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	<title>Elisabeth WATTS - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Elisabeth WATTS - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>Choral Symphony</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/choral-symphony-o-lyrita-o-naxos/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 29 Jan 2018 06:07:17 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En dehors de Benjamin Britten, qui s’est finalement très bien exporté, que connaît-on en France de la musique vocale britannique du XXe siècle ? Pas grand-chose, voire presque rien. En concert, entendons-on jamais chez nous du Delius ou du Tippett ? Pour des compositeurs plus confidentiels, a fortiori, il faut se contenter du disque. Par chance, certains &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>En dehors de Benjamin Britten, qui s’est finalement très bien exporté, que connaît-on en France de la musique vocale britannique du XX<sup>e</sup> siècle ? Pas grand-chose, voire presque rien. En concert, entendons-on jamais chez nous du Delius ou du Tippett ? Pour des compositeurs plus confidentiels, a fortiori, il faut se contenter du disque. Par chance, certains labels se font un devoir d’explorer ce répertoire : on pense bien sûr à Lyrita, mais cette petite maison n’est pas la seule, est l’on peut espérer que, grâce à la couverture médiatique dont bénéficie Naxos, le nom de George Dyson deviendra un peu moins ignoré.</p>
<p>Il y a quelques années, dans le cadre d’une série de rééditions <a href="https://www.forumopera.com/actu/le-legs-hickox">autour du chef Richard Hickox</a>, Chandos avait republié son enregistrement des <em>Canterbury Pilgrims</em> (1931) de ce compositeur extrêmement négligé, et dont certaines œuvres font l’objet d’étonnantes redécouvertes. Né en 1883, élève de Charles Villiers Stanford, George Dyson avait pu faire un séjour prolongé en Autriche et en Allemagne, grâce à une bourse Mendelssohn. Et au retour, en 1910, il avait entrepris d’écrire une partition devant lui permettre de soutenir son doctorat à Oxford. Ce <em>Psalm CVII Symphony and Overture</em>, pour lui donner son titre exact, n’avait pu être soumis qu’en 1917, après quoi l’œuvre avait été archivée sans jamais bénéficier d’une seule exécution. C’est seulement un siècle plus tard que la partition a été retrouvée à la Bodleian Library par Paul Spicer, biographe de Dyson, puis créée en mars 2014. Avec une équipe différente, la version Naxos en constitue le premier enregistrement mondial.</p>
<p>En Allemagne, Dyson avait rencontré Richard Strauss : cela s’entend dans cette <em>Choral Symphony</em> (titre « moderne » et moins explicitement religieux). Après une longue introduction orchestrale, le récit est essentiellement confié au chœur, avec parfois des passages d’une inventivité surprenante, comme le flou harmonique délibérément entretenu sur le texte « Ils s’égarèrent dans le désert ». Les solistes ne font que des entrées ponctuelles : en quatuor dans le Largo (3<sup>e</sup> partie), et la soprano seule en conclusion de la deuxième partie, ainsi qu’au milieu et à la fin de la quatrième. Malgré tout le bien qu’on pense par ailleurs de <strong>Caitlin Hulcup</strong>, superbe mezzo haendélienne, ou du baryton <strong>Roderick Williams</strong>, force est d’avouer qu’on serait bien en peine de distinguer les mérites de leur prestation, leur voix ne se faisant entendre que mêlée à celle des autres solistes et du choeur. Il faut en revanche souligner combien sont émouvante les diverses interventions d’Elizabeth Watts, au timbre sombre et charnu, qui ferait presque douter qu’elle soit bien soprano.</p>
