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	<title>Alexandra RÜBNER - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<title>Alexandra RÜBNER - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>DRAGHI, Il terremoto — Versailles</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Bernard Schreuders]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 28 Mar 2018 05:58:02 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Bien que la Semaine Sainte s’achevait avec la <em>Passion selon saint Matthieu </em>confiée au Tölzer Knabenchor, l’une des meilleures maîtrises d’outre-Rhin, Versailles a volontiers quitté les sentiers battus en programmant la <em>Passion selon Marc </em>de Bach dans la reconstitution de Jordi Savall et la <em>Passio per il Venerdi santo</em> de Gaetano Veneziano que Leonardo Garcia Alarcón couplait au <em>Stabat Mater </em>d’Antonio Nola. En outre, mercredi, avant cette plongée dans le baroque napolitain, <strong>Vincent</strong> <strong>Dumestre</strong> nous proposait un détour par la cour des Habsbourg avec <em>Il Terremoto </em>d’Antonio Draghi (1682) dont le Festival d’Ambronay avait accueilli la création française l<a href="https://www.forumopera.com/le-tremblement-de-terre-ambronay-le-choeur-des-trembleurs">’automne dernier</a>. Installé à Vienne en 1658, ce musicien originaire de Rimini y entame une longue et féconde carrière de librettiste, compositeur et administrateur, à la tête de la Chapelle Impériale puis de la musique dramatique. A côté d’une abondante littérature profane qui comporte pas moins de cent vingt opéras, Draghi (1635-1700) conçoit près d’une trentaine de <em>sepolcri</em>, un genre musical pratiqué exclusivement à Vienne, entre 1660 et 1705, et dans lequel s’illustrent également Bertali, Ziani, Cesti, Pederzuoli, ainsi que l’empereur Léopold Ier.</p>
<p>Inspiré de la Passion ou d’un épisode annonciateur puisé dans l’Ancien Testament, le <em style="line-height: 1.5">sepolcro </em>se donne le Jeudi Saint dans la chapelle de l’Impératrice douairière et le Vendredi Saint dans la Hofkapelle. Contrairement à l’oratorio, cette <em style="line-height: 1.5">représentation sacrée</em>, de dimensions plus modestes, fait l’objet d’une mise en scène : costumés, les protagonistes évoluent autour d’une réplique du Saint Sépulcre, la Hofkapelle s’ornant même, le Vendredi Saint, d’un décor peint en toile de fond. Antonio Draghi noue une collaboration privilégiée avec le poète de cour Nicoló Minato comme d’ailleurs avec l’architecte et scénographe Ludovico Ottavio Burnacchi, qui deviennent ses partenaires habituels dans le répertoire lyrique comme à l’église. <em style="line-height: 1.5">Il Terremoto</em> a pour thème le tremblement de terre qui, dans l&rsquo;évangile selon Matthieu, survient après la mort du Christ et s’accompagne d’événements surnaturels tels que l’obscurcissement du ciel, la résurrection de plusieurs saints ou, en l’occurrence, l’apparition des allégories de la Science et de la Foi.</p>
<p>S’il oppose d’abord l’affliction de la Vierge, de Marie-Madeleine et de Jean, face à l’agonie de Jésus, aux sarcasmes et aux provocations des incrédules, campés par un Scribe et un Pharisien, Nicoló Minato s’intéresse très vite à l’effroi qui les saisit et à leur repentir, repentir qui trouve également à s’incarner dans le rôle plus démonstratif d’un Centurion de la milice chargée de garder la Croix. Ponctué de formules simples mais fortes, propres à marquer les esprits, le texte de Minato n’est pas seulement propice à l’expression des <em style="line-height: 1.5">affetti </em>et à la piété : il développe aussi une riche herméneutique. Si ce n’est pas la douleur du Christ qui agite la terre, celle-ci prépare peut-être le sépulcre du dieu terrassé ou alors celui de l’homme qui en est issu et doit y retourner, à moins que, rougissant de voir la nature criminelle et vile d’une partie d’elle-même, elle ne cherche à retourner au chaos ? Elle pourrait aussi, par ses tremblements, accompagner les souffrances de la Vierge, dont, confie celle-ci, elle augmente les palpitations, ou tendre au pécheur une image spéculaire de sa crainte, comme le suggère l’implacable madrigal à neuf voix sur lequel se conclut l’ouvrage : « Homme, tremble encore, toi qui de terre es fait ».</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="243" src="/sites/default/files/styles/large/public/ilterre1.jpg?itok=JCvcSEIk" title="© Piotr Krochmal" width="468" /><br />
	© Piotr Krochmal</p>
