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	<title>Alessio VERNA - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Alessio VERNA - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>VERDI, La battaglia di Legnano &#8211; Parme (Festival Verdi)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-la-battaglia-di-legnano-parme-festival-verdi/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Antoine Brunetto]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 09 Oct 2024 04:00:00 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Voici encore une vraie rareté que nous propose de le Festival Verdi à Parme ! <em>La battaglia di Legnano</em> a pourtant connu un succès fulgurant à sa création, vraisemblablement davantage lié au message hautement patriotique du livret, qu’aux qualités intrinsèques de la partition, qui recèle pourtant quelques pépites.</p>
<p>Même la reprise ébouriffante en 1961 réunissant rien moins que Franco Corelli, Antonietta Stella et Ettore Bastianini sous la baguette de Gianandrea Gavazzeni (et heureusement captée dans un son très acceptable) n’a pas réussi à en relancer la popularité.</p>
<p>Le livret prend comme point de départ historique la bataille de Legnano en 1176 au cours de laquelle l’empereur Frédéric Barberousse (ici Federico Barbarossa) fut défait par une coalition lombarde. Cette intrigue entrait ainsi en forte résonance avec le contexte de la création, marqué par la lutte des Lombards contre l’occupant autrichien, mais c&rsquo;est cependant elle qui freine aujourd’hui le retour de <em>La battaglia di Legnano</em> au premier plan, mêlant de façon plus ou moins habile la petite et la grande histoire.</p>
<p>Arrigo, que l’on croyait mort sur le champ de bataille, est fêté comme un héros à Milan et accueilli à bras ouverts par son ami Rolando. Lida qui fut sa fiancée, est elle troublée par ce retour car, en son absence, elle a été forcée par son père d&rsquo;épouser Rolando, mariage que lui reproche amèrement Arrigo. Plus tard, à Côme où ils sont venus rechercher des alliés, Rolando et Arrigo sont surpris par l&rsquo;arrivée de Frédéric Barberousse. De retour à Milan, face à la menace allemande et à ce qu’il considère comme une trahison de la part de Lida, Arrigo se porte volontaire dans la « Compagnie de la Mort », regroupant des chevaliers qui jurent de mourir plutôt que de se rendre. Alors que les premières rumeurs de la bataille leur parviennent, Rolando surprend les anciens amants qui se font leurs adieux. Se croyant trahi, il les enferme dans une tour, mais Arrigo, ne pouvant supporter le déshonneur de ne pouvoir participer au combat, saute par la fenêtre. Il aura survécu à sa chute car il reviendra, agonisant et vainqueur au combat, réaffirmer <em>in extremis</em> la fidélité de Lida.</p>
<p>À la lecture des notes d’intention de <strong>Valentina Carrasco</strong>, qui anticipent les horreurs de la guerre qui naîtront de ce nationalisme exacerbé, on aurait pu s’attendre à une production sombre et engagée. Au final, il n&rsquo;en est rien et il ne se passe pas grand chose sur scène, privée de décors et agrémentée au gré de l’action de quelques accessoires. On débute avec la projection sur le rideau à l’ouverture d&rsquo;une bataille qui semble tirée d&rsquo;un tableau de Paolo Uccello, en alternance avec des vidéos de chevaux. Les chevaux, justement, compagnons de souffrance de l’homme dans les conflits selon la metteure en en scène, seront le gimmick de cette production, omniprésents tout au long du spectacles, sur des portants bringuebalés à droite à gauche, sous forme de cadavres (Frédéric en décapitera d’ailleurs un pour bien montrer sa violence) ou encore évoqués par la transposition de la fin de l&rsquo;acte 3 dans une écurie (en lieu et place des appartements d’Arrigo dans la tour, ce qui réduira à néant le fameux saut par la fenêtre !). L’époque de l’action est incertaine : certains costumes et quelques effets d’ombre chinoise réussis nous évoquent la première guerre mondiale quand d’autres scènes (notamment l’acte 2 à Côme) semblent nous renvoyer à la Renaissance italienne. On pestera enfin contre le filet métallique à l&rsquo;avant scène à l&rsquo;acte 3 qui ne semble d&rsquo;aucune utilité et qui perturbe visuellement.</p>
