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	<title>Katharina THOMA - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Katharina THOMA - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>OFFENBACH : Die Banditen (Les Brigands) &#8211; Francfort</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/offenbach-die-banditen-les-brigands-francfort/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 17 Nov 2025 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Die Banditen ce sont Les Brigands, cet opéra-bouffe que Jacques Offenbach compose en trois mois, à 50 ans, en 1869, dans la foulée de ses plus beaux succès (La Belle Hélène en 1864, Barbe-Bleue et La Vie parisienne en 1866 et La Périchole en 1868). Il y aura encore dix années d’opéras-bouffes ou d’opéras comiques &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><em>Die Banditen</em> ce sont <em>Les Brigands</em>, cet opéra-bouffe que Jacques Offenbach compose en trois mois, à 50 ans, en 1869, dans la foulée de ses plus beaux succès (<em>La Belle Hélène</em> en 1864, <em>Barbe-Bleue</em> et <em>La Vie parisienne</em> en 1866 et <em>La Périchole</em> en 1868). Il y aura encore dix années d’opéras-bouffes ou d’opéras comiques (dont <em>La Fille du tambour-major</em>) avant les ultimes <em>Contes d’Hoffmann</em>. L’œuvre est créée au Théâtre des  Variétés et très vite, comme de coutume, une traduction et une adaptation en allemand est entreprise, à destination du public germanophone, très friand d’opérettes françaises. La traduction la plus connue du livret de Meilhac et Halévy, pour la première diffusion allemande, est de Karl Treumann, acteur, metteur en scène et traducteur qui a adapté de nombreuses opérettes d’Offenbach pour la scène viennoise : on lui devait déjà de gros succès de traductions avec <em>Orpheus in der Unterwelt</em>, <em>Die</em> <em>schöne</em> <em>Helena</em> ou encore <em>Pariser</em> <em>Leben</em>. <em>Die Banditen</em> eurent le même écho en Allemagne du Sud et en Autriche que <em>Les Brigands</em> en France.<br />
Francfort s’est attaché à remettre au goût du jour la version allemande des <em>Brigands</em> (l’action et les personnages sont pratiquement identiques dans <em>Die Banditen</em>), mais la metteuse en scène allemande <strong>Katharina</strong> <strong>Thoma</strong> (qui avait déjà proposé <em>in loco</em> sa vision de <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/tristan-und-isolde-francfort-la-croisiere-ne-samuse-plus/"><em>Tristan und Isolde</em></a>) a fait le choix d’une nouvelle et complète adaptation de l’œuvre. Nous assistons à la onzième représentation depuis la première de la nouvelle production en janvier 2024.<br />
L’esprit de l’opérette ou de l’opéra-bouffe « à la française » comme disent les Allemands est pleinement conservé dans cette version. La place est laissée libre à la farce et aux situations comiques, les clins d’œil à l’actualité se mutliplient (on affiche le drapeau européen à la frontière entre l’Italie et…l’Espagne, tout se monnaie en euro, les carabiniers sont munis de smartphones, l’auberge est renommée « restoroute » et Falsacappa ne veut pas marier sa fille à un éleveur bio !), mais beaucoup moins à l’improvisation dans les dialogues parlés, nous allons y venir.<br />
Le public est souvent le meilleur juge dans ce genre de pièce et les innombrables fous rires entendus dans les rangs plaident pour le travail et la conduite d’acteur de Katharina Thoma. Elle a surtout voulu retrouver la légèreté, le dynamisme et la folie qui traverse la scène autour de la musique d’Offenbach. Tous les acteurs sont mis à contribution et miment, dansent et s’agitent dans tous les sens autant qu’ils chantent. Le rythme est soutenu, nul temps mort et il faut rendre hommage au travail de chorégraphie auquel se soumet sans broncher l’ensemble de la troupe, solistes compris.<br />
