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	<title>Olivier SCHNEEBELI - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Olivier SCHNEEBELI - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>CHARPENTIER, David et Jonathas</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/charpentier-david-et-jonathas/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 02 Apr 2024 05:08:54 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Surtout ne pas voir dans cet intitulé provocateur, une revendication féministe, tant s’en faut. Comme il était d’usage dans les collèges de Jésuites, seuls les garçons et les hommes participaient aux pièces en latin, auxquelles prenait part la musique, dès les années 1680 (*). Partout, annuellement, était donnée une nouvelle composition, écrite pour la circonstance. &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Surtout ne pas voir dans cet intitulé provocateur, une revendication féministe, tant s’en faut. Comme il était d’usage dans les collèges de Jésuites, seuls les garçons et les hommes participaient aux pièces en latin, auxquelles prenait part la musique, dès les années 1680 (*). Partout, annuellement, était donnée une nouvelle composition, écrite pour la circonstance. <em>David et Jonathas</em> est – à ce jour – le seul opéra de collège à nous être parvenu dans son intégralité, texte et musique. A la différence des versions enregistrées antérieures, où Jonathas était confié à une soprano adulte, cette version est la première à confier le rôle à un enfant. Par-delà le souci de fidélité à l’interprétation voulue par le compositeur, l’émission juvénile de l’un des Pages du CMBV (<strong>Natacha Boucher</strong>) surprend et émeut. Il en va de même des bergers, captifs et coryphées. Les chœurs (Chantres et Pages) animés depuis trente ans par <strong>Olivier Schneebeli</strong> constituent le principal atout de cette version, qui suit de peu celle, également remarquable, de Gaétan Jarry. Les parties de dessus sont ainsi tenues par les Pages (2). Le texte – essentiel – est servi avec une diction (moderne) exemplaire, dont l’intelligibilité est constante. La déclamation des passages parlés participe également à la dramatisation intense qui porte l’ouvrage. L’orchestre, à quatre parties de cordes, avec, ponctuellement, flûtes et hautbois, se montre remarquable, tout comme la basse continue (3), conforme à ce que l’on sait des conditions de création de l’ouvrage. &nbsp;La prise de son, dépourvue de l’excessive réverbération de certaines versions, restitue la force et l’intimité souhaitables. A cet égard, le chef fait le choix de ne pas tenter de reconstituer la page arrachée de l’ample chaconne du II et en tire le meilleur parti en suspendant la formidable progression musicale par le silence.</p>
<p>L’opéra aurait pu s’intituler <em>Saül</em>, dont la figure domine le drame, du prologue au dénouement. Ainsi, loin des modèles allégoriques de Lully, nous sommes introduits dans l’action dès le prologue, rappelant la malédiction qui pèse sur Saül : l’Ombre de Samuel lui révèle sa propre mort comme celle de son fils, Jonathan. C’est bien à une tragédie que Charpentier nous convie, de « bruit et fureur », mais,toute l’action se déploie dans la tragédie latine, entre les actes de laquelle la musique s’insère, avec fort peu de récitatifs (4). Seuls le prologue et le dernier acte échappent à cette privation d&rsquo;action. La complexité et l’intelligence de la construction forcent l’admiration. Pour ne retenir qu’un exemple, alors que la mort de Jonathas nous étreint, la banalité délibérée du triomphe final de David (où Achis et le peuple le célèbrent) relève du génie.</p>
