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	<title>Nicolas SIMON - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Nicolas SIMON - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>KOSMA, Paris at night – Saint-Céré</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/kosma-paris-at-night-saint-cere/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 11 Aug 2023 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pour sa 43e édition, le festival de Saint-Céré reste fidèle à son tropisme pour le répertoire lyrique tout en en explorant des formes et des répertoires alternatifs. Entre musique, poésie et clin d&#8217;œil au cinéma, c&#8217;est ce que propose ce « Paris at night ». Artiste polymorphe, Jacques Prévert a utilisé de multiples médium pour &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Pour sa 43e édition, le festival de Saint-Céré reste fidèle à son tropisme pour le répertoire lyrique tout en en explorant des formes et des répertoires alternatifs. Entre musique, poésie et clin d&rsquo;œil au cinéma, c&rsquo;est ce que propose ce « Paris at night ».<br />
Artiste polymorphe, Jacques Prévert a utilisé de multiples médium pour s&rsquo;exprimer. Sa poésie s&rsquo;est faite visuelle dans ses collages et s&rsquo;est trouvée transcendée dans ses apports majeurs au cinéma français. Pour « le crime de Monsieur Lange » Il collabore dès 1936 avec le compositeur Joseph Kosma, élève de Béla Bartók, assistant chef d&rsquo;orchestre de l&rsquo;Opéra de Budapest réfugié en France, et trouve en lui un alter-ego totalement en adéquation avec sa sensibilité. Dès lors, les deux artistes ne se quitteront plus. Kosma mettra en musique plus de cinquante poèmes de Prévert qui le cachera pendant la guerre.</p>
<p><strong>Robin Melchior </strong>et<strong> Lucas Henri</strong> ont remarquablement arrangés ce répertoire pour l&rsquo;effectif atypique mais pertinent de la <strong>Symphonie de Poche</strong>. Les soli attribués aux onze musiciens (en particulier flûte, accordéon et violoncelle) soulignent les raffinements harmoniques et le délicat travail de nuances qui permettent à cette musique de déployer toutes ses couleurs.<br />
Quelques réserves sont peut-être à faire pour « Paris at night » qui prend des teintes sirupeuses alors que le propos très épuré du poème appellerait à plus de retenue.<br />
Ceci dit, <strong>Stéphanie Varnerin</strong> observe cet équilibre délicat entre interprétation et évocation avec beaucoup de talent. Elle aquarelle à plaisir sa palette vocale pour incarner avec humour et tendresse les personnages du « Cauchemar du chauffeur de taxi » ou de « La Pêche à la baleine » – merveilleusement orchestrée. Elle sait également se mettre en retrait pour mieux servir les révoltes de l&rsquo;artiste engagé comme dans « Chanson dans le sang » ou des poésie mystérieuses comme «  la fille de la Concorde » ou surtout le si difficile « Inventaire ». Parfaitement articulé, le texte est toujours intelligible – ce qui est indispensable au vu du répertoire – même si la sonorisation de la voix, discrète à souhait au début de programme, s&rsquo;avère trop invasive en seconde partie de soirée.</p>
<p>Entre l&rsquo;esprit des chansonniers et une impeccable technique lyrique, la soprano sert le propos d&rsquo;un timbre soyeux à l&rsquo;émission franche. Sa prestation est d&rsquo;autant plus remarquable qu&rsquo;elle a remplacé Marie Perbost au pied levé le mois dernier, la veille d&rsquo;une représentation à l’île de Ré. Elle n&rsquo;interprète donc ce programme que pour la seconde fois. On lui pardonnera donc bien volontiers quelques interactions scéniques maladroites ou une interprétation un peu plate de l&rsquo;hymne à la vie et à la fuite du temps que constituent les « Deux escargots s’en vont à l’enterrement »  servis par l&rsquo;excellent accordéon de <strong>Pierre Cussac </strong>; cela d&rsquo;autant plus qu&rsquo;elle est parfaitement juste et en place. Il faut dire que <strong>Nicolas Simon</strong> est un chef soutenant, impliqué, à l&rsquo;écoute, qui swingue et danse avec ses musiciens dans un plaisir communicatif. Attaques précises, gestion des contrastes, des équilibres entre les pupitres qui se répondent&#8230; Les airs comme les intermèdes orchestraux des « Enfants du paradis » de Marcel Carné ou des « Amants de Vérone »  d&rsquo;André Cayatte sont un vrai régal.</p>
