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	<title>Mikaël SERRE - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Mikaël SERRE - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>DUKAS, Ariane et Barbe-Bleue — Nancy</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/ariane-et-barbe-bleue-nancy-ariane-et-le-pantheon-des-femmes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 30 Jan 2022 04:59:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Mikaël Serre n’y va pas par quatre chemins dans l’interview reproduite dans le programme de salle : le temps du confinement et la crise sanitaire donnent un écho actuel et vibrant au seul opéra de Paul Dukas. « Ariane parle de ça : de notre consentement à nous laisser enfermer, du prix auquel nous sommes prêts à abdiquer &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Mikaël Serre</strong> n’y va pas par quatre chemins dans l’interview reproduite dans le programme de salle : le temps du confinement et la crise sanitaire donnent un écho actuel et vibrant au seul opéra de Paul Dukas. « <em>Ariane</em> parle de ça : de notre consentement à nous laisser enfermer, du prix auquel nous sommes prêts à abdiquer notre liberté, de notre servitude volontaire et de notre capacité à aimer nos geôliers. ». Voici donc le livret de Maeterlinck sorti des éthers intemporels de sa poétique, matérialisé dans une maison d’architecte à la californienne, perdue dans une pinède tout aussi West Coast. Les paysans, hostiles, sont grimés en suiveur du Joker dans les dernières adaptations de la licence Batman chez DC Comics. La vidéo est mobilisée de manière prépondérante : à la fois comme toile animée de scène, récitante de l’action hors scène (l’arrivée en voiture d’Ariane et de Nourrice, la révolte des paysans et la capture de Barbe-bleue), et enfin commentatrice. C’est là que le Mikaël Serre trouve l’axe le plus fort. Chacune des femmes enfermées va devenir une égérie féminine, une incarnation d’un élan libertaire (Marianne et son bonnet phrygien) ou une héroïne vengeresse (Beatrix Kiddo du tarantinesque film <em>Kill Bill</em>). Dans un studio vidéo à fond vert, elles se fantasment en chantre de la liberté et de la condition féminine. Encore réduites à l’impuissance, leurs silhouettes costumées se sur-impriment sur des images de guerre, de barbarie masculines et de capture d&rsquo;écran des messages féministes qu’on voit fleurir dans nos espaces urbains masculinistes (« céder n’est pas consentir »). L’arrivée d’Ariane, super-héroïne dans un complet lamé argenté, change la donne. La liberté les attend au point que le metteur en scène tord quelque peu la fin. Sous le slogan tagué par Beatrix Kiddo « la révolution ne se fait pas en un jour », les filles d’Orlamonde restent auprès de Barbe-Bleue, non atteintes d’un syndrome de Stockholm mais pour se venger par la torture. Libres elles sont, mais encore prisonnières d’une loi du talion immémoriale. La révolution aura besoin d’autres journées. Seule Ariane peut suivre le fils qui est le sien et voguer vers d’autres exploits libérateurs. Cette lecture actuelle fonctionne dans son ensemble et possède l’avantage certain de ne pas se limiter à « ouvrir des portes ». La direction d’acteur accompagne la proposition de manière efficace, même si finalement, Ariane et Nourrice se retrouvent réduites à une déambulation souvent passive.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/ariane_et_barbe-bleuecjean-louis_fernandez_23.jpg?itok=tRPJpGNE" title="© Jean-Louis Fernandez" width="468" /><br />
	© Jean-Louis Fernandez<br />
	 </p>
<p>Cela est largement compensé par l’engagement intense de l’ensemble du plateau vocal. Les premières interventions des paysans, disposés au premier balcon, se perdent pour certaines dans l’orchestre déchainé. Leur retour au troisième acte confirmera que ces rôles ont été distribués avec autant de soin que les principaux.<strong> Vincent Le Texier</strong> ne fait qu’une bouchée des trois répliques de Barbe-Bleue et magnétise l’espace scénique quand il est présent. <strong>Anaïk Morel </strong>imprime toute la crainte et les jubilations de la Nourrice grâce à son mezzo clair et sonore. Les filles d’Orlamonde se distinguent toutes sans mal. Les trois sopranos possèdent un grain de voix différent : la lumière pour<strong> Clara Guillon</strong> (Ygraine), le fruit pour<strong> Samantha Louis-Jean</strong> (Mélisande) et la chair pour <strong>Tamara Bounazou</strong> (Bellangère). La première est volontiers facétieuse, la deuxième attendrissante et la dernière craintive. <strong>Nine d’Urso</strong> (Alladine) est quant à elle une excellente actrice dans ce rôle muet. <strong>Héloïse Mas</strong> leur vole cependant la vedette, non parce qu’elle est la plus bavarde de toute, mais bien parce que la voix est torrentielle et conduite avec style. Elle rivalise avec les moyens conséquents de <strong>Catherine Hunold </strong>qui signe une nouvelle prise de rôle parfaite. Sa ligne de chant, racée, se déploie avec une aisance confondante sur toute la tessiture sollicitée. On ne mentionne plus les réserves de puissance dont elle dispose et dont elle fait un usage parcimonieux toujours au service de l’interprétation. Enfin la diction française est parfaite : pas une liaison ne vient à manquer à ses déclamations. Le texte s’en trouve porté avec une justesse confondante.</p>
