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	<title>Gotthold SCHWARZ - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<title>Gotthold SCHWARZ - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>Johann Sebastian Bach &#8211; Die Oratorien</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 27 Dec 2021 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Carus et la SWR (Südwestrundfunk) 2 de Stuttgart ont choisi de grouper les trois oratorios de Bach en deux CD. Ainsi le Weihnachtsoratorium [Oratorio de Noël], BWV 248, est-il associé à l’Oratorio de Pâques, BWV 249 et à celui de l’Ascension, BWV 11. Le premier, confié à la direction de Hans-Christoph Rademann, ne tient pas &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Carus et la SWR (<em>Südwestrundfunk</em>) 2 de Stuttgart ont choisi de grouper les trois oratorios de Bach en deux CD. Ainsi le <em>Weihnachtsoratorium</em> [Oratorio de Noël], BWV 248, est-il associé à l’Oratorio de Pâques, BWV 249 et à celui de l’Ascension, BWV 11. Le premier, confié à la direction de <strong>Hans-Christoph Rademann</strong>, ne tient pas vraiment ses promesses.</p>
<p>Après avoir dirigé les chœurs les plus prestigieux (<em>Dresdner Kreuzchor</em>, <em>RIAS Kammerchor</em>, <em>NDR Chor…</em>), le chef a hérité en 2013 de la <em>Gächinger Kantorei</em>, que Helmuth Rilling porta à une renommée internationale depuis son petit village proche de Stuttgart. Le chœur, renouvelé, progressant sans cesse durant plus de 65 ans, a accédé au statut de référence, particulièrement lorsqu’il chante Bach, au cœur de son répertoire. Or l’instrument, admirable, techniquement irréprochable, a connu une évolution stylistique majeure depuis cette passation de relais. La réédition de l’enregistrement de ce célébrissime ensemble de 6 cantates en est la démonstration la plus flagrante.</p>
<p>Autant nous avions salué la réussite de sa <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/cd/js-bach-stmatthew-passion-une-passion-selon-saint-matthieu-recueillie-et-forte">Passion selon Saint-Matthieu, recueillie et forte</a>, enregistrée en 2020, autant cet <em>Oratorio de Noël</em>, de 2017, déconcerte. Catherine Jordy avait rendu compte d’un concert où le chef donnait la même œuvre (avec deux des solistes que l’on retrouve au disque), en 2016. Mais c’étaient le RIAS Kammerchor et le Freiburger Barockorchester (<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/bach-weihnachtsoratorium-baden-baden-jubilatoire">Jubilatoire</a>). On cherche à comprendre les partis pris très personnels de la direction. En effet, la jubilation se traduit ici par une dynamique, essentiellement rythmique, qui sacrifie les phrasés comme la polyphonie. Dès le chœur d’entrée de la première cantate, pris dans un tempo extrêmement rapide, la vigueur se mue en tension. C’est techniquement admirable : la virtuosité de chacun est sollicitée (quelles flûtes !), mais le texte semble passer au second plan. La scansion (« Lasset das Zagen… ») dérange. L’Evangéliste, le ténor <strong>Sebastian Kohlhepp</strong>, est un excellent narrateur, toujours intelligible, dont le chant sensible est conduit avec art. Le continuo est fondu, on l’attendait plus coloré, avec les deux hautbois d’amour, ici privés du basson. La rythmique ternaire, à l’articulation très marquée de l’aria d’alto, s’inscrit logiquement dans la même perspective. <strong>Wiebke Lehmkuhl</strong> se montrera exemplaire dans ses arias, récitatifs ( « Warum wollt ihr erschrecken » de la 5e cantate) et ensembles. Dans le choral suivant (n°7), ce même continuo ponctue là où clairement les tenues s’imposent. Ce choix gouvernera tout l’ouvrage. L’air de basse déroute, ici sautillant par la scansion à la croche, léger. Le soliste, <strong>Michael Nagy</strong>, s’emploie à se conformer à l’esprit imposé par la direction. Le choral « Ach, mein herzliebes Jesulein », retenu, n’émeut guère.</p>
<p>L’ouverture de la cantate suivante accorde une place importante à la basse, au détriment du jeu des flûtes et des hautbois d’amour, qui paraissent comme des éléments décoratifs. Etrangement, le balancement de la délicieuse sicilienne est privé de son articulation : tout est lié, et de belle facture, berceur, mais pauvre en couleurs. L’accentuation syllabique du choral irrite. On n’en comprend pas la raison. Le commentaire des premiers numéros suffit à s’en convaincre : les interrogations qu’appelle cette version nous laissent partagé. L’indéniable qualité des chœurs – malgré leur effectif – celle des solistes comme celle de l’orchestre autorisaient une version proche de l’idéal. Ici, on est dérouté, et l’émotion est rarement au rendez-vous. Un coup pour rien ?</p>