<p>L’esprit de troupe est une des autres caractéristiques de cet enregistrement&nbsp;: la personnalité d’Olivier Schneebeli impose à ses ensembles une complicité idéale avec les solistes, qui lui sont souvent redevables de leur formation initiale. Le Saül impérieux et pathétique, shakespearien, que campe <strong>David Witczak</strong> impressionne par sa justesse et sa vigueur. Le roi, torturé par ce destin que lui promet sa disgrâce, abandonné de son Dieu, est d’une vérité dramatique surprenante, exceptionnelle. Dès le prologue, mais encore davantage au troisième acte (« Objet d’une implacable haine »), où il ne peut maîtriser sa violente colère, et, surtout, au cinquième, son désespoir à la mort de Jonathas. Le David que nous vaut l’ancien chantre <strong>Clément Debieuvre </strong>a la projection requise pour exprimer toute la palette des sentiments du futur roi. L’émission est solaire, chaleureuse, comme grave (« Souverain juge des mortels », au III), et la mort de Jonathas, poignante, est un sommet, traduite ici de façon magistrale. <strong>Jean-François Novelli</strong> donne à Joabel, jaloux de David, &nbsp;l’ambigüité et la noirceur attendues. La Pythonisse, sorcière d’Endor, de <strong>Jean-François Lombard</strong>, pourrait rivaliser avec toutes ses descendantes de l’opéra romantique. L’impressionnante apparition de l’Ombre de Samuel, sur des basses inouïes, est confiée à <strong>Edwin Crossley-Mercer</strong>, qui sert fort bien le rôle,comme celui d’Achis. On a dit tout le bien que l’on pensait de ce Jonathas émouvant, en proie au déchirement entre son amour pour son père, Saül, et celui partagé avec David. Le timbre de <strong>Natacha Boucher</strong> est lumineux, sa fraîcheur et sa relative fragilité renouvellent l’écoute.</p>
<p>Un enregistrement, servi par une équipe exemplaire, appelé à faire date, tant par ses choix esthétiques que par sa vie.</p>
<pre>(1) « Les Jésuites se défendent de mettre la moindre femme et le moindre trait de galanterie… » (Lecerf de La Viéville).&nbsp;
(2) La vie de Charpentier fut dominée par les Jésuites : recommandé par Mademoiselle de Guise, il compose pour les trois collèges parisiens qu’ils gèrent. Le collège Louis-le-Grand comptait alors 2000 écoliers, et leur pratique régulière du chant devait permettre de constituer un excellent pupitre.&nbsp;
(3) deux claviers (orgue et clavecin), deux théorbes, une basse de violon et une viole de gambe, un basson. La toute première version – méritoire – de Corboz, pêchait surtout par la faiblesse de son orchestre. Ici, rien de tel.&nbsp;
(4) à la tragédie latine du Père Chamillart (perdue) ont été substituées six stances de Godeau, découvertes à cette occasion&nbsp;: on n’en connaissait plus guère que son adaptation des psaumes, destinée à concurrencer celles de Clément Marot et de Théodore de Bèze, que la Réforme avait diffusées.</pre>
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		<title>CHARPENTIER, David et Jonathas — Versailles</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/david-et-jonathas-versailles-la-reverence-du-maitre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurianne Corneille]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 15 Jul 2021 09:57:44 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Jeudi 8 juillet, à l’Opéra Royal du Château de Versailles se tenait une représentation inoubliable de la tragédie lyrique David et Jonathas de Charpentier. Il s’agissait d’une production du Centre de musique baroque de Versailles (Coréalisation Opéra Royal/Château de Versailles Spectacles – CMBV). Un enregistrement discographique a été réalisé pour le Centre de musique baroque &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Jeudi 8 juillet, à l’Opéra Royal du Château de Versailles se tenait une représentation inoubliable de la tragédie lyrique <em>David et Jonathas</em> de Charpentier. Il s’agissait d’une production du Centre de musique baroque de Versailles (Coréalisation Opéra Royal/Château de Versailles Spectacles – CMBV). Un enregistrement discographique a été réalisé pour le Centre de musique baroque de Versailles.</p>
<p>Ce concert était très attendu (outre son report dû aux conditions sanitaires des derniers mois), puisqu’il s’agissait du dernier concert dirigé par <strong>Olivier Schneebeli</strong> qui fut pendant trente ans à la direction musicale et pédagogique de la Maîtrise du CMBV : « Les Pages et les Chantres. »</p>