<p>Enfin,<strong> Jean-Marie Zeitouni</strong> tient bon la barre et maintient la cohésion de l’orchestre dans toutes les stations de cet opéra étrange, parfois au dépens des couleurs et des ambiances. Son geste penche bien davantage du côté de Wagner, de <em>Parsifal</em> et de ses chromatismes que du versant debussyste et des impressions en clair-obscur. Cette lecture germanisante, légitime même si l’on peut lui préférer son opposé français, rejoint dans nos imaginaires folkloriques la lecture « super-héroïque » de Mikaël Serre.</p>
<p> </p>
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		<title>OFFENBACH, Les Contes d&#039;Hoffmann — Dijon</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/les-contes-dhoffmann-dijon-des-contes-non-conformes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 14 Dec 2017 04:28:28 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Lorsqu’ils sont maquillés, les bons Contes font-ils les bons amis ? On pouvait craindre le pire. L’entreprise était originale, aventureuse, sinon hasardeuse, et particulièrement iconoclaste. Il s’agissait d’une réécriture, radicale, à partir de l’édition chant et piano de Raoul Gunsbourg (1904) : « tenter de proposer une version cohérente et présentable d’un chef-d’œuvre dont l’état originel et &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Lorsqu’ils sont maquillés, les bons <em>Contes</em> font-ils les bons amis ? On pouvait craindre le pire. L’entreprise était originale, aventureuse, sinon hasardeuse, et particulièrement iconoclaste. Il s’agissait d’une réécriture, radicale, à partir de l’édition chant et piano de Raoul Gunsbourg (1904) : « t<em>enter de proposer une version cohérente et présentable d’un chef-d’œuvre dont l’état originel et authentique n’existe pas </em>». N’ont été conservées que les pages incontournables, celles que chacun a dans l’oreille, orchestrées pour une petite formation, avec des récitatifs réduits au strict minimum, et des textes dramatiques faisant lien, plusieurs écrits pour la circonstance. Ajoutez une musique d’ameublement, ainsi que des images fortes, cinématographiques, vous mesurez la distance – abyssale – entre ce spectacle et tout ce que nous avons vu et écouté jusqu’à ce jour. Une heure cinquante sans entracte, c’est du concentré. Œuvre d’un tandem constitué par le chef, <strong>Nicolas Chesneau</strong>, et le metteur en scène-dramaturge-adaptateur, <strong>Mikaël Serre</strong>, dont c’est la première grande expérience lyrique.</p>
<p>Surprise ! Le spectacle commence avant les 9 mesures du prélude. En projection, une chanteuse en vogue, Stella, dont Lindorf est l’agent, répond aux interviewers, signe des autographes, mitraillée de flashes, acclamée par ses fans. Plus d’étudiants, des admirateurs donc, mais la chanson de Kleinzach, après les couplets de Lindorff, avec un chœur réactif, est un régal. Le prologue ne s’en porte pas plus mal : dramatiquement clair, musicalement juste, même réduit à l’essentiel. « Luther est un brave homme » disparaît, oublions. Les personnages de Niklausse et de la Muse sont pratiquement confondus. Quant aux secondaires, ils s’effacent souvent,</p>
<p>Sombre, voire noire est cette production. Ainsi, le seul moment de détente que ménageait Offenbach avec la surdité de Frantz est-il coupé. La violence y est fréquente, exacerbée, et elle choque particulièrement dans la mesure où c’est la triple héroïne qui en est la victime. En quoi faire du père d’Antonia un père incestueux ajoute-t-il à l’ouvrage ? Les clins d’œil sont quasi permanents : de l’apparition d’Olympia, call-girl sortie tout droit de l’iconographie du film d’espionnage, armée de sa kalachnikov, aux défilements publicitaires en façade d’immeubles de l’Amérique de l’entre-deux guerres… Impossible de les citer tous tant ils abondent. Une version de chambre, avec pour principaux accessoires un grand lit circulaire, lieu des ébats d’Hoffmann et de ses amours, et des flippers, dont on verra l’usage musical. Visuellement, la subtile addition des plans dessinés par les rideaux et des projections vidéo est une réussite incontestable. La greffe prend également dans le domaine sonore, puisqu’aux numéros originaux s’ajoutent les apports de Peter von Poehl, musique concrète qui intègre les sons amplifiés des flippers, dont jouent les protagonistes, ainsi qu’une ballade contemporaine, un slow. Les alternances ne choquent pas, conduites avec discrétion et goût. Par contre les dialogues ajoutés – citant Nietzsche, Bergman et Houellebecq –  sont par trop bavards au dernier acte, et parfois triviaux.  Si, malgré les coupures, le prologue et les deux premiers actes suivent avec fidélité le livret et la musique, le dernier, fort peu vénitien, connaît quelques mutilations. L’action semble se précipiter pour laisser Hoffmann pantelant, éprouvé par le récit de ses malheureuses amours. La direction d’acteur exemplaire, efficace, obtient un engagement physique considérable de chacun, jusqu’à l’outrance parfois.</p>
