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	<title>Stefano AMORI - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Stefano AMORI - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>GASPARINI, Il vecchio avaro &#8211; Beaune</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 15 Jul 2026 04:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>On se souvient de la restitution de L’Uomo femina, de Galuppi, que signait Vincent Dumestre il y a deux ans. Son insatiable curiosité et le succès remporté l’ont conduit à renouveler l’aventure, en mars, à Caen, avec un intermezzo de Gasparini, Il vecchio avaro, d’après L’Avare de Molière. Ce dernier avait copieusement emprunté aux Italiens. &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>On se souvient de la restitution de <em>L’Uomo femina</em>, de Galuppi, que signait <strong>Vincent Dumestre</strong> il y a deux ans. Son insatiable curiosité et le succès remporté l’ont conduit à renouveler l’aventure, en mars, à Caen, avec un <em>intermezzo</em> de Gasparini, <em>Il vecchio avaro</em>, d’après <em>L’Avare</em> de Molière. Ce dernier avait copieusement emprunté aux Italiens. Ce n’est donc que justice que ceux-ci se soient très vite emparés de son œuvre. Ainsi, sur les scènes lyriques ultramontines, <em>L’Avare</em> fut-il fréquemment adapté jusqu’au début du XIXe siècle (*). Une bonne dizaine d’<em>intermezzi</em> du prédécesseur de Vivaldi à la Pietà nous sont parvenus. Le choix d’ <em>Il vecchio avaro</em>, outre le fait que la comédie de Molière parle à tout le monde, est particulièrement heureux.<br />
De multiples reprises (**), au succès confirmé, sont intervenues avant que l’ouvrage arrive à Beaune. Cette étape, essentielle, marque un tournant, lié à l’évolution initiée par la nouvelle direction du Festival : pour la première fois, il offre un ouvrage baroque dans une authentique mise en scène, et ce, dans le beau petit théâtre à l’italienne, cadre idéal pour une telle production. Aurait-on engagé une troupe de figurants pour occuper le théâtre et jouer une partie d&rsquo; éventail que l’on n’aurait pas fait mieux. La canicule, à son sommet, avait conduit le Théâtre de Beaune à user de deux gros climatiseurs pour tenter de rafraichir la salle, à imposer un entracte (non prévu) après avoir placé des fontaines tout à l’entour. Il n’empêche, la chaleur était vive et public comme interprètes feront avec. Tout le monde sortira de cette fournaise la joie au cœur, et l’on frémit à l’idée que nous aurions pu en être privés.</p>
<p>L’adaptation de Salvi, le librettiste, est aussi efficace que libre. Les personnages sont réduits à deux chanteurs et un comédien, l’action étant resserrée sur le couple Pancrazio (Harpagon) et Fiammetta (condensé de Frosine et de Marianne), avec le concours de Valletto (La Flèche) personnage muet mais essentiel de l’intermezzo. Vincent Dumestre ajoute opportunément une nourrice âgée (rôle travesti), traditionnelle dans les ouvrages baroques, Scarabea, qui portera la voix du bon sens populaire.</p>
<p>Point d’ouverture, devant le beau rideau de scène, d’un bleu profond, dont la base s’orne de motifs végétaux qui renvoient à la peinture italienne, une ancienne charrette à bras où reposent divers accessoires (banc etc.). Alors que les lumières déclinent, la rumeur de bourdons, puis de cris, annonce l’arrivée de Scarabea, qui fait mine de s’accompagner à la vielle à roue. Valletto, muni d’une lanterne dont il tirera les meilleurs effets surgit. La nourrice, jamais ridicule ni comique, entonne une sorte de complainte traditionnelle, qui traduit le bon sens populaire. En contrepoint des arias, duos et récitatifs confiés à nos deux coquins, nous apprécierons ainsi de beaux airs traditionnels, arrangés par Vincent Dumestre pour s’intégrer harmonieusement à la trame dramatique.<br />