<p>Plus tour de chant que spectacle, la soirée gagnerait une dimension supplémentaire à un fil rouge narratif plus fouillé dans sa mise en espace mais offre déjà un juste panorama de l&rsquo;univers de Prévert et Kosma, oscillant entre dénonciation de la misère et fantaisie.</p>
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		<title>MOZART, Zaïde — Rennes</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/zaide-rennes-lile-noire/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 08 Feb 2023 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Après le succès de la Dame Blanche de Boieldieu en 2020 et 2021, l&#8217;Opéra de Rennes et ses coproducteurs font appel à la même équipe artistique pour donner corps à la Zaïde inachevée de Mozart. Louise Vignaud et Alison Cosson ont choisi d&#8217;expurger la turquerie du livret lacunaire pour le recentrer sur sa dimension de &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Après le succès de <em>la Dame Blanche</em> de Boieldieu en 2020 et 2021, l&rsquo;Opéra de Rennes et ses coproducteurs font appel à la même équipe artistique pour donner corps à la <em>Zaïde</em> inachevée de Mozart.</p>
<p><strong>Louise Vignaud </strong>et <strong>Alison Cosson</strong> ont choisi d&rsquo;expurger la turquerie du livret lacunaire pour le recentrer sur sa dimension de conte philosophique autour de problématiques telles que l&rsquo;inné/l&rsquo;acquis, le respect de l&rsquo;altérité ou encore l&rsquo;aspiration à la liberté. Ce parti pris évite agréablement le jeu des sept erreurs avec l<em>&lsquo;Enlèvement au Sérail </em>et<em> la Flûte Enchantée</em>. Il s&rsquo;affranchit également de l&rsquo;exotisme facile pour un décor unique de rochers noirs qui, en revanche, ne facilite pas la diversité des propositions visuelles et enferme les artistes dans des déplacements assez répétitifs.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/6a7a9306.jpg?itok=6LxTRTxW" title="Zaïde Opéra Rennes © Laurent Guizard" width="468" /><br />
	Zaïde Opéra Rennes © Laurent Guizard</p>
<p>Ici, Zaïde n&rsquo;est plus l&rsquo;esclave du sultan Soliman, Allazim n&rsquo;est plus son serviteur ; le geôlier Osmin, lui, n’apparaît plus. Clin d&rsquo;oeil à <em>la Tempête</em> de Shakespeare, tous trois, enfants, ont échoué sur une île, personnifiée par l&rsquo;esprit Inzel. L&rsquo;équilibre de cette fratrie rousseauiste vivant à l&rsquo;état de nature est rompu par l&rsquo;arrivée de Gomatz, nouveau naufragé, promesse d&rsquo;exogamie, manifestement venu de temps contemporains.</p>
<p>Merveilleusement habillée par Cindy Lombardi – moins inspirée pour les autres costumes , – la comédienne <strong>Marief Guittier</strong> met à profit toute l&rsquo;aisance de sa longue carrière pour colorer délicieusement d&rsquo;ironie ou de tendresse la narration d&rsquo;Inzel qui nous conte l&rsquo;histoire.</p>
<p>Une distribution plus largement francophone n&rsquo;aurait pas manqué de pertinence au vu de l&rsquo;importance des dialogues parlés, écrits en remplacement des originaux perdus. Ceci dit, le français à l&rsquo;accent chantant de <strong>Kseniia Proshina</strong> est parfaitement compréhensible. L&rsquo;artiste domine la distribution dès le « Ruhe Sanft » qui impose son soprano ductile et intense. Au fil des airs, elle ne se départit jamais d&rsquo;une grande élégance vocale, d&rsquo;un sens de la ligne remarquable, même lorsque l&rsquo;on attendrait plus de lâcher-prise comme dans « Tiger ! Wetze nur die Klauen ».</p>
<p>Avec elle, Zaïde se dresse avec force et conviction contre le diktat que tente de lui imposer Soliman, un <strong>Mark van Arsdale</strong> qui joue de la métaphore récurrente faisant de lui un fauve pour mâtiner d&rsquo;animalité son engagement physique. L&rsquo;émission est d&rsquo;un grand naturel même si on lui voudrait plus de puissance. Avec ses certitudes qui vacillent, le ténor propose une interprétation sensible et intense comme dans « Ich bin so bös als gut ».</p>
<p>Son rival, Gomatz, est finalement plus prétexte que moteur de l&rsquo;action ; aussi passif qu&rsquo;amoureux, il est spectateur des volontés affrontées des autres protagonistes et attend que l&rsquo;on décide de son sort. <strong>Kaëlig Boché</strong>, breton qui fait partie de la promotion 2023-24 de Génération Opéra et que l&rsquo;on devrait donc entendre à de nombreuses reprises dans les temps qui viennent, lui prête son beau timbre de métal clair. Légèrement en difficulté dans son premier air, « Rase, Schicksal », dont la tessiture s&rsquo;avère un peu tendue dans les aigus, il s&rsquo;épanouit dans les ensembles (très équilibrés) ainsi que dans son second solo, « Herr und Freund, wie dank ich dir ».</p>