<p>L’<em>Oratorio de Pâques</em> s’ouvre de façon beaucoup plus rassurante, festive, avec un orchestre réactif, modelé, où les lignes claires s’organisent pour notre plus grand bonheur. <strong>Frieder Bernius</strong>, une des figures marquantes de la musique baroque depuis une quarantaine d’années, nous donne là une belle leçon. Moment de méditation avant l’annonce de la résurrection, l’adagio, où le hautbois se combine aux cordes, est d’une indéniable et émouvante beauté. Le duo de Pierre et de Jean, puis le chœur (« Kommt, eilet und laufet ») traduit remarquablement la précipitation joyeuse qu’appelle le texte. <strong>Jan Kobow</strong> et <strong>Gotthold Schwarz</strong> s’y entendent à merveille, d’une vocalité agile, alerte et affirmée. Le chœur, clair, équilibré, précis, n’appelle que des éloges. Le bref récitatif à quatre est délicieux. L’air des parfums, que chante la soprano, est introduit avec ravissement par la flûte. La voix et l’instrument, délicatement accompagnés par les pizzicati du continuo, s’y marient avec bonheur.<strong> Joanne Lunn</strong>, voix fraîche, ductile, aux aigus purs, conduit son chant avec sensibilité. L’air de ténor, où flûtes à bec et cordes avec sourdines bercent le chant, confiant, n’est pas moins admirable. Jan Kobow, voix solide, saine, au timbre chaleureux, à la conduite exemplaire, nous convainc. Le dernier air, (« Saget mir geschwinde »), avec hautbois d’amour, au rythme de gavotte, confié à l’alto, <strong>Elisabeth Jansson</strong>, lui permet de traduire avec ardeur, sa recherche du ressuscité, avec de réelles qualités de phrasé. Le chœur conclusif, solennel, puis fugué et joyeux, nous réjouit.</p>
<p>Moins connu, sans doute parce que Schmieder classa dans son catalogue BWV l’ouvrage parmi les cantates, l’Oratorio de l’Ascension, riche de ses neuf numéros, mérite autant d’attention. Parmi les solistes, seule la soprano, Joanne Lunn, participe à ces deux dernières œuvres. Les qualités des chœurs et de l’orchestre sont équivalentes à celles soulignées plus haut. Ductile, toujours animé avec élégance et vigueur, le propos, contrasté, est illustré avec art et exigence. Le récitatif accompagnato de basse, avec les deux flûtes, véritable arioso, introduit l’aria d’alto, sur un motif que Bach reprendra dans l’<em>Agnus Dei</em> de la <em>Messe en si</em>. Cette première version est empreinte de la même ferveur douloureuse, que traduit fort bien <strong>David Allsopp.</strong> Les récitatifs, variés dans leur écriture, soutiennent l’intérêt. L’aria de soprano (« Jesu, deine Gnadenblicke »), sans continuo, où les flûtes, le hautbois et les violons et altos entrelacent leurs lignes, prend un caractère aérien, que la soliste excelle à illustrer. Le choral conclusif, brillant, avec les guirlandes des flûtes et la ponctuation des trompettes, confirme la joie du croyant, confortée par la Résurrection.</p>
<p>L’idée de regrouper les trois oratorios de Bach en un coffret était bienvenue. Les effectifs des ensembles sont voisins, même si Bernius limite à 5 le nombre de choristes par partie, alors que Rademann en compte 7 ou 8, et les orchestres comparables. La divergence des approches est manifeste, nerveuse, rythmique, de Hans-Christoph Rademann, pleine, variée, ductile de Frieder Bernius.  CPO avait déjà édité les trois oratorios, sous la conduite de Rilling, enregistrés il y a une quarantaine d’années. Evidemment, les considérations stylistiques ont bien changé depuis. Ne serait-ce que pour les ouvrages dirigés par Bernius, le coffret – à petit prix &#8211; mérite le détour. La notice (allemand – anglais), bien que riche de 40 pages, ne comporte pas les textes ni leur traduction.</p>
<p> </p>
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		<title>Turandot &#8211; Arlecchino</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/turandot-arlecchino-wie-schon-ist-die-eisprinzessin/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 18 Feb 2020 08:22:40 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Depuis quelques années, Capriccio repropose son fond de catalogue sous un format allégé : livret d’accompagnement réduit à l’essentiel, une douzaine de pages avec présentation de l’œuvre et résumé de l’intrigue, en allemand et en anglais. Cette remise en avant concerne plus spécifiquement l’opéra germanique de la fin du XIXe siècle et du début du XXe. &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Depuis quelques années, Capriccio repropose son fond de catalogue sous un