Forum Opéra

Jardins mystérieux à l’Opéra de Lyon

Partager sur :
Brève
18 février 2015
Jardins mystérieux à l’Opéra de Lyon

Voilà dix ans déjà que l’Opéra de Lyon propose, à chaque retour du printemps, son festival sous forme de trois soirées d’opéra données en alternance. Après « Justice et injustice » en 2013 et le festival Britten de 2014, le thème choisi pour 2015 est celui des « Jardins mystérieux », avec, dans l’ordre des premières, Die Gezeichneten (1918) du Viennois Franz Schreker (1878-1934), Orfeo ed Euridice (1762) de Christoph Willibald von Gluck (1714-1787) et Sunken Garden (2013) du Néerlandais Michel Van der Aa (né en 1970).

Soit un opéra méconnu, Les Stigmatisés, selon l’adaptation usuelle du titre (Die Gezeichneten désigne en fait ceux qui sont « marqués » – par la vie, par le destin), donné pour la première fois sur une scène lyrique française, avec sa musique envoûtante et les abîmes de perversion que révèle son livret torturé, suivi d’un « classique » que chacun connaît ou croit connaître (Orphée et Eurydice ici dans sa version italienne première), et une création française du compositeur de After Life (2010), Le Jardin englouti, « film-opéra », présenté comme le deuxième volet d’un futur « triptyque pour le XXe siècle ».

Dans chacune de ces trois œuvres est posée la question du rapport entre l’art et la vie, entre le visible et l’invisible, entre la beauté et la laideur. Jardins secrets, marques et flétrissures, montées de sève et fleurs tôt fanées, – de la recherche de dépouillement d’un Gluck en quête de « belle simplicité » aux senteurs enivrantes mais mortifères de l’île onirique imaginée par Schreker jusqu’aux images en 3D du film projeté pendant l’opéra de Van der Aa –, tout concourt à multiplier les angles, à croiser les perspectives, les langues (allemand, italien, anglais), les mises en scène (David Bösch pour Schreker, David Marton pour Gluck).

À côté des lourds secrets des Stigmatisés (avec entre autres Charles Workman, Magdalena Anna Hofmann, Simon Neal) et des énigmes du Jardin englouti (avec Roderick Williams, Katherine Manley, Claron McFadden), Orphée et Eurydice réserve aussi son lot de mystères, dédoublant à l’affiche le rôle d’Orphée attribué à la fois au contreténor Christopher Ainslie et à la basse Victor Van Halem pour donner la réplique à Elena Galistkaya.

 

Opéra National de Lyon, du 13 au 29 mars 2015

Renseignements : http://www.opera-lyon.com/

Commentaires

VOUS AIMEZ NOUS LIRE… SOUTENEZ-NOUS

Vous pouvez nous aider à garder un contenu de qualité et à nous développer. Partagez notre site et n’hésitez pas à faire un don.
Quel que soit le montant que vous donnez, nous vous remercions énormément et nous considérons cela comme un réel encouragement à poursuivre notre démarche.
© Mike Hoban

Nos derniers podcasts

Nos derniers swags

Plus qu’un témoignage, une somme capitale
LivreSWAG

Les dernières interviews

Les derniers dossiers

Zapping

Vous pourriez être intéressé par :

Si l’on en croit le précieux site OpéraDIS(cography), il n’existe qu’une trentaine d’enregistrements du Guillaume Tell de Rossini, presque tous captés sur scène, en concert ou à la radio : on ne compte que deux enregistrements en studio, l’un en italien (Chailly chez Decca) et l’autre dans la version originale en français (Gardelli chez EMI/Warner). Les deux appartiennent à la décennie 1970 et c’est bien le moment où l’on a commencé à observer un basculement : après des décennies d’enregistrements en italien, c’est le retour à la version en français. Cette dernière s’impose depuis 50 ans et singulièrement depuis le début des années 2000.
Brève
Les enregistrements de La Bohème poussent comme herbes folles dans les prés. Qu’un ténor émerge, qu’une soprano se fasse remarquer, et a fortiori que les deux s’accordent et aient une frimousse passable, La Bohème est pour eux, avec comparses obligés et orchestre de rencontre.
Brève
[themoneytizer id="121707-28"]