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	<title>John TOMLINSON - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Mon, 23 Jun 2025 21:13:27 +0000</lastBuildDate>
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	<title>John TOMLINSON - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>WAGNER, Parsifal &#8211; Glyndebourne</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-parsifal-glyndebourne/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Charles Sigel]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 24 Jun 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Parmi les nombreux flashbacks qui émaillent cette production très psychanalytique de Parsifal, il est une image qui fait figure de scène primitive : on y voit, dans un champ de delphiniums bleus qui semblent préfigurer le jardin des filles-fleurs, un jeune et fringant Klingsor y poursuivre et poignarder avec un petit canif (substitut de la &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Parmi les nombreux flashbacks qui émaillent cette production très psychanalytique de<em> Parsifal</em>, il est une image qui fait figure de scène primitive : on y voit, dans un champ de delphiniums bleus qui semblent préfigurer le jardin des filles-fleurs, un jeune et fringant Klingsor y poursuivre et poignarder avec un petit canif (substitut de la lance) un Amfortas qui se tordra de douleur sous le regard de leur père Titurel. Tout cela pour les beaux yeux et les belles tresses (rousses) d’une gamine (Kundry bien sûr)…</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/PARSIFAL_photoRichardHubertSmith-3053-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-193053"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>à gauche John Tomlinson © Richard Hubert Smith</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>Une famille dysfonctionnelle</strong></h4>
<p>Il aura suffi d’un rideau s’écartant pour transformer en théâtre (théâtre mental, théâtre du souvenir) le vaste salon où se déroule ce « festival sacré » devenu ici drame bourgeois. La metteuse en scène néerlandaise <strong>Jetske Mijnssen</strong>, après son récent <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/haendel-agrippina-zurich/"><em>Agrippina</em> de Haendel à Zurich</a>, que nous avons beaucoup aimé, semble se poser en spécialiste des familles dysfonctionnelles. De <em>Parsifal</em>, elle propose une lecture intime, familiale, parfois énigmatique, mais surtout très troublante. Si l’aspect mystique de l’œuvre de Wagner est estompé, – et de plus en plus à mesure qu’on avance vers le troisième acte, en revanche cette conception que nous dirons humaniste laisse dans l’esprit une trace profonde, d’autant qu’elle est en parfaite cohérence avec la fluidité de la direction orchestrale limpide, allégée, quasi chambriste, de <strong>Robin Ticciati</strong>.</p>
<p>Quel soulagement, après quelques <em>Parsifal</em> d’esthétique allemande de voir celui-ci, tellement anglais dans sa retenue, ses non-dits, ses suggestions, sa cruauté secrète. Jetske Mijnssen se réclame de Tchekhov, c’est plutôt à Ibsen qu’on pense constamment, un Ibsen noir, dont toute lumière serait absente.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="1024" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/PARSIFAL_photoRichardHubertSmith-9897-1024x1024.jpg" alt="" class="wp-image-193063"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Gurnemanz (John Relyea) et Titurel(John Tomlinson) © Richard Hubert Smith </sub></figcaption></figure>


<h4><strong>La maison Titurel</strong></h4>
<p>Le décor unique suggère un manoir victorien ou bavarois. Colonnettes de faux marbre, lambris à hauteur d’appui, parquet ciré, à gauche une double porte bleu-nuit par où se feront toutes les entrées, à droite une vaste fenêtre close par des volets intérieurs : dans cette maison où Amfortas n’en finit plus de mourir, on redoute la lumière, celle du jour, comme celle de la vérité. Quelques appliques murales diffusent de chiches lueurs jaunâtres. Ici règnent la pénombre et le silence. L’action pourrait se passer en 1882, l’année de la création de l’opéra.<br>Ici vit une manière de communauté religieuse (Gurnemanz porte une soutane), qui tient de la société secrète et de la vieille aristocratie d’affaires. La maison Titurel, en somme.</p>
<p>Si Titurel a transmis ses pouvoirs à son fils Amfortas, il reste là, et sa présence silencieuse (formidable <strong>John Tomlinson</strong>) est celle, écrasante, d’un patriarche chenu mais implacable. Cette seule idée, qu’il soit toujours sur scène, le plus souvent avachi dans sa bergère Louis XV, rend palpable la vraie hiérarchie du pouvoir dans cette maison où s’agite, en guise de chevaliers du Graal, un bataillon d’élégants majordomes en fracs à boutons dorés, comme sortis de <em>Downtown Abbey</em>, incarnant l’ordre (parfois brutal : on les verra tabasser sauvagement Kundry).</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/PARSIFAL_photoRichardHubertSmith-3282-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-193056"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Parsifal (Daniel Johansson) © Richard Hubert Smith</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>Les frères ennemis</strong></h4>
<p>Autre présence surprenante, celle de Klingsor, qu’on verra apparaître pendant la cérémonie du Graal au premier acte. Klingsor, c’est Caïn. Une phrase de la Genèse projetée sur le rideau pendant l’ouverture justifie cette analogie : « L’Eternel dit à Caïn : où est ton frère Abel ? Il répondit : Je ne sais pas ; suis-je le gardien de mon frère ? » Klingsor, c’est le fils perdu. Le fait qu’il ait cherché à s’approprier la lance est gommé, il est l’insoumis, celui dont, dans la lecture de Jetske Mijnssen, on cherchera la rédemption. Et cette rédemption, celle qu’attend Amfortas, mais qu’obtiendra Klingsor, ce sera en somme le thème, le fil, le récit de cette production.</p>
<p>Kundry semble sortie d’un roman préraphaélite ou d’un récit de Jane Austen : une robe de laine noire boutonnée jusqu’au cou et un chignon serré lui donnent l’allure d’une de ces gouvernantes suisses qu’on faisait venir dans les vieilles familles anglaises ou bostoniennes. On la verra apporter à Klingsor son café sur un plateau d’argent, telle une servante silencieuse et docile.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/PARSIFAL_photoRichardHubertSmith-1796-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-193048"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Kundry (Kristina Stanek) et Klingsor (Ryan Speedo Green) © Richard Hubert Smith</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>Un Wanderer sans mémoire</strong></h4>
<p>C’est dans ce monde opaque qu’apparaîtra, tel un voyageur amnésique, un grand jeune homme en longue redingote de voyage. Que dans cette tenue lui donnant l’allure d’un Liszt en tournée, il ait abattu d’une flèche de son arc un cygne sacré semblera évidemment une de ces incongruités dont la mise en scène doive tant bien que mal s’accommoder… Ce Wanderer sans passé, qui à l’évidence ne comprend goutte à l’étrange société figée vers laquelle son destin l’a conduit est accueilli par cette Kundry qui, après lui avoir caressé le visage l’embrasse par surprise. Stupéfait, il ébauche le geste de l’étrangler, mais s’arrête heureusement à temps, puisque c’est d’elle qu’au deuxième acte il apprendra, sur un lit devenu le divan de Freud, le secret de ses origines, qu’il entendra pour la première fois son propre nom, et qu’il rencontrera sa mère Herzeleide, avant que, de cette mère, Kundry ne devienne le substitut. Après un autre baiser, qui vaudra révélation pour lui des mystères de la chair.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="1024" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/PARSIFAL_photoRichardHubertSmith-3812-1024x1024.jpg" alt="" class="wp-image-193057"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Daniel Johansson, John Relyea, Audun Iversen, John Tomlinson © Richard Hubert Smith</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>Imagerie sulpicienne</strong></h4>
<p>Auparavant il aura assisté en témoin stupéfait à une cérémonie du Graal devenue, sous un Christ en croix peint par Zurbaran, une communion sans joie, célébrée par un Amfortas extrait de son fauteuil d’invalide, entouré de Gurnemanz et Titurel. Les majordomes-chevaliers, vêtus d’aubes blanches, viendront sagement communier en rangs, mais quand Parsifal aura refusé le pain et le vin que Titurel lui aura proposés, il sera brutalement passé à tabac par les aubes blanches, révélant leur statut d’inexorables gardiens de l’orthodoxie.</p>
<p>C’est là qu’on aura enfin entendu la voix formidable d’un Tomlinson, quasi octogénaire, clamant son « Enthüllet den Gral ! – Découvrez le Graal ! » auquel répondra la plainte déchirante (« O Strafe, Strafe ») d’Amfortas, auquel <strong>Audun Iversen</strong> prête une puissante voix de baryton à laquelle il sait donner des couleurs blessées, et faire monter jusqu’au pathétique déchirant de ses « Erbarmen, Erbarmen – Pitié, pitié » – et le chœur de garçons au lointain lui répondra que « la pitié instruit », tandis que son père Titurel semblera faire le geste de le bénir.</p>
