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	<title>Maela VERGNES - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Maela VERGNES - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>OFFENBACH, La Belle Hélène — Soustons</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/la-belle-helene-soustons-heroique-fantaisie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 15 Jul 2019 10:31:06 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>A force de ne plus voir représenter que des adaptations, réécritures et modernisations, on finirait par croire que le texte conçu pour <em>La Belle Hélène </em>par Meilhac et Halévy est devenu désespérément injouable tel quel, par trop truffé de références devenues obscures avec le temps, l’exemple le plus flagrant étant la fameuse charade où l’on fait deviner le mot <em>locomotive </em>avec cette définition « Mon premier se donne au malade » : plus personne ne sait aujourd’hui que le loch était jadis une potion soulageant les voies respiratoires. Et la plupart des productions de jeter le bébé avec l’eau du bain. On commencera donc par remercier le festiva Opéra des Landes d’avoir eu le courage de conserver ce texte sans le farcir d’allusions à notre temps, ou de trivialités hors de propos. Même le loch y est, moyennant un léger changement de définition (« un lac au nord d’Albion »).</p>
<p>Ce parti pris de fidélité au texte va de pair avec une mise en scène où, sans rien modifier aux données de l’intrigue, <strong>Olivier Tousis </strong>parvient malgré tout à apporter un regard frais sur le mythe classique. Puisqu’Achille et les autres demi-dieux sont en quelque sorte des super-héros dotés de super-pouvoirs, pourquoi ne pas les transposer dans une mythologie plus proche de la culture actuelle, celle de la science-fiction ? Là où telle <em>Carmen</em> extra-terrestre sombrait rapidement dans le n’importe quoi, ce déplacement vers 4000 après plutôt qu’avant Jésus Christ permet de jouer avec les codes de tout un univers (sabres lasers, fusées, etc.), d’où toutes sortes d’effets comiques inattendus, souvent en relation avec l’utilisation de la lumière. Saluons également la qualité des décors et l’inventivité des costumes, avec un résultat esthétique digne des maisons les plus richement dotées, dont Opéra des Landes est loin de faire partie.</p>
<p>Avec douze instrumentistes, inutile de réduire au sens strict la partition d’Offenbach : le son est évidemment moins étoffé qu’avec les orchestres habituels, mais l’impression produite n’est pas celle des arrangements pour une poignée de musiciens que certains théâtres ont pris l’habitude de proposer. Le chef <strong>Philippe Forget</strong> dirige ses troupes avec goût, sans exagérer les tempos. On pourra évidemment regretter que la scène du Jeu de l’Oie ait été omise, mais au moins tous les autres morceaux de la partition sont-ils donnés dans leur intégralité, sans les coupes parfois d’usage. Quant au chœur d’Opéra des Landes, on voudrait seulement que ses pupitres masculins s’étoffent un peu et se consolident pour donner plus dignement la réplique aux pupitres féminins, tout à fait à la hauteur des enjeux.</p>
<p>Au sein d’une distribution soignée, on retrouve inévitablement quelques noms familiers, comme celui de <strong>Maela Vergnes</strong>, grande habituée des rôles travestis, qui prête sa voix claire à un Oreste en état d’ébriété quasi constante, de <strong>Marc Souchet</strong>, Figaro l’an dernier, et cette fois Agamemnon un peu moins arrogant que de coutume. Calchas féroce vite saisi par la débauche, <strong>Mathieu Toulouse</strong> s’impose d’abord scéniquement ; en dehors du Trio patriotique, le rôle ne lui laisse guère d’occasions de s’affirmer. <strong>Jean Goyetche</strong> rompt heureusement avec la tradition selon laquelle Ménélas est confié à un acteur plutôt qu’à un chanteur, et le ténor possède amplement de quoi se faire entendre ; moins bonnasse que souvent, l’époux de la reine troque ici les rondeurs habituelles pour une silhouette dégingandée, le personnage allant jusqu’à la violence physique lorsqu’il surprend sa femme en fâcheuse posture. Après un aigu un peu difficile à