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	<title>Detlef ROTH - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Detlef ROTH - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<item>
		<title>Parsifal</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/parsifal-divine-surprise/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Julien Marion]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 01 Sep 2017 06:29:24 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Il est parfois difficile, dans le flot discographique, de séparer le bon grain de l&#8217;ivraie. Parce que l&#8217;on ne peut pas tout voir (ou écouter), on court le risque de ne plus voir que ce qui est le plus facilement et immédiatement visible, à grand renfort de réclame. Pour peu que l&#8217;on accepte de quitter &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Il est parfois difficile, dans le flot discographique, de séparer le bon grain de l&rsquo;ivraie. Parce que l&rsquo;on ne peut pas tout voir (ou écouter), on court le risque de ne plus voir que ce qui est le plus facilement et immédiatement visible, à grand renfort de réclame. Pour peu que l&rsquo;on accepte de quitter les autoroutes de la distribution pour emprunter les chemins vicinaux, on débusque de temps à autre des pépites discrètes.</p>
<p>Une version de concert de <em>Parsifal</em>, enregistrée lors des Proms de Londres, manifestation populaire s&rsquo;il en est (fi donc !), portée par les forces de Manchester : on entend d&rsquo;ici les cris d&rsquo;orfraie des Vestales du temple wagnérien&#8230; Elles auraient bien tort. Ce <em>Parsifal </em>dirigé par Sir Mark Elder à la tête de son orchestre Hallé est une de ces heureuses pépites.</p>
<p>Un chef inspiré, une formation orchestrale et chorale soudée, remarquable de cohésion, et à même de porter son propos, une distribution adéquate: cela suffit en effet pour réussir un enregistrement qui, s&rsquo;il ne remet pas en cause l&rsquo;économie générale de la discographie, figure indéniablement parmi ses heureuses surprises.</p>
<p>L&rsquo;affinité de<strong> Sir Mark Elder </strong>avec le répertoire wagnérien n&rsquo;est plus à démontrer, comme en témoigne <a href="https://www.forumopera.com/cd/lohengrin-splendeurs-amstellodamoises">la récente parution du Lohengrin qu&rsquo;il dirigea à Amsterdam, chroniquée dans ces colonnes</a>. On avait loué sa direction ample, réfléchie, aérée: très adaptée aux aventures du fils, elle fait merveille pour accompagner celles du père. Cette battue n&rsquo;est pas lente pour autant: dirigeant l&rsquo;oeuvre en 4h20, le chef se situe presqu&rsquo;exactement à mi-distance entre les deux extrêmes (3h40 pour Boulez en 1970, 4h50 pour Toscanini en 1931, tous deux à Bayreuth). Le sens de la construction n&rsquo;est jamais pris en défaut, et fait ressortir le caractère méditatif et liturgique de l&rsquo;oeuvre: la grandeur ici n&rsquo;est jamais écrasante, mais toujours habitée. Si cette direction convient idéalement aux actes extrêmes, elle convainc moins dans l&rsquo;acte II, dont le début, en particulier, peine à décoller. </p>
<p>Pour ce concert capté à Londres en août 2013, le chef peut s&rsquo;appuyer, pour donner corps à sa vision, sur son orchestre Hallé, dont il est le chef principal depuis 2000. On aurait tort de ranger cette phalange -le plus ancien orchestre professionnel d&rsquo;Angleterre- parmi les orchestres de seconde zone. Ce serait faire bien peu de cas de sa tradition wagnérienne pourtant ancienne : l&rsquo;orchestre compta parmi ses chefs principaux Hans Richter (créateur du <em>Ring </em>à Bayreuth, excusez du peu), Michael Balling (qui dirigea <em>Parsifal </em>à Bayreuth de 1906 à 1909), mais aussi sir Thomas Beecham ou sir John Barbirolli. La prestation orchestrale n&rsquo;a ici rien à envier à celle de phalanges pourtant plus prestigieuses : la cohésion des pupitres, le sens des nuances (quelle variété infinie dans les pianos !), le fini des phrasés sont mis au service de la lecture profondément intérieure que porte le chef. On n&rsquo;omettra pas les choeurs dans ces louanges : d&rsquo;une grande cohésion, ils participent pleinement au succès musical, avec une mention particulière pour les choeurs d&rsquo;enfants, d&rsquo;une pureté toute angélique. Leur intervention concourt à faire du final du III un des plus beaux que l&rsquo;on ait entendus. </p>