<h4><strong>Une inoubliable direction musicale</strong></h4>
<p>Tout cela dans une lumière orchestrale d’une admirable transparence, les lignes se superposant dans une lisibilité totale. Robin Ticciati dose la dynamique de manière à ne dépasser le mezzo forte qu’à bon escient, joue du silence, étire les lignes mais sait animer le discours (ainsi le « Nehmet vom Brot, nehmet vom Wein » des chevaliers), sans alourdir jamais. Le chef britannique joue d’un <strong>London Philharmonic</strong> en état de grâce, osant les longs pianissimis immatériels de l’ouverture, et n’écrase jamais le son, même pas durant la solennelle entrée des majordomes-chevaliers.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="2560" height="1439" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/PARSIFAL_photoRichardHubertSmith-5239-edited-scaled.jpg" alt="" class="wp-image-193118"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Les Filles-fleurs et Parsifal (Daniel Johansson © Richard Hubert Smith</sub></figcaption></figure>


<p>Il faut dire qu’il dispose d’une distribution extraordinairement équilibrée, avec des voix aux couleurs justes de chaque rôle, dont un formidable Gurnemanz, <strong>John Relyea</strong>, timbre de bronze, noblesse des phrasés, stature majestueuse, tout cela rendant encore plus saisissants les sanglots qui soudain l’étouffent à la fin du premier acte, après qu’il a chassé ce Parsifal, dont il espérait qu’il sauverait le royaume du Graal, et qui semble dépassé par la tâche.</p>
<p>Non moins superbe, la voix très noire (une voix pour Alberich), celle de Klingsor, <strong>Ryan Speedo Green</strong>. Autre personnage blessé, quelque diabolique apparaisse-t-il, ayant fait son deuil de l’amour, et régnant sur une armée de quelque trente filles-fleurs, les plus étranges qui se puissent concevoir : mi-dames patronnesses mi-suffragettes, clonées sur Kundry, et décidées à ne faire qu’une bouchée du chaste fol qui se dirige vers elles et qui leur résistera impavidement… Pour mieux tomber sous la coupe de Kundry.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/PARSIFAL_photoRichardHubertSmith-2095-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-193051"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Daniel Johansson et Kristina Stanek © Richard Hubert Smith</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>La révélation</strong></h4>
<p>Menue, presque frêle, <strong>Kristina Stanek</strong> est une extraordinaire Kundry, déployant une étonnante puissance, des aigus limpides, des graves solides et surtout un médium sensuel et riche. Elle phrase de façon ensorcelante son monologue, «&nbsp;Ich sah das Kind an seiner Mutter Brust&nbsp;», sur les ondulations de cordes que Robin Ticciardi tisse derrière elle. Abasourdi par la révélation du nom et de la mort de sa mère, Parsifal plonge dans un désespoir que <strong>Daniel Johansson</strong> rend universel, celui de tous les fils ayant perdu leur mère.</p>
<p>Déjà d’une sincérité bouleversante, il montera à des sommets d’émotion à partir de son «&nbsp;Amfortas ! Die Wunde !&nbsp;» : la voix est très longue, ample, charnue, et confère à ce Parsifal une densité, une humanité, un poids de douleur, en adéquation avec la conception en somme très réaliste de Jetske Mijnssen.</p>
<p>Sous les arbres décharnés qui dominent le lit-confessionnal, ce duo formidable, cœur de l’opéra, montera encore un cran avec le récit de Kundry et un <em>si</em> naturel dardé comme un cri sur « lachte » (« Je l’ai vu, Lui, et j’ai ri ! »). Scène formidable à laquelle l’intimité de la mise en scène donne encore plus de puissance et qui montera à son apogée avant que ne survienne Klingsor avec la lance (en l’occurrence toujours le petit canif de leur jeunesse)… À l’issue d’une brève lutte, Parsifal se rendra maître de l’arme et de son adversaire.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="1024" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/PARSIFAL_photoRichardHubertSmith-4165-1024x1024.jpg" alt="" class="wp-image-193058"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Klingsor (Ryan Speedo Green) et Kundry (Kristina Stanek) © Richard Hubert Smith</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>Une image déconcertante</strong></h4>
<p>Et là, alors que l’orchestre se hissera à un des rares sommets épiques de la partition pour illustrer l’effondrement du domaine de Klingsor, c’est à l’effondrement moral du personnage qu’on assistera, et à la composition d’une image déconcertante, inattendue, surprenante, mais d’une justesse humaine troublante : Klingsor tombera aux genoux de Parsifal, qui l’enserrera de ses grands bras et lui caressera le crâne avec douceur, compassion, fraternité. Une image annonçant l’esprit du troisième acte.</p>
<h4><strong>L’attente</strong></h4>
<p>Les années ont passé, le manoir menace ruine. Si la porte et la fenêtre sont toujours là, le mur du fond sans ses lambris n’est plus qu’un mur de briques, contre lequel un tableau est posé à l’envers (est-ce le Christ de Zurbaran ?) <br />Au centre de la scène, le lit d’Amfortas, plus que jamais à l’article de la mort. Sur des petites chaises, tuant le temps comme dans un hospice, un vieux Klingsor et un vieillard aux longs cheveux blanc en pyjama, qui n’est pas Titurel, puisque Titurel est mort.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="1024" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/PARSIFAL_photoRichardHubertSmith-3106-1024x1024.jpg" alt="" class="wp-image-193054"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Amfortas (Audun Iversen) © Richard Hubert Smith </sub></figcaption></figure>


<p>Sous la baguette de Robin Ticciati, le temps s’étire, accompagnant le noble Gurnemanz, à la diction toujours aussi impressionnante, dans son interminable attente. Que l’arrivée de Parsifal, viendra distraire. En guise de l’armure que porte alors en principe Parsifal, l’inévitable petit canif, symbolisant la lance. À son long récit évoquant ses tribulations, Gurnemanz répliquera avec bonté que tout est fini, maintenant : « Ce qui t’a éloigné du droit chemin n’existe plus, tu es arrivé sur les terres du Graal ».</p>
<h4><strong>Une manière de spiritualité laïque</strong></h4>
<p>Ce qui surprend, évidemment, c’est que Parsifal arrive dans cette chambre d’agonisant flanqué de son désormais inséparable Klingsor, et que c’est, écouté par lui et par un vieux Klingsor, qu’il peut battre sa coulpe : « Je suis celui qui a causé ce malheur ».<br />Pour l’apaiser, Kundry le fera asseoir, le déchaussera et lui lavera les pieds, avant qu’à son tour il ne lave les pieds de Kundry, double baptême qui semble un ultime souvenir de religiosité dans ce troisième acte, tiré de plus en plus vers une manière de spiritualité laïque. Et de l’Enchantement du Vendredi-Saint, Robin Ticciati donnera une lecture d’une poésie printanière, aux textures lumineuses, sinon désacralisée, mais d’un sacré <em>autre</em>.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="1024" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/PARSIFAL_photoRichardHubertSmith-2976-1024x1024.jpg" alt="" class="wp-image-193052"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Daniel Johansson et Kristina Stanek © Richard Hubert Smith</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>Winter is coming</strong></h4>
<p>Curieusement, après cet avril lumineux, l’hiver viendra très vite, puisque qu’apparaitront, sous des flocons du meilleur effet, le cortège funèbre de Titurel et son cercueil escorté des majordomes-chevaliers, vêtus de manteaux à pèlerines et coiffés de hauts-de-forme. Le <strong>chœur de Glyndebourne</strong> y sera vocalement magnifique d’ampleur et de majesté dans son mouvement circulaire autour du lit d’agonie d’Amfortas, qui fera le geste désespéré de suivre son père et de vouloir mourir. Il n’aura pas longtemps à attendre.</p>
<h4><strong>Fraternité et rédemption</strong></h4>
<p>C’est le moment où Parsifal d’un coup de lance magique devrait le rendre à la vie. Son « Nur eine Waffe taugt », grand air de la résurrection, devrait être éclatant. Pour les besoins de la cause (et de la mise en scène), il n’y aura pas de guérison. Au contraire, dans le climat apaisé des dernières mesures de la partition, on recouvrira d’un drap le corps d’Amfortas, tandis qu’au premier plan côté cour, on verra se former un triangle : Parsifal au centre embrassant à la fois Kundry et Klingsor.</p>
<p>Ultime image humaniste, célébrant la fraternité, une fraternité conquise, et le retour de Klingsor dans le cercle des hommes. Sa rédemption.</p>