<p>L&rsquo;Allazim de <strong>Niall Andersson</strong> est presque mieux servi par le livret et le dilemme qui l&rsquo;agite – fuir ou rester – est particulièrement touchant dans « Nur mutig, mein Herze ». La voix, très large, s&rsquo;engorge quelque peu dans les aigus mais bénéficie de graves bien timbrés.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/zaide_opera_rennes_4_c_laurent_guizard.jpg?itok=NO-fOR_9" title="Zaïde Opéra Rennes © Laurent Guizard" width="468" /><br />
	Zaïde Opéra Rennes © Laurent Guizard</p>
<p>Le compositeur-arrangeur <strong>Robin Melchior</strong> a créé la transcription pour 18 musiciens de <em style="font-size: 14px">la Dame Blanche</em>. Il collabore de longue date avec le chef <strong>Nicolas Simon</strong> dans le cadre de la Symphonie de Poche. Leur complicité est perceptible dans la proposition de musiques additionnelles complétant les parties manquantes de la partition. Renonçant au pastiche, le compositeur choisit une veine narrative très évocatrice : le début de l’œuvre est particulièrement réussi avec l&rsquo;évocation musicale de la tempête qui semble rendre hommage à Britten tandis qu&rsquo;un léger rideau noir agité par les vents en complète l&rsquo;incarnation. La seconde intervention s&rsquo;intègre avec la même fluidité dans le discours musical: l&rsquo;aube orchestrale pourrait être celle d&rsquo;une bande originale de cinéma. Un ultime passage, hymne à l&rsquo;ivresse de la liberté chanté par la cantatrice, « Auf geht&rsquo;s », nous place cette fois sous le patronage peut-être un tantinet direct de Broadway. <strong>L&rsquo;orchestre de Bretagne</strong> tout en retenue et délicatesse, soutient les chanteurs d&rsquo;une écoute indéfectible tout au long de la soirée.</p>
<p>Après cette première<a href="https://www.opera-rennes.fr/fr/evenement/zaide"> rennaise</a> pour quatre représentations qui se donneront à guichets fermés les 8, 10 et 12 février prochains, la production est à découvrir à <a href="https://billetterie.angers-nantes-opera.com/spectacle?id_spectacle=101">Nantes</a>, <a href="https://orchestrenationaldebretagne.bzh/spectacle/zaide-quimper/">Quimper</a> et <a href="https://www.ovhfc.com/concerts/2022-2023-zaide/">Besançon</a> d&rsquo;ici fin mars avant une reprise la saison prochaine à l&rsquo;Opéra Grand Avignon.</p>
<p> </p>
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		<title>BOIELDIEU, La Dame blanche — Saint-Céré</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/la-dame-blanche-saint-cere-saint-cere-le-sang-neuf-de-la-tradition-francaise/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 06 Aug 2022 04:02:10 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>A peine plus invraisemblable que celui que Da Ponte tire de Beaumarchais pour Le Nozze di Figaro, le livret est signé d’Eugène Scribe, auquel nous sommes redevables de tant de productions lyriques. Un peu de chevalerie, des mystères romanesques directement issus de Walter Scott alors à son apogée, pour un ouvrage aimable chargé de séductions, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>A peine plus invraisemblable que celui que Da Ponte tire de Beaumarchais pour <em>Le Nozze di Figaro</em>, le livret est signé d’Eugène Scribe, auquel nous sommes redevables de tant de productions lyriques. Un peu de chevalerie, des mystères romanesques directement issus de Walter Scott alors à son apogée, pour un ouvrage aimable chargé de séductions, d’une écriture élégante, raffinée (*), qui s’inscrit dans son temps, où Rossini, puis Weber, vont produire leurs chefs-d’œuvre.</p>
