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	<title>Tim SHEADER - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Tim SHEADER - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>DONIZETTI, Don Pasquale &#8211; Lausanne</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/donizetti-don-pasquale-lausanne/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Charles Sigel]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 08 Apr 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’est un spectacle bon enfant. La reprise d’une production montée à Nancy pour les fêtes de fin d’année 2023 que Forum Opéra avait regardée avec des yeux éblouis par l’esprit de Noël. Don Pasquale est un homme de finances. La façade en aluminium de ses établissements, décorée de sa raison sociale PASQUALE en lettres énormes, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>C’est un spectacle bon enfant. La reprise d’une production montée à Nancy pour les fêtes de fin d’année 2023 que Forum Opéra <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/donizetti-don-pasquale-nancy/">avait regardée avec des yeux éblouis par l’esprit de Noël</a>.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Don-Pasquale-@Op‚ra-de-Lausanne-Carole-Parodi-6-1024x683.jpeg" alt="" class="wp-image-186998"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Dario Solari © Carole Parodi</sub></figcaption></figure>


<p>Don Pasquale est un homme de finances. La façade en aluminium de ses établissements, décorée de sa raison sociale PASQUALE en lettres énormes, abrite un bataillon de jeunes cadres clonés travaillant sur leurs ordinateurs (costumes gris, lunettes et cheveux bien peignés). Derrière cette façade se cache (la tournette le révèle) un intérieur coquet (parquet marqueté, lambris, girandoles à pampilles, vitrines exposant quelques objets de ses collections, mais aussi écran affichant les cours de Wall Street ou d’ailleurs).<br>Ce barbon fait du <em>body training</em>, sous la férule de son coach sportif-majordome peroxydé, dans le dessein d’épouser une jeune veuve, dont par ailleurs son neveu Ernesto est amoureux. Le roué docteur Malatesta va faire capoter ce projet de mariage.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Don-Pasquale-@Op‚ra-de-Lausanne-Carole-Parodi-1-1024x683.jpeg" alt="" class="wp-image-186993"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Angelica Disanto, Dario Solari © Carole Parodi</sub></figcaption></figure>


<p>Le metteur en scène <strong>Tim Sheader</strong> joue la carte de la farce, ou de la comédie musicale pour enfants petits et grands, plutôt que celle de l’opéra <em>buffa</em>. C’est une option. Norina est une peste, Don Pasquale un ridicule et Malatesta un roué calamistré. Quant à Ernesto, c’est un ado de caricature (trottinette, guitare, bonnet, écouteurs). Quatre silhouettes, dessinées à gros traits. Le public, de bonne composition, s’amuse beaucoup des quiproquos, clins d’yeux, effets téléphonés, etc.</p>
<h4><strong>La vie en rose</strong></h4>
<p>La deuxième partie s’immerge dans le rose, pour ne pas dire le <em>pink</em>. Un immense sapin de Noël, des guirlandes, un petit train à la Willy Wonka, charriant des monceaux de cadeaux, une armada de Pierrots en rose et deux gigantesques bonhommes de neige (roses) gonflés à <strong>l’hélium</strong>… Vu par un beau dimanche de printemps, ce décorum pour un <em>Casse-Noisette</em> revu par Tim Burton ajoute un décalage saisonnier à l’anachronisme auquel on n’échappe pas.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Don-Pasquale-@Op‚ra-de-Lausanne-Carole-Parodi-14-1024x683.jpeg" alt="" class="wp-image-187005"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>© Carole Parodi</sub></figcaption></figure>


<p>Ce parti pris de dessin à grands traits, laissant de côté toute recherche sur les caractères, réduit l’intrigue à une mécanique prévisible et les personnages à des fantoches. Surtout il a ceci de gênant qu’il coïncide plutôt mal que bien avec la finesse de la partition de Donizetti.</p>
<h4><strong>Un orchestre à la fête</strong></h4>
<p>Par chance, il y a au pupitre un chef, <strong>Giuseppe Grazioli</strong>, qui, s’il a fait une bonne partie de sa carrière en France (et notamment à <strong>Saint-Étienne</strong>), respire naturellement l’esprit de la musique italienne, avec la précision incisive qu’il faut à Donizetti, mais aussi la souplesse dont ont besoin les chanteurs. <br>Une fois passées les quelques premières mesures de l’ouverture, l’<strong>Orchestre de Chambre de Lausanne</strong>, aura la légèreté de coloris, le piqué, l’à-propos indispensables. Grazioli tient son monde avec fermeté, les <em>accelerandos</em> sont impeccablement en place. Avec une plénitude, une saveur de son réjouissantes, un dosage des pupitres, des phrasés élégants des cordes, un pittoresque des vents, sans parler de la verve et de l’enjouement. Et de la pertinence nerveuse de l’accompagnement des récitatifs. Bref, un bonheur constant de ce côté-là…</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Don-Pasquale-@Op‚ra-de-Lausanne-Carole-Parodi-11-1024x683.jpeg" alt="" class="wp-image-187002"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Joel Prieto, Dario Solari, Omar Montanari, Angelica Disanto et trois figurants © Carole Parodi</sub></figcaption></figure>


