un travail remarquable de marquage des partitions, transformant les annotations de « forte » ou « mezzo-forte », etc., et d’une contribution des instrumentistes avec une commune réflexion qui se solde par une vraie réussite sonore, tant au niveau du basson que des autres instrumentistes et du continuo. On se réjouit de la grande qualité de ce spectacle, pour cette première fois à Strasbourg. <em>Ariodante</em>, après sa tournée alsacienne, partira à Londres pour retrouver Covent Garden où il est né, mais n’a plus été représenté en version scénique depuis trois siècles.</p>


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<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="OPÉRA | ARIODANTE | Présentation Alain Perroux" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/S5WA6BARWwQ?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
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		<title>DELIBES, Lakmé — Liège</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/lakme-liege-lakme-bien-temperee/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dominique Joucken]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 25 Sep 2022 04:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le lecteur ne nous en voudra pas de passer assez vite sur le travail de mise en scène de Davide Garattini Raimondi. Non qu&#8217;il soit un échec, mais il ne brille pas par son originalité. L&#8217;action est située dans une Inde plus ou moins contemporaine de celle de l&#8217;opéra, et l&#8217;action est narrée au plus &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le lecteur ne nous en voudra pas de passer assez vite sur le travail de mise en scène de <strong>Davide Garattini Raimondi.</strong> Non qu&rsquo;il soit un échec, mais il ne brille pas par son originalité. L&rsquo;action est située dans une Inde plus ou moins contemporaine de celle de l&rsquo;opéra, et l&rsquo;action est narrée au plus près du synopsis voulu par les librettistes. Seuls éléments d&rsquo;actualisation : un Gandhi qui contemple l&rsquo;action depuis le côté de la scène et intervient très ponctuellement, des citations de lui qui sont affichées au niveau des cintres, et les scènes dansées (très bien coordonnées par <strong>Barbara Palumbo)</strong> qui contiennent un message anticolonial. Rien de tout cela ne peut être décrit comme révolutionnaire en 2022, mais il faut reconnaitre que le résultat visuel et dramaturgique est éminemment regardable, notamment grâce aux éclairages subtilement dosés de <strong>Paolo Vitale</strong>, et permet surtout de se concentrer sur les forces musicales du spectacle.</p>
<p>Et là, on est plutôt à la fête. A qui donner la palme ? Le choix est difficile. La révélation la plus surprenante de la soiree est sans doute le jeune <strong>Pierre Doyen</strong>. Encore peu connu, le baryton belge offre en Frédéric une voix puissante parfaitement contrôlée, doublée d&rsquo;un sens de la diction qui ressuscite les mânes du chant francais de l&rsquo;immédiat après-guerre. Un chant qui n&rsquo;hésite pas à recourir au parlando sans jamais sacrifier la beauté du son, avec le souci de porter au même niveau le sens et la musique. A plus d&rsquo;un moment, nous avons cru entendre le jeune Gabriel Bacquier revenu de chez les morts. S&rsquo;ajoute à ces multiples atouts une aisance scénique qui étonne a un stade aussi précoce de la carrière. Encore plus jeune, <strong>Pierre Romainville</strong> livre un Hadji tout aussi touchant, avec une voix fraîche et timbrée avec juste assez de puissance pour évoquer le serviteur dévoué et peut-être un peu amoureux.</p>