<p>L’arrivée inopinée d’un jeune militaire, « fier d’être soldat », Georges Brown, dans un village de montagnards écossais à la recherche d’un parrain, va combler les heureux parents, Dickson et Jenny. Georges &#8211; d’Avenel, qui s’ignore comme tel &#8211; va ainsi connaître l’histoire de la Dame blanche (« elle nous regarde, elle vous entend »), qu’il raille. Il accepte néanmoins de se substituer au fermier Dickson pour un étrange rendez-vous avec l’apparition. L’inévitable orage éclate, d’opéra-comique. Dame Marguerite, au vieux château, attend toujours ses maîtres disparus. L’intendant Gaveston, qui a fait fortune à Londres, veut racheter le domaine et les titres qui s’y attachent. Georges est l’intrus, mais Anna, l’orpheline recueillie par Marguerite, qui sait tout des secrets du lieu, plaide pour son hospitalité. « Viens, gentille Dame » soupire Georges. Elle vient, fantôme, jeune fille, amie, bonne conseillère. Il la devine. Elle sait tout et veut sauver le nom et la fortune des d’Avenel. Elle ordonne, il se soumet, l’amour s’instille. La vente aux enchères, scène animée à souhait, conclut le deuxième acte, où les fermiers se sont concertés pour arracher le domaine à l’ancien intendant, considéré comme un usurpateur-prédateur. Anna ordonne à Georges d’enchérir. La bataille est féroce. Gaveston doit renoncer, furieux. Dans la salle d’armes, le bon génie du château et les paysans vont fêter leur nouveau seigneur. Georges retrouve la mémoire et Anna, la Dame blanche, le trésor qui va permettre à l’heureux descendant de retrouver ses droits et l’amour.</p>
<p>Hasard du calendrier, c’est l’anniversaire de la nuit où fut votée l’abolition des privilèges qu’est donnée cette Dame blanche dans le décor extraordinaire du château de Castelnau-Bretenoux (**). La mise en scène gomme délibérément tout ce qui en faisait un véritable manifeste de la Restauration (de braves paysans se liguant pour sauvegarder l’héritage de leur bon maître, disparu), pour en faire une fable animalière. Chacun, depuis le chef d’orchestre jusqu’au plus humble choriste, prendra une figure animale (évidemment la dame blanche aura le masque de l’oiseau nocturne). La mise en scène de <strong>Louise Vignaud</strong>, où le réel (les Ecossais en kilt), se conjugue avec le fantastique est pleinement aboutie, efficace, avec des costumes (<strong>Cindy Lombardi</strong>) des maquillages et des coiffures (<strong>Christelle Paillard</strong>) surprenants, soulignés par d’habiles éclairages. Aucun autre décor que naturel, quelques accessoires suffisent à la magie du spectacle.</p>
<p>Si le respect de la partition est scrupuleux, les dialogues ont été opportunément réécrits, allégés. Ainsi, l’éloge du conservatisme le plus réactionnaire par Dickson trouve-t-il maintenant son contrepoint progressiste, développé par Gaveston, dont les traits sont humanisés à cette occasion. Les réparties, rondement conduites, contribuent à la vivacité de l’action et au sourire du public. Comme la plupart des chanteurs se doublent d’habiles comédiens, l’intérêt est également soutenu durant les trois actes, soit trois heures, entracte compris. Œuvre charmante, « délicieuse » (à en croire Chabrier), musique légère, rapide, dont l’écriture est particulièrement soignée, renouvelée et habile, <em>la Dame blanche</em> méritait cette recréation qui corrige heureusement le cliché d’un Boieldieu douçâtre, ou insipide.</p>
<p>La production de <em>la co(opéra)tive</em> a déjà beaucoup tourné. Depuis Besançon, elle a touché ou touchera Compiègne, Dunkerque, Rennes, Quimper, Tourcoing et certainement bien d’autres villes. Vingt représentations ont précédé celle de ce soir. C’est dire que les solistes sont aguerris, tout comme le chœur, l’orchestre et le chef, sans oublier les techniciens. Tout juste pouvait-on craindre une certaine routine. Le cadre exceptionnel, idéalement approprié à l’ouvrage, va galvaniser l’équipe : un couronnement amplement mérité, pour une interprétation aboutie où chacun donne le meilleur de lui-même.</p>
<p>Justement réputé pour ses recréations d’oeuvres du XVIIe à nos jours, l’Orchestre Les Siècles, que fonda François-Xavier Roth, placé ce soir sous la direction pleinement investie de <strong>Nicolas Simon</strong>, nous restitue les couleurs les plus séduisantes de l’ouvrage. La connivence entre ce dernier et ses interprètes est absolue, comme son attention au chant et aux équilibres. L’acoustique de la cour intérieure du château permet de percevoir le moindre détail comme de fondre l’ensemble en lui conférant la clarté, la souplesse attendues. Le chœur, limité aux huit chanteurs du Cortège d’Orphée, se montre superlatif : sonore – chacun pourrait être soliste – lumineux, d’un ensemble millimétré, d’une incroyable dynamique vocale et dramatique, c’est un acteur majeur de cette réussite.</p>