<p>S’il est un très bon comédien, avec un sens très sûr du tempo comique, le baryton <strong>Dario Solari</strong> qui chante Malatesta n’a peut-être pas la ductilité vocale qu’il faudrait. En tout cas pas tout de suite : son premier air, «&nbsp;Bella siccome un angelo&nbsp;», sonne raide et engoncé. Assez vite, sa voix se chauffera et sa <em>vis comica</em> aidant, il trouvera sa verve de croisière dans un rôle qu’il connaît bien. Témoin, le duo avec Norina, « Pronta son –&nbsp;Voi sapete », où, emporté par la situation (et par les vocalises de sa partenaire), il montrera toute sa truculence et une souplesse nouvelle. La strette de ce duo, puis l’<em>accelerato</em> final en chant syllabique seront échevelés à souhait et Giuseppe Grazioli en conduira les changements de tempo avec maestria.</p>
<p>De même que le trio du «&nbsp;mariage&nbsp;», scène d’action, où les trois complices s’amuseront beaucoup et où tout repose sur la battue du chef.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Don-Pasquale-@Op‚ra-de-Lausanne-Carole-Parodi-10-1024x683.jpeg" alt="" class="wp-image-187001"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Omar Montanari, Dario Solari, Angelica Disanto, Joel Prieto© Carole Parodi</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>Une question de style</strong></h4>
<p>On ne qualifiera certes pas <strong>Omar Montanari</strong> de vétéran, mais il a l’expérience du rôle de Don Pasquale, et surtout cette chose assez mystérieuse à décrire, le <em>style</em>, c’est-à-dire la juste balance entre l’aisance vocale, la précision (rythmique notamment) et l’humour, la connivence respectueuse et décontractée avec cette musique issue bien sûr du bel canto bouffe rossinien (cf. ses truculents « Un foco insolito », puis « Io, Pasquale da Corneto » au premier acte). Mais on remarquera sa tendresse et sa fragilité dans le duo « de la gifle » au troisième acte<br>C’est une voix de baryton (rappelons que le rôle fut écrit pour Louis Lablache, qui était une basse aux graves insondables dit-on). D’où ici une proximité de timbre un peu dommageable entre Don Pasquale et Malatesta (le duo de l’acte III «&nbsp;Cheti, cheti immantinente&nbsp;» y perdra de ses couleurs).</p>
<p>On s&rsquo;étonnne du choix de <strong>Joel Prieto</strong> pour chanter Ernesto. Dès sa cavatina, «&nbsp;Sogno soave e casto&nbsp;», quelque peu erratique, il semble chercher où placer sa voix. Certes il n’est pas un <em>ténor di grazia.</em> la voix est peut-être trop lourde et il semble en tout cas ne pas parvenir à l’alléger. On se demandera tout au long de son aria, « Povero Ernesto! – Cercherò lontana terra » (avec une belle partie de trompette par Marc-Olivier Brouillet), pourquoi ce chant en force, et accessoirement cette voix toujours de poitrine ?</p>
<p>Au fil de la représentation, il ne trouvera guère ses marques. Sa sérénade «&nbsp;Com&rsquo;è gentil&nbsp;» (accompagnée à la guitare par Dario Solari !) sera disons assez maladroite, moins toutefois que le duo avec Norina «&nbsp;Tornami a dir che m&rsquo;ami&nbsp;», qui le verra en déficit d’intonation.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Don-Pasquale-@Op‚ra-de-Lausanne-Carole-Parodi-7-1024x683.jpeg" alt="" class="wp-image-186999"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Joel Prieto © Carole Parodi</sub></figcaption></figure>