<p>En contradiction sans doute avec la lettre de l’œuvre, mais en adhésion, peut-on penser, avec l’esprit de Wagner.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-parsifal-glyndebourne/">WAGNER, Parsifal &#8211; Glyndebourne</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>ENESCU, Œdipe — Salzbourg</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/oedipe-salzbourg-tragique-ne-veut-pas-dire-grotesque/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Claude Jottrand]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 11 Jul 2019 04:48:06 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le projet original d’Enescu est à peu près contemporain des publications de Freud, qui attachera pour la postérité le nom d’Œdipe à une pulsion qu’il baptisera complexe, plutôt qu’à un double crime comme dans la tragédie antique. C’est pourtant aux sources de Sophocle qu’est puisé tout le matériau du livret, étranger aux interprétations psychanalytiques. La gestation &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le projet original d’Enescu est à peu près contemporain des publications de Freud, qui attachera pour la postérité le nom d’Œdipe à une pulsion qu’il baptisera complexe, plutôt qu’à un double crime comme dans la tragédie antique. C’est pourtant aux sources de Sophocle qu’est puisé tout le matériau du livret, étranger aux interprétations psychanalytiques. La gestation de l’opéra fut très longue tandis que les théories freudiennes se répendaient rapidement, teintant définitivement le mythe.</p>
<p>Partition un peu à part dans l’œuvre de son compositeur et d’ailleurs aussi dans le répertoire d’opéra, cet <em>Œdipe</em> d’Enescu est avant tout une tragédie lyrique à la française, c’est à dire une partition dont la musique repose sur la langue du texte, sur sa prosodie déclamatoire, son rythme propre. Comprendre le texte mot à mot est donc absolument indispensable, tant musique et langue sont ici inextricablement liées. Or on en est loin ! La production aurait avantageusement pu s’accorder les services d’un coach de français : on ne comprend pas un mot de ce que chante le chœur – au point qu’on en vient à suivre les sous-titres anglais pour ne pas perdre le fil… – et si la qualité est parfois meilleure chez les solistes, tous s’échinent à prononcer EUdipe, du début à la fin. Ne s’est-il trouvé, parmi les chanteurs francophones de la distribution, personne pour s’en émouvoir ?</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/oedipe-2019-c-sf-monika-rittershaus-07-1.jpg?itok=Wk1KNFiK" title="Christopher Maltman (Œdipe) © Monika Ritterhaus" width="468" /><br />
	Christopher Maltman (Œdipe) © Monika Ritterhaus</p>
<p>Rien de français non plus dans le visuel du spectacle. Les partis pris par le metteur en scène tirent au contraire l’œuvre vers l’expressionnisme allemand, avec des références additionnelles à Jérôme Bosch ou à Federico Fellini. <strong>Achim Freyer</strong>, artiste très acclamé au plan international est extrêmement actif sur les scènes allemandes depuis plus de cinquante ans, et on sait à quel point il aime le monde du cirque, un thème récurrent dans ses mises en scène. Il a choisi pour cette production ambitieuse, à laquelle on a visiblement accordé de grands moyens, la veine grotesque et l’outrance pour affronter la tragédie de biais, sans doute effrayé par la noirceur du sujet. Hélas, son esthétique faite de poupées gonflables, de bateleur de foire, de pantins désarticulés et de géants de kermesse passe à côté du sujet. Freyer a-t-il voulu faire rire son public avec cet univers grinçant ? Certains détails en sont même choquants : la mort de Jocaste réduite à une simple poupée jetée depuis les cintres, perd tout sens.  La laideur assumée, le ridicule et le grotesque, absents du livret comme de la partition,  sont ici érigés en principes esthétiques, et ne suscitent guère d’émotion ; un peu de sobriété aurait donné davantage de poids au propos.</p>
<p>Le décor entièrement noir, hormis quelques chiches éclairages de couleurs, tire parti des particularités du lieu, c’est-à-dire une série de niches creusées dans la roche qui constitue ici tout le fond de la scène, mais qui présentent l’inconvénient d’être situées très en hauteur et donc loin des spectateurs et de la fosse. La qualité du son s’en ressent, d’autant que les personnages portent souvent des masques (souvenir de la tragédie antique ?) et qu’il n’est donc pas aisé de voir qui chante.</p>
<p>La noirceur est utilisée ici en couches superposées, jusqu’à atteindre l’ensemble du chœur, enfants compris, encapuchonné dans des sortes de burkas, masquant aussi les visages.  Ces mêmes burkas finiront par dévoiler de très encombrants phallus de caoutchouc dont on comprend mal la présence. De nombreuses lignes tracées sur le sol semblent être les trajectoires d’astres indéfinis, beaucoup d’éléments du spectacle, décors, costumes, accessoires ou projections conservent ainsi leur mystère.</p>
<p>Œdipe, présenté d’abord comme un bébé monstrueux puis comme une sorte d’Hercule de foire, toujours dans l’outrance, porte à lui seul tout le spectacle sur ses larges épaules. Le baryton anglais <strong>Christopher Maltman </strong>s’en tire très bien, tant vocalement que scéniquement, et sans fatigue malgré l’ampleur du rôle. Voix puissante, timbre chaud et large palette expressive, il livre là une prestation en tous points admirable.</p>
<p>Il est entouré d’une distribution très homogène et aucun chanteur ne démérite. La Jocaste d’<strong>Anaïk Morel </strong>est également très investie vocalement, avec une parfaite justesse de ton. <strong>Brian Mulligan</strong>, baryton américain qui fait ici ses débuts à Salzbourg, donne beaucoup de noblesse au rôle de Créon. <strong>John Tomlinson</strong>, autre chanteur britannique, ici perché sur des échasses, fait  figure de vétéran dans le rôle de Tirésias. Le ténor français <strong>Vincent Ordonneau </strong>donne une touche de sincérité bienvenue au rôle du berger. <strong>Eve-Maud Hubeaux</strong>, excellente mezzo française, affublée d’un costume impossible, tente de donner un peu de sérieux au personnage de la Sphinge, alors que <strong>Chiara Skerath </strong>s’impose avec candeur dans le rôle, il est vrai plus facile à endosser, d’Antigone. Mentionnons encore <strong>Michael Colvin </strong>dans le court rôle de Laïos, <strong>David Steffens, </strong>majestueux dans celui du grand prêtre, <strong>Gordon Bintner </strong>en Phorbas et <strong>Boris Pinkhasovich</strong>, baryton russe en Thésée. </p>
<p>Il aura fallu un peu de temps à l’orchestre pour trouver ses marques dans une partition dont visiblement les musiciens viennois ne sont guère familiers, et que le chef dirige le nez dans sa partition. Petit à petit, les splendeurs du Wiener Philharmoniker apparaissent néanmoins, avec de magnifiques couleurs aux cordes, en particulier dans les derniers tableaux.</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/oedipe-salzbourg-tragique-ne-veut-pas-dire-grotesque/">ENESCU, Œdipe — Salzbourg</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>The Exterminating Angel</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/the-exterminating-angel-la-maison-du-magicien/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 27 Feb 2019 06:08:08 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>« Nous ne sommes pas victimes d’un enchantement. Nous ne sommes pas dans la maison d’un magicien », s’exclame le docteur Carlos Conde au milieu du deuxième acte de The Exterminating Angel. Et pourtant si : grâce au dernier opéra de Thomas Adès, nous sommes bien chez un magicien, puisque nous avons affaire à un compositeur d’aujourd’hui qui &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>« <em>Nous ne sommes pas victimes d’un enchantement. Nous ne sommes pas dans la maison d’un magicien</em> », s’exclame le docteur Carlos Conde au milieu du deuxième acte de <em>The Exterminating Angel. </em>Et pourtant si : grâce au dernier opéra de Thomas Adès, nous sommes bien chez un magicien, puisque nous avons affaire à un compositeur d’aujourd’hui qui ne pratique pas l’art lyrique simplement parce que c’est la mode, mais bien parce qu’il sait écrire pour les voix ! Chez Thomas Adès, contrairement à ce qui est trop souvent le cas aujourd’hui, nous n’avons pas affaire à un compositeur qui écrit d’abord pour l’orchestre et qui y superpose un discours confié à quelques chanteurs, mais bien à une dramaturgie qui repose sur les voix et qui avance grâce à elles. <em>The Exterminating Angel</em> ne se limite pas à une conversation en musique, mais offre réellement aux chanteurs autre chose qu’un vague dialogue mis en notes. Thomas Adès n’a pas peur de réunir les voix en grand nombre – quinze personnages principaux, presque constamment en scène, et une dizaine de figures secondaires, sans oublier le chœur – et il n’a pas peur non plus de ce que l’opéra contemporain semble parfois considérer comme une maladie honteuse, c’est-à-dire le fait de marier les voix pour des duos et des ensembles. Il y a même des airs dans cet opéra-là, justifiés par le livret (quand on demande à un personnage de « chanter » pour divertir l’assemblée, ou quand tel autre exprime son humeur par une « chanson »).</p>