<p>Les airs sont limités en nombre. Georges en chante trois, Anne, Jenny et Marguerite un seul. Tous sont autant de bonheurs. Simultanément, les nombreux ensembles, duos, trios et finales, participent à la dynamique dramatique comme musicale. Qu’en retenir ? Tout, serions-nous tentés d’écrire, tant l’art de Boieldieu est achevé. Faute de place, signalons les grands tableaux achevant le I et le II, qui épousent et servent l’action. A la différence de nombre de fins d’actes, convenus, y compris de chefs-d’œuvre du répertoire, ceux-ci sont propres à séduire l’amateur de beau chant comme le profane qui découvre l’opéra.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="460" src="/sites/default/files/styles/large/public/photo_3_2.jpg?itok=FODIGdWT" title="Anna (Caroline Gestaedt) et Marguerite (Madjouline Zerari) © YB" width="468" /><br />
	Anna (Caroline Gestaedt) et Marguerite (Madjouline Zerari) © YB</p>
<p>Ce n’est pas le rôle-titre que la partition illustre le plus mais celui de Georges. <strong>Sahy Ratia</strong> a tout ce qui est requis pour camper ce jeune homme viril, sensible, crédible et attachant. La voix est légère, mixte, mais homogène, sonore, souple et conduite dans un style exemplaire. Les contre-ut, atteints avec naturel, sont admirables, mais plus encore, l’émotion qu’il communique. Sa cavatine, introduite par le cor, est un modèle de chant français. Un nom à retenir. <strong>Caroline Jestaedt</strong> est Anne / la dame blanche. L’émission un peu pincée du début s’épanouira au fil de l’ouvrage. Les graves sont solides et l’ambitus large. « Enfin, je vous revois », qui ouvre le III, atteint un sommet : l’agilité, les phrasés, les aigus mezza-voce, l’égalité des registres, les traits quasi rossiniens emportent l’adhésion. Son ultime duo avec Marguerite confirme ses qualités. <strong>Majdouline Zerari</strong> nous vaut une Marguerite de fort tempérament, robuste mezzo bouffe, aussi bonne comédienne que chanteuse. Gaveston est confié à <strong>Henri de Vasselot</strong>, que la stature, le chant et le jeu imposent. Non pas une caricature du méchant, mais un homme qui a fondé tous ses espoirs dans l’acquisition du domaine auquel il demeure attaché. La voix puissante, bien timbrée, sait traduire les multiples facettes de cette personnalité que l’on ne devinait pas aussi riche. <strong>Sandrine Buendia</strong>, Jenny, est adorable de vivacité comme de poésie, dès sa ballade où la harpe va être associée à l’apparition. Son mari couard, Dickson, est chanté par <strong>Fabien Hyon</strong>, ténor comique, au chant clair, conduit avec intelligence. Le juge de paix de <strong>Ronan Airault</strong>, aux brèves interventions, ne dépare pas une distribution homogène et valeureuse.</p>
<p>Malgré l’heure tardive, les très nombreux auditeurs ont longuement acclamé les interprètes, et manifesté leur bonheur d’avoir assisté à cette soirée mémorable. Souhaitons donc la diffusion la plus large de cette réalisation exemplaire !</p>
<p>(*) Liszt, particulièrement perspicace, écrivait à propos de <em>La Dame blanche</em> : « On peut parfaitement lui appliquer ce que la Catalani dit un jour de Henriette Sontag : « elle est grande en son genre, mais son genre est petit ». Dans cet ouvrage, tout est enchaîné et ciselé avec grâce, les ornements sont utilisés dans une proportion raisonnable et la mélodie se distingue par une sorte de sentimentalité espiègle » [Neue Zeitschrift für Musik, n°46, 1854].<br />
(**) c’est précisément un ténor de l’Opéra-comique, Jean Mouliérat (1853-1932), qui le légua à l’Etat, après avoir consacré trente ans de sa vie à sa restauration, avec la condition expresse qu’il y accueille une activité musicale.</p>
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		<title>BOIELDIEU, La Dame blanche — Rennes</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/la-dame-blanche-rennes-le-delicieux-bestiaire-des-davenel-streaming/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 14 Dec 2020 04:56:06 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La co[opera]tive, qui nous avait déjà régalé l&#8217;an passé d&#8217;une Petite Messe solennelle brillamment dépoussiérée, creuse ce sillon prometteur avec une Dame Blanche de haute volée, qui rend justice à la pièce d&#8217;origine en en retravaillant les éléments datés pour mieux en mettre en valeur les qualités. Succès considérable à sa création, l&#8217;opéra-comique de François-Adrien &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>La co[opera]tive, qui nous avait déjà régalé l&rsquo;an passé d&rsquo;une<em> <a