<p>Le sujet même d’<em style="line-height: 1.5">Il Terremoto</em> n’autorise pas le recours à un simulacre de tombeau en guise de décor et <strong style="line-height: 1.5">Benjamin Lazar</strong> s’est concentré sur la direction d’acteurs, fidèle à son esthétique, nourrie de gestuelle baroque et magnifiée par la lumière des bougies (à peine renforcée par un discret éclairage électrique). Toutefois, l’adéquation entre le verbe et le jeu de scène ne sera jamais aussi totale que dans le très éloquent prologue, tiré des Ecritures et optant pour la prononciation dite restituée du français, où <strong style="line-height: 1.5">Alexandra Rübner</strong> narre les événements avant que ne résonnent les premières notes de Draghi. La figure centrale de la Vierge, onctueuse, fragile et qui paraît quelquefois sur le point de défaillir, possède davantage la <em style="line-height: 1.5">morbidezza </em>d’une madone de Raphaël que la vigueur d’un Caravage. Cependant, si le ramage se montre souvent à l’avenant, les raisons sont sans doute à rechercher autant chez Draghi que dans les options interprétatives. De fait, <strong style="line-height: 1.5">Léa Trommenschlager</strong> semble corseter un instrument aux ressources considérables mais heureusement fort malléable, allégeant constamment l’émission au profit de nuances dont la délicatesse s’apprécierait mieux dans un cadre intime, sinon chambriste. Le compositeur, pour sa part, se focalise sur la mère aimante et répugne à traduire la violence de son deuil, pourtant abordée en termes explicites par Minato (« peine atroce », « âpres tourments », « cruelles douleurs »), laissant à Marie-Madeleine, à Jean et surtout au chœur le soin d’explorer le potentiel pathétique de certains <em style="line-height: 1.5">lamenti</em>. N’était un italien parfois exotique, les huit chantres (deux par partie), étrangers à l’action et assis derrière les instrumentistes du <strong style="line-height: 1.5">Poème harmonique</strong>, remplissent parfaitement leur office.</p>
<p>Inégalement inspiré, Antonio Draghi ne saisit que partiellement les opportunités offertes par le livret d’apporter relief et variété à l’habillage musical d’<em style="line-height: 1.5">Il Terremoto</em>, à commencer par le tremblement de terre lui-même. Nous attendions une page spectaculaire, puissamment suggestive, fût-elle brève, or le traitement déçoit et ne distingue guère le séisme d’un orage. Si l’écriture emprunte au registre comique ses rythmes comme ses tournures pour traduire les railleries du Scribe et du Pharisien qui défient Jésus sur la Croix, la caractérisation demeure relativement sommaire et peine à retenir l’attention. Il faudrait sans doute aussi le métier et la verve de chanteurs rompus aux rôles de caractère, à l’instar de Dominique Visse, pour en faire quelque chose – Vincent Dumestre avait d’ailleurs attribué au contre-ténor la partie du Scribe lors de la création mondiale du <em style="line-height: 1.5">sepolcro </em> à Cracovie en avril 2017. Néanmoins, <strong style="line-height: 1.5">Ricardo Angelo Strano</strong>, qui n’avait pas encore abordé l’ouvrage, réussit à s&rsquo;approprier le suave et lumineux dolorisme de sa dernière plainte, tirant, <em style="line-height: 1.5">ipso facto</em>, son épingle du jeu, un exploit alors que notre oreille reste captive des inflexions extraordinairement raffinées que Léa Trommenschlager vient de distiller dans son ultime monologue. Nous avons hâte de retrouver cette dernière à l’affiche de <em style="line-height: 1.5">Phaéton</em> en juin et nous nous en voudrions de ne pas signaler que Riccardo Angelo Strano, que nous avions découvert en <a href="https://www.forumopera.com/lincoronazione-di-poppea-aix-la-chapelle-naissance-dune-poppee-suzanne-jerosme">Néron à Aix</a>, s’y produira lui aussi, le 10 juin, au cours d’un week-end dédié aux castrats réunissant également Franco Fagioli et Filippo Mineccia.</p>
<p><strong style="line-height: 1.5">Victor Sicard,</strong> baryténor clair et sonore, embrasse avec bonheur l’imposante stature du Centurion, partie vocalement plus gratifiante et dramatiquement mieux dessinée que celles du Pharisien et du Scribe. Si la Vierge n’est que tendresse, par contre, l’indignation et les reproches sont pleinement assumés par Marie-Madeleine et Jean, déchirés entre leur affection pour le Christ et leur ressentiment à l&rsquo;endroit des hommes. La première retrouve la noblesse et l’autorité que lui conférait déjà <strong style="line-height: 1.5">Claire Lefilliâtre</strong> lors de la création polonaise du spectacle tandis que <strong style="line-height: 1.5">Zachary Wilder</strong>, qui remplace Jeffrey Thompson, prête son ténor ferme et corsé à Jean. Du disciple que Jésus aimait et qui peut-être aimait Jésus plus que les autres, Draghi brosse un portrait vivement contrasté et, cette fois, n’élude aucun changement d’humeur. Stupeur, attendrissement ou colère, Zachary Wilder les restitue avec cette plasticité expressive et cette attention au texte que nous avons maintes fois admirées chez <a href="https://www.forumopera.com/il-ritorno-dulisse-in-patria-barcelone-le-secret-de-jouvence-de-john-eliot-gardiner">Monteverdi</a> et plus largement dans le <a href="https://www.forumopera.com/cd/claudio-monteverdi-salomone-rossi-balletti-sonate-aimez-vous-rossi">Seicento</a>. Vincent Dumestre et ses musiciens épousent aussi le moindre frémissement de l’âme, déployant un luxe de demi-teintes et de sonorités infiniment séduisantes, auxquelles nous succombons mais non sans imaginer ce que pourrait donner <em style="line-height: 1.5">Il Terremoto </em>s’il était investi par un chef aux ambitions dramatiques plus affirmées.</p>
