<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Katia VELLETAZ - Artiste - Forum Opéra</title>
	<atom:link href="https://www.forumopera.com/artiste/velletaz-katia/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://www.forumopera.com/artiste/velletaz-katia/</link>
	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Tue, 17 Oct 2023 15:29:32 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	<generator>https://wordpress.org/?v=7.1.2</generator>

<image>
	<url>https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/cropped-Favicon-32x32.png</url>
	<title>Katia VELLETAZ - Artiste - Forum Opéra</title>
	<link>https://www.forumopera.com/artiste/velletaz-katia/</link>
	<width>32</width>
	<height>32</height>
</image> 
	<item>
		<title>MONTÉCLAIR, Jephté — Budapest</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/jephte-budapest-non-ce-nest-pas-un-sacrifice/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 11 Mar 2019 22:59:11 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/spectacle/non-ce-n-est-pas-un-sacrifice/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Si ses cantates sont régulièrement enregistrées, Montéclair n’est pas pour autant un compositeur qui encombre la programmation des théâtres et des salles de concert, et sa Jephté, enregistrée en 1992 par William Christie, ne semble avoir été remontée sur une scène qu’en 2007, à Varsovie. Pourtant, cette « tragédie biblique » possède d’incontestables qualités dramatiques. Dès 1689, Racine &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/jephte-budapest-non-ce-nest-pas-un-sacrifice/"> <span class="screen-reader-text">MONTÉCLAIR, Jephté — Budapest</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/jephte-budapest-non-ce-nest-pas-un-sacrifice/">MONTÉCLAIR, Jephté — Budapest</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Si ses cantates sont régulièrement enregistrées, Montéclair n’est pas pour autant un compositeur qui encombre la programmation des théâtres et des salles de concert, et sa <em>Jephté</em>, enregistrée en 1992 par William Christie, ne semble avoir été remontée sur une scène qu’en 2007, à Varsovie. Pourtant, cette « tragédie biblique » possède d’incontestables qualités dramatiques. Dès 1689, Racine avait puisé dans les Ecritures le sujet d’Esther, mais il fallut bien plus longtemps pour que l’Académie royale de musique se risque à présenter des opéras à sujet sacré, et l’Eglise s’opposa longtemps à la création de <em>Jephté</em>, qui resta unique en son genre, le <em>Samson </em>projeté par Voltaire et Rameau n’ayant jamais abouti. En 1732, pourtant, le succès fut tel que l’œuvre fut programmée presque chaque année au début du Carême, ce qui permit à Montéclair d’y apporter quelques modifications au fil du temps : des coupes, surtout au dernier acte, vraisemblablement pour en améliorer l’efficacité théâtrale, et une révision de l’orchestration, pour revenir sur certaines expériences qui n’avaient peut-être pas convaincu.</p>
<p>Des trois versions publiées de Jephté, on connaissait grâce au disque celle dont l’impression avait précédé la création ; le CMBV a décidé de nous révéler la dernière, établie en 1737 et que le compositeur ne put jamais entendre puisqu’il mourut une semaine avant les représentations de cette année-là. Le disque à paraître dans quelques mois permettra de rapprocher dans le détail les deux versions mais on est frappé par la qualité du discours de Montéclair, par l’intensité des personnages qu’il crée (essentiellement le trio Jephté – sa fille – sa femme), avec la complicité de cet abbé Pellegrin qui devait se montrer un peu moins inspiré pour <em>Hippolyte et Aricie</em>, créé l’année suivante. Outre l’art avec lequel les émotions sont rendues, on remarque aussi l’inventivité de l’écriture, qui isole tel ou tel groupe d’instrument (bassons et cordes graves, par exemple) pour introduire une scène, ou un maniement très habile des chœurs, parfois a cappella, parfois divisés. A en croire Benoît Dratwicki, ces innovations propres à Montéclair figuraient déjà dans son unique autre œuvre scénique, l’opéra-ballet <em>Les Fêtes de l’été</em>, toujours en attente de résurrection.</p>
<p>On serait d’ailleurs ravi que <strong>György Vashegyi </strong>s’attaque un jour à cette autre partition, car sa direction, à la tête de son Orfeo Orchestra, s’avère totalement adéquate, avec le juste dosage d’effets pour les différentes humeurs d’un opéra qui, à côté des nombreux passages guerriers, inclut aussi les divertissements d’usage, dont une pastorale aux musettes délicieusement rustiques, ou des moments de merveilleux, comme ce passage où les eaux du Jourdain se divisent sous les yeux éblouis de Jephté. Il faut aussi, une fois encore, saluer la prestation du Purcell Choir, au français admirable, et notamment la fraîcheur des pupitres féminins, dont est issue <strong>Adriána Kalafszky</strong>, charmante Polymnie du prologue.</p>
<p>La distribution réunit habitués des productions du CMBV et quelques nouveau venus. Dans de tout petits rôles, signalons la présence de deux anciens Chantres de Versailles : <strong>Clément Debieuvre</strong>, haute-contre à la voix très légère, et <strong>David Witczak</strong>, baryton doté de l’autorité nécessaire aux courtes interventions d’Apollon dans le prologue. Le personnage d’Ammon, dont le rôle est réduit par rapport à la version de 1732, introduit dans l’œuvre l’élément amoureux indispensable à un opéra, même biblique : tendu comme un arc, <strong>Zachary Wilder </strong>prête un timbre éclatant à cet « ennemi » pour qui la fille de Jephté s’accuse de sentiments trop tendres. S’il s’est jusqu’ici surtout fait entendre dans le répertoire italien, le ténor américain devrait trouver de quoi s’épanouir dans l’opéra français. Les autres artistes, on l’a dit, sont bien connus. <strong>Katia Velletaz</strong> cumule pas moins de six « rôles », qui sont en fait de micro-personnages n’apparaissant que lors des divertissements, mais quelle transfigure par l’enthousiasme avec lequel elle s’empare de leurs airs. Avec le grand-prêtre Phinée, <strong>Thomas Dolié</strong> n’a pas toujours l’occasion de laisser éclater un tempérament que nous avons pu admirer ailleurs, mais son timbre sombre contraste idéalement avec celui de <strong>Tassis Christoyannis</strong> dans le rôle-titre, qui passe sans peine des accents belliqueux du chef militaire qu’il est avant tout aux tourments du père contraint de sacrifier sa fille (suite à un quiproquo – il n’a d’abord pas reconnu Iphise –, il s’afflige même à l’idée des souffrances que cette mort causera aux parents de cette jeune femme). De l’émotion, il y en a aussi beaucoup chez Almasie, épouse de Jephté, qui tente de s’opposer à l’accomplissement du vœu de son époux et que <strong>Judith Van Wanroij </strong>interprète avec énergie sans jamais perdre de vue la noblesse du personnage. Mais c’est surtout <strong>Chantal Santon-Jeffery</strong> qui se montre bouleversante en Iphise. Montéclair lui a réservé des pages d’une mélancolie étonnante, parmi une palette d’affects fort variés, et la soprano parvient à concilier la délicatesse de phrasé qui sied à la jeune fille avec l’ampleur vocale qui fait d’elle une héroïne complexe, ce que n’est sans doute pas autant l’Iphis du <em>Jephtha</em> de Haendel, par exemple. Mais comme dans le livret (postérieur) de Thomas Morell, la fille de Jephté échappera au sacrifice grâce à une intervention de la divine Providence.</p>