<p>Chef-d&rsquo;œuvre de Charpentier, servi admirablement par l’Orchestre « les Temps Présents », <em>David et Jonathas</em> fut créé en 1688 au Collège Louis-le-Grand à Paris. Les actes étaient entrecoupés par une pièce de théâtre, <em>Saül</em>, du Père Chamillart : c’était en effet la seule manière de pouvoir présenter cette œuvre, le privilège royal empêchant tout autre que Lully de faire jouer une tragédie lyrique. A cette époque, le rôle de Jonathas et les petits rôles confiés aux dessus étaient tenus par des élèves, version retenue pour ce 8 juillet. Olivier Schneebeli a également souhaité faire entendre la déclamation de vers intercalés (pas en latin comme c’était le cas dans la version originelle) : il a donc choisi la Paraphrase de la plainte de David sur la mort de Saül et Jonathas écrite par le poète chrétien du XVIIème siècle Antoine Godeau, manifestement injustement oublié.</p>
<p>Faire jaillir le texte conjointement à cette musique donne une profondeur inouïe à l’œuvre de Charpentier et caractérise la démarche de Schneebeli, cet amoureux des Arts et des Lettres au sens large. Il convient ici de rendre hommage à un Maître : si l’excellence du musicien l’a amené au cours de sa carrière à collaborer comme chef de chœur et assistant aux productions dirigées par William Christie, Philippe Herreweghe, René Jacobs, il s’est illustré en tant que chef d’ensemble dans les productions du CMBV  &#8211; et en collaboration avec ses musicologues-  avec les Pages et les Chantres, et il a œuvré à la redécouverte des chefs-d‘œuvres du répertoire sacré de la France des XVIème et XVIIème siècles.  Les associations avec de prestigieux ensembles et orchestres baroques sont des références au disque. </p>
<p>Comme point d’orgue de cette soirée particulière, le discours de Nicolas Bucher, Directeur du CMBV, venait éclairer le travail développé par Olivier Schneebeli : « Il m’a suffi de te voir pendant cinq minutes en répétition pour comprendre que faire de la musique avec toi, ça peut effectivement changer une vie. Quelques mots : la passion, la conviction, l’exigence. » Nicolas Bucher n&rsquo;a pas manqué de mettre en exergue le retentissement humain du pédagogue, citant toutes ces personnes avec qui il s’était entretenu et qui avaient spontanément prononcé cette phrase : « Ah Olivier ! Je ne serais pas là où je suis si je ne l’avais pas rencontré ». Puis Catherine Pégard, Présidente de l’Etablissement public du château du musée et du domaine national de Versailles, ne tarissant pas d’éloges, lui a remis la Légion d’Honneur. L&rsquo;émotion générale alors à son comble, Schneebeli a prononcé un vibrant témoignage dont voici les derniers mots : « Enfin, je veux revenir à vous, Pages, Chanteresses et Chantres, mes Bien-Aimés. Ce que vous m’avez apporté durant toutes ces années ne se peut concevoir. Les solistes de cette soirée, son metteur en scène, illustrent parfaitement tous les trésors dont vous m’avez comblé, dont vous avez su, tous autant que vous êtes, enthousiasmer mon âme. Au-delà de ce soir, pour le temps qu’il me reste, et sans doute au-delà, je ne vous oublierai pas ».</p>
<p>Je crois que l’on parle insuffisamment des êtres d’exception qui se font discrets : Olivier Schneebeli, que beaucoup d’enfants ont eu la chance de croiser, est un Ange-Musicien, une merveille d’Homme que j’ai moi aussi eu le bonheur d’avoir sur mon chemin, à Chartres. Chanter avec lui était à l’époque plus important que tout le reste et je garde le souvenir impérissable d’une transfiguration chaque fois qu’il nous dirigeait, qu’il insufflait le chant. Je me souviens aussi que chaque enfant percevait immédiatement qu’il avait en face de lui un phénomène rare. Il était le Pédagogue au sens le plus noble qui soit : parfaitement conscient de « travailler » avec de la matière humaine sur laquelle il lui suffisait de souffler délicatement pour qu’elle s’élève, qu’elle prenne son envol. </p>
<p>Puissent la Musique et la Pédagogie s’inspirer à jamais de votre exemple hors du commun, Monsieur Schneebeli, homme de l’ombre épris de Lumière.</p>