<p><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/1048_LaBattagliaDiLegnano2024-1294x600.jpg" alt="" /></p>
<pre style="text-align: center;">© Roberto Ricci</pre>
<p>L’ascétisme de la proposition visuelle a au moins pour qualité de laisser l’oreille se concentrer pleinement sur des plaisirs autrement plus satisfaisants.</p>
<p>À commencer par l’Orchestra del Teatro comunale di Bologna, dont le chef <strong>Diego Ceretta</strong> met en valeur dès l’ouverture les teintes moirées. La direction privilégie l’équilibre et tente de lutter contre l’aspect martial voire pompier de certains passages. Cela se fait cependant parfois au détriment de l’urgence et de la progression dramatique. De même, les tempi sont contrastés mais là encore pourquoi démarrer la cabalette de Lida à l’acte 1 en trombe pour devoir ensuite ralentir afin de permettre à la chanteuse de faire toutes les ornementations ? Non pas que <strong>Marina Rebeka</strong> ait de quelconques difficultés avec la virtuosité du rôle ! Elle fait au contraire une démonstration éblouissante de maîtrise technique, parvenant à conjuguer des aspects pourtant difficilement conciliables, vocabulaire belcantiste étendu (trilles, <em>messa di voce</em>) et véritable élan dramatique. Avec ce timbre si particulier, où le feu glacé et le métal laissent peu de place au moelleux et à la tendresse, cette Lida n’est clairement pas une victime passive des hommes.</p>
<p>Elle trouve en <strong>Antonio Poli</strong> un Arrigo à sa mesure. Le ténor, qui avait quelque peu déçu l’an passé dans <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-il-lombardi-alla-prima-crociata-parme-festival-verdi/"><em>I Lombardi alla prima crociata</em></a> par un chant manquant de nuances, trouve ici un rôle et une tessiture qui lui permettent d’autrement briller. C’est la couleur d’abord qui marque, lumineuse voire mordorée, puis l’impact de cette voix pourtant peu corsée qui remplit sans peine le Teatro Regio. L’interprète est par ailleurs nuancé et si l’on devait trouver un bémol ce serait dans ces aigus certes puissants mais systématiquement en force.</p>
<p>La déception relative provient du Rolando de <strong>Vladimir Stoyanov</strong>. Le baryton russe garde toujours une véritable élégance, ce qui vaut des duos d’adieu avec Lida et Arrigo à l’acte 3 avant la bataille (et avant la découverte de la lettre qui mettra le feu aux poudres) émouvants. Mais la dimension belliqueuse du rôle lui échappe totalement, la faute à un instrument aujourd’hui comme poli de timbre, qui manque de relief. On rêverait de sang, de véhémence, de folie dans « Ahi ! Scellerate alme d&rsquo;inferno » lorsqu’il découvre la supposée trahison de sa femme et de son ami puis lorsqu’il se confronte à eux en fin d’acte 3, quand on entend ici surtout les gémissements d&rsquo;un homme souffrant et diminué.</p>
<p>On applaudit en revanche <strong>Riccardo Fassi</strong> (Barbarossa) qui marque dans sa brève irruption a contrejour à l’acte 2, (qui nous vaut une des rares images marquantes du spectacle) par ses belles couleurs et son autorité. Les second rôles sont, comme souvent à Parme, de très belle tenue, avec en particulier le traitre Marcovaldo sonore d&rsquo;<strong>Alessio Verna</strong>.</p>
<p>Cela suffira-t-il pour autant à promettre des lendemains qui chantent pour <em>La battaglia di Legnano</em> ?</p>
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		<title>VERDI, Un giorno di regno — Busseto</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/un-giorno-di-regno-busseto-trop-verdien-pour-etre-honnete/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 09 Oct 2018 04:32:07 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Que de légendes alimentées par Verdi lui-même ont circulé autour de ce Giorno di regno – Jour de règne –, dont le titre ajouté au fiasco le soir de la première a donné lieu à de faciles jeux de mots. Opéra buffa, supposé joyeux, composé sur la tombe de sa femme et de ses deux &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Que de légendes alimentées par Verdi lui-même ont circulé autour de ce <em>Giorno di regno</em> – Jour de règne –, dont le titre ajouté au fiasco le soir de la première a donné lieu à de faciles jeux de mots. Opéra <em>buffa</em>, supposé joyeux, composé sur la tombe de sa femme et de ses deux enfants, morts tous les trois en deux mois : légende ! Si tragique fût-il, ce triple deuil s’étala sur deux ans, d’août 1838 à juin 1840 alors que la composition de l’ouvrage était presque terminée. Conjuration de Romani – le librettiste –, Donizetti et Rossini, hostiles à un nouveau style de musique jugé trivial et bruyant : légende ! Moins qu’un quelconque complot, plusieurs facteurs intervinrent dans la chute du <em>Giorno di regno</em>, dont d’abord l’incapacité de Verdi de se plier à un genre étranger à son tempérament. Il faudra attendre un demi-siècle pour qu’avec <em>Falstaff</em>, le compositeur accepte de se dérider totalement, non sans avoir auparavant fourbi ses armes comiques dans <em>Un ballo in maschera</em> et <em>La forza del destino</em>.</p>
<p>Mais en 1840, l’empreinte rossinienne est trop forte pour que le génie verdien puisse s’imposer sur un autre terrain que le sien. A chaque numéro, la comparaison tourne à l’avantage de l’aîné sans que le cadet ne parvienne à marquer un point. Rossini vainqueur du match par KO. Quelle grille d’interprétation apposer alors sur une partition dont on peut souligner les influences autant que relever les prémonitions ? Faut-il regarder en avant, vers les drames risorgimentaux que semblent annoncer des rythmes martiaux et des accord majeurs, ou retourner vers les opéras <em>giocosi</em> dont le livret offre moults prétextes ?</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="290" src="/sites/default/files/styles/large/public/un4.jpg?itok=uiVeezQS" title="© Roberto Ricci" width="468" /><br />
	© Roberto Ricci</p>
<p><strong>Francesco Pasqualetti</strong>, à la tête d’un orchestre et chœur du Teatro Communale di Bologna impeccables de cohérence, a fait son choix. Sa direction, taillée à la serpe, donne raison à Rossini quand, malicieux, il affirmait que Verdi était un musicien « <em>avec oune casque</em> ». Les chanteurs lui emboîtent le pas, le regard tous tournés vers le futur, déjà prêts à ajouter à leur jeune répertoire des rôles trempés dans l’encre romantique la plus noire. Quoi de plus logique : ils sont pour la plupart issus du concours des voix verdiennes de Busseto. Leur école de chant ignore un genre auquel Verdi, fort de cet insuccès, tourna le dos.</p>
<p>Mais aussi quoi de plus illogique : l’œuvre, en raison de sa filiation, voudrait deux vraies basses bouffes, une mezzo-soprano capable de chanter Isabella dans <em>l’Italienne à Alger</em> – telle la créatrice du rôle – et un ténor di grazia. Dans l’ordre, ni <strong>Levent Barkirci</strong> (Kelbar), <strong>Matteo Loi</strong> (La Rocca), <strong>Perrine Madoeuf </strong>(La marchesa del Poggio) et <strong>Carlos Cardoso</strong> (Edoardo) n’ont le profil attendu : les deux premiers barytons (Levent Bakirci chantait Marcello dans <em>La Bohème</em> en novembre dernier, Matteo Loi Guglielmo dans <em>Cosi fan tutte</em> en juin 2018), la troisième soprano lyrique (Micaela, Marguerite et prochainement Adèle du <em>Comte Ory</em>) contrainte de placer sa voix dans un registre médian qui ne lui est pas naturel ; le dernier en méforme ou désormais converti non sans dégats à une tessiture de ténor lyrique. A défaut, tous brulent les planches d’une énergie verdienne au volume décuplé par la taille minuscule de la salle (300 places !), même si l’on regrette que cet engagement se fasse au détriment de la science du mot, indispensable à ce répertoire si l’on veut que l’effet comique s’accomplisse.  </p>
<p>Dans un rôle de seconda donna – Giulietta –, <strong>Tsisana Giorgadze</strong> ne peut faire briller un aigu que l’on pressent épanoui mais le medium, d’un velours légèrement râpeux, est riche des promesses d’une Leonora du <em>Trouvère</em> que la soprano géorgienne, si elle gagne en souplesse et en longueur, ajoutera un jour à son palmarès. Deuxième atout de la distribution : <strong>Alessio Verna</strong> en Belfiore possède un baryton lié et timbré, apte à Silvio dans <em>I pagliacci</em> comme à Don Alvaro dans <em>Il viaggio a Reims</em>, ce qui n’est pas inutile pour un rôle proche par bien des côtés du Dandini de <em>La Cenerentola.</em></p>
