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	<title>Elodie Ada TUCA - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Elodie Ada TUCA - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>LEGRENZI, La divisione del mondo — Strasbourg</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/la-divisione-del-mondo-strasbourg-olympe-ton-univers-impitoyable/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 12 Feb 2019 04:25:35 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>A ceux qui croiraient encore que la mythologie classique fit l’objet d’un respect marmoréen jusqu’aux profanations infligées par Offenbach dans Orphée aux enfers, l’Opéra du Rhin vient de rappeler une incontestable réalité. Tout pétris d’admiration qu’ils aient pu être pour l’Antiquité, les siècles antérieurs n’ont pas toujours dépeint les dieux avec cette terreur sacrée qu’ils &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>A ceux qui croiraient encore que la mythologie classique fit l’objet d’un respect marmoréen jusqu’aux profanations infligées par Offenbach dans <em>Orphée aux enfers</em>, l’Opéra du Rhin vient de rappeler une incontestable réalité. Tout pétris d’admiration qu’ils aient pu être pour l’Antiquité, les siècles antérieurs n’ont pas toujours dépeint les dieux avec cette terreur sacrée qu’ils auraient dû inspirer. Si Eva Kleinitz a souhaite présenter <em>La divisione del mondo</em> de Legrenzi c’est bien parce qu’il s’agit d’une comédie où ces chers habitants de l’Olympe en prennent pour leur grade. Rhabillés pour l’hiver, et sur plusieurs générations, tous obsédés par le sexe en la personne de Vénus, dont l’arrivée aux cieux cause des ravages. Et si le livret de Corradi oblige la déesse de l’amour à faire amende honorable, <strong>Jetske Mijnssen</strong> nous montre que ces messieurs les dieux continueront encore longtemps de baver à ses pieds. Dans ce qui pourrait n’être qu’une pantalonnade, et qui ressemble assez à une comédie de boulevard ou à une <em>sitcom</em>, la mise en scène parvient à ne jamais franchir les limites du bon goût – là où tant d’autres ne se gênent pas pour basculer allègrement dans la gaudriole – et choisit de susciter le sourire plutôt que l’éclat de rire gras. Si les personnages sont un rien caricaturaux, c’est que le texte de l’opéra les dépeint ainsi : Junon est bien une virago qui met son mari à la porte, Jupiter un pater familias saisi (une fois de plus) par la débauche. Plus étonnant, Diane (sous son nom de Cynthie) se meurt d’amour pour Pluton, et Apollon est ici un dieu prude, effrayé par sa propre sensibilité aux appâts de Vénus. Avec la complicité de sa costumière, Jetske Mijnssen a su caractériser au mieux chacun de ces individus, n’hésitant pas à faire apparaître d’autres membres de la famille : Rhéa, épouse de Saturne, muette et clouée dans son fauteuil roulant, et son infirmière Thétis, « offerte » comme compagne à Neptune, celui-ci étant, comme son frère Pluton, une sorte de vieux célibataire un peu minable, charitablement hébergé par Jupiter.</p>
<p>Il y a donc là une comédie assez allègrement troussée, mais parfois un peu bavarde et à la structure assez lâche, et l’on comprend que des coupes aient été pratiquées et des réagencements opérés. <strong>Christophe Rousset</strong> a su manier les ciseaux intelligemment, pour ramener à moins de deux heures et demie une œuvre qui dépasse probablement les trois heures. Heureusement, la musique de Legrenzi est souvent fort belle et, <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/actu/christophe-rousset-je-nai-pas-plus-denergie-que-des-pianistes-qui-font-le-tour-du-monde">comme le confiait le chef à Bernard Schreuders</a>, on entend déjà presque du Haendel dans les airs où les personnages laissent parler leur émotion (par exemple, au début de l’acte III, quand Vénus chante sa détresse d’avoir été chassée de l’Olympe). Bien que réduit pour l’occasion à une vingtaine d’instrumentistes, l’orchestre des Talens Lyriques n’a aucun mal à remplir la salle de l’Opéra de Strasbourg, avec des couleurs assez variées pour éviter toute monotonie.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/adivisionedelmondoonr_g1866photoklarabeck.jpg?itok=1alg39gl" title="© Klara Beck" width="468" /><br />