<p>C’est seulement après la Première Guerre mondiale, durant laquelle il fut traumatisé par les bombardements, que démarra vraiment la carrière de George Dyson, avec toute une série de pièces pour orgue et d’œuvres chorales qui attirèrent l’attention. C’est pour répondre à une commande du Three Choirs Festival (voir notre recension du disque Lyrita <a href="https://www.forumopera.com/cd/philip-cannon-lord-of-light-etc-un-anglais-qui-aimait-la-france">consacré à Philip Cannon</a>) qu’il composa <em>St Paul’s Voyage to Melita</em>, créé en 1933. Dans cette œuvre d’une demi-heure, où le chœur assume une fois encore l’essentiel de la narration – excellente prestation, là aussi, du <strong>Bach Choir</strong> – on trouve la saisissante évocation d’une tempête et quelques audaces harmoniques qui montrent que le langage de Dyson avait (un peu) évolué en vingt ans. Le soliste est cette fois un ténor, et <strong>Joshua Ellicott</strong> y déploie des couleurs typiques de l’école de chant anglais. <strong>David Hill </strong>dirige avec une énergie exemplaire le Bournemouth Symphony Orchestra, qui avait déjà enregistré cette œuvre en 2002 pour le label Somm.</p>
<p>O Naxos, ô Lyrita, soyez donc généreux : envoyez ce genre de disques aux organisateurs de concert français ! Les mélomanes vous le rendront au centuple. </p>
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		<title>LIGETI, Le Grand Macabre — Londres</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/le-grand-macabre-londres-joyeux-bordel/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 15 Jan 2017 11:31:24 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Après avoir vu sa mise en scène à Salzbourg en 1997 reniée par le compositeur lui-même, Peter Sellars a accepté la proposition de Sir Simon Rattle et du London Symphony Orchestra d’une version semi-scénique du Grand Macabre au Barbican Center de Londres. Deux représentations et une deuxième collaboration entre le maestro et le metteur en &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Après avoir vu sa mise en scène à Salzbourg en 1997 reniée par le compositeur lui-même, <strong>Peter Sellars</strong> a accepté la proposition de <strong>Sir Simon Rattle</strong> et du London Symphony Orchestra d’une version semi-scénique du <em>Grand Macabre</em> au Barbican Center de Londres. Deux représentations et une deuxième collaboration entre le maestro et le metteur en scène après un <em>Pelléas et Mélisande</em> particulièrement réussi l’an passé. Toujours peu enclin à explorer le théâtre de l’absurde et la drôlerie irrévérencieuse de l’œuvre, l’Américain choisit à nouveau l’angle politique pour cette mise en espace. Le cataclysme c’est l’homme lui-même et sa force auto-destructrice toute entière résumée dans le symbole radioactif et la bombe nucléaire. Une projection d’un planisphère égrainera toutes les explosions depuis 1945 jusqu’à nos jours (plus de 2000). Si le propos suscite de l’intérêt, il réduit le récit du livret à une action politique, et ce faisant, il affaiblit les personnages et leur ambivalence notamment Nekrotzar qui semble bien palot en ange de la mort. Regrettable, d’autant que le placement et le rôle du chœur (dans les balcons, dans les travées du parterre etc.) tout comme la direction d’acteur toujours aussi intense pouvait laisser de la place à la folie douce. Un bordel politique et intellectuel trop distant du bordel lubrique qui doit survenir scène après scène.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="338" src="/sites/default/files/styles/large/public/le_grand_macabre_005.jpeg?itok=1SEJA9vr" title="© John Phillips" width="468" /><br />
	© John Phillips</p>
<p>Si la mayonnaise ne prend pas vraiment, ce n’est pas faute d’engagement de la part des chanteurs, magnétisés comme à chaque fois par Peter Sellars. <strong>Peter Hoare</strong> ouvre ce bal des fous dans une scène d’ébriété qui cueille la salle à froid avant de la dérider. Le timbre est chaud, la voix puissante et colorée pour épouser les sautes d’humeur du personnage. Suit l&rsquo;Amando profond et suave de Ronita Miller qu’équilibre le timbre d’<strong>Elizabeth Watts</strong> (Amanda). Tout ce beau monde cesse de batifoler bien vite à l’arrivée de l’inquiétant Nekrotzar de <strong>Pavlo Hunka</strong>. Une projection torrentielle finit d’asseoir le personnage démoniaque. Le couple Astradamors et Mescalina trouve en <strong>Frode Olsen </strong>et <strong>Heidi Melton</strong> deux opposés parfait tant physiquement que vocalement. Elle, voix chaude et sensuelle a besoin de deux onomatopées pour incarner la nymphomane quand lui, roide et piquant est crédible d’emblée en mari masochiste et soumis. <strong>Audrey Luna</strong> réussit à glisser de la douceur de Venus aux pyrotechnies de Gepopo avec une aisance confondante. Placement scénique oblige (elle est dans un lit d&rsquo;hôpital juste à côté de Simon Rattle), c’est bien plus cette intervention comme chef de la police secrète qui laisse coi tant l’aisance vocale est grande. Le contre-ténor <strong>Anthony Roth Costanzo</strong> épouse l’écriture presque baroque que Ligeti a voulu pour le Prince Gogo. Le portrait du potentat fragile est complet. Le London Symphony Chorus est irréprochable (dirigé depuis la scène par Simon Halsey) et complètement investi pour donner corps au peuple véhément ou implorant, à l’exception peut-être de quelques attaques particulièrement exposées.</p>
<p>	Au milieu de tout cet embrouillamini, Simon Rattle organise et excelle à faire déborder cette musique jubilatoire. Sa précision d’horloger fait naviguer le LSO sans mal à travers toutes les difficultés de la partition : des tutti gargantuesques au pianissimo presque inaudible. Pas un pupitre ne manque au diapason du regard sérieux et goguenard du chef, comme s’il devenait lui-même un des acteurs de la farce. Ligeti qualifiait son travail d’anti-opéra. Le chef britannique rend à l’orchestre un rôle prépondérant. Il commente, il moque et il cingle si bien qu’il déclenche les réactions hilares du public, ce en quoi échoue en partie la mise en scène.</p>
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		<item>
		<title>L&#039;Allegro, il Penseroso ed il Moderato</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/lallegro-il-penseroso-ed-il-moderato-ed-il-bellissimo/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 02 Jul 2015 05:05:34 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Depuis que les opéras de Georg Friedrich Haendel ont retrouvé la faveur du grand public, il s’est avéré fort tentant de mettre en scène certaines de ses meilleures partitions qui n’avaient initialement pas du tout été prévues pour cela. Claus Guth a proposé une magistrale vision du Messie (reprise à Nancy en 2009). A Zürich &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Depuis que les opéras de Georg Friedrich Haendel ont retrouvé la faveur du grand public, il s’est avéré fort tentant de mettre en scène certaines de ses meilleures partitions qui n’avaient initialement pas du tout été prévues pour cela. Claus Guth a proposé une magistrale vision du <em>Messie </em>(reprise à Nancy en 2009). A Zürich en 2003, Jürgen Flimm a fait subir un traitement peut-être moins convaincant au<em> Trionfo del tempo e del disinganno</em>. Certains ont même tenté d’ « opératiser » <em>L’Allegro, il Penseroso ed il Moderato</em>, comme James Darrah à Hawaï en 2012 et Los Angeles en 2014. De cette dernière œuvre, il existe néanmoins une version scénique qui semble s’être imposée comme un « classique » depuis sa première en 1988, à Bruxelles, autrement dit, sous le mandat de Gérard Mortier, auquel <strong>Mark Morris</strong> rend hommage dans le livret d’accompagnement. A ceux qui auraient encore en tête l’équation Mortier = laideur, on ne saurait donc trop recommander le visionnage du présent DVD, tant il bat en brèche cette idée réductrice, et montre combien le défunt Flamand sut aussi promouvoir la beauté sur les scènes qu’il dirigea au cours de sa brillante carrière.</p>