<p>Adaptés d’un <a href="https://www.forumopera.com/dvd/les-petits-plaisantins">projet de Pier Luigi Pizzi</a> aux dimensions de poche du théâtre, la mise en scène s’ébat en un joyeux tourbillon esthétisant sans se cogner aux murs. Aux jeux d’ombres et d’arches néo-classiques typiquement pizziens s’ajoutent des costumes variés aux couleurs vives et, sous forme de jambon et de meule de parmesan, un clin d’œil à la gastronomie locale. La taille de la salle, son histoire (ou plutôt sa non-histoire puisque Verdi refusa d’y mettre le pied) ne sont pas sans influer sur la perception d’une spectacle dont on ressort partagé, à la fois éprouvé par un effet de loupe acoustique, et enchanté par le charme endormi du lieu qui, le temps d’un soir, nous transporte en dehors de notre siècle.</p>
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		<item>
		<title>AUBER, Fra Diavolo — Rome</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/fra-diavolo-ou-lauberge-de-terracine-rome-diable-dhomme/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 08 Oct 2017 05:20:08 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Créé en 1830 au Théâtre de l&#8217;Opéra-comique, Fra Diavolo est l&#8217;un des ouvrages les plus réussis de ce compositeur prolifique, et le seul qui ait été donné avec quelque régularité jusqu&#8217;à aujourd&#8217;hui. Laurel et Hardy s&#8217;en sont inspiré pour l&#8217;un de leurs meilleurs films parlants, tout en en respectant la musique. Ce n&#8217;est que justice, tant &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Créé en 1830 au Théâtre de l&rsquo;Opéra-comique, <em>Fra Diavolo</em> est l&rsquo;un des ouvrages les plus réussis de ce compositeur prolifique, et le seul qui ait été donné avec quelque régularité jusqu&rsquo;à aujourd&rsquo;hui. Laurel et Hardy s&rsquo;en sont inspiré pour l&rsquo;un de leurs meilleurs <a href="https://www.youtube.com/watch?v=DiFEFL6ThRI">films</a> parlants, tout en en respectant <a href="https://www.youtube.com/watch?v=nt3XZe34808">la musique</a>. Ce n&rsquo;est que justice, tant ce petit chef d&rsquo;oeuvre témoigne du génie si particulier d&rsquo;Auber, avec des mélodies que l&rsquo;oreille retient instantanément, un ton léger bien particulier où pointe toujours une certaine nostalgie, un rythme obstiné qui ne fléchit jamais et une forme musicale changeante où un air devient parfois duo puis trio, avec une grande liberté. L&rsquo;ouvrage fut traduit en italien pour sa création londonienne en 1857, dans une version augmentée et avec des récitatifs à la place des dialogues parlés. Pour l&rsquo;occasion, Auber composa de nouvelles pages ou réutilisa des morceaux tirés d&rsquo;œuvres moins connues. A l&rsquo;air original de Zerlina, au début de l&rsquo;acte II,  il substitua une scène colorature spectaculaire tirée de son opéra-comique, <em>Le Serment</em>, « Or son sola » dans sa traduction italienne. Une nouvelle version italienne fut donnée à la Scala de Milan, puis une troisième à Florence, au Teatro della Pergola en 1866. L&rsquo;Opéra de Rome nous propose ici une version française composée à partir de l&rsquo;édition originale parisienne et des ajouts de la version italienne finale de 1866, mais sans l&rsquo;aria de substitution de Zerlina. A l&rsquo;inverse, et le <a href="https://www.forumopera.com/v1/concerts/auber_diavolo_compiegne06.html">Théâtre Impérial de Compiègne (2006)</a>, et l&rsquo;<a href="/spectacle/pas-tres-comique">Opéra-comique (2009)</a>, avaient choisi la version française du <em>Serment</em>. Les pages originales italiennes sont retraduites en français par <strong>René de Ceccatty</strong>. Ainsi reconstruit, l&rsquo;ouvrage compte une bonne vingtaine de minutes de musique supplémentaire avec quelques coupures néanmoins comme dans l&rsquo;air de Fra Diavolo.</p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=Wxnh6ejdVIM">Scéniquement, l&rsquo;Opéra de Rome a mis les moyens avec une superbe production inventive</a>, basée sur de grands décors (sortis d&rsquo;une imprimante 3D) et des projections vidéos souvent irrésistibles. Le décor représente la façade de l&rsquo;auberge et, quand on le retourne, une vue éclatée de celle-ci avec les différentes chambres, lieux de l&rsquo;actions. Durant l&rsquo;ouverture, le couple britannique est attaqué au volant de sa décapotable et des mains gigantesques les dépouillent jusqu&rsquo;au moteur du véhicule. Lorsque Fra Diavolo chante à Lady Pamela la romance du « gondolier fidèle », le balcon devient une barque et la façade de l&rsquo;auberge se couvre