Lorsque le rideau s’ouvre, nous découvrons l’orchestre, côté cour, et le décor où l’essentiel de l’action se déroulera, avec des toiles peintes en arrière-plan, actionnées par des cordes dont la mise en scène saura tirer le meilleur parti. Un authentique désordre du XVIIIe siècle prévaut chez Pancrazio, qui poursuit son valet. « À présent que je suis libre » (en italien, évidemment) chante Fiammetta, jeune veuve désargentée en quête d’une opportunité. On ne résumera pas l’action, réjouissante.<br />
La mise en scène que signe <strong>Théophile Gasselin</strong> est une réussite achevée, témoignant à la fois de sa culture approfondie et de son savoir-faire très professionnel. Les beaux costumes seyants, inspirés du temps, d’<strong>Alain Blanchot</strong>, les accessoires, les lumières intelligentes de <strong>Christophe Nallet</strong>, la scénographie de <strong>Louise Caron</strong> sont un constant régal. La direction d’acteurs, millimétrée, réjouit autant qu’elle sert la conduite de la farce.</p>
<p>Évidemment, <strong>Stefano Amori</strong>, Valletto (La Flèche, et Valère, chez Molière), personnage muet, complice de Fiammetta, use de toutes les ressources de son art pour camper ce personnage facétieux, souple, bondissant, irrésistible. Pancrazio n’est plus tout à fait Harpagon. Le tyran domestique, bourgeois ambitieux, secrètement usurier rapace, détestable, s’est mué en un avare misanthrope, profondément humain malgré ses travers. <strong>Victor Sicard </strong>est non seulement la voix que l’on connaît, à la plus large tessiture, aux moyens d’exception. Il se double d’un merveilleux comédien, dont le bonheur à jouer est communicatif. La diction au service d’une expression juste, des couleurs renouvelées qui traduisent une psychologie plus complexe que ce que l’on imaginait, tout concourt à notre bonheur : l’avare ne mérite pas l’opprobre qui s’attache à son travers.</p>
<p>Trouvaille dramatique bienvenue : la jeune et rusée veuve désargentée, sans scrupules, Fiammetta, se dédouble en Ficchietto, son  frère jumeau d’invention, qu’elle fait embaucher par Pancrazio pour ourdir sa supercherie. C’est peu dire qu’<strong>Éva Zaïcik </strong>est Fiammetta. La rouerie, la duplicité sont illustrées avec maestria. Présence vocale et scénique sont indéniables. Il faudra attendre la fin de l’ouvrage pour que l’insertion (<em>aria di baule</em>) du « Agitata da due venti » (emprunté à <em>la Griselda</em> de Vivaldi) permette à notre diva de déployer toutes les ressources de son chant, car la partition n’exige guère davantage que ce que dont usera Pergolèse dans <em>la Serva padrona</em>, quelque treize ans après<em>. </em>Scarabea, la nourrice, vielleuse, ajoutée par Vincent Dumestre, s’intègre fort bien à la trame. Chacune de ses sentences est un régal (dont « Chi non ha non è »). <strong>Serge Goubioud</strong> lui confère une épaisseur humaine, à travers un chant authentique et une présence indéniable.</p>
<p><strong> </strong>Vincent Dumestre s’est souvenu de son <em>Bourgeois gentilhomme</em>. Pancrazio, soucieux d’appartenir à l’élite, apprendra à danser, et la marche pour la cérémonie des Turcs se glisse adroitement dans le déroulé. Les critiques soucieux d’authenticité, dont il m’arrive d’être, pourront contester la liberté que s’est octroyée la réalisation par rapport à la partition conservée : on leur objectera que l’esprit est là, pleinement restitué, avec une vie constante, une action qui vous tient en haleine, servie par des musiciens – comédiens d’excellence, et que l’intelligente réalisation associe idéalement ses ajouts ou emprunts sans qu’aucune couture soit visible, avec un naturel confondant. L’orchestre, conduit de la guitare baroque dont joue le réalisateur, se montre irréprochable. Tout juste un brin de fantaisie, de légèreté comme d’énergie, d’excès aussi, lié à la comédie, aurait-il pu ajouter un peu de piment.</p>
<p>Un spectacle tonique, réjouissant, abouti, que l’on retrouvera avec bonheur.</p>
<pre>(*) après Gasparini en 1720, nombre de compositeurs s’inspirèrent de la comédie de Molière. Anfossi (1775), Astarita (1776), Sarti (1777), Rutini (1789), Mayr (1799), Orlandi (1801), Bianchi  puis Fioravanti (1804), Cordella, puis Savi (1810... entre autres.

