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	<title>Bradley SMITH - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Bradley SMITH - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>BACH, Passion selon Saint Matthieu &#8211; Nantes</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/bach-passion-selon-saint-matthieu-nantes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 29 Mar 2024 06:19:51 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Après Rennes, c’est à Nantes que Damien Guillon fait escale avec ses troupes du Banquet Céleste et le chœur de chambre Mélisme(s). Ils auront troqué l’acoustique intime de l’Opéra de Rennes pour celle ample et remarquable de la Cité des Congrès de la cité des Ducs de Bretagne. Des conditions idéales et un public venu &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="_wp_link_placeholder" data-wplink-edit="true">Après Rennes, c’est à Nantes que Damien Guillon </a>fait escale avec ses troupes du Banquet Céleste et le chœur de chambre Mélisme(s). Ils auront troqué l’acoustique intime de l’Opéra de Rennes pour celle ample et remarquable de la Cité des Congrès de la cité des Ducs de Bretagne. Des conditions idéales et un public venu en nombre pour assister à trois heures d’excellence musicale et interprétative.</p>
<p>La formation du jeune chef jouit d’une préparation sans faille, couronnée d’une exécution irréprochable qui donne à entendre un Bach sans ostentation, dans toutes ses dimensions. L’évidence frappe dans la juste balance des <em>tempi</em>, du contrepoint, des volumes et des masses qui transforme tour à tour cette <em>Passion</em> en pieuse cérémonie et en opéra baroque haut en couleurs. Le Banquet Céleste compte parmi ses rangs des solistes hors pair dont le dialogue permanent avec le plateau participe à cette interprétation protéiforme. Le chœur de chambre Mélisme(s) et la Maîtrise de Bretagne s’installent dans l&rsquo;ensemble avec la même évidence et la même capacité à suivre Damien Guillon dans les méandres de l’œuvre et de ses stations : la véhémence du peuple avide de sang ou les louanges des suiveurs du Christ.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Passion_selon_saint_Matthieu_Rennes_6©Laurent_Guizard-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-158667"/><figcaption class="wp-element-caption">© Laurent Guizard</figcaption></figure>


<p>A une exception près, ce sont les mêmes chanteurs qu&rsquo;à Rennes qui se présentent devant les Nantais. <strong>Zachary Wilder</strong> remplace au pied levé Juan Sancho en Evangéliste sans qu’il n’y paraisse rien. Il déploie un récit limpide, assis sur une diction précise, qui vient se colorer d’affects discrets au service de la scansion du drame. <strong>Edward Grint</strong> sert le Christ d’un timbre plutôt clair et d’une sobriété tout à propos. <strong>Paul-Antoine Bénos-Djian</strong> marque le plateau d’un sceau particulier : projection remarquable, technique chevronnée et qualités interprétatives variées font de chacune de ses interventions des moments suspendus qu’il tisse dans la trame narrative. <strong>Marco Saccardin</strong> passe de Pierre à Pilate avec une aisance confondante : la foi et les doutes du premier sont évoqués dans un des accents timides quand la morgue du second trouve son assise dans un volume généreux et un timbre sombre et mat. Chez les dames, <strong>Céline Scheen</strong> tient le soprano le plus exposé avec brio : le phrasé est élégant, le timbre fruité. <strong>Maïlys de Villoutreys</strong> et <strong>Blandine de Sansal</strong>, toutes deux très sensibles, complètent élégamment la distribution.