On ne reprendra pas l’éternel refrain d’une langue allemande bien moins fluide et qui est donc moins bien adaptée à l’esprit offenbachien que la langue française. C’est un fait mais, curieusement, ce n’est pas là que réside le point faible de cette production.<br />
Il consiste plutôt dans l’absence de fluidité de la langue…allemande par les chanteurs venus de tous les horizons. Qu’on en juge : Falsacappa est chanté par un Américain (<strong>Michael Porter</strong>), Pietro par un Belge (<strong>Yves Saelens</strong>), Carmagnola par un Néo-Zélandais (<strong>Jonathan Abernethy</strong>), Barbavano par un Norvégien (<strong>Aleksander Myrling</strong>) et Pipo par un Casaque (<strong>Kudaibergen Abildin</strong>) ; côté féminin, <strong>Elizabeth Reiter</strong> qui chante Fiorella est américaine et <strong>Karolina Makula</strong> est une Fragoletto polonaise. Malgré les efforts très louables de tous ces chanteurs, l’aisance dans la langue de Goethe n’est pas suffisante pour qu’ils se permettent la moindre improvisation qui devrait faire le sel d’une représentation d’opéra-bouffe. L’exception qui confirme la règle c’est le – petit – rôle d’Antonio tenu par <strong>Matthias Schenke</strong> qui nous a octroyé un numéro de comédien hors pair avec une improvisation au III, prodiguée dans un allemand parfait teinté de dialecte de Hesse, ce qui, à Francfort, n’a pu qu’être chaudement apprécié. Il nous délivre quasiment un seul-en-scène de plusieurs minutes auquel il a visiblement pris autant de plaisir que le public.<br />
Mis à part cette réserve d’importance, il  n’y a pas grand-chose à redire à l’engagement vocal de cette troupe hétéroclite. Les moyens du Falsacappa de Michael Porter, d’Elizabeth Reiter en Fiorella et de Karolina Makula en Fragoletto, rendent justice à une partition portée par la direction alerte de <strong>Karsten Januschke</strong>, qui fait de son mieux pour dispenser à son orchestre à la fois tout le sérieux et toute la légèreté d’une musique champagne.</p>
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		<title>WAGNER, Tristan und Isolde — Francfort</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/tristan-und-isolde-francfort-la-croisiere-ne-samuse-plus/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 25 Jan 2020 10:49:43 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Une nouvelle production de Tristan und Isolde dans un théâtre allemand revêt toujours un certain enjeu, a fortiori quand l’institution en question a été désignée à plusieurs reprises « opéra de l’année ». Francfort a fait appel à Katharina Thoma et son regard de metteuse en scène pour l’occasion. Proposer une lecture innovante de l’œuvre s’avère d’autant &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Une nouvelle production de <em>Tristan und Isolde</em> dans un théâtre allemand revêt toujours un certain enjeu, a fortiori quand l’institution en question a été désignée à plusieurs reprises « opéra de l’année ». Francfort a fait appel à <strong>Katharina Thoma</strong> et son regard de metteuse en scène pour l’occasion. Proposer une lecture innovante de l’œuvre s’avère d’autant plus compliqué que de Berlin à Bayreuth, la tragédie des amants a connu toutes les adaptations possibles. Aussi Katharina Thoma arpente les traces des metteurs en scène symboliques au travers d’un dispositif somme toute assez simple. Le rectangle blanc de la scène est surpiqué d’une frise de néons qui s’allumeront à l’envie pour créer les ambiances nocturnes et diurnes qui charpentent le livret. A chaque acte, un esquif noir ou blanc vient symboliser la barque sur laquelle dérivait Tristan, là où l’amour naquit. La direction d’acteur reste soutenue et offre une lecture évidente et traditionnelle de leurs relations. Pour autant, Katharina Thoma s’offre quelques trouvailles : le prélude est l’occasion d’une pantomime qui représente ce qu’Isolde narrera à l’acte I – l’entaille dans l’épée, son désir de vengeance aussitôt étouffé par le coup de