<p>Encore fallait-il réunir une distribution à même de s&rsquo;insérer dans un tel écrin orchestral et choral. C&rsquo;est le cas.  </p>
<p>La prestation de <strong>Lars Cleveman </strong>dans le rôle-titre montre qu&rsquo;une première partie de carrière consacrée à la musique éléctro undeground (si, si&#8230;) n&rsquo;est pas incompatible avec un virage assez radical mais néanmoins réussi vers des répertoires moins&#8230; déjantés. La maturité (il a 55 ans au moment de l&rsquo;enregistrement) n&rsquo;entame en rien l&rsquo;engagement et la vaillance de ce Parsifal, même si le timbre, aux sonorités nasales, n&rsquo;est pas le plus phonogénique qui soit. </p>
<p>La Kundry de <strong>Katarina Dalayman </strong>n&rsquo;oublie pas la Brünnhilde immense qu&rsquo;elle fut. Sobre (pour les feulements, on repassera), hiératique, elle dispose de moyens impressionnants : les aigus meurtriers de la fin du II sont crânement assumés. On salue également la familiarité manifeste de la chanteuse avec le rôle, qui rend sa prestation captivante, ne serait-ce que parce que l&rsquo;on comprend ce qu&rsquo;elle chante (pour peu, naturellement, que l&rsquo;on soit germaniste&#8230;)</p>
<p>Le fait d&rsquo;avoir incarné Amfortas cinq étés de rang à Bayreuth (de 2008 à 2012, dans la magnifique mise en scène de Stefan Herheim) confère pareillement à <strong>Detlef Roth </strong>une intimité avec le rôle qui constitue le meilleur des viatiques. Formidable diseur, il en restitue le poids de chaque mot avec une intelligence remarquable, sans oublier d&rsquo;émouvoir, notamment au III. Cela compense plus que largement le (relatif) manque d&rsquo;ampleur de sa voix. </p>
<p>Les esprits chagrins trouveront le Gurnemanz de <strong>Sir John Tomlinson </strong>bien tardif. Peut être (il est vrai que dans l&rsquo;aigu, la voix n&rsquo;est plus que lambeaux), mais ils auront tort. Ne retenir que cela, c&rsquo;est occulter en effet l&rsquo;humanité bouleversante que cet immense artiste dispense sans compter, et son intelligence des mots, acquise après trois décennies de fréquentation assidue du répertoire wagnérien. Un authentique artiste est capté ici, autrement plus émouvant que tant de titulaires du rôle vocalement plus sains, mais tellement plus ennuyeux&#8230; Et que l&rsquo;on ferme les yeux: on <em>verra </em>en face de soi l&rsquo;authentique doyen des chevaliers du Graal, tel que le peuvent représenter les gravures. C&rsquo;est bien le plus important. </p>
<p>Le TIturel de <strong>Reinhard Hagen </strong>est au diapason de cette distribution de fort belle tenue, et ses interventions au I impressionnent par leur sobriété sépulcrale. </p>
<p>Seul le Klingsor de <strong>Tom Fox </strong>marque moins, sans pour autant démériter. </p>
<p>Voici donc au final une version de <em>Parsifal </em>qui, sans prétendre à l&rsquo;île déserte, fait incontestablement partie des plus convaincantes parmi les parutions récentes, pour sa remarquable cohésion autour de la vision portée par le chef. Ces qualités sont d&rsquo;autant plus dignes d&rsquo;éloges qu&rsquo;on rappellera que ce coffret est le reflet d&rsquo;un concert, enregistré sur le vif. C&rsquo;est suffisant pour la recommander avec ferveur, et c&rsquo;est aussi la preuve -s&rsquo;il en fallait encore une- qu&rsquo;en la matière, le salut existe hors des sentiers bayreuthiens. </p>