<p>Sans jamais aller à l’encontre de la musique, mais en en épousant les rythmes, Mark Morris a réglé une chorégraphie qui, on sans doute, ne prétend pas illustrer le poème de Milton, mais qui ne néglige pas pour autant le sens du texte : un trio de danseuses occupe la scène lorsqu’il est question des trois Grâces, et l’évocation de la chasse donne lieu à un amusant tableau avec danseuses mimant les arbres, danseurs les chiens, tandis que d’autres font semblant de jouer du cor (dans le même goût, on a plus loin une scène champêtre où l’on devine un laboureur avec sa charrue !). On admire l’harmonie et la beauté des mouvements, la grâce de ces costumes aux couleurs franches, plus vives dans la deuxième partie, et ces grands ensembles où évoluent les douze danseurs et les douze danseuses, composant comme un tableau allégorique, une nouvelle ronde des heures, filmée sous des angles variés.</p>
<p>Le spectacle se divise en deux parties d’environ trois quarts d’heure chacune. Malgré la « Sélection d’airs et de récitatifs » annoncée, la partition est quasi intégrale et ne subit que des arrangements minimes : toute la première partie de l’œuvre est livrée telle quelle, les modifications n’intervenant qu’à la fin de la deuxième, où est injecté le duo « As steals the morn », seul extrait conservé de la troisième partie. Dans la mesure où le DVD s’adresse aux amateurs de ballet plus que d’opéra, on n’y trouvera pas certains « conforts » qu’aurait pu apprécier le mélomane, comme la possibilité de faire apparaître le texte chanté en sous-titrage. <strong>Jane Glover</strong>, qu’on a eu à plusieurs reprises l’occasion d’entendre en France, notamment à Bordeaux, dirige un orchestre moderne, mais auquel elle parvient à insuffler un dynamisme et une légèreté bienvenus. Le <strong>chœur du Teatro Real</strong> sait lui aussi fort bien tirer son épingle du jeu.</p>
<p>Evidemment, en un quart de siècle, le spectacle a vu se succéder les distributions vocales les plus variées (à noter qu’on n’aperçoit ici les chanteurs qu’au début de chaque partie, dans la pénombre de la fosse, avant que le rideau se lève). En 1988, à Bruxelles, c’était les artistes habitués à travailler avec Peter Sellars qui officiaient, le chef Craig Smith, dirigeant notamment Lorraine Hunt et James Maddalena. En 1991, lorsque le ballet fut présenté au Théâtre des Champs-Elysées, dirigé par Philippe Herreweghe, c’était Jennifer Smith, Howard Crook. Qui sont les baroqueux de 2015 ? <strong>Andrew Foster-Williams</strong>, vu à Paris dans <em>The Fairy Queen</em> venu de Glyndebourne, et tout à fait à sa place dans les airs truculents réservés à la basse, et le ténor <strong>James Gilchrist</strong>, toujours très apprécié dans Haendel, compositeur auquel le prédestine la couleur et l’aigilité de son timbre. Reste la question des deux dames mentionnées par la plaquette : oui, mais qui chante quoi ? La Sud-africaine <strong>Sarah-Jane Brandon</strong>, dont le répertoire va de Mozart à Desdémone, est indiquée avant la Britannique <strong>Elizabeth Watts</strong>, plus associée au XVIIIe siècle, mais c’est peut-être à cause de l’ordre alphabétique. Les deux voix sont belles, charnues, et l’une bénéficie peut-être d’une articulation un peu plus nette. Malgré tout, après une enquête poussée, il semble possible d’identifier la soprano qui chante le début de la deuxième partie : son grain de beauté sur la joue gauche montre qu’il s’agit d’Elizabeth Watts.</p>
<p class="rtecenter">
<iframe allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/JD8QPOxhE6M" width="560"></iframe></p>
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		<item>
		<title>ARNE, Artaxerxes — Londres (ROH)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/heureuse-resurrection/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 30 Oct 2009 16:19:41 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Il ne reste plus grand-chose de la gloire passée de Thomas Arne. Pour une petite partie du public britannique, il est surtout l’auteur de l’hymne patriotique « Rule Britannia » (tiré de son ouvrage Alfred). De son plus grand succès, Artaxerxes (donné 111 fois entre sa création et 1790, et qui fut joué à Londres &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>          Il ne reste plus grand-chose de la gloire passée de Thomas Arne. Pour une petite partie du public britannique, il est surtout l’auteur de l’hymne patriotique « Rule Britannia » (tiré de son ouvrage <em>Alfred</em>). De son plus grand succès, <em>Artaxerxes</em> (donné 111 fois entre sa création et 1790, et qui fut joué à Londres jusqu’en 1828), on ne trouve facilement qu’un enregistrement commercial et des interprétations isolées de l’air « The soldier tir&rsquo;d of war&rsquo;s alarms » par Dame Joan Sutherland ou Beverly Sills notamment. Plusieurs raisons peuvent expliquer cet oubli : Arne vient s’intercaler entre deux géants : Haendel et Mozart (dont on suppose qu’il assista à une représentation d’<em>Artaxerxes</em> vers 1765 à l’occasion de son séjour de 15 mois à Londres) ; l’œuvre est composée à partir d’un livret en anglais, propice au succès local mais moins à la reconnaissance internationale ; et surtout, la partition originale fut perdue dans l’incendie du Royal Opera en 1808. Signe de sa popularité, l’ouvrage (qui fit aussi l’admiration de Haydn) fut reconstitué une première fois dès 1813 par Sir Henry Bishop, directeur musical de Covent Garden entre 1810 et 1824. Malheureusement, il n’était pas question d’approche musicologique et l’opéra fut refait dans le goût de l’époque et non de la façon la plus conforme possible à l’original.</p>
<p>De la partition originale, il reste tout de même la totalité des numéros musicaux à l’exception du final. Le livret ayant été également intégralement sauvegardé, Ian Page a reconstitué des récitatifs dans le style du compositeur ; de même, Duncan Druce a composé un nouveau final qui vient glorieusement conclure l’ouvrage sans solution de continuité.</p>
<p>Comme la plupart des œuvres de Métastase, le livret d’<em>Artaxerxes</em> est à la fois extrêmement compliqué et terriblement prévisible. Sur ce livret, 90 compositeurs se sont exprimés (dont Gluck et J.C.Bach, mais pas Haendel auteur néanmoins d’un <em>Xerxes</em>) ; enfin, Arne est l’auteur de l’adaptation anglaise.</p>
<p>En résumé : Arbaces, précédemment banni par Xerxes, est l’amant de la princesse Mandane. Son père, le chef des armées Artabenes, a fait tuer le roi avec l’objectif de mettre son propre fils sur le trône. Il confie son épée ensanglantée à celui-ci (erreur incompréhensiblement stupide dont découle toute l’intrigue). Devant Artaxerxes, second fils de Xerxes, il accuse du crime Darius, le frère aîné de celui-ci (et donc successeur direct) et se propose de l’arrêter. Alors que Darius vient d’être tué, on découvre l’arme du crime entre les mains d’Arbaces qui est arrêté, se déclare innocent, mais qui refuse d’expliquer comment l’épée s’est trouvée en sa possession (le jeune homme a l’esprit de famille). Au deuxième acte, Artabenes tente de convaincre son fils de fuir tandis que lui-même prépare la rébellion, mais celui-ci refuse. Artabenes complote alors avec Rimenes pour faire assassiner Artaxerxes : en récompense de sa participation, Artabenes promet à Rimenes la main de sa fille Semira, amante d’Artaxerxes. Au procès, Artabenes accuse sans pitié son propre fils (qui se demande ce qu’il a fait pour mériter ça) et celui-ci est condamné à mort. Au dernier acte, Artaxerxes rejoint Arbaces dans sa cellule pour tenter de le sauver malgré tout. Lorsqu’Artabenes et Rimenes se rendent à leur tour dans la cellule, ils la trouvent vide et en déduisent qu’Arbaces a déjà été exécuté. Ils décident de tuer Artaxerxes au moment de son couronnement. Pendant ce temps, Arbaces tente de reconquérir l’amour de Mandane, mais celle-ci, pas convaincue de son innocence, n’est pas tentée par l’idée de roucouler avec le meurtrier présumé. Alors qu’Artaxerxes est prêt à avaler un poison en plein couronnement, Arbaces interrompt les cérémonies car il vient de faire échouer le coup d’état fomenté par Rimenes. Artaxerxes lui propose de partager sa coupe. Pour éviter que son fils ne soit empoisonné, Artabanes révèle la vérité. Happy end, même pour le père indigne qui s’en tire avec un bannissement à vie.</p>
<p> </p>