foudre ; le philtre qu’on ne boit pas puisque l’on prend l’apéritif et que l’on sait déjà que le seul solde à régler est celui de la passion dévorante ; enfin une métamorphose d’Isolde lors de la « Liebestod » où le personnage reste seul en scène dans ce rectangle à la luminosité croissante, à tout jamais transfigurée par cette expérience de l’amour mais bel et bien vivante. On comprend moins pourquoi Marke se promène en chapeau melon ou encore pourquoi Brangäne est attifée comme une hôtesse de la défunte Panam et transporte ses filtres dans une boîte en bois importée de l’EIRE, ou pourquoi Isolde se comporte comme une adolescente attardée avant d’éteindre la torche au deuxième acte. Péchés véniels car le travail global est d’une qualité constante, à l’esthétique léchée.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="468" src="/sites/default/files/styles/large/public/4203_tristanundisolde21_gross.jpg?itok=TURZEt7A" title="© Barbara Aumüller" width="312" /><br />
	© Barbara Aumüller</p>
<p>Ce haut niveau se retrouve également dans la fosse et chez les membres de la troupe mobilisés pour ces représentations. Le directeur musical de l’Oper Frankfurt mène ses troupes avec une complicité évidente. Aussi, le son de l’orchestre s’avère assez translucide et chaque pupitre répond avec agilité aux demandes de nuances ou de couleurs que <strong>Sebastian Weigle</strong> formule. Si la vision globale de l’œuvre n’a rien de très personnelle, la facture globale laisse vivre tout le théâtre et souligne efficacement les ressorts de l’œuvre.</p>
<p>Le plateau faire la part belle à la troupe, qui tutoie l’excellence ce soir là. <strong>Tianji Li</strong>, venu du Studio de jeunes artistes maison, se révèle un berger sensible. Pour une fois présent en scène, le marin (<strong>Michael Porter</strong>) peut toiser et moquer Isolde au moyen d’une chanson riche de nuances et d’inflexions qui nous change des habituelles phrases lancées depuis la coulisse. <strong>Ian MacNeil</strong>, qui vient d’intégrer la troupe, croque un Melot hargneux à souhait. Enfin et non des moindre, <strong>Andreas Bauer Kenabas</strong> incarne un Marke tout en douleur et en rage rentrées. La voix sombre et puissante se coule dans des accents lancinants qu’une prosodie irréprochable vient encore magnifier. Nul doute que ce Roi Marke sera appelé à briller sur bien d’autres scènes.</p>
<p>Quatre chanteurs joignent leur force à cette troupe exceptionnelle. <strong>Christoph Pohl</strong>, anciennement à Dresde, propose un Kurwenal loin de l’histrionisme dans lequel certains barytons le plongent trop rapidement. Cette sobriété alliée à la séduction du timbre suffisent à construire un personnage aussi bravache que dévoué. <strong>Claudia Mahnke</strong> offre une Brangäne luxueuse au timbre crémeux, au souffle infini et à l’intelligence scénique et théâtrale formée sur les plus grandes scènes. Elle illumine les appels du deuxième acte. Ce sont finalement Tristan et Isolde que l’on trouve en deçà de leurs accompagnants. Certes non pas du fait d’un engagement moindre. <strong>Vincent Wolfsteiner </strong>se consume en scène&#8230; ce qui n’est pas sans accident, à chacun des actes, où l’aigu se dérobe à plus d’une reprise. Imperturbable, il parvient à incorporer cette fragilité dans un troisième acte halluciné. Le reste de la performance n’appelle pas de réserve : la voix est saine, le timbre claironnant et la présence scène convaincante. <strong>Rachel Nicholls</strong> enfin, a muri son incarnation d’Isolde depuis <a href="https://www.forumopera.com/tristan-et-isolde-paris-tce-tristan-et-isolde-illustres">ses débuts aux Théâtre des Champs-Elysées</a>. Elle possède désormais l’endurance pour soutenir les trois actes de manière égale et colore bien davantage les phrases pour montrer les facettes du personnage.</p>