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/bach-passion-selon-saint-matthieu-nantes/">BACH, Passion selon Saint Matthieu &#8211; Nantes</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>BACH, La Passion selon saint Matthieu &#8211; Rennes</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/bach-la-passion-selon-saint-matthieu-rennes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 25 Mar 2024 06:20:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C&#8217;est en apothéose que Damien Guillon achève ses quinze ans à la tête du Banquet Céleste avec cette Passion selon saint Matthieu qui n&#8217;avait pas résonné dans la capitale bretonne depuis trente-et-un ans. L&#8217;effectif pléthorique exigé par la partition permet à l’opéra de Rennes de rassembler ses deux ensembles en résidence – Le Banquet Céleste &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>C&rsquo;est en apothéose que <strong>Damien Guillon</strong> achève ses quinze ans à la tête du Banquet Céleste avec cette Passion selon saint Matthieu qui n&rsquo;avait pas résonné dans la capitale bretonne depuis trente-et-un ans.<br />
L&rsquo;effectif pléthorique exigé par la partition permet à l’opéra de Rennes de rassembler ses deux ensembles en résidence – Le Banquet Céleste et le choeur Mélisme(s) – ainsi que la maîtrise de Bretagne, partenaire récurrent.</p>
<p>S&rsquo;est naturellement posée la question de proposer ce répertoire en église. Conforté par un chef serein quant à l&rsquo;acoustique et échaudé par une Passion selon St Jean qui, par le passé, avait du être rapatriée en urgence dans la salle à l&rsquo;italienne pour cause de chauffage défaillant, il a été décidé d&rsquo;accueillir ce programme sur la scène de l&rsquo;opéra, consacrant ainsi, selon les dires du directeur, Matthieu Rietzler « un moment fort de la vie de la Maison ».</p>
<p>Le chef d&rsquo;orchestre offre une lisibilité parfaite de l&rsquo;architecture de l’œuvre, se jouant de sa complexité intrinsèque due à la présence, à la fois, d&rsquo;un double chœur et d&rsquo;un double orchestre.<br />
Tout en souplesse et en sobriété, jamais dépassé, il accompagne chacun sans ostentation et propose une interprétation équilibrée, retenue où aucun protagoniste &#8211; soliste, chœur ou orchestre &#8211; n&rsquo;est jamais laissé en retrait.<br />
Même les silences entre les numéros sont parfaitement rythmés pour permettre à l&rsquo;auditeur une respiration naturelle avant de replonger dans l’œuvre. Par contraste, l&rsquo;interminable silence suivant la mort du Sauveur en prend plus d&rsquo;intensité encore.<br />
De tout ces éléments se dégage une plénitude qui transcende le drame musical et éclaire toute l’œuvre d&rsquo;une profonde spiritualité.</p>
<p>Naturellement, <strong>le Banquet Céleste</strong> répond aux moindres sollicitations, dans un phrasé singulièrement souple, nuançant le propos de couleurs et d&rsquo;intentions faisant assaut de finesse et d&rsquo;intelligence. « So ist mein Jesus nun gefangen » bouleverse par le travail du volume dans l&rsquo;espace. La variété des instrumentations met en valeur les qualités solistiques des interprètes au premier rang desquels les vents et le continuo, qui lui aussi, n&rsquo;appelle que des éloges.</p>
<p>Dès l&rsquo;introduction s&rsquo;impose la pâte sonore dense, riche du choeur <strong>Mélisme(s)</strong> qui, d&rsquo;abord volontairement assourdie évolue vers la plénitude dans une progression parfaitement maîtrisée. Si on peut regretter quelques finales décalées au cours de la soirée, les jeux de couleurs, d&rsquo;intentions, entre véhémence et intériorité, animent toute la partition dans une écoute très attentive du chef. C&rsquo;est le cas dans les si beaux « Ich bin’s, ich sollte büßen » ou encore : « Erkenne mich, mein Hüter » Avec « So ist mein Jesus nun gefangen » se fait jour une dimension presque instrumentale, proprement bouleversante tandis que la première partie de l&rsquo;oeuvre s&rsquo;achève en apothéose avec le choral « O Mensch, bewein dein Sünde groß ». Dans la seconde partie les interventions illustrant le reniement de Saint Pierre sont vibrantes d&rsquo;autorité et de conviction ; « Bin ich gleich von dir gewichen » formidablement touchant.</p>
<p>Le second chœur est celui de la <strong>Maîtrise de Bretagne</strong>, où Damien Guillon lui-même a fait ses classes. Les quinze enfants n&rsquo;ont que deux interventions mais elles sont notablement justes et précises. Les timbres juvéniles s&rsquo;accordent parfaitement dans leur rondeur avec ceux du grand choeur lors des respons. Le choix de les placer au plus près des autres interprètes accentue cette homogénéité même si elle gomme la dimension spatiale voulue initialement par le compositeur.</p>