<p>Moins virtuose que celle de Haendel, la musique d’Arne est plus variée dans l’écriture, échappant au da capo systématique. L’invention mélodique est également remarquable, chaque personnage et chaque situation étant soigneusement caractérisés. Un soin d’autant plus appréciable que l’opéra est essentiellement composé de numéros individuels (environ deux douzaines), contre deux duos (l’un au début l’autre à la fin) et un ensemble en guise de final.</p>
<p> </p>
<p>L’ouvrage est donné dans le cadre intime du Linbury Studio, construit sous la verrière attenante à l’opéra lors des travaux d’extension de ce dernier. La salle n’est pas très belle, mais son exigüité (moins de 300 places) présente l’avantage que les chanteurs n’ont à aucun moment besoin de forcer pour être entendus. Dans une salle moins clémente, certains artistes de cette résurrection auraient peut-être amené quelques réserves quant à leur puissance, mais ce n’est pas le cas ici. Vocalement, la représentation est marquée par l’Arbaces de <strong>Caitlin Hulcup</strong> (rôle initialement tenu par un castrat) à la musicalité intense et au timbre riche et pénétrant. Avec une voix un peu moins séduisante, <strong>Elizabeth Watts</strong> campe une Mandane engagée et virtuose qui triomphe sans peine des difficultés pyrotechniques du « Soldier tir&rsquo;d ». Fille du ténor Bonaventura Bottone, <strong>Rebecca Bottone</strong> s’avère également une fine musicienne avec ce qu’il faut d’engagement dramatique pour être convaincante sans outrance. Le rôle d’Artabenes est le plus lourd de la partition : <strong>Andrew Staples </strong>lui rend totalement justice, triomphant sans problème d’une tessiture qui anticipe celle des baryténors rossiniens. Malgré le titre, Artaxerxes n’est pas, musicalement parlant, le rôle le plus important de l’ouvrage. Le contre-ténor <strong>Christopher Ainslie</strong> a un peu de mal à convaincre au démarrage, la tessiture un peu centrale du rôle desservant visiblement une voix qui s’épanouit dans l’aigu ; son air final, d’une intense émotion, vient racheter ces réserves mineures. Notons enfin un excellent <strong>Steven Ebel</strong> dans le rôle un peu sacrifié de Rimenes. Au global, une distribution homogène et motivée, d’une belle qualité et d’un grand professionnalisme. On reste sans doute loin des fastes des distributions originales qui expliquent pour une large part le succès initial de l’ouvrage (quant à nous, réécoutons Sills et Sutherland), mais cela reste suffisant pour justifier cette reprise et donner envie d’en voir de nouvelles.</p>
<p> </p>
<p>A la tête de l’Orchestra of the Classical Opera Company, <strong>Ian Page</strong> propose une direction alerte et vive, toujours renouvelée. Il est dommage que sa phalange finisse par trahir une certaine fatigue vers la moitié de l’ouvrage, avec quelques fausses attaques notamment (à moins qu’il ne s’agisse du trac de la première).</p>
<p> </p>
<p>La production de <strong>Martin Duncan</strong> fait avec les impératifs techniques et budgétaires du lieu. Quelques paravents, des diodes bleues qui tombent des cintres au dessus de la scène et de la salle, comme un plafond d’étoiles, des costumes spectaculaires évoquant les extravagances des castrats à travers un filtre japonisant, une direction d’acteurs équilibrées, évitant les pièges opposés du concert en costumes et de l’extraversion hors de propos…</p>
<p> </p>
<p>Bref une réussite dont on souhaite qu’elle voyagera un peu partout en Europe afin de faire redécouvrir un compositeur injustement oublié. Un de plus.</p>
<p> </p>
<p> </p>
<p> </p>
<p> </p>
<p> </p>
<p> </p>
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			</item>
		<item>