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		<title>WAGNER, Parsifal — Madrid</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/parsifal-madrid-tout-kampe-tout-flamme/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 24 Apr 2016 05:28:20 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Déjà représenté à Barcelone en mars 2011 puis à Zurich quelques mois après, Parsifal réinterprété par Claus Guth fait étape à Madrid.  Le temps n’a en rien altéré l’intelligence d’un spectacle, alors abondamment commenté : le détournement du drame sacré en conte profane ; la transposition de l’intrigue dans les années folles ; la lutte fratricide entre Amfortas &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Déjà représenté à Barcelone en mars 2011 puis à <a href="http://www.forumopera.com/spectacle/du-claus-guth-tout-crache" target="_blank" rel="noopener">Zurich quelques mois après</a>, <em>Parsifal</em> réinterprété par <strong>Claus Guth</strong> fait étape à Madrid.  Le temps n’a en rien altéré l’intelligence d’un spectacle, alors abondamment commenté : le détournement du drame sacré en conte profane ; la transposition de l’intrigue dans les années folles ; la lutte fratricide entre Amfortas et Klingsor ; Montsalvat converti en hôpital militaire ; Parsifal le « rédempteur », présenté à la fin de l&rsquo;opéra sanglé dans une capote, dominant ses troupes tel un dictateur ; etc. Le parti-pris, s&rsquo;il engendre des images d&rsquo;une force indéniable, n&rsquo;en est pas moins discutable tant certaines propositions vont à l’encontre du livret. Sources de suppositions stimulantes pour l’esprit, les divagations et les contresens s’avèrent finalement moins gênants que le principe du décor sur tournette qui, à trop tourner, agace et distrait. Par ce mouvement incessant, le metteur en scène a-t-il voulu conjurer l’immobilisme de l’action ? Le temps n’en parait pas plus court. Faute d’une direction d’orchestre toujours inspirée, le troisième acte tire en longueur. L&rsquo;enchantement du Vendredi saint n&rsquo;aura pas lieu.</p>
<p><strong>Semyon Bychkov</strong> adopte pourtant un tempo raisonnable qui porte la durée totale de l’œuvre à quatre heures et quart. Sous sa battue régulière, le rituel religieux voudrait pour s’accomplir plus de transparence. Valse supposée alanguie, la ronde des filles-fleurs s’apparente aux piaillements d’une volière en déroute, sans que l’on parvienne à démasquer les coupables. Les oreilles sensibles s’abstiendront. Sonoriser le chœur des jeunes gens à la fin du premier acte est une idée désastreuse pour l’équilibre de cette page, une des plus lumineuses de la partition. A la fin de l’œuvre, les voix célestes, si « <em>douces </em>» qu’on devrait « <em>les entendre à peine</em> », défient moins les lois de l’acoustique que celles de la justesse. Elles ne sont pas les seules. Klingsor hargneux, au timbre amer et aux accents acerbes, <strong>Evgeny Nikitin</strong> chante souvent faux. Amfortas confronte <strong>Detlef Roth</strong> à ses propres limites. Que la voix, d&rsquo;une ampleur moindre, semble prête à céder aux coups de l’écriture rend encore plus déchirantes les souffrances du roi. Il n’est pas certain que l&rsquo;effet soit volontaire. L&rsquo;angélisme de <strong>Klaus Florian Vogt</strong>, cette émission particulière qui enlève au son tout relief, confine dans les passages les plus dramatiques à la mièvrerie. Parsifal n&rsquo;a jamais autant paru « chaste fol » mais le chant répond en lumière et en volume à toutes les sollicitations tandis que la silhouette blonde parachève l&rsquo;incarnation. Le ténor allemand est décidément un des interprètes incontournables du rôle, nul ne peut le contester.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="318" src="/sites/default/files/styles/large/public/parsifal1.jpg?itok=9bu32Pv0" title="© Javier del Real |  Teatro Real" width="468" /><br />