<p>L’orchestration, originale, de Fabien Touchard, est une belle réalisation. On est à la fois dans le domaine chambriste, compte-tenu de la petite formation (quintette à cordes, quintette à vent et piano), avec des textures allégées, colorées, une grande dynamique, mais aussi à la limite du symphonique, avec l’ampleur suffisante pour conduire des progressions convaincantes et des contrastes accusés. La souplesse de la direction, la mise en valeur du chant sont un régal. Nicolas Chesneau, dont on connaît les qualités, conduit ses musiciens et les chanteurs avec maestria.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/img_8992les_contes_dhoffmanncgilles_abegg_-opera_de_dijon.jpg?itok=dUBIXuFC" title="© Gilles Abbeg" width="468" /><br />
	© Gilles Abbeg</p>
<p>Hoffmann est <strong>Kévin Amiel</strong>. En quelques saisons, ce dernier a accumulé les succès et s’impose comme un ténor avec lequel il faut compter. La voix est claire, sonore, charnue, dans une très large tessiture, avec une égalité de registre qui force l’admiration. La ligne, l’articulation sont exemplaires. Alors qu’il est vocalement et dramatiquement sollicité en permanence, compte-tenu de la contraction de l’ouvrage, il fait preuve d’une aisance confondante. A suivre ! Toujours séduisante, voire séductrice, <strong>Samantha Louis-Jean</strong>, tour à tour Stella et les trois amours d’Hoffmann, caractérise à merveille tous ces personnages avec leur tessiture singulière. La voix sait prendre les couleurs, les accents, les intonations de chacune de ces femmes. L’émission est aussi riche dans l’aigu du soprano léger que dans les graves du soprano dramatique, sans que le médium en souffre. Son engagement est tel que l’on s’interroge sur sa capacité à chanter sept fois en neuf jours…Comme Samantha Jean-Louis, <strong>Damien Pass</strong> conserve une légère pointe d’accent. Loin d’altérer la compréhension du texte, elle confère une étrangeté bienvenue. Alors que de Lindorf à Dapertutto, il incarne le diable, pourquoi lui avoir donné des traits aussi sympathiques, aussi peu différenciés ? Trop beau pour être vraiment l’absolu négatif de Hoffmann, y compris dans son chant. La voix est solide, mais un soupçon de noirceur donnerait plus de crédibilité aux personnages maléfiques qu’il incarne. Le rôle de Niklausse-La Muse est quelque peu sacrifié. Dommage. <strong>Marie Kalinine</strong>, voix riche, profonde, aux aigus admirables, excelle dans le répertoire français (on se souvient de sa Marie, des<a href="https://www.forumopera.com/dialogues-des-carmelites-saint-etienne-lyrisme-intense-et-sans-emphase"> <em>Dialogues des Carmélites</em> à Saint-Etienne</a>). Son tempérament dramatique est indiscutable. Si sa présence scénique est constante, et que « une poupée aux yeux d’émail », comme la barcarolle demeurent, la réduction des récitatifs et dialogues nous prive d’une voix que l’on aurait plaisir à écouter davantage. Frantz – <strong>Matthieu Chapuis</strong>, qui chante également Nathanaël &#8211; nous offre une belle chanson, assortie d’acrobaties originales. Les autres rôles sont tenus par des artistes du chœur, et aucun ne démérite. Ces chœurs, même abrégés, sont d’autant plus remarquables, que dirigés depuis l’arrière-scène, avec écrans, leur précision est pratiquement sans défaillance en dépit des mouvements exigés par la mise en scène.</p>
<p>Au sortir de cette surprenante et captivante production, on s’interroge : Michaël Serre sert-il Offenbach ? Malgré la violence de certaines scènes et la trivialité de quelques dialogues, malgré une dimension fantastique et poétique réduite par le réalisme, malgré l’occultation de Venise, l’esprit est là, servi par des interprètes jeunes dont l’engagement est exceptionnel. La preuve est faite qu’en conjuguant l’intelligence et les talents, il est possible de gagner un pari aussi audacieux, transgressif.</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/les-contes-dhoffmann-dijon-des-contes-non-conformes/">OFFENBACH, Les Contes d&#039;Hoffmann — Dijon</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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