<p>En matière de livret, Thomas Adès a aussi visé juste : dans la grande vogue des opéras inspirés par des films célèbres, <em>The Exterminating Angel</em> serait presque l’exception qui confirme la règle, dans la mesure où c’est l’une des très rares réussites en la matière. Peut-être le film de Bunuel se prêtait-il mieux que d’autres à ce travail d’adaptation, même si le huis-clos est ici aéré par des scènes nous montrant l’extérieur de la maison où les invités de la señora de Nobile sont mystérieusement retenus prisonniers. Sur trois actes se déploie un cauchemar surréaliste qui ne trouvera aucune explication quand interviendra finalement la libération des convives, non sans qu’ils aient eu l’occasion de basculer dans la démence et la barbarie. Même s’il faut espérer que cet opéra connaîtra d’autres productions de par le monde, la collaboration avec le metteur en scène <strong>Tom Cairns</strong> dès la rédaction du livret a dû porter ses fruits, et l’œuvre possède une vraie cohérence, sans jamais pâtir de ses origines cinématographiques. Les costumes évoquent les années 1960 – le film est sorti en 1962 – et les légères variations du décor tournant évite toute monotonie. La direction d’acteur permet judicieusement à chacun des protagonistes d’affirmer sa personnalité. A l’inquiétante étrangeté de la situation montrée sur scène, la partition répond par une magie tout aussi surprenante, à travers le recours aux ondes Martenot, ou par le biais d’effets frappants sans pour autant relever de l’acrobatie ou du gadget, sans oublier l&rsquo;humour qui détourne malicieusement l&rsquo;ouverture de <em>La Chauve-Souris</em> au moment où la réception tourne au vinaigre.</p>
<p>Evidemment, la réussite tient aussi à la distribution de rêve rassemblée par les coproducteurs (Salzbourg, Londres, New York et Copenhague). A quelques noms près, les artistes sont les mêmes au Met que lors de la création mondiale à l’été 2016 (pour la dernière étape, au Danemark, c’est en revanche une équipe entièrement différente qui prit la relève). Citons en premier lieu celle qui fait désormais figure d’égérie de Thomas Adès, la soprano <strong>Audrey Luna</strong>, reine du suraigu, mais dont l’aisance dans ce registre est ici employée de façon bien plus agréable à l’oreille que dans <em>The Tempest </em>; à son personnage de cantatrice revient le pouvoir de dissiper le maléfice qui empêchait les invités de sortir, lorsqu’elle chante le grand air final, sur un texte de Yehuda Halevi, rabbin espagnol du XIIe siècle. L’autre grand moment mélodique revient logiquement à un autre personnage de musicienne, la pianiste Blanca Delgado, superbement interprétée par <strong>Christine Rice</strong>. Tout aussi dignes d’éloges se révèlent <strong>Sally Matthews</strong>, <strong>Amanda Echalaz </strong>ou <strong>Sophie Bevan </strong>; remplaçant Anne Sofie von Otter présente à Salzbourg et Londres, <strong>Alice Coote</strong> se glisse sans mal dans la peau de Leonora Palma et en traduit fort bien les obsessions. Autre abonné du répertoire baroque, <strong>Iestyn Davies </strong>trouve lui aussi une occasion de faire rire, ce dont il a peu l’habitude sur les scènes. Parmi les messieurs, <strong>Joseph Kaiser</strong> paraît un peu effacé en maître de maison, alors que, dans la même tessiture, <strong>Frédéric Antoun</strong> et surtout <strong>David Portillo </strong>profitent de tous les moments où la partition les met en valeur. <strong>John Tomlinson </strong>impose sa présence magistrale et son art de la déclamation. Dans le rôle du majordome Julio, on reconnaît <strong>Christian Va Horn</strong>, le beau Narbal des récents <em>Troyens</em> parisiens.</p>
<p>Maintenant, la question se pose : pourquoi aucun des trois opéras de Thomas Adès n’a-t-il été monté sur une scène parisienne ? Le quatrième sera-t-il plus heureux ?</p>
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		<title>The Exterminating Angel : un dîner infernal en direct du MET</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/the-exterminating-angel-un-diner-infernal-en-direct-du-met/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christian Peter]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 19 Nov 2017 05:47:38 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Créé à Salzbourg en juillet 2016 et repris à Londres en avril 2017, le troisième opéra de Thomas Adès, The Exterminating Angel, entre au répertoire du Metropolitan Opera le 26 octobre dernier et fait d’emblée l’objet d’une retransmission dans les cinémas, un choix audacieux qu’il convient de saluer. Le livret de Tom Cairns, qui a &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Créé à Salzbourg en juillet 2016 et repris à Londres en avril 2017, le troisième opéra de Thomas Adès, <em>The Exterminating Angel</em>, entre au répertoire du Metropolitan Opera le 26 octobre dernier et fait d’emblée l’objet d’une retransmission dans les cinémas, un choix audacieux qu’il convient de saluer.</p>
<p>Le livret de <strong>Tom Cairns</strong>, qui a également réalisé la mise en scène, est inspiré du film éponyme de Luis Buñuel dont il suit pas à pas la trame et reproduit fidèlement une grande partie des dialogues tout en les condensant. Seul le dénouement est différent mais conforme somme toute à l’esprit de l’ouvrage.</p>
<p> On connaît le sujet : à l’issue d’une représentation d’opéra, un couple de bourgeois invite quelques amis à souper dans sa luxueuse demeure mais au moment de partir, les convives se rendent compte qu’il leur est impossible de quitter les lieux. S’en suit un long huis clos qui voit les masques tomber à mesure que les personnages sombrent peu à peu dans la violence, voire la barbarie. Un scénario d’inspiration surréaliste qui permet au cinéaste de manier habilement la satire sociale et l’humour noir à travers des situations absurdes ou incongrues.</p>
<p>Sur ce thème, <strong>Thomas Adès</strong> a composé une partition foisonnante, faisant la part belle aux percussions et aux instruments à vent, dans laquelle les sonorités étranges des Ondes Martenot créent une atmosphère de mystère et d’angoisse. Pas un temps mort dans cet ouvrage qui tient le spectateur en haleine tout au long de la soirée. L’écriture vocale est remarquable d’expressivité, il s’agit d’une sorte de conversation en musique dans laquelle les principaux protagonistes ont chacun un partie solo à chanter qui les caractérise. Des passages virtuoses sont dévolus aux voix féminines notamment au rôle de la cantatrice. Avec une quinzaine de personnages présents en permanence sur le plateau, les ensembles ne manquent pas. Spectaculaire est celui du troisième acte au cours duquel certains demandent le sacrifice expiatoire du maître de maison.</p>
<p>Les décors de <strong>Hildegard Bechtler</strong> sont dépouillés, un porche gigantesque que les personnages ne parviennent pas à franchir en constitue l’élément principal auquel s’ajoutent de nombreux accessoires, table, chaises, canapés, le tout placé sur une tournette qui permet de montrer l’extérieur de la demeure. La direction d’acteurs, efficace et précise ne laisse pas un instant de répit aux interprètes. Tous sont de remarquables acteurs en plus d’être vocalement irréprochables.</p>
<p>Citons notamment <strong>Audrey Luna</strong>, la cantatrice, dont les aigus stratosphériques sont impressionnants, <strong>Alice Coote</strong>, en femme constamment au bord de l’hystérie,  <strong>Joseph Kaiser</strong> et <strong>Amanda Echalaz</strong>, parfaits en maîtres de maison dépassés par les événements, <strong>Sally Matthews</strong> et le contre-ténor <strong>Iestyn Davies</strong> en frère et sœur incestueux, <strong>Sir John Tomlinson</strong> en médecin qui tente régulièrement de calmer le jeu, <strong>Sophie Bevan</strong> et <strong>David Portillo</strong>, touchants en futurs mariés qui se donnent la mort et aussi <strong>Christine</strong> <strong>Rice</strong> et <strong>Rod Gilfry</strong> en couple de musiciens, <strong>Christian van Horn</strong> dans le rôle du maître d’hôtel, <strong>Frédéric Antoun</strong> dans celui d’un explorateur, etc…  </p>
<p>Un spectacle d&rsquo;une telle intensité mériterait sans nul doute une parution en DVD.</p>
<p>La prochaine retransmission du Met dans tous les cinémas du réseau Pathé Live réunira Sonya Yoncheva, Vittorio Grigolo et Bryn Terfel dans <em>Tosca</em> le 27 janvier 2018.   </p>
<p><iframe allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/4e-7G_4Cb2E" width="560"></iframe></p>
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		<title>Parsifal</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/parsifal-divine-surprise/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Julien Marion]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 01 Sep 2017 06:29:24 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Il est parfois difficile, dans le flot discographique, de séparer le bon grain de l&#8217;ivraie. Parce que l&#8217;on ne peut pas tout voir (ou écouter), on court le risque de ne plus voir que ce qui est le plus facilement et immédiatement visible, à grand renfort de réclame. Pour peu que l&#8217;on accepte de quitter &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Il est parfois difficile, dans le flot discographique, de séparer le bon grain de l&rsquo;ivraie. Parce que l&rsquo;on ne peut pas tout voir (ou écouter), on court le risque de ne plus voir que ce qui est le plus facilement et immédiatement visible, à grand renfort de réclame. Pour peu que l&rsquo;on accepte de quitter les autoroutes de la distribution pour emprunter les chemins vicinaux, on débusque de temps à autre des pépites discrètes.</p>