<p>Les solistes sont tout aussi investis que les musiciens et les choristes. La narration est portée avant tout par le formidable Évangéliste de <strong>Juan Sancho</strong>, flamboyant conteur au discours limpide, qui cisèle chaque phrase d&rsquo;un timbre clair et soyeux assorti d&rsquo;un art proverbial de la diction. Il emporte le spectateur dès son premier récitatif et ne faillit jamais avec des moments particulièrement intenses comme « Und er kam und fand sie aber schlafend » ou encore « Petrus aber saß draußen im Palast ».</p>
<p><strong>Edward Grint</strong> incarne le Sauveur d&rsquo;un phrasé raffiné et mesuré bien qu&rsquo;une légère instabilité dans le haut medium n&rsquo;oblige à nuancer les compliments sur la sensualité de son grain de voix. Les cordes nimbent ses interventions d&rsquo;une douce suavité. « Komm, süßes Kreuz » est proprement bouleversant par l&rsquo;élégance et la sobriété de l&rsquo;expression.</p>
<p>Avec « Buß und Reu knirscht das Sündenherz entzwei » flûte et violoncelle magnifient l&rsquo;approche éminemment sensible de <strong>Paul-Antoine Bénos-Djian</strong>, qui sculpte ses phrases d&rsquo;un ciseau précis et délicat. Cette grande élégance se confirme plus loin avec le bouleversant « Erbarme dich ».<br />
Chez les femmes, <strong>Céline Scheen</strong>, qui a bcp enregistré avec Banquet Céleste, prête son timbre<br />
chaud, moelleux, bien projeté à l&rsquo;air« Ich will dir mein Herze schenken » précédé du si touchant récitatif Wie wohl mein Herz in Tränen schwimmt » où hautbois et continuo font merveille.<br />
<strong>Maïlys de Villoutreys</strong> prête la pureté de son timbre au « Blute nur, du liebes Herz ! » et ravit tout comme <strong>Blandine de Sansal</strong> bouleversante de tendresse dans « Aus Liebe will mein Heiland sterben ».</p>
<p><strong>Nicholas Scott</strong> profite pour sa part d&rsquo;une remarquable conduite de la ligne mélodique et donne une couleur paradoxalement solaire à son « O Schmerz ! » puis à « Ich will bei meinem Jesu wachen », toujours accompagnés au plus juste par la flûte puis le hautbois.</p>
<p><strong>Marco Saccardi</strong> fait montre d&rsquo;une notable expressivité, donnant un relief singulier aux personnages de Pierre et Pilate, tandis que <strong>Bradley Smith</strong> émeut déjà par la délicatesse de de l&rsquo;émission de ses consonnes dans « Mein Jesus schweigt ».</p>
<p>Un concert à découvrir le 26 mars à la Cité des Congrès de Nantes, le 27 au TAP de Poitiers et enfin le 29 à la Bachkirche d&rsquo;Arnstadt &#8211; l&rsquo;église même où Bach était maître de chapelle &#8211; dans le cadre du Bachwochen Festival.</p>
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		<title>HAENDEL, Ariodante — Paris (TCE)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/ariodante-paris-tce-que-vois-je-quentends-je/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 18 May 2017 06:20:45 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Confronté aux pires coups de théâtre, les personnages d’Ariodante ne devraient croire ni leurs oreilles et ni leurs yeux, les apparences s’avérant trompeuses pour le héros, cru mort, comme pour la malheureuse Ginevra, injustement soupçonnée. Pour la version de concert de l’opéra de Haendel qu’accueillait le Théâtre des Champs-Elysées, les yeux et les oreilles du &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Confronté aux pires coups de théâtre, les personnages d’<em>Ariodante</em> ne devraient croire ni leurs oreilles et ni leurs yeux, les apparences s’avérant trompeuses pour le héros, cru mort, comme pour la malheureuse Ginevra, injustement soupçonnée. Pour la version de concert de l’opéra de Haendel qu’accueillait le Théâtre des Champs-Elysées, les yeux et les oreilles du public étaient également sollicités, et une certaine dose de méfiance n’était peut-être pas mal venue.</p>
