Même s’il demeure une parenthèse merveilleuse pour ses chanceux spectateurs, le festival d’Aix-en-Provence a ceci de précieux qu’il s’empare résolument des enjeux de notre temps. En témoignent les productions de cette édition 2022 qui embrassent les drames de la guerre, les tribulations des exilés ou l’urgence environnementale. Sur ce point, le festival prend au sérieux sa responsabilité, notamment sur la question des décors, aujourd’hui éco-conçus voire recyclés. Louable ; mais alors que penser du rideau de pluie salvifique qui se répand de longues minutes sur la terre désespérément sèche du Stadium de Vitrolles, à la fin de la Résurrection de Romeo Castellucci ? Au dehors, passé le choc du spectacle, l’aridité somptueuse du décor nous a laissé songeur : peut-on encore gâcher une ressource si précieuse ? Autre type d’embarras lorsque nous avons appris que la magnifique Salomé d’Andreas Breth n’avait pas trouvé de coproducteurs et ne sera sans doute jamais reprise (ni retransmise d’ailleurs). Ici, la responsabilité est collective : tant d’énergie déployée, un décor si sophistiqué, un travail immense couronné de lauriers, et puis… plus rien ? A Aix comme ailleurs, l’opéra durable est encore à inventer.
Festival d’Aix : vers l’opéra durable ?
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Brève
19 juillet 2022
Festival d’Aix : vers l’opéra durable ?
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