<p>Une version de concert de <em>Parsifal</em>, enregistrée lors des Proms de Londres, manifestation populaire s&rsquo;il en est (fi donc !), portée par les forces de Manchester : on entend d&rsquo;ici les cris d&rsquo;orfraie des Vestales du temple wagnérien&#8230; Elles auraient bien tort. Ce <em>Parsifal </em>dirigé par Sir Mark Elder à la tête de son orchestre Hallé est une de ces heureuses pépites.</p>
<p>Un chef inspiré, une formation orchestrale et chorale soudée, remarquable de cohésion, et à même de porter son propos, une distribution adéquate: cela suffit en effet pour réussir un enregistrement qui, s&rsquo;il ne remet pas en cause l&rsquo;économie générale de la discographie, figure indéniablement parmi ses heureuses surprises.</p>
<p>L&rsquo;affinité de<strong> Sir Mark Elder </strong>avec le répertoire wagnérien n&rsquo;est plus à démontrer, comme en témoigne <a href="https://www.forumopera.com/cd/lohengrin-splendeurs-amstellodamoises">la récente parution du Lohengrin qu&rsquo;il dirigea à Amsterdam, chroniquée dans ces colonnes</a>. On avait loué sa direction ample, réfléchie, aérée: très adaptée aux aventures du fils, elle fait merveille pour accompagner celles du père. Cette battue n&rsquo;est pas lente pour autant: dirigeant l&rsquo;oeuvre en 4h20, le chef se situe presqu&rsquo;exactement à mi-distance entre les deux extrêmes (3h40 pour Boulez en 1970, 4h50 pour Toscanini en 1931, tous deux à Bayreuth). Le sens de la construction n&rsquo;est jamais pris en défaut, et fait ressortir le caractère méditatif et liturgique de l&rsquo;oeuvre: la grandeur ici n&rsquo;est jamais écrasante, mais toujours habitée. Si cette direction convient idéalement aux actes extrêmes, elle convainc moins dans l&rsquo;acte II, dont le début, en particulier, peine à décoller. </p>
<p>Pour ce concert capté à Londres en août 2013, le chef peut s&rsquo;appuyer, pour donner corps à sa vision, sur son orchestre Hallé, dont il est le chef principal depuis 2000. On aurait tort de ranger cette phalange -le plus ancien orchestre professionnel d&rsquo;Angleterre- parmi les orchestres de seconde zone. Ce serait faire bien peu de cas de sa tradition wagnérienne pourtant ancienne : l&rsquo;orchestre compta parmi ses chefs principaux Hans Richter (créateur du <em>Ring </em>à Bayreuth, excusez du peu), Michael Balling (qui dirigea <em>Parsifal </em>à Bayreuth de 1906 à 1909), mais aussi sir Thomas Beecham ou sir John Barbirolli. La prestation orchestrale n&rsquo;a ici rien à envier à celle de phalanges pourtant plus prestigieuses : la cohésion des pupitres, le sens des nuances (quelle variété infinie dans les pianos !), le fini des phrasés sont mis au service de la lecture profondément intérieure que porte le chef. On n&rsquo;omettra pas les choeurs dans ces louanges : d&rsquo;une grande cohésion, ils participent pleinement au succès musical, avec une mention particulière pour les choeurs d&rsquo;enfants, d&rsquo;une pureté toute angélique. Leur intervention concourt à faire du final du III un des plus beaux que l&rsquo;on ait entendus. </p>
<p>Encore fallait-il réunir une distribution à même de s&rsquo;insérer dans un tel écrin orchestral et choral. C&rsquo;est le cas.  </p>
<p>La prestation de <strong>Lars Cleveman </strong>dans le rôle-titre montre qu&rsquo;une première partie de carrière consacrée à la musique éléctro undeground (si, si&#8230;) n&rsquo;est pas incompatible avec un virage assez radical mais néanmoins réussi vers des répertoires moins&#8230; déjantés. La maturité (il a 55 ans au moment de l&rsquo;enregistrement) n&rsquo;entame en rien l&rsquo;engagement et la vaillance de ce Parsifal, même si le timbre, aux sonorités nasales, n&rsquo;est pas le plus phonogénique qui soit. </p>
<p>La Kundry de <strong>Katarina Dalayman </strong>n&rsquo;oublie pas la Brünnhilde immense qu&rsquo;elle fut. Sobre (pour les feulements, on repassera), hiératique, elle dispose de moyens impressionnants : les aigus meurtriers de la fin du II sont crânement assumés. On salue également la familiarité manifeste de la chanteuse avec le rôle, qui rend sa prestation captivante, ne serait-ce que parce que l&rsquo;on comprend ce qu&rsquo;elle chante (pour peu, naturellement, que l&rsquo;on soit germaniste&#8230;)</p>
<p>Le fait d&rsquo;avoir incarné Amfortas cinq étés de rang à Bayreuth (de 2008 à 2012, dans la magnifique mise en scène de Stefan Herheim) confère pareillement à <strong>Detlef Roth </strong>une intimité avec le rôle qui constitue le meilleur des viatiques. Formidable diseur, il en restitue le poids de chaque mot avec une intelligence remarquable, sans oublier d&rsquo;émouvoir, notamment au III. Cela compense plus que largement le (relatif) manque d&rsquo;ampleur de sa voix. </p>
<p>Les esprits chagrins trouveront le Gurnemanz de <strong>Sir John Tomlinson </strong>bien tardif. Peut être (il est vrai que dans l&rsquo;aigu, la voix n&rsquo;est plus que lambeaux), mais ils auront tort. Ne retenir que cela, c&rsquo;est occulter en effet l&rsquo;humanité bouleversante que cet immense artiste dispense sans compter, et son intelligence des mots, acquise après trois décennies de fréquentation assidue du répertoire wagnérien. Un authentique artiste est capté ici, autrement plus émouvant que tant de titulaires du rôle vocalement plus sains, mais tellement plus ennuyeux&#8230; Et que l&rsquo;on ferme les yeux: on <em>verra </em>en face de soi l&rsquo;authentique doyen des chevaliers du Graal, tel que le peuvent représenter les gravures. C&rsquo;est bien le plus important. </p>
<p>Le TIturel de <strong>Reinhard Hagen </strong>est au diapason de cette distribution de fort belle tenue, et ses interventions au I impressionnent par leur sobriété sépulcrale. </p>
<p>Seul le Klingsor de <strong>Tom Fox </strong>marque moins, sans pour autant démériter. </p>
<p>Voici donc au final une version de <em>Parsifal </em>qui, sans prétendre à l&rsquo;île déserte, fait incontestablement partie des plus convaincantes parmi les parutions récentes, pour sa remarquable cohésion autour de la vision portée par le chef. Ces qualités sont d&rsquo;autant plus dignes d&rsquo;éloges qu&rsquo;on rappellera que ce coffret est le reflet d&rsquo;un concert, enregistré sur le vif. C&rsquo;est suffisant pour la recommander avec ferveur, et c&rsquo;est aussi la preuve -s&rsquo;il en fallait encore une- qu&rsquo;en la matière, le salut existe hors des sentiers bayreuthiens. </p>
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		<title>DEAN, Hamlet — Glyndebourne</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/hamlet-glyndebourne-le-reste-est-silence/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 24 Jun 2017 15:57:43 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>  Parmi les innombrables formules dont la culture anglaise s’est enrichie grâce à Hamlet, on trouve celle-ci, les derniers mots que prononce le héros : « The rest is silence ». Lorsqu’on découvre l’opéra commandé par le festival de Glyndebourne d’après la plus célèbre tragédie de Shakespeare, on est tenté de penser que bien des prétendus opéras contemporains &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>           </p>
<p>Parmi les innombrables formules dont la culture anglaise s’est enrichie grâce à <em>Hamlet</em>, on trouve celle-ci, les derniers mots que prononce le héros : « <em>The rest is silence</em> ». Lorsqu’on découvre l’opéra commandé par le festival de Glyndebourne d’après la plus célèbre tragédie de Shakespeare, on est tenté de penser que bien des prétendus opéras contemporains ne sont eux aussi guère plus que du silence face à la réussite incontestable de ce <em>Hamlet</em> de Brett Dean. De qui ? D’un compositeur australien né en 1961, qui avait jusqu’ici écrit un seul opéra, <em>Bliss</em>, créé à Sydney en 2010, et dont la mise en scène était déjà assurée par <strong>Neil Armfield</strong>. Avec <em>Hamlet</em>, Brett Dean nous montre ce que peut, ce que doit être un opéra écrit aujourd’hui : une musique sans concession, qui ne regarde pas servilement vers le passé, mais aussi une musique qui est écrite pour la voix, par un compositeur qui aime les voix. Avec une modestie louable, Dean signale que quelques-unes des idées les plus frappantes de son opéra lui ont été suggérées par <strong>Vladimir Jurowski</strong> : en lui signalant les dimensions relativement modestes de la fosse, il lui a donné l’idée de placer des instrumentistes dans la salle, et en attirant son attention sur la qualité du chœur maison, il lui a inspiré ce qui est peut-être l’une des caractéristiques les plus personnelles et les plus admirables de cet opéra. Le chœur est en effet très présent, non pas dans sa fonction traditionnelle de masse vocale s’exprimant sur scène, mais en tant qu’instrument parmi tous ceux de l’orchestre : huit chanteurs se font entendre à tout moment, au même titre que les cordes ou les cuivres, parfois sur un texte, parfois sur de simples sons, parfois sous la voix des solistes, parfois comme élément musical indépendant. Le procédé est particulièrement saisissant lors de la scène de l’apparition du spectre, mais dès les premières minutes de l’opéra on comprend qu’on a affaire à une œuvre où l’oreille, sans être caressée par aucune facilité passéiste, trouvera néanmoins son compte dans la superposition des différents timbres. Autre atout précieux : le livret de Matthew Jocelyn s’appuie sur la pièce dont il respecte le déroulement, en ajoutant simplement un premier monologue pour le héros en lever de rideau, en modifiant l’ordre et l’attribution de certaines répliques, et en s’offrant même le luxe de jouer sur les différentes versions du texte shakespearien. Il y a aussi de l’humour dans cette tragédie, avec les personnages de Rosencrantz et Guildenstern, sorte de Dupond et Dupont, ou plutôt de Gilbert and George, confiés à deux contre-ténors. Bref, l’intelligence du spectateur est sollicitée, mais pas soumise à la torture, comme c’est hélas parfois le cas.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="313" src="/sites/default/files/styles/large/public/hamm.jpg?itok=sepkEyAC" title="© Richard Hubert Smith" width="468" /><br />