<p>On attend maintenant la sortie de l’enregistrement, et les prochains rendez-vous de l’Orfeo Orchestra avec la musique française du XVIIIe siècle, et notamment la recréation d’un opéra-ballet de Boismortier, <em>Les Voyages de l’amour</em>, prévue en septembre 2019.</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/jephte-budapest-non-ce-nest-pas-un-sacrifice/">MONTÉCLAIR, Jephté — Budapest</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Le Temple de la gloire</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/le-temple-de-la-gloire-le-beurre-et-largent-du-beurre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 02 Feb 2016 06:39:09 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/le-temple-de-la-gloire-le-beurre-et-largent-du-beurre/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Dites, ce ne serait pas beau, un opéra de Rameau qui unirait le meilleur de deux mondes ? Où l’on trouverait à la fois la noblesse d’airs exprimant les tourments de personnages contrariés par le sort, et le chatoiement propre aux divertissements joyeux ? Les trompettes guerrières et les musettes pastorales ? Une partition qui permettrait l’émotion sans &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/le-temple-de-la-gloire-le-beurre-et-largent-du-beurre/"> <span class="screen-reader-text">Le Temple de la gloire</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/le-temple-de-la-gloire-le-beurre-et-largent-du-beurre/">Le Temple de la gloire</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Dites, ce ne serait pas beau, un opéra de Rameau qui unirait le meilleur de deux mondes ? Où l’on trouverait à la fois la noblesse d’airs exprimant les tourments de personnages contrariés par le sort, et le chatoiement propre aux divertissements joyeux ? Les trompettes guerrières et les musettes pastorales ? Une partition qui permettrait l’émotion sans étirer sur cinq actes une intrigue maigrelette, avec en plus la diversité permise par les comédies héroïques à entrées ? Eh bien, voici ce dont on pouvait rêver : <em>Le Temple de la gloire</em>, fruit de la collaboration du Dijonnais avec Voltaire. Après l’échec du <em>Samson</em> projeté entre eux au début des années 1730, ces deux génies ne devaient se retrouver qu’en 1745, pour une comédie-ballet et pour une « fête » musicale, toutes deux données à Versailles, la première en février pour le mariage du dauphin, l’autre en novembre dans le cadre des célébrations de la bataille de Fontenoy. Les intermèdes musicaux de <em>La Princesse de Navarre</em> ont été assez mollement enregistrés en 1980 par Nicholas McGegan et une équipe d’obscurs chanteurs anglophones ; une nouvelle version ne serait pas malvenue, mais peut-être faudra-t-il attendre un futur anniversaire Rameau. <em>Le Temple de la gloire </em>avait connu le même genre d’honneur en 1981, sous la baguette de Jean-Claude Malgoire, et la nouvelle version publiée par Ricercar permet une fois encore de mesurer le chemin parcouru depuis ces temps lointains. Que Rameau semblait compassé et froid, lors du tricentenaire de sa naissance ! Comme sa musique est devenue vive et colorée, en l’espace de trente ans !</p>
<p><strong>Guy Van Waas</strong> a compris comment faire respirer cette partition, qui fourmille de passages enthousiasmants : une ouverture dominée par les cuivres les plus rutilants, des chœurs pleins d’ardeur, des danses au caractère affirmé, chaque page trouve en l’ensemble <strong>Les Agrémens </strong>et dans le <strong>Chœur de chambre de Namur</strong> des interprètes idoines, qui savent rendre vie à tout ce qu’a écrit Rameau.</p>
<p>Quant à la distribution vocale, elle est de premier plan, comme on avait pu également s’en apercevoir lors des concerts donnés <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/le-temple-de-la-gloire-liege-tout-pour-la-haute-contre">à Liège</a> et à Versailles. Les trois voix féminines sont admirablement différenciées, chacune ayant ses propres nuances. Le timbre fruité et la diction irréprochable de <strong>Katia Velletaz </strong>font tout le prix de ses diverses interventions, notamment en bacchante dans un air très vocalisant au début de la Deuxième Entrée. La douceur élégiaque de <strong>Judith Van Wanroij</strong> convient idéalement aux deux héroïnes qu’elle incarne. Quant à <strong>Chantal Santon-Jeffery</strong>, l’autorité de ses accents font d’elle une Gloire toute désignée. Chez les messieurs, <strong>Alain Buet</strong> impressionne surtout dans le rôle de l’Envie, avec un des rares airs que la postérité avait retenus de l’œuvre. D’une expressivité toujours exacerbée, <strong>Mathias Vidal </strong>montre comment il faut chanter ce répertoire, sans affèteries, mais avec une admirable fougue juvénile. Avec des interprètes de ce calibre, Rameau a encore de belles années devant lui.</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/le-temple-de-la-gloire-le-beurre-et-largent-du-beurre/">Le Temple de la gloire</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Les Danaïdes</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/les-danaides-faux-gluck-mais-vrai-chef-doeuvre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 29 May 2015 05:59:23 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/les-danaides-faux-gluck-mais-vrai-chef-doeuvre/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Ce n’est pas si souvent que le Palazzetto Bru Zane nous propose des enregistrements d’œuvres ayant déjà été gravées par le passé : ce fut le cas pour Thérèse de Massenet, ce l’est à nouveau pour Les Danaïdes de Salieri. Profitons donc de cette occasion assez rare pour jouer le jeu des comparaisons, impossible d’ordinaire puisque &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/les-danaides-faux-gluck-mais-vrai-chef-doeuvre/"> <span class="screen-reader-text">Les Danaïdes</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/les-danaides-faux-gluck-mais-vrai-chef-doeuvre/">Les Danaïdes</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Ce n’est pas si souvent que le Palazzetto Bru Zane nous propose des enregistrements d’œuvres ayant déjà été gravées par le passé : ce fut le cas pour <em>Thérèse</em> de Massenet, ce l’est à nouveau pour <em>Les Danaïdes</em> de Salieri. Profitons donc de cette occasion assez rare pour jouer le jeu des comparaisons, impossible d’ordinaire puisque le Centre de musique romantique française nous offre en général le plaisir de nous révéler des inédits.</p>
