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	<title>Luke STOKER - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<title>Luke STOKER - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>VERDI, Nabucco &#8211; Düsseldorf</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-nabucco-dusseldorf/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 01 Jun 2026 04:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La production de Nabucco, reprise cette saison à l’opéra de Düsseldorf, et due à la metteuse en scène italienne Ilaria Lanzino, avait été créée avec grand succès le 15 septembre 2024. Ce soir encore c’est face à une salle debout et bruyante que les chanteurs ont salué à l’issue d’une représentation non sans quelques défauts, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>La production de <em>Nabucco</em>, reprise cette saison à l’opéra de Düsseldorf, et due à la metteuse en scène italienne <strong>Ilaria Lanzino</strong>, avait été créée avec grand succès le 15 septembre 2024. Ce soir encore c’est face à une salle debout et bruyante que les chanteurs ont salué à l’issue d’une représentation non sans quelques défauts, mais dans l’ensemble plutôt enthousiasmante.<br />
Comment donner un sens original à l’un des blockbusters de l’opéra, tant et tant de fois servi ou desservi à des sauces plus ou moins digestes ? Eh bien il est heureux de constater qu’il existe toujours des metteurs en scènes qui réfléchissent, qui interrogent les œuvres et qui problématisent selon des points de vue pertinents.<br />
C’est ce qu’a tenté, et globalement réussi Ilaria Lanzino qui pose quelques pierres solides dans son argumentaire, avant d’essayer de tenir (elle y parvient à quelques exceptions près) sur les quatre actes la position choisie.<br />
Ce que souhaite démontrer l’Italienne originaire de Pise, qui fut membre du chœur du Theater an der Wien à  Vienne, puis qui a travaillé au Deutsche Oper Berlin, à Dortmund et Essen, c’est que dans les guerres, ce sont toujours les peuples les victimes, de quelque bord qu’ils soient, et que la paix ne peut passer que par le renversement des élites. Autre point fort de sa démonstration : que les forces en présence, dans les conflits actuels, ne relèvent ni du tout blanc, ni du tout noir et qu’il existe une multitude de nuances de gris, qui permettent d’évacuer une vision trop manichéenne du monde.<br />
Pendant l’ouverture (on peut toujours regretter des images qui nous détournent de la musique…) est projeté un film qui montre tout d’abord un traité de paix entre Babyloniens et Hébreux déchiré, puis un immeuble d’habitation, la nuit. La caméra pénètre dans les appartements où se dessinent des scènes de la vie quotidienne : une femme enceinte qui se brosse les dents, deux amoureux qui fêtent un anniversaire, des enfants qui font ensemble de la musique, une femme qui arrose ses plantes, etc. Mais à la fin de l’ouverture, l’immeuble est bombardé, il s’écroule sur lui-même (par un jeu d’immenses miroirs qui descendent des cintres, l’effet est saisissant) et les habitants, de toutes origines, se retrouvent à la rue ou sous les décombres. Toute ressemblance avec une situation existant au Proche-Orient est bien sûr tout sauf fortuite. Mais l’intérêt de la démonstration est qu’elle évite de désigner tel ou tel camp unilatéralement responsable ; pour le dire autrement, Lanzino a le courage de la nuance.<br />
Dernière idée forte de cette production : la déconnexion des élites. Entre le peuple, ces misérables sans-abris, vêtus de nos vêtements modernes, et les dirigeants, quels qu’ils soient (en habits d’apparat), il y a plus qu’un gouffre. Les protagonistes de tous bords (Ismaele, Zaccaria, Abigaille, Fenena, Nabucco, Abdalla), sont relégués en hauteur, sur une passerelle qui surplombe les décombres et les rend inaccessibles au peuple. Abigaille est même surprise à jeter des miettes aux laissés-pour-compte affamés ! Quant à Nabucco, il fait sa première apparition depuis les loges du deuxième balcon !<br />
Mais le peuple n’aura de cesse de vouloir se défendre, reconstruire, se reconstruire – et cela ne pourra se faire qu’en renversant les dirigeants (on touche là bien sûr les limites de la démonstration : au dernier acte ce sont des représentants du peuple qui enchainent les élites au bûcher et s’assoient à leurs places sur les fauteuils du pouvoir, la ficelle est un peu grosse tout de même ! ).</p>
<p style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/nabucco_dui_12_foto_sandra_then-1294x600.jpg" />© Sandra Then</p>
<p>L’image la plus saisissante et l’idée la plus intéressante est celle du chœur des esclaves : ici les esclaves ce ne sont pas uniquement les Hébreux, ce sont aussi les Babyloniens qui doivent, eux aussi, subir l’inanité de leurs élites. Et ce sont donc les deux peuples réunis qui entonnent le chœur le plus populaire de l’opéra italien : c’est l’utopie de la paix entre les peuples.<br />