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		<title>CILEA, Adriana Lecouvreur — Karlsruhe</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/adriana-lecouvreur-karlsruhe-et-pourquoi-pas/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 06 May 2017 07:35:01 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Œuvre phare de Francesco Cilea, Adriana Lecouvreur est rarement représentée en dehors des scènes lyriques les plus prestigieuses – New-York, Londres, Milan, Paris enfin en 2015. Seule une soprano de renom dans un théâtre renommé serait-elle en mesure d&#8217;assumer les exigences du rôle-titre ? Maison de troupe sans star du box-office, Karlsruhe relève le défi &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Œuvre phare de Francesco Cilea, <em>Adriana Lecouvreur</em> est rarement représentée en dehors des scènes lyriques les plus prestigieuses – New-York, Londres, Milan, <a href="http://www.forumopera.com/adriana-lecouvreur-paris-bastille-cadeau-empoisonne">Paris enfin en 2015</a>. Seule une soprano de renom dans un théâtre renommé serait-elle en mesure d&rsquo;assumer les exigences du rôle-titre ? Maison de troupe sans star du box-office, Karlsruhe relève le défi en inscrivant l&rsquo;ouvrage à son répertoire, mais le temps d&rsquo;une soirée de gala place en haut de l&rsquo;affiche deux grands noms de la scène internationale. Les tarifs pour l&rsquo;occasion ont été plus que doublés, de 25 à 110€, contre 10 à 40€ ordinairement sans pour autant que la billetterie ait été prise d&rsquo;assaut. Le parterre, clairsemé, accuse le coup.  </p>
<p>Comme souvent, les absents auront eu tort. <strong>Barbara Frittoli</strong> fait partie de ces chanteuses italiennes dont Adriana marque l&rsquo;aboutissement d&rsquo;une carrière. <em>Lirico</em> désormais <em>spinto</em>, la voix se déploie dans l&rsquo;aigu, ample, puissante, avec une projection suffisante dans les registres inférieurs pour rendre intelligible chaque mot de ce qui s&rsquo;apparente à une conversation en musique. Grande dame par l&rsquo;accent, la présence et la maîtrise qu&rsquo;assure seule l&rsquo;expérience, celle qui fut à New York il n&rsquo;y a pas si longtemps Elisabetta dans <em>Don Carlo</em> et Mimi dans <em>La Bohème </em>sait doser les effets, user des nuances pour capter l&rsquo;attention, baisser le volume pour donner l&rsquo;impression de la confidence, ne pas trop le hausser pour limiter un dangereux vibrato et garder le contrôle du souffle d&rsquo;un bout à l&rsquo;autre de la représentation, ou presque. Une respiration manquée lors  de « l&rsquo;umile ancella » rappelle combien fragile est cet équilibre auquel parvient ensuite Barbara Frittoli : le chant, la parole, le geste confondus en une interprétation où l&rsquo;interprète, compte tenu du rôle, n&rsquo;a pas d&rsquo;autre choix qu&rsquo;être sublime.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="187" src="/sites/default/files/styles/large/public/adriana2.jpg?itok=KzMVbo2l" title=" ©  Falk von Traubenberg" width="468" /><br />
	 ©  Falk von Traubenberg</p>
<p><strong>Massimo Giordano </strong>porte beau Maurizio, non sans un certain machisme qui va de pair avec une séduction toute latine. Le ténor, en proie à un marketing prématuré il y a quelques années, semble avoir repris les marques d&rsquo;un chant égal dont le timbre n&rsquo;est désormais plus le seul atout. En trois airs et deux duos, le personnage est brossé, inévitablement falot mais sans à-coup, sans hoquet, sans abus de décibels ou toute autre forme d&rsquo;histrionisme.</p>
<p>À leurs côtés, si l&rsquo;on excepte <strong>Fredrika Brillembourg </strong>dont l&rsquo;ampleur dramatique de la Princesse de Bouillon dépasse les moyens actuels (et vraisemblablement futurs), la distribution réunie semble un plaidoyer en faveur du système des troupes, aboli en France depuis plusieurs dizaine d&rsquo;années. De l&rsquo;abbé poisseux de <strong>Klaus Schneider</strong> aux comédiens du Français, chacun entre exactement dans son costume vocal et scénique avec une mention particulière au baryton coréen <strong>Seung-Gi Jung</strong>. Voilà un Michonnet d&rsquo;une jeunesse insolente, dont les talents d&rsquo;acteur n’ont pas à pallier les insuffisances de la voix, saine et vigoureuse, sachant cependant ne pas franchir les frontières d&rsquo;un rôle que l’histoire veut secondaire. </p>
