Hasnaa Bennani, l'après Castor avec le Palais Royal

Par Laurent Bury | jeu 06 Novembre 2014 | Imprimer

Si le Castor et Pollux du Théâtre des Champs-Elysées ne fut pas vraiment une réussite, il est heureusement d’autres manières d’honorer l’anniversaire Rameau à Paris. L’orchestre et le chœur du Palais Royal donnait hier soir, dans la superbe salle de spectacle du Conservatoire d’art dramatique, un concert intitulé « Rameau et l’esprit français », au cours duquel on put entendre la musique du Dijonnais, mais aussi de quelques très grands compositeurs qui le précédèrent ou le suivirent. La soirée s’ouvrait avec une suite d’orchestre tirée d’Hippolyte et Aricie, suite de danses venant après l’ouverture. La formation instrumentale, limitée à quinze musiciens, sonne parfois un peu maigre, mais comme dans la tragédie lyrique « la danse au chant se mariait », et comme le Palais Royal est aussi un chœur, c’est l’occasion d’entendre les furies du IIe acte, et surtout les matelots dans le très allègre « Que ce rivage retentisse ». On remonte ensuite de quelques décennies avec le psaume Super flumina Babilonis mis en musique par Michel-Richard de Lalande, où les interventions chorales alternent avec des solos, duos et trios de solistes vocaux : c’est là que Hasnaa Bennani nous laisse savourer toute la noblesse de ses accents et la chaleur de son timbre. Gageons que les baroqueux ne garderont pas longtemps l’exclusivité de cette voix, qui ne saurait tarder à s’envoler vers d’autres répertoires. Avec le Requiem de Campra, dont on ne sait trop si c’est une œuvre de jeunesse ou de maturité, il n’en paraît pas moins clair que le compositeur aixois est le grand nom à retenir entre Lully et Rameau. Face à des cordes hélas pas toujours ensemble, mais heureusement stimulée par le dynamisme constant de la direction de Jean-Philippe Sarcos, on retrouve l’alternance chœur/solistes, où brille cette fois la haute-contre Philippe Gagné. Devant l’enthousiasme du public, le Palais Royal offre deux bis : d’abord la dernière partie du psaume In exitu Israel, de Mondonville, ce qui nous permet d’entendre un grand successeur de Rameau, auquel on revient ensuite avec la reprise de « Que ce rivage retentisse », qu’il ne faudrait pas grand-chose pour transformer en tube à la manière de « Forêts paisibles »…

 

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