Dans un autre ordre d’idée la relation complexe entre Nabucco et ses deux filles est joliment illustrée par la présence récurrente d’Abigaille et Fenena enfants (le jeune Ismaele est présent lui aussi au tout début) ; on se rend compte que de tous temps, Nabucco avait avec Fenena une relation privilégiée, ce dont avait bien conscience la jeune Abigaille ; elle développa une rancœur qui la poursuivra jusqu’à l’âge adulte. Nabucco est présenté au III comme un vieillard grabataire, en fauteuil roulant, nécessitant de l’aide pour s’alimenter ce qui nous vaudra une scène d’humiliation de la part d’Abigaille.</p>
<p>La production vocale est d’un niveau satisfaisant. Les chœurs sont bien fournis mais déçoivent quelque peu par des approximations dans la synchronisation et la diction (défauts malheureusement patents dans le « Va pensiero »). Les Düsseldorfer Symphoniker sont dirigés par leur chef <strong>Vitali Alekseenok</strong>. Individuellement, les pupitres sont de grandes qualités (les cordes ce soir ont brillé), les tempi proposés ont en revanche manqué de cohérence.<br />
Trois des rôles principaux sont tenus par les membres de la troupe de l’Oper am Rhein. Tout d’abord le Nabucco d’<strong>Alexey</strong> <strong>Zelenkov</strong>. L’Ouzbèque possède une voix puissante, une basse chantante et un timbre noir à souhait. Le Finlandais <strong>Jussi Myllys</strong> est un Ismaele un peu pâle, la voix est chantante mais la projection est limitée. L’autre membre de la troupe est la Roumaine <strong>Ramona Zaharia</strong> qui a brillé dans le rôle de Fenena par son autorité et la solidité de la prestation d’ensemble. Pour le reste de la distribution, nous aurons remarqué la basse géorgienne <strong>Goderdzi Janelidze</strong> apprécié <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/bellini-norma-bordeaux/">récemment en Orovesco à Bordeaux</a>  et qui est un Zaccaria de bonne tenue même si le premier acte a été nécessaire pour bien entrer dans le rôle. La Russe <strong>Svetlana Kasyan</strong> enfin qui met toute son énergie, toute son envie et tous ses moyens pour rendre justice au terrible rôle d’Abigaille. L’effort est vraiment louable, certes rien ne se fait dans la facilité mais on peut dire que le compte y est.</p>
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		<title>WAGNER, Parsifal — Paris (Bastille)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/parsifal-paris-bastille-paris-bastille-tout-vient-a-point/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alexandre Jamar]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 13 May 2018 21:59:21 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’était probablement la représentation la plus attendue de cette saison à l’Opéra national de Paris. Alors que tout semblait fonctionner normalement, un souci technique oblige à annuler la générale de Parsifal mis en scène par Richard Jones. L’incident s’avère plus grave que prévu et ce sont les deux premières dates qui passent à la trappe. &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>C’était probablement la représentation la plus attendue de cette saison à l’Opéra national de Paris. Alors que tout semblait fonctionner normalement, un souci technique oblige à annuler la générale de <em>Parsifal</em> mis en scène par <strong>Richard Jones</strong>. L’incident s’avère plus grave que prévu et ce sont les deux premières dates qui passent à la trappe. Pas étonnant, donc, de voir la Bastille pleine à craquer pour cette matinée. La curiosité du public est palpable face à cette production à la genèse si compliquée.</p>
<p>Les deux univers qui se côtoient dans <em>Parsifal</em> sont assez univoques : d’un côté la société des chevaliers du Graal, emmurée dans une adoration rituelle presque macabre des saintes reliques ; de l’autre, le monde hédoniste et empoisonné forgé par Klingsor, symbole d’une société décadente qui horrifiait le compositeur. Pour le metteur en scène <strong>Richard Jones</strong>, ces deux univers sont repoussants à leur manière : la réunion des chevaliers n’est plus qu’une secte aux allures de micro-régime totalitaire (uniformes, « bibles » omniprésentes, portraits et statues quasi-présidentiels…), tandis que le jardin enchanté de Klingsor devient le terrain de jeu d’un généticien fou, donnant naissance à de monstrueuses nymphes mi-humaines, mi-maïs, à la libido débordante. Bien que surprenant au premier abord, tout cela n’est pas si éloigné des intentions wagnériennes.</p>
<p>Si transposition il y a, elle reste donc assez sommaire, et l’on se découvre plutôt surpris de la fidélité de l’action scénique par rapport aux indications du livret. Les personnages sont nettement dessinés, dans l’esprit de ce que souhaitait le compositeur, ce qui est loin de nuire à la qualité du spectacle. Reste l’esthétique, entre monumentalisme qui peine à s’assumer, et univers épuré, où les personnages priment sur leur environnement. A nos yeux, le deuxième l’emporte nettement sur le premier, et c’est probablement dans le duo du 2e acte que les subtilités due la mise en scène font le mieux surface, grâce à un jeu d’acteur maîtrisé à la perfection.</p>
