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	<title>Sulkhan JAIANI - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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		<title>VERDI, Otello &#8211; Nancy</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-otello-nancy/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 07 Oct 2026 04:03:09 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Ouverture de saison réussie à l’Opéra national de Nancy-Lorraine avec la reprise de l’Otello, proposé par Ted Huffman et dont la première avait eu lieu à Strasbourg à l’Opéra du Rhin en octobre 2025, dans une distribution toute autre (excepté pour le rôle de Cassio), et dont Yannick Boussaert avait rendu compte. C’est Franciska Ery &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Ouverture de saison réussie à l’Opéra national de Nancy-Lorraine avec la reprise de l’<em>Otello</em>, proposé par <strong>Ted Huffman</strong> et dont la première avait eu lieu à Strasbourg à l’Opéra du Rhin en octobre 2025, dans une distribution toute autre (excepté pour le rôle de Cassio), et dont <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-otello-strasbourg-en-cours/">Yannick Boussaert avait rendu compte</a>.<br />
C’est <strong>Franciska Ery</strong> qui assure à Nancy la reprise de la mise en scène du nouveau patron du Festival d’Art lyrique d’Aix-en-Provence, et elle le fait de manière engagée, et même militante. Avant le lever de rideau, pendant que les spectateurs s’installent, les panneaux de sur-titrage égrènent les sombres statistiques de féminicides en France au cours des toutes dernières années (source : noustoutes.org). La revendication féministe de Ted Hufmann est donc pleinement assumée ; et c’est dans cet esprit qu’il faut comprendre ce qu’il nous est donné de voir avant le lever de rideau de l’acte IV. Avant donc la scène ultime opposant Otello à Desdemona et qui aboutira à la mort de celle-ci, est diffusé un extrait vocal de la scène 3 de l’acte IV de l’<em>Otello</em> de Shakespeare : il s’agit d’un passage du monologue d’Emilia, que Boito n’a pas retenu pour son livret, que Verdi n’a donc pas mis en musique, et qui donne un relief nouveau au personnage de la suivante de Desdemona : celle-ci met des mots sur le drame qui s’annonce et dénonce avec une modernité remarquable les travers qui peuvent pousser un homme à assassiner une femme. Nous avons là en réalité le fil rouge de la proposition de Huffman qui, fidèle à lui-même, fait sobre, on ne peut plus sobre ; aucun décor, juste quelques accessoires (chaises et tables – garnies pour le III), un point c’est tout. Et donc cette idée de dénoncer, pour les spectateurs d’aujourd’hui, les rouages qui conduisent au drame (jalousie, domination, aveuglement&#8230;).<br />
Fidèle aussi au théâtre élisabéthain contemporain de Shakespeare, Huffman choisit de transposer à l’époque actuelle (costumes et accessoires) et offre plusieurs possibilités aux protagonistes de s’adresser directement au public en s’avançant jusqu’au bord de fosse (non seulement dans le « Credo » de Iago, mais aussi dans certaines scènes d’Otello et de Desdemona). Transposition implacable et efficace : Otello en Monsieur tout-le-monde et Iago en Diable qui s’habille en Prada.<br />
Huffman gomme également tout ce qui nous éloignerait trop d’une lisibilité contemporaine : citons l’arrivée d’Otello, précédée d’une « tempête » qui agite les invités d’une soirée (point de voiles ni navire) et surtout l’acte final transposé dans la salle de réception du III (dîner de gala donné en l’honneur des envoyés du Doge). Pas de chambre à coucher donc : c’est que Desdemona, femme forte plus que forte femme, en ce sens qu&rsquo;elle saura résister jusqu&rsquo;au bout à Otello, pressent le drame et ne veut pas se retrouver seule et isolée, à la merci de son époux, sur son lit. Elle entonne la « Chanson du Saule » et son « Ave Maria », chapelet en main, sur une chaise de la salle de réception, où ne restent plus que tables et chaises vides. Elle se battra physiquement contre Otello, en repoussant toutes ses accusations et sera abattue d’un coup du pistolet que le Maure retournera ensuite contre lui-même.</p>