format allégé : livret d’accompagnement réduit à l’essentiel, une douzaine de pages avec présentation de l’œuvre et résumé de l’intrigue, en allemand et en anglais. Cette remise en avant concerne plus spécifiquement l’opéra germanique de la fin du XIXe siècle et du début du XXe. En 2013, Schreker était à l’honneur, avec la réédition de deux enregistrements réalisés en 1989 et 1990, <em>Der Schatzgräber </em>et <em>Der ferne Klang</em>, ainsi que Franz Schmidt et son opéra <em>Notre-Dame</em>, capté avec Gwyneth Jones en 1988. Dans la même mouvance, Zemlinsky n’avait pas été oublié, et <em>Der Kreidekreis</em> avait également profité de l’opération. Cette année, <em>Der Traumgörge</em> du même Zemlinsky est réédité (compte rendu à venir), en même temps qu’un ouvrage plus ancien, <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/cd/ekkehard-les-brillances-du-jeune-jonas"><em>Ekkehard</em> de Johann Joseph Abert</a>. Un autre boîtier réunit deux opéras de Busoni dont on s’étonne même qu’ils aient pu être mis sur le marché séparément, puisqu’ils avaient été conçus pour être créés le même soir : <em>Turandot</em>, sortie en janvier 1993, et <em>Arlecchino</em>, en janvier 1994.</p>
<p>Sur des sujets italiens, empruntés <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/dvd/la-donna-serpente-les-annees-gozzi">l’un à Carlo Gozzi</a>, l’autre à la commedia dell’arte, ces deux opéras en un acte ont bénéficié de quelques autres versions discographiques : une <em>Turandot</em> dirigée par Otto Ackerman, et le couplage présenté dans les années 1990 par l’Opéra de Lyon, la distribution dirigée au disque par Kent Nagano différant sensiblement de celle vue en scène. Dans ces deux œuvres inclassables, on entend aussi bien une musique italianisante que des échos de Richard Strauss, et même un étonnant réemploi de la mélodie élisabéthaine <em>Greensleeves </em>au début du deuxième acte de <em>Turandot </em>! On y trouve aussi une dose certaine de dialogue parlé (pour <em>Arlecchino</em>, Capriccio avait même fait appel à des comédiens pour dire le texte d’Arlequin et de Colombine). Créée en mai 1917, la <em>Turandot</em> de Busoni a évidemment été reléguée dans l’ombre par celle de Puccini. La gestation en fut longue, puisque les premières esquisses de musique de scène pour la pièce de Gozzi remontent vraisemblablement à 1905 ; c’est seulement lorsqu’il eut achevé son <em>Arlecchino</em> en 1916 qu’il songea à fabriquer un complément de programme à partir de tous les fragments donnés en 1911 quand Max Reinhardt monta <em>Turandot</em> à Berlin.</p>
<p>Dans ces deux enregistrements en majeure partie réalisés en janvier 1992, on retrouve assez logiquement des interprètes communs : d’abord <strong>René Pape</strong>, somptueux Altoum (dont le rôle est bien plus développé que chez Puccini), puis le cocu Matteo dans <em>Arlecchino</em>, et le ténor <strong>Robert Wörle</strong>, qui se contente du petit rôle de Truffaldino dans <em>Turandot</em> mais campe avec toute la truculence voulue le rôle-titre de l’autre acte.</p>
<p><strong>Linda Plech </strong>prête à la version germanique de la princesse de glace une voix ample mais idéalement tranchante, compte tenu du personnage. Etrangement absent de la couverture du disque, <strong>Joseph Protschka</strong> est pourtant un vaillant Kalaf ; certes, le prince inconnu est un peu moins au centre de l’action qu’il ne l’est dans le livret d’Adami et Simoni. <strong>Katharina Koschny</strong> est une Colombine aux agréables couleurs sombres.</p>
<p>Le chœur, non employé dans <em>Arlecchino</em>, est au contraire très sollicité dans <em>Turandot</em>, et le RIAS Kammerchor (oublié dans le livret d’accompagnement) livre une superbe prestation. Les qualités du Radio-Sinfonieorchester Berlin sont également mises en valeur par l’inclusion, en complément de programme, du <em>Rondo arlecchinesco</em> de 1917, très straussien scherzo pour orchestre où une voix de ténor intervient in extremis. Ce coffret nous rappelle enfin combien <strong>Gerd Albrecht</strong>, disparu en 2014, fut un pionnier dans la redécouverte de tout ce répertoire qu’il sert admirablement, ce qui rend d’autant plus regrettable la relative rareté de ces œuvres sur nos scènes (sauf erreur, les dernières représentations françaises de la <em>Turandot </em>de Busoni remontent à 2011, à Dijon).</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/turandot-arlecchino-wie-schon-ist-die-eisprinzessin/">Turandot &#8211; Arlecchino</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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