<p>Comme nous le rappelions dans notre compte rendu du <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/spectacle/a-quoi-bon-tuer-wolfgang">concert donné à Versailles</a>, pas moins de trois intégrales ont en effet précédé celle qui paraît aujourd’hui, en 1983, 1990 et 2007. Dans ces différentes versions, les francophones étaient rares, et cela ne s’entendait que trop : pour un Jean-Philippe Laffont ou une Sophie Marin-Degor, que de chanteurs peu familiers de notre langue, à la diction pâteuse ou empruntée ! Signe des temps, ou retour à un bienheureux âge d’or où la maîtrise d’un français châtié était requise de tout chanteur international, les « étrangers » ici présents possèdent une diction admirable, indispensable pour la tragédie lyrique. Certes, dans l’urgence du direct, il leur échappe parfois une consonne insuffisamment nasalisée, une voyelle étrangement déformée ; ce sont là des détails qu’un enregistrement de studio aurait pu corriger, mais au détriment de l’énergie propre à une version de concert. Privé du contact avec le public, <strong>Christophe Rousset</strong> aurait-il communiqué à ses <strong>Talens Lyriques</strong> une pulsation aussi frénétique ? On est en droit de se le demander, d’autant plus que l’orchestre remplit ici une fonction essentielle, de l’ouverture au final en passant par les divertissements, et y compris dans les airs où il dépasse le rôle de simple accompagnement. Salieri fait du Gluck, bien sûr, mais on se rend compte qu’il a aussi entendu Mozart.</p>
<p><em>Les Danaïdes </em>fut composé sur un livret adapté d’une <em>Ipermestra</em> livrée à Gluck par Calzabigi ; c’est dire le rôle central de l’héroïne, évidemment bien plus importante que ses quarante-neuf sœurs. <strong>Judith van Wanroij</strong> prête à Hypermnestre une voix d’une belle fraîcheur et une précieuse sincérité d’accents et, à travers ses différents monologues, elle sait rendre sensible le parcours torturé de cette fille de roi chargée d’une mission meurtrière. Sophie Marin-Degor en 2007 était sans doute plus totalement idiomatique, mais elle le cède à la soprano néerlandaise sur le plan du pur charme vocal.</p>
<p>Danaüs terrifiant, <strong>Tassis Christoyannis</strong> est un acteur-né, totalement investi dans la froideur vengeresse et calculatrice de son personnage, dont les noirs desseins percent même sous l’appel à profiter de la vie (« Jouissez du destin propice […] Sans bruit souvent la Mort se glisse / Et vous frappe au sein des plairis », chante-t-il à ses filles dès le premier acte). Dans le rôle galant de Lyncée, <strong>Philippe Talbot </strong>incarne l’innocence au milieu de tous ces personnages tourmentés. D’une limpidité quasi-enfantine, son timbre convient parfaitement à ce rôle.</p>
<p>Autour de ce trio, les autres interprètes jouent les utilités : la Plancippe <strong>Katia Velletaz </strong>a un air au premier acte et revient brièvement au dernier, tandis que <strong>Thomas Dolié</strong>, avant de finalement tuer Lyncée, n’a presque rien à chanter. Dommage que les <strong>Chantres du Centre musique baroque de Versailles</strong> ne manifestent pas toujours autant d’implication dramatique et de netteté d&rsquo;articulation qu’on le souhaiterait, dans la mesure où le chœur est ici un protagoniste à part entière.</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/les-danaides-faux-gluck-mais-vrai-chef-doeuvre/">Les Danaïdes</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>RAMEAU, Le Temple de la gloire — Liège</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/le-temple-de-la-gloire-liege-tout-pour-la-haute-contre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 12 Oct 2014 06:10:47 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/spectacle/tout-pour-la-haute-contre/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Que se passe-t-il quand deux des plus grands génies de leur temps unissent leurs forces ? Pas forcément le miracle attendu. Peut-être le Samson prévu par Voltaire et Rameau aurait-il révolutionné la tragédie lyrique, toujours est-il que leur unique collaboration aboutie ne se distingue pas  de manière flagrante du reste de la production musicale contemporaine. Certes, &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/le-temple-de-la-gloire-liege-tout-pour-la-haute-contre/"> <span class="screen-reader-text">RAMEAU, Le Temple de la gloire — Liège</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/le-temple-de-la-gloire-liege-tout-pour-la-haute-contre/">RAMEAU, Le Temple de la gloire — Liège</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Que se passe-t-il quand deux des plus grands génies de leur temps unissent leurs forces ? Pas forcément le miracle attendu. Peut-être le <em>Samson</em> prévu par Voltaire et Rameau aurait-il révolutionné la tragédie lyrique, toujours est-il que leur unique collaboration aboutie ne se distingue pas  de manière flagrante du reste de la production musicale contemporaine. Certes, Voltaire a refusé de fonder de chaque entrée de ballet sur une intrigue exclusivement galante, certes il a pimenté son livret de maximes adressées aux monarques, mais quand bien même le texte de ce <em>Temple de la gloire</em> serait une sorte de « Miroir des Princes », de manuel destiné aux souverains, la musique que composa Rameau n’a, elle, rien de bien différent de ses autres opéras-ballets. Entendons-nous bien : cette partition inclut de grandes beautés et il est heureux qu’elle ait enfin été recréée, mais le côté didactique du livret n’a pas incité le compositeur à se métamorphoser. Tout en restant ici lui-même, c’est-à-dire maître des musiques de danse et des ariettes virtuoses, des monologues éplorés et des chœurs majestueux, Rameau ose néanmoins quelques innovations, notamment une ouverture avec trompettes, cors et timbales, dont le fracas guerrier correspond bien au sujet abordé, et un prologue allégorique où dialoguent deux voix d’hommes. La présence de bergers dans la première entrée permet le recours à la musette, celle de Bacchus dans la deuxième justifie un éloge du vin et de la folie, mais l’évocation d’un personnage historique – Trajan – dans la dernière n’interdit pas diverses galanteries, notamment l’invraisemblable air final du héros où toute une volière gazouille à l’orchestre.</p>