la fin de son premier air, la voix de <strong>Matthieu Justine </strong>se chauffe assez rapidement pour que son Pâris accomplisse ensuite un parcours sans faute. <strong>Frédérique Varda</strong> peut se prévaloir d’une solide expérience du répertoire de l’opérette, genre où il faut savoir passer sans heurts du chanté au parlé : chez cette Hélène soprano plutôt que mezzo, on admire donc notamment l’art de distiller des énormités avec une candeur absurde, et le portrait de cette femme du monde que le peuple traite de cocotte, dont la fausse innocence et l’air de ne pas y toucher rappellent irrésistiblement Arielle Dombasle (soyons très clair sur ce point : la ressemblance ne concerne en aucun cas la voix, mais seulement le jeu). Ajoutons que les hétaïres sont gourgandines à souhait et que les jeunes rois sont délicieusement bêtes, et l’on comprendra l’enthousiasme que peut susciter ce spectacle, encore donné pour trois représentations les 21, 23 et 24 juillet.</p>
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		<title>MOZART, Le nozze di Figaro — Soustons</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/les-noces-de-figaro-soustons-funny-eighties/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 21 Jul 2018 05:38:25 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Si Le Mariage de Figaro est une comédie de situation, Le nozze di Figaro ne pourrait-il pas devenir une sitcom ? Tel est le pari qu’a fait Olivier Tousis pour sa mise en scène du premier volet de la trilogie mozartienne, qui constitue cette année le plat de résistance du festin lyrique proposé par Opéra des &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Si <em>Le Mariage de Figaro</em> est une comédie de situation, <em>Le nozze di Figaro</em> ne pourrait-il pas devenir une sitcom ? Tel est le pari qu’a fait <strong>Olivier Tousis</strong> pour sa mise en scène du premier volet de la trilogie mozartienne, qui constitue cette année le plat de résistance du festin lyrique proposé par Opéra des Landes. Alors que certains festivals populaires hésitent à proposer Mozart à leur public – ce n’est pas sans appréhension que le directeur des Soirées lyriques de Sanxay a osé afficher <em>La Flûte enchantée</em> l’été dernier –, le public de Soustons s’est déplacé en masse, comme il l’avait fait il y a quelques années pour <em>Don Giovanni</em>. « Dramma giocoso » ou plutôt « opera buffa », c’est bien à une comédie que l’on a ici affaire, située dans ces années 1980 dont le legs télévisuel ne se résume pas à <em>Dallas </em>ou <em>Dynastie</em>, mais correspond aussi à l’âge d’or des <em>sitcoms</em>. On n’est donc pas très loin de la transposition à la Peter Sellars, avec en plus le regard amusé que permet la légère distance temporelle, comme l’avait osé François Ozon avec <em>Potiche</em>. C’est sur les codes du genre que joue cette production : on évite heureusement les rires en boîte pour ponctuer chaque gag, mais tout se joue autour de l’inévitable canapé – qui se substitue au fauteuil voulu par Beaumarchais au premier acte – et, pour les troisième et quatrième acte, au bord d’une piscine (californienne ?). Le changement à vue qui permet de passer de la chambre de Figaro en chambre de la comtesse est spectaculaire, et métamorphose un espace peu attrayant en luxueux boudoir.</p>
<p>Dans la salle de spectacle de Soustons, pas de fosse, hélas. Deux conséquences à cela : d’une part, la nécessité de recourir à une formation instrumentale limitée, ce qui n’est pas forcément un mal. La réduction pour dix musiciens offre une version agréablement chambriste de la partition, qui se change un peu en concerto pour violon. L’oreille en profite pour redécouvrir des pages pourtant bien familières, où émergent avec plus de relief tel trait du basson, telle ligne du cor, et jamais « L&rsquo;ho perduta » n&rsquo;aura autant ressemblé à un lied de Schubert ! L’autre conséquence, moins heureuse, est la nécessité de placer les instrumentistes à un endroit où ils n’empêchent pas de voir le spectacle, en l’occurrence côté jardin, ce qui prive les chanteurs d’un lien direct avec le chef et entraîne donc quelques décalages inévitables, heureusement sans gravité, malgré toute la rigueur – ou peut-être parfois à cause de la rapidité inattendue – avec laquelle <strong>Jean-Marc Andrieu</strong> conduit son orchestre. Côté cour, le continuo est brillamment tenu par le claveciniste <strong>Denis Radou</strong>. Les chœurs, qui ont très peu à faire dans <em>Les Noces de Figaro</em>, resteront au fond de la salle pour leurs deux brèves interventions.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="265" src="/sites/default/files/styles/large/public/noces.jpg?itok=lZWvgt-L" width="468" /><br />