<p>En revanche la soprano <strong>Angelica Disanto</strong> est le lyrique léger qui convient à Norina. Elle fait entendre dès son air <em>de salita</em>, « Quel guardo il cavaliere », de beaux phrasés, des notes hautes aisées (jusqu’à un contre-<em>ré</em> bémol rutilant), des vocalises précises et de longs trilles impeccables. La voix a aussi un beau médium fruité. Dommage que la direction d’acteurs ne lui demande rien d’autre que d’être une peste et ne la mène que d’un costume à l’autre, d’abord soubrette à tablier blanc, puis vamp en trench et lunettes noires, puis poupée Barbie en fourreau lamé et étole de cygne (roses). <br />Mais vocalement, elle sera particulièrement brillante dans les grands ensembles concertants, le finale du premier acte notamment, grande architecture aussi complexe qu’irrésistible (où intervient un notaire qui naturellement semble un clin d’œil à Despina et à <em>Cosi</em> (<strong>Julia Deit-Ferrnand</strong> dans une brévissime intervention), impérieusement conduite par le Maestro Grazioli.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="765" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Don-Pasquale-@Op‚ra-de-Lausanne-Carole-Parodi-22-1024x765.jpeg" alt="" class="wp-image-187012"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>© Carole Parodi</sub></figcaption></figure>


<p>On a assez dit l’incongruité du tableau de Noël de la deuxième partie. Non seulement hors-saison, mais hors-sujet. Il nous vaudra un chœur des domestiques de Don Pasquale chanté par vingt-quatre Pierrots en costumes et bonnets roses, impeccablement mis en place par le juvénile <strong>Chœur de l’Opéra de Lausanne</strong>, avec une esquisse de chorégraphie très comédie musicale.</p>
<p>Un chœur à plusieurs voix particulièrement soigné par Donizetti, comme la mécanique de cet opéra-bouffe, cette horlogerie virtuose qui résiste à tout, et emporte finalement l’enthousiasme du public, pourvu qu’elle soit servie – c’est le cas ici –&nbsp;par une équipe soudée et jouant franc jeu.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/donizetti-don-pasquale-lausanne/">DONIZETTI, Don Pasquale &#8211; Lausanne</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<item>
		<title>DONIZETTI, Don Pasquale – Nancy</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/donizetti-don-pasquale-nancy/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 20 Dec 2023 07:11:27 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le directeur de l’Opéra de Nancy, Matthieu Dussouillez, tenait à présenter pour les fêtes de fin d’années une œuvre festive à destination de tous les publics : le choix de Don Pasquale est ainsi d’autant plus bienvenu que la mise en scène en a été confiée à un ancien de la Royal Shakespeare Company qui a &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Le directeur de l’Opéra de Nancy, <strong>Matthieu Dussouillez</strong>, tenait à présenter pour les fêtes de fin d’années une œuvre festive à destination de tous les publics : le choix de <em>Don Pasquale</em> est ainsi d’autant plus bienvenu que la mise en scène en a été confiée à un ancien de la Royal Shakespeare Company qui a également fait ses armes dans la comédie musicale. Le metteur en scène britannique<strong> Tim Sheader</strong>, dont il s&rsquo;agit des débuts en France, a scrupuleusement respecté la consigne qui consistait à faire rêver tout en s’inscrivant dans un regard contemporain. Il s’est visiblement plié à ces contraintes avec délices, nous offrant un spectacle gai, frais et pétillant ; l’enthousiasme communicatif des chanteurs qui ont tenu la dragée haute avec brio, des chœurs impayables en lutins roses ahuris et un orchestre aux sonorités tout en effets de gourmandises et de délectation ont achevé d’éblouir un auditoire totalement conquis au terme de ces aventures bouffonnes hautes en couleur.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/https___www.myra_.fr_wp-content_uploads_2023_06_Don-Pasquale©Jean-Louis-Fernandez-pour-Opera-national-de-Lorraine-20-copie-1024x683.jpeg" alt="" class="wp-image-152993"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Jean Louis Fernandez</sup></figcaption></figure>