<p>Confiée à <strong>Johannes Willig</strong>, la direction musicale privilégie le raffinement au lyrisme fougueux qui souvent prévaut dans ce répertoire. À défaut d&rsquo;impact émotionnel, la musique de Cilea avoue ses multiples références, wagnériennes mais pas seulement, avec au dernier acte, un tissus instrumental dont la transparence témoigne de la qualité tant du chef que de l’orchestre.</p>
<p>La mise en scène enfin de <strong>Katharina Thoma</strong> est de celle qui irritera les partisans de la tradition. On ne peut cependant lui reprocher de manquer d&rsquo;esthétisme, d&rsquo;habilité et d&rsquo;intelligence. Transposée à notre époque sous prétexte que la musique ne cède jamais à la tentation du rococo, elle prend ses distances avec le livret au dernier acte. Auparavant, le décor en perspective placé sur une tournette favorise les changements de tableaux à vue, avec passage de la scène à la coulisse au premier acte et, au deuxième, du cabinet au salon du Pavillon de la Duclos. Pour rendre moins monstrueuse la Princesse de Bouillon et, par voie de conséquence, plus plausible la rivalité entre les deux femmes, Adriana ne meurt pas empoisonnée par son bouquet de violette mais, devenue vieille se suicide accablée par le poids des souvenirs, son ultime duo avec Maurizio, alors vêtu de blanc comme un ange, prenant la forme d&rsquo;une transfiguration. A cette entorse à la lettre, on appliquera la chute d’« Une fourmi de dix-huit mètres », un poème de Robert Desnos appris enfant à l&rsquo;école : « Et pourquoi pas ? ».</p></p>
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		<item>
		<title>MOZART, La clemenza di Tito — Strasbourg</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/la-clemenza-di-tito-strasbourg-le-roi-se-meurt/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sonia Hossein-Pour]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 08 Feb 2015 06:47:47 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>De la Rome antique à l’Italie postfasciste des années 1950, cette nouvelle production de la Clemenza di Tito met en lumière la solitude d’un pouvoir paradoxalement impuissant, et interroge ainsi la place de l’autorité dans la société contemporaine. A la miséricorde de Titus, régnant en despote éclairé, répond progressivement la désaffection de ses sujets : d’abord, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="rtejustify">De la Rome antique à l’Italie postfasciste des années 1950, cette nouvelle production de la <em style="line-height: 1.5">Clemenza di Tito</em> met en lumière la solitude d’un pouvoir paradoxalement impuissant, et interroge ainsi la place de l’autorité dans la société contemporaine. A la miséricorde de Titus, régnant en despote éclairé, répond progressivement la désaffection de ses sujets : d’abord, le cercle du pouvoir, par la conspiration, puis le peuple, par le désamour.</p>
<p class="rtejustify">Sur la scène tournante imaginée par <strong style="line-height: 1.5">Katharina Thoma</strong>, l’espace affecté au monarque, entouré de grandes plaques de marbre noir, matérialise ainsi son esseulement physique, moral et sentimental. Dès les premières mesures de l’opéra, la mise en scène nous donne à lire ses premiers échecs, dans l’amour impossible qui le lie à Bérénice, fille du roi de Judée, et qu’il doit quitter pour des raisons d’État. A côté, Vitellia, imposante et dominatrice, contemple sa beauté et son orgueil dans un miroir tandis qu’elle intrigue avec Sextus, victime de son amour paralytique : au moment de dire « Parto », il s’écroule sur une chaise, effet dramatique du dilemme cornélien qui l’étourdit. Enfin, dans le dernier espace modestement arboré, Servilia cultive le jardin naissant de son tendre amour avec Annius, loin des désordres du monde extérieur.</p>
<p class="rtejustify">Mais au milieu de ces intrigues amoureuses de second plan, c’est le ressort politique et la question de la lutte des classes qui intéressent Katharina Thoma : le peuple romain, incarné par le Chœur de l’Opéra national du Rhin, c’est tantôt la haute-société, acquise au pouvoir, et dont la docilité transparaît même dans l’uniformité de style des robes des années 1950, dessinées par la talentueuse <strong style="line-height: 1.5">Irina Bartels </strong>; tantôt la plèbe, en lutte farouche pour l’égalité des droits et l’universalité de la justice. La grâce accordée par Titus à Sextus, son ami intime, est mal digérée par cette plèbe qui y voit le scandale d’une justice partiale et qui brandit, en guise de contestation, une banderole sur laquelle il est écrit <em style="line-height: 1.5">« la legge è uguale per tutti »</em>. Le suicide final de Sextus, dans les coulisses, intervient en quelque sorte comme un rééquilibrage de cette justice humaine trop bancale.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/2aclemenza-di-tito-onr_photoakaiser_5938.jpg?itok=BVK_1elI" title="© Alain Kaiser" width="468" /><br />
	© Alain Kaiser</p>
<p class="rtejustify">Cette espèce de naïveté d’un roi sans charisme, en perpétuel porte-à-faux avec le monde qui l’entoure et qu’il est censé gouverner, est parfaitement incarnée par <strong style="line-height: 1.5">Benjamin Bruns</strong>. Son jeu parfois peu convainquant sert en réalité l’indécision et la désincarnation, précisément, de son personnage. Il n’en demeure pas moins que sa prononciation de l’italien est quelquefois douteuse et son investissement vocal assez inégal. <strong style="line-height: 1.5">Jacquelyn Wagner</strong>, en Vitellia, est d’un charme destructeur. Il ne faut pas oublier que le rôle de Vitellia est terriblement mozartien, en ce sens qu’il requiert une tessiture très large avec beaucoup de graves et des aigus de colorature, ce que la soprano maîtrise à la perfection. Quant à <strong style="line-height: 1.5">Stéphanie d’Oustrac</strong> en Sextus, non seulement elle possède cette voix ample et virtuose, au timbre épais et voluptueux, mais encore, elle est une excellente actrice qui sait donner à voir et à entendre toute l’épaisseur psychologique de son personnage. <strong style="line-height: 1.5">David Bizic</strong> fait un Publius honorable et <strong style="line-height: 1.5">Anna Radziejewska</strong> en Annius possède une élocution parfois inélégante et heurtée, quand un certain manque de finesse caractérise la Servilia de <strong style="line-height: 1.5">Chiara Skerath</strong>.</p>
<p class="rtejustify">Très enlevée, la direction d’<strong style="line-height: 1.5">Andreas Spering </strong>à la tête de l’Orchestre symphonique de Mulhouse<strong style="line-height: 1.5"> </strong>nous offre de surcroît beaucoup de nuances et de contrastes. Nous avons cru sentir qu’il aimait cette œuvre, qu’il prenait beaucoup de plaisir à la diriger, et que les chanteurs pouvaient le considérer comme un appui solide. Le plaisir fut partagé.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Ariadne auf Naxos</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/ariadne-auf-naxos-quelle-blague-ce-blitz/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 28 Aug 2014 05:10:12 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Après avoir été un grand fief straussien dans les années 1970, Glyndebourne semble avoir un peu de mal à reconquérir ce titre. Le Chevalier à la rose de cette année n’est pas vraiment une réussite (voir compte rendu), et l’Ariane à Naxos de 2013, qui nous parvient à présent en DVD – en même temps &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Après avoir été un grand fief straussien dans les années 1970, Glyndebourne semble avoir un peu de mal à reconquérir ce titre. Le <em>Chevalier à la rose</em> de cette année n’est pas vraiment une réussite (<a href="http://www.forumopera.com/der-rosenkavalier-glyndebourne-perseverare-diabolicum">voir compte rendu</a>), et l’<em>Ariane à Naxos</em> de 2013, qui nous parvient à présent en DVD – en même temps que le <em>Don Pasquale</em> de Mariame Clément, également présenté l&rsquo;été dernier par le festival – n’est guère plus emballante.</p>
<p>Dans un décor où l’on s’attendrait plutôt à voir se dérouler une comédie de boulevard, le Prologue insiste davantage sur l’époque où est transposée l’action (les années 1940) que sur l’atmosphère de coulisses qu’on a l’habitude d’y respirer. Malgré <strong>William Relton</strong>, majordome très British, la mayonnaise ne prend pas, les gags sont convenus et répétitifs – le palmier qui s’effondre mollement dès qu’un des protagonistes éprouve une déception – et <strong>Soile Isokoski</strong> peine à nous faire croire à son personnage : de fait, dans la vraie vie, qui est moins Prima Donna que la soprano finlandaise ? Seul moment où l’action décolle un peu, le discours par lequel Zerbinette embobine le compositeur est chanté en partie devant le rideau. <strong>Kate Lindsey</strong> paraît bien légère de voix, avec des graves très peu audibles et un aigu assez fragile, tandis que <strong>Thomas Allen</strong> n’est plus au mieux de sa forme pour un Maître de musique dont il a l’autorité scénique mais plus tellement vocale. <strong>Wolfgang Ablinger-Sperrhacke</strong> est très bien en Maître à danser, même si la mise en scène n’exploite sans doute pas au mieux la verve dont il est capable. A la fin de ce Prologue qui ne mange pas de pain arrive l’idée centrale de la mise en scène de <strong>Katharina Thoma</strong> : les « pitreries » dont se plaint le compositeur à la fin de « Musik ist ein heilige kunst » sont en fait le bombardement qui détruit en partie le <em>Palais</em> du riche mécène et le bruitage des explosions couvre la musique crépitante alors voulue par Strauss.</p>
<p>Après l’entracte, on retrouve le même lieu, transformé en hôpital improvisé, où trois infirmières – dont une un peu demeurée, Echo – s’ennuient entre les lits des malades traumatisés par le Blitz. Parmi eux, le compositeur et la prima donna, visiblement sous le choc des « pitreries » de la Luftwaffe. Zerbinette et ses boys viennent distraire les invalides : leur chorégraphie swing est impeccablement exécutée, mais n’a rien d’amusant ; quand ils essayent d’être drôles, on se croirait plutôt chez Benny Hill. Zerbinette nymphomane finit en camisole de force après « Grossmächtige Prinzessin ». Enfin, si l’on n’avait pas vu la SDF que propose la production de Laurent Pelly à Paris, on dirait volontiers que cette Ariane-ci est la moins glamour qui soit, avec sa robe de chambre en pilou ; par ailleurs, rarement entrée de Bacchus aura été aussi dépourvue de toute aura.</p>
<p><strong>Soile Isokoski</strong> est magnifique vocalement et distille avec art toutes les beautés de son rôle, mais privé de toute noblesse, le personnage fait ce qu’il peut. <strong>Sergey Skorokhodov</strong> a les notes de Bacchus, ce qui est déjà beaucoup, et il vient à bout du rôle sans fatigue apparente, mais pour l’ivresse, on repassera. <strong>Laura Claycomb</strong> est une Zerbinette d’un grand professionnalisme, sans que, pour elle non plus, la production ne la pousse à dépasser la routine. <strong>Vladimir Jurowski </strong>dirige avec allant, choisissant parfois des tempos très rapides (l’Ouverture, certains trios des  Naïade/Dryade/Echo), mais pas plus que les chanteurs, il ne peut lutter contre une mise en scène qui refuse à l’œuvre sa magie, excepté dans les dernières minutes, où les rideaux s’élèvent jusqu’aux cintres, soulevés par une brise.</p>
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