href="https://www.forumopera.com/la-petite-messe-solennelle-rennes-qui-riait-elle-et-y-sonne">Petite Messe solennelle</a></em> brillamment dépoussiérée, creuse ce sillon prometteur avec une <em><a href="http://www.facebook.com/france3bretagne/videos/818676412035615/?v=818676412035615">Dame Blanche</a> </em>de haute volée, qui rend justice à la pièce d&rsquo;origine en en retravaillant les éléments datés pour mieux en mettre en valeur les qualités. Succès considérable à sa création, l&rsquo;opéra-comique de François-Adrien Boieldieu souffrait – comme c&rsquo;est souvent le cas dans ce répertoire – de textes inadaptés au public contemporain. La réecriture de <strong>Pauline Noblecourt</strong> transforme ses passages parlés en éléments forts du récit, avec de nombreuses adresses au spectateur. Entre humour et second degré, celles-ci soulignent à plaisir combien le propos est cousu de fil blanc et partant, rappellent que le charme de la représentation est à trouver ailleurs de que dans la vraisemblance. Il faut dire que ce village entier luttant pour rendre le château à son aristocratique propriétaire au détriment de l&rsquo;un des leurs a de quoi laisser dubitatif !</p>
<p>Le décor d&rsquo;<strong>Irène Vignaud</strong> délaisse lui aussi fort heureusement le premier degré d&rsquo;un Moyen Âge de carton-pâte au profit d&rsquo;une scénographie de l&rsquo;évocation, du jeu, du « on dirait qu&rsquo;on serait dans un château » qui a le parfum de l&rsquo;enfance.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="313" src="/sites/default/files/styles/large/public/la_dame_blanche_1_c_remi_blasquez.jpg?itok=mI4j59IM" title="© Remi Blasquez" width="468" /><br />
	© Remi Blasquez</p>
<p>A ces éléments modernisés répondent avec bonheur l’interprétation de l&rsquo;Orchestre <strong>Les Siècles</strong> sur instruments d&rsquo;époque. Si ce choix impacte la justesse, plus délicate à obtenir, l&rsquo;oreille tolérante se trouve récompensée de couleurs chaudes, sensuelles et d&rsquo;un régal de nuances.</p>
<p>La dimension visuelle du spectacle renforce quant à elle l&rsquo;impression d&rsquo;une fable délicieuse puisque le costume de chaque personnage évoque un animal. Le point de départ de la réflexion de la costumière, <strong>Cindy Lombardi</strong>, a sans doute été le titre de l’œuvre puisque la dame blanche est l&rsquo;autre nom de la chouette effraie. Les paysans forment en toute logique un troupeau faunesque, référence à la fois à leur caractère grégaire et jouisseur. Ils revêtent des kilts puisque nous sommes dans l&rsquo;Ecosse de fantaisie de Walter Scott. Le héros, quant à lui, se pare de plumes de coq, tout comme le chef d&rsquo;orchestre, roi d&rsquo;une musicale basse-cour. Le premier air de la vieille nourrice évoque ses fuseaux ; gardienne du château inhabité, elle se fait bien entendu aragne en sa toile tandis que le « méchant » de l&rsquo;histoire évoque un somptueux scarabée. Le mélange d&rsquo;éléments contemporains, de vêtements traditionnels, de plumes et de perruques transforme d&rsquo;improbables associations en une épatante réussite.</p>
<p>A plumage réjouissant, ramage à l&rsquo;avenant : le plateau scénique réunit des artistes formidables qui servent avec une jubilation manifeste la mise en scène enlevée de <strong>Louise Vignaud</strong>. Remarquable directrice d&rsquo;acteurs, dotée d&rsquo;un parfait sens du rythme, elle vient du monde du théâtre et fait ici incursion pour la première fois dans l&rsquo;univers lyrique. Elle dessine chaque personnage de façon extrêmement précise, y compris les membres du chœur du <strong>Cortège d&rsquo;Orphée</strong>, épatants vocalement et scéniquement. Ils nous offrent des réactions nuancées, cocasses et très humaines. Le groupe est mené par un couple de paysans enthousiasmants : La Jenny de <strong>Sandrine Buendia</strong> est un modèle de fantaisie, de joie de vivre, de précision comique et s&rsquo;enorgueillit de piani délicats et de vocalises impeccables. <strong>Fabien Hyon</strong> lui donne la réplique avec allant, de sa projection brillante et de ses graves bien campés.</p>
<p>Le timbre plutôt clair des deux artistes est également celui de l&rsquo;autre couple de la soirée ce qui crée une jolie unité et sert les ensembles parfaitement huilés qui parsèment la soirée.</p>