	© Richard Hubert Smith</p>
<p>La mise en scène de Neil Armfield a le grand mérite de ne pas tirer la couverture à soi, mais de proposer une lecture claire du drame et de diriger au mieux les acteurs. Le décor de la fête initiale se décompose bientôt en pans de murs qui permettent d’abord de resserrer le cadre, puis montre son envers lorsqu’interviennent les comédiens appelés à jouer <em>Le Meurtre du roi Gonzague</em>. Les costumes renvoient à quelque cour européenne des années 1960, mais tous les personnages ont le visage un peu trop blanchi. Les éclairages sont sobres mais efficaces. Ni vidéo, ni gadget d’aucune sorte.</p>
<p>Quant à la distribution, saluons d’abord la star internationale qui faisait ses débuts <em>in loco</em> : <strong>Barbara Hannigan </strong>est idéale en Ophélie, la musique et la mise en scène lui permettant d’exprimer peu à peu le trouble qui s’insinue dans son esprit, pour culminer avec une scène de la folie où le compositeur a su mettre en valeur sa facilité dans l’aigu et où, quasi nue, elle livre une prestation extrêmement physique. <strong>Allan Clayton</strong> dispose lui aussi d’une partition sur mesure qui ne ménage pas ses forces, et il tient jusqu’au bout le pari d’un Hamlet vibrionnant, presque constamment en scène, qui porte sur ses épaules toute l’action de cet opéra. <strong>Sarah Connolly</strong> ne dispose d’aucun morceau de bravoure mais n’en campe pas moins une Gertrude touchante dans sa détresse face à son fils ou lors de la mort d’Ophélie qu’elle vient annoncer. Toujours doté d’une voix de stentor alors que ses débuts à Glyndebourne remontent à il y a presque un demi-siècle, <strong>John Tomlinson </strong>est le plus spectaculaire des spectres, et revient très logiquement en comédien jouant le roi Gonzague, ou en fossoyeur, autre figure liée au passé d’Hamlet. Vu notamment à Lille en Erik du <em>Vaisseau fantôme</em>, <strong>David Butt Philip</strong> est un alerte Laërte, ici un protagoniste à part entière plutôt qu’un comparse. <strong>Rod Gilfry</strong> est très bien en assassin hypocrite, mais <strong>Jacques Imbrailo</strong>, le meilleur Billy Budd du moment, est un peu sacrifié en Horatio. Désormais abonné aux rôles de ténor de caractère, <strong>Kim Begley </strong>est un savoureux Polonius, tout comme sont inénarrables <strong>Rupert Enticknap </strong>et <strong>Christopher Lowrey </strong>en Rosencrantz et Guildenstern. Chapeau au <strong>Glyndebourne Chorus</strong> pour sa participation ici plus que jamais essentielle, ainsi qu’au <strong>London Philharmonic Orchestra</strong> qui semble comme un poisson dans l’eau lorsqu’il interprète cette musique d’aujourd’hui.</p>
<p>On se réjouit de penser qu’un DVD suivra peut-être, dans la mesure où cette production va être filmée et diffusée dans les cinémas britanniques. Par ailleurs, acte courageux concernant une création, cet <em>Hamlet </em>sera proposé cet automne dans le cadre de « Glyndebourne on Tour », avec une distribution entièrement renouvelée, et où le rôle-titre sera repris par David Butt Philip.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Wagner – La Walkyrie : acte I – Klaus Tennstedt</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/wagner-la-walkyrie-acte-i-klaus-tennstedt-des-hauts-et-des-bas/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dominique Joucken]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 08 Jun 2017 05:35:46 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/wagner-la-walkyrie-acte-i-klaus-tennstedt-des-hauts-et-des-bas/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Des montagnes russes émotionnelles et musicales, voilà ce que propose ce CD. On y passe sans cesse de l’exaltation à l’affliction, ce qui rend son appréciation globale très difficile. Pour y voir plus clair, tâchons d’énumérer plus précisément ces hauts et ces bas. Parmi les creux, il y a incontestablement René Kollo. En 1991, date &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="rtejustify">Des montagnes russes émotionnelles et musicales, voilà ce que propose ce CD. On y passe sans cesse de l’exaltation à l’affliction, ce qui rend son appréciation globale très difficile. Pour y voir plus clair, tâchons d’énumérer plus précisément ces hauts et ces bas. Parmi les creux, il y a incontestablement <strong>René Kollo</strong>. En 1991, date de l’enregistrement, il ne peut même plus donner le change, faire semblant, comme il y parvenait encore dans son Siegfried avec Marek Janowski ou son Tristan mené par la baguette experte de Carlos Kleiber. Deux versions qui bénéficiaient en plus des circonstances favorables permises par un studio. Aucun filet de sécurité ici, et la réalité s’impose sans fard : à seulement 54 ans, la voix est totalement délabrée. Non seulement le vibrato est hors de contrôle, mais la justesse est elle aussi prise en défaut. Le dernier aigu lancé par Siegmund, celui tenu juste avant le baisser de rideau, est pris trop bas, et mine l’effet orgasmique qui doit s’emparer de l’auditeur à ce point culminant du drame. Tout est à l’avenant, et chaque intervention du ténor expose une voix grossie, mal conduite, aux harmoniques peu flatteuses. Pourtant, malgré ce tableau très sombre, il subsiste quelque chose du René Kollo qui fut un des grands espoirs du chant wagnérien dans les années 70. Une forme d’autorité vocale difficile à cerner. La retrouve-t-on dans la manière dont il sait choisir les mots qu’il faut appuyer ? Ou dans le timbre qui, malgré les outrages du temps, garde un je-ne-sais-quoi d’héroïque ? Difficile à dire, mais il ne s’agit guère plus que d’une ombre. Bien peu quand on songe que Ramon Vinay et James King sont disponibles dans le même rôle, pour une bouchée de pain.</p>
<p class="rtejustify">Autre faiblesse : la lenteur pachydermique avec laquelle se meut le <strong>London Philharmonic Orchestra</strong>. On comprend la logique qui pousse <strong>Klaus Tennstedt</strong> à cet immobilisme : ce début d’acte I est tout en introspections, en élans brisés, en haines cachées. Il est logique qu’y réponde un orchestre lent et comme éteint. Le texte appelle une forme de froideur instrumentale qui fasse écho à la solitude dans laquelle sont plongés les trois protagonistes. Mais c’est excessif. L’action en arrive à s’enliser, l’ennui à s’installer. Il est trop tard quand le chef anime enfin son propos, à partir de « Ein Schwert verhiess mir mein Vater ». Le LPO a beau alors donner tout ce qu’il a dans le ventre, son intensité, sa raucité, ses arpèges étincelants, sa matité de son si germanique qui est la « griffe » du chef, le fil de la dramaturgie a été brisé et ne se retrouvera pas.</p>
<p class="rtejustify">Est-ce à dire que ce CD est sans atout, et qu’il devra rejoindre la cohorte des enregistrements wagnériens inutiles ? Ce serait aller vite en besogne, et négliger les deux « hauts » du parcours. Le Hunding de <strong>John Tomlinson</strong> au premier chef. On n’ira pas prétendre que c’est comme cela qu’il faut chanter tous les rôles de basse, et on est prêt à avouer que, diapason à l’oreille, certaines notes sont irrémédiablement fausses, le constat est là : ce Hunding existe, et de quelle façon ! La dureté, la fureur de l’animal dérangé dans sa paix domestique, la haine brute dont il accable l’intrus, tout est dessiné avec une voix dont le charbon rappelle les grands wagnériens d’antan. La Sieglinde <strong>d’Eva-Maria Bundschuh </strong>enfin. Si son nom est parvenu jusqu’aux oreilles de certains wagnériens, c’est pour avoir participé aux <em>Rings</em> de Haitink et Barenboim, mais en tant que … Gutrune. Elle y avait marqué les esprits par la limpidité de son timbre, mais le personnage est si mince qu’on en était sorti frustré. Le coup de génie de Tennstedt est de lui avoir confié une partie à la mesure de ses immenses moyens. Comment dire la beauté intrinsèque de ce timbre, comparable au tintement cristallin d’une source en haute montagne ? Comment résister aux courbes qu’elle dessine avec un legato souverain, enlaçant l’auditeur aussi sûrement que son frère jumeau ? L’énumération des qualités est vaine, et on se contentera de dire qu’elle incarne plus que (presque) toutes ses devancières ce personnage qui se résume en cinq mots : le printemps de l’amour.</p>