<p>La distribution réunit des chanteurs désormais bien connus dans ce répertoire. Bien qu’elle n’ait à interpréter que de petits rôles, <strong>Katia Vellétaz</strong> est d’une présence extraordinaire, tant elle met de gourmandise et d’espièglerie à articuler le texte de ses interventions, tout en multipliant les acrobaties vocales. A <strong>Judith Van Wanroij </strong>reviennent les deux héroïnes sérieuses, déçues par des amants un peu trop guerriers : le timbre est frais, mais la diction pourrait être plus claire, notamment dans le tout premier air de Lydie. <strong>Chantal Santon-Jeffery </strong>couronne d’aigus éclatants sa dernière incarnation, la Gloire en personne, après s’être amusée à jouer la comédie en Erigone arborant lunettes noires et chignon défait, comme épuisée par les folies de son amant Bacchus, et après une brève réplique en tant que suivante de l’héroïne de la première entrée. A ces messieurs reviennent peut-être les interventions les plus marquantes : en Envie, <strong>Alain Buet</strong> ouvre l’opéra par un admirable monologue, « Profonds abîmes du Ténare », d’une noirceur à laquelle il rend parfaitement justice ; ses deux autres personnages sont plus limités, mais il les campe avec un art éprouvé. Grand triomphateur de la soirée, <strong>Mathias Vidal</strong> apparaît ici survolté, dans un répertoire qui lui convient à merveille : après un très noble Apollon, et avant de conclure avec un Trajan plus gracieux qu’héroïque, il explose en Bacchus déjanté, avocat de la folie, rôle dans lequel il se déchaîne complètement, s’autorisant même à forcer son émission pour mieux refléter le caractère excessif de la divinité. Dommage que le très bien-chantant <strong>Chœur de Chambre de Namur</strong> n’ose pas toujours le suivre dans sa démesure : la Bacchanale sonne un peu sage, comparée au délirant éloge du thyrse entonné par la haute-contre. On pourrait aussi reprocher à <strong>Guy Van Waas</strong> de ne pas donner aux danses tout leur dynamisme, malgré quelques effets de contrastes réussis (la première danse de la deuxième entrée, d’une lourdeur voulue et tout à fait réjouissante), et même si l’orchestre des <strong>Agrémens </strong>brille dès l’ouverture de tout l’éclat belliqueux souhaité. On se réjouit en tout cas que ce concert, repris à Versailles le 14 octobre, débouche sur un enregistrement à paraître chez Ricercar : deux cent cinquante ans après sa mort, il serait grand temps que l’œuvre d’un des plus grands compositeurs français soit enfin disponible au disque dans son intégralité.</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/le-temple-de-la-gloire-liege-tout-pour-la-haute-contre/">RAMEAU, Le Temple de la gloire — Liège</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>La Caravane du Caire</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/la-caravane-du-caire-au-serail-du-turc-genereux/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 11 Oct 2014 12:21:09 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/la-caravane-du-caire-au-serail-du-turc-genereux/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Enfin Grétry traité comme il le mérite ! En 2010, Hervé Niquet nous avait révélé le versant tragique de la production du compositeur liégeois, avec une Andromaque de toute beauté. La ville natale de Grétry lui a récemment rendu hommage, pour le bicentenaire de sa mort, en programmant son opéra-comique Guillaume Tell, et l’on a pu &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/la-caravane-du-caire-au-serail-du-turc-genereux/"> <span class="screen-reader-text">La Caravane du Caire</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/la-caravane-du-caire-au-serail-du-turc-genereux/">La Caravane du Caire</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Enfin Grétry traité comme il le mérite ! En 2010, Hervé Niquet nous avait révélé le versant tragique de la production du compositeur liégeois, avec une <em>Andromaque</em> de toute beauté. La ville natale de Grétry lui a récemment rendu hommage, pour le bicentenaire de sa mort, en programmant son opéra-comique <em>Guillaume Tell</em>, et l’on a pu voir à Versailles et à Paris <em>L’Amant jaloux </em>en 2009-2010, mais il restait à redécouvrir les partitions qui, sans être des tragédies lyriques, n’en sont pas moins intégralement chantées : <em>La Caravane du Caire</em> est l’une d’elles. L’œuvre n’était pourtant pas inconnue, puisque Marc Minkowski l’avait enregistrée en 1991, avec une distribution mi-française (Gilles Ragon, Isabelle Poulenard), mi-belge (Guy de Mey, Jules Bastin), mais ce disque paru – déjà – chez Ricercar n’était peut-être pas une réussite totale, faute de théâtralité. La nouvelle version qui nous arrive, sous le même label, mais avec pour seul point commun le Chœur de chambre de Namur, a bénéficié de la série de concerts donnée à l’automne 2013, ce qui confère à cette interprétation une tout autre respiration.</p>
<p><strong>Guy Van Waas</strong> n’a pas toujours été aussi inspiré lorsqu’il dirige son compatriote : son <em>Céphale et Procris</em> n’avait guère trouvé grâce aux yeux de notre collègue Hugues Schmitt. Cette fois, en revanche, le chef semble avoir mangé du lion et il mène son orchestre, <strong>Les Agrémens</strong>, avec une vigueur qui arrache définitivement Grétry au style compassé qu’on a pu lui reprocher. Les danses, en particulier, séduisent par leur allant, et l’on en savoure mieux que jamais les belles couleurs orientalisantes, bien plus convaincantes que tout ce qui s’écrivait à la même époque (ou même plus tard) ; on citera en particulier la « Marche égyptienne » et la séduisante « Danse des femmes » à la harpe. Dès l’ouverture, on est saisi par l’éclat, la vivacité et la grâce de cette musique, dont on comprend enfin pourquoi elle fut tant appréciée en son temps.</p>
<p>Sur le plan vocal, l’équipe réunie plus de vingt ans après la première version Ricercar possède de nombreux atouts, à commencer par le magnifique Saint-Phar de <strong>Cyrille Dubois</strong>, plus mozartien que jamais, avec une fermeté d’accent qui ravit et la vaillance qu’exige l’air très gluckiste qui conclut le deuxième acte. Formant avec lui un duo tout à fait équilibré mais présentant des qualités bien distinctes, <strong>Katia Vellétaz</strong> nous semble décidément à sa place dans le répertoire du XIXe siècle et de la toute fin du XVIIIe, où son timbre confère plus de chair aux héroïnes d’opéra-comique. <strong>Jennifer Borghi </strong>écope une fois de plus d’un rôle de « méchante », mais son Almaïde n’en est pas moins noble. <strong>Julien Véronèse</strong> réussit à être à peine moins truculent que Jules Bastin, pacha de la version 1991. <strong>Alain Buet</strong> a suffisamment de personnalité pour s’imposer en Husca, et grâce à l’allant de la musique, <strong>Reinoud Van Mechelen</strong> est un peu dépouillé des afféteries que nous avons pu lui reprocher chez Rameau.