<p><strong>Sahy Ratia</strong> brille tout particulièrement dans le rôle exigeant de Georges qui enchaîne les airs et les difficultés. Comme l&rsquo;an passé dans la<em> Petite Messe solennelle</em>, son timbre si rossinien enchante, tandis que le naturel de l&rsquo;émission comme de l&rsquo;incarnation scénique enthousiasment. Son rival, <strong>Yannis François</strong>, est quant à lui un formidable comédien à la basse d&rsquo;une belle verticalité.</p>
<p>Pour sa part, <strong>Caroline Jestaedt</strong>, la Dame Blanche, ne démérite pas, avec un très joli timbre, des vocalises acrobatiques réglées au cordeau, mais un je-ne-sais-quoi dans l&rsquo;incarnation qui semble un (petit) cran en dessous de l&rsquo;essentiel de l&rsquo;équipe. C&rsquo;est également le cas de la Marguerite un peu sage à l&rsquo;oeil comme à l&rsquo;oreille de <strong>Majdouline Zerari</strong>.</p>
<p>Trac de début de tournée peut-être ? Elles auront l&rsquo;occasion de gagner en assurance puisque le projet audiovisuel, né de la nécessité et à retrouver en replay, ne privera pas <em>la Dame Blanche </em>d&rsquo;une belle tournée de vingt dates la saison prochaine, sur les scènes des six membres de la<a href="http://www.lacoopera.com/bio"> co[opera]tive</a>, Quimper, Dunkerque, Besançon, Compiègne, Tourcoing et Rennes pour les fêtes de fin d&rsquo;année.</p>
<p> </p>
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		<title>LECOCQ, Le Petit Duc — Paris</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/le-petit-duc-paris-friandise-delicieusement-acidulee/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Marcel Humbert]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 19 Feb 2017 08:40:01 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le Petit Duc a fait les beaux soirs de plusieurs générations, jusqu’à la Seconde Guerre mondiale. Et puis, comme tant d’autres opéras-comiques et opérettes de la même époque, il est passé de mode et a quasiment disparu des affiches. Il s’agit donc aujourd’hui d’une rareté que peu de lyricomanes, à part ceux qui étaient à &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><em>Le Petit Duc</em> a fait les beaux soirs de plusieurs générations, jusqu’à la Seconde Guerre mondiale. Et puis, comme tant d’autres opéras-comiques et opérettes de la même époque, il est passé de mode et a quasiment disparu des affiches. Il s’agit donc aujourd’hui d’une rareté que peu de lyricomanes, à part ceux qui étaient à Metz en 2000, peuvent se vanter d’avoir vue sur scène. Autant dire que le public se pressait au Trianon, rempli à craquer. Et il ressort de cette représentation la grande injustice de ce type d’oubli : que l’œuvre soit charmante et sa musique excellente, on le savait déjà. Qu’elle puisse aujourd’hui séduire un large public de tout âge, la preuve en est faite.</p>
<p>Le pari est tenu avec un total respect de l’œuvre, et la représentation suit scrupuleusement la base originale. L’orchestre n’est pas réduit, le texte n’est pas modifié, les personnages et les situations restent les mêmes, et tout cela s’enchaîne à merveille. Respect aussi au niveau des tessitures, le rôle de Raoul de Parthenay étant bien tenu par une soprano, comme le veut la partition originale (le film d’Henri Spade – TV/INA 1960 -, qui montre comment on ne pourrait plus présenter cette œuvre aujourd’hui, et la <a href="http://www.forumopera.com/v1/critiques/lecocq-duc.htm">seule presqu’intégrale au disque</a>, de 1969, avaient préféré un ténor, avec un résultat mitigé). Seule entorse à cette règle, le rôle de Diane de Château-Lansac est tenu par un homme, nous y reviendrons.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" height="266" src="http://www.forumopera.com/sites/default/files/styles/large/public/ml2_2957.jpg?itok=nbwtzptJ" width="468" /><br />
	Élèves du pensionnat des demoiselles nobles de Lunéville autour de Marion Tassou (Blanche de Cambry).<br />
	© Photo Marie-Louise LE GOFF &#8211; tous droits réservés</p>