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		<title>Coffret &#034;Great Performances&#034; au Royal Opera House</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/coffret-great-performances-au-royal-opera-house-50-ans-dhistoires-de-la-vie-dun-theatre-lyrique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 28 Jan 2015 15:21:04 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’est l’histoire du temps qui passe, des âges d’or, des débuts d’une future star, d’une soirée mémorable fortuitement captée. Ce sont des techniques de chant, des modes d’expressions que l’on n&#8217;entend plus, ou rarement. C’est un public aux goûts et aux attitudes différentes. En somme, la vie d’un théâtre de sa refondation jusqu’à l’orée du &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>C’est l’histoire du temps qui passe, des âges d’or, des débuts d’une future star, d’une soirée mémorable fortuitement captée. Ce sont des techniques de chant, des modes d’expressions que l’on n&rsquo;entend plus, ou rarement. C’est un public aux goûts et aux attitudes différentes. En somme, la vie d’un théâtre de sa refondation jusqu’à l’orée du XXe siècle que le Royal Opera House réunit au sein d’un coffret de 12 opéras en 32 CDs.</p>
<p>	Pas de raretés dans les titres choisis, seules des valeurs sûres du répertoire sont présentes : <em style="line-height: 1.5">Don Carlo</em>, <em style="line-height: 1.5">Don Giovanni</em>, <em style="line-height: 1.5">Parsifal</em>, <em style="line-height: 1.5">Lucia di Lammermoor</em>, <em style="line-height: 1.5">Madama Butterfly</em>… Toutes ont d’ailleurs déjà été publiées de manière indépendante par le Royal Opera House.  Et puis il y a les grands soirs, ceux qui sont entrés dans la légende. Récemment Christophe Rizoud écrivait <a href="http://www.forumopera.com/cd/donizetti-lucia-di-lammermoor-en-quete-dideal">que la version studio de 1961 (rééditée par Alto) de </a><a href="http://www.forumopera.com/cd/donizetti-lucia-di-lammermoor-en-quete-dideal"><em style="line-height: 1.5">Lucia Di Lammermoor</em></a><a href="http://www.forumopera.com/cd/donizetti-lucia-di-lammermoor-en-quete-dideal"> « possède tous les atouts pour rafler la mise » de la version de référence</a>. La piste gravée dans ce coffret en serait la version live. Nous sommes deux ans plus tôt en 1959, et ce soir-là, <strong style="line-height: 1.5">Joan Sutherland</strong> atteint la stratosphère des belcantistes, devant Maria Callas présente dans le public ; <a href="http://www.forumopera.com/actu/royal-opera-house-londres">nous le racontions dans notre dossier consacré aux Opéras du Monde</a>. La soprano australienne est époustouflante : vocalises superlatives, trilles variés, et personnage très bien caractérisé. Seuls quelques aigus extrêmes sonnent acides.</p>
<p>Peut-être est-ce dû à la qualité de la prise de son. Le <em>live</em> ne trahit pas et si le chant, les modes et les techniques évoluent,  ce coffret témoigne en premier lieu des progrès manifestes de la prise de son en une cinquantaine d’années. Il est émouvant, cet <em style="line-height: 1.5">Otello</em> (1955) au son ouaté où surnage le Maure éruptif de <strong style="line-height: 1.5">Ramon Vinay</strong> et la moelleuse Desdémone de <strong style="line-height: 1.5">Gré Brouwenstijn</strong>, tous deux portés aux nues par la baguette de <strong style="line-height: 1.5">Rafael Kubelik</strong>. Mais combien il est loin de la précision cristalline de la captation de ce <em style="line-height: 1.5">Cosi fan Tutte</em> de 1981 qui réunissait la crème du chant mozartien : <strong style="line-height: 1.5">Kiri Te Kanawa</strong>, qui de beautés vocales fait fondre les plus durs métaux ; <strong style="line-height: 1.5">Agnes Baltsa</strong> tout aussi belle mais plus prosaïque ; <strong style="line-height: 1.5">Stuart Burrows</strong> et <strong style="line-height: 1.5">Thomas Allen</strong> chantant avec panache les deux amoureux. Quand on ajoute <strong style="line-height: 1.5">Colin Davis</strong> en fosse on tient un <em style="line-height: 1.5">giocoso</em> électrisant. Il y a toutefois quelques ratés. Quel dommage que <em style="line-height: 1.5">Don Giovanni</em> (1962) dirigé par <strong style="line-height: 1.5">Georg Solti</strong> soit plus problématique dans sa prise de son : les soprani en pâtissent et notamment l’Anna impériale de <strong>Leyla </strong><strong style="line-height: 1.5"><strong>G</strong>encer</strong> qui fait saturer les aigus très rapidement. Aucun problème en revanche pour jouir du sens inné du théâtre de <strong style="line-height: 1.5">Cesare Siepi</strong> (Don Giovanni), <strong style="line-height: 1.5">Geraint Evans</strong> (Leporello) ou encore <strong style="line-height: 1.5">Sena Jurinac</strong> (Elvire) et la jeune <strong>Mirella</strong> <strong style="line-height: 1.5">Freni </strong>(Zerline).</p>
<p>	Autre problème de taille, ces <em>lives</em> sont le fruit de leur époque et certaines manies de se servir du ciseau ne sont pas encore passées aux oubliettes. Ainsi le <em style="line-height: 1.5">Don Carlo</em> de 1958 avec <strong style="line-height: 1.5">Carlo Maria Giulini</strong> en fosse est dépecé de nombreuses mesures (il est bien en italien et en 5 actes, contrairement à ce que suggère le livret du coffret qui ajoute un « s » à Carlo) . Pas le temps de s’ennuyer à Fontainebleau expédié en quelques minutes, pas de <em style="line-height: 1.5">lacrimosa</em> pour le Posa de<strong style="line-height: 1.5"> Tito Gobbi</strong>… C’est d&rsquo;autant plus discutable quand la serpette est maniée par les techniciens et réalisateurs du présent coffret : ainsi une fort belle soirée de répertoire autour d’un <em style="line-height: 1.5">ballo in maschera</em> réunissant <strong style="line-height: 1.5">Jon Vickers</strong>, <strong>Ettore </strong><strong style="line-height: 1.5"><strong>B</strong>astianini</strong>, <strong style="line-height: 1.5">Amy Shuard</strong> et <strong style="line-height: 1.5">Regina Resnik</strong> se trouve proprement tronçonnée quand certains finals ne sont pas purement et simplement assourdis comme de vulgaires morceaux pop. Fallait-il donc gagner quelques secondes pour réduire le nombre de galettes du coffret ?</p>
<p>	Mais passons, ce qui se fait jour en filigrane au fil des décennies, c’est la volonté de « <em>restaurer Covent Garden comme centre d’opéra et de ballet digne des plus grandes traditions musicales</em> », comme l&rsquo;écrivaient les pères fondateurs au sortir de la guerre. Condition sine qua non : une troupe et un orchestre fixe. Là encore on mesure combien Londres aura bataillé. Le <em style="line-height: 1.5">Parsifal </em>de 1971 qui réunit <strong style="line-height: 1.5">Jon Vickers</strong>, <strong style="line-height: 1.5">Donald McIntyre</strong>, <strong>Amy </strong><strong style="line-height: 1.5">Shuard</strong> et <strong style="line-height: 1.5">Norman Bailey</strong> ne donne pas autre chose à entendre qu’une belle soirée wagnérienne alors que va commencer la décennie dite de crise de chant wagnérien. Le chef ce soir-là, <strong>Reginald Goodall</strong>, est notoirement connu pour avoir enregistré la version la plus lente de l&rsquo;oeuvre. Même démonstration en 1997 avec <em>Die Meistersinger von Nürnberg</em>, même si la crise est passée, pour le Sachs de <strong style="line-height: 1.5">John Tomlinson</strong> accompagné par les artistes maison.  Plus que la Butterfly de <strong style="line-height: 1.5">Victoria de los Angeles</strong>, que les « Vittoria » glorieux de <strong style="line-height: 1.5">Franco Corelli</strong> (dans <em style="line-height: 1.5">Tosca</em> en 1957) ou qu’un <em style="line-height: 1.5">Rosenkavalier</em> de luxe en 1995 (Baron Ochs de <strong style="line-height: 1.5">Kurt Moll</strong>, <strong style="line-height: 1.5">Anna Tomowa-Sintow</strong> en Maréchale), le florilège ici capté de soirées de répertoire de grande qualité montre ce théâtre qui se réinvente, s’affirme et triomphe.</p>
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		<title>Bartók &#8211; Le Château de Barbe-Bleue</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/bartok-le-chateau-de-barbe-bleue-emouvant-barbe-bleue-en-son-chateau/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 29 Dec 2014 11:00:42 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pourquoi ce CD, enregistré à la suite d’une tournée en 2011 nous parvient-il si tard ? Mystère… Dans Le Château de Barbe-Bleue, Opéra improbable, mental – l’œuvre gagne à être entendue plus que vue –, l’orchestre joue le premier rôle, les voix donnant corps aux deux êtres qui s’aiment et se déchirent pour inexorablement aller à &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Pourquoi ce CD, enregistré à la suite d’<a href="http://www.forumopera.com/spectacle/les-feux-de-lamour-selon-salonen">une tournée en 2011</a> nous parvient-il si tard ? Mystère…</p>