	© Javier del Real |  Teatro Real</p>
<p>Avec <strong>Ante Jerkunica</strong>, on continue de frôler l’exception, parce que la mise en scène extirpe Titurel de l’ombre pour lui donner une épaisseur dramatique originale et parce que la voix de la basse croate a désormais atteint une plénitude impressionnante. Existe-t-il enfin aujourd’hui meilleurs interprètes de Gurnemanz que <strong>Franz Joseph Selig</strong> et de Kundry qu’<strong>Anja Kampe</strong> ? Noblesse, endurance, sens du récit, usage de la couleur : on reste suspendu aux lèvres du premier, si interminables puissent parfois sembler ses monologues. La seconde fascine, non par l’étendue de la voix – certains aigus peuvent sembler tirés – mais par l’acuité d’une interprétation de bout en bout saisissante. Anja Kampe existe déjà par sa seule présence. Le troisième acte ne lui concède qu’une réplique – « Dienen… Dienen » – et il nous semble n’avoir entendu qu’elle, n’avoir vu qu’elle. Mais auparavant, la présence seule ne saurait suffire à emplir le deuxième acte. Là, Wagner concentre l’essentiel du rôle, exigeant l’impossible ou presque. Seule une voix incendiaire peut sans se consumer venir à bout d&rsquo;un duo où il lui faut parcourir en même temps que la portée ,sur près de deux octaves, une vaste palette expressive. Soprano résolument dramatique aux graves belliqueux et aux rires toxiques, fatale enchanteresse inspirée de Rita Hayworth, Anja Kampe est cette lueur obsédante sans laquelle la représentation glisserait dans la nuit de la mémoire.</p></p>
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		<item>
		<title>Regina</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/regina-une-regina-pas-vraiment-royale/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Jacques Groleau]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 28 Jul 2014 05:29:42 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Une fois encore, il aura fallu attendre les bons soins du label CPO pour pouvoir entendre un opéra dans des conditions correctes. La seule version de Regina d&#8217;Albert Lortzing jusque-là disponible n’était qu’une captation de la radio berlinoise de 1951, d’où émergeait le jeune Ernst Kozub (dir. Walter Schartner) ; et encore s&#8217;agissait-il  d&#8217;un état &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Une fois encore, il aura fallu attendre les bons soins du label CPO pour pouvoir entendre un opéra dans des conditions correctes. La seule version de <em>Regina </em>d&rsquo;Albert Lortzing jusque-là disponible n’était qu’une captation de la radio berlinoise de 1951, d’où émergeait le jeune Ernst Kozub (dir. Walter Schartner) ; et encore s&rsquo;agissait-il  d&rsquo;un état de la partition visiblement différent de ce qui nous est ici restitué… Inutile de dire que cette nouvelle intégrale, elle-même saisie sur le vif, comble donc un vide discographique.</p>
<p>D’emblée l’oreille est saisie par la qualité de l’orchestre, dont les premiers pupitres sont superbement mis en valeur par une très belle prise de son, aérée et vivante (le violoncelle solo de l’Ouverture !). <strong>Ulf Schirmer</strong> conduit son petit monde avec alacrité, nerveux, précis, plein d’un enthousiasme presque communicatif. Presque ? Oui, car à l’écoute de ce disque, on comprend un peu mieux pourquoi cette œuvre tardive de Lortzing ne s’est jamais imposée au répertoire, malgré un livret tout à fait honnête au demeurant, surtout eu égard aux standards de l’époque. On aurait même pu croire que cette histoire où l’amour contrarié le dispute à la contestation sociale (l’opéra commence par une grève dans une usine, et tout une