	 © Myriam Gaudin</p>
<p>Sur le plateau, on retrouve bon nombre d’habitués d’Opéra des Landes, mais aussi quelques nouveau-venus. On commencera par saluer bien bas la superbe prestation de <strong>Khatouna Gadelia</strong>, dont le timbre possède les couleurs idéales pour incarner la Comtesse : ni matrone ni gamine, la voix a l’exact poids du rôle et, tout en conférant un grand relief à tous ses récitatifs, l’actrice sait parfaitement entrer dans la peau d’un personnage délicat à rendre aussi attachant que la musique le veut. Il serait temps que cette soprano, longtemps abonnée à Yniold et à l’Enfant de Ravel, se voie confier les grands rôles dans lesquels elle ne demande qu’à s’épanouir. Autre avantage de cette Comtesse : sa voix s’harmonise à merveille avec celle, beaucoup plus légère, de <strong>Manon Lamaison</strong>, toute jeune Suzanne qui livre une interprétation pleine de dynamisme et de fraîcheur, sans défaillance jusque dans les extrêmes de la tessiture. La mise en place du spectacle a été compliquée par le remplacement du rôle-titre, quelques semaines avant la première : initialement annoncé en Bartolo (logique, il avait été ici même Bartolo du <em>Barbier</em> en 2016), <strong>Marc Souchet</strong> a dû reprendre le rôle de Figaro, qu’il a eu l’occasion de chanter <a href="https://www.forumopera.com/breve/lopera-revient-a-alger">récemment à l’Opéra d’Alger</a>, dans une mise en scène également signée Olivier Tousis, mais complètement différente, et surtout réduite à ses airs : le baryton a donc dû apprendre tous les récitatifs en un temps record, et l’on sent qu’il n’est peut-être pas encore tout à fait à son aise dans un personnage qui, même s’il finit par être berné par les femmes, ne s’en prend pas moins pour le meneur de jeu pendant les trois premiers actes. Heureusement, la beauté du timbre fait oublier quelques incertitudes dans le texte. <strong>Pierre-Yves Binard</strong> manifeste en revanche une incomparable aisance tant vocale que scénique, avec un Comte très aimablement ridicule, qu’on croirait échappé d’une pièce de boulevard retransmise par <em>Au théâtre ce soir. </em><strong>Maela Vergnes</strong> renouvelle en Chérubin le Siébel à casquette de rappeur qu’elle avait offert dans <a href="https://www.forumopera.com/faust-soustons-est-ce-toi-boulgakov-reponds-reponds-vite"><em>Faust</em> en 2016</a>, avec une interprétation parfaitement maîtrisée de ses deux airs.  Marceline relookée en Julieta Serrano dans <em>Femmes au bord de la crise de nerfs</em>, <strong>Laetitia Montico</strong> déploie une fois de plus le talent déjà remarqué en Dame Marthe, avec un numéro digne de cette grande spécialiste des rôles comiques qu’est Jeannette Fischer. Si son  air du quatrième acte est coupé, ce n’est pas le cas pour le non moins hilarant Basilio rockeur de <strong>Pierre-Emmanuel Roubet</strong>, qui se contente cette année d&rsquo;un « petit » rôle, après avoir été ici Rodolfo, le duc  de Mantoue, Faust ou Alfredo : quand on a peut compter sur une aussi belle voix, il serait dommage de ne pas lui laisser chanter « Il cuoio d’asino ». Non content de signer la mise en scène, Olivier Tousis est aussi un Antonio délicieusement bougon. Arrivé in extremis, <strong>Matthieu Toulouse</strong> est un Bartolo percutant, tandis qu’<strong>Anaïs de Faria</strong> est une Barberine effrontée, qui n’a plus guère à apprendre du Comte ou de Figaro.</p>
<p>On n’attend plus désormais qu’Opéra des Landes propose <em>Cos</em><em>ì fan tutte</em> pour compléter sa trilogie Mozart-Da Ponte…</p>
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