	© Klara Beck</p>
<p>Avec sa douzaine de personnages dont aucun n’est véritablement secondaire, <em>La divisione del mondo</em> exige une véritable équipe, une troupe constituée de personnalités solides. Dans le rôle de celle par qui le scandale arrive, <strong>Sophie Junker</strong> est scéniquement idéale, jouant sans aucune vulgarité de sa silhouette longiligne et élégante. Dommage que son chant ne traduise pas toujours la même sensualité : si ses récitatifs sont admirables d’expressivité et de mordant, les airs sont parfois entachés de notes manquant de chair et qui sonnent un peu bas. De Jupiter, <strong>Carlo Allemano</strong> a la carrure ; la voix met un peu de temps à se chauffer, mais le ténor trouve bientôt la place qui convient et parvient à rendre émouvant un personnage qui pourrait n’être que ridicule. Trois contre-ténors se rencontrent sur le plateau, avec des timbres assez nettement différenciés : le Mercure éclatant de <strong>Rupert Enticknap</strong>, le Mars sanguin et ardent de <strong>Christopher Lowrey </strong>et l’Apollon forcément plus apollinien de <strong>Jake Arditti</strong>. Junon bénéficie du timbre dense et charnu de <strong>Julie Boulianne</strong>, tandis que Diane ravit par la voix lumineuse de <strong>Soraya Mafi</strong>. Neptune et Pluton forment un numéro de duettistes à la Doublepatte et Patachon, tous deux affublés de la même tignasse et du même look Deschiens : après avoir été une impayable nourrice dans <em>Erismena</em>, <strong>Stuart Jackson</strong> prête au dieu des mers son physique d’armoire à glace et sa sonorité percutante, tandis qu’<strong>André Morsch</strong> confère par ses beaux graves une certaine dignité au dieux des enfers. Loin des suraigus d’Olympia, rôle dans lequel on l’avait entendue à Fribourg, <strong>Ada Elodie Tuca</strong> est un Cupidon délicieusement fripon, et l’on savoure le rare timbre d’alto d’<strong>Alberto Miguélez Rouco</strong> en Discorde. En vieillard lorgnant lui aussi sur Vénus malgré ses sermons, <strong>Arnaud Richard</strong> complète tout aussi admirablement la petite famille olympienne. </p>
<p>A noter les dates des prochaines représentations : Mulhouse les 1er et 3 mars, Colmar le 9 mars, Nancy du 20 au 27 mars, Versailles les 13 et 14 avril.</p>
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		<title>OFFENBACH, Les Contes d&#039;Hoffmann — Fribourg-en-Brisgau</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/les-contes-dhoffmann-fribourg-en-brisgau-choudens-ou-presque/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 05 Jan 2018 06:55:26 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Dans ce vaste chantier que sont devenus Les Contes d’Hoffmann, il semble aujourd’hui permis d’abattre des pans de mur construits depuis longtemps ou d’en ériger de nouveaux à partir de matériaux inédits, mais il n’est pas certain qu’un édifice viable soit apparu, malgré tous les travaux des uns et des autres. Work éternellement in progress, l’œuvre &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Dans ce vaste chantier que sont devenus <em>Les Contes d’Hoffmann</em>, il semble aujourd’hui permis d’abattre des pans de mur construits depuis longtemps ou d’en ériger de nouveaux à partir de matériaux inédits, mais il n’est pas certain qu’un édifice viable soit apparu, malgré tous les travaux des uns et des autres. <em>Work</em> éternellement <em>in progress</em>, l’œuvre d’Offenbach doit désormais se plier à toutes les restructurations, comme l’ont récemment montré les <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/les-contes-dhoffmann-dijon-des-contes-non-conformes">représentations dijonnaises</a>.</p>