<p>Dans <em>Le Château de Barbe-Bleue</em>, Opéra improbable, mental – l’œuvre gagne à être entendue plus que vue –, l’orchestre joue le premier rôle, les voix donnant corps aux deux êtres qui s’aiment et se déchirent pour inexorablement aller à la catastrophe. L’orchestration de Bartók, ses couleurs, sa subtilité, sa palette expressive la plus large exigent une formation superlative. Même si la pâte sonore n’est pas vraiment hongroise, le Philharmonia Orchestra confirme ses qualités : cordes soyeuses et somptueuses, bois et cuivres parfaits, percussions exemplaires. La riche texture de l’opéra est magnifiée. Loin de la rapidité enfièvrée de Dorati, <strong>Esa Pekka-Salonen</strong> prend son temps (10 minutes de plus que Solti). Pourquoi précipiter le drame, la catastrophe finale ? Chacun connaît l’issue, et la tension y gagne. Du style, du tempérament aussi, où la force et la tendresse se combinent en permanence en se renouvelant. La singularité de chacune des portes est estompée par les enchaînements, conférant sans doute une continuité plus perceptible à l’ouvrage. La récitante (c’était un barde chez Bartók) qui déclame le prologue en anglais dépare (alors que l’opéra est chanté en hongrois), avant la remarquable introduction capiteuse, inquiétante, qui égale celle de Solti. Chaque tableau mériterait un commentaire. Retenons la 4e porte, impressionniste, fluide, aérienne, la grandiose 5e. La progression est savamment construite pour aboutir aux deux derniers numéros, qui s’étirent avec ampleur : une 6e porte d’une désespérance infinie et la 7e, hallucinée, lunaire, profondément douloureuse, sont bouleversantes.</p>
<p><strong>Michelle De Young</strong> chante Judith, un mélange de Mélisande et de Salomé, traduisant remarquablement la passion comme la fraîcheur, la curiosité timide de l’héroïne.  Dans cet ample récitatif dramatique, arioso, l’aisance est naturelle, les aigus faciles, le timbre ferait presqu’oublier Eva Marton, les inflexions sont rendues avec une rare intelligence. Son cri – un contre-ut – lorsqu’elle demande l’ouverture de la 5e porte, au paroxysme de la passion éblouie, atteint une force singulière, que l’on garde en mémoire.</p>
<p>Barbe-Bleue, traversé par le doute, la lassitude, l’inquiétude, est chanté par <strong>John Tomlinson</strong>, sombre, tendre, perdant progressivement son autorité au profit d’une humanité émouvante. La tenue vocale est de grand style, savant dosage de parlé et de chanté. Il l’avait déjà enregistré avec Haitink et Von Otter, et aussi avec Richard Farnes et Sally Burges (en anglais). Les reprises seraient-elles toujours les meilleures ? Comme Fischer-Dieskau, qui avait mûri son personnage et dont la voix avait gagné en expressivité ce qu’elle avait perdu en éclat, qui nous livrait avec Sawallisch un bouleversant Barbe-Bleue.</p>
<p>Une somptueuse version, qui peut rivaliser avec les plus grandes, notamment celle d’Adam Fischer, avec Samuel Ramey et Eva Marton, davantage hongroise.</p>
<p> </p>
<p>___</p>
<p><strong><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/B00IDCQ466/ref=as_li_tl?ie=UTF8&amp;camp=1642&amp;creative=6746&amp;creativeASIN=B00IDCQ466&amp;linkCode=as2&amp;tag=forumopera-21&amp;linkId=XUQZAHLK57XUE62H">Commander le CD &#8211; Bluebeard&rsquo;s Castle / Le Château de Barbe-bleue</a><img loading="lazy" decoding="async" alt="" border="0" height="1" src="http://ir-fr.amazon-adsystem.com/e/ir?t=forumopera-21&amp;l=as2&amp;o=8&amp;a=B00IDCQ466" style="border:none !important; margin:0px !important;" width="1" /></strong></p>
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		<title>SCHÖNBERG, Moses und Aron — Londres</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/moses-und-aron-londres-la-caverne-daron/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 26 Jul 2014 05:00:42 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Une longue projection vidéo, un machiniste – Aron, qui fume longuement – et un peuple d’Israël spectateur parfois captivé, parfois émotif, souvent agité, qui va s’animer au rythme de cette musique sérielle, enchanteresse au sens premier du terme. Moses und Aron, que le Royal Opera House accueille pour la première fois depuis la production conduite &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Une longue projection vidéo, un machiniste – Aron, qui fume longuement – et un peuple d’Israël spectateur parfois captivé, parfois émotif, souvent agité, qui va s’animer au rythme de cette musique sérielle, enchanteresse au sens premier du terme. <em>Moses und Aron</em>, que le Royal Opera House accueille pour la première fois depuis la production conduite par Georg Solti en 1965 (reprise une fois), est ici soutenue par les artistes du <strong>Welsh National Opera</strong> dans une production de l’opéra de Stutgart (2003).</p>
<p>Sous des dehors que d’aucun qualifierait de Regie Theater, cette production cache un respect scrupuleux du livret. Elle scande tout le paganisme de ce peuple élu malgré lui et dont Aron, prestidigitateur, se joue, le poussant à la bassesse des instincts d&rsquo;une foule primitive : sacrifice, meurtre, bacchanale. Pourtant le décor moderne et froid d’<strong>Anna Viebrock</strong> (la décoratrice de Christoph Marthaler voir <a href="http://www.forumopera.com/spectacle/les-mefaits-entre-autres-du-decor-unique">ici</a> ou <a href="http://www.forumopera.com/spectacle/marthaler-coercitif">là</a>) – une salle de conférence où se déroulent des tractations politiques qui se transformera en salle de projection au deuxième acte – est en apparence bien éloigné du Sinaï. Ainsi l’action et la querelle de l’oeuvre de Schoenberg, la question théologique sur la conception et la représentation de Dieu est transposée en interrogation politique : faut-il suivre Moses alors qu&rsquo;il ne peut montrer sa valeur ou lui préférer son frère, toujours prompt à délivrer des preuves de ce qu’il avance ?  </p>
<p>L’aridité du désert, la soif du peuple opprimé se trouvent toutes entières dans la direction et la mise en espace de <strong>Jossi Wieler</strong> et <strong>Sergio Morabito</strong> et dans les chœurs et solistes assurant les seconds rôles (vierges nues, jeunes filles et prêtre&#8230;) du <strong>Welsh National Opera</strong>, intenses dans leur présence scénique, collective et individuelle.</p>
<p>Que leur donne à voir cet Aron platonicien, maitre de la caverne qui fait s’animer les ombres ? Et que voit-on nous, spectateurs, quand de fait nous sommes à l’emplacement de l’écran de cinéma qui excite cette foule ? On l’a compris depuis le premier acte, avec ses pupitres d’orateurs et ses tables d’assesseurs, on assiste moins à un acte de foi qu’à un problème concret. D’ailleurs un projecteur placé sous le premier balcon diffuse des jeux d’ombres sur les chanteurs : double effet de miroir et démultiplication du sens.</p>
<p>Ce que voit Israël et ce qui le pousse à la folie collective, c’est nous. Ce peuple nous voit, et nous le voyons harceler, baiser, souffrir, violer, tuer enfin. D’une salle de cinéma hypnotique nous sommes entrés dans un théâtre de distanciation, et, du roi-philosophe Platon nous échouons dans l’aporie politique du XXe siècle. Une aporie incarnée par Moses, <strong>John Tomlinson</strong> dont le métier offre un <em>sprechgesang</em> magistral bien aidé d’une voix, qui, ce soir, n’accuse pas l’âge de sa sagesse. Il reste seul avec son idéal brisé à la fin de l’acte deux, Schoenberg n’ayant pas composé le troisième et dernier. Malheureusement, l’actualité bien contemporaine du conflit au Proche-Orient entre d’autant plus en résonnance avec le livret et ce que l’on voit sur scène, renforçant encore la mise à distance des spectateurs… a fortiori quand des trouvailles (le peuple lance une chaussure à Moses) sont depuis devenues des actes politiques bien réels (George Bush en visite en Irak en 2008).</p>
<p>Pour autant le spectacle n’est pas exempt de défauts. Brasser des idées et des procédés théâtraux aussi complexes sur un livret parfois conceptuel, conduit bien souvent à un certain statisme. Menus défauts au regard de l’intelligence du propos et d’une équipe musicale en tout point remarquable. Triomphateurs de la soirée : un chœur réglé au millimètre capable de la plus grande plasticité de son, qui colle à tout instant à la mise en scène, un orchestre dont la somme des pupitres est au moins égale à leur qualité individuelle et du chef <strong>Lothar Koenigs</strong>, rompu au théâtre, tout en contrôle et subtilité pour mettre en avant les contrastes et aspérités d’une partition passionnante. Reste l’Aron de <strong>Rainer Trost</strong>, acteur indéniable et chanteur appliqué, parfois en difficulté dans les extrémités de la tessiture du rôle.</p>
<p>Aux saluts, les bravi des spectateurs viennent consacrer une équipe qui démontre qu’on peut monter avec succès des œuvres qui ne comptent pas au nombre des tubes des publics d’opéra.  C’est ce défi que <strong>Stéphane Lissner</strong> s’est donné pour l’ouverture de sa première saison à Garnier, où <strong>Roméo Castellucci</strong>, le plasticien de l&rsquo;<em><a href="http://www.forumopera.com/orphee-et-eurydice-bruxelles-la-monnaie-le-mythe-phagocyte-par-le-reel">Orfeo</a></em> et du <em>Parsifal</em> de la Monnaie de Bruxelles assurera la mise en scène ; à laquelle devait initialement s’atteler Patrice Chéreau.</p>
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