		<title>Mélodies de Mozart, Mendelssohn, Wolf — Paris (Musée d&#039;Orsay)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/watts-that/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sylvain Fort]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 06 Jan 2009 21:24:13 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Sans doute l’époque n’est plus où l’on aurait conseillé à une jeune chanteuse de ne point apparaître – fût-ce pour un concert méridien – dans une robe parapluie soulignant sa courte taille, les cheveux lâchés sur les épaules sans un passage préalable par quelque coiffeur, le maquillage blafard et les épaules voûtées.   Notre temps, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>          Sans doute l’époque n’est plus où l’on aurait conseillé à une jeune chanteuse de ne point apparaître – fût-ce pour un concert méridien – dans une robe parapluie soulignant sa courte taille, les cheveux lâchés sur les épaules sans un passage préalable par quelque coiffeur, le maquillage blafard et les épaules voûtées.</p>
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<p>Notre temps, oublieux de tenue physique, se soucierait-il davantage de tenue vocale ? Las, on eût aimé le croire. </p>
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<p>La jeune soprano britannique, qui fêtera cette année ses trente ans, nous arrive toute couverte de prix remportés outre-Manche, le moindre n’étant pas un prix spécial au concours de Cardiff (où elle fut demi-finaliste) dans le domaine de la mélodie. On nous apprend en outre qu’elle vient de signer en exclusivité chez BMG Sony, ce qui est merveilleux, et la voici intronisée par les cycles de concert de la BBC dont Orsay est partenaire, ce qui est admirable. </p>
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<p>Pedigree, quand tu nous tiens ! Hélas, avec son programme fort bien composé, Mademoiselle Watts réussit surtout à nous faire douter des bienfaits de la docimologie. </p>
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<p>Car enfin, pour commencer, si l’on ne connaissait pas assez bien les pièces dont elle espère nous enchanter, on n’y comprendrait pas un traître mot. La voyelle est sourde, la diction imprécise, le sens du mot inexistant, l’éloquence nulle, le pouvoir d’évocation absent, le phrasé rudimentaire. </p>
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<p>A l’avenant, une voix certes riche d’harmoniques et non dépourvue de projection, mais taillée à la serpe, tubée, souvent criarde voire trémulante : dans le médium, quelques accents fruités s’évanouissent sous un <em>urlando</em> strident. Aucune tentative de pianissimo ne franchit les dents de la jeune chanteuse sans écorcher son juvénile gosier.</p>
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<p>L’état de tristesse et d’embarras où nous jette cette déconvenue est à peine tempéré par un sourire indéniablement sympathique arboré entre les morceaux et, dans la posture, une gaucherie un rien paysanne qui certes nous change des airs de grande dame de quelque consœurs, mais est-ce bien suffisant ?</p>
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<p>L’indulgence tendre à laquelle cependant nous porterait notre nature bénigne est vite congédiée par l’interprétation des Hugo Wolf (extraits de l’<em>Italienisches Liederbuch</em>) et exaspère notre irritation en froide colère. </p>
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<p>Là, les inaptitudes de Mademoiselle Watts trouvent une limite sévère. Elle n’est pas la première, ni la seule. Mais elle tente de nous abuser en ajoutant à chaque syllabe un délire de mimiques et de grimaces, l’incessant moulinet de ses avant-bras et de ses petits doigts potelés. D’insuffisante, la performance devient peu supportable. D’autant que les talents d’actrice de Mademoiselle Watts, avec lesquels elle entend voiler les résistances d’une voix trop rude, semblent moins s’étalonner sur la grâce mutine d’une Audrey Hepburn que sur l’hystérie générique d’Eva Longoria. </p>
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<p>En bis, une <em>Forelle</em> digne d’illustrer une publicité pour la vitamine C ou les antidépresseurs conclut tristement ce concert amateur. </p>
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<p>Allons ! Le programme de l’Auditorium est suffisamment riche et beau cette saison pour que nous y trouvions très vite de quoi nous consoler, et oublier plus vite encore Mademoiselle Watts. </p>
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