<p>Les formations musicales de l’Opéra sont réunies au grand complet pour l&rsquo;occasion. Aux hommes du chœur, faisant preuve de <em>tutti</em> assurés et brillants, les premiers éloges. Le bilan est plus mitigé pour les dames, où le placement en coulisse (requis par la partition, certes), pose quelques soucis d’intonation. L’orchestre, sous la baguette de son directeur musical, convainc. <strong>Philippe Jordan</strong> réaffirme son goût pour les lignes précises, les progressions charpentées et la clarté de timbres : dès le début, on savoure de magnifiques solos dans les bois et un impeccable liant de cordes. L&rsquo;amateur de baguettes plus généreuses regrettera peut-être un manque de profondeur, et de couleurs chaudes dans la pâte orchestrale. Pour lui, l’action instrumentale ne décollera vraiment qu’au milieu du 2e acte.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/emilie_brouchon_opera_national_de_paris-parsifal-17.18-emilie-brouchon-onp-9-.jpg?itok=qvsKwlIK" title="Günther Groissböck, Andreas Schager, Anja Kampe © Emilie Brouchon / Opéra de Paris" width="468" /><br />
	Günther Groissböck, Andreas Schager, Anja Kampe © Emilie Brouchon / Opéra de Paris</p>
<p>Côté distribution, la première belle surprise est l’homogénéité du plateau : s’il demeure bien entendu perfectible, personne ne démérite vraiment ce soir-là. Ainsi, les filles-fleurs-maïs de Klingsor s’en tirent toutes très honorablement, les interventions ponctuelles ne laissant que peu de marge à l’expression personnelle. Des deux écuyers féminins, <strong>Megan Marino</strong> marque davantage qu’<strong>Alisa Jordheim</strong>, cette dernière restant hélas un peu en retrait dans une salle aussi grande. Les timbres juvéniles de leurs homologues masculins, les ténors <strong>Michael Smallwood</strong> et <strong>Franz Gürtelschmied</strong> se répondent quant à eux idéalement. Des deux chevaliers du Graal, retenons plutôt le ténor frais et sculpté de <strong>Gianluca Zampieri</strong>, que la basse noble, mais un peu imprécise et rocailleuse de <strong>Luke Stoker</strong>. Bien qu’invisible durant tout le spectacle, <strong>Reinhard Hagen</strong> ne démérite pas en Titurel, sa voix de basse outre-tombe seyant tout à fait au vieillard impassible. </p>
<p>En Klingsor, <strong>Evgeny Nikitin</strong> tire son épingle du jeu en incarnant son personnage jusque dans ses accès les plus pervers. Le timbre de baryton brillant et très coloré dans l’aigu convient étrangement assez bien à un personnage que l’on estimait plutôt noir et résigné. Regrettons toutefois une diction allemande qui pourrait être plus soignée çà et là. C’est à <strong>Günther Groissböck</strong> que revient l’incarnation de Gurnemanz, rôle ô combien difficile car mettant particulièrement à l’épreuve l’endurance du chanteur. Celui-ci s’en tire plutôt bien, se reposant sur un timbre noir et racé, très à propos chez ce personnage, et sur un texte toujours intelligible. En revanche, quelques signes de faiblesse commencent à poindre dans les aigus au 1er acte, signe d’une fatigue vocale excusable vu les circonstances. En Amfortas, le choix de <strong>Peter Mattei</strong> pourrait surprendre, car on s’attendrait volontiers à une voix plus lyrique. Cependant, le baryton suédois se glisse avec aise dans la peau de son personnage, usant de son timbre souple et touchant pour se peindre torturé, bienveillant, hargneux ou lassé.</p>
<p>Celui qui chante le rôle-titre sur toutes les grandes scènes internationales faisait ses débuts à l’Opéra. Connu pour battre tous les records au potentiomètre, <strong>Andreas Schager</strong> ne déçoit pas avec une projection phénoménale et des aigus métalliques qui décoiffent le public jusqu’au poulailler. Plus à l’aise dans la fougue que dans le calme et le réconfort, c’est avant tout dans le 2e acte que sa performance est remarquable. Ailleurs, on déplorera une voix qui bouge un peu dans le haut médium, et de manière générale une présence scénique pas toujours convaincante.</p>
<p>C’est donc <strong>Anja Kampe</strong>, également dans ses débuts parisiens, qui retient toute l’attention ce soir-là. Son répertoire a beau être composé de rôles de sopranos (Eva, Elisabeth, Isolde…), son aisance dans le médium et le grave est telle qu’on la dirait volontiers mezzo. Le registre aigu ne semble pas non plus souffrir d’une entrave quelconque, étant façonnable à guise, du piano le plus aérien (« Parsifal, weile ») au hurlements de rage ou de désespoir («und… lachte»). Toutes ces qualités vocales doublées d’un talent de tragédienne naturel et d’une prononciation ciselée rendent hommage à l’un des rôles wagnériens les plus ambigus et les plus touchants. Dans le livret, c’est Parsifal qui consacre Kundry ; hier, c’était l’inverse.</p>
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