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		<title>Grands motets</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/grands-motets-apparat-vigueur-et-interiorite/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 06 Dec 2018 07:57:48 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Année faste que 2018 pour les grands motets de Lalande, puisque qu’après Vincent Dumestre (Majesté et émotion à Versailles) Olivier Schneebeli nous en offre trois autres, tout aussi magnifiquement servis. Que de chemin parcouru en cinquante ans ! Sans entrer dans les considérations esthétiques ou instrumentales, il fallait ainsi un quart d’heure supplémentaire à Michel Corboz &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Année faste que 2018 pour les grands motets de Lalande, puisque qu’après Vincent Dumestre (<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/cd/majeste-majeste-et-emotion-a-versailles">Majesté et émotion à Versailles</a>) <strong>Olivier Schneebeli </strong>nous en offre trois autres, tout aussi magnifiquement servis. Que de chemin parcouru en cinquante ans ! Sans entrer dans les considérations esthétiques ou instrumentales, il fallait ainsi un quart d’heure supplémentaire à Michel Corboz (qui avait été précédé d’Alexandre Cellier et de Marcel Couraud) pour achever le <em>De profundis</em>. Avec, ses solistes, son chœur et l’ensemble <strong>Collegium Marianum</strong>, nous ne sommes pas au Musée Grévin de la musique, malgré la volonté constante de fidélité aux voix, aux instruments, à la pratique du temps comme à l’espace acoustique : enregistrés dans la Chapelle royale du Château de Versailles, les trois grands motets se signalent par leur vigueur, l’apparat comme l’intériorité. Il n’est pas inutile de citer Titon du Tillet (description du <em>Parnasse français</em>, 1727) : «Le Roy qui se connaissoit parfaitement en musique, goûta fort celle de la Lande (…) La musique latine de la Lande a été exécutée à la Cour quarante ans avec applaudissement général, et notre monarque qui a témoigné souhaiter qu’on chantât de tems en tems dans sa Chapelle des motets de la composition de ce musicien, fait connoître la grande estime qu’on en fait ».</p>
<p>Encadré du <em>Venite, exultemus Domino</em> (Psaume 94) et du <em>Dominus regnavit</em> (Psaume 96), le plus célèbre des 77 grands motets, le <em>De profundis</em> (Psaume 129) nous est proposé dans sa  version originale de 1689, marquée encore par l’influence de Lully, Du Mont et Robert. Les vastes proportions autorisent toutes les expressions comme les écritures les plus variées. Ainsi aux parties homophones, puissantes, grandioses s’opposent celles où Lalande tisse un contrepoint d’une richesse jusqu’alors inconnue dans la musique française. Soli, tutti, accompagnement confié à la seule basse continue, à l’orchestre ou aux instruments solistes renouvellent l’intérêt. Le travail sur les tensions chromatiques, les silences, le modelé des phrasés, les subtils équilibres vocaux et instrumentaux force l’admiration. <em>Venite, exultemus Domino</em>, de 1700, se signale également par sa dynamique, sa clarté comme sa fluidité et son raffinement. De 1704, le <em>Dominus regnavit</em>, qu’il est intéressant de comparer à la production de Mondonville, est empreint de grandeur, d’énergie contrastant avec le recueillement, la ferveur. Ainsi l’<em>Adorate eum</em>, où le soprano lumineux de <strong>Chantal Santon-Jeffery</strong> fait merveille. Comme elle, ses complices sont familiers de ce répertoire. <strong>Reinoud van Mechelen</strong>, toujours superbe de couleurs, de phrasé et de style, dont le <em>Venite adoremus </em>– avec chœur – du premier motet enregistré, est un modèle. <strong>François Joron</strong>, taille, n’intervient le plus souvent que dans les ensembles. Retenons cependant le finale du <em>Dominus regnavit</em>, où ses mélismes et son égalité se marient idéalement au chœur. Quant à <strong>Lisandro Abadie</strong>, que l’on retrouve ici avec plaisir, chacune de ses interventions nous vaut autant de bonheur, de l’introduction du <em>De profundis</em>, au superbe <em>Nubes, et caligo</em> (du dernier motet).</p>
<p>Olivier Schneebeli, anime cette musique, avec générosité. Le souffle qu’il donne au chœur, comme à l’ensemble instrumental, le <strong>Collegium Marianum,</strong> de Prague, donne vie à une musique dont tout schématisme est banni. La vie, les équilibres, l’élégance,  tout est là. La lumière irradie et chacune des lignes, vocales comme instrumentales, est conduite avec art. Pour autant les passages homophones concourent à la grandeur de la partition. Signalons pour finir que l’ensemble tchèque joue remarquablement les instruments des Vingt-quatre violons du Roi, prêtés par le CMBV.  Le plus bel hommage, celui de La Borde (<em>Essai sur la musique</em>, 1780) résume bien l’importance et le rayonnement du grand motet : « Les étrangers, depuis Lalande, donnent aux Français la primauté dans ce genre de musique sur toutes les nations d’Europe ».</p>