<strong> Tassis Christoyannis</strong> n’apparaît qu’au troisième acte, mais Grétry lui a réservé un morceau de choix avec l’air « Ah ! si pour la patrie… », comparable au « Dieux qui me poursuivez » d’Oreste dans <em>Iphigénie en Tauride</em>. Soliste du Chœur de chambre de Namur, <strong>Caroline Weynants</strong> est une voix qu’on aimerait réentendre dans un rôle de premier plan : ses deux airs sont un régal, « Ne suis-je pas aussi captive ? » et « Nous sommes nées pour l’esclavage ». <strong>Chantal Santon </strong>n’a qu’un air pour briller, mais elle en profite pleinement, et son Esclave italienne est reine de la virtuosité, mais avec une voix plus timbrée que n’en ont souvent les pures coloratures. On remerciera, une fois encore, le Centre de musique baroque de Versailles et le Palazzetto Bru Zane d&rsquo;avoir uni leurs forces pour soutenir cette entreprise. Voilà donc encore une œuvre dont on aimerait vérifier la validité théâtrale par le biais d’une version scénique, même si le livret n’est pas des mieux ficelés. Avis aux directeurs de théâtre !</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/la-caravane-du-caire-au-serail-du-turc-genereux/">La Caravane du Caire</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>DAVID, Le Saphir — Paris</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/le-saphir-paris-all-is-well-that-ends-well/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 19 Jun 2014 07:01:30 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/spectacle/all-is-well-that-ends-well/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Oui, tout est bien qui finit bien pour le Festival du Palazzetto Bru Zane à Paris, qui avait choisi de cloturer ces six journées de concerts par l’interprétation d’un opéra-comique de Félicien David, Le Saphir. On sait que ce compositeur français a été mis à l’honneur depuis quelques mois par le Centre de musique romantique &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/le-saphir-paris-all-is-well-that-ends-well/"> <span class="screen-reader-text">DAVID, Le Saphir — Paris</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/le-saphir-paris-all-is-well-that-ends-well/">DAVID, Le Saphir — Paris</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>
	Oui, tout est bien qui finit bien pour le Festival du Palazzetto Bru Zane à Paris, qui avait choisi de cloturer ces six journées de concerts par l’interprétation d’un opéra-comique de Félicien David, <em>Le Saphir</em>. On sait que ce compositeur français a été mis à l’honneur depuis quelques mois par le Centre de musique romantique française, avec <em>Herculanum</em> à Versailles, <em>Moïse </em>à Clermont-Ferrand et <em>Le Désert</em> à la Cité de la musique. En réalité, tout n’est pas fini pour Félicien David, puisque le feu d’artifice connaîtra un bouquet final à la Côté Saint-André en août, avec la recréation de son <em>Christophe Colomb</em>, mais nous en reparlerons. Non, si « tout est bien qui finit bien », c’est aussi parce que <em>Le Saphir</em>, comme quantité d’œuvres lyriques du XIXe siècle, est tiré d’une pièce de Shakespeare, <em>All’s Well That Ends Well</em>, une de ces comédies qu’on ne joue à peu près jamais en France, comme l’était <em>Beaucoup de bruit pour rien </em>avant que le cinéma s’y intéresse. Evidemment, il ne reste à l’arrivée plus grand-chose de Shakespeare, tous les personnages retenus (sept sur une vingtaine) ont changé de nom et de position, sauf le capitaine Parole. Malgré tout, il en résulte un livret assez bien ficelé, avec des personnages moins fades et moins conventionnels que ce n’est souvent le cas dans un genre destiné à un public familial et bourgeois. Les femmes ici savent ce qu’elles veulent et prennent leur destin en main, les hommes étant plutôt les dindons de la farce. Et sur cette intrigue, Félicien David a conçu une musique d’un intérêt égal, sinon supérieur à celle de son <em>Lalla-Roukh</em> au livret assez mièvre, avec de bien beaux duos, trios et ensembles, notamment le quatuor très développé du deuxième acte et son irrésistible répétition des paroles « Charmante aventure ».</p>
<p>
	Hélas, la partition d’orchestre du <em>Saphir</em> est perdue, et plutôt que de proposer un concert piano-chant, Alexandre Dratwicki a préféré, avec la collaboration de son frère, réaliser une transcription pour neuf instruments. Ce n’est pas la première fois que le Palazzetto fait ce choix, et il est ici beaucoup plus facile à accepter que pour <em>Le Paradis perdu</em> de Théodore Dubois, où la réduction de la partition modifiait sensiblement le caractère de l’œuvre. Ici, on accepte sans se poser de questions cette version aux couleurs fruitées, que font fort bien vivre les <strong>Solistes du Cercle de l’Harmonie </strong>dirigés par <strong>Julien Chauvin</strong>. Quant aux chanteurs, le Palazzetto peut désormais compter sur une solide équipe de brillantes recrues, et s’offrir ainsi le luxe de confier même de petits rôles à des artistes de premier plan.<strong> Julien Véronèse </strong>n’a pas un seul morceau pour lui seul – on lui a coupé l’air « Amis, je vous le conseille », du premier acte – et sa prestation se borne aux ensembles, mais voilà pourtant un baryton qui excelle dans les rôles comiques (pas seulement, <em>Herculanum</em> nous l’a prouvé) et qui laisse espérer de belles recréations de tout un répertoire où s’illustra jadis un Lucien Fugère. <strong>Marie Kalinine </strong>est une Carmen, une Charlotte, mais elle se contente ici de deux petits rôles, dont l’un n’était à l’origine pas même conçu pour une voix de (mezzo)soprano, mais pour une « duègne ». Marie Lenormand est très drôle dans les interventions parlées du page Olivier, et parfaitement à sa place dans les ensembles. En Fiammetta, <strong>Katia Velletaz </strong>dissipe toutes les réserves que l’on avait pu émettre sur ses prestations dans la musique du XVIIIe siècle : soit l’opéra-comique du XIXe lui convient à merveille, soit le disque ne rend pas justice à sa voix, toujours est-il que son interprétation n’appelle ici aucun reproche. <strong>Gabrielle Philiponet </strong>ne cesse de nous étonner depuis son prix au concours Reine Elisabeth 2008 : la voix continue de s’étoffer dans le médium, et l’on s’en réjouit, mais l’aigu pourrait peut-être gagner parfois en douceur. <strong>Cyrille Dubois</strong>, enfin, reste un bonheur à entendre à chaque nouvelle occasion d’apprécier son talent : nuances admirables, incarnation réelle, on a hâte de le retrouver bientôt. Et maintenant qu’il n’est plus permis de douter de l’art de Félicien David, avis aux maisons d’opéra : même si tout est bien qui finit bien pour le festival du Palazzetto à Paris, l&rsquo;aventure David est loin d&rsquo;être finie, il faut monter <em>La Perle du Brésil</em>, pour que nous en connaissions enfin autre chose que l’air du Misoli cher à toutes les coloratures.</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/le-saphir-paris-all-is-well-that-ends-well/">DAVID, Le Saphir — Paris</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>La Vénitienne</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/janine-et-nadine-chez-les-baroqueux/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 03 Nov 2012 07:31:57 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/janine-et-nadine-chez-les-baroqueux/</guid>