partie de l’intrigue est basée sur ce jeu entre le statut des deux amoureux de la fille du patron, Regina, et leur rôle dans le conflit social qui se fait jour), on aurait pu croire, disions-nous, que cette modernité de la thématique aurait pu suffire à faire de cette œuvre un succès populaire. Il n’en fut rien. De fait, d&rsquo;un simple point de vue musical, Lortzing s’y montre l’ombre de lui-même, loin des coups de génie de <em>Zar und Zimmermann </em>(1837), du <em>Wildschütz </em>(1842), de <em>Undine</em> (1845) ou encore du <em>Waffenschmied</em> (1846). On reste ici à la surface des modèles hérités des <em>singspiele</em> de Mozart et des drames romantiques à la Weber. On en sent bien les réminiscences, on ne peut qu’admirer le métier de Lortzing qui sait équilibrer ses effets en matière de tempo dramatique et scénique, et conduit les voix avec une connaissance des chanteurs remarquables. Mais avouons que nous restons ici bien en-deçà des modèles qu’il a lui-même contribué à établir par le passé.</p>
<p>Mais comme nous ne sommes pas ici pour juger d’une œuvre mais bien de l’interprétation qui nous en est présentée, revenons à l&rsquo;équipe d&rsquo;artistes dirigés avec brio par un Ulf Schirmer très en forme. Le moins que l’on puisse dire est que ses solistes sont à la peine. <strong>Albert Pesendorfer</strong> montre en Simon une belle basse, un rien fruste dans son art du chant, ce qui va finalement plutôt bien avec le rôle. <strong>Detlef Roth</strong> est quant à lui un fort beau Stephan, trop beau peut-être même pour le rôle. La voix est saine et lumineuse de bout en bout de la tessiture. Celles de Regina et de Richard montrent en revanche très vite leurs limites. <strong>Daniel Kirch</strong>, dans le rôle de ce dernier, ne démérite pourtant pas : le personnage est bien campé tant que l’écriture vocale reste centrale. Mais quand il lui faut affronter les poussées d’héroïsme que lui confie Lortzing, force est de reconnaître que l’interprète perd de sa superbe. Moins toutefois que sa Regina, dont les aigus sont pour le coup aussi étranglés que le reste de sa tessiture est ample et généreux. Qu’il s’agisse d’un problème technique ou d’une fatigue passagère que la captation de concert n’aura pas permis de corriger, <strong>Johanna Stojkovic</strong> est fréquemment mise en difficulté par le rôle, déparant les ensembles de ses aigus à la limite du cri. Le problème est d’autant plus ennuyeux que tous les autres rôles sont, quant à eux, très bien tenus, à commencer par la belle Beate de <strong>Theresa Holzhauser</strong> par exemple, ou le fort sympathique Kilian de <strong>Ralf Simon</strong>. Osera-t-on dire que l’œuvre, réellement secondaire, peut s’en contenter ?</p>
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		<item>
		<title>WAGNER, Parsifal — Genève</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/reprise-en-demi-tons/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Carine Tailleferd]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 18 Mar 2010 09:48:46 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pour ceux qui n’ont pas eu la chance d’assister à cette même production de Parsifal à Genève du printemps 2004 sous la baguette du regretté Armin Jordan nous laisserons de côté les « c’était mieux avant » pour nous concentrer sur cette reprise du printemps 2010. Difficile de confondre d’ailleurs. Pour cette mouture pas d’annonce quant à &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>          Pour ceux qui n’ont pas eu la chance d’assister à cette même production de <em>Parsifal </em>à Genève du printemps 2004 sous la baguette du regretté Armin Jordan nous laisserons de côté les « c’était mieux avant » pour nous concentrer sur cette reprise du printemps 2010. Difficile de confondre d’ailleurs. Pour cette mouture pas d’annonce quant à la coutume des non applaudissements même si les saluts sont respectés à la fin du IIe acte. Mais laissons aussi ce débat aux puristes, feu Wagner ne pouvant les départager. </p>