<p>La prise de son restitue au mieux l’acoustique de la Chapelle royale, avec les plus belles couleurs vocales et instrumentales, tout en donnant une lisibilité remarquable de chaque ligne. Outre les textes chantés et leur traduction (français-anglais), le livret comporte une introduction pertinente de Thomas Lecomte.</p>
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		<title>Tancrède</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/tancrede-isabelle-druet-alias-mademoiselle-de-maupin/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 01 Jun 2015 05:11:14 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Après les représentations dirigées en 1986 à Aix-en-Provence par Jean-Claude Malgoire, qui avait assuré la résurrection de l’œuvre dix ans auparavant à l’Opéra de Copenhague, le Tancrède de Campra avait fait l’objet d’une publication discographique chez Erato (1990). Trente ans plus tard, c’est à nouveau un live qui est livré au public par le label &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Après les représentations dirigées en 1986 à Aix-en-Provence par Jean-Claude Malgoire, qui avait assuré la résurrection de l’œuvre dix ans auparavant à l’Opéra de Copenhague, le <em>Tancrède</em> de Campra avait fait l’objet d’une publication discographique chez Erato (1990). Trente ans plus tard, c’est à nouveau un <em>live</em> qui est livré au public par le label Alpha. En 1986, tout en saluant la révélation d’un chef d’œuvre de la tragédie lyrique, beaucoup avaient déploré le caractère hétérogène de la distribution aixoise, et la réussite partielle de la direction de Malgoire, plus à l’aise dans le pathétique que dans le brillant. Cela dit, c’était un peu la préhistoire, puisque la France vivait alors encore en l’an 1 avant <em>Atys</em>. Et les coupes opérées dans la partition avaient été sanglantes, puisque l’œuvre entière tenait sur deux disques, pour un total de deux heures et deux minutes ! Le présent enregistrement nous restitue donc enfin ce <em>Tancrède</em> sous un jour plus proche de sa réalité, et nous permet d’entendre quelques-uns des meilleurs éléments de la jeune génération de chanteurs français.</p>
<p>Giovanna au printemps prochain dans le nouveau <em>Rigoletto</em> de l’Opéra de Paris, <strong>Isabelle Druet</strong> mérite pourtant mieux que les emplois de duègne réduits à quelques notes. La musique baroque lui offre heureusement les grands rôles auxquels elle peut légitimement aspirer : on l’entendra bientôt en Pénélope du <em>Ritorno d’Ulisse</em> (voir l’interview qu’elle nous accordait en septembre 2013), et elle est le plus brillant élément de ce <em>Tancrède</em>, recréant les fastes de la créatrice du rôle, l’illustre Maupin, immortalisée par un roman de Théophile Gautier et première voix féminine aussi grave à se produire sur une scène lyrique. Même si son temps de « parole » est somme toute limité (elle n’apparaît qu’au deuxième acte, puis n’intervient qu’à la fin des actes 3, 4 et 5, mais pour des scènes assez développées), sa présence est suffisamment forte pour s’imposer. Sa rivale Herminie est pourtant excellemment campée par <strong>Chantal Santon</strong>. L’amante de Tancrède possède ici un fort beau timbre et une diction idoine, et elle se montre particulièrement touchante dans son grand air du troisième acte, « Cessez, mes yeux, cessez de contraindre vos larmes ».</p>
<p>Face aux dames, trois voix graves se partagent les rôles principaux, ce qui n’avait d’ailleurs pas manqué d’étonner les contemporains de Campra. <strong>Alain Buet</strong> en Argant sonne peut-être plus comme un père que comme un jeune amant, mais la participation de ce personnage se borne au premier acte et au début du troisième. <strong>Eric Martin-Bonnet</strong>, que l’on n’entend pas si souvent dans la musique baroque, est un fort bel Isménor, effrayant à souhait dans les différentes scènes où le magicien invoque les esprits infernaux. <strong>Benoît Arnould</strong> prête au rôle-titre une voix suffisamment large pour atteindre les extrêmes de la tessiture de ce héros dépressif, dont le livret explore surtout les atermoiements, et dont les derniers mots, lourds de souffrance, laissent l’opéra se terminer sur un silence.</p>