					<description><![CDATA[<p>  Elève de Rameau, Dauvergne n’en est pas moins beaucoup plus proche de Gluck par le style de sa musique, mais curieusement, c’est dans le registre léger que cette proximité est le plus sensible. C’est ici le Gluck compositeur d’opéras-comiques qu’on croit entendre, dans le prolongement de La Rencontre imprévue, par exemple, ouvrage créé à &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/janine-et-nadine-chez-les-baroqueux/"> <span class="screen-reader-text">La Vénitienne</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/janine-et-nadine-chez-les-baroqueux/">La Vénitienne</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>           </p>
<p>			Elève de Rameau, Dauvergne n’en est pas moins beaucoup plus proche de Gluck par le style de sa musique, mais curieusement, c’est dans le registre léger que cette proximité est le plus sensible. C’est ici le Gluck compositeur d’opéras-comiques qu’on croit entendre, dans le prolongement de <em>La Rencontre imprévue</em>, par exemple, ouvrage créé à Vienne quatre ans avant cette <em>Vénitienne</em>. On citera par exemple le très joli duo « Non, ne redoutez plus d’amour ». A l’inverse, dès qu’il touche au tragique, ou du moins au grandiose, comme au cours du deuxième acte, où les héros ont recours aux services d’une magicienne qui convoque en renfort les puissances infernales, Dauvergne revient à un style plus proches de celui de son maître Rameau. Les danses ont-elles aussi un très net côté ramiste, surtout la chaconne finale. Compositeur de transition, donc, Dauvergne fut célébré par le Centre de musique baroque de Versailles en novembre 2011, ce qui nous vaut un an après deux parutions discographiques très différentes, tant par le type d’œuvre ressuscité (comique ou tragique) que par les moyens mis en œuvre.</p>
<p>			Si l’enregistrement publié par Ricercar ne suscite pas un enthousiasme total, cela tient peut-être en partie à l’œuvre elle-même, mais aussi à une distribution assez inégale. <strong>Alain Buet</strong> est hélas le seul à vraiment jouer la comédie, comme son personnage de valet craintif l’y invite. Il le fait fort bien, et ses mérites vocaux sont assez connus. <strong>Matthias Vidal</strong> est dans son élément avec Octave, mais même ici, il ne peut toujours éviter quelques notes un peu trop tendues dans l’aigu. Timbre frais, élocution claire, <strong>Chantal Santon</strong> est tout à fait dans son élément, et le personnage d’Isabelle a un profil psychologique un rien plus étoffé par rapport aux fantoches que convoque le livret. <strong>Katia Velletaz</strong> a dans son timbre quelque chose qui rappelle Janine Micheau, dont elle a la préciosité un peu pincée, sans en avoir les qualités de diction. C’est en revanche à Nadine Denize qu’on pense en entendant la prononciation assez confuse d’<strong>Isabelle Cals</strong>, curieusement appelée « soprano » dans le livret d’accompagnement ; sur la partition de Dauvergne, sans doute la magicienne est-elle indiquée comme « dessus » au même titre que les autres personnages féminins, mais si le timbre sombre de la mezzo apporte un contrepoint bienvenu aux voix plus aigues, le style renvoie à une époque qu’on croyait révolue. Le <strong>Chœur de Chambre de Namur</strong>, qui la seconde dans son air « Que les cris, le sang et les larmes » ne semble guère croire à ce qu’il chante et, sans attendre forcément les intonations « méchantes » et nasillardes que les baroqueux adoptent souvent dans ce genre de passage, l’on a pris l’habitude d’une tout autre expressivité. <strong>Guy Van Waas </strong>n’est sans doute pas le chef énergique qu’il faudrait pour redonner vie à ce genre de partition, et l’on ne peut hélas que partager les griefs déjà formulés à son encontre dans le <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/index.php?mact=News,cntnt01,detail,0&amp;cntnt01articleid=2240&amp;cntnt01returnid=55">compte rendu</a> de l’opéra de Grétry <em>Céphale et Procris</em> également paru chez Ricercar.</p>
<p>			<strong> </strong><br />
			 </p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/janine-et-nadine-chez-les-baroqueux/">La Vénitienne</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Céphale et Procris</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/gretry-gris/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Hugues Schmitt]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 02 Jan 2011 15:07:18 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/gretry-gris/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Céphale et Procris n’avait jamais été enregistré dans son intégralité. Bien rares d’ailleurs ceux qui en connaissaient ne serait-ce que l’existence avant la parution de ce coffret. Une fois extrait des eaux du Léthé, que faire de ce nouveau Grétry ? Les différentes résurrections qu’il nous a été donné d’entendre en 2010 prenaient le parti de &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/gretry-gris/"> <span class="screen-reader-text">Céphale et Procris</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/gretry-gris/">Céphale et Procris</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>          <em>Céphale et Procris</em> n’avait jamais été enregistré dans son intégralité. Bien rares d’ailleurs ceux qui en connaissaient ne serait-ce que l’existence avant la parution de ce coffret. Une fois extrait des eaux du Léthé, que faire de ce nouveau Grétry ? Les différentes résurrections qu’il nous a été donné d’entendre en 2010 prenaient le parti de tirer Grétry vers le baroque, ou plus exactement vers le baroqueux, dans ce qu’il peut avoir d’outré et de massif lorsque ses procédés sont appliqués mécaniquement. Or le charme de Grétry provient précisément de ce qu’il se situe dans un entre-deux indéfinissable : il hérite de Dauvergne, Boismortier, et de Mouret, mais il est aussi l’ancêtre commun des Boieldieu, des Hérold et des Dalayrac, qui engendrèrent Auber, Meyerbeer, Halévy, Rossini, dont la semence produisit Wagner et Offenbach, Richard Strauss et Maurice Yvain. C’est à ce titre que <em>Richard Cœur de Lion</em> se maintient au répertoire des théâtres lyriques jusque dans les années 1950, et que Mady Mesplé pouvait, sous forme de morceaux choisis, en chanter les airs les plus connus dans les années 1970. Au seul exposé général des termes du problème on peut gager que rien n’est véritablement simple.</p>
<p> </p>
<p>Le destin musical de la fable de Céphale et Procris, sujet tiré des <em>Métamorphoses</em> d’Ovide, semble maudit. En 1694, Elisabeth Jacquet de la Guerre compose un <em>Céphale et Procris</em> (tragédie en musique). Malheureusement, Duché de Vancy lui concocte un livret désordonné et bavard : la pièce est un échec et de l’enregistrement qui en existe s’exhale un interminable ennui.</p>
