Cinq jeunes gens dans le vent pour le Jubilé de diamant de la Reine

Par Fabrice Malkani | lun 21 Janvier 2013 | Imprimer
 
Le programme du concert a cappella donné par les excellents King’s Singers vendredi 18 janvier à la Chapelle de la Trinité à Lyon pour le Jubilé de diamant de Sa Majesté Elizabeth II, a dû être modifié et dédié au contre-ténor David Hurley, malheureusement hospitalisé la veille. Aussi n’a-t-on pu entendre d’œuvres de Hilton, de Dowland et de Bennet comme prévu, ni de Britten et de Drayton – mais l’ensemble, qui regroupait le contre-ténor Timothy Wayne-Wright, le ténor Paul Phoenix, les barytons Christopher Bruerton et Christopher Gabbitas ainsi que la basse Jonathan Howard, a maintenu les chants de l’époque d’Henry VIII – en partie attribués au roi lui-même, avec une élégance, une subtilité et une sobre délicatesse toute britannique et parfaitement royale.
Un voyage dans le temps et l’espace, ponctué de présentations savoureuses dans un français tour à tour déclamé avec noblesse et proféré avec une gouaille de bateleur délicieusement tempérée par l’accent d’une Albion dépourvue de toute perfidie, nous a entraînés vers les rivages de la Baltique et ceux de l’Espagne, dans des répertoires moins connus et saisissants de beauté : magie des sonorités des langues, déploiement de la musicalité des voix dont l’alchimie crée une émotion d’autant plus forte qu’aucun instrument extérieur ne vient l’appuyer. Admirable cohésion d’un ensemble lié par un souffle commun, qui culmine dans « Ah Robin, gentle Robin » de William Cornyshe tout comme dans « Rakastava » de Jean Sibelius ou la splendide Sérénade d’hiver de Camille Saint-Säens, sans exclure un humour discrètement omniprésent.
Ces voix qui occupent sans instruments l’entièreté de l’espace sonore ont soulevé l’enthousiasme de l’assistance, appelée aussi à participer, lors d’un autre changement de registre, pour la chanson des Beatles, « Black Bird », répertoire dans lequel les King’s Singers sont tout aussi convaincants que dans la chanson des Shakers américains « The gift to be simple ».
Nous souhaitons de tout cœur un prompt rétablissement à David Hurley que nous espérons entendre prochainement dans les œuvres de Dowland et de Britten. [Fabrice Malkani]

 

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