<p>Sans doute portés par leur chef habituel, les <strong>Chantres du centre de musique baroque de Versailles</strong> livrent ici une prestation plus convaincante que dans <em>Les Danaïdes </em>de Salieri : peut-être aussi sont-ils plus à l’aise dans cette musique, de près d’un siècle plus ancienne, et surtout l’expérience de la scène (le spectacle fut donné <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/spectacle/guerrier-sans-gloire-amant-sans-esperance">à Avignon </a>et à Versailles) les aura-t-elle galvanisés. A la tête de l’ensemble <strong>Les Temps Présents</strong>,<strong> Olivier Schneebeli</strong> dirige le chef-d’œuvre de Campra avec beaucoup de pudeur et, s’il sait conférer la vigueur nécessaire aux moments guerriers comme aux divertissements chantés et dansés, on pourrait parfois souhaiter plus d’animation dans les récitatifs.</p>
<p> </p>
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		<title>LULLY, Amadis — Massy</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/et-vous-serez-contents/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Marcel Humbert]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 06 Feb 2010 19:04:15 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>« Et vous serez contents… », ainsi se termine cet opéra qui marque chez Lully le véritable renouveau d’un genre, au point que Philippe Beaussant le considère comme « l’anti-Atys ». Dans cette œuvre conçue sur une base de vraisemblance théâtrale et psychologique, on ne trouve en effet ni Olympe inaccessible, ni héroïsme tragique, ni mort rédemptrice. Car cette &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>          « <em>Et vous serez contents</em>… », ainsi se termine cet opéra qui marque chez Lully le véritable renouveau d’un genre, au point que Philippe Beaussant le considère comme « l’anti-Atys ». Dans cette œuvre conçue sur une base de vraisemblance théâtrale et psychologique, on ne trouve en effet ni Olympe inaccessible, ni héroïsme tragique, ni mort rédemptrice. Car cette tragédie lyrique, qui n’avait jamais été reprise depuis 1771, et qui a été recréée fin janvier en Avignon, nous transporte dans l’univers chevaleresque médiéval revu par la fin du XVII<sup>e</sup> siècle. Le pari n’était pas simple de faire revivre aujourd’hui le roman fleuve <em>Amadis de Gaule, </em>tiré d’un roman médiéval portugais peuplé de bons génies et de dangereux magiciens, mais l’adaptation de Quinault prouve son efficacité et sa modernité.<br />
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Le metteur en scène <strong>Olivier Bénézech</strong> ne s’y est pas trompé, et annonce d’emblée ses choix : « <em>Loin de nous l’idée d’en faire un objet de luxe historique inaccessible : ainsi allons-nous ignorer les vains fantasmes de la reconstitution. Aujourd’hui, le roman (24 volumes) serait un feuilleton télévisé en cinq saisons. Sans faire appel aux nouvelles conventions du genre « tendance » (la tragédie lyrique habillée en robe de cocktail 1950 nous fatigue), nous nous inspirons du traitement avec lequel les créateurs actuels de BD revisitent le passé. Un livre d’images destiné à perdre le spectateur d’aujourd’hui au milieu d’illusions sans cesse renouvelées</em> ».<br />
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Ainsi, tout est dit : sans aller jusqu’à Enki Bilal, nous aurons droit à des oreilles en pointe prêtées par Spock à Arcabonne et Arcalaüs, et à certaines coupes de cheveux ébouriffantes sorties tout droit du grand coiffeur international Cage de Faraday. Peut-être, tout au plus, le décalage avec les danseurs et les choristes, tout de blanc vêtus avec leurs têtes et coiffures actuelles de tous les jours, peut-il faire un peu regretter que le même traitement ne leur ait pas été appliqué. Mais en tous cas, le pari est gagné, car le jeune public présent dans la salle, yeux écarquillés et bouche close, semble s’y retrouver parfaitement et en tous cas ne paraît pas s’y ennuyer un seul instant.<br />