(**) Alors que plusieurs éditions du livret (Venise, Bologne, Livourne) nous sont parvenues, la seule partition recensée est conservée à l’abbaye de Montecassino.

(***) <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/gasparini-lavare-rennes/">Rennes</a>, Reims, Paris (Athénée), La Rochelle, Amiens, <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/gasparini-il-vecchio-avaro-versailles/">Versailles</a>, avant de retrouver la production la saison prochaine à Dijon (3 et 4 mars 2027).</pre>
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		<title>GASPARINI, Il vecchio avaro – Versailles</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/gasparini-il-vecchio-avaro-versailles/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 07 Jun 2026 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Dans le cadre d’une vaste tournée en France, L’Avare de Francesco Gasparini (ou plutôt Il vecchio avaro) fait escale à l’Opéra-royal de Versailles, cadre idéal pour la représentation de cet ouvrage, abstraction faite des écarts d’époque et de lieu (la salle, inaugurée en 1770 n’est évidemment pas le Teatro Sant’Angelo  inauguré lui en 1677). La &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Dans le cadre d’une vaste tournée en France, <em>L’Avare</em> de Francesco Gasparini (ou plutôt <em>Il vecchio avaro</em>) fait escale à l’Opéra-royal de Versailles, cadre idéal pour la représentation de cet ouvrage, abstraction faite des écarts d’époque et de lieu (la salle, inaugurée en 1770 n’est évidemment pas le Teatro Sant’Angelo  inauguré lui en 1677). La production de <strong>Théophile Gasselin</strong> est en effet un régal pour l’œil, par la beauté fanée de son décor (<strong>Louise Caron</strong>), le clair-obscur de certains de ses éclairages (<strong>Christophe Naillet</strong>), le drapé de son rideau de scène bleu, ses costumes au charme suranné (<strong>Alain Blanchot</strong>), l&rsquo;ensemble s’accordant parfaitement aux lieux. La largeur du plateau permet de plus de disposer l’orchestre sur l’un des côtés de la scène tout en laissant assez de place et de recul aux chanteurs pour évoluer sur toute la largeur et la profondeur de celle-ci. À l’origine, l’ouvrage est un intermezzo destiné à être joué entre les actes d’un grand <em>opera seria</em>. L’intrigue de Molière est extrêmement simplifiée et reprend les schémas du genre bouffe italien (théâtral comme lyrique), avec deux personnages seulement à l&rsquo;origine : un vieux barbon avare (Pancrazo) et une jeune femme rouée (Fiammetta) qui, pour le manipuler, s’invente un frère jumeau (Fichetto) qu’elle place en tant que valet. Pancrazo s’en méfie un peu initialement car il parle aussi le français : or « Un homme qui a deux langues a aussi quatre mains »&#8230; Fiametta trouve la cassette de Pancrazo, enterrée dans le jardin, et s’en empare. Le coffret contient 6000 écus. À ce stade, Pancrazo ne s’est pas aperçu de la disparition de son bien. Le « faux-frère » Fichetto donne toute satisfaction au vieil avare et vante en retour les qualités d’économie de sa « soeur ». En conséquence, Pancrazo se décide à épouser Fiametta d’autant qu’elle lui promet une dot de&#8230; 6000 écus. Après que le mariage a été signé devant notaire, Pancrazo se rend compte que sa cassette a disparu. Il découvre aussi que les pièces de Fiametta ressemblent fort aux siennes mais ne soupçonne aucunement la supercherie. Il accuse Fichetto d’être son voleur, mais celui-ci « est parti pour la