<p>En 1773, Jean-François Marmontel reprend le sujet à nouveaux frais. Marmontel est plus qu’un bon faiseur : sa traduction de la <em>Pharsale</em> de Lucain touche souvent au sublime. Les vers qu’il compose ici sont galants, d’agréable tournure, ne donnant pas trop dans les clichés poético-pastoraux du temps, mais, rien n’y fait, la matière est trop pauvre : malgré l’impeccable succession des mètres et le traitement sans accroc de toutes les figures imposées, l’on ne peut s’empêcher de penser que le jus est trop allongé, que le schéma dramatique est vide, et qu’on essaie vainement de faire monter un brouet.</p>
<p> </p>
<p>La première écoute révèle un Grétry bien fade et malhabile : une pièce déséquilibrée (un seul rôle masculin pour cinq rôles féminins, un troisième acte qui concentre une bonne partie de l’intérêt musical d’une œuvre qui démarre faiblement, une sorte de grand petit orchestre pataud et étriqué), des rôles somme toute assez ternes, une écriture harmonique tellement éthique qu’elle en paraît presque fautive. Et tout cela provient manifestement de l’œuvre : Grétry a concentré toutes ses voix dans le registre aigu, qu’il s’agisse des voix « vocales » ou des masses orchestrales. De même, il écrit de manière quasi systématique ses parties de cordes à l’unisson, trait surprenant qu’on ne retrouvera guère que chez le Rachmaninov des Concertos et le Michel Legrand des <em>Parapluies de Cherbourg</em>. Chez le jeune Grétry, les pupitres dialoguent mais ne s’entremêlent pas, comme si l’orchestre mimait, dans sa disposition même, la danse de cour qu’il accompagne.</p>
<p> </p>
<p>En dépit des innombrables chevilles d’écriture (motifs sur deux ou trois degrés conjoints, notes répétées, accents de cuivres…), Grétry s’y révèle toutefois le véritable compositeur de la grâce. Nul mieux que lui n’a su tirer des styles rousseauiste et piccinien, dont il réalise la synthèse, les justes proportions qui donnent à un air des contours élégants et une bienséance agréable. Grétry fait chanter ses personnages comme il convient, et l’on ne saurait, sur le plan des convenances, le prendre jamais en défaut. Cette délicate réserve le rend moins apte à peindre la colère des passions et des éléments naturels : qu’importe, ce sont, de toute façon, des tempêtes de convention que l’on reçoit comme telles. C’est là que réside toute l’immense difficulté de l’interprétation : tout écart de style est interdit par le corset de bon goût qui enserre chaque air, et la moindre imperfection de la voix se voit immanquablement soulignée par la pureté de la ligne. Entre ces deux redoutables écueils, il n’est aucune possibilité de se dissimuler ni de s’économiser : Grétry jette ses chanteurs dans une lumière crue qui est au chant lyrique (ramiste ou mozartien, qu’importe) ce que le bas-relief est à la statuaire. Il n’est donc pas étonnant que nous ne puissions pas être entièrement convaincu par le Céphale de <strong>Pierre-Yves Pruvot</strong>, trop uniforme, et qu’un vibrato un peu flottant rend vocalement fragile. De même pour les rôles féminins, malgré d’éminentes qualités vocales : <strong>Katia Vellétaz</strong> (Procris), <strong>Bénédicte Tauran</strong> (l’Aurore) et <strong>Isabelle Cals</strong> (Palès / La Jalousie) ont tendance à « décrocher » dans les aigus et brisent la ligne qu’elles savent pourtant créer dans leur registre médian, <strong>Aurélie Franck</strong> (Flore), moins exposée, fait preuve d’un beau sens de la diction, même si l’on déplore des imperfections de même ordre. C’est <strong>Caroline Weynants</strong> (L’Amour) qui est la véritable révélation de cet enregistrement : sa voix légère, idéale pour le répertoire français, lui permet d’ornementer de manière tout à fait naturelle, et allie une grande justesse de timbre et d’expression à une projection (notamment des consonnes) particulièrement nette et bien menée.</p>
<p> </p>
<p>Ni la direction de <strong>Guy van Waas</strong> ni le son de l’ensemble <strong>Les Agrémens</strong> ne peuvent malheureusement échapper aux écueils que nous avons évoqués. Il ressort de tout cet enregistrement une impression d’académisme timide, ahanant et scolastique qu’on ne sait trop à quoi rattacher mais qui imprègne chaque phrase. Les tempi ne sont vraisemblablement pas les bons (souvent lents, quoiqu’il ne convienne pas non plus de les accélérer), ni les unités de pulsation, à moins que ce ne soient les attaques (souvent raides) ou les tenues de cordes (certes sans effet de mauvais goût, mais dès lors sans pâte sonore) qui soient à repenser. En résumé, l’ensemble ne souffre d’aucun vice manifeste, bien qu’on ne lui puisse trouver aucune vertu. Sauf peut-être dormitive.</p>
<p> </p>
<p>Il est, à cet égard, tout à fait instructif de comparer la version des Agrémens avec le disque Grétry gravé par Stefan Sanderling à la tête de l’orchestre de Bretagne en 2001 pour ASV, et qui s’ouvre par trois extraits de <em>Céphale et Procris</em> (édition Mottl). Nous ne savons si Sanderling a fait preuve du même scrupule philologique que van Waas — nous suspectons même chez Sanderling un travail de réécriture assez abondant : on y trouve, quoi qu’il en soit, un Grétry plein de sel, mieux servi par des cordes modernes, plus fines, plus précises, plus chamarrées, et plus équilibrées, et qui forment comme un décor aux dialogues des vents solistes. C’est un tout autre Grétry qui se dessine alors sous la baguette de l’extrême rejeton de la grande tradition symphonique et lyrique européenne romantique, non pas celui qui répartit celui maladroitement toutes ses masses dans l’aigu, mais celui qui pousse jusqu’à son ultime degré de perfectionnement l’art de créer, dans une même tessiture, des plans sonores et des nuances de timbres distincts. L’on comprend dès lors qu’il n’y a pas d’orchestre de fosse chez Grétry, mais un tapis versicolore de cordes et de percussions, tantôt frais et charmeur, tantôt grondeur et menaçant, au-dessus duquel chantent flûte, hautbois, basson et trompette, comme depuis un nuage de théâtre.</p>
<p>Le Grétry de la modernité n’égale pas encore le Grétry de la tradition.</p>
<p> </p>
<p> </p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/gretry-gris/">Céphale et Procris</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>LULLY, Amadis — Massy</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/et-vous-serez-contents/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Marcel Humbert]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 06 Feb 2010 19:04:15 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/spectacle/et-vous-serez-contents/</guid>