<p>Il faut souvent se méfier lorsqu’un(e) artiste extrêmement médiatique est remplacé par un confrère ou une consœur un peu moins sous le feu des projecteurs. En l’occurrence, la présence d’<strong>Alice Coote</strong> au lieu de Joyce DiDonato (qui avait déjà dû annuler un <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/eh-alan-cest-le-printemps"><em>Ariodante</em> versaillais en 2012</a>) avait inspiré à certains une déception infondée. Certes, quand l’interprète du rôle-titre entre en scène, quelques spectateurs s’émeuvent : ses genoux fléchis, en équilibre précaire sur ses talons hauts, font même soupçonner un accident récent. La mezzo britannique a certes bien changé depuis l’époque où, il y a près de vingt ans, elle faisait de Ruggiero un lutin espiègle dans une <em>Alcina </em>montée à Stuttgart. Mais la voix, elle, n’inspire aucune inquiétude, et si d’aucuns trouveront à chipoter face à l’expressionnisme de son incarnation, cet Ariodante-là remporte un triomphe à chacun de ses airs, vécus comme autant de drames personnels, avec une puissance sonore qui laissent pantois. Le « Scherza, infida » de cette authentique haendélienne est parcouru d’éclats de rage impuissante, et « Dopo notte » est bien le feu d’artifice attendu.</p>
<p>Pour <strong>Christiane Karg</strong>, cette Ginevra est l’une des étapes d’une évolution vocale qui doit la porter vers des rôles de plus en plus exigeants. Virtuosité impeccable et beauté du timbre sont ici ses deux grandes armes, mais peut-être manque-t-il encore à cette incomparable Suzanne des <em>Noces de Figaro </em>un peu de l’étoffe d’une princesse outragée (« Orrida agli occhi miei » n’a pas tout à fait la force souhaitée). Chez Haendel, la perfection technique de l’interprète ne laisse pas tout à fait filtrer cette émotion qui devrait empoigner l’auditeur avec « Il mio crudel martoro », mais tous les moments de douceur sont extrêmement réussis.</p>
<p>Polinesso est incontestablement un rôle en or pour <strong>Sonia Prina</strong>. Seule italianophone au sein de cette équipe anglo-saxonne, elle est aussi la seule à jouer aussi intégralement son personnage, comme si elle était au théâtre et non au concert : les mains du méchant lubrique ne cessent de palper ses partenaires et sa bouche de s’égarer sur leurs lèvres. La mezzo possède une stupéfiante maîtrise de la diction, une manière de varier le sens d’un même mot répété, art qui éclate dès ses premières notes, dans la manière lourde de sous-entendus dont elle prononce le nom de Ginevra. La voix claironnante se joue des difficultés du rôle, et l’on retiendra notamment l’art avec lequel elle transforme en rires sardoniques les vocalises sur le mot « detesto » dans « Se l’inganno », véritable credo maléfique de cette préfiguration du Iago verdien.</p>
<p>Du théâtre, il y en a pourtant beaucoup aussi dans la prestation de <strong>Matthew Brooke</strong>, qui accompagne de petits sautillements son premier air de réjouissance, avant de s’écrouler pour chanter à genoux son air de désolation, suivi d’un gémissement. Peut-être plus baryton qu’authentiquement basse, ce roi d’Ecosse n’en sait pas moins traduire son désarroi de façon convaincante. <strong>Mary Bevan </strong>possède de grandes qualités en termes d’agilité et d’expressivité, qui lui permettent de donner tout son relief à Dalinda ; le timbre présente des couleurs intéressantes, et la personnalité de cette artiste ne demande qu’à s’affirmer. Le Lurcanio de <strong>David Portillo</strong> déborde d’énergie, mais la voix semble pincée dans l’aigu, avec des voyelles parfois un peu trop ouvertes.</p>
<p>La direction discrète de <strong>Harry Bicket</strong>, qui n’a qu’une main, de temps à autre, pour mener son <strong>English Concert</strong> puisqu’il tient en même temps le clavecin, opte pour des tempos généralement mesurés, sans excès de lenteur (« Scherza, infida » est ici bien moins étiré que dans certaines versions), mais sait soutenir ses chanteurs, en leur offrant un écrin paré des nuances bucoliques ou martiales qu’appelle tour à tour la partition.</p>
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