<p>C’est donc une reprise en forme de mi-temps pour ce <em>Parsifal</em>, mi-temps de la saison, mi-temps entre une distribution composée par l’ancien directeur, Jean-Marie Blanchard mais une direction musicale choisie par la nouvelle équipe cette fois. Alors toute la soirée oscille entre le fantôme d’une culture <em>alla stagione</em> et celle de répertoire se dessinant pour les saisons futures à Genève.</p>
<p> </p>
<p>Deux mots sur la mise en scène même si beaucoup a été dit depuis la création de <strong>Roland Aeschlimann</strong> en 2004. Il maîtrise l’allemand c’est un fait, aime la calligraphie et la symbolique en général. Pourtant cette production n’est pas la meilleure que le Grand Théâtre ait donné à voir à son public averti. Sa vision néo médiévale kitsch, mi-occidentale mi-orientale, vieillit cependant mieux que d’autres. Le voile dressé entre la salle et le plateau maintenu d’un bout à l’autre de la production participe à l’ambiance liturgique, ainsi que les codes couleurs utilisés : froids – le bleu et le vert sont omniprésents. Même l’aplat jaune de la rédemption finale vire au vert derrière, et c’est logique, le dit voile est bleu. L’ensemble tente de rendre compte du caractère sacré de l’ouvrage lyrique dématérialisé par Wagner. La chorégraphie proposée par Lucinda Childs pour la scène des filles-fleurs à l’acte II est étonnamment infantile, l’exécution brouillonne. Le charisme de Klaus Florian Vogt en préserve heureusement le jeu du « pur innocent ». Enfin l’invitation au métissage sacré, figuré par l’alignement d’une colonie de buddhas, convainc peu à l’acte III.</p>
<p> </p>
<p>Grâce soit rendue aux chœurs « tombés » du ciel, impeccables, bien dosés, témoins de l’équilibre parfait entre intensité vocale de l’ensemble et présence sur scène.</p>
<p> </p>
<p>La Direction musicale manque en revanche de personnalité et de cœur. Les liaisons sont parfois trop appuyées, certains enchainements malmenés. L’ensemble est propre, mais sec. Tension de l’ensemble, faussetés des cuivres par trois fois à l’Acte III : les moments de grâce possibles sont vite rompus par un <strong>John Fiore</strong> alangui. Notre époque privilégie un Wagner plus romantique que performant et c’est tant mieux. Mais cette direction nous prive d’instants délectables et traine poussive là où l’on attendrait des enchainements plus véloces. Alors à l’acte II, l’ennui nous prend au moment où pourtant, <strong>Klaus Florian Vogt</strong>, Parsifal proche de l’idéal, parvient à une merveille d’équilibre entre posture, jeu et timbre argenté.Eblouissant de naturel, parfaite invitation au voyage, il porte à lui seul la part sacrée de l’œuvre. On n’en dira pas autant de <strong>Lioba Braun</strong> dont la Kundry fait écran à la mystique du duo. La voix est sourde, courte comme un demi ton décalé dans cette tessiture étrangement changeante. Véritable incarnation wagnérienne en revanche, <strong>Albert Dohmen</strong> est un superbe Gurnemanz qui nous offre notamment un duo exemplaire avec le ténor à l’acte III. <strong>Andrew Greenan</strong> en Klingsor, <strong>Detlef Roth</strong> en Amfortas se disputent une médaille de bronze. Leur travail d’interprétation fonctionne à raison d’une direction d’acteurs honnête. Quand le premier, d’une voix élégante mais courte, peine à exprimer la noirceur du magicien maléfique, le second se montre trop juvénile pour convaincre. Les <em>bravi</em> resteront rares et c’est indemne, hélas, qu’on ressort du Grand Théâtre avec cette reprise en demi-tons et quart de notes.</p>
<p> </p>
<p> </p>
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