France ». Dans ce maigre écho de Molière, on retrouvera toutefois certaines répliques (comme le fameux « il faut manger pour vivre, et non pas vivre pour manger » ou la « scène de folie » de la cassette disparue), pas toujours dans les mêmes bouches d&rsquo;ailleurs. Pour corser ce canevas simplissime, la mise en scène ajoute un personnage muet (Valletto) qui vient renforcer le comique de certaines situations, ainsi que Scarabea, une <em>nutrice</em> (nourrice). Cette dernière, personnage travesti classique des opéras vénitiens du siècle précédent, joue un peu le rôle du chœur antique (1). Pour l’essentiel, elle commente entre les actes l’action au moyen  de numéros musicaux inspirés de chansons napolitaines traditionnelles et aux textes adaptés pour la circonstance. Autre ajout, Fiametta se voit confier l’air « Agitata da due venti » tiré de <em>La Griselda</em> d&rsquo;Antonio Vivaldi, qui lui permet d&rsquo;illustrer parodiquement l’agitation de Pancrazo recherchant frénétiquement sa cassette volée. Il est à regretter que le programme soit particulièrement vague sur ces diverses adaptations qui peuvent créer une certaine confusion chez le spectateur : ainsi par exemple, on pourrait considérer Gasparini comme un authentique génie comique s’il avait eu lui-même l’idée d’introduire l’air de Griselda ! La direction d’acteur est excellente, souvent fine. Le personnage du mime Valetto est très bien utilisé, finement interprété par <strong>Stefano Amori</strong> qui évite certains excès de la <em>commedia dell&rsquo;arte</em>. Sans être fondamentalement originale, la grande scène de Pancrazo à la recherche de sa cassette dans la salle rallumée, est parfaitement réussie, le vieil avare prenant à parti plusieurs spectateurs avant d’en appeler à l&rsquo;administration du théâtre et à son directeur, Laurent Brunner lui-même. Au global, le spectacle est vif tout en restant clair, les nombreux récitatifs, traités comme du théâtre parlé, ne distillant aucun ennui.</p>
<div></div>
<div>Sans être particulièrement mémorable, la musique de Gasparini est vive et agréable, plutôt inventive et originale. Tout en jouant de la guitare baroque, <strong>Vincent Dumestre </strong>anime la douzaine de musiciens de son ensemble avec vivacité, finesse et délicatesse. À certains moments, on aimerait toutefois une direction plus débridée, un son moins lisse, plus contrasté, un zeste de folie : ici, on a plutôt l’impression d’une farce dirigée comme une pastorale. L’orchestre brille en revanche idéalement dans les passages plus suaves. La distribution est d’autant plus efficace qu’elle est bien rodée par une longue tournée d’une vingtaine de dates. <strong>Victor Sicard</strong> joue bien les rondeurs, excellent acteur sans vulgarité ni excès. La voix est bien projetée, le timbre brillant, et la diction est toujours expressive, qualité ici essentielle. <strong>Éva Zaïcik</strong> offre une chaleureuse voix mezzo, une authentique vis comica, et sait aussi briller dans les ornementations de la page de Griselda. Bien projetée et d’un aigu lumineux, la voix un peu atypique de <strong>Serge Goubioud</strong> (Scarabea) ne manque pas d’une certaine séduction mélancolique.</div>
<div></div>
<div></div>
<pre></pre>
<pre>1. Comme il est dit dans <em>Orphée aux Enfers</em> : 
Le chœur antique, en confidence, 
Se chargeait d'expliquer aux gens 
Ce qu'ils avaient compris d’avance 
… Quand ils étaient intelligents</pre>
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