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Et tout cela donne, avec des praticables simples, des projections sobres et des costumes travaillés et colorés évoquant le Grand Siècle, un spectacle de toute beauté, vraiment envoûtant. La mise en scène, peut-être un peu répétitive au niveau des entrées côté jardin, reste fluide et très lisible, et la mise en espace claire et suggestive sous des éclairages parfois un peu trop froids. D’aucuns diront que le décalage est un peu trop grand entre le jeu de certains acteurs s’essayant avec plus ou moins de bonheur à la gestuelle baroque, et d’autres jouant un peu trop genre « boulevard du Crime ». Mais c’est peut-être de là que vient l’impression de liberté que donne le spectacle, qui s’échappe ainsi des carcans trop stricts de la reconstitution historique.<br />
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La qualité de la chorégraphie et des jeunes danseurs est pour beaucoup dans la réussite de l’ensemble. <strong>Françoise Denieau</strong> a parfaitement réussi à entraîner tout son monde à des techniques différentes, à une autre manière de penser et de s’exprimer : « <em>C’est une danse qui n’est pas sur la démonstration comme la danse classique, on est sur un autre chemin, un autre esprit. Il faut rechercher non pas l’exécution, mais la manière de s’exister </em>» souligne-t-elle. Le ballet des squelettes (esprits infernaux) reste un grand moment de théâtre.<br />
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Quant à la partie musicale, elle est tout simplement exemplaire. L’orchestre d’instruments anciens sonne toujours juste – ce qui montre que c’est possible – sous la baguette à la fois précise et inspirée d’<strong>Olivier Schneebeli</strong>. Le plateau de jeunes chanteurs, dont certains sont déjà des vedettes confirmées, est en tout point remarquable et tous les noms méritent d’être cités à égalité. <strong>Cyril Auvity</strong> chante et joue avec beaucoup de naturel et de retenue le rôle titre. Le style est parfait, la voix est claire et puissante, même si elle accuse un peu de fatigue en fin de spectacle. <strong>Edwin Crossley-Mercer</strong> (Florestan), au fort baryton, paraît moins à l’aise dans ce répertoire dont il ne maîtrise pas toujours toutes les nuances. <strong>Katia Velletaz</strong>, au-delà d’une prestation vocale de très bon niveau, donne à Oriane, grâce à sa vraie nature de comédienne, une existence dramatique convaincante ; elle semble toutefois avoir du mal à assumer sur toute la durée de la représentation une unité de style musical. La mezzo <strong>Dagmar Šašková</strong>, qui semble parfaitement dans son élément arrive également à rendre intéressant le rôle de Corisande. <strong>Isabelle Druet</strong> est fort impressionnante, tant vocalement que scéniquement, en Arcabonne ; sa voix chaude à la projection parfaite est tout à fait adaptée à ce rôle de magicienne. <strong>Alain Buet</strong>, en Arcalaüs, est peut-être de toute la distribution, celui auquel Lully semble le plus naturel. <strong>Hjördis Thébault</strong> est une délicieuse Urgonde dont le profil correspond au rôle, et que l’on regrette de ne pas voir plus longuement. Enfin, on découvre en <strong>Arnaud Richard</strong> une grande nature théâtrale, même si son style vocal et théâtral (mais sans doute est-ce une volonté du metteur en scène), peut sembler en décalage par rapport à celui des autres personnages ; il n’en assure pas moins certains des moments les plus réussis de la représentation. Les Chantres du Centre de musique baroque de Versailles sont également à un niveau d’excellence, tant en ce qui concerne la musicalité que la qualité de la prononciation, et quelques voix de demain s’y distinguent déjà.<br />
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Disons-le tout net, il s’agit là d’un des spectacles les plus accomplis, digne des plus grands théâtres, jamais présentés à Massy, et qui mériterait de partir en tournée et de bénéficier d’une captation vidéo. À ne pas manquer.<br />
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