<p>Ce qui surprend moins est le triomphe de <strong>Lionel Lhote </strong>en Nilakantha. Le baryton belge dispense à pleines mains son legato impérial, ses réserves de puissance et sa justesse jamais prise en défaut. Toutes des qualités qu&rsquo;il avait déjà montrées lors de participation au Concours Reine Elisabeth de chant en 2004, et qu&rsquo;il porte petit à petit vers des sommets. Il serait aisé d&rsquo;évoquer un succeseur à José van Dam, mais ce chant est d&rsquo;une nature foncièrement différente, plus physique, plus en lien avec les tripes de l&rsquo;artiste. Au risque de se répéter et de choquer, nous déplorerons encore une fois que la carrière de Lionel Lhote ne soit pas entièrement à la hauteur de ses moyens. Chanter à Liège, Toulon et Bordeaux est bel et bon, mais l&rsquo;artiste a l&rsquo;étoffe d&rsquo;un invité régulier à la Scala, à Vienne ou au Met de New York. Le rôle de Nilakantha conviendrait idéalement à ses débuts, avec une identification parfaite au personnage, y compris visuelle. Avis aux directeurs d&rsquo;opéras qui nous lisent.</p>
<p>On sera plus réservé sur le trio des dames britanniques : <strong>Julie Mossay, Caroline de Mahieu</strong> et <strong>Sarah Laulan</strong>. Elles sont certes impayables scéniquement, mais le choix d&rsquo;un chant criard pour évoquer des occidentales coincées n&rsquo;est pas des plus heureux. A l&rsquo;inverse, <strong>Marion Lebègue</strong> profite de la brève partie de Malika pour mettre en valeur son mezzo somptueux.</p>
<p><strong>Philippe Talbot</strong>  pose un problème de conscience au critique. La voix est idéale, parfaitement conduite, et ce chant d&rsquo;un goût parfait enfonce les douces cantilènes de Gérald jusqu&rsquo;au fond de la mémoire, où elles retentiront bien longtemps après la fin de la représentation. Mais le volume est vraiment minuscule, et il y a des moments où le chant peine à franchir la fosse d&rsquo;orchestre. Certes, Delibes etait un des compositeurs attitrés de l&rsquo;Opéra-comique, il excellait dans le demi-caractère, et Gérald n&rsquo;est pas Siegfried. Mais des artistes comme Gregory Kunde ont démontré qu&rsquo;on pouvait mettre de la puissance dans ce rôle sans en détruire la finesse.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="311" src="/sites/default/files/styles/large/public/j._devos_orw-liege_c_j_berger.jpg?itok=DE6WN9IN" title="@ORW - J. Berger" width="468" /><br />
@ORW &#8211; J. Berger</p>
<p>Les débuts belges de <strong>Jodie Devos</strong> en Lakmé étaient très attendus, <a href="https://www.forumopera.com/lakme-tours-naissance-dune-lakme">après sa prise de rôle à Tours, célébrée par Christophe Rizoud : </a>la tessiture comme le contenu dramatique du personnage étaient supposés lui convenir à merveille. On n&rsquo;est pas décu. Aux qualités déja soulignées lors des représentations tourangelles s&rsquo;ajoute une fragilité assumée. Il y a quelque chose de bouleversant à voir ce minuscule bout de femme couverte d&rsquo;un voile blanc, courbée en deux, lancer ses premieres vocalises avant l&rsquo;air des clochettes, et dérouler peu à peu la gamme complète des coloratures les plus illustres. Comment tant de son peut-il surgir d&rsquo;un corps si menu ? Oh magie de l&rsquo;opéra &#8230; Mais l&rsquo;artiste ne se contente pas d&rsquo;éblouir ; elle n&rsquo;oublie pas d&rsquo;émouvoir, et plus d&rsquo;une joue s&rsquo;est mouillée face au sort horrible qui frappe le jeune hindoue. Délicatesse suprême : alors que ses moyens sont très supérieurs à ceux de son partenaire, elle allège la voix dans leurs duos pour ne jamais le couvrir. Lorsque tant de générosité s&rsquo;unit à tant de talent, on rend les armes.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="311" src="/sites/default/files/styles/large/public/j._devos_-_p._talbot_orw-liege_c_j_berger.jpg?itok=I5GdVkp0" title="@ORW - J. Berger" width="468" /><br />@ORW &#8211; J. Berger</p>
<p>Les<strong> Chœurs de l&rsquo;Opéra royal de Wallonie </strong>ont fière allure, et se jouent des embûches semées par Delibes dans la scène du marché au début de l&rsquo;acte II. Visiblement amoureux de cette musique que des beaux esprits ont dénigrée, <strong>Frédéric Chaslin </strong>excelle à en rendre les subtilités et les couleurs délicates comme les quelques moments de puissance. Il est parvenu à entraîner dans son sillage un <strong>orchestre de l&rsquo;opéra </strong>qui fait rivaliser ses pupitres de virtuosité, mettant en valeur une orchestration qui, pour être légère, n&rsquo;en oublie jamais d&rsquo;être élégante.</p>
<p> </p>
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