Bogdan Volkov consacré par Paris Opera Competition

Par Laurent Bury | sam 24 Janvier 2015 | Imprimer

Vendredi 23 janvier, le Théâtre des Champs-Elysées accueillait le concert-concours organisé, sous le nom « Les Mozart de l’Opéra », par Paris Opera Competition, manifestation fondée en 2010. Neuf candidats, dont quatre issus de l’ancien bloc de l’Est et aucun Asiatique, s’y affrontaient. Verdict sans surprise à l’issue de la soirée : le ténor ukrainien Bogdan Volkov remporte le 1er Prix et le prix du public, grâce à une interprétation maîtrisée et émouvante de l’air de Lenski (on le sentait un peu moins assuré dans le duo de Mireille, malgré un français tout à fait correct). Violetta à Glyndebourne l’été dernier, Venera Gimadieva obtient le 2e Prix, pour son admirable « Ah, non credea mirarti » ; dommage que la cabalette qui suit ait révélé quelques acidités dans le suraigu. Assez curieusement, Julien Dran, seul Français présent, se voit décerné le Prix Dassault pour la meilleure interprétation d’une page de Mozart, le choix d’ « Un aura amorosa » mettant surtout en évidence des tensions dans l’aigu forte alors que le duo des Pêcheurs de perles le trouvait beaucoup plus à son affaire. Le public a également attribué un prix à la soprano germano-mexicaine Maren Favela, dont l’air de Giuditta de Lehar avait mis en valeur le timbre chaud. On regrette que le très solide baryton moldave Andrei Jilihovschi n’ait pas été distingué, lui qui avait eu l’originalité de proposer l’air alternatif de Guglielmo, « Rivolgete a lui lo sguardo ». Leurs concurrents malheureux auront été pénalisés qui par un manque d’attention aux mots, qui par une placidité confinant à l’inexpressivité totale, qui par un aigu censé couronner un air mais délicieusement raté. Dirigé par Pierre-Michel Durand, l'orchestre Prométhée n'a pas toujours su éviter les lourdeurs dans son accompagnement des chanteurs, pour Mozart en particulier. Huées copieuses et méritées, enfin, pour les chorégraphies bruyantes de Kamel Ouali, venues parasiter l’écoute tout au long de la soirée, même s’il faut peut-être retenir l’idée de situer La Clémence de Titus dans une boîte fétichiste cuir et latex, avec Servilia en maîtresse SM, et même si les évolutions intempestives des danseurs auront eu l’avantage de préparer les jeunes artistes à ces mises en scène absurdes où le chant est relégué au second plan.

 

 

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