					<description><![CDATA[<p>« Et vous serez contents… », ainsi se termine cet opéra qui marque chez Lully le véritable renouveau d’un genre, au point que Philippe Beaussant le considère comme « l’anti-Atys ». Dans cette œuvre conçue sur une base de vraisemblance théâtrale et psychologique, on ne trouve en effet ni Olympe inaccessible, ni héroïsme tragique, ni mort rédemptrice. Car cette &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/et-vous-serez-contents/"> <span class="screen-reader-text">LULLY, Amadis — Massy</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/et-vous-serez-contents/">LULLY, Amadis — Massy</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>          « <em>Et vous serez contents</em>… », ainsi se termine cet opéra qui marque chez Lully le véritable renouveau d’un genre, au point que Philippe Beaussant le considère comme « l’anti-Atys ». Dans cette œuvre conçue sur une base de vraisemblance théâtrale et psychologique, on ne trouve en effet ni Olympe inaccessible, ni héroïsme tragique, ni mort rédemptrice. Car cette tragédie lyrique, qui n’avait jamais été reprise depuis 1771, et qui a été recréée fin janvier en Avignon, nous transporte dans l’univers chevaleresque médiéval revu par la fin du XVII<sup>e</sup> siècle. Le pari n’était pas simple de faire revivre aujourd’hui le roman fleuve <em>Amadis de Gaule, </em>tiré d’un roman médiéval portugais peuplé de bons génies et de dangereux magiciens, mais l’adaptation de Quinault prouve son efficacité et sa modernité.<br />
 <br />
Le metteur en scène <strong>Olivier Bénézech</strong> ne s’y est pas trompé, et annonce d’emblée ses choix : « <em>Loin de nous l’idée d’en faire un objet de luxe historique inaccessible : ainsi allons-nous ignorer les vains fantasmes de la reconstitution. Aujourd’hui, le roman (24 volumes) serait un feuilleton télévisé en cinq saisons. Sans faire appel aux nouvelles conventions du genre « tendance » (la tragédie lyrique habillée en robe de cocktail 1950 nous fatigue), nous nous inspirons du traitement avec lequel les créateurs actuels de BD revisitent le passé. Un livre d’images destiné à perdre le spectateur d’aujourd’hui au milieu d’illusions sans cesse renouvelées</em> ».<br />
 <br />
Ainsi, tout est dit : sans aller jusqu’à Enki Bilal, nous aurons droit à des oreilles en pointe prêtées par Spock à Arcabonne et Arcalaüs, et à certaines coupes de cheveux ébouriffantes sorties tout droit du grand coiffeur international Cage de Faraday. Peut-être, tout au plus, le décalage avec les danseurs et les choristes, tout de blanc vêtus avec leurs têtes et coiffures actuelles de tous les jours, peut-il faire un peu regretter que le même traitement ne leur ait pas été appliqué. Mais en tous cas, le pari est gagné, car le jeune public présent dans la salle, yeux écarquillés et bouche close, semble s’y retrouver parfaitement et en tous cas ne paraît pas s’y ennuyer un seul instant.<br />
 <br />
Et tout cela donne, avec des praticables simples, des projections sobres et des costumes travaillés et colorés évoquant le Grand Siècle, un spectacle de toute beauté, vraiment envoûtant. La mise en scène, peut-être un peu répétitive au niveau des entrées côté jardin, reste fluide et très lisible, et la mise en espace claire et suggestive sous des éclairages parfois un peu trop froids. D’aucuns diront que le décalage est un peu trop grand entre le jeu de certains acteurs s’essayant avec plus ou moins de bonheur à la gestuelle baroque, et d’autres jouant un peu trop genre « boulevard du Crime ». Mais c’est peut-être de là que vient l’impression de liberté que donne le spectacle, qui s’échappe ainsi des carcans trop stricts de la reconstitution historique.<br />
 <br />
La qualité de la chorégraphie et des jeunes danseurs est pour beaucoup dans la réussite de l’ensemble. <strong>Françoise Denieau</strong> a parfaitement réussi à entraîner tout son monde à des techniques différentes, à une autre manière de penser et de s’exprimer : « <em>C’est une danse qui n’est pas sur la démonstration comme la danse classique, on est sur un autre chemin, un autre esprit. Il faut rechercher non pas l’exécution, mais la manière de s’exister </em>» souligne-t-elle. Le ballet des squelettes (esprits infernaux) reste un grand moment de théâtre.<br />
 <br />
Quant à la partie musicale, elle est tout simplement exemplaire. L’orchestre d’instruments anciens sonne toujours juste – ce qui montre que c’est possible – sous la baguette à la fois précise et inspirée d’<strong>Olivier Schneebeli</strong>. Le plateau de jeunes chanteurs, dont certains sont déjà des vedettes confirmées, est en tout point remarquable et tous les noms méritent d’être cités à égalité. <strong>Cyril Auvity</strong> chante et joue avec beaucoup de naturel et de retenue le rôle titre. Le style est parfait, la voix est claire et puissante, même si elle accuse un peu de fatigue en fin de spectacle. <strong>Edwin Crossley-Mercer</strong> (Florestan), au fort baryton, paraît moins à l’aise dans ce répertoire dont il ne maîtrise pas toujours toutes les nuances. <strong>Katia Velletaz</strong>, au-delà d’une prestation vocale de très bon niveau, donne à Oriane, grâce à sa vraie nature de comédienne, une existence dramatique convaincante ; elle semble toutefois avoir du mal à assumer sur toute la durée de la représentation une unité de style musical. La mezzo <strong>Dagmar Šašková</strong>, qui semble parfaitement dans son élément arrive également à rendre intéressant le rôle de Corisande. <strong>Isabelle Druet</strong> est fort impressionnante, tant vocalement que scéniquement, en Arcabonne ; sa voix chaude à la projection parfaite est tout à fait adaptée à ce rôle de magicienne. <strong>Alain Buet</strong>, en Arcalaüs, est peut-être de toute la distribution, celui auquel Lully semble le plus naturel. <strong>Hjördis Thébault</strong> est une délicieuse Urgonde dont le profil correspond au rôle, et que l’on regrette de ne pas voir plus longuement. Enfin, on découvre en <strong>Arnaud Richard</strong> une grande nature théâtrale, même si son style vocal et théâtral (mais sans doute est-ce une volonté du metteur en scène), peut sembler en décalage par rapport à celui des autres personnages ; il n’en assure pas moins certains des moments les plus réussis de la représentation. Les Chantres du Centre de musique baroque de Versailles sont également à un niveau d’excellence, tant en ce qui concerne la musicalité que la qualité de la prononciation, et quelques voix de demain s’y distinguent déjà.<br />
 <br />
Disons-le tout net, il s’agit là d’un des spectacles les plus accomplis, digne des plus grands théâtres, jamais présentés à Massy, et qui mériterait de partir en tournée et de bénéficier d’une captation vidéo. À ne pas manquer.<br />
 <br />
 </p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/et-vous-serez-contents/">LULLY, Amadis — Massy</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
	</channel>
</rss>