<p>A Fribourg en Suisse, audace suprême : on revient à la bonne (?) vieille version Choudens, mais pas tout à fait, ce serait trop simple. Pour sa troisième mise en scène du testament offenbachien, <strong>Olivier Desbordes</strong>, cette fois secondé par<strong> Benjamin Moreau</strong>, reste fidèle aux options de ses précédentes moutures : pas plus qu’<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/ivres-de-vin-et-de-liberte">à Saint-Céré en 2008</a>, on ne trouvera ici aucun des morceaux – pourtant superbes – révélés par les recherches musicologiques depuis une cinquantaine d’années. On n’entend que ce qu’offre la version « traditionnelle » (avec cependant l’ajout du menuet du final du premier acte de <em>Don Giovanni</em>, évocation du spectacle dans lequel se produit la Stella). On entend même nettement moins que la partition éditée par Choudens, puisque la plupart des récitatifs de Guiraud ont été remplacés par des dialogues parlés ou des textes baudelairiens déclamés. Et on suppose, à lire le compte rendu rédigé par notre collègue Jean-Marcel Humbert en 2008, que sur le plan visuel, le spectacle n’a guère changé en dix ans. Même espace fermé par trois murs, même table-plateau où se déroule l’action principale, entourée de choristes spectateurs-voyeurs. Même effet digne du mamelon sablonneux de Winnie dans <em>Oh les beaux jours</em> pour l’acte d’Antonia. Cette mise en scène tourne résolument le dos à tout réalisme, même fantastique, pour inscrire l’action dans une sorte de cirque : les quatre diables ne sont qu’un seul (aucun changement de costume d’un acte à l’autre), et la remarque vaut aussi pour les quatre valets. Nicklausse n’est plus muse mais clown. Le résultat est indéniablement efficace, même si le trait est parfois épais – ah, ces éclats de rire « sataniques » dont sont régulièrement pris les méchants&#8230;</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/contes3.jpg?itok=jx2LJpG9" title="Y. Badier (Spalanzani), E.A. Tuca (Olympia), E. Vignau (Cochenille) © DR" width="468" /><br />
	Yannick Badier (Spalanzani), Elodie Ada Tuca (Olympia), Eric Vignau (Cochenille) © DR</p>
<p>Musicalement, c’est une grande satisfaction d’entendre, ici encore, <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/les-contes-dhoffmann-saint-etienne-etrangete-du-familier">comme à Saint-Etienne</a>, des <em>Contes d’Hoffmann</em> très majoritairement francophones, même si ce critère est loin d’être suffisant pour toujours assurer l’intelligibilité du texte chanté. Ainsi, la Giulietta de <strong>Charlotte Despaux</strong>, trop uniformément véhémente, et aux graves sourds, pêche par une articulation déficiente. <strong>Serenad Burcu Uyar</strong> s’exprime, elle, dans un français excellent, mais l’énergie de son chant gagnerait parfois à être mieux canalisée : « Elle a fui, la tourterelle » demande plus de modération, et cette Antonia écrase un peu son entourage par sa puissance sonore. Magnifique découverte avec <strong>Elodie Ada Tuca</strong>, resplendissante Olympia à la diction ciselée et au suraigu d’une facilité déconcertante. Et quel plaisir de retrouver <strong>Lamia Beuque</strong>, jadis membre de la jeune troupe de l’Opéra du Rhin, dont la belle voix de mezzo bénéficie de l’ajout du rôle de la mère d’Antonia (Choudens est très peu généreux pour Nicklausse). Chez les messieurs, on remarque parmi les personnages secondaires la jolie prestation de la basse <strong>Nathanaël Tavernier</strong>, chanteur qui est également passé par Strasbourg, et de Spalanzani déchaîné de <strong>Yannick Badier</strong>. si <strong>Eric Vignau</strong> est parfait dans son incarnation des quatre valets, on pourra formuler quelques réserves sur les autres rôles principaux. Bon comédien, diction impeccable, <strong>Jean-Noël Briend </strong>est pénalisé par un timbre qui se nasalise cruellement dans l’aigu dès que le chant est émis en force, jusqu’à frôler l’accident au dernier acte. Dommage, car les passages pris plus en douceurs sont tout à fait réussis. Quant à <strong>Christophe Lacassagne</strong>, voilà un artiste qui laisse perplexe : aucun problème en termes de projection, car ses quatre diables remplissent la salle fribourgeoise sans la moindre difficulté, mais quelle curieuse façon de chanter, en alternant un style clairement lyrique (superbe aigu final dans « Scintille, diamant », entre autres) et un quasi parlando, un chant fort peu timbré qui s’apparente à la chanson plus qu’à l’opéra.</p>
<p>Passé une ouverture dont les premières mesures sont prises à une vitesse étonnante, <strong>Laurent Gendre</strong> adopte des tempos modérés, voire lents, pendant tout le reste de la représentation, mais ne peut pas toujours éviter les décalages flagrants, notamment pendant l’air des étudiants au prologue. </p>
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