<p>&nbsp;</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/otello_c_jean-louis_fernandez_34-1294x600.jpg" />© Jean-Louis Fernandez</pre>
<p>Lors de la première de cette nouvelle production, <strong>Speranza Scappucci</strong> avait brillé à la tête de l’Orchestre philharmonique de Strasbourg ; à Nancy <strong>Giulio Cilona</strong> fait de sa direction de l’Orchestre de l’Opéra national de Nancy-Lorraine là aussi une brillante réussite. Le jeune chef belgo-américain, qui va connaître cette saison des rendez-vous importants pour sa carrière (notamment au Teatro alla Scala pour <em>Il Barbiere di Siviglia</em> et à Garnier pour le Concert de l’Académie en janvier prochain) fait un sans-faute remarqué. Même si l’orchestre n’est pas pléthorique, il réussit pleinement à insuffler toutes les nuances de l’ambiance d’une pièce complexe. De la tension extrême lors de la tempête initiale jusqu’aux accents les plus déchirants au IV, Cilona maîtrise le tout, attentif à ses chanteurs. Il faut saluer de même la belle performance des chœurs de l’Opéra de Nancy, soutenus par ceux de l’Opéra du Rhin.<br />
Le plateau vocal est incontestablement dominé par la Desdemona de <strong>Yaritza Véliz</strong>, dont Christophe Rizoud nous <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/breve/yaritza-veliz-lautre-mimi-de-bastille-un-nom-a-suivre/">prévenait l’an passé qu’il s’agissait d’un nom à suivre</a>. Et comment ! La soprano chilienne, qui fait ainsi officiellement sa prise du rôle de Desdemona, possède beaucoup des atouts qu’il faut pour mener une belle carrière : une présence forte (elle impose cette stature d’une épouse qui ne rend pas les armes), un timbre d’une chaleur qui confère au personnage une dimension humaine rarement rendue de la sorte ; quant à la technique, elle est déjà au point. La respiration est bien maîtrisée, la projection autoritaire quand nécessaire et des aigus filés qui nous ont comblé tout au long de la pièce. Souhaitons à cette jeune cantatrice (elle est née en 1991) d’entreprendre ses prochaines prises de rôles avec discernement.<br />
Nous aurons souffert avec <strong>Samuel Sakker</strong> (dans le rôle-titre) tout au long de la représentation, car lui-même aura montré souvent les limites de ses capacités vocales ; mais reconnaissons que le résultat final est sinon convaincant, du moins très méritant. C’est au cours des deux premiers actes que nous aurons à plusieurs reprises craint le pire. Mais la technique incroyable du ténor australien sera venu à son secours et il n’aura évité aucune des notes-pièges semées dans la partition.<br />
Le Diable habillé en Prada, c’est le Iago de <strong>Daniel Scofield</strong> à qui il manque sans doute le fiel absolu que d’aucuns auront su montrer. Mais l’aisance dans la conduite du rôle est louable.<br />
Il est donné, dans cette mise en scène, à l’Emilia de <strong>Marie-Juliette Ghazarian</strong> une présence plus conséquente que de coutume. Plus qu’une servante, elle est une confidente, et même une amie crédible (elle entoure de ses bras le buste de Desdemona au IV dans un geste très touchant).<br />
<strong>Joël Prieto</strong> attendra la fin du premier acte pour entrer pleinement dans son rôle de Cassio et fournira une belle prestation d’ensemble. Distribution complétée par <strong>Grégoire Mour</strong> en Roderigo ainsi que <strong>Yong Kim</strong> et <strong>Marco Gemini</strong>, sortis du chœur nancéien pour interpréter Montano et le héraut.<br />
Enfin, une mention  particulière pour le Lodovico de <strong>Sulkhan Jaiani</strong>, <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-rigoletto-lausanne/">déjà remarqué à Lausanne en juin dernier</a> (<em>Rigoletto</em>) . Quelques répliques seulement auront suffi pour que nous remarquions la belle présence et la voix impeccable et nous auront donné envie d’en entendre plus.</p>
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