d&rsquo;une mer où barbotent quelques poissons poursuivis par un requin. Toutes ces vidéos sont très inventives et ne viennent pas distraire l&rsquo;attention. L&rsquo;effet de surprise passé, la mise en scène se répète un peu en seconde partie, faute de renouvellement des procédés utilisés. La direction d&rsquo;acteurs est un parfois un peu limitée et les scènes d&rsquo;ensembles avec choeurs sont de simples mises en place. <strong>Giorgio Barberio Corsetti</strong> semble parfois plus préoccupé de réussite technique que de simple théâtre. Les scènes avec le couple de riches anglais sont dignes des meilleurs comédies de boulevard, mais à l&rsquo;inverse, on ne sait pas trop quoi penser du personnage de Fra Diavolo, jamais vraiment inquiétant. La transposition dans les années 50 est prétexte à des costumes colorées. </p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="256" src="/sites/default/files/styles/large/public/un_momento_del_fra_diavolo_regia_di_giorgio_barberio_corsetti_ph_yasuko_kageyama-opera_di_roma_2016-17_0966_web.jpg?itok=xkO7ihCz" title=" © Yasuko Kageyama-Teatro dell’Opera di Roma 2016-17" width="468" /><br />
	 © Yasuko Kageyama-Teatro dell’Opera di Roma 2016-17</p>
<p>Après <a href="/le-prophete-toulouse-john-osborn-souverain"><em>Le Prophète</em></a> à Toulouse, et en parallèle de<a href="/cd/john-osborn-a-tribute-to-gilbert-duprez-dieu-linspire"> son excellent récital consacré à l&rsquo;opéra français</a>, <strong>John Osborn</strong> ajoute un nouveau rôle dans ce répertoire qui lui sied particulièrement. Le chant est toujours aussi stylé, la prononciation impeccable, le legato parfait. La tessiture extrêmement tendu ne lui pose aucun problème, y compris dans son grand air de l&rsquo;acte III où l&rsquo;interprète doit alterner ténor et soprano (dans un amusant dialogue entre le bandit et sa victime). Le chanteur s&rsquo;exécute sans même avoir recours à la voix de tête : l&rsquo;exploit est remarquable, mais nous prive de l&rsquo;alternance comique des registres. Est-ce le stress de la première ? Le ténor nous est parfois apparu à certains moments sur la réserve, manquant un peu d&rsquo;abattage et d&rsquo;audaces vocales, comme s&rsquo;il n&rsquo;osait pas exhiber toutes ses ressources.</p>
<p>Palliant le forfait non expliqué de Pretty Yende, <strong>Anna Maria Sarra</strong> est une Zerlina encore un peu verte, à la projection un peu faible, mais aux contre-mi bémols particulièrement sonores. Il est dommage de ne pas avoir pu l&rsquo;entendre dans l&rsquo;air colorature précité. Le jeune <strong>Alessio Verna</strong> est une promesse à suivre. La voix n&rsquo;est pas encore très puissante, mais le chanteur donne le maximum dans ce rôle de second ténor, offrant lui aussi des contre-mi bémol et variant avec goût la reprise de sa cavatine de l&rsquo;acte III. Le Lord Rocburg de <strong>Roberto De Candia</strong> et la Lady Pamela de <strong>Sonia Ganassi</strong> sont scéniquement irrésistibles : il ne leur manque que l&rsquo;accent anglais habituellement utilisé dans la version française. Vocalement, le mezzo affiche toutefois quelques limites dans les passages vocalisant un peu rapides. Le Giacomo de<strong> Jean Luc Ballestra</strong> est en tous points excellent, avec un beau timbre grave et une prononciation parfaite. Son acolyte Beppo, <strong>Nicola Pamio</strong>, met un peu plus de temps à démarrer, mais reste globalement satisfaisant. Là encore les chanteurs évitent la voix de tête lorsqu&rsquo;ils sont supposés imiter Zerlina, ce qui gomme l&rsquo;un des effets de l&rsquo;ouvrage. Les ensembles sont animés de courtes chorégraphies bien venues. Les choeurs sont excellents. A la tête de l&rsquo;orchestre de l&rsquo;Opéra de Rome, <strong>Rory Macdonald</strong> fait un travail remarquable avec un tempo vif et en pleine adéquation avec les chanteurs, mais les différents plans dans les ensembles ne sont pas toujours faciles à identifier. On aimerait ici une baguette plus sèche, un rythme plus nerveux, tels que nous les proposent des chefs venus du baroque. Sans doute les représentations suivantes viendront-elles gommer ces quelques réserves.</p>
<p>On aimerait aussi que la France sache mettre autant de moyens à la redécouverte de son propre répertoire&#8230;</p>
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