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		<title>PAGLIARDI, Caligula — Paris (Athénée)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/caligula-maximus/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Marcel Humbert]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 08 Mar 2012 09:49:55 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>  Les marionnettes siciliennes Opera dei Pupi, nées au début du XIXe siècle et extrêmement répandues il y a encore une cinquantaine d’années, ont vu un grand nombre de compagnies cesser progressivement leur activité. Fort heureusement, quelques marionnettistes, dont Mimmo Cuticchio à Palerme, consacrent leur vie à sauver cet art populaire inscrit en 2001/2008 au &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>           </p>
<p>			Les marionnettes siciliennes <em>Opera dei Pupi</em>, nées au début du XIXe siècle et extrêmement répandues il y a encore une cinquantaine d’années, ont vu un grand nombre de compagnies cesser progressivement leur activité. Fort heureusement, quelques marionnettistes, dont <strong>Mimmo Cuticchio</strong> à Palerme, consacrent leur vie à sauver cet art populaire inscrit en 2001/2008 au titre du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO. Les marionnettes qui jouent ce soir à l’Athénée mesurent 80 cm (d’autres types peuvent mesurer 1,20 m et peser jusqu’à une vingtaine de kilos). Caractéristiques par leur haut crochet métallique et leurs deux tiges de fer (la première pour le maintien général, la seconde pour mouvoir la main droite, la gauche étant mue par des fils souples), elles sont fabriquées sur une armature de bois avec de riches étoffes et des ornements et armes métalliques, chacune étant manipulée par un marionnettiste habillé de noir qui l’accompagne dans ses déplacements sur scène. Des fonds de toiles peinte et deux portants complètent l’organisation spatiale.</p>
<p>			La marionnette fait bon ménage avec l’opéra : qui ne connaît notamment les marionnettes (à fils) de Salzbourg ? Et qui ne se souvient du mémorable <em>Béatrice et Bénédict</em> présenté en 2010 à l’Opéra Comique (voir <a href="http://www.forumopera.com/index.php?mact=News,cntnt01,print,0&amp;cntnt01articleid=1550&amp;cntnt01showtemplate=false&amp;cntnt01lang=fr_FR&amp;cntnt01returnid=54">recension</a>) : la représentation nous avait déjà entraînés dans le monde magique de la marionnette sicilienne. Aujourd’hui, c’est la quintessence du genre, mené à son plus pur achèvement, qui est née d’une véritable rencontre artistique entre <strong>Vincent Dumestre</strong> et Le Poème Harmonique d’une part, Mimmo Cuticchio et le théâtre des Pupi d’autre part. L’un et l’autre ont voulu retrouver l’esprit de merveilleux propre au baroque, en restituant le genre particulièrement original de l’opéra pour marionnettes, qui est apparu à Venise dès 1670. L’opéra choisi, <em>Caligula</em>, composé en 1672 par Giovanni Pagliardi sur un livret de Domenico Gisberti, retrace le parcours de l’empereur romain entre folie, passion et pouvoir. Énorme succès à sa création, cette œuvre mêle tous les genres : désir, jalousie, espoir, amour et joie, comique et tragique… De chaque côté du podium installé au centre de la scène de l’Athénée, six chanteurs habillés de noir prêtent leur voix aux interprètes de bois. Les musiciens sont dans la fosse.                               </p>
<p>			On ne sait ce que l’on doit admirer le plus dans cette réalisation, d’où l’on sort avec des étoiles dans les yeux : la qualité musicale, d’abord, qui mêle une direction qui n’est plus à vanter à des instrumentistes qui feraient aimer le baroque et les instruments anciens aux plus réticents. Ensuite, six chanteurs vraiment extraordinaires, <strong>Jan van Elsacker, Caroline Meng, Florian Götz, Jean-François Lombard, Luanda Siqueira et Serge Goubioud</strong>, aux qualités vocales et techniques supérieures, qui roucoulent, racontent, changent de voix, et surtout animent l’espace d’une manière étonnante avec leurs intonations en mimétisme parfait avec les attitudes des marionnettes, réalisant ainsi un doublage que beaucoup de films auraient à leur envier. Enfin, les manipulateurs qui donnent vie à ces personnages de bois et de métal, au point que plus d’une fois on se laisse prendre aux attitudes et aux mimiques. Une heure vingt de rêve, qui passe comme un éclair. Du grand art.</p>
<p>			Le spectacle continue sa tournée à travers la France : s’il passe près de chez vous, ne le manquez pas, et s’il passe loin, faites le voyage, vous ne serez pas déçus !</p>
<p>			 </p>
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<p>			 </p>
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