<p>La nécessaire « modernisation », pour permettre à l’œuvre de mieux correspondre à notre conscience collective près de 140 ans après sa création, va donc se faire par petites touches, à travers un regard un peu au second degré, et surtout une bonne amplification des ressorts comiques. Pas de décor, sinon un dispositif scénique fait de grands cubes de bois qui virevoltent au fil des événements et permettent d’étager les plans, égayés de costumes d’une grande fraîcheur de <strong>Laurianne Scimemi Del Francia</strong>. Surtout, la mise en scène inventive et efficace d’<strong>Edouard Signolet </strong>fait de l’ensemble un délice. Car il s’agit ici de vrai théâtre, avec une véritable et efficace direction d’acteurs qui touche également, bien sûr, les douze excellents choristes masculins et féminins qui campent chacun des silhouettes inénarrables. La fameuse leçon de chant et le chœur de la leçon de solfège qui suit (sol-ré-sol-la-ré…) est notamment un régal. Grâce enfin à la direction vive et précise de <strong>Nicolas Simon </strong>qui rend pleinement justice à toutes les facettes musicales de l’œuvre, grâce aussi à la belle clarté de son très bon orchestre des Frivolités Parisiennes, tout contribue à faire de la représentation un véritable délice.  Et l’on y perçoit fort bien tout ce que le compositeur devait à Offenbach, notamment dans le duo « C’est une idylle… » et dans l’ensemble « Pas de femmes… ».</p>
<p>Mais le plateau n’est pas en reste, où cinq excellents chanteurs-acteurs brûlent les planches. <strong>Sandrine Buendia</strong> tient le rôle travesti de Raoul de Parthenay,  avec une voix parfaitement adaptée au personnage sans être véritablement masculine. Elle y est épatante de simplicité et de naturel, avec juste ce qu’il faut de sensibilité, de drôlerie (costumée en paysanne chantant l’air attendu se concluant sur : « J’ai cassé mes deux douzaines d’œufs, mais j’ai gardé mon innocence ! ») et même de sentiment dans l’air « Mon épée, ah l’ordre est sévère… » suivi du clin d’œil final « Le plus bel officier du monde ne peut donner que ce qu’il a ! ».</p>
<p>Face à lui (à elle…), sa toute jeune épouse Blanche de Cambry est interprétée par <strong>Marion Tassou</strong>, qui campe un personnage vraiment hors du commun. La voix est belle, riche et forte, et l’interprète déchaînée. Point de douce et timide épousée, c’est un peu la Fille Angot – pas bégueule, forte en gueule – qui serait devenue duchesse. En plus l’âge est là : encore très potache, elle déchaîne ses camarades du (prétendument) calme pensionnat où l’on l’enferme, annonçant ainsi <em>Mam&rsquo;zelle Nitouche </em>(1883). La période encore un peu trouble du passage de l’adolescence à l’âge adulte est ici traduite de manière très contemporaine et agressive, et promet un couple bien dans l’air du temps, qui ne saurait sans doute durer très longtemps !</p>
<p>A leur côté, Montlandry et Nicolas Frimousse forment un couple improbable à la Laurel et Hardy, avec d’un côté le grand <strong>Jean-Baptiste Dumora</strong> à la voix sonore pour ne pas dire tonitruante comme il sied à un militaire, et de l’autre le plus petit <strong>Rémy Poulakis</strong>, trial délicat comme il sied à un lettré distingué. L’un et l’autre sont très drôles, et la chanson du « Petit bossu » fort bien interprétée par le premier.</p>
<p>Enfin, <strong>Mathieu Dubroca</strong> est – bien que très mince – l’énooooorme Diane de Château-Lansac, hystérique mais racée directrice du pensionnat des demoiselles nobles de Lunéville. Était-ce indispensable de confier ce rôle à un homme? Peut-être pas, mais à défaut de pouvoir s’offrir Dawn French, comme la production londonienne de <em>La Fille du Régiment</em>, il faut convenir que le résultat est irrésistible. Un peu comme Marion Tassou, il est constamment sur la limite, mais comme elle, il ne franchit jamais la ligne rouge, et il faut dire que sa prestation scénique, tout comme sa courte prestation vocale, sont du grand art. Rappelons d’ailleurs que ce type de prise de rôle était tout à fait courante au XIX<sup>e</sup> siècle, et était un procédé cher à Offenbach comme par exemple dans <em>Mesdames de la Halle</em>, où les trois commères étaient jouées en travestis par Léonce, Désiré et Mesmacre, ou encore dans <em>M. Choufleuri</em>… où c’est à nouveau Léonce qui jouait Madame Balandard.</p>
<p>Au total, on rit beaucoup, on retrouve avec plaisir des airs connus que l’on avait oubliés venir du <em>Petit Duc</em>, et l’on déguste de bon cœur cette rare gourmandise merveilleusement bien assaisonnée. On aimerait retrouver en enregistrement audio et/ou vidéo ce spectacle jubilatoire, auquel on souhaite une longue série de représentations accompagnées d’animations scolaires auxquelles il se prête parfaitement. Prochaines représentations le 3 mars à l’Opéra de Reims et le 5 mars au Théâtre de Saint-Dizier.</p>
<p class="note" dir="ltr"> </p>
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