<p>Les péripéties de l’opéra bouffe de Donizetti se succèdent en un rythme effréné, tout en étant hautement improbables. Tim Sheader n’a donc pas hésité à en rajouter dans le délire visuel, assumant totalement un kitsch hollywoodien à la Jane Mansfield mâtiné de mauvais goût très sûr, très nouveau riche, égratignant au passage par allusions visuelles toute une ribambelle de célébrités. Il a toutefois poussé les comédiens à jouer avec un certain naturalisme, ce qui met en valeur leur personnalité plus fouillée et profonde qu’il n’y paraît à première vue. S’inspirant de la série <em>Succession</em> où l’on suit les manigances des prétendants à un fastueux héritage, l’ambiance choisie est celle du building d’un magnat où se déploient les bureaux des employés, s’ouvrant sur le bureau/appartement de Don Pasquale dont on nous précise qu’il n’est pas sans être influencé par le repère d’un méchant de James Bond. Le cinéma est largement évoqué, mais aussi les classiques de la comédie musicale. On s’amuse beaucoup de la transformation de la classique demeure du barbon en bonbonnière digne des Disney les plus doucereux ou plus malicieusement, de la confiserie chamarrée d’un Willie Wonka. Si l’on ne rit pas à gorge déployée, on s’amuse constamment tout en explorant avec intérêt les motivations des uns et des autres. Don Pasquale a totalement perdu son pouvoir et le pathétique de sa chute n’est pas sans susciter l’empathie. Le neveu Ernesto est vain et peu consistant, vivant de guitare et de trottinette tout en rêvant d’amour et d’eau fraiche. La belle Norina, agent d’entretien, se laisse lutiner et plus si affinités par Malatesta, ambitieux, jaloux de son patron et peu scrupuleux, tout à ses petites affaires. On est poussé à se poser des questions sur les intentions de la jeune héroïne : est-elle en train de manœuvrer pour hériter de la fortune de son amoureux ou est-elle sincèrement éprise ? Toute une galerie de personnages, donc, assez peu sympathiques si l’on y réfléchit, mais si réels au demeurant, cependant sublimés et transcendés par la musique et la ligne mélodique. Nous avons de la chance : non seulement le spectacle est de haute qualité scénique, mais en plus, le vieux briscard incarnant le rôle principal est entouré d’une jeune équipe de voix montantes qui nous a fait pétiller l’oreille et les sens, le tout au service du bel canto le plus pur.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/https___www.myra_.fr_wp-content_uploads_2023_06_Don-Pasquale©Jean-Louis-Fernandez-pour-Opera-national-de-Lorraine-7-copie-1-1024x683.jpeg" alt="" class="wp-image-152989"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Jean Louis Fernandez</sup></figcaption></figure>


<p>Saluons tout d’abord la performance de <strong>Marco Ciaponi</strong>, qui remplace au pied levé Michele Angelini, souffrant. Le ténor italien incarne un Ernesto successivement évaporé, désespéré puis triomphant avec une palette de nuances suaves et raffinées, où l’élégance le dispute avec la beauté du timbre. Agilité, brillance et apparente facilité achèvent d’intriguer favorablement l’auditeur. La superbe soprano sud-africaine <strong>Vuvu Mpofu</strong> fait merveille dans le rôle de Norina, experte en minauderies et éclats de voix spectaculaires dignes d’une Jean Harlow dont elle arbore le blond platine cranté et dotée d’une personnalité rayonnante et charismatique, campant avec appétit et talent une adorable petite peste. Les performances vocales sont à l’avenant, cantilènes tout en étendue gourmande, suraigus lancés avec délectation comme en amuse-gueules de vocalises à la maîtrise insolente, juvénile et décidée. En toute subjectivité, permettons-nous d’afficher une petite préférence pour le baryton mexicain <strong>Germán Olvera</strong>, Malatesta séduisant en diable, au timbre tout en charmes enchanteurs en enjôleurs, doté d’un legato à se pâmer. Son <em>canto sillabico </em>(les notes débitées à la mitraillette) est électrisant et grisant, forçant le respect. La voix possède en outre des qualités de projection qui n’ont rien à craindre des orchestres les plus sonores. Et la vis comique du jeune homme est évidente. Un régal&nbsp;! En Don Pasquale tout à fait dépassé par les événements, suant et chevrotant, le chevronné <strong>Lucio Gallo</strong> apporte tout son art de la scène et une voix qui accuse quelques signes de fatigue en l’occurrence bienvenus. Mais le baryton italien possède encore de beaux restes et l’adéquation à son personnage est idéale. L’alto <strong>Séverine Maquaire</strong> réussit, malgré son rôle très court de notaire, à impressionner très favorablement, couronnant ainsi une impeccable distribution.</p>
<p>Les chœurs sont, comme souvent à Nancy, formidables et très à l’aise dans leur improbable chorégraphie. L’<strong>orchestre Opéra national de Lorraine</strong> est quant à lui parfaitement à l’aise avec le répertoire belcantiste. La direction inspirée de la star très demandée belgo-américaine <strong>Giulio Cilona</strong>, chef d’orchestre par ailleurs pianiste et compositeur, achève d’emporter l’adhésion du public nancéien, décidément très gâté.</p>


<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="Don Pasquale - Donizetti | Opéra national de Lorraine" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/ayr3Aq6GsD